La Contre-Réforme catholique au XXIe siècle
Print Friendly, PDF & Email

AVENT 2017
avec Notre-Dame Missionnaire

Introduction
Dimanche 3 décembre – Ier dimanche de l’Avent
Lundi 4 décembre
Mardi 5 décembre
Mercredi 6 décembre
Jeudi 7 décembre
Vendredi 8 décembre – Immaculée Conception
Samedi 9 décembre

Dimanche 10 décembre – IIe de l’Avent

Lundi 11 décembre

Mardi 12 décembre

Mercredi 13 décembre

Jeudi 14 décembre

Vendredi 15 décembre

Samedi 16 décembre

Dimanche 17 décembre – IIIe de l’Avent

Lundi 18 décembre

Mardi 19 décembre

Mercredi 20 décembre

Jeudi 21 décembre

Vendredi 22 décembre

Samedi 23 décembre

Dimanche 24 décembre

Lundi 25 décembre

Introduction

Le miracle des colombes

À partir de 1938, pour commémorer le troisième centenaire de la consécration de la France à la Vierge Marie par le roi Louis XIII, plusieurs reproductions de la ­statue de Notre-Dame de Boulogne, une Vierge à l’Enfant assise dans une barque, visitèrent quelques centaines de paroisses de France. Le 15 août 1942, l’une de ces reproductions se trouvait au Puy-en-Velay, puis elle gagna Lourdes où s’acheva sa tournée…

En mars de cette même année, sœur Lucie se sentit poussée intérieurement à écrire de nouveau au Pape afin qu’il consacrât la Russie au Cœur Immaculé de Marie. Mais l’évêque de Gurza, à qui elle s’en ouvrit, jugea cette démarche inutile. En fait, il avait d’autres projets et obtint que l’épiscopat portugais adressât une supplique au Saint-Père en faveur d’une consécration du monde au Cœur Immaculé de Marie.

Pie XII répondit le 31 octobre 1942 en consacrant solennellement le monde avec une mention spéciale de la Russie au Cœur Immaculé de Marie.

Le 28 février 1943, sœur Lucie prévint l’évêque de Gurza  : «  Le Bon Dieu m’a déjà montré son contentement de l’acte, bien qu’incomplet selon son désir, réalisé par le Saint-Père et par plusieurs évêques. Il promet, en retour, de mettre fin bientôt à la guerre. La conversion de la Russie n’est pas pour maintenant.  »

Les évêques de France consacrèrent leur diocèse au Cœur Immaculé de Marie, le 28 mars 1943. Le Père Ranson, qui avait organisé la mission itinérante de Notre-Dame de Boulogne, dont nous avons parlé plus haut, décida alors de reprendre la Route.

La prodigieuse randonnée commençait. “ Notre-Dame du Grand Retour ”, comme on l’appela désormais, quitta le rocher de Massabielle pour une première étape à Bartrès. Durant cinq ans, Notre-Dame visita seize mille paroisses, dans quatre-vingt-trois diocèses de France. Partout, les foules accouraient pour accueillir la “ Vierge Pèlerine ” et se consacrer à son Cœur Immaculé.

La Vierge pèlerine en Inde

«  C’était Elle la grande “ convertisseuse ”, la grande missionnaire. Les confessionnaux et les tables de communion étaient assiégés, tandis que la récitation des mystères du Rosaire retenait dans les églises les multitudes. Dans certaines paroisses il y eut des conversions retentissantes…  »

Tel fut le Grand Retour des âmes à Jésus, par Marie Médiatrice de toutes grâces. Cette “ mission ” d’un genre nouveau attira tant d’âmes que les évêques d’autres pays en organisèrent aussi dans leur diocèse. Notre-Dame parcourut donc plusieurs villes d’Europe et du monde entier.

La consécration du monde et les visites de la “ Vierge Pèlerine ” de Fatima furent de même une grande grâce, comme nous allons le découvrir pendant cet Avent.

Pourtant, la requête de Notre-Dame n’était pas satisfaite. Sœur Lucie l’affirmait  : «  J’attends avec angoisse l’ordre de Sa Sainteté aux évêques, et ensuite la grâce de la paix pour le pauvre monde.  »

Nous l’attendons encore  !

Le 8 décembre prochain, nous célébrerons le vingtième anniversaire de notre consécration à l’Immaculée. Préparons-nous à la renouveler avec ferveur, afin d’être de bons “ instruments ” du triomphe des Cœurs de ­Jésus et de Marie sur ces temps d’apostasie universelle  !

La Vierge pèlerine à Tahiti

Dimanche 3 décembre – Ier dimanche de l’Avent

LE COURONNEMENT DE NOTRE-DAME

LE 13 mai 1946, les évêques portugais solennisèrent le troisième centenaire de la consécration de leur pays à la Vierge Marie par le couronnement de Notre-Dame de Fatima. Cette cérémonie précéda une immense procession de plus de quatre cents kilomètres. Partie le 22 novembre de la Capelinha en direction de Lisbonne, la Vierge n’y revint solennellement qu’un mois plus tard, en la nuit de Noël.

Durant ce voyage triomphal, les hommes se disputèrent l’honneur de porter le riche et lourd brancard de leur Reine. La somptueuse camionnette préparée pour la statue ne servit qu’une fois. Les pèlerins, priant et chantant, suivaient Notre-Dame.

À Leiria, Batalha, Porto de Mos, les rues étaient jonchées de fleurs et ornées d’arcs de triomphe  ; les fenêtres pavoisées de tentures, banderoles, illuminations et oriflammes. Il y eut adoration nocturne du Saint-Sacrement, confessions, messes auxquelles assistaient les autorités locales.

