La Contre-Réforme catholique au XXIe siècle
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SACRÉ-CŒUR 2019
Le règne du Divin Cœur

Samedi 1er juin – premier samedi du mois
Dimanche 2 juin
Lundi 3 juin
Mardi 4 juin
Mercredi 5 juin
Jeudi 6 juin
Vendredi 7 juin – premier vendredi du mois
Samedi 8 juin
Dimanche 9 juin – Fête de la Pentecôte
Lundi 10 juin
Mardi 11 juin
Mercredi 12 juin
Jeudi 13 juin
Vendredi 14 juin
Samedi 15 juin
Dimanche 16 juin
Lundi 17 juin
Mardi 18 juin
Mercredi 19 juin
Jeudi 20 juin
Vendredi 21 juin – Fête-Dieu
Samedi 22 juin
Dimanche 23 juin – Solennité de la Fête-Dieu
Lundi 24 juin
Mardi 25 juin
Mercredi 26 juin
Jeudi 27 juin
Vendredi 28 juin – Fête du Sacré-Cœur
Samedi 29 juin
Dimanche 30 juin – Solennité du Sacré-Cœur
Consécration au Sacré-Cœur

Introduction

NOUS avons vu l’année dernière que Notre-Seigneur promettait en 1823 à Louis XVIII «  un déluge de grâces lorsque la France serait consacrée à son Divin Cœur. Et toute la terre se ressentirait des bénédictions qu’il répandrait sur elle.  » Mais le Roi ne fit pas cas de cette demande du Ciel.

Au long du dix-neuvième siècle, la Vierge Immaculée et le Sacré-Cœur ne cessèrent d’intervenir afin de secourir leur royaume meurtri par les révolutions, les guerres et les persécutions.

Les saints, les fervents catholiques et les valeureuses familles de la France profonde prièrent, travaillèrent et se sacrifièrent pour répondre aux Volontés du Ciel. Le Bon Dieu les bénit en sauvant les âmes et en faisant jaillir de magnifiques institutions religieuses  !

Par son œuvre de Contre-Réforme Catholique, notre Père, l’abbé de Nantes, a poursuivi ce grand élan de dévouement au service du règne des Saints Cœurs de Jésus et de Marie, en France et dans le monde entier.

Cette tradition est appelée à renaître quand viendra le triomphe de l’Immaculée. Soyons les instruments de cette renaissance par notre foi, notre fidélité, notre espérance, notre courage, notre générosité et notre amour de l’Église et des âmes  !

Prenons modèle sur ceux qui, dans les épreuves et les persécutions, surent demeurer «  catholiques et Français toujours  !  »

Aimons les apparitions et les messages du Ciel. Instruisons-nous de la vie héroïque des saints et des missionnaires. À leur école, prenons de bonnes résolutions afin de nous corriger de notre mauvais esprit et de notre orgueil. Secouons notre tiédeur, notre nonchalance.

Ainsi, nous deviendrons avec la grâce de Dieu, de vrais petits phalangistes de l’Immaculée et du Divin Cœur  !

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Samedi 1er juin – premier samedi du mois

LE GRAND DESSEIN DU SACRE-CŒUR

AU dix-septième siècle, les tentatives successives de Louis XIV pour conquérir l’Algérie avaient échoué. Le Roi n’avait-il pas refusé de consacrer son Royaume au Sacré-Cœur, ainsi que sa personne  ?

Il fallut attendre 1830 pour voir renaître, dans le cœur de Charles X, ce grand dessein divin  :

«  La réparation éclatante que je veux obtenir en satisfaisant l’honneur de la France tournera, avec l’aide du Tout-Puissant, au profit de la Chrétienté  », déclara-t-il publiquement le 2 mars 1830.

Placée sous le patronage de saint Vincent de Paul, l’armée royale, composée de 6 000 navires et de 37 000 hommes, partit donc en Croisade. Le 13 juin 1830, jour de la Fête-Dieu, l’escadre débarqua près d’Alger.

«  N’y a-t-il pas là un signe, une annonce de résurrection pour cette vieille terre chrétienne  ?  » écrivait Amédée, le fils du maréchal de Bourmont, chef de l’expédition.

Au cri de «  Vive le Roi  », nos vaillants soldats remportèrent en quelques jours une victoire éclatante sur les musulmans. Le maréchal de Bourmont fit célébrer une Messe d’action de grâces sur le front des troupes. Puis il dressa une grande croix et le drapeau blanc de la monarchie française au-dessus de la Casbah d’Alger.

Pour la première fois depuis des siècles, la Chrétienté reprenait l’offensive sur l’islam. Il s’agissait désormais de coloniser et d’évangéliser et, pour cela, de consacrer la France et ses colonies au Sacré-Cœur.

En ce premier samedi du mois, consolons le Cœur Immaculé de Marie, en récitant le chapelet avec ferveur.

Colorier les rayons des Cœurs de Jésus-Marie, dans la carte d’Afrique.

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Dimanche 2 juin

LA NOUVELLE ÉGLISE D’ALGÉRIE

HÉLAS  ! Par crainte de ses adversaires, Charles X n’osa pas accomplir cette consécration. En conséquence, un mois après sa victorieuse conquête, le 29 juillet 1830, il vit son trône renversé par une poignée de révolutionnaires menés par le duc d’Orléans.

Le 6 juin 1830, sainte Catherine Labouré en avait reçu la vision prophétique  : Jésus au Saint-Sacrement lui était apparu en Roi dépouillé de ses attributs royaux.

Le duc d’Orléans usurpa la place de Charles X, se proclamant “ roi des Français ”. Sous le gouvernement de Louis-Philippe, l’impiété se propagea. La colonisation de l’Algérie en souffrit, mais l’Église d’Afrique parvint à accomplir, en partie, le dessein du Sacré-Cœur.

En 1833, le pape Grégoire XVI, très enthousiaste de cette conquête de l’Algérie, y nomma un évêque, Mgr Dupuch, et y organisa une vie religieuse. Les indigènes offrirent aussitôt leurs mosquées pour y établir le culte des “ marabouts ” catholiques. L’abbé Suchet, curé de Constantine, écrivit en 1839  :

«  Les Arabes viennent en foule à nos cérémonies  ; ils prennent de l’eau bénite et se mettent à genoux comme nous.

«  Le dimanche de Pâques, les grands personnages du pays et de toute la vaste province de Constantine, avec les chefs du grand désert du Sahara, s’étaient donné rendez-vous dans notre église. Ils furent émerveillés de la tenue de nos militaires, de la musique et surtout des ornements dont j’étais revêtu en disant la Messe...  »

Parmi ces militaires, on remarqua bientôt le général de Sonis.

«  Cœur brûlant de Jésus et Marie, déversez votre amour en nous, pour y éveiller une très grande pureté d’intelligence et une très grande docilité.  » (notre Père)

Colorier les Cœurs de Jésus-Marie, dans la carte d’Afrique.

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Lundi 3 juin

«  SOURCE DE CONSOLATION  »

NÉ en 1825 au sein d’une famille catholique et légitimiste, Gaston de Sonis s’engagea au service de l’armée. Époux et père exemplaire de douze enfants, il récitait chaque jour sa consécration au Sacré-Cœur.

Muté en 1854 à Alger, il rayonna cette dévotion auprès de ses officiers et soldats  : «  Je cherche de plus en plus à me donner à Dieu, à me réfugier dans le Cœur de Jésus qui m’est une source de consolation et je puis dire que, plus j’y entre, plus j’y veux entrer. Je comprends bien qu’il ne faut pas être à Dieu à demi.  »

Un jour, sa colonne devait franchir un oued desséché, au pied du Djebel-Amour. Comme un orage menaçait de tout emporter, Sonis descendit de cheval, se mit à genoux et pria saint Joseph, son protecteur ordinaire en campagne… À peine le dernier chameau et le dernier soldat eurent-ils traversé l’oued que des trombes d’eau s’y déversèrent, dévastant tout sur leur passage  !

