La Contre-Réforme catholique au XXIe siècle
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SACRÉ-CŒUR 2018
Le règne du Divin Cœur (I)

Introduction
Vendredi 1er juin – premier vendredi du mois
Samedi 2 juin – premier samedi du mois
Dimanche 3 juin – Solennité de la Fête-Dieu
Lundi 4 juin
Mardi 5 juin
Mercredi 6 juin
Jeudi 7 juin
Vendredi 8 juin – Fête du Sacré-Cœur
10 Samedi 9 juin
Dimanche 10 juin – Solennité du Sacré-Cœur
Lundi 11 juin
Mardi 12 juin
Mercredi 13 juin
Jeudi 14 juin
Vendredi 15 juin
Samedi 16 juin
Dimanche 17 juin
Lundi 18 juin
20Mardi 19 juin
Mercredi 20 juin
Jeudi 21 juin
Vendredi 22 juin
Samedi 23 juin
Dimanche 24 juin
Lundi 25 juin
Mardi 26 juin
Mercredi 27 juin
Jeudi 28 juin
Vendredi 29 juin
Samedi 30 juin
Consécration de la France au Sacré-Cœur de Jésus

Introduction

Sacré-Coeur

SAINT Jean fut, après la très Sainte Vierge Marie, le premier confident des secrets amoureux du Cœur de Jésus. Comme sainte Gertrude, religieuse cistercienne du treizième siècle, s’étonnait qu’il n’ait presque pas parlé du Sacré-Cœur dans son Évangile, l’Apôtre lui apparut un 27 décembre, jour de sa fête, et lui dit  :

«  Ma mission était de faire connaître à l’Église naissante le Verbe incarné du Père. Mais aux derniers temps était réservée la grâce d’entendre la voix éloquente des battements du Cœur de Jésus. À cette voix, le monde vieilli rajeunira, et l’amour divin l’enflammera encore.  »

En effet, à partir du seizième siècle, la Chrétienté brisée par Luther entra dans les temps d’Apocalypse prédits par Notre-Seigneur et l’amour se refroidit. L’homme se rebellait contre Dieu et son Église, non par faiblesse mais en suscitant de nouvelles et fausses doctrines  : le protestantisme, le quiétisme et le jansénisme.

Pour ramener à Lui les cœurs de ses enfants, Dieu révéla alors son secret  : la dévotion au Cœur de Jésus.

Saint Jean Eudes l’avait déjà prêchée, mais il revenait à la Visitation et à la Compagnie de Jésus de l’établir en France d’abord, puis dans le monde.

Malgré une forte opposition, le Sacré-Cœur ne cessa de révéler ses desseins de miséricorde auprès des Papes et des Rois de France. Il triompha à plusieurs reprises de «  ses ennemis  », mais en partie seulement, parce que son règne final n’adviendra qu’avec le triomphe du Cœur Immaculé de Marie  !

Renouvelons notre consécration au Cœur très unique de Jésus et Marie pour hâter l’heure du salut de l’Église et du monde, en cette année 2018 où nous célébrons le vingt-cinquième anniversaire du contrat que le Sacré-Cœur proposa à notre Père, l’abbé de Nantes, le 3 juillet 1993  :

«  Je me suis trouvé intérieurement très bouleversé par une sorte de marché qui m’était proposé, donc imposé par mon unique Maître et Sauveur, ma Sainte Mère y participant des deux côtés, de Lui et de moi  : plutôt que le martyre maintenant, vingt-cinq ans de vie pour porter du fruit, mais à condition que celle-ci soit déjà une sorte de mort corporelle dont la façon doit se tirer de la consécration formulée par mère Marie du Divin Cœur. [Carnet de chants, A 7]

«  Voilà  ! C’est tout, c’est bref. J’ai dit OUI.  »

Vendredi 1er juin – premier vendredi du mois

LA SAINTE LANCE

AU Golgotha, Jésus était déjà mort quand un soldat lui ouvrit le côté avec sa lance. Après sa Résurrection, Jésus nous a laissé en héritage son Suaire qui porte la marque de l’eau et du sang sortis de son Divin Cœur transpercé. La sainte Lance, conservée à travers les siècles, produisit d’étonnants miracles.

Le 15 août 1095, le pape Urbain II convoqua un concile pour lancer la première Croisade destinée à délivrer le tombeau du Christ des mains des Turcs et à instaurer le Royaume franc à Jérusalem. Lorsque les milliers de Croisés partis en 1096 atteignirent Antioche, ils rencontrèrent la résistance acharnée des Turcs seldjoucides. L’apôtre saint André apparut alors à un Croisé, Pierre Bartholomé, et lui dit  : «  La sainte Lance se trouve dans la cathédrale Saint-Pierre d’Antioche. Munissez-vous-en, elle vous donnera la victoire.  »

La pointe de la Lance fut en effet retrouvée et portée triomphalement devant les Croisés. Galvanisés, ceux-ci firent une sortie magnifique et obtinrent la victoire contre les armées du Turc Kerbogha, qui assiégeaient la citadelle d’Antioche.

15 juillet 1099, prise de Jérusalem. Porté au pouvoir par ses Croisés, Godefroy de Bouillon, le saint de la Croisade, refusa de ceindre une couronne d’or, là où son Seigneur Jésus, seul véritable Roi de Jérusalem, avait ceint une couronne d’épines  ; il prit alors le titre d’ “ avoué du Saint Sépulcre ”.

Le Royaume franc de Jérusalem fut pour tout l’Orient un modèle de Chrétienté, menant au Cœur de Jésus les populations infidèles.

En ce premier vendredi du mois, offrons toutes nos actions pour honorer le Cœur de Jésus.

Colorier la victoire des Croisés munis de la Lance.

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Samedi 2 juin – premier samedi du mois

LE SALUT DE LA CHRÉTIENTÉ

SAINTE Lutgarde, surnommée la Sainte du Sacré-Cœur, naquit en 1182, à Tongres, en Belgique. Devenue cistercienne à Aywières, elle fut favorisée d’une apparition de sainte Catherine, vierge et martyre, qui lui dit  :

«  Aie bon courage, Notre-Seigneur a résolu de t’élever au mérite des plus excellentes d’entre les vierges.  »

Dès lors, sainte Lutgarde reçut de nombreux dons. Elle guérissait les malades, convertissait les pécheurs les plus endurcis et délivrait les âmes du purgatoire.

À la fête de la Pentecôte qui suivit l’apparition de sainte Catherine, les religieuses chantaient le Veni Creator quand elles virent une flamme se poser sur la tête de sœur Lutgarde. Ce signe annonçait un grand miracle.

En effet, le fondateur de l’Empire mongol, Gengis Khan, menaçait de ravager toute l’Europe. En 1222, ses armées avaient déjà pénétré en Russie, envahi la Hongrie et une grande partie de la Pologne, et menaçaient la Bohême et l’empire d’Allemagne. Sœur Lutgarde reçut alors au parloir le dominicain et pénitencier du Pape, frère Bernard  : «  Nous sommes très inquiets de la situation, lui dit-il. Nous vous prions d’intercéder par vos prières en faveur de la Chrétienté.  »

La sainte invoqua le Sacré-Cœur qui lui promit que Gengis Khan n’irait pas plus loin. De fait  ! Les Mongols firent demi-tour, bien qu’ils ne trouvassent en face d’eux aucune résistance sérieuse  ! Une force irrésistible les poussait à repartir en Asie.

«  Ô Mère chérie, dans votre Miséricorde, je trouve grâce, force et conseil. Mon programme est dans la devise des Croisés  : Prie, Communie, Sacrifie-toi, Sois apôtre.  » (notre Père, 15 janvier 1998)

Colorier le Saint-Esprit descendant sur la tête de sainte Lutgarde.

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Dimanche 3 juin – Solennité de la Fête-Dieu

AU SECOURS DU PAPE PERSECUTÉ

UN jour, pendant la Messe, sœur Lutgarde vit Jésus avec son Cœur ouvert et ses Plaies, se présenter à son Père. Se tournant vers elle, Notre-Seigneur lui dit  :

«  Vois-tu comment je m’offre à mon Père pour les péchés des hommes  ? Fais de même, offre-toi aussi toute entière pour mes pécheurs, afin de détourner d’eux ma justice.  »

En 1239, Notre-Seigneur enjoignit donc à sa messagère Lutgarde de commencer un jeûne de sept ans pour détourner un mal qui menaçait de nouveau l’Église.