Sœur Lucie envoya un bouquet de fleurs qui fut placé, les 12 et 13 mai, sur le magnifique brancard de Notre-Dame. Sur le ruban qui le nouait, elle avait écrit  :

Vous offrir une couronne d’or
Pauvrette, je ne le puis.
Je vous l’offre toute d’amour,
Ô Céleste Reine  !

Colorier le bouquet de sœur Lucie.

Lundi 4 décembre

LE MIRACLE DES COLOMBES

LE 1er décembre 1946, Notre-Dame quittait la ville de Bombarral pour Cadaval lorsque deux fillettes lâchèrent six colombes. Cinq vinrent se poser sur le pavois, gravirent les trois étages à travers les fleurs et se prosternèrent devant la statue, la caressant avec leur bec  ! Les feux d’artifice ne les effrayèrent pas  ; elles levèrent la tête puis reprirent tranquillement leur position.

Avant d’entrer dans l’église Notre-Dame-de-Fatima, à Lisbonne, elles s’envolèrent un moment comme pour prouver à la foule qu’elles n’étaient pas attachées. Revenues à leur poste, elles parurent écouter l’allocution de bienvenue du cardinal Cerejeira  !

Le lendemain, premier vendredi du mois, l’une d’elles alla se percher sur la couronne de Notre-Dame. Tournée vers la sainte Table, elle tint ses ailes ouvertes tant que dura la communion des trois mille fidèles.

Le 8 décembre eut lieu la consécration officielle du pays au Cœur Immaculé de Marie, en présence du chef de l’État, de Salazar et de tous les membres du gouvernement.

Ô Cœur Immaculé de Marie, sainte Colombe du Divin Paraclet, embrasez mon cœur du Divin Amour dont vous brûlez  !

Colorier la couronne de Notre-Dame.

Mardi 5 décembre

LA ROUTE EUROPÉENNE

L’IDÉE d’un “ Grand Retour ” de Notre-Dame de Fatima à travers l’Europe faisait son chemin. Le projet du Père Demoutiez, oblat de Marie Immaculée, prit corps. La Vierge irait à Maastricht, en Hollande, présider le congrès marial.

La veille du départ, les dirigeants de la Route, accompagnés du Père Demoutiez, présentèrent à sœur Lucie la statue qu’ils avaient spécialement achetée pour la procession. La voyante leur conseilla de l’échanger avec celle qui se trouvait chez Mgr l’évêque de Leiria. Elle la trouvait plus belle  ! En effet, elle avait elle-même guidé la main de l’artiste.

Sœur Lucie ajouta en confidence  : «  Cette Vierge ira jusqu’aux confins de la Russie, et là il faudra beaucoup prier pour qu’elle arrive à Moscou. Et lorsqu’elle aura terminé sa tournée, il sera bien de l’offrir au Saint-Père.  »

«  L’œuvre majeure, l’œuvre qui a le plus de valeur et qui plaît le plus à Dieu, c’est de chercher à sauver les âmes.  » (sœur Lucie)

Colorier la statue de Notre-Dame.

Mercredi 6 décembre

EN ESPAGNE

DANS l’après-midi du 13 mai 1947, le cortège s’ébranla. Il reçut un accueil enthousiaste à travers le Portugal. En Espagne, les maires des villages traversés déposaient aux pieds de la Vierge le bâton qui est l’insigne de leur autorité. Tous les deux cents mètres, deux gardes civils présentaient les armes. Les évêques recevaient Notre-Dame à l’entrée de leur diocèse et allaient la présenter à l’évêque du diocèse suivant.

Durant le séjour de la Madone, les cinémas et les théâtres fermaient, la journée était chômée, les journaux faisaient la plus large place à l’événement.

Confessions et communions, processions, rosaires, heures saintes de réparation, consécrations au Cœur Immaculé de Marie se succédaient. Les guérisons se multipliaient.

«  De la pratique de cette dévotion, unie à la consécration au Cœur Immaculé de Marie, dépend la guerre ou la paix du monde. C’est pourquoi je désirais tant sa propagation et, surtout aussi, parce que c’est la volonté de notre Bon Dieu et de notre bien-aimée Mère du Ciel.  » (sœur Lucie)

Colorier une partie de la frise.

Jeudi 7 décembre

DEUX PESETAS  !

DANS la paroisse de Faramontaos, un très pauvre paysan promit de donner deux pesetas à la Madone. Voyant les fidèles déposer de gros billets, il eut honte et, reprenant son aumône, la remplaça par un don de vingt-cinq pesetas. Avec son bec, une des gardiennes ailées jeta le billet par terre. Le paysan le ramassa et l’offrit à nouveau. La colombe le reprit et le lança au sol. Ce manège se renouvela cinq fois.

Intrigué et inquiet, notre agriculteur consulta son curé. Ce dernier lui expliqua que Notre-Dame trouvait son geste disproportionné avec ses ressources et que, appréciant surtout son intention, Elle se contenterait des deux pesetas. Il remit alors l’offrande promise et la colombe cette fois se tint tranquille  !

«  Je crois que ce que nous pouvons faire pour plaire le plus à son Divin Cœur, c’est de travailler, par tous les moyens dont nous disposons, à lui donner des âmes, à ­sauver des âmes, à arracher à l’enfer ces âmes pour lesquelles Il a versé son sang dans le sacrifice le plus complet de sa vie divine. Unissant nos pauvres prières et sacrifices aux mérites infinis de son Divin Cœur, et avec la protection du Cœur Immaculé de Marie, nous introduirons des âmes au Ciel. Ah  ! puissions-nous réussir à en envoyer là, beaucoup, beaucoup  !  » (sœur Lucie)

Colorier le billet dans le bec de la colombe.