Chef militaire hors pair, Sonis sera promu général. Les musulmans eux-mêmes admiraient le “ saint de l’Armée ”  ! Ainsi du goumier Lakhdar Ben Mohammed  :

«  Le général de Sonis fut placé par Dieu dans notre terre, comme à l’huis de son royaume, pour mettre en lumière ce qui était dans le chaos des ténèbres […]. C’était un valeureux guerrier que jamais les sabres n’ont fait reculer. Sa piété le rendait agréable à Dieu, et sa religion faisait notre amour pour lui.  »

Suivons ce conseil du général de Sonis  : «  Quand bien même ce Dieu ne nous ferait aucune grâce, il n’en serait pas moins doux de l’aimer pour les amabilités infinies de son Divin Cœur. Devenons plus fidèles, c’est un grand commandement et une grande douceur.  »

Colorier le colonel de Sonis.

Mardi 4 juin

«  CELUI-LA EST BIEN BON…  »

LES missionnaires français en Algérie déployèrent un zèle à toute épreuve pour convertir les musulmans. En 1835, l’épidémie de choléra ravageait Alger, lorsque les sœurs de Saint-Joseph fondées par mère Émilie de Vialar y débarquèrent. Elles reçurent aussitôt la charge de l’hôpital civil.

Bientôt, on les appela à Bône et à Constantine. Un jour, un Arabe couvert de plaies dit à celle qui le soignait, en pointant du doigt le crucifix posé sur sa poitrine  : «  Celui-là est bien bon qui te fait faire ces choses-là  !  »

Un chef indigène engagea les religieuses qui l’avaient guéri à s’installer à Biskra, ville capitale de ses tribus. L’une d’elles objecta  : «  Les Arabes pourraient ne pas nous respecter  !  »

Il répondit  : «  Si un Arabe faisait la moindre insulte à la Croix que tu portes, je lui ferais trancher la tête à l’instant même.  »

En 1849, Mgr Pavy, nouvel évêque d’Alger, prit pour devise  : «  L’Église d’Afrique qui ressuscite ne mourra pas  !  » Il consacra son diocèse au Sacré-Cœur et étendit à tout le pays le vœu de Louis XIII qui avait choisi la très Sainte Vierge Marie pour patronne de la France. Un des premiers fruits de cette consécration fut l’établissement, en 1860, de jésuites en Kabylie.

«  Dans la dévotion au Cœur si aimable de Jésus et Marie, soyons des enfants soumis, actifs et heureux.  » (notre Père)

Colorier la religieuse de Saint-Joseph.

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Mercredi 5 juin

COMBATS INTIMES

AU noviciat jésuite de Lons-le-Saunier, en France, le frère Joseph Rivière rêvait d’aller en Laponie  ! En la fête du Sacré-Cœur de 1873, il se consacrait à son Divin Maître, quand la mission de Kabylie (région montagneuse située près d’Alger) traversa son esprit.

La pensée qu’on pourrait l’y envoyer produisit un redoublement de répugnance. S’étant ressaisi, frère Joseph fit cette prière  :

«  Mon Dieu, si c’est votre Volonté, me voilà prêt à obéir. Et, pour reconnaître autant que je puis, l’amour de votre Cœur adorable, faites que ce soit moi que les supérieurs désignent pour aller en Kabylie.  »

Frère Joseph sentit aussitôt une grâce intime descendre dans son âme et, dès ce moment, il eut la conviction d’être exaucé. De fait, le soir même, arriva la dépêche du Père Provincial  : «  Envoyez le Fr. Rivière.  »

À son arrivée dans la mission, il renouvela devant le Tabernacle sa consécration au Divin Cœur. D’emblée, notre jeune jésuite conquit la population, en particulier les enfants dont il était le maître d’école. Favorisé du don des langues, il parla bientôt parfaitement leur dialecte et rédigea le premier dictionnaire bilingue.

En deux ans, le gourbi où vivaient les trois jésuites se transforma en un magnifique monastère doté d’une grande chapelle, de salles de classe et d’un jardin plantureux. La centaine d’écoliers jadis à demi nus et grossiers étaient désormais proprement vêtus et civilisés.

Le petit Père, comme ils l’appelaient, devait «  mettre la main à tout. Vraiment, n’eût été ma santé de fer, on eût dû m’enterrer dix fois. Imaginez-vous que nous sommes sur pied depuis 3 heures 30 du matin jusqu’à 10 heures du soir. Le Bon Dieu me pardonnera si parfois je me suis endormi un peu avant l’heure, mais je n’en pouvais plus.  »

Remercions Jésus et Marie de nous avoir fait naître dans une famille catholique.

Colorier le frère Joseph Rivière.

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Jeudi 6 juin

PERSÉCUTIONS

LA République oppressive s’empressa de réactiver ses consignes  : “ Instruisez, mais baptiser, jamais  !  » Toutefois, constatait notre missionnaire, «  Dieu aidant, nos enfants s’instruisaient. Plusieurs, à notre insu, se procuraient des catéchismes qu’ils étudiaient avec ardeur.

«  Vint un moment où il y eut, parmi eux, comme un élan général vers notre sainte religion. Ils voulaient assister à la Messe, aux Saluts du Saint-Sacrement, etc.

«  C’eût été trop pour le moment. L’un d’eux, pour se dédommager, imagina d’élever un petit oratoire dans les champs  ; il en tapissa le fond avec un foulard sur lequel il avait attaché des images et là, il passait des heures entières à prier. Cet enfant, par ses instances réitérées, a fini par obtenir de passer en France pour y recevoir le baptême et faire ses études ecclésiastiques.

«  Plusieurs autres se sont d’eux-mêmes expatriés afin de pouvoir suivre l’appel de Dieu. Au moment de l’expulsion, sur cent quarante élèves, quatre-vingts étaient inscrits comme devant être baptisés à la première occasion favorable.  »

En effet, en 1880, les jésuites furent accusés injustement de “ détournement de mineurs ” et, sous ce prétexte, expulsés d’Algérie. Ils durent rentrer en France.

Obéissons aux conseils que frère Joseph Rivière donnait à ses enfants kabyles  :

«  Que la patrie du Ciel est belle. Mais pour y arriver, il faut être sage  ; il faut aimer le Bon Dieu et ne pas l’offenser. Il ne faut pas mentir, ni voler, ni faire aucune chose mauvaise.  »

Colorier le garçon kabyle, à genoux.

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Vendredi 7 juin – premier vendredi du mois

SOUS LA BANNIÈRE DU SACRÉ-CŒUR

CONTRAINT et forcé de quitter sa chère Kabylie, frère Joseph Rivière, ordonné prêtre en 1882, demanda et obtint d’être envoyé au Zambèze (l’actuel Zimbabwe).

L’Afrique entière était alors enveloppée d’un réseau de missions catholiques. Il ne restait à évangéliser que le cœur même de l’Afrique australe. Le pape Pie IX avait confié cet apostolat aux jésuites, en 1877.

À l’exemple de saint François Xavier, son modèle missionnaire, le Père Rivière savait que l’avenir des missions du Zambèze dépendait du soutien de la France  :

«  Si, d’ici à vingt ans, nous avions, de par la miséricorde de Dieu, un gouvernement, il n’y aurait rien à craindre, car nous serions protégés.  » (lettre de 1882)

En attendant, notre jésuite comptait sur «  le Sacré-Cœur pour venir à bout des difficultés  », en particulier auprès des païens du Zambèze qui «  vivent comme des troupeaux de brutes, sans foi, sans loi, sans amour, sans énergie, si ce n’est pour le mal  ».

«  Je n’aborderai pas au Zambèze sans emporter une bannière du Sacré-Cœur  ; elle sera mon guide dans tous mes voyages et, au moment du danger, notre égide  ; c’est sous son ombre que nous mourrons.

«  Cela fera peur au diable. Pour abattre sa puissance en Afrique, il faudra donner de grands coups, suer beaucoup, et se fatiguer sans rien faire en apparence, mais la cinquième [1] et la dixième [2] promesses [de Jésus à sainte Marguerite-Marie] sont là, comme garantes du succès, ajoutons  : l’obéissance parfaite, et en avant  !  »

Pratiquons toujours une obéissance parfaite à l’égard de nos parents, pour consoler le Cœur de Jésus.

Colorier la carte d’Afrique (en jaune).

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Samedi 8 juin

LA MISSION DU SACRÉ-CŒUR

LE Zambèze, «  pays où le démon domine en maître  », était alors la mission enviée entre toutes, parce que, «  c’est la mission du Sacré-Cœur. Elle lui a été tout particulièrement consacrée. C’est aussi la mission, présentement, peut-être la plus éprouvée.  » (Père Rivière)

Muni d’un reliquaire de sainte Marguerite-Marie, don de la Visitation de Paray-le-Monial, notre jésuite traversa l’Afrique pendant un mois, dans des conditions extrêmement périlleuses.