Si la France vivait dans la paix sous le règne clément du roi Saint Louis, l’Allemagne était gouvernée par un empereur impie  : Frédéric II. Cet homme rusé, sans croyance, se vantait d’accepter toutes les religions. Rêvant d’imposer son hégémonie à toute l’Italie, donc à l’Église, il brava le Pape, revendiqua le royaume des Deux-Siciles et une partie des États pontificaux.

Avant la fin des sept années, sœur Lutgarde apprit que Jésus avait agréé son jeûne.

«  Vous pouvez vous rassurer, dit-elle à son confesseur, l’ennemi insidieux de l’Église ou sera humilié, ou mourra bientôt en laissant en paix les enfants de Dieu.  »

La prédiction se vérifia  : Frédéric II, humilié par une excommunication, fut déposé par le pape Innocent IV et le Concile de Lyon, le 2 décembre 1244. Loin de se convertir, l’empereur s’endurcit et mourut subitement le 13 décembre 1250, à l’âge de cinquante-six ans.

«  Se consacrer au Divin Cœur, c’est courir à Jésus, pour participer à ses peines, essuyer son Sang et ses sueurs, afin de lui manifester le plus grand amour.  » (notre Père, 1979)

Colorier sainte Lutgarde à genoux.

Lundi 4 juin

LA FRANCE, ROYAUME DE JESUS-MARIE

EN 1230, le pape Grégoire IX écrivit à Saint Louis  : «  Dieu choisit la France de préférence à toutes les autres nations de la terre pour la protection de la foi catholique. Pour ce motif, elle est le royaume de Dieu même, les ennemis de la France sont les ennemis du Christ.  »

Deux siècles plus tard, sainte Jeanne de Valois, fille de Louis XI et épouse du roi Louis XII, vit une coupe dans laquelle se trouvaient deux cœurs. La Sainte Vierge les lui offrit et lui dit  :

«  Prends, ma fille, c’est mon Cœur et celui de mon Fils, ils sont pour la France  !  »

La sainte voulut les saisir mais Jésus l’arrêta  :

«  Et toi, dit-il, n’as-tu rien à me donner à la place  ?

– Que voulez-vous que je vous offre, ô mon Jésus  ?

– N’as-tu pas un cœur, toi aussi  ?  »

Au dix-septième siècle, Notre-Seigneur précisa cette révélation auprès de sœur Anne-Marie de Jésus crucifié, religieuse du Calvaire  :

«  Je veux que le Roi fasse honorer ma Mère en son Royaume. Je rendrai son royaume, par Son intercession, la plus heureuse patrie qui soit sous le ciel.  »

Sur l’instigation du Père Joseph du Tremblay, Père spirituel de sœur Anne-Marie, Louis XIII consacra, le 15 août 1638, sa personne et son Royaume à la très Sainte Vierge. Selon la promesse divine, la France atteignit alors des sommets de grâce et de gloire.

Cette même année 1638, naissait Louis Dieudonné, futur Louis XIV, qui aura pour vocation de consacrer sa personne et son Royaume au Sacré-Cœur.

«  Cœur Sacré de Jésus inséparable du Cœur Immaculé de Marie, rendez mon cœur inséparable du vôtre.  »

Colorier les couronnes de Jésus et de Marie.

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Mardi 5 juin

SAINTE MARIE DE L’INCARNATION

AU dix-septième siècle, le Canada se trouva associé par toutes sortes de mystères et de miracles au dessein divin du Sacré-Cœur sur la France. Mais tout commença en Poitou, et par un songe  :

La petite Marie Guyard, alors qu’elle jouait avec ses compagnes, vit Notre-Seigneur venir à elle.

«  M’embrassant amoureusement, Il me demanda  : “ Voulez-vous être à moi  ? ” Je lui répondis “ Oui ”. Lors ayant ouï mon consentement, nous le vîmes remonter au Ciel.  »

Cette grâce et bien d’autres attirèrent l’enfant vers le soin des pauvres et le service de Jésus, «  comme un soldat  !  »

En 1627, Marie entra chez les ursulines de Tours, et devint sœur Marie de l’Incarnation. À Noël 1633, dans un songe, elle fut de nouveau entraînée en un lieu ravissant où se trouvait «  une petite église de marbre blanc  ». Au-dessus, «  la Sainte Vierge était assise et tenait son petit Jésus entre ses bras sur son giron. Elle regardait ce pays autant pitoyable qu’effroyable.  » Il lui sembla que Notre-Dame parlait avec son Enfant de ce pays et d’elle-même. Alors, avec un sourire ravissant, cette bonne Mère lui donna par trois fois un baiser.

Dès lors, sœur Marie devint l’apôtre du Christ-Roi. Elle ne cessa plus de prier pour les habitants de ce pays inconnu dont Satan semblait être le maître. Jusqu’au jour où Dieu le Père lui révéla son secret, pour mieux obtenir le salut de tant de pauvres âmes  :

«  Demande-moi par le Cœur de Jésus, mon très aimable Fils. C’est par lui que je t’exaucerai.  »

Elle obéit et le sens du songe lui fut aussitôt révélé  : «  C’est le Canada que je t’ai fait voir, il faut que tu y ailles faire une maison à Jésus et à Marie.  »

Récitons la prière de sainte Marie de l’Incarnation  : «  C’est par le Cœur de mon Jésus que je m’approche de Vous, ô Père Éternel. Par ce Divin Cœur, je vous adore pour ceux qui ne vous adorent pas, je vous aime pour tous ceux qui ne vous aiment pas, je vous reconnais pour tous les aveugles volontaires qui, par mépris, ne vous reconnaissent pas.  »

Colorier sainte Marie de l’Incarnation (robe et voile noirs), à genoux.

Mercredi 6 juin

QUÉBEC, CITÉ DU SACRÉ-CŒUR

MÈRE Marie de l’Incarnation et ses sœurs – religieuses cloîtrées  ! – partirent pour le Canada en 1634. Durant le voyage, le bateau faillit se fracasser contre un immense iceberg qu’il ne pouvait éviter. Le Père Vimont donna l’absolution générale. Alors, sans que l’on sache comment, le navire se retrouva aussitôt de l’autre côté, ayant contourné le bloc de glace…

À son arrivée, mère Marie reconnut le site qu’elle avait vu en songe. La construction d’un couvent permit aux trois religieuses d’assurer l’éducation des petites Indiennes et Françaises de la colonie.

Dans les heures les plus sombres, mère Marie fut le roc sur lequel les Canadiens français s’accrochèrent pour ne pas tout abandonner. Une nuit, dans l’octave de Noël 1650, le couvent prit feu par suite d’une étour­derie d’une novice. Sœurs et enfants se retrouvèrent, en chemise de nuit, pieds nus, dans la neige, regardant le désastre… Mère Marie s’exclama  : «  Ô Sainte Volonté de Dieu, que vous êtes adorable  !  »

Pour récompenser sa servante de n’avoir cédé à aucun «  mouvement de peine, de tristesse, ni d’ingratitude  », Jésus lui donna une aide extraordinaire pour la reconstruction de son couvent  : la Sainte Vierge elle-même  ! Elle l’accompagnait dans ses visites du chantier, lui indiquait l’ordre des travaux et remplissait la trésorerie  !

En 1690, La dévotion au Sacré-Cœur, livre composé par le Père Croiset sur les instances de sainte Marguerite-Marie, fit connaître aux ursulines de Québec le message du Ciel. Elles le répandirent avec d’autant plus de ferveur et de diligence que déjà leur fondatrice leur avait transmis ce culte.

Récitons la prière de sainte Marie de l’Incarnation au Cœur Immaculé de Marie (E 15).

Colorier le couvent en feu.

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Jeudi 7 juin

SAINTE MARGUERITE-MARIE

Àla fin du dix-septième siècle, l’amour de Dieu se refroidissait et «  les âmes tombaient en foule en enfer  ». Notre-Seigneur apparut à sainte Marguerite-Marie, religieuse de l’ordre de la Visitation, pour lui confier deux missions.

La première était celle de répandre la dévotion à son Sacré-Cœur comme «  un nouveau moyen  », «  un des derniers efforts  », la «  dernière invention… de son amour envers les hommes pécheurs  », destinée à en sauver «  plusieurs… beaucoup… un grand nombre  ».