Vendredi 8 décembre – Immaculée Conception

NOTRE-DAME EXCLUE  !

ARRIVÉE à Hendaye, Notre-Dame se vit refuser l’entrée en France. Nous n’étions plus, hélas  ! sous le gouvernement du maréchal Pétain, comme en 1943. Les autorités françaises demandèrent qu’elle quittât l’Espagne par la Méditerranée pour se rendre en Italie  !

Finalement, la ferveur du peuple basque eut raison des interdictions. Le commissaire de police trouva un subterfuge  : par le moyen d’un “ bon de dédouanement pour la Belgique ”, il la laissa passer, tel un vulgaire colis  !

À Lourdes, la Madone rencontra un groupe de trois cents Portugais qui descendaient vers la Grotte. Joie, acclamations  ! Mais, parmi les vingt mille pèlerins présents dans le sanctuaire, peu de Français l’honorèrent. L’évêque de Tarbes ne se dérangea pas non plus pour présider les cérémonies  !

Un mois plus tard, la “ Vierge Pèlerine ” quittait son royaume de France, certainement bien triste que même des évêques lui aient refusé l’entrée de leur diocèse  !

Le 2 août 1947, elle parvint en Belgique où, là, elle reçut un accueil fervent, puis elle rejoignit la Hollande, le 1er septembre.

En quelques mois, quelle pluie de grâces avait été répandue sur tous ceux qui avaient daigné lui faire honneur  ! Mgr da Silva déclarait  : «  Nul d’entre nous n’avait prévu les merveilles qui survinrent aussitôt que la statue quitta la Cova da Iria.  »

Plus tard, en 1971, notre Père, l’abbé de Nantes, ressentira une profonde amertume en voyant Paris se fermer une nouvelle fois à sa Reine  : «  Le 11 mai, j’étais allé prier rue du Bac. Par grâce, j’y arrivai au moment où entrait la statue itinérante de Notre-Dame de Fatima qui devait aller le lendemain à Pontmain. Tristesse indicible de voir comment elle était reçue clandestinement à Paris, sans fleurs ni cierges, ni chants, ni foules. Toute cérémonie interdite par les autorités locales.  »

Colorier quelques fleurs du brancard.

Samedi 9 décembre

EN AMÉRIQUE

DE tous côtés arrivaient à l’évêché de Leiria des lettres demandant la visite de la Vierge Pèlerine. Le 13 octobre 1947, une statue quittait de nouveau la Cova pour l’aéroport de Lisbonne. Installée à la place d’honneur, elle décolla pour… l’Amérique  !

Pendant le rapide séjour à la cathédrale de Buffalo, plus de deux cent mille personnes la vénérèrent. «  Le plus grand rassemblement dans l’histoire de la ville  », consigna le rapport de police.

À Plainfield (New Jersey), le pasteur recommanda à ses ouailles de ne pas manquer le rendez-vous. Le propriétaire protestant d’un journal organisa un reposoir devant ses bureaux pour y introniser Notre-Dame et expliquer aux passants le message de Fatima. Station imprévue dans cette ville qui comptait seulement deux cents catholiques  !

Pendant ce temps, Notre-Dame Missionnaire reprenait la “ Route ” à travers le Portugal et parcourait les régions les plus déchristianisées du sud. Elles la reçurent avec un enthousiasme émouvant.

Le miracle des colombes se renouvela avec éclat. Dans l’église de Sobral de Monte Agraço, l’une d’elles, en volant, éteignit la flamme d’un des quatre grands cierges qui encadraient le trône. La colombe revint aussitôt en arrière et se posa au sommet de la bougie éteinte. Elle resta plusieurs heures dans cette position incommode, comme pour se punir d’un geste maladroit et servir elle-même de petite flamme vive  !

Sur la route, les tourterelles frappaient à la vitre de l’auto transportant Notre-Dame, pour demander à y entrer afin de voyager à côté de leur Reine. La voiture ressemblait à un pigeonnier ambulant, puisqu’elle porta jusqu’à cinquante oiseaux et plus  !

Ô Cœur Immaculé de Marie, Colombe très belle du Saint-Esprit, embrasez mon cœur du Divin Amour dont vous brûlez  !

Colorier le cierge éteint.

Dimanche 10 décembre – IIe de l’Avent

L’ARCHE D’ALLIANCE

APPRENANT les conversions opérées par la Mère de Dieu, Mgr Vachon, évêque d’Ottawa, profita de l’anniversaire de fondation de son diocèse (1847-1947) pour organiser une pérégrination de Notre-Dame du Cap. Celle-ci se terminerait par un grand congrès marial.

Le prélat ordonna à toutes les congrégations enseignantes de faire prier les enfants et confia aux domi­nicains la charge de prêcher des triduums sur le Rosaire.

«  Le passage de la Vierge du Cap sera marqué par la consécration des fidèles au Cœur Immaculé de Marie, comme elle l’a demandé elle-même à Fatima. C’est dès maintenant qu’il faut préparer le passage de l’Arche d’Alliance. Et tous doivent s’y mettre. Il ne s’agit pas d’un simple cortège triomphal, d’une pure promenade spectaculaire, destinée à satisfaire une curiosité senti­mentale. Notre-Dame a une mission à remplir en se rendant au congrès  ; cette mission, c’est celle du congrès lui-même  : notre retour en Chrétienté, sanctionné par notre consécration au Cœur Immaculé.  »

Prions, comme le recommande sœur Lucie, afin que la consécration de la Russie opère aussi notre propre conversion et le retour de la France en Chrétienté.