À son arrivée, il apprit que son confrère, le Père Courtois, avait déjà instruit et baptisé une vingtaine d’adultes, et qu’un grand nombre d’autres étaient inscrits comme catéchumènes.

«  Cette mission est pleine d’avenir, écrivit-il. Dans deux ou trois ans, quand nous serons maîtres des langues des indigènes, oh  ! que la moisson sera abondante  ! Il y aura trop peu d’ouvriers pour la recueillir.  »

Mais le Bon Dieu demanda au Père Rivière, âgé de trente ans, le sacrifice de sa vie. Terrassé par la malaria, il mourut dans les bras du Père Courtois, le 19 juillet 1883, quelques jours seulement après son arrivée.

N’avait-il pas écrit  : «  Je le sais, partout les premiers missionnaires travaillent, souffrent et meurent sans consolation  ; mais leur sueur et leur sang fécondent les champs stériles et préparent pour leurs successeurs une moisson abondante.  »

«  Divin Cœur de Jésus et Marie, conduisez-nous au travail avec zèle, au combat avec force, au martyre avec joie.  » (notre Père)

Colorier la fillette du Zambèze, aux pieds de Jésus.

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Dimanche 9 juin – Fête de la Pentecôte

CATHOLIQUE ET FRANÇAIS TOUJOURS  !

LA persécution de la République fut le principal obstacle à la conversion de l’Afrique, alors même que les musulmans répondaient aux efforts des missionnaires.

En 1920, l’écrivain catholique René Bazin, en visite dans la tribu kabyle des Beni-Mengallet, constatait les «  bénédictions répandues par le Cœur de Jésus sur les entreprises  » du Père Rivière et de ses confrères  :

«  J’ai assisté à la grand-messe au milieu d’une assemblée de quatre-vingts fidèles. Les hommes et les petits garçons, une soixantaine, occupant la partie haute, les femmes et les petites filles la partie basse de la chapelle.

«  Après la Messe, j’ai causé avec eux, car ils savent le français. Dans les yeux de la plupart, j’ai lu cette bienvenue, cette confiance datant d’une trentaine d’années. La paix africaine sera la suite certaine et la récompense de la conversion de l’Afrique…  »

Le 7 juin 1920, le Père Giacobetti, Père Blanc, reçut cette lettre d’un musulman converti, appartenant à une tribu kabyle  :

«  J’étais destiné, par ma naissance dans l’islam, à vivre sans âme, sans esprit. La France a envoyé ses enfants dans nos montagnes et, grâce au zèle des missionnaires, je suis sorti de ce milieu sauvage.

«  Bien mieux, j’ai le bonheur de connaître la seule religion bonne  : le christianisme… Aussi je puis vous dire que jamais je n’ai mieux compris la vérité de cette parole  : “ Catholique et Français toujours ”.  »

Malheureusement, depuis l’année 1830, l’abbé Félicité de Lamennais répandait des théories contraires à cette vérité…

Chantons “ La France, Royaume de Marie ” (E 81).

Colorier le garçon kabyle, assis aux pieds de Jésus.

Lundi 10 juin

LE SACRE-CŒUR ET L’ANTÉCHRIST

CE prêtre voulait réconcilier l’Église et la Révolution, au nom de l’Évangile. Condamnée par le pape Grégoire XVI, cette grande hérésie se propagea néanmoins. Le Cœur de Jésus suscita de vaillants défenseurs de la foi pour la combattre.

Né au Pays basque en 1797, Michel Garicoïts fut ordonné prêtre en 1823. Dès le début de son ministère paroissial, notre saint déplorait que «  le règne de l’homme ait été substitué au règne de Dieu  ».

Il prévoyait que «  ce crime amènerait le règne de l’Antéchrist et qu’alors viendrait la fin du monde  », si l’on n’obéissait pas aux demandes du Sacré-Cœur.

Il en propagea donc le culte, en établissant sa fête et une confrérie en son honneur. Une dizaine de paroisses et des milliers de fidèles s’y inscrivirent. On venait en foule écouter ses sermons  :

«  Réparer ce que les hommes ingrats font endurer au Cœur de Jésus, surtout dans le Sacrement d’amour, dans lequel il est si peu connu et aimé, dans lequel il reçoit les plus noirs outrages.  »

Selon la promesse du Cœur de Jésus  : «  Je donnerai aux prêtres le don de toucher les cœurs les plus endurcis  », il convertit de nombreux pécheurs et suscita d’innombrables vocations religieuses.

«  Pour suivre notre divin Sauveur, les raisons ne manquent point… La gloire de Dieu, l’amour de Notre-Seigneur, le feu de la charité à répandre sur la terre, et puis le Ciel  ! Exerçons-nous à l’esprit de sacrifice, comme les jeunes soldats...  »

Des évêques en larmes venaient se confier à lui, car des prêtres s’émancipaient de leur autorité pour suivre les idées révolutionnaires de Lamennais.

À cette époque, l’enseignement des séminaires français pactisait avec les erreurs du temps. Notre saint commença donc par rétablir une saine doctrine et l’amour de la discipline, dans le séminaire de Bétharram.

À l’exemple du Père Garicoïts, suivons Notre-Seigneur d’un cœur généreux.

Colorier le Sacré-Cœur de Jésus.

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Mardi 11 juin

«  LE SOUTIEN DE MON ÉGLISE  »

L’APPEL du Cœur de Dieu au Père Garicoïts se fit plus pressant  : «  Va fonder dans mon Église un nouvel institut. Il a sa raison d’être. Voici votre drapeau et le cri de votre ralliement  : tu marcheras en tête avec le drapeau du Sacré-Cœur, en poussant le cri “ Me voici ” de mon Fils, et vous serez la joie et le soutien de mon Église.  »

En 1835 naquit cet institut, sous le nom de Pères du Sacré-Cœur. Notre saint forma ses 107 prêtres et 90 frères en ayant «  pour programme, le programme même du Sacré-Cœur de Jésus  : dévouement et obéissance absolus, simplicité parfaite, douceur inaltérable  !  »

Animés du zèle de cette dévotion, ils exercèrent leur apostolat jusqu’en Amérique latine où vivaient des immigrés basques et béarnais.

Notre saint fonda des écoles catholiques pour rechristianiser la jeunesse pervertie par la Révolution. Avec quelle fermeté combattait-il les vices  !

Les enfants paresseux, disait-il, «  sont des demi-hommes  ! Les oisifs sont des nullités qui se perdent lourdement. La paresse, la nonchalance changent les hommes en paquets.  »

Les enfants l’aimaient comme un père et le vénéraient comme un saint. «  Je suis sûr d’aller au Ciel  », leur affirma-t-il un jour. Sur leur demande, il ajouta  : «  Je n’ai en toutes choses qu’une intention  : celle de faire la volonté de Dieu. Lorsque je vois qu’il désire quelque chose, je le fais à l’instant.  »

Ainsi des apparitions de l’Immaculée à Lourdes  : voyant leur importance dans le dessein divin, il soutint jusqu’à sa mort sainte Bernadette, contre ceux qui doutaient de leur réalité.

Affilié à l’Association du Rosaire perpétuel, il offrait, chaque matin de 3 à 4 heures, son rosaire à l’Immaculée. Le jour de l’Ascension, 14 mai 1863, à 3 heures du matin, l’heure où il se levait pour réciter ses Ave, Elle vint le chercher pour le conduire au Ciel.

Pratiquons sa devise  : «  Me voici, pour faire votre volonté, sans retard, sans réserve, sans retour, par amour.  »

Colorier les rayons du Sacré-Cœur de Jésus.

Mercredi 12 juin

LES VOIES DE LA PROVIDENCE

EN 1830, l’École Polytechnique à Paris était à la tête des barricades pour renverser Charles X. Le vicomte Louis d’Arbaumont, entrant dans cette École, subit l’influence des idées perverses de Félicité de Lamennais.