Pour aider sœur Marguerite-Marie à propager ce message (cf. p. 47), Notre-Seigneur choisit un jésuite  : le Père Claude La Colombière.

Envoyé en 1676 par ses supérieurs en Angleterre, le Père y éleva le premier oratoire qui, dans le monde, fut consacré au Sacré-Cœur. Pressé de gagner les cœurs à ce culte, il convertit de nombreux protestants et réussit à convaincre le roi d’Angleterre, Charles II, de se repentir de son schisme et de mourir catholique.

À Paray-le-Monial, plusieurs visitandines, qui refusaient cette «  nouvelle dévotion  », persécutèrent sœur Marguerite-Marie. Mais après bien des années, sœur des Escures, la principale opposante, touchée par la grâce, devint une fervente adoratrice du Cœur de Jésus, entraînant avec elle toute la communauté.

Le 2 juillet 1688, sœur Marguerite-Marie entendit la Vierge Marie au Ciel dire au Père La Colombière, mort six ans plus tôt  : «  S’il est donné aux Filles de la Visitation de connaître et distribuer aux autres cette solide dévotion, il est réservé aux Pères de votre Compagnie d’en faire voir et connaître l’utilité et la valeur.  »

Récitons la prière du Père La Colombière (D 18).

Colorier sainte Marguerite-Marie (robe et voile noirs) tenant la banderole.

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Vendredi 8 juin – Fête du Sacré-Cœur

LOUIS XIV, L’ÉLU DU SACRÉ-CŒUR

LE 17 juin 1689, Notre-Seigneur confiait à sœur Marguerite-Marie sa seconde mission, celle de faire connaître au Roi sa Volonté  : en effet, le Sacré-Cœur désirait entrer avec magnificence dans le palais des princes et des rois, pour y être honoré autant qu’il avait été outragé pendant sa Passion dans celui d’Hérode.

Comme la France est fille aînée de l’Église, son Roi est fils aîné du Sacré-Cœur. C’est pourquoi Jésus voulait régner en France par son souverain et, grâce à elle, il désirait étendre son empire dans le monde entier.

Pour accomplir ce dessein, le Christ choisit Louis XIV  :

«  Fais savoir au fils aîné de mon Sacré-Cœur que, comme sa naissance sur terre a été obtenue par la dévotion aux mérites de ma sainte Enfance, de même il obtiendra sa naissance au Ciel par sa consécration à mon Cœur adorable qui veut triompher du sien. Mon Cœur veut régner dans son palais et, par son entremise, dans ceux de tous les grands de la terre.  »

Le divin Maître demandait à Louis Dieudonné de peindre le Sacré-Cœur sur ses étendards, de lui élever une église pour qu’Il y reçoive les hommages du souverain lui-même et de toute sa cour, et d’obtenir du Pape une messe en son honneur.

Si Louis XIV obéissait à ces demandes célestes et rendait ainsi publiquement un culte au Cœur de Jésus, il recevait en retour la promesse de triompher de tous les ennemis du royaume, et d’écraser les “ têtes orgueilleuses ” qui s’opposaient à la Sainte Église.

En cette fête du Sacré-Cœur et de mère Marie du Divin Cœur, récitons l’acte de consécration qu’elle composa (A 7).

Colorier le roi Louis XIV.

Samedi 9 juin

«  ILS N’ONT PAS VOULU ECOUTER MA DEMANDE  »

OR, Louis XIV n’obéit pas aux volontés du Ciel. Le message de Paray-le-Monial fut également mal reçu au sein de la Compagnie de Jésus et de la Visitation, du moins en France. Les notices nécrologiques du Père La Colombière ne mentionnèrent même pas sa dévotion au Sacré-Cœur  !

Rome aussi rejeta le message divin en refusant de concéder la fête, la messe et l’office du Sacré-Cœur. Les autorités de l’Église regardaient «  ceux qui voulaient pratiquer ou établir la fête du Cœur de Jésus comme une espèce de secte capable de troubler l’Église  »  !

Le Père Croiset, jésuite, qui avait été le directeur spirituel de sœur Marguerite-Marie et propageait à Lyon le culte du Sacré-Cœur, fut même sanctionné en 1695 par son supérieur général pour ses «  opinions singulières  ». Le 11 mars 1704, Rome mit à l’index son ouvrage, La dévotion au Sacré-Cœur, qui avait été publié en 1691. Sœur Marguerite-Marie avait pourtant écrit au sujet de ce livre qu’il «  était parfaitement de l’agrément de Notre-Seigneur  ».

Le Sacré-Cœur n’abandonna pas pour autant son dessein de miséricorde. Des miracles éclatants, opérés par sainte Marguerite-Marie de son vivant, avivèrent la flamme de cette dévotion nouvelle.

Récitons les litanies du Sacré-Cœur de Jésus (D 8).

Colorier le drapeau.

Dimanche 10 juin – Solennité du Sacré-Cœur

LES MIRACLES DU SACRÉ-CŒUR

LE propre frère de sainte Marguerite-Marie, Jacques Alacoque, curé à Bois-Sainte-Marie, s’était laissé aller à une lamentable tiédeur spirituelle. Un jour de 1686, très gravement malade, il tomba dans un si profond coma que ses trois médecins l’abandonnèrent.

Sœur Marguerite-Marie lui envoya alors trois billets. Sur chacun d’eux, était écrit d’un côté  : «  Que le Sacré-Cœur vous guérisse  !  » et de l’autre  : «  Louée soit à jamais la très pure et Immaculée Conception de la Sainte Vierge  !  »

Ces billets devaient être plongés dans l’eau que le malade boirait ensuite, trois matins de suite. On put à peine lui faire avaler une demi-cuillerée de cette singulière potion. Mais dès qu’il eut accompli cette prescription, il fut entièrement rétabli… et se convertit.

Chrysostome Alacoque, le frère aîné, s’en trouva si bouleversé que, dans l’église paroissiale, il fit ériger à grands frais une chapelle dédiée au Sacré-Cœur. L’abbé Jacques Alacoque y fonda à perpétuité une Messe à célébrer tous les premiers vendredis du mois.

De nombreuses autres guérisons miraculeuses suivirent, dont celle, en 1713, de sœur Angélique Desmoulins, visitandine à Paray-le-Monial. Atteinte d’hémiplégie, la religieuse revêtit une chemise ayant touché le cercueil de sœur Marguerite-Marie  ; un quart d’heure plus tard, elle était guérie.

L’évêché d’Autun consentit dès lors à autoriser la fête du Sacré-Cœur dans les six monastères de la Visitation, dépendants de lui.

Prions afin de hâter le triomphe du Cœur de Jésus et Marie, par l’intercession de sainte Marguerite-Marie, héritière des trésors de Jésus et fille chérie de Marie Immaculée, «  la conductrice de mes pas, l’Étoile de ma navigation, le port assuré de mon salut  ».

Colorier les Cœurs de Jésus et Marie.

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Lundi 11 juin

MARSEILLE  : UN FLÉAU APOCALYPTIQUE

Àla mort de Louis XIV, le diable prit possession de la France sous la régence du duc d’Orléans, de 1715 à 1723. Le Sacré-Cœur décida de faire éclater sa puissance à Marseille où le mercantilisme et l’immoralisme pervertissaient les habitants, tandis que le jansénisme infestait le clergé.

En 1718, lors des Quarante Heures, les Marseillais reçurent un avertissement céleste  : le Saint-Sacrement était exposé dans l’église des Cordeliers, quand «  tout à coup, Notre-Seigneur se montra dans l’Hostie  ; son visage était si éblouissant de majesté, son regard à la fois si tendre et si sévère que personne ne pouvait en soutenir la vue. Les fidèles assemblés dans l’église demeurèrent terrifiés.  »

Or, au même moment, au couvent de la Visitation de Marseille, sœur Anne-Madeleine Rémuzat, que Notre-Seigneur avait établie «  apôtre de son Cœur adorable  », en recevait la signification  : Dieu était irrité contre Marseille et opérait ce prodige afin que la ville se convertît. Sinon, il était prêt à la frapper d’une manière si terrible que l’univers en serait épouvanté.