«  Il serait nécessaire d’intensifier beaucoup la prière et le sacrifice pour la conversion de la Russie. Bien que la consécration de cette nation n’ait pas été faite dans les termes demandés par Notre-Dame, nous verrons si nous obtiendrons son retour à Dieu. J’ai de grandes espérances, parce que le Bon Dieu connaît bien les difficultés.  » (sœur Lucie)

Colorier quelques fleurs du brancard.

Lundi 11 décembre

NOUS VOUS ATTENDONS  !

AU moment du départ, le 1er mai, les organisateurs eurent un moment d’hésitation  : pluie, verglas, vent glacé étaient au rendez-vous. Ne valait-il pas mieux reporter  ? Prévenu, le maire de Trois-Rivières téléphona aussitôt aux oblats du Cap-de-la-Madeleine  : «  Vous êtes attendus pour 6 heures au pont du Saint-Maurice, et nous serons là. À Fatima, quand la Sainte Vierge s’est manifestée à soixante-dix mille pèlerins, le 13 octobre 1917, il pleuvait  ; personne n’en a tenu compte et personne n’en a souffert. Venez, nous vous attendons  !  »

Le démon ne fut sans doute pas étranger à ce mauvais temps persistant et si éprouvant. Mais il ne fit qu’augmenter la dévotion des fidèles, au plus grand étonnement des protestants, suscitant leur admiration.

À chaque étape, les habitants pavoisaient rues et maisons. À l’arrivée comme au départ de Notre-Dame, le maire prononçait un discours. Dans le diocèse de Joliette, toute la paroisse de Saint-Thomas partit, en pleine nuit, à la rencontre de sa Souveraine afin de l’escorter en une magnifique procession aux flambeaux. À minuit et demi, par un vent glacial, l’évêque consacra son diocèse au Cœur Immaculé de Marie et bénit la foule avec le Saint-Sacrement.

«  Notre Mère du Ciel aime le peuple russe et je l’aime moi aussi  ; m’unissant aux secrets desseins de son Cœur Immaculé, je souhaite ardemment son retour sur la voie droite qui mène au Ciel. Je sais que le peuple russe est grand, généreux et cultivé, qu’il est capable de marcher sur les chemins de la justice, de la vérité, du bien.  » (sœur Lucie)

Colorier le cierge allumé.

Mardi 12 décembre

VENEZ, Ô VIERGE CHÉRIE  !

AU village d’Épiphanie, lorsque Notre-Dame du Cap arriva à la lueur des flambeaux, un reposoir splendide l’attendait sur la place de l’église. Un chapelet de douze cents ampoules, suspendu à la tour du clocher, illumina la Reine du Ciel. Toutes les cloches de la ville annoncèrent son entrée. La police s’était mise à son service  ; les journaux et les radios rendirent compte de l’événement.

À l’oratoire Saint-Joseph, on retrouva l’affluence des grandes cérémonies du temps du saint frère André  : cent mille personnes  ! L’évêque auxiliaire accueillit chaleureusement Notre-Dame  : «  Venez, ô Vierge chérie, réchauffez nos cœurs. Apparaissez-nous comme vous êtes apparue à Pontmain, à La Salette, à Lourdes, et redites-nous qu’il faut prier, faire pénitence, et que nous devons nous consacrer à votre Cœur Immaculé  ; rappelez-nous ce que vous avez dit à Fatima  : “ Si les hommes veulent changer de vie, j’exaucerai leurs prières et vous aurez la paix. ”  »

«  À peine ai-je vu la bienveillance de la Mère de Dieu à l’égard de la Russie que j’ai commencé à regarder ce pays comme un frère et je ne souhaite rien tant que son salut. À la fin, le Cœur Immaculé de Marie triomphera et ce sera notre bonheur d’avoir un peu travaillé et souffert pour ce triomphe.  » (sœur Lucie)

Colorier une partie de la frise.

Mercredi 13 décembre

SALUT DES INFIRMES

LA Sainte Vierge ne manquait pas de visiter les plus pauvres  : elle se rendait dans les hôpitaux et les orphelinats. Elle guérissait les âmes aussi bien que les corps.

Un père de douze enfants avait été opéré à deux mois d’intervalle, sans résultat. Son estomac refusait toute nourriture, les calmants ne faisaient plus d’effet. Fatigué des médecins, il décida de ne plus prendre de remède. Se traînant à l’église, il passa la nuit en prières et s’en remit à Notre-Dame du Cap. Le matin, à la stupéfaction de son entourage, il mangea, et de bon appétit. Dès lors, il put reprendre son travail  !

Après Montréal, l’Immaculée prit la route d’Ottawa en faisant un détour dans quelques paroisses de l’Ontario. À Buckingham, le maire lui adressa ce magnifique hommage  :

«  Nous vous saluons, Notre-Dame du Cap, Reine du Canada  ! Celui qui a l’honneur de vous parler le premier se sent bien petit devant vous. Beaucoup de grands personnages parcourent les différentes parties du monde, mais jamais Dame si grande ne nous est encore venue. Aussi la ville de Buckingham est-elle dans la joie ce soir. Jamais notre ville n’a été honorée de la sorte. Jamais nous n’avons vu dans nos murs un événement semblable. Une Vierge miraculeuse nous visite, une statue de la terre qui a ouvert les yeux pour nous regarder, quel miracle  ! Merci, Notre-Dame du Cap, d’être venue chez nous.