Notre élève ingénieur perdit la foi et la pratique religieuse de son enfance. Mais, un jour de 1835, il fut chargé de construire une route toute en tunnels menant à la Grande Chartreuse. La vue de ces moines extrêmement pénitents, vivant dans une grande austérité pour Jésus seul, l’impressionna. Il se convertit  :

«  C’est vous, très Sainte Vierge, qui m’avez retiré des ténèbres où j’étais  ; plus je vous avais outragée, plus vous m’avez aimé, et c’est vous qui avez tout fait pour ma conversion.  »

Ordonné prêtre en 1841 dans l’église Saint-Sulpice, il fut conduit par la Providence jusqu’à Marseille. Là, il devint l’aumônier des religieuses Victimes du Sacré-Cœur.

La révolution éclata de nouveau en 1848. À Rome, le pape Pie IX, chassé du Vatican, dut se réfugier à Gaëte. En France, l’archevêque de Paris était tué sur les barricades.

Le Père d’Arbaumont écrivit alors à la supérieure des Victimes, mère Marie-Victime de Jésus-Crucifié  :

«  À l’occasion de ce qui arrive à Rome et en France, je viens, ma Révérende Mère, vous prier très humblement de vouloir bien m’offrir pour victime à Notre-Seigneur, pour être mis sur la Croix. Tout cela doit être rapporté au Cœur adorable de Jésus. Puissions-nous obtenir le salut de la France et de plusieurs âmes  !  »

Dans cet esprit, le Père fonda l’ordre des Pères Victimes du Sacré-Cœur  : «  Ce qui peut faire le plus de bien à ces grands malades, ce sont des couvents où l’on aime bien Notre-Seigneur et où l’on fait pénitence.  »

Suivons ce conseil qu’il donnait à ses Filles  :

«  Soyez un Jésus sur terre, bien douce, bien humble, bien patiente, bien pacifique, bien mortifiée, mettant plus votre gloire à retenir une parole vive, à souffrir une importunité, une indiscrétion, une différence de caractère, qu’à affliger votre corps par les joyaux de la pénitence.  »

Colorier le visage de Notre-Seigneur.

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Jeudi 13 juin

VICTIME DU SACRÉ-CŒUR

LOUIS d’Arbaumont, devenu Père Jean du Sacré- Cœur, réunit autour de lui d’excellentes vocations vouées comme lui à la réparation par la pénitence et à l’apostolat, dans tout le midi de la France.

Sa réputation de sainteté grandit  : évêques et supérieurs d’ordres se le disputaient… pour prêcher, confesser parfois jusqu’à vingt heures d’affilée  ! Il se savait soutenu par les prières et sacrifices de ses chères Sœurs.

Inquiet des maux produits par la révolution de 1848, il eut recours à la très Sainte Vierge, Victime par excellence du Cœur de Jésus  :

«  Comment aimer Jésus, comment vouloir sauver les pécheurs, comment prétendre à la sainteté sans aimer Marie et sans aller par elle à Jésus  ?  »

Il exhorta ses Filles à «  s’efforcer de consoler et réjouir le très Saint Cœur de Marie  ».

Le Père Jean se livrait depuis longtemps déjà, avec la permission de son confesseur, à des pénitences comme rarement homme en a pratiquées. Il se tortura, brûla, déchira si savamment que son corps n’était plus qu’une plaie où il avait gravé tous les détails de la vie et de la Passion de Notre-Seigneur.

Vocation unique pour le salut de l’Église et le retour de la Monarchie  :

«  Prions pour que la pauvre France ne repousse plus loin d’elle l’ami de Pie IX [Henri, comte de Chambord] que Dieu lui a préparé pour roi. Oh  ! si nous étions bien fervents, nous ferions bien tomber les chaînes du Saint-Père, prisonnier au Vatican, et nous ramènerions à Paris Henri de France  !  »

Le pape Pie IX revint à Rome, guéri à jamais de son libéralisme politique. À Paris, les cinq cents députés royalistes formèrent enfin un bloc majoritaire. Tout était prêt pour ramener le comte de Chambord sur le trône.

Récitons la prière des Victimes du Sacré-Cœur de Jésus (A 6).

Colorier le Père Jean du Sacré-Cœur.

Vendredi 14 juin

LE DRAPEAU DU SACRÉ-CŒUR

HÉLAS  ! Les orléanistes, royalistes libéraux, firent échouer le retour du roi légitime. Napoléon III s’empara du pouvoir et conduisit la France à l’abîme. La guerre contre l’Allemagne éclata en 1870.

Rappelé d’Algérie, le général de Sonis fut nommé à la tête du 17e corps d’armée. La Bonne Providence permit qu’il reçût pour drapeau la bannière du Sacré-Cœur, brodée par la Visitation de Paray-le-Monial. Il avait l’intime conviction que «  le seul moyen de salut qui reste à la France, c’est de redevenir franchement chrétienne  ».

Le 1er décembre 1870, Sonis, Charette et les zouaves pontificaux revenus de Rome pour défendre la France, se consacrèrent au Divin Cœur. Puis, ils partirent pour Loigny.

Le lendemain, premier vendredi du mois, à 2 heures du matin, ils assistèrent à la Messe du Sacré-Cœur, puis chargèrent l’ennemi aux cris de «  Vive la France  ! Vive Pie IX  ! Vive le Sacré-Cœur  !  »

Pour la première fois dans notre histoire, apparut sur un champ de bataille le drapeau du Sacré-Cœur  ! Deux cents zouaves moururent glorieusement pour Lui.

Le général de Sonis, gisant à terre sous la neige, par un froid de moins vingt degrés, la jambe fracturée en vingt-cinq morceaux  ! offrait sa vie pour la France.

Cette nuit-là, dira-t-il, «  je l’ai passée dans la tranquillité la plus douce avec le secours de l’Immaculée, que je ne voyais que sous l’aspect de la statue de Lourdes. Je puis dire que cette douce image me fut constamment présente pendant toute la nuit passée sur ce sol sanglant. J’ai bien senti les battements du Sacré-Cœur, au moment où sa Mère m’arrachait à la mort.  »

À la suite de l’amputation de sa jambe, il souffrit le martyre pendant quarante-cinq jours… jusqu’à la veille de l’apparition de Notre-Dame à Pontmain.

Prenons des résolutions de vraie piété pour Jésus et Marie, de courage au travail et de charité en famille  !

Colorier la bannière du Sacré-Cœur.

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Samedi 15 juin

LE VŒU NATIONAL

LE 11 janvier 1871, en pleine guerre, Pie IX envoyait un bref de réconfort aux catholiques marseillais. Après avoir pleuré sur les revers de la France, il s’écriait  : «  N’importe  ! La France est l’enfant de la promesse. Dieu a sur elle de grands desseins et Il les accomplira.  »

La prophétie se vérifia  ! Six jours plus tard, le 17 janvier 1871, la Sainte Vierge apparaissait à Pontmain. Elle portait sur la poitrine la petite croix rouge que Pie IX avait remise aux zouaves pontificaux, à leur départ de Rome. L’Immaculée avait offert leur sacrifice au Divin Cœur de son Fils. Dix jours après, en effet, la guerre cessait.

Les diocèses qui se consacrèrent au Sacré-Cœur ou émirent le vœu de construire une église en son honneur, méritèrent une spéciale protection du Ciel.

Au diocèse d’Angers, cette plaque fixée sur la porte de l’église Sainte-Madeleine en témoigne  :

«  Construite selon le vœu de Mgr Freppel, évêque d’Angers, pour commémorer la protection du Sacré-Cœur sur le diocèse préservé de l’invasion prussienne en 1871 […]. Amour et gloire au Sacré-Cœur.  »

Paris, miraculeusement protégé, témoigna aussi sa reconnaissance. Ce même 11 janvier 1871, en effet, les zouaves survivants de la bataille de Loigny et d’ardents catholiques légitimistes promettaient d’ériger une église monumentale en l’honneur du Cœur de Jésus. En 1873, l’Assemblée nationale vota la construction de la basilique de Montmartre et ordonna des prières publiques.

«  Maintenant, ô mon Dieu, vous allez enfin avoir pitié de ma chère France. La France prie, la France est sauvée  !  » s’écria Pie IX, en levant les mains au ciel.

«  Si misérables que nous soyons aujourd’hui, il y a cette source de joie qui nous est ouverte  : le Cœur de Jésus.  » (notre Père)

Colorier la basilique de Montmartre.