Hélas  ! malgré les efforts redoublés de son saint évêque, Mgr de Belsunce, la ville s’endurcit dans la corruption. Et la terrible prophétie s’accomplit…

Le 20 mai 1720, la peste entra dans Marseille. Isolée du reste du pays, la ville offrit un spectacle de jour en jour plus horrible. Brûlés de fièvre, criblés de pustules, les malheureux pestiférés se tordaient de douleur. Marseille devint un vaste cimetière de quarante mille cadavres entassés les uns sur les autres…

Recherchons notre défaut dominant qui fait obstacle au règne du Sacré-Cœur dans notre âme et corrigeons-nous.

Colorier sœur Anne-Madeleine (robe et voile noirs).

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Mardi 12 juin

LA MISÉRICORDE DU SACRÉ-CŒUR

DURANT l’été 1720, les deux Visitations de Marseille traversèrent la tourmente sans qu’une sœur meure. Notre-Seigneur fit alors connaître à sa confidente, sœur Anne-Madeleine, qu’il tirerait gloire de ce fléau. Il ajouta  : «  Je veux purger l’Église de Marseille des erreurs dont elle est infectée, en lui ouvrant mon Cœur adorable comme la source de toute vérité.  »

Pour mettre fin à la contagion, il ordonna qu’on l’honore par une fête et des prières  : «  Tous ceux qui s’adonneront à cette dévotion ne manqueront de secours que lorsque mon Sacré-Cœur manquera de puissance.  »

Mgr de Belsunce répondit aussitôt à ces demandes. Il fit placer sur les portes des maisons une image du Sacré-Cœur avec ces mots  : «  Arrête, le Cœur de Jésus est là.  » Les habitations ainsi marquées furent épargnées.

Puis, pieds nus, la corde au cou, l’évêque lut une amende honorable, consacra la ville et tout son diocèse au Sacré-Cœur et institua solennellement sa fête, le 20 juin 1721. À l’occasion de cette première solennité, il fit réciter dans toutes les églises les litanies en l’honneur du Sacré-Cœur. L’épidémie cessa immédiatement.

Toutefois, le Ciel n’était pas entièrement satisfait. D’une part, les autorités de la ville, les échevins, n’avaient pas voulu participer aux cérémonies et s’opposaient toujours à la réouverture des églises. D’autre part, débauches et menées jansénistes suivirent la fin du fléau. Aussi, le 1er mai 1722, la peste réapparut-elle dans Marseille…

«  Cessons d’être durs, orgueilleux, hypocrites, pour être toute pureté, piété, bonté, sourire. Et alors, nous serons les missionnaires de demain.  » (notre Père, 8 juin 1975)

Colorier Mgr de Belsunce (soutane violette).

Mercredi 13 juin

LE VŒU DES ÉCHEVINS

Mgr de Belsunce s’empressa d’écrire aux échevins  : «  Vous vous souvenez sans doute, Messieurs, qu’au jour de la Toussaint de 1720, je consacrai cette ville et ce diocèse au Sacré-Cœur de Jésus et que vous ne pûtes alors paraître entrer dans cette consécration. Pour réparer cela, Messieurs, je crois devoir vous proposer de faire incessamment un vœu stable au Divin Cœur de notre Sauveur.  »

Cette fois, les autorités de la ville acceptèrent avec conviction. La cérémonie eut lieu le 12 juin 1722, en la fête du Sacré-Cœur, au milieu d’un grand concours de peuple. La délivrance fut définitive. Jamais la peste ne reparut à Marseille.

Sœur Anne-Madeleine continua à remplir son office d’apôtre du Sacré-Cœur, en particulier auprès des sœurs visitandines gagnées au jansénisme et que, sur ordre du Roi, on avait dû renvoyer. Toutes les sœurs égarées se convertirent et purent reprendre la vie régulière dans leur couvent. Sœur Anne-Madeleine mourut à l’âge de trente-trois ans, le 15 février 1730, à la date que lui avait prédite le Divin Maître.

Pour sa part, Mgr de Belsunce refusa les offres avantageuses de cardinalat, et resta fidèle à sa chère ville de Marseille, où le Sacré-Cœur accomplit sa promesse à sainte Marguerite-Marie  : «  Je régnerai malgré mes ennemis.  » Nous sommes fiers de savoir ce saint évêque de la famille de notre Père  !

Si le Sacré-Cœur de Jésus m’appelle un jour à le servir, que lui répondrais-je  ?

Colorier l’image “ Arrête  ! Le Cœur de Jésus est là. ”

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Jeudi 14 juin

LA “ SAINTE REINE ”

PAR ce fléau qui eut un grand retentissement dans la Chrétienté, Notre-Seigneur avait montré l’urgence de répondre aux demandes de Paray-le-Monial. En France, la reine Marie Leczinska le comprit. À sa mort, en 1768, Mgr de la Rivière parla du culte que l’Église rendrait un jour à celle que le peuple appelait déjà “ la sainte Reine ”.

Née en 1703, en Pologne, la princesse Marie Leczinska avait dix-sept ans lorsqu’elle embrassa la dévotion au Sacré-Cœur. Elle était alors en étroite relation avec la Visitation de Cracovie fondée par une ancienne novice de sainte Marguerite-Marie.

Mariée à Louis XV, elle fut de 1725 jusqu’à sa mort, l’épouse fidèle et dévouée d’un Roi infidèle, et la mère aimante de leurs douze enfants dont sept survécurent.

Comme elle refusait qu’un biographe parlât d’elle dans son Abrégé historique, celui-ci insista.

«  Hé bien  ! dites donc, répondit-elle, qu’en 1725 on vit arriver en France une petite princesse, qui apporta de petits talents, de petites vertus et de grands défauts.

– Je dirai au moins qu’elle apporta un grand cœur  ?

– Hélas  ! pas bien grand, puisqu’il y a tant de malheureux qui ne sauraient y trouver place. Je ne connais de grand cœur que celui de notre Sauveur, qui est toujours ouvert aux besoins de tous les hommes.  »

Généreuse envers tous, elle l’était surtout pour les pauvres, surnommés le “ Régiment de la Reine ”. Artiste, intelligente et cultivée, elle parlait six langues dont le latin. La première, elle dénonça l’Encyclopédie  : «  Voilà du mauvais et du très mauvais.  »

Ses jugements étaient toujours perspicaces  : «  Les princes les plus humains envers leurs peuples ont été, comme Saint Louis, les plus sévères contre les méchants.  »

Récitons les litanies du Cœur Eucharistique de Jésus et Marie. (D 10)

Colorier le cœur de la reine Marie Leczinska.

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Vendredi 15 juin

UNE DÉVOTION ROYALE

ZÉLATRICE inlassable du Sacré-Cœur, la reine Marie Leczinska voyait en ce culte le remède à l’impiété qui ravageait la France. Elle demanda aux papes Benoît XIII et Benoît XIV d’autoriser la Messe du Sacré-Cœur dans tout le royaume… En vain.

Ce Divin Cœur fut sans cesse son refuge lors des infidélités successives de son royal époux. N’apprend-Il pas le sacrifice, l’oubli de soi et le pardon des injures pour le salut de ceux qu’on aime  ?

Elle imita donc la manière d’aimer de Notre-Seigneur  : «  Rien ne soulage un cœur malade comme la conformité à la volonté d’un Dieu dont les rigueurs ne sont que bonté.  »

Quand Louis XV nomma “ Dame du Palais ”, Madame de Pompadour, sa maîtresse incrédule et amie des francs-maçons, la Reine lui répondit  : «  Sire, j’ai un Roi au Ciel qui me donne la force de souffrir mes maux, et un Roi sur la terre à qui j’obéirai toujours.  »

Après l’attentat de Damiens, en 1757, le Roi la pria de lui pardonner tant de chagrins  : «  Eh  ! ne savez-vous pas, Monsieur, répondit la Reine, que vous n’avez jamais eu besoin de pardon de ma part  ? Dieu seul a été offensé  ; ne vous occupez, je vous prie, que de Dieu.  »

En 1765, elle obtint, enfin  ! du pape Clément XIII une Messe et un office propre en l’honneur du Cœur de Jésus. Elle avait rempli sa mission et comprenait pourquoi Notre-Seigneur l’avait choisie pour Reine de France  : «  Il faut que ce soit absolument la volonté de Dieu, qui daigne se servir de moi, malgré mon indignité.  »

Consolons le Cœur Eucharistique de Jésus en répétant  : «  Cœur de Jésus, méconnu des hommes, je vous aime et je vous adore.  »

Colorier la reine Marie Leczinska.