«  Je remercie Dieu de m’avoir fait le premier citoyen de cette ville, ce qui me vaut cet honneur sans pareil de vous remettre les clefs de ma cité. Oui, entrez à Buckingham  ! vous êtes chez vous chez nous, Belle souveraine.  »

Une telle ferveur impressionna les protestants. L’un d’eux, venu en curieux, témoigna  : «  Je croyais y entendre déblatérer contre les autres religions. J’y ai vu un peuple en prière. Je suis resté quatre heures en prière, tantôt à genoux, tantôt assis, et j’ai prié. Une vraie prière, peut-être pour la première fois de ma vie.  »

Ô Cœur Immaculé de Marie, guérison des malades, embrasez mon cœur du Divin Amour dont vous brûlez  !

Colorier quelques fleurs sur le brancard.

Jeudi 14 décembre

RESTEZ CATHOLIQUES  !

LA Hongrie, avec ses sept millions de catholiques sur dix millions d’habitants, avait été livrée au bolchevisme par les “ accords de Yalta ”. Nommé archevêque d’Esztergom et primat de Hongrie, le 7 octobre 1945, le cardinal Mindszenty voulut être «  le bon pasteur qui, s’il le faut, donne sa vie pour son troupeau, son Église, sa Patrie  ».

Prévoyant que de terribles persécutions allaient s’abattre sur le pays, il décréta le 15 août 1947, à la grande fureur du gouvernement communiste, une année mariale sous le signe de Fatima  : «  Ces jours de Marie doivent renforcer la conscience catholique  ; restez catholiques et Hongrois  ! Gardez-vous des faux prophètes. Ils sèment la haine et récoltent les fruits de leurs propres intérêts. Que les Hongrois soient le peuple de saint Étienne et de la Mère de Dieu  !  »

Le projet aboutit, non sans difficulté.

«  Les communistes essayèrent par tous les moyens d’entraver le déroulement des rassemblements et de désorganiser les prédications et allocutions, surtout celles du cardinal. Dans les gares, ils ne donnaient plus de tickets de chemin de fer et confisquèrent autocars et camions. Prétextant une épidémie infectieuse, ils mirent la population en quarantaine. Pour “ assurer la sécurité du trafic ”  ! ils dispersèrent les groupes de pèlerins. Afin de perturber les cérémonies en plein air, ils firent tourner les moteurs des tracteurs et interdirent l’usage de haut-parleurs et de micros. Ils allèrent jusqu’à couper l’eau et l’électricité, etc.  »

Quelques mois plus tard, à Budapest, le 13 juin 1948, la police dispersa la procession en l’honneur de Notre-Dame de Fatima.

Malgré tout, 4 600 000 fidèles prirent part aux festivités et pèlerinages de l’année mariale. Celle-ci venait de se terminer lorsque le Prince-primat fut arrêté. Emprisonné, torturé d’une manière effroyable, il fut condamné aux travaux forcés à perpétuité, au terme d’un simulacre de procès qui l’accusait de menées contre-révolutionnaires  !

«  Quant à la grâce de la paix, je suis de votre avis. Lorsque tout semblera perdu, c’est alors qu’on verra le miracle. Avant, on l’attribuerait à l’intervention des hommes. Telle est ma confiance, mais cette confiance exige prière et pénitence.  » (sœur Lucie)

Colorier une partie de la frise.

Vendredi 15 décembre

CONGRÈS DE MADRID

AU début des années 1940, les évêques espagnols avaient tenu compte des avertissements de Notre-Seigneur, que sœur Lucie leur avait transmis, au sujet de la réforme de leur clergé. En mai 1948, la Vierge Pèlerine de Fatima parcourut le pays et connut «  l’apothéose la plus extraordinaire  », lors du congrès marial de Madrid.

Aux portes de la capitale, qui comptait alors huit cent mille habitants, Notre-Dame trouva un million et demi de fidèles pour l’acclamer. Le 26 mai, Elle arrivait à la résidence du généralissime Franco qui, avec tout le personnel de sa maison civile et militaire, la reçut dans la chapelle du Palais.

À la clôture des cérémonies, le cardinal Cerejeira, patriarche de Lisbonne, affirma dans son discours du 30 mai  : «  Fatima sera pour le culte du Cœur Immaculé de Marie ce que fut Paray-le-Monial pour le culte du Cœur de Jésus. Fatima, d’une certaine façon, est la continuation, ou mieux, la conclusion de Paray-le-Monial  : Fatima réunit ces deux Cœurs que Dieu lui-même a unis dans l’œuvre divine de la Rédemption.  »

Entendons, nous aussi, l’avertissement que Notre-Seigneur adressait aux évêques d’Espagne  :

«  Le nombre de ceux qui me servent dans la pratique du sacrifice est très limité. J’ai besoin d’âmes et de prêtres qui me servent en se sacrifiant pour moi et pour les âmes.  » Comment pourrais-je satisfaire ce désir  ?

Colorier une partie de la banderole.

Samedi 16 décembre

PRODIGE  !

UN photographe, excellent artiste mais incroyant, avait pensé faire de bonnes affaires en vendant des clichés du congrès. Il en prit beaucoup de la foule, des cérémonies et même des colombes.