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Dimanche 16 juin

“ LES GLOIRES DU SACRÉ-CŒUR ”

ÀMontmartre, “ Mont des Martyrs ”, coula jadis le sang des vaillants apôtres Denis et ses compagnons. Dans la petite église des martyrs, sainte Jeanne d’Arc, saint Ignace, saint François de Sales et saint Jean Eudes confièrent à Notre-Seigneur leur mission.

Cette église ayant été détruite durant la Révolution, Pie IX encouragea la construction de la nouvelle basilique et joignit une offrande de 20 000 francs  :

«  Ce monument montrera à tous, d’âge en âge, que la France au milieu des temps de trouble et d’hostilité contre la religion, s’est de nouveau consacrée à Dieu par un hommage général et solennel.  »

L’approbation de Pie IX donna l’élan nécessaire pour engager tous les catholiques de France à souscrire à cette œuvre et à participer aux frais considérables  :

«  10 francs  : Des enfants. Privation de chocolat au goûter. 50 francs  : Économie d’une jeune fille sur sa toilette. 10 francs. Une bergère de l’Isère ayant élevé un petit agneau pour le Sacré-Cœur, envoie le produit de la vente, etc.  »

La colline, uniquement composée de sable, nécessita un forage de 33 mètres de profondeur pour installer sur la roche les 83 piliers du futur édifice  ! Ce chantier colossal, symbole d’une France chrétienne qui se relevait de ses ruines, suscita un immense élan d’enthousiasme.

La Savoie offrit à la basilique la plus grosse cloche de France  : 26 215 kilos et 3 mètres de diamètre  ! Elle reçut le nom de Françoise-Marguerite du Sacré-Cœur.

À Annecy, il fallut un chariot spécial tiré par quatorze paires de bœufs pour la conduire de la fonderie au chemin de fer. Arrivée à Paris, on la plaça sur un autre chariot, attelé, cette fois, de trente vigoureux percherons qui lui firent escalader les pentes de Montmartre  !

Françoise-Marguerite du Sacré-Cœur prit possession de l’emplacement qui lui était destiné dans le clocher, à 34 mètres au-dessus du sol  ! Un religieux proclama alors  : «  Puisse-t-elle bientôt sonner le pardon de Dieu, le réveil de la France et les gloires du Sacré-Cœur.  »

La basilique dominait Paris pour tout attirer au Cœur de Jésus  ! Un premier pas était franchi  ! Mais le second restait encore à faire  : rétablir la Monarchie très chrétienne.

«  Soyons avec Marie et Joseph, c’est le meilleur moyen d’être toujours avec Jésus.  » (Bx Pie IX)

Colorier la cloche du Sacré-Cœur.

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Lundi 17 juin

SAUVEZ ROME ET LA FRANCE…

EN 1873, les royalistes de Mayenne adressèrent au comte de Chambord une statuette de Notre-Dame de Pontmain avec ces mots  : «  Mon Fils se laisse toucher… En peu de temps donc, Sire, nous espérons voir Votre Majesté reprendre possession du Trône qui lui appartient.  »

Toute la France catholique priait pour le retour d’Henri V. Les enfants n’étaient pas les moins ardents  !

Âgée de dix ans, la future fondatrice des franciscaines missionnaires de Marie, Hélène de Chappotin de Neuville, voulait être la Jehanne d’Arc du Roi. Elle s’habillait de blanc et de vert, les couleurs du Prince. Après quoi, elle jetait à la rivière ou attachait aux ailes des oiseaux, ces messages  : «  Va chercher Henri V  !  »

En juin 1873, plus de cent députés conduisirent à Paray-le-Monial trente mille personnes pour obtenir la consécration de la France au Divin Cœur. Ils chantaient  : «  Sauvez Rome et la France au nom du Sacré-Cœur.  »

Notre-Seigneur demanda alors à sa confidente, madame Royer, d’écrire au comte de Chambord pour le solliciter «  de Lui consacrer sa personne, sa maison, et surtout la France  ; de s’engager à y faire célébrer solennellement la fête du Sacré-Cœur, avec une procession et une consécration  ; et de propager sa dévotion.  »

Le Prince devait en outre «  se servir de cette dévotion pour ramener en France la foi, la piété, ne pas séparer la cause de l’Église de celle de la France, travailler à la délivrance du Saint-Père et se constituer le défenseur de l’Église  ».

Chantons nous aussi «  Dieu de Clémence  » (D 46).

Colorier Hélène de Chappotin.

Mardi 18 juin

TRÉSORIÈRE DU CŒUR DE JÉSUS

LE comte de Chambord n’en fit aucun cas et ne répondit que par des actes de dévotion privée. La République s’imposa donc. La persécution contre le clergé, les religieux, les écoles, devint l’un des principes fondamentaux du gouvernement.

À ce moment où tout semblait perdu, l’Immaculée vint nous offrir le Cœur de son Fils. Le 14 février 1876, à Pellevoisin, Estelle Faguette se mourait. La jeune femme se tourna alors vers sa bonne Mère du Ciel qui lui apparut  :

«  Courage  ! Prends patience  : mon Fils va se laisser toucher. Si mon Fils te rend la vie, je veux que tu publies ma gloire.  »

Quatre jours plus tard, la Vierge Immaculée guérissait Estelle. Suivirent dix autres apparitions. Le 9 septembre, Estelle vit le Cœur de Jésus, tout rouge, enflammé et comme vivant, surmonté d’une croix.

Notre-Dame lui révéla  : «  J’aime cette dévotion. C’est ici [dans ce Cœur] que je serai honorée.  »

La Sainte Vierge recommanda instamment la prière comme moyen de guérison de la France, malade de la Révolution, et de l’Église en proie au modernisme naissant. Puis, elle ajouta  :

«  Le Cœur de mon Fils a tant d’amour pour le mien, qu’Il ne peut refuser mes demandes.  » (8 décembre 1876)

À tous ceux qui porteront le scapulaire du Sacré-Cœur et s’appliqueront à «  réparer les outrages que mon Fils reçoit dans le Sacrement de son amour  », notre Mère du Ciel promet d’accorder beaucoup de grâces  :

«  Ces grâces sont de mon Fils  ; je les prends dans son Cœur  ; Il ne peut me les refuser.  »

Pie IX formulait des vœux très ardents pour «  la résurrection de la France  ». Il expliquait à des Français, en 1874, ce qu’il pensait du gouvernement républicain  :

«  Remettre la décision des questions les plus graves aux foules inintelligentes et passionnées, n’est-ce pas se livrer au hasard et courir volontairement à l’abîme  ? Oui, le suffrage universel mériterait plutôt le nom de folie universelle; et quand les sociétés secrètes s’en emparent, celui de mensonge universel.  »

Qui était ce saint Pape  ?

Récitons la prière à Notre-Dame du Sacré-Cœur (E 14).

Colorier Notre-Dame Immaculée.

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Mercredi 19 juin

LE PAPE DE L’IMMACULÉE

NÉ le 13 mai 1792, Jean-Marie Mastaï fut consacré à Notre-Dame de la Sainte Espérance. Élu Pape en 1846, sous le nom de Pie IX, on le surnomma le Pape de la Colombe en raison de ce miracle répété de colombes qui voltigeaient autour de lui, sans qu’on puisse les chasser.

Il définit en 1854 le dogme de l’Immaculée Conception. Et sainte Bernadette lui écrira  :

«  Très Saint-Père, je me suis constituée, quoique indigne, petit zouave de Votre Sainteté  ; mes armes sont la prière et le sacrifice […].

«  Je prie tous les jours le Cœur Sacré de Jésus et le Cœur Immaculé de Marie, de vous conserver encore longtemps au milieu de nous puisque vous les faites si bien connaître et aimer.

«  J’aime à croire que vous êtes tout particulièrement aimé de cette bonne Mère puisque, quatre ans après [avoir défini son dogme], elle vint elle-même sur la terre [à Lourdes] dire  : “ Je suis l’Immaculée Conception. ”  »

Aux heures les plus tragiques de son pontificat, Pie IX venait implorer le secours de l’Immaculée dans la grotte de Lourdes qu’il avait fait édifier dans les jardins du Vatican  : «  Voilà toute mon espérance, car des espérances humaines, il n’y en a pas.  »

Considérant avec inquiétude les progrès du libéralisme et des idéaux révolutionnaires dans l’Église, notre saint Pape publia, en 1864, le Syllabus.