Samedi 16 juin

MADAME ÉLISABETH

MADAME Élisabeth, sœur cadette de Louis XVI, naquit le 3 mai 1764. Elle hérita de l’amour que la reine Marie Leczinska, sa grand-mère, et Louis le Dauphin son père vouaient au Divin Cœur.

Lorsqu’Élisabeth voulut suivre l’exemple de sa tante, mère Thérèse de Saint-Augustin, et entrer à son tour au Carmel, le roi Louis XVI refusa  : «  N’imitez pas votre tante Louise, j’ai besoin de vous à Versailles.  »

Dès lors, la princesse pressait son frère de se sou­mettre au Sacré-Cœur en lui consacrant sa personne et son royaume, mais il hésitait encore…

Puisque ni Louis XIV ni Louis XV n’avaient répondu aux demandes du Ciel, Dieu allait être contraint de suspendre ses bienfaits dans le royaume des Lys…

À la veille de la Révolution, souffrant de la faiblesse du Roi qui mettait en danger la France et l’Église, Élisabeth prononça un vœu au Cœur Immaculé de Marie pour obtenir la conservation de la religion dans le pays.

Durant les années sanglantes, elle comprit qu’il fallait «  dédommager Dieu, s’il est possible, de tous les outrages qu’il reçoit. Il faut demander pardon au Cœur de Jésus. Pensons que son Cœur souffre plus que sa colère n’est irritée.  »

Lors de l’emprisonnement de la famille royale au Temple, les commissaires de la Convention pratiquèrent une perquisition. Ils ne trouvèrent que deux objets dans les affaires de la princesse  : l’image du Sacré-Cœur et sa prière de consécration de la France à ce Divin Cœur. Le petit Louis-Charles, futur Louis XVII, la savait par cœur, à force d’avoir entendu sa tante la répéter.

Récitons aujourd’hui cet acte (cf. p. 46) pour que bientôt, Madame Élisabeth, guillotinée le 10 mai 1794, soit canonisée comme martyre et donnée pour sainte patronne à la France régénérée.

Colorier la Sainte Vierge.

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Dimanche 17 juin

«  AIME, ADORE, VÉNÈRE CE CŒUR  »

EN 1787, deux ans avant la Révolution, Jésus vint ranimer la dévotion à son Cœur en apparaissant à une religieuse de la Visitation de Nantes, sœur Marie-Anne Galipaud, surnommée “ la sainte sœur de Nantes ”  :

«  Jésus-Christ, dans sa sainte humanité, m’est apparu tenant en main un Cœur ouvert, dans l’ouverture duquel il y avait des petits cœurs. Ce Cœur était tout couvert d’épines aiguës. Alors Jésus-Christ me dit  :

«  “ Aime, adore, vénère ce Cœur, fais ton possible pour le faire aimer, adorer et vénérer et vois si tu peux plonger tous les hommes dans cette ouverture sacrée  ; mais particulièrement, ranime, fortifie cette flamme dans mon petit peuple de la Visitation. Mais cet amour, je ne le veux pas en paroles, mais en imitation... Or, à présent, mon Cœur est foulé aux pieds, bafoué, méprisé et oublié. ”  »

Aussitôt, la supérieure, mère Claude-Marie de Bruc, s’employa à répandre ce culte. Les visitandines de Nantes se mirent à peindre des images et à coudre des scapulaires du Sacré-Cœur, aussi appelés “ sauvegardes  ”, en raison des miracles de protection spirituelle et temporelle qu’ils opèrent. Cette invocation y est inscrite  : «  Vous qui brûlez pour moi, Cœur de mon doux Sauveur, donnez au mien pour Vous une pareille ardeur.  »

Répétons cette invocation tout au long de la journée pour obtenir un ardent amour du Sacré-Cœur.

Colorier le Sacré-Cœur rempli de petits cœurs.

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Lundi 18 juin

UN DESSEIN ORTHODROMIQUE

SAINT Louis-Marie Grignion de Montfort répandit le message de Paray-le-Monial. Les Vendéens, fidèles à son enseignement, se soulevèrent et tombèrent en héros «  pour Dieu et le Roi  », sous le signe du Sacré-Cœur qu’ils portaient sur leur poitrine. Que s’était-il passé  ?

Non seulement Louis XVI refusa de consacrer son royaume au Sacré-Cœur, mais il laissa les jansénistes et les huit cents loges maçonniques répandre leurs erreurs.

En conséquence, la Révolution éclata le 17 juin 1789, cent ans jour pour jour après la demande du Ciel à Marguerite-Marie  ! Les bons commencèrent à être martyrisés. Toutefois, dans les prisons, ils comprirent que les desseins divins s’accomplissaient.

Durant ces années, des centaines de milliers d’images du Sacré-Cœur, confectionnées par les religieuses, répan­dirent partout cette dévotion. Interrogée en 1793 par le tribunal révolutionnaire, mère Camille de Soyecourt répondit qu’elle en avait tant distribué qu’il lui était impossible d’en indiquer le nombre  ! La carmélite ajouta  :

«  Le Sacré-Cœur de Jésus, oh  ! Vous me faites un crime d’avoir fait des images représentant ce symbole divin, je m’en fais gloire  !Le Sacré-Cœur m’est plus cher que la vie et si, au prix de ma mort, j’obtenais qu’il soit plus connu et plus aimé, je m’estimerais trop heureuse  !  »

Mère Camille échappa par miracle à la mort sur l’échafaud, car Dieu l’appelait à une autre vocation  : restaurer le Carmel en France, après la Révolution.

Faisons quelques sacrifices pour hâter le Règne du Cœur de Jésus dans notre patrie.

Colorier mère Camille tenant l’image du Sacré-Cœur.

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Mardi 19 juin

LOUIS XVI ET LES CARMÉLITES DE COMPIÈGNE

AU mois d’août 1792, enfermé dans la prison du Temple, le roi Louis XVI prononça son vœu de consécration de la France au Sacré-Cœur. Il s’y accusait de n’avoir «  pas réprimé la licence du peuple et l’irréligion  ; si je recouvre ma liberté, ma puissance et ma couronne royale, je promets de prononcer un acte solennel de consécration à ce Cœur adorable.  »

Or, en ce même mois d’août 1792, la prieure du carmel de Compiègne, mère Thérèse de Saint-Augustin, invita ses filles à s’offrir en expiation, pour réparer les offenses faites à Dieu pendant la Révolution. Notre-Seigneur agréa leur offrande.

Un an et demi plus tard, le 21 janvier 1794, le roi Louis XVI mourait martyr, suivi de près par les carmélites. Les seize religieuses, à qui le tribunal révolutionnaire reprochait de détenir «  un cantique dit du Cœur de Jésus et Marie  » et des images du Sacré-Cœur, furent accusées de «  machiner contre la République  ».

En apprenant leur condamnation à mort, sœur Marie-Henriette s’écria  : «  Réjouissons-nous, mes sœurs  ! Nous mourrons en martyres  !  »

Ce qui advint le 17 juillet 1794. Avant de monter à l’échafaud, chaque carmélite demanda à la Mère supérieure permission de mourir et reçut sa bénédiction.

L’année suivante, le petit Louis XVII souffrit un cruel martyre de prison. L’enfant-roi mourut emmuré à l’âge de dix ans, le 8 juin 1795, en pardonnant à ses bourreaux. Il fut vraiment la sainte victime qui expia les fautes de ses prédécesseurs.

Examinons-nous et corrigeons-nous des défauts qui contristent Jésus et Marie.

Colorier les carmélites (robe marron et voile noir) au Ciel, avec leurs palmes.

Mercredi 20 juin

UNE VISION PROPHÉTIQUE

EN 1793, en pleine Terreur, Sophie Barat, âgée de quatorze ans, priait chaque soir en famille devant un tableau du Sacré-Cœur, afin d’obtenir la délivrance de Louis, son frère séminariste.

Le miracle imploré se produisit. Une main amie supprimait chaque fois le nom de Louis de la liste des condamnés à mort, jusqu’à sa libération en 1795.

De cette faveur date l’ardente dévotion de la jeune Sophie pour le Sacré-Cœur  ; ce qui la mena à fonder un ordre de religieuses enseignantes, vouées à répandre le message de Paray-le-Monial  : la “ Société du Sacré-Cœur de Jésus ”. Mère Sophie Barat en resta la supérieure générale pendant cinquante-neuf ans.