Un jour, il photographia la statue. Mais cette dernière n’apparut pas sur les négatifs. Revenant sur les lieux, il prit un autre cliché, et cela, à six reprises. Chaque fois, même prodigieuse surprise  ! «  Alors, moi abruti et repentant, je tombai à genoux  : “ Vierge très sainte de Fatima, pardonnez-moi  ! Je ne suis pas digne de voir la beauté de votre céleste visage. Pardonnez-moi  ! ”  »

«  Souvenons-nous que Jésus-Christ est un très bon Fils et qu’il ne permet pas que nous offensions et méprisions sa très Sainte Mère. Nous avons comme témoignage évident l’histoire de plusieurs siècles de l’Église qui, par des exemples terribles, nous montre comment Notre-Seigneur Jésus-Christ a toujours pris la défense de l’honneur de sa Mère.  » (sœur Lucie)

Colorier quelques fleurs du brancard.

Dimanche 17 décembre – IIIe de l’Avent

À LA CONQUÊTE DES ÂMES

NOTRE-DAME resta neuf jours à Madrid. Mgr Eijo y Garay en remercia vivement l’évêque de Leiria  : «  Je ne puis trouver des paroles assez expressives pour dire à Votre Excellence la merveille du passage de l’image trois fois bénie à travers les rues et les places de Madrid. Jours du Ciel  ! Seule Marie peut attirer ainsi les cœurs et les gagner à son Divin Fils. Dès qu’elle entra dans mon diocèse, elle ne cessa de conquérir des âmes, de rassembler des multitudes de centaines de milliers de fidèles et même de pauvres incrédules  : tous se prosternaient devant elle, l’acclamant avec délire, pleurant, priant, chantant des cantiques pieux. Jamais, jamais il ne se vit à Madrid pareille chose  !

«  Il n’est question que de Notre-Dame de Fatima, de son passage à Madrid, des nombreux miracles, des innombrables conversions, du délire d’enthousiasme… Et tout ce qu’on dit est encore peu  ! Je donnerais mes vingt-cinq ans d’apostolat ici pour ces neuf jours… Durant tout ce temps, les prêtres ne quittèrent pas le confessionnal. Les curés des faubourgs m’ont dit que plus de quarante pour cent des personnes qui demandèrent à se confesser ne l’avaient pas fait depuis quinze, vingt ou trente ans… Je vous serai éternellement reconnaissant de ce bien immense que vous avez fait à mon cher diocèse…  »

Après cette pluie de grâces, le général Franco prononça, le 12 octobre 1954, aux pieds de la Vierge du Pilar, une admirable consécration de la nation au Cœur Immaculé de Marie  : «  Réaffirmant notre foi catholique, apostolique et romaine, et notre adhésion au Vicaire du Christ, renouvelant nos résolutions de vie intégralement chrétienne, en tant qu’individus et en tant que nation, nous con­sacrons l’Espagne à votre Cœur Immaculé.  » (extrait de la consécration)

Colorier une partie de la frise.

Lundi 18 décembre

NOTRE-DAME EN AFRIQUE

DÈS ses premiers pas en Afrique, Notre-Dame exerça une sorte de fascination sur les musulmans. Ces derniers demandaient la faveur de suivre les processions  ; des imams enseignaient les cantiques aux chrétiens qui n’avaient pas de missionnaire. Tous assistaient aux cérémonies. Devant les mosquées pavoisées et illuminées, ils dressaient des arcs de triomphe  !

Mgr le vicaire apostolique s’exclama  : «  Cela dépasse tout ce que nous pouvions jamais espérer. Béni soit Dieu qui m’a accordé la grâce de voir cela  !  »

Au Mozambique, de nombreuses conversions se décidèrent. Un groupe de musulmans se tenait sur le parcours du cortège triomphal. Leur chef apporta «  ses plus sincères hommages à la Pèlerine et vénérable Image qui, depuis la Cova da Iria, se déplace dans le monde entier et qui, dans ce moment historique, nous fait ce grand honneur et privilège de venir jusqu’à nous  ». Il offrit même à la Vierge deux bracelets d’or ciselé.

Lors d’une escale imprévue à Addis-Abeba, les habitants, schismatiques pour la plupart, acclamèrent triomphalement Notre-Dame. Leur président lui rendit publiquement hommage en l’invitant dans son palais  : «  L’Éthiopie aime beaucoup la Très Sainte Vierge, déclara-t-il, et à cause de cela je vous remercie profondément d’avoir apporté jusqu’ici Notre-Dame de Fatima. Je ressens une grande joie de ce que mon peuple a su la recevoir dignement.  »

«  Je n’oublie pas que le Mozambique est ma mission. Mes pauvres sacrifices et mes prières sont pour là-bas.  » (Lettre de sœur Lucie au Père Gonçalves, missionnaire au Mozambique)

Colorier une partie de la banderole.

Mardi 19 décembre

MÈRE DE LA DIVINE GRACE

DANS la ville de Tété, les mahométans acceptèrent de quitter leurs chéchias pour pouvoir assister à la Messe. Le riche diamant qui domine la couronne de la Vierge Pèlerine n’est-il pas le don d’un prince musulman  ?

Lors des fêtes magnifiques qui marquèrent son passage à travers l’Afrique du Sud, les musulmans furent plus nombreux et parfois plus fervents dans leurs accla­mations que les catholiques. Cependant, les colombes ne parurent pas dans ces pays non chrétiens.

Le 8 décembre 1959, Notre-Dame pénétrait au Gabon. Après deux semaines à Libreville, elle se dirigea vers les missions isolées. Accompagnée d’un important cortège, elle franchit la rivière en pirogue. À son arrivée à Ovengo, le 24 décembre, le missionnaire du village consacra le Gabon à la Très Sainte Vierge. Pour la première fois, la Messe de minuit ne fut pas troublée par les danses autour des fétiches. Tous les villageois assistèrent à la célébration  !