Ce texte qui condamne les erreurs modernes devait «  servir de phare et remettre le monde sur la route de la vérité.  » Car, «  hors de l’Église catholique, il n’y a point de salut  ».

Cœur Sacré de Jésus, sauvez l’Église et la France  !

Colorier deux colombes.

Jeudi 20 juin

PIE IX À LA GARDE D’HONNEUR

DÈS son épiscopat à Imola, le futur Pie IX consacra comme premier évêque son diocèse au Sacré-Cœur et engagea toutes ses paroisses à développer cette dévotion. En 1856, il étendit la fête du Sacré-Cœur à l’Église universelle et béatifia en 1864 Marguerite-Marie.

Pays, diocèses, paroisses, communautés religieuses se consacrèrent au Divin Cœur, dans l’esprit de notre saint Pape  :

«  L’Église et la société n’ont d’espérance que dans le Cœur de Notre-Seigneur  ; c’est lui qui guérira tous nos maux.  »

Pie IX se fit inscrire à la Garde d’honneur du Cœur de Jésus, fondée en 1863 par mère Bernaud, visitandine de Bourg-en-Bresse. Comme chaque membre, il choisit une heure de Garde, au cours de laquelle il se rendait en esprit auprès du Tabernacle. Là, il offrait à Jésus ses pensées, ses paroles, ses actions, ses peines, et surtout son désir de consoler son Cœur divin.

Le Pape revendiqua «  comme une de ses plus douces gloires, son titre de “ Premier Garde d’Honneur du Cœur de Jésus ”  »  !

Un jour, il reçut une lettre de Marie Deluil-Martiny, “ première zélatrice ” à Marseille de la Garde d’Honneur  : «  J’offre ma vie en victime à toutes vos intentions.  »

Notre zélatrice fonda en 1873, en Belgique, l’ordre des Filles du Cœur de Jésus et devint mère Marie de Jésus.

En 1878, Mgr van den Berghe confia aux nouvelles religieuses la charge du sanctuaire du Sacré-Cœur à Berchem, le Paray-le-Monial de la Belgique.

Aimer, réparer, faire régner le Cœur de Jésus par l’Immaculée, telle était leur vocation. Le grand nombre de vocations permit à mère Marie de fonder un second couvent dans sa maison natale, à Marseille.

Depuis les apparitions de Fatima, «  Jésus veut que l’on vénère, auprès de son Cœur, le Cœur Immaculé de Marie  » (sainte Jacinthe). Récitons la prière “ Très Sainte Trinité ”.

Colorier le Cadran de la Garde d’Honneur.

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Vendredi 21 juin – Fête-Dieu

MARTYRE POUR LE SACRÉ-CŒUR

MÈRE Marie de Jésus entrevoyait un temps où le Saint-Sacrifice de la messe se raréfierait. Faute de prêtres, nous y sommes  ! Elle voulait offrir Jésus et prendre la place de la victime  :

«  Ô Agneau du Père Céleste, acceptez-nous comme des agneaux  ; unissez-nous à vous sur la Croix et sur l’Autel, formez nos cœurs selon votre Cœur victime.

«  Si ma misérable vie peut servir à vous amener les âmes dont votre Cœur a soif, et à couvrir d’hosties vivantes vos autels sacrés, prenez-la  ! Mais du moins, triomphez en Roi sur tous les cœurs  !  »

Très inquiète des lois du gouvernement franc-maçon qui expulsaient les congrégations religieuses de France, elle renouvela son offrande en victime pour réparer «  ces triomphes scandaleux de l’impiété et de la secte  !  » Notre-Seigneur allait agréer sa généreuse prière.

En 1883, mère Marie engagea par charité un aide-jardinier, Louis Chave. Or, ce jeune homme refusait de se corriger de sa paresse, mais s’enflammait en lisant en cachette des journaux anarchistes et anticléricaux. Il publia cette lettre dans l’un d’eux  :

«  Vous apprendrez mes exploits par les journaux. Je vais commencer par incendier un couvent de religieuses, mettre à mort la Supérieure et la Sous-Prieure… Compagnons, je vous dis adieu.  »

Ce même jour, 27 février 1884, Chave passa à l’acte. Il tira sur mère Marie de Jésus. Frappée de deux balles dans la tête, elle expira peu après, martyre pour l’Église et le Saint-Père. N’avait-elle pas écrit  :

«  Ne nous étonnons pas d’avoir à souffrir quand l’Église entière est en deuil, quand les nations chrétiennes sont en larmes, quand l’impiété et la haine du bien semblent vomies par l’enfer sur la terre.

«  Agrandissons notre courage  ; levons les yeux vers les doux Cœurs de Jésus et de Marie, de qui nous viendra le secours, et laissons-nous immoler avec amour et avec générosité, selon le bon plaisir de Dieu.  »

Chantons “ Les promesses du Sacré-Cœur ”, cantique composé par mère Marie de Jésus (D 45).

Colorier mère Marie de Jésus.

Samedi 22 juin

BÉNÉDICTION DU SACRÉ-CŒUR

SOUS son pontificat, Pie IX porta l’Église à son apogée à travers les persécutions. Cette fécondité illustre par avance l’éternelle vérité rappelée par le troisième Secret de Fatima  :

«  Au Ciel, les anges recueillent le sang des martyrs, avec lequel ils arrosent les âmes qui s’approchent de Dieu.  »

L’Équateur se trouvait dans le plus grand péril quand, en 1860, Garcia Moreno, avocat catholique et monarchiste, fut élu président. En méditant le message de Paray-le-Monial, cet ami intime de Pie IX comprit que le Cœur de Jésus seul pourrait sauver son pays, entièrement ruiné par trente ans de révolution.

Le nouveau président commença donc par réintroduire la religion catholique au sein des institutions et de la constitution. En quinze ans, il transforma l’Équateur en une Chrétienté florissante, qui servit aussi d’asile aux catholiques persécutés  ! Ainsi des bénédictins de l’abbaye Mariastein, chassés de Suisse par le Kulturkampf.

Il ne restait plus à Moreno qu’à obéir jusqu’au bout aux demandes du Ciel et à accomplir ce que Louis XIV avait refusé  : consacrer son pays au Sacré-Cœur.

L’acte fut récité, le 25 mars 1873, dans toutes les églises du pays, tandis qu’à la cathédrale de Quito se déroulait une cérémonie grandiose, en présence de toutes les autorités civiles et militaires. L’archevêque lut l’acte en premier au nom de l’Église, puis le président Garcia Moreno au nom de la nation.

Dès lors, le démon déchaîna sa haine contre l’Équateur, premier pays au monde à être officiellement consacré au Sacré-Cœur.

Faisons quelques sacrifices pour hâter le triomphe du Cœur Immaculé de Marie et le règne du Cœur de Jésus.

Colorier les deux Anges et le Sacré-Cœur.

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Dimanche 23 juin – Solennité de la Fête-Dieu

ENSEVELI AVEC LE CHRIST

AU lendemain de cette consécration, le président pressentit que Dieu allait lui demander le sacrifice de sa vie pour sa patrie. Plusieurs fois déjà, la franc-maçonnerie avait tenté de le tuer.

Ayant eu connaissance des «  injures atroces et des horribles calomnies  » dirigées contre lui, Garcia Moreno écrivit à Pie IX et implora sa bénédiction  :

«  J’ai plus que jamais besoin de la protection divine, afin de vivre et de mourir pour la défense de notre sainte religion et de cette chère République que Dieu m’appelle à gouverner encore.

«  Quel plus grand bonheur peut m’arriver, Très Saint-Père, que de me voir détesté et calomnié pour l’amour de notre divin Rédempteur  ? Mais quel bonheur plus grand encore, si votre bénédiction m’obtenait du Ciel la grâce de verser mon sang pour celui qui, étant Dieu, a voulu verser le sien pour nous sur la croix  !  »

Le 6 août 1875, premier vendredi du mois, après avoir entendu la Messe, le président se rendit à son travail puis retourna à la cathédrale pour adorer le Saint-Sacrement exposé. En sortant, ses ennemis l’attendaient… et crièrent  : «  Meurs, bourreau de la liberté  !  »

Garcia Moreno mourut de quatorze coups de couteau, en murmurant  : «  Dieu ne meurt pas  !  »

Sur sa poitrine, on trouva une relique de la vraie Croix, le scapulaire de la Passion et celui du Sacré-Cœur. À son cou, un chapelet avec une médaille de Pie IX.