Un jour, dans une vision, elle contempla des centaines de milliers d’enfants, agenouillés devant un gigantesque ostensoir dominant le monde. Tel était bien le but suprême de l’éducation dispensée par ses Filles.

Malgré le positivisme et l’anticléricalisme, hérités de la Révolution et qui avaient gagné les élites françaises, le Sacré-Cœur régnait en bien des familles, grâce à la bonne formation que les épouses recevaient des Mères.

À la mort de sainte Madeleine-Sophie Barat, en 1865, la Société comptait dans le monde quatre-vingt-six couvents, trois mille cinq cents religieuses qui enseignaient des centaines de milliers de jeunes filles.

Récitons le chapelet pour tant d’enfants qui ne connaissent plus le Divin Cœur de Jésus et demandons à la Sainte Vierge de nous garder toujours fidèles.

Colorier l’ostensoir et sainte Sophie Barat (robe et voile noirs).

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Jeudi 21 juin

L’APÔTRE DES SAINTS CŒURS

LA Révolution fit deux millions de morts. Par leur sang versé, les centaines de milliers de martyrs devinrent les instruments du règne du Sacré-Cœur. Les saints, qui survécurent à la tourmente, préparèrent son triomphe à venir. Ainsi du Père Coudrin et du Père de Clorivière.

Pierre Coudrin naquit le 1er mars 1768, près de Poitiers. Il reçut en secret l’ordination sacerdotale, en 1792. Pourchassé par les révolutionnaires, notre saint devait sans cesse se cacher pour exercer son ministère à Montbernage, paroisse jadis évangélisée par saint Louis-Marie.

Une nuit de septembre 1792, il apprit le massacre de centaines d’évêques et de prêtres au séminaire des Carmes à Paris. Après la Messe, Notre-Seigneur lui montra dans une vision l’ordre religieux qu’il devait fonder pour étendre le culte du Sacré-Cœur.

Or, deux ans plus tard, le Père rencontra la comtesse Henriette Aymer de La Chevalerie en qui il reconnut l’âme envoyée par Dieu pour établir sa Communauté…

Le Père Coudrin était persuadé qu’un des meilleurs moyens pour procurer la gloire de Dieu et le salut des âmes était de propager la dévotion aux Sacrés-Cœurs de Jésus et Marie  :

«  Nous regardons cette dévotion sainte comme une des plus grandes grâces accordées par Notre-Seigneur dans ces derniers temps.  »

Le Père multiplia les fondations en France, dont l’une dans l’ancien couvent des Augustines, à Paris. Ce jardin de Picpus était le cimetière des victimes de la Révolution  : mille trois cent sept corps mutilés par la guillotine y étaient enterrés. La Congrégation s’engagea à veiller sur ces précieux restes, tels ceux des Carmélites de Compiègne.

Ayant acquis les bâtiments voisins, le bon Père y fonda un collège et un séminaire qui devinrent bientôt le siège de la congrégation. À la demande de l’abbé Langlois qui manquait de prêtres, il accepta d’envoyer ses missionnaires en Océanie, puis dans d’autres parties du monde. À ses fils, il donna cette devise  : «  Vivre et mourir au service des Sacrés Cœurs de Jésus et de Marie.  »

Il rendit son âme à Dieu, le 27 mars 1837, alors qu’il faisait son oraison matinale, au pied de l’autel.

Soyons bien obéissants et demandons-en la grâce  : «  Obéissance du Cœur de Jésus, je m’unis à Vous.  »

Colorier le Père Coudrin à genoux.

Vendredi 22 juin

LE PÈRE PIERRE DE CLORIVIÈRE

LA Compagnie de Jésus fut supprimée par ordre du Pape en 1773. Déjà, un arrêt du Parlement de Paris les avait chassés de France. Le dernier général des jésuites, le Père Laurent Ricci, reconnut lui-même le juste châtiment du Ciel et exhorta les Pères à recourir désormais au Sacré-Cœur dans leurs tribulations.

Dispersés, exilés, captifs, ceux-ci devinrent les pionniers de ce culte. Tel le Père de Clorivière.

Né à Saint-Malo en 1735, Pierre-Joseph Picot de Clorivière entra chez les jésuites en 1756, grâce à l’intervention de la très Sainte Vierge qui lui dit  :

«  Dieu vous appelle sous la protection de saint Ignace et de saint François Xavier. Voici le noviciat, entrez-y.  »

Cependant, le bégaiement dont il était affligé depuis son enfance apparaissait comme un obstacle insurmontable à l’accomplissement de sa vocation. En outre, où aller, puisque noviciats et collèges étaient dispersés et fermés  ?

La protection de Notre-Dame de Liesse, implorée en son sanctuaire, obtint au jeune religieux de passer en Belgique où il continua ses études et prononça ses vœux perpétuels le 15 août 1773… veille de la suppression totale des jésuites par le Pape  !

Le Père de Clorivière fut donc le dernier profès de la Compagnie de Jésus.

Le Bon Dieu lui signifia la vocation à laquelle il était destiné  : «  J’ai vu des choses merveilleuses que Dieu voulait faire par moi comme son instrument.  »

Guéri miraculeusement de son bégaiement, il fut en même temps favorisé de visions du Sacré-Cœur. De cette source découla tout le reste  : sa lucidité pour juger la Révolution, son courage pour la combattre, sa doctrine religieuse et politique pour le relèvement de la France.

Prions pour la conversion des ennemis de notre foi.

Colorier le Père de Clorivière à genoux.

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Samedi 23 juin

UNE “ PHALANGE REDOUTABLE ”

POUR sauver la vie religieuse mise en danger par la Révolution, Dieu inspira au Père de Clorivière de fonder, en 1791, la “ Société du Cœur de Jésus  ” pour les jeunes gens, ainsi que la “ Société des Filles du Cœur de Marie ” dont il confia la direction à mère de Cicé.

L’âme de «  cette phalange redoutable des vaillants soldats de Jésus-Christ  » était la dévotion aux Cœurs de Jésus et de Marie, puisque «  ces deux Cœurs sont essentiellement l’un dans l’autre  ».

Cinq des dix premiers membres moururent martyrs pendant la tourmente. Leur fondateur, menacé lui aussi de mort, dut se cacher dans un étroit réduit où il rédigea ses “ Études sur la Révolution ”, livre d’une limpidité et d’une force qui annoncent la “ Politique totale ” de notre Père. Il disait «  aimer mieux être affligé avec les justes que de se réjouir avec les pervers  ».

Ennemi de tout libéralisme, le Père de Clorivière travailla à la restauration de la monarchie en France.

Napoléon Ier le considérait pour cela comme «  le fanatique le plus dangereux de France  »… et l’emprisonna.

Pendant ses cinq années de cachot, le Père mit par écrit les lumières qu’il avait reçues sur le triomphe de l’Immaculée  :

«  Des peuples qui étaient en partie plongés dans toutes les horreurs de l’apostasie, seront tout à coup changés et s’élèveront à une haute sainteté par les choses merveilleuses qui s’opéreront au milieu d’eux par l’entremise de la très Sainte Vierge Marie. Le Seigneur donnera à son Église une connaissance plus claire et plus détaillée des perfections de sa Sainte Mère.  »

Libéré en 1809, notre saint put enfin réaliser ce qui lui avait été annoncé quarante-sept ans auparavant  : le rétablissement de la Compagnie de Jésus en France pour y promouvoir le culte du Sacré-Cœur.

Il mourut comme un saint le 9 janvier 1820, à l’âge de quatre-vingt-quatre ans.

Renouvelons notre confiance sans bornes en Jésus et Marie  : «  Vierge Immaculée, céleste trésorière du Cœur de Jésus, priez pour nous.  »

Colorier le tableau des Saints Cœurs de Jésus et Marie.

Dimanche 24 juin

LE SACRÉ-CŒUR ET L’ESPAGNE

LA France, fille aînée de l’Église, fut la première élue du Sacré-Cœur pour préparer son triomphe final. Cependant, par son obéissance aux demandes de Paray-le-Monial, la catholique Espagne reçut elle aussi des marques certaines de l’élection divine.