Eyeghe Moa, un bouddhiste haut placé, se convertit avec toute sa famille. Il détruisit sa case et abandonna ses fétiches. À son exemple, plusieurs bouddhistes demandèrent le saint Baptême.

À Jankville, chaque famille chrétienne voulait que Notre-Dame Pèlerine séjournât chez elle, ne fût-ce qu’un instant. Les protestants la réclamaient  : «  Pourquoi la Sainte Vierge ne nous visiterait-elle pas, nous aussi  ; ce n’est pas juste qu’elle ne vienne pas chez nous.  »

«  Je serais contente de voler vers les régions de l’Afrique, à la conquête des âmes de mes chers frères éloignés, et j’en viens à envier ceux qui ont ce sort. J’aimerais acquérir toutes les sciences afin de les transmettre aux âmes et de pouvoir les élever ainsi au-dessus de la terre, à la lumière surnaturelle  !  » (sœur Lucie)

Colorier quelques fleurs du brancard.

Mercredi 20 décembre

VIERGE PUISSANTE

DANS la péninsule indienne, après le départ des autorités et des forces anglaises, une féroce guerre civile opposa musulmans et hindous, dans les régions à populations mêlées, le long des frontières encore mal définies entre les deux nouveaux États de l’Hindoustan et du Pakistan. «  Dans les villages, on se tuait comme des chiens  », rapporte un missionnaire. Or, dès que la Vierge de Fatima eut touché terre à Goa, les massacres diminuèrent puis cessèrent.

Dans un village comptant quelques chrétiens, la Vierge s’arrête  ; bientôt vingt-cinq mille personnes sont devant elle pour l’admirer et la prier. Des rajahs lui font de magnifiques cadeaux. Contrairement à l’usage, les processions continuent de chanter et de prier devant les mosquées.

Sur une route, trois cents chrétiens accompagnent la Vierge portée dans un cortège de quatre éléphants. Des milliers de mahométans se joignent à eux. Dans plusieurs villes, les musulmans ne supportèrent pas que les catholiques fissent les frais des illuminations et y pourvurent eux-mêmes.

«  Ayons la dévotion au Cœur Immaculé de Marie, notre très Sainte Mère, en la considérant comme le siège de la clémence, de la bonté et du pardon, et comme la porte sûre pour entrer au Ciel.  » (sœur Lucie)

Colorier une partie de la frise.

Jeudi 21 décembre

REINE DES CŒURS

CEPENDANT, la guerre continuait entre les deux pays. Or, tandis que la Vierge parcourait l’Hindoustan au milieu de manifestations d’une ampleur et d’une ferveur inouïes, un traité de paix était préparé. Le train qui portait Notre-Dame de Fatima put ainsi traverser le territoire pakistanais. Jusqu’en août 1950, la Vierge Pèlerine y fut reçue avec non moins de ferveur, même par les autorités mahométanes  !

La Sainte Vierge changea les cœurs  ! Auparavant, un musulman ne pouvait fréquenter un chrétien sans risquer la plus terrible des punitions de la part de ses coreligionnaires. Après le passage de Notre-Dame, ils vinrent s’instruire dans les missions sans que personne y mît obstacle. En outre, les missionnaires constatèrent que durant les processions et cérémonies, les personnes de différentes castes se côtoyaient.

Toutefois, la justice divine s’exerçait sur ceux qui s’obstinaient dans l’erreur. Un journaliste signa de son nom un article blasphématoire contre la Mère de Dieu. Au moment où le convoi entrait en gare, le malheureux tomba, comme foudroyé. Trois jours après, il mourait tandis que la Vierge, après un triomphe surprenant, rentrait dans son wagon-chapelle.

Supplions Notre-Dame de Fatima de mouvoir le cœur du pape François, nous rappelant la recommandation de Notre-Seigneur à sœur Lucie  : «  Prie pour le Saint-Père, sacrifie-toi pour que son cœur ne succombe pas sous l’amertume qui l’oppresse. La tribulation continuera et augmentera. Je punirai les nations de leurs crimes par la guerre, par la famine et par la persécution contre mon Église, qui pèsera spécialement sur mon Vicaire sur la terre.  »

Colorier la banderole.

Vendredi 22 décembre

EN ALLEMAGNE

EN Allemagne, les routes mariales provoquèrent un grand mouvement de conversion et de dévotion envers le Cœur Immaculé de Marie. Le Père Heinen raconte  : «  Le gouvernement portugais affréta un avion de l’armée pour transporter la statue. Son arrivée prit la tournure d’une fête religieuse qui fit grande impression, y compris sur les luthériens.  »

Conduite dans sept monastères cloîtrés ainsi que chez les chartreux de Dusseldorf, Notre-Dame demeura ensuite une semaine entière dans la cathédrale de Cologne qui ne désemplit pas un seul instant.

«  Un jour, raconte le cardinal Frings, alors archevêque de cette ville, on compta soixante mille personnes. À la prière en l’honneur de la Mère de Dieu s’alliait presque toujours la réception des sacrements de Pénitence et d’Eucharistie, si bien qu’une sorte de mission naquit pendant cette semaine. Le succès fut si grand que je me décidai à procéder sans attendre au couronnement de la statue.  »

Un jour où sœur Lucie priait spécialement pour l’Allemagne, Notre-Seigneur lui révéla  : «  Elle reviendra à mon bercail, mais ce moment est loin. Il s’approche, il est vrai, mais lentement, très lentement.  »

Colorier quelques fleurs du brancard.

