La Contre-Réforme catholique au XXIe siècle
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La Contre-Réforme Catholique au XXIe siècle

IL EST RESSUSCITÉ !

N° 151 – Mai 2015

Rédaction : Frère Bruno Bonnet-Eymard


FRANÇOIS

PAPE DE LA MISÉRICORDE

EN décembre 1993, l’abbé de Nantes citait deux songes prophétiques de don Bosco. Le premier daté du 5 janvier 1870, «  c’est-à-dire au plus haut sommet de l’illusion impériale  », quand les Français allaient plébisciter, par sept millions de oui contre un million et demi de non, Napoléon III qui allait jeter la France en moins d’un an dans l’invasion étrangère et la guerre civile, le siège de Paris et la Commune. Notre Père commentait le premier songe sous un titre qui s’impose aujourd’hui, en 2015, comme le tableau de notre actualité la plus brûlante, la plus angoissante  :

LA FRANCE SOUS LE JOUG DE L’ISLAM EN JUSTE CHÂTIMENT DE SA LAÏCITÉ

1. «  La guerre vient du Sud, la paix vient du nord.  »

L’abbé de Nantes commençait par s’étonner  : «  En Europe latine, au temps de don Bosco, c’était pour tous de l’Allemagne que venait la menace, et pour le Piémont, de l’empire d’Autriche et non point du Sud, depuis que Charles X, roi de France, avait pris Alger, le 30 juillet 1830.

«  Et pour nous, ajoutait-il, jusqu’à hier ou avant-hier, c’est du Nord encore, de Moscou et de son Armée rouge que nous avions à craindre le pire, selon les sûres prophéties de Fatima, et non du Sud où notre façade méditerranéenne s’ouvrait largement sur nos immenses terres d’Empire.  »

Pourtant, Charles de Foucauld, le bienheureux ermite du Sahara, notre vénéré Père, avait averti. Dès 1912, il écrivait à sa cousine Marie de Bondy  : «  Priez aussi pour tous les musulmans de notre empire africain maintenant si vaste. L’heure présente est grave pour leurs âmes comme pour la France. Depuis quatre-vingts ans qu’Alger est à nous, on s’est si peu occupé du salut des âmes des musulmans qu’on peut dire qu’on ne s’en est pas occupé. On ne s’est pas occupé davantage de les bien administrer ni de les civiliser. On les a maintenus dans la soumission et rien de plus. Si les chrétiens de France ne comprennent pas qu’il est de leur devoir d’évangéliser leurs colonies, c’est une faute dont ils rendront compte, et ce sera la cause de la perte d’une foule d’âmes qui pouvaient être sauvées. Si la France n’administre pas mieux les indigènes de sa colonie qu’elle ne l’a fait, elle la perdra et ce sera un recul de ces peuples vers la barbarie avec perte d’espoir de christianisme pour longtemps.  »

La même année 1912, le saint ermite du Hoggar écrivait au capitaine Pariel  : «  Dans cinquante ans, cet empire africain sera un magnifique prolongement de la France. Mais si nous traitons ces peuples non en enfants, mais en matière d’exploitation, l’union que nous leur aurons donnée se retournera contre nous, et ils nous jetteront à la mer.  »

«  Dans cinquante ans  »  : 1912-1962. Le compte y est  ! Aussi, lorsque don Bosco dit  :

«  La guerre vient du Sud.  »

«  Il n’y a aucune hésitation  : il s’agit du péril islamique dont actuellement tout le monde est saisi, tous parlent sans savoir que penser, que dire et que faire. C’est une invasion, le déversement continu d’un trop-plein de population musulmane dans un vide spirituel, politique et militaire qui s’appelle Démocratie, Europe, République française. D’une rive de la Méditerranée à l’autre, la Guerre sainte pousse et cherche sa victoire définitive sur le chemin de Poitiers, où ils ont une défaite à venger, celle de 732  !  » (Georges de Nantes, L’heure de notre délivrance approche  ! CRC n° 297, décembre 1993, p. 2)

«  Selon l’agence européenne de contrôle des frontières extérieures Frontex, de 500 000 à 1 000 000 de personnes pourraient tenter l’aventure cette année, principalement à partir de la Libye.  » (La Croix du 15 avril 2015).