À partir de 1700, un saint roi, Philippe V, régna en Espagne. En digne arrière-petit-fils de Louis XIII, il était animé d’une vive dévotion envers la très Sainte Vierge et défendait la foi dans son royaume au moyen du tri­bunal de l’Inquisition  :

«  ­C’est à ce bouclier de la foi que l’on est redevable de sa pureté dans les pays espagnols, en sorte que les hérésies qui ont causé tant de ravages dans les autres États de la Chrétienté, n’ont pu s’introduire en Espagne.  »

D’emblée, les jésuites espagnols entrèrent dans le dessein révélé à Paray-le-Monial. Sur leur instigation, Philippe V adressa, le 10 mars 1727, une supplique au pape Benoît XIII pour que soit promulguée la fête du Sacré-Cœur dans tous ses royaumes.

Hélas  ! le Pape avait pour conseiller le cardinal Lambertini, futur pape Benoît XIV, qui se montrait très opposé à cette dévotion  : «  Si l’on accepte des fêtes nouvelles, disait-il, on en viendra à demander une fête en l’honneur du Cœur de la bienheureuse Vierge Marie  !  »

Le Père Hoyos, désolé des atermoiements du Saint-Père, se plaignit à Notre-Seigneur «  de ce qu’une misérable objection impressionne son vicaire  ». Qui était ce Père Hoyos  ?

Soyons bienveillants et évitons les disputes avec nos frères et sœurs, en répétant  : «  Charité du Cœur de Jésus, répandez-vous dans mon cœur.  »

Colorier la carte mondiale (sauf le Sacré-Cœur).

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Lundi 25 juin

LE PERE BERNARDO HOYOS

NÉ le 21 août 1711 près de Valladolid, en Espagne, Bernardo de Hoyos entra à l’âge de quatorze ans chez les jésuites et y fut ordonné prêtre, le 2 janvier 1735. Dès son noviciat, cet intime confident de Notre-Seigneur, Notre-Dame et saint Michel, fut favorisé d’apparitions et de visions, pour que soit établi le règne du Sacré-Cœur en Espagne.

Le 10 août 1729, tandis que la peste sévissait, Jésus lui montra ses saintes Plaies, dont celle du Côté d’où le Sang coulait à flots, et lui dit  :

«  Rejeté par les hommes, je viens me consoler auprès des âmes que j’ai choisies.  »

Pour délivrer son peuple de ce fléau, le frère Hoyos renouvela, le 15 août 1729, son vœu d’esclavage à Marie.

La Reine du Ciel lui promit la fin de l’épidémie et lui fit voir «  Notre-Seigneur assis sur son trône, le visage très irrité. Celui-ci lança de son bras tout-puissant une première flèche de feu vers la terre qui ravagea tout sur son passage.

«  Tandis que le Juge divin n’était pas encore satisfait, la très Sainte Vierge arrêta son bras qui s’apprêtait à lancer une autre flèche. C’est alors que je compris combien puissantes sont les supplications de Notre-Dame puisqu’elles peuvent résister à Dieu lui-même.  »

Offrons un sacrifice pour consoler le Cœur de Jésus.

Colorier l’auréole du bienheureux Bernardo de Hoyos.

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Mardi 26 juin

LE GLAIVE DE FEU

FRÈRE Hoyos vit ensuite une autre scène qui préfigure le grand appel du troisième Secret que Notre-Dame de Fatima révéla à Lucie, François et Jacinthe  :

«  Je vis un nouvel escadron d’anges conduit par saint Michel qui tenait à la main un glaive de feu et, se tournant vers la terre, d’une voix terrible et effrayante, résonnant dans les airs comme le tonnerre, il dit ces paroles du psaume­  :

«  “ Si vous ne vous convertissez pas, Dieu tient en main son épée dégainée pour vous frapper, son arc est bandé et vous vise, ses flèches portent la mort, elles sont des brandons pour tuer ses ennemis. ”  »

Comme pour préciser cet avertissement, le 9 janvier 1730, son ange gardien lui montra l’enfer, en lui disant  : «  Regarde et écris.  »

«  Je vis une immense caverne de feu, envahie d’une si épaisse fumée qu’elle étouffait presque la lumière de la fournaise. Je parcourus des yeux cette immensité de feu, mais je n’en distinguais pas les limites, je ne pouvais voir jusqu’où elle s’étendait.

«  Il fut nécessaire ici que la présence de mon ange me rende courage, car cette première vision, à elle seule, eût pu m’ôter la vie. Je perçus au même moment une puanteur infecte, un fracas épouvantable et des hurlements sans fin comme de chiens enragés.

«  Je vis aussi comment certains damnés, pris de fureur et de rage, sautaient hors de la fournaise et y retombaient, comme de grosses pierres, en son centre, précipités par les démons et livrés à la voracité des flammes.  »

Parmi les damnés, le frère remarqua un prêtre qu’il avait connu, dont la vie avait été très scandaleuse.

Au soir de ce 9 janvier, il demeurait terriblement marqué par ces scènes épouvantables. Il en tremblait encore et son cœur en était brisé, lorsque Notre-Seigneur vint le réconforter, lui promettant le bonheur du Ciel.

Récitons les prières de l’Ange de Fatima.

Colorier le frère Hoyos.

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Mercredi 27 juin

LA MISSION DU FRÈRE HOYOS

POUR empêcher les âmes de tomber en enfer, frère Hoyos désirait aller prêcher la foi catholique par le monde. En 1733, cependant, saint Michel lui révéla que sa mission était d’ «  étendre le culte du Cœur de Jésus à travers toute l’Espagne et, plus universellement, dans toute l’Église  ».

Le jeune religieux communiqua d’abord la flamme de sa dévotion aux Pères jésuites les plus influents de la province de Castille  :

«  Un missionnaire ne peut-il pas d’abord diriger ses pénitents vers le Cœur de Jésus comme à la source de toute grâce  ? Si notre Bien-Aimé attire à lui les cœurs des fidèles par le doux aimant de son Cœur divin, on verra bientôt flotter par toute l’Espagne la bannière des confréries du Sacré-Cœur.  »

Notre-Seigneur dirigeait les entreprises des jésuites par le frère Hoyos  : «  Dis au Père Calatayud de persévérer, moi j’accomplirai ma promesse.  »

Et d’ajouter, avec un accent guerrier mais très tendre  : «  Mon Cœur sera votre forteresse et vous servira de rempart contre lequel se briseront les vagues des contradictions.  »

En la fête du Très Saint-Sacrement 1733, Notre-Seigneur lui prédit que «  la solennité de son Cœur serait un jour, dans l’Église, la fête la plus célébrée après celle du Corpus Christi  ».

Certes, des obstacles en retarderaient l’institution, et plus encore le triomphe universel du Divin Cœur. «  Mais à la fin, il régnera  !  » affirmait le jeune religieux.

En cette fête de Notre-Dame du Perpétuel Secours, faisons nôtre ce que le frère Hoyos écrivit à ses frères jésuites, le 15 août 1733  : «  Vous déclarerez à ces deux Cœurs divins [de Jésus et Marie] votre amour et vos désirs de leur plus grande gloire, car ce que l’on fait pour le Cœur de Jésus, on le fait conséquemment pour celui de sa Mère.  »

Colorier le Sacré-Cœur.

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Jeudi 28 juin

PAR MARIE AU CŒUR DE JÉSUS

LE 15 août 1733, notre jeune religieux reçut de précieuses lumières précisément sur les relations du Cœur de Marie avec la Sainte Trinité  : «  Je vis le Cœur du Père éternel comme un globe de feu immense qui s’agrandissait à mesure qu’il entourait la terre, les cieux et même les abîmes.

«  Les immenses rayons et les flots de lumière qui s’en dégageaient, étaient recueillis dans le Cœur sacré de notre bon Jésus que je voyais dans un ciel beaucoup plus grand et plus large que toutes les sphères célestes.

«  Les rayons bienfaisants qu’à son tour il dégageait, se rejoignaient pour concentrer leur ardeur dans le très aimable Cœur de notre Mère, Marie très sainte, lequel formait un beau soleil resplendissant et communiquait aussitôt aux hommes et à toute la terre, cette multitude de rayons lumineux.  »

Le Cœur de Jésus nous révèle comment Il nous transmet les bienfaits divins, reçus du Père Céleste, par la médiation de la très Sainte Vierge.

«  Le Cœur très pur de Marie, en même temps qu’il éclaire et échauffe tous les hémisphères, réjouit le Ciel lui-même, car les bienheureux éprouvent une joie particulière à voir les perfections du Cœur de Marie refléter celles de son Divin Fils comme dans un miroir de cristal très pur.  »

Travaillons avec application et répétons souvent «  Doux Cœur de Marie, soyez mon salut  !  »

Colorier le bureau, le crucifix et le livre.