Garcia Moreno, l’élu du Sacré-Cœur pour un martyre glorieux et fécond, reçut du Congrès les titres de Régénérateur de la patrie et Martyr de la civilisation catholique. Son œuvre servira de modèle à tous les gouvernants  !

Récitons la prière de l’Ange de Fatima pour les martyrs et les chrétiens persécutés dans le monde.

Colorier Garcia Moreno.

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Lundi 24 juin

JE DOIS DIRE LA VÉRITÉ A LA FRANCE

OUTRE les perfides attaques de la franc-maçonnerie, l’Église souffrait beaucoup des assauts du libéralisme catholique qui se répandait au sein du clergé. En 1870, la France comptait plusieurs évêques libéraux  !

Pie IX s’en inquiéta auprès de pèlerins français venus à Rome, en 1871  :

«  J’aime la France. Je prie tous les jours pour elle, principalement au Saint-Sacrifice de la messe. Je sais combien elle a toujours offert le spectacle des plus tendres dévouements. Cependant, je dois dire la vérité à la France.

«  Je me souviens d’un Français haut placé, pratiquant bien sa religion. Il se confessait même, mais il avait certains principes étranges. Il me disait, par exemple, que la loi civile doit être athée, que nous devons protéger toutes les croyances également, erreur comme vérité.

«  Or, qu’arriva-t-il  ? Un de ses amis, protestant, était mort à Rome. Il ne se contenta pas d’accompagner le corps au cimetière, il assista au service protestant. Assurément, on fait bien d’assister les protestants dans leurs besoins, leurs maladies, et de leur faire l’aumône, surtout l’aumône spirituelle pour qu’ils arrivent à reconnaître la vérité  ; mais assister à certaines fonctions religieuses de l’erreur, c’est mal, c’est trahir la vérité.  »

Pie IX, lui, défendait la vérité. En visitant un hôpital, il interpelle un homme qui restait debout  :

«  Que n’approchez-vous comme les autres  ?

– Saint-Père, c’est que je suis médecin protestant.

– Médecin  ? Mais je leur dois de la reconnaissance pour les soins qu’ils m’ont donnés plus d’une fois. Vous ajoutez que vous êtes protestant. Eh bien  ! Mon fils, voyons  : contre quoi, et pourquoi protestez-vous  ?  »

À ces mots, le Pape le bénit et s’éloigne sans attendre de réponse. Or, cette question  : «  contre quoi et pourquoi  » ne sortait plus de la pensée du médecin. Peu de jours après, il abjura et devint catholique.

Pour ne pas trahir la vérité et savoir la défendre, appliquons-nous à bien apprendre notre catéchisme.

Colorier la troisième colombe.

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Mardi 25 juin

LA CONSÉCRATION AU SACRÉ-CŒUR

Àces mêmes pèlerins français, Pie IX ajouta  : «  Mes chers enfants, ce que je crains pour vous, c’est ce libéralisme catholique qui rêve toujours d’accommoder deux choses irréconciliables, l’Église et la Révolution. Je l’ai déjà condamné, mais je le condamnerais encore quarante fois, s’il le fallait.  »

Remédier à ce mal et rappeler la souveraineté du Christ sur les nations, tels furent les motifs qui disposèrent Pie IX à consacrer l’Église au Sacré-Cœur.

Le Père Chevalier, fondateur des Pères missionnaires du Sacré-Cœur d’Issoudun, s’en fit l’ardent propagandiste. Il rédigea une supplique qu’il envoya dans le monde entier. Six mois plus tard, en décembre 1874, le Père Chevalier offrit au Saint-Père les lettres et signatures de trois millions d’adhérents, qu’il avait reçues des cardinaux, évêques, prêtres, supérieurs généraux et fidèles  !

Le Père Ramière, jésuite et apôtre du Divin Cœur, rassembla lui aussi le même nombre de signatures. Dans son journal, Le Messager du Cœur de Jésus, répandu dans le monde à des millions d’exemplaires, il rappelait  :

«  Le Cœur de Jésus-Christ régnera à condition que ses serviteurs restent fidèles à l’enseignement de Pie IX dans le Syllabus et que les hommes d’État renient les principes révolutionnaires de 1789.  »

Ainsi, la Chrétienté adhéra d’un élan unanime à cette consécration. Pie IX choisit pour date le 16 juin 1875, jour anniversaire de la révélation de Notre-Seigneur à sainte Marguerite-Marie  : «  Voilà ce Cœur qui a tant aimé les hommes.  »

Ce jour-là, en union avec tous les évêques du monde, le Pape lut l’acte de consécration. Mgr Freppel se réjouissait que «  les erreurs des catholiques libéraux aient obtenu une mention aussi formelle que méritée  »  :

«  Ô Jésus, mon Rédempteur et mon Dieu, je voudrais pouvoir désabuser ces catholiques qui, tout en se distinguant par les œuvres extérieures de charité, demeurent trop attachés à leurs opinions, répugnent à se soumettre aux décisions du Saint-Siège, ou nourrissent des sentiments peu conformes à son enseignement.  »

Récitons cet acte de consécration (p. 48).

Colorier en rouge le camail du pape Pie IX.

Mercredi 26 juin

LES FRUITS DE CETTE CONSÉCRATION

AU lendemain de ce 16 juin 1875, le Père Ramière rapporta dans Le Messager du Cœur de Jésus, les fruits de sanctification et de conversion produits par les cérémonies. De tous les pays du monde arrivaient des mandements épiscopaux et les récits détaillés. En France, l’archevêque de Paris, Mgr Guibert, posait, ce jour-là, la première pierre de la basilique de Montmartre. À la lecture du bref du Pape, les milliers de fidèles, prêtres et évêques présents s’écrièrent  : «  Vive Pie IX  !  »

Ce même 16 juin 1875, Adèle Garnier, la future fondatrice des Religieuses adoratrices de Montmartre, s’offrait en victime à Notre-Seigneur, en réparation des offenses qu’il reçoit au Saint-Sacrement.

En 1869, elle avait eu la vision d’une grande Hostie, au centre de laquelle Notre-Seigneur lui montrait son Cœur. Après quoi, Il lui communiqua son désir qu’elle fonde une communauté de religieuses adoratrices et réparatrices, pour le salut de la France et des autres nations.

Or, Mgr Guibert, évêque de tendance libérale, dédaigna la demande que lui adressait Adèle Garnier de la part de Notre-Seigneur. “ En demeurant trop attaché à ses opinions ” libérales, l’archevêque de Paris entravait l’accomplissement des merveilleuses promesses…

Malgré tout, la fondation se fera le 4 mars 1898 par son successeur, le cardinal Richard.

Récitons la prière pour la France (A 3).

Colorier Notre-Seigneur (en entier).

Jeudi 27 juin

AU CŒUR DE L’ÉGLISE D’ALLEMAGNE

L’ALLEMAGNE catholique, très persécutée par les protestants, se montra, après la France légitimiste, la plus ardente à adhérer à cette consécration. La comtesse Maria Droste zu Vischering, âgée de douze ans, en garda un vif souvenir  :

«  L’évêque de Münster, à genoux dans sa cathédrale au milieu d’une immense affluence de fidèles, devant le Saint-Sacrement exposé, trois semaines avant la sentence qui devait le déclarer “ déposé ” et banni, commença à haute voix la lecture de l’acte de consécration, puis fondit en larmes et termina d’une voix brisée  :

«  “ En union avec le Souverain Pontife, je me consacre moi-même et le diocèse de Münster à votre Cœur Sacré, que je m’engage à aimer et à servir de toutes mes forces, en m’appropriant vos volontés et conformant tous mes désirs aux vôtres. ”  »

Tout le programme de la future vocation de mère Marie du Divin Cœur y était tracé à l’avance  !

Le 25 avril précédent, Maria avait fait sa première Communion. Et le 8 juillet, trois jours avant de partir pour un exil qui devait durer neuf ans, Mgr Brinckmann lui administra dans l’église de Darfeld le sacrement de Confirmation. Ce jour-là, «  je sentis naître en moi la grâce de la vocation, confia-t-elle, et je ne l’ai jamais perdue. Elle est allée grandissant.  »

Notre adolescente rédigea alors cette prière. En cette fête de Notre-Dame du Perpétuel Secours, récitons-la avec elle  :

«  Ô mon Dieu, donnez-moi de me montrer dans ce combat pour la religion, en toutes circonstances, un valeureux soldat et de préférer tout sacrifier, y compris ma vie, plutôt que de succomber au péché contre l’innocence et la vertu.