«  En Italie, les garde-côtes ont porté secours à quarante-deux bateaux chargés au total de plus de 6 500 migrants durant les seules journées de dimanche 12 et lundi 13 avril. Ils n’ont pu empêcher la noyade d’environ 400 naufragés dont le bateau avait chaviré avant leur arrivée. La mer Méditerranée est devenue “ la route la plus mortelle du monde  ”, selon le haut-commissariat aux réfugiés de l’Onu. Mais la peur de la mort ne dissuade pas ceux qui fuient.  »

Notre Père ajoutait en 1993  : «  Si la guerre sainte nous atteint, comme déjà vingt-six coopérants “ chrétiens ” d’Algérie sommés d’apostasier pour embrasser la foi islamique, et onze l’ont fait, les quinze autres ont été rituellement égorgés d’une oreille à l’autre, au couteau… que ferons-nous  ? Des peuples immenses, jadis se sont laissés ainsi conquérir et sont passés du Christ à l’islam en masse, définitivement.  »

«  Du Nord vient la paix.  »

«  L’affirmation prophétique est aussi nette, d’une parfaite sérénité. Ce n’est pas pour autant un oracle de bonheur, du moins pas encore… La langue de saint Jean Bosco est sans fioritures, on sent ce qu’il voit.  »

Aujourd’hui, en 2015, nous le voyons de nos yeux, et ce n’est plus un songe  ! C’est un oracle qui fait un tableau de la France actuelle avec la franchise brutale des lamentations de Jérémie sur Jérusalem  :

«  Les lois de la France ne reconnaissent plus le Créateur.  » Telle est la laïcité bétonnée de la République fondée au lendemain du songe de don Bosco par monsieur Thiers, sur le double fondement de la liberté et de la Révolution, aujourd’hui consolidées par l’athéisme brut du Grand-Orient de France.

Son grand-maître s’appelle Daniel Keller, normalien, agrégé de lettres et énarque, décidé à «  remettre le Grand-Orient au cœur de la société par le biais de conférences et de débats de fond, comme cette conférence publique, dimanche 12 avril 2015, sur “ la reconquête des territoires de la République ”  »  ! Publicité gratuite du Figaro du 10 avril 2015…

«  C’est trop de présomption aux yeux de notre Père Céleste  », avertissait notre Père terrestre  :

«  Mais le Créateur se fera connaître et il la visitera à trois reprises  », continuait en effet don Bosco. Et notre Père commentait  : «  C’est facile à Dieu d’engager une vaste main-d’œuvre pour une telle besogne. Il n’y emploie jamais les siens – c’est une œuvre servile  ! Il préfère y jeter les uns contre les autres ses divers adversaires afin de ménager le sang, les maisons, l’avenir de ses saints.  »

Sunnites contre chiites, Palestiniens contre Israéliens, pour les uns et les autres, c’est le djiḥad, mot qui traduit très exactement «  la réunion en vue de la sortie en bandes sur le sentier de la guerre  » (Coran, S. 2, vt. 218), qui déborde maintenant en plein Paris, dans nos banlieues et dans nos campagnes.

«  Ainsi le Dieu des Français, rejeté par eux, leur apprendra ce qu’il en coûte à la “ fille aînée de l’Église ” de renier sa vocation, de la main féroce du dieu des musulmans qu’elle fait mine de lui préférer.  »

LA GRANDE REINE AUXILIATRICE SECOURS ASSURÉ DES CHRÉTIENS

2. «  Mais voici un grand guerrier du Nord. Il porte un étendard  ; sur la droite qui le soutient est écrit  : irrésistible main du Seigneur.  »

Notre Père a cru voir ce «  grand guerrier du Nord  » en la personne de «  Gorbatchev, ce géant  !  » Mais aujourd’hui, il nous est facile de le reconnaître en Vladimir Poutine  :

«  À ce moment, le vénérable Vieillard du Latium vient à sa rencontre en brandissant un flambeau très ardent. Alors l’étendard se déploie et de noir qu’il était devient d’un blanc de neige. Au milieu était écrit en caractères d’or le nom de Celui qui peut tout.  »

Ainsi, ce grand guerrier qui vient du Nord, cet envahisseur dont le pavillon noir annonçait les ravages et la mort, se change en médiateur de paix  :

«  Ce “ flambeau très ardent ” illumine l’esprit du guerrier et de ses capitaines. L’ordre de guerre se change en offre de paix. Tel Attila flatté d’être saintement traité par les augustes pontifes “ défenseurs de leurs cités ”, comme Constantin et Clovis se convertissant au Christ à l’annonce de la victoire qui leur est promise par le Vicaire du Christ.  »

Celui-ci, «  soudainement saisi par une inspiration divine, par un message de Marie Immaculée [qui peut le dire ? Nous, de l’Armée mariale !], tel saint ­Grégoire le Grand, tel saint Loup de Troyes, se lève et s’avance à la rencontre de cet autre Attila. Il a dans sa main le message de Fatima.  » Ce que contient ce dernier, nous le savons  : une demande de consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie.