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Vendredi 29 juin

«  DEMANDE-MOI CE QUE TU VEUX  »

EN octobre 1734, le frère Hoyos entendit une voix lui dire les mêmes paroles qu’à sainte Marguerite-Marie  : «  Demande-moi ce que tu veux pour le très Saint Cœur de mon Fils, je t’écouterai et je te l’accorderai.  »

Sans hésiter, le frère demanda «  l’extension du règne de ce Cœur sacré en Espagne, et j’entendis qu’Il me l’accordait  ».

Il travailla dès lors à la publication du livre intitulé Le Trésor caché dans le Sacré-Cœur de Jésus, découvert à notre Espagne. Notre-Seigneur lui promit que «  ceux qui le liraient avec une intention droite jouiraient de ses faveurs, et Il accorderait à chacun une grâce particulière  ».

Le frère Hoyos avait confié sa mission aux prières de sœur Marie-Anne de la Conception, cistercienne de Valladolid.

À l’automne 1735, le sachant gravement malade, elle priait pour lui, lorsqu’elle vit l’âme du saint religieux se séparer de son corps, s’envoler glorieusement et se cacher dans la plaie ouverte du Divin Cœur. Le 29 novembre 1735, notre jésuite, âgé seulement de vingt-quatre ans, était mort en répétant  : «  Oh  ! qu’il est bon d’habiter dans le Cœur de Jésus.  »

La “ grande promesse ” faite au frère Hoyos s’ac­complit  : «  Je régnerai en Espagne, et J’y serais plus vénéré qu’en beaucoup d’autres pays.  » Ce royaume fut la première nation à demander au Pape, mais en vain  ! l’institution de la fête du Sacré-Cœur.

Cependant, l’Espagne continua à se garder du protestantisme, du jansénisme, et le règne du Sacré-Cœur s’étendit au cours des siècles suivants, malgré quelques éclipses.

Récitons la prière “ Très Sainte Trinité ”, en réparation de nos propres fautes et pour le salut des pécheurs.

Colorier Notre-Seigneur.

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Samedi 30 juin

VICTOIRE DU SACRÉ-CŒUR

COMME pour se venger de ce triomphe divin en Espagne, le démon y suscita en 1820 une révolution qui mit en danger le trône du roi Ferdinand VII et devint un foyer de soulèvement pour toute l’Europe.

En France, le roi Louis XVIII décida de venir au secours de l’Espagne. Il envoya ses armées royales, sous la conduite du duc d’Angoulême et du général de Bourmont.

Le duc mit son entreprise sous la protection du Sacré-Cœur. Dès lors, il remporta victoire sur victoire contre les révolutionnaires. Bourmont constatait les fruits produits par cette dévotion depuis cent ans  : «  Tout le peuple est royaliste, le clergé fait sonner les cloches, les municipalités font illuminer les villes.  »

Afin de réduire à néant la révolution espagnole, il restait encore à prendre Cadix, le refuge des “ Constitutionnels ” qui y détenaient en otage le roi Ferdinand. Le 31 août 1823, le fort du Trocadéro, défendant la baie de Cadix, tombait aux mains des Français et des Espagnols fidèles à leur Roi. Le 29 septembre, Cadix se rendait à son tour sans condition.

La campagne était terminée, et les souverains espagnols libérés. L’expédition rendue victorieuse grâce au Sacré-Cœur, avait redonné à la France son rang de grande puissance, garante de l’ordre chrétien face à la révolution.

Il ne manquait plus au royaume que d’être consacré au Cœur de Jésus. Or, cette même année 1823, Louis XVIII en reçut la demande de Notre-Seigneur par l’intermédiaire de sœur Marie de Jésus, religieuse chanoinesse de Saint-Augustin. «  Je n’ai d’autre but sur terre que de procurer la consécration de la France au Sacré-Cœur  », écrivait-elle en juin 1823, au Père Ronsin  :

«  Le divin Sauveur désire ardemment que le Roi consacre sa famille et tout son royaume à son Divin Cœur, comme autrefois Louis XIII à la Sainte Vierge, qu’il en fasse célébrer la fête solennellement tous les ans, le vendredi après l’octave du Saint-Sacrement, et qu’enfin il fasse bâtir une chapelle et ériger un autel en son honneur.

«  Je prépare à la France un déluge de grâces lorsqu’elle sera consacrée à mon Divin Cœur. Et toute la terre se ressentira des bénédictions que je répandrai sur elle. La foi et la religion refleuriront en France par la dévotion à mon Divin Cœur  », à l’heure du Cœur Immaculé de Marie.

Méditons ce message, «  parallèle dans l’ordre de la monarchie, aux promesses du troisième Secret de Fatima  » (notre Père).

Nous verrons l’année prochaine, comment le “ splendide dix-neuvième siècle ” vécut de cet amour et dans l’espérance du triomphe universel du Sacré-Cœur. L’ac­complissement de ses promesses dépendait aussi de la fidélité du Saint-Père à répondre aux demandes du Ciel…

Colorier les rayons autour de Jésus et Marie.

Consécration de la France au Sacré-Cœur de Jésus

ÔJésus-Christ, tous vos Saints nous disent que Votre Cœur a été ouvert pour tous les hommes  ; mais bien des prodiges de miséricorde nous disent qu’Il a été spécialement ouvert pour la France  ! Ô Vous, qui dans votre Charité avez pourvu à tous les besoins à venir, en faisant naître cette dévotion au sein de ce Royaume, n’avez-vous pas voulu lui préparer une ressource assurée dans ses malheurs  ? Et dans le miracle que Vous opérâtes, au commencement de ce siècle, en faveur d’une de nos villes [Marseille] qui recourut à Votre Cœur sacré, n’avez-vous pas voulu nous laisser un gage de ce que nous devions en espérer si nous y recourons aussi  ? […]

Ô Jésus-Christ  ! Jésus-Christ, notre aimable Rédempteur, nous nous souviendrons que Votre Cœur est le Sanctuaire de la miséricorde, et la source de tous les biens  ; nous implorons avec la plus tendre confiance, son immense charité pour nous.

Nous nous vouerons, nous nous vouons, de ce moment au Culte de Votre adorable Cœur. Tous les cœurs de ce Royaume, depuis le cœur de notre Auguste Monarque, jusqu’à celui du plus pauvre de ses sujets, nous les réunissons par les désirs de la Charité pour les Lui offrir tous ensemble. Ô Cœur de Jésus, nous vous offrons notre Patrie tout entière et le cœur de tous ses enfants  !

Ô Vierge Sainte, ils sont maintenant entre Vos mains, nous Vous les avons remis en nous consacrant à Vous comme à notre Mère et à notre Protectrice  : aujourd’hui, nous Vous en supplions, offrez-les au Cœur de Jésus. Ah  ! présentés par Vous, Il les recevra, Il les bénira, Il les sanctifiera, Il les sauvera et Il sauvera la France tout entière. Il lui rendra la paix  ; Il y fera revivre la piété et les mœurs et Il y fera refleurir la Sainte Religion.

Ainsi soit-il.

Promesses faites par Notre-Seigneur Jésus-Christ
à sainte Marguerite-Marie en faveur des personnes dévouées à son Sacré-Cœur

1 – Je leur donnerai toutes les grâces nécessaires dans leur état.

2 – Je mettrai la paix dans leurs familles.

3 – Je les consolerai dans toutes leurs peines.

4 – Je serai leur refuge assuré pendant la vie et surtout à la mort.

5 – Je répandrai d’abondantes bénédictions sur toutes leurs entreprises.

6 – Les pécheurs trouveront dans mon Cœur la source et l’océan infini de la miséricorde.

7 – Les âmes tièdes deviendront ferventes.

8 – Les âmes ferventes s’élèveront rapidement à une grande perfection.

9 – Je donnerai aux prêtres le don de toucher les cœurs les plus endurcis.

10 – Je bénirai les maisons où l’image de mon Cœur sera exposée et honorée.

11 – Les personnes qui propageront cette dévotion auront leur nom écrit dans mon Cœur et il n’en sera jamais effacé.

12 – Tous ceux qui communieront les premiers ­vendredis, neuf fois de suite, ne mourront pas dans ma disgrâce ni sans avoir reçu les Sacrements.

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