«  Donnez-moi de ne jamais craindre ni d’avoir honte de confesser ouvertement et courageusement, en parole et par action, ma foi en Vous et en Votre Fils crucifié. Donnez-moi de combattre avec sagesse et amour, force et persévérance pour l’honneur de votre sainte Église.  »

Colorier Maria à genoux aux pieds de Jésus.

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Vendredi 28 juin – Fête du Sacré-Cœur

UN SAINT REVÊTU D’UNE ROBE D’OR

LE 7 février 1878, «  une grande procession de saints pontifes, venue du Ciel, y retournait, conduisant au céleste séjour un Saint revêtu d’une robe d’or d’un éclat extraordinaire  ». Sœur Marie-Marthe Chambon, de la Visitation de Chambéry, vit ainsi l’âme de Pie IX monter au Ciel.

De son vivant, Pie IX avait opéré d’innombrables miracles et conversions. Plus de cent trente-trois guérisons sont signées et datées par leurs bénéficiaires. Lors de l’ouverture de son tombeau, le 3 avril 2000, on retrouva son corps parfaitement conservé.

Ainsi, pendant trente ans, Notre-Seigneur avait favorisé son Église d’un Pape tout dévoué et docile à ses Volontés, afin de fortifier ses enfants et les prémunir contre l’apostasie à venir.

“ Saint ” Pie IX avait désiré pour successeur le cardinal Bilio, qui avait achevé la rédaction du Syllabus. Mais il pressentait qu’un mauvais Pape lui succéderait  :

«  Mourir, c’est peu de chose, mais ce qui me peine, c’est la pensée que j’aurai pour successeur le cardinal Pecci [Léon XIII] qui perdrait l’Église, s’il était possible, par sa politique et sa diplomatie.  »

Il avait raison. Durant son long pontificat, Léon XIII prit systématiquement la défense des mauvais catholiques, les libéraux, contre ses enfants fidèles, les catholiques intégraux.

Cependant, il se heurta à deux ardents disciples de Pie IX  : Mgr Freppel et mère Marie du Divin Cœur.

Récitons la consécration au Sacré-Cœur (A 7).

Colorier le visage et l’auréole de Mgr Freppel.

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Samedi 29 juin

UN ÉVÊQUE DE CROISADE

LORSQU’ON demanda un jour au petit Charles-Émile Freppel, âgé de six ans  : «  Voudras-tu être prêtre plus tard  ?  » Il répondit gravement  : «  Non, je serai évêque.  »

Sacré évêque par Pie IX à Rome en 1870, Charles-Émile Freppel offrit une image vivante de la charité du Cœur de Jésus. À l’école de saint François de Sales, il agissait en toute occasion avec une grande sagesse surnaturelle, unissant fermeté doctrinale contre les erreurs et bienveillance envers le prochain.

Mgr Freppel savait que le Pape était libéral et voulait rallier l’Église à la République. Seul contre tous, notre évêque-député s’éleva contre cette mesure  :

«  Entre une République athée qui n’entend renoncer à aucune de ses erreurs et une Monarchie chrétienne qui présenterait toutes les garanties à la religion et à la patrie, notre choix est fait depuis longtemps. Rien ne nous fera changer d’avis.  »

En février 1891, Mgr Freppel se rendit donc à Rome pour remettre à Léon XIII une pétition signée par quarante-quatre députés catholiques. Cette pétition exprimait leur refus d’adhérer à la République.

Après une heure de vive discussion, durant laquelle le Pape sua à grosses gouttes, le Saint-Père renvoya l’évêque d’Angers par ces simples mots  :

«  Eh bien  ! J’attendrai avant d’agir.  »

Inquiet de cette réponse équivoque, Mgr Freppel écrivit à un ami  : «  Mais quel démon pousse nos amis à se rallier à la République  ? Que la Sainte Vierge nous protège.  »

Le saint évêque, très malade, livrait là son testament spirituel. Il mourut le 22 décembre 1891. Moins de trois mois après, le 2 février 1892, Léon XIII ordonnait aux catholiques de France de se rallier à la République persécutrice  ! L’héroïque lutteur n’était plus là pour y faire obstacle… Le Sacré-Cœur choisit ce moment pour intervenir.

Récitons les litanies du Sacré-Cœur (D 8).

Colorier Mgr Freppel.

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Dimanche 30 juin – Solennité du Sacré-Cœur

TRIOMPHE DU CŒUR DE JÉSUS-MARIE

SIX ans après le Ralliement, en 1898, Notre-Seigneur chargea Maria Droste zu Vischering, devenue mère Marie du Divin Cœur, d’écrire à Léon XIII. Il demandait à son Vicaire de consacrer le monde à son Divin Cœur.

Après quoi, le Pape devait «  se préparer à rendre compte à Dieu  », en se repentant «  des négligences de son pontificat et de ses fautes  ».

À Rome et dans toutes les églises du monde, Léon XIII, en union avec les évêques, consacra le monde au Sacré-Cœur, au cours du triduum des 9, 10 et 11 juin 1899.

La veille, le 8 juin, aux premières vêpres de la fête du Sacré-Cœur, mère Marie du Divin Cœur était morte dans une extase d’amour. «  Mon Cœur régnera, mon Cœur triomphera  », lui avait annoncé Notre-Seigneur.

Pourtant, jusqu’à sa mort en 1903, Léon XIII ne renonça ni à sa politique libérale ni à l’ouverture de l’Église aux erreurs modernes.

La promesse du Cœur de Jésus s’accomplira assurément. Mais Notre-Seigneur veut qu’auparavant éclate la toute-puissance de l’Immaculée  !

«  Nous savons où nous allons, où va le monde, à travers la grande apostasie prédite. Il va vers le triomphe universel du Cœur Sacré de Jésus par le ministère éclatant et magnifique, mais aussi doux et gracieux, du Cœur Immaculé de Marie.  » (notre Père)

Alors adviendra le triomphe annoncé par le Sacré-Cœur à mère Marie du Divin Cœur  : «  La sanctification tant espérée du peuple chrétien attiédi, le retour des hérétiques et des schismatiques au sein de l’Église, en même temps que la conversion spontanée, miraculeuse, des peuples lointains.  »

C’est ce que nous verrons l’an prochain.

Récitons la consécration du genre humain au Saint Cœur de Jésus et Marie (D 21).

Colorier le pape Pie IX.

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Consécration au Sacré-Cœur

prononcée par Pie IX, le 16 juin 1875 (extraits).

Ô Jésus  ! mon Rédempteur et mon Dieu, malgré l’immense amour qui vous a porté à répandre tout votre Sang précieux pour les hommes, ils vous offensent, vous outragent, blasphèment votre nom et profanent les jours consacrés à votre culte. Ah  ! puissé-je offrir quelque satisfaction à votre Cœur divin  ! puissé-je réparer l’ingratitude dont vous êtes la victime de la part du plus grand nombre des hommes  !

Je voudrais pouvoir obtenir la conversion des pécheurs et secouer l’indifférence de tant de chrétiens qui, peu sensibles au bonheur d’être les enfants de l’Église votre épouse, n’ont à cœur ni ses intérêts, ni ceux de votre gloire.

C’est à votre aimable Cœur, ô Jésus  ! que je confie le triomphe de l’Église, la consolation de votre vicaire sur la terre, la sanctification du clergé, la conversion des pécheurs et le progrès des justes.

Prosterné à vos pieds, en la présence de la très Sainte Vierge Marie et de toute la cour céleste, je me consacre à votre Cœur Sacré, que je m’engage à aimer et à servir de toute mon âme, dans l’espérance de pouvoir, par là, compenser les injures que vous recevez de l’ingratitude des hommes, et trouver pour mon âme et les âmes de tous les miens la félicité dans cette vie et dans l’autre. Ainsi soit-il.


(1) «  Je répandrai d’abondantes bénédictions sur toutes leurs entreprises.  »

(2) «  Je bénirai les maisons où l’image de mon Cœur sera exposée et honorée.  »