Samedi 23 décembre

SANS MARIE, PAS DE SALUT

LE 9 mai 1954, commença le voyage de la Vierge en bateau, à travers le diocèse du cardinal Frings. Elle était continuellement accompagnée de quatre missionnaires qui faisaient connaître le message de Fatima aux fidèles et se tenaient prêts, jour et nuit, à entendre les confessions.

«  La Vierge de Fatima a visité les soixante-trois districts de l’archidiocèse de Cologne. Les curés, qui n’avaient donné leur accord qu’après de longues hésitations, furent plus que surpris et enthousiasmés par les résultats obtenus. “ Nous n’aurions jamais cru cela possible ”, disaient-ils. Certains jours, ils furent retenus plus de quatorze heures dans les confessionnaux. Un curé témoigna  : “ Depuis trente-cinq ans que je suis ici, je n’ai jamais rien vu de pareil. ”  »

Des protestants priaient Notre-Dame de Fatima. La femme d’un pasteur luthérien déclarait à un prélat  : «  Sans Marie, pas de salut. J’en suis maintenant convaincue. Je récite chaque jour le chapelet.  »

Le 19 mars 1940, sœur Lucie écrivait à un prêtre allemand  : «  Un jour, les Cœurs de Jésus et de Marie régneront en Allemagne avec splendeur.  »

Colorier une partie de la frise.

Dimanche 24 décembre

DES BRANCARDS DE PROCESSION

CES routes mariales qui suscitèrent tant d’enthou- siasme répondaient à une demande de Notre-Dame de Fatima  : «  Que l’on fasse des brancards de procession.  »

Certes, il s’agissait, explique sœur Lucie, «  des brancards de procession avec lesquels on portait les dons que le peuple offrait au Seigneur. De fait, c’était une coutume des gens de la campagne de remercier Dieu de ses bienfaits, en Lui offrant quelques produits de leurs récoltes, chacun selon ses moyens. Ces offrandes étaient recueillies par un majordome qui les plaçait sur des brancards, lesquels étaient portés processionnellement les jours de grandes solennités.  »

Cependant, l’archevêque de Cizico dit un jour à sœur Lucie  : «  Ces brancards, que Notre-Dame avait demandé que l’on fasse avec les dons que le peuple laissait à la Cova da Iria, figuraient à l’avance les brancards de la statue de la Vierge Pèlerine qui parcourt le monde et celui de la statue de la Capelinha.  »

Et la confidente de Notre-Dame d’approuver  : «  J’adhère entièrement à cette interprétation parce que, dans la ­pensée de Dieu, une même demande peut avoir plusieurs significations.  »

«  Ce que veut Notre-Dame, c’est que le Saint-Père et tous les évêques du monde consacrent la Russie à son Cœur Immaculé en un jour spécial. Si cette consécration se fait, la Sainte Vierge convertira la Russie, et la paix régnera sur le monde. Sinon, les erreurs de la Russie se propageront dans tous les pays du monde.  » (sœur Lucie)

Colorier quelques fleurs du brancard.

Lundi 25 décembre

NOËL  !

AU long de ces routes mariales, Notre-Dame convertit beaucoup de communistes influents. Parmi eux, plusieurs devinrent des apôtres du message de Fatima. Tel Hamish Fraser, ancien président des communistes d’Écosse.

Le 8 décembre 1952, lors d’une réunion mariale à Paris où trônait Notre-Dame de Fatima, il allait exposer sa conviction de la conversion des communistes, lorsqu’une colombe se posa sur sa tête  ! Elle y resta une bonne dizaine de minutes malgré les flashs des photographes.

«  Complètement bouleversé par l’émotion, les larmes m’aveuglèrent et la seule chose qui me vint à l’esprit fut que si je priais pour les miens, mes prières pourraient avoir un plus grand pouvoir d’intercession que d’ordinaire. Je priais donc rapidement pour chacun des membres de ma famille à tour de rôle. Si j’ai reçu le don de la foi sans l’avoir demandé, je sais parfaitement maintenant, ce que je ne savais pas alors, qu’il y en avait d’autres qui priaient pour moi. Par conséquent, je ne peux pas dire en toute honnêteté que je crois que la prière peut convertir les communistes  ; je sais que la prière peut convertir les communistes. Je ne crois pas non plus que la prière puisse convertir la Russie  ; je sais que la prière peut convertir la Russie.  »

Dans l’angoisse de l’Église et de notre patrie menacées par le djihad, frère Bruno de Jésus-Marie disait qu’il était urgent, par le moyen de semblables routes mariales, de propager la dévotion au Cœur Immaculé de Marie et préparer les âmes à l’acte solennel de la consécration de la Russie.

Sœur Lucie espérait que les cérémonies organisées par les diocèses pour cette consécration attireraient les âmes bien disposées et, parmi elles, celles des musulmans. Elle l’évoquait le 19 mars 1983, dans son entretien avec le nonce apostolique à Lisbonne, Mgr Portalupi. En rappelant la nécessaire union de tous les évêques avec le Pape, le jour de cette consécration, elle ajoutait que «  certains musulmans pourront s’y associer  ».

En ce jour de Noël, supplions l’Enfant-Jésus de mouvoir le cœur du Pape afin qu’il consacre la Russie au Cœur Immaculé de Marie. Ainsi, la Russie se convertira et «  il sera donné au monde un certain temps de paix  ».

Colorier les fleurs du brancard