Ici, notre Père hésitait  : «  Mikhaïl Gorbatchev se convertirait à l’invitation de Karol Wojtyla, Jean-Paul II  ?  » Ses supérieurs ont voulu le faire croire à sœur Lucie. Notre Père lui-même  : «  Je ne vois pas d’autre explication aux paroles de l’oracle, d’un ­étendard roulé pour la bataille et noir, signe de ­dévastation qui soudain se déploie, blanc comme neige, devenu celui de l’Immaculée Mère de Dieu. Et le Nom écrit en lettres d’or est celui du Sacré-Cœur de Jésus, qui doit sans coup férir conquérir toute la terre. Car “ rien n’est impossible à Dieu ”.  » L’oracle s’accomplit aujourd’hui par la main de Vladimir Poutine  :

«  Le guerrier et les siens s’inclinent profondément devant le vieillard et ils se serrent la main.  » Ce qui s’est exactement accompli lorsque le pape François a reçu Vladimir Poutine le 25 novembre 2013 (cf. nos photos in Il est ressuscité, février 2014, p. 1 et 8). Ce geste, explique notre Père, signifie un «  accord d’homme à homme, diplomatique, militaire  » qui demeure bien en deçà du «  miracle achevé de la conversion de la Russie à la seule vraie foi catholique dans la soumission pleine d’allégresse à l’Église romaine. Néanmoins, les temps s’y prêtent, et cet accomplissement ne dépend plus que de la purification et résurrection de l’Église elle-même comme va nous l’apprendre aussitôt don Bosco.

«  Maintenant la voix du Ciel s’adresse au Pasteur des pasteurs  : “ Tu es dans la Grande Conférence avec tes Assesseurs, mais l’ennemi du bien ne prend pas un instant de repos. Il étudie et use de tous les artifices contre toi  ; il sèmera la discorde parmi tes Assesseurs, et suscitera des ennemis parmi mes fils. Les puissances du siècle vomiront le feu et étouffe­ront les paroles des gardiens de ma loi. ”  »

Actuel  ! nous avons vu cela, cette année, avec le Synode sur la famille.

«  À mon humble avis, commentait notre Père en 1993, cette voix qui vient du Ciel n’est pas celle du Seigneur lui-même, ni d’un ange, mais d’un homme selon l’enseignement des saints nous apprenant que pour rappeler aux chrétiens le respect de leur foi et de leur loi divine, il suffit de voix humaines, et peut-être d’envoyés du Ciel, simples docteurs ou même humbles bergères sans instruction obéissant à la voix de l’Église sainte, car leur message n’excède en rien les lumières du sens commun catholique que tous ont en partage…  » Celles-là mêmes que n’a cessé d’invoquer Georges de Nantes pour «  rappeler aux chrétiens le respect de leur foi et de leur loi divine  » un demi-siècle durant.

«  Que dit en effet cette voix  ? Rien encore que tous ne sachent, de ceux qui entourent le Pape et gouvernent l’Église sous son autorité  : Qu’au lieu de tenir des conciles et conciliabules, en forme de parlements démocratiques, ouverts à tous les vents du monde mauvais, le Pape doit brandir le glaive de la Parole divine contre ses ennemis, cachés dans sa propre Maison et parmi ses collaborateurs intimes, secrè­tement d’accord avec les persécuteurs du dehors. Et qui sont ces ennemis  ? sinon les modernistes et progressistes, insinués comme des serpents jusque dans ses conseils secrets, et les francs-maçons dont le pouvoir occulte commande tout aujourd’hui. Ceux-ci étouffant l’Église sous la raison diabolique de la laïcité et de la liberté, ceux-là suscitant la zizanie et l’apostasie dans tous les cercles et assemblées ecclésias­tiques.  » Et autres “ Ratzinger-Schülerkreis ”.

«  Qui pourrait sans fidélité au Christ et sans invocation à Marie, sous l’occupation islamique… juguler la franc-maçonnerie devenue la pieuvre, l’hydre malfaisante de l’Occident  ?  »

Mais alors, moyennant cette fidélité, plus de crainte  ! Voix du messager s’adressant au Pape  :

«  Toi, hâte-toi  », car les Temps vont vers leur fin  ! Cela dit au Pape par un homme quelconque à lui envoyé par Dieu, est d’une force d’admonestation décisive. Mais la suite de ce message est d’un sens pratique digne de celui qu’on vit déployé en saint Jean Bosco, comme en son Pape, Pie IX, ou en saint Pie X. Et c’est la vieille religion in­changée qui, à son appel, refleurira par toute la terre  :

«  Si les difficultés demeurent, qu’elles soient tranchées. Si tu te trouves en peine ne t’arrête pas, mais continue jusqu’à ce que soit brisée la tête de l’hydre de l’erreur. Ce coup fera trembler la terre et l’enfer…  »

«  À ce coup, c’en sera fini du doute, du libéralisme, de toute hésitation, compromission, lâcheté. Le