La Contre-Réforme catholique au XXIe siècle
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Mardi 16 juin

Mère Paul-Séraphine

EXPULSÉES au moment des lois anticléricales, les visitandines de Meaux se réfugièrent à Saint-Gérard, en Belgique. Lorsque la guerre éclata, leur monastère servit d’hôpital aux soldats français et belges.

«  Dans la nuit du 22 au 23 août, nous arrivaient les premiers blessés. L’ennemi aussi approchait. Afin de prévenir toute éventualité, notre mère Paul-Séraphine avança l’heure des vêpres et, dès 3 heures de l’après-midi, nous récitions matines.

«  Nous en commencions le premier psaume quand une décharge d’artillerie qui paraissait venir de la cour de la ferme nous fit sursauter. “ Nos sœurs, nous dit notre très honorée Mère, que vos charités descendent au sous-sol, sans interrompre le saint office. ”

«  Dans le plus grand calme, nous allâmes nous grouper auprès de l’Hôte divin, notre unique espérance. Toute la confiance de notre Mère était dans la prière  ; aussi, pendant les trois mortelles heures que dura le combat, nous fit-elle jeter ce cri ininterrompu  : “ Cœur Sacré de Jésus, j’ai confiance en vous  ! ”

«  Soudain, un obus traversa la toiture. Plusieurs crurent leur dernière heure arrivée. Notre confesseur donna une absolution générale. Enfin, vers 6 heures, un silence absolu succéda au fracas. Nous commencions à respirer lorsqu’un officier allemand, revolver au poing, suivi d’une trentaine d’hommes, se présenta à la porte de clôture. Sur l’assurance que nous n’avions pas d’armes, il se retira sans insister.

«  Quelques heures plus tard, une seconde troupe d’Allemands arriva. Les vêtements en désordre, les armes rouges de sang, ils cherchaient à entraîner nos soldats, tiraient des coups de revolver, criaient et gesticulaient. Une boisson rafraîchissante que l’on eut l’idée de présenter à ces énergumènes les apaisa. Peu après, ils nous amenèrent leurs propres blessés. Nous les reçûmes avec toute la bonté qu’inspire la charité chrétienne, mais non sans trembler  !  »

Dans nos épreuves, rappelons-nous que nous sommes entre les mains de Dieu. À notre tour, redisons souvent  : «  Cœur Sacré de Jésus, j’ai confiance en vous  !  »

Colorier le monastère de la Visitation.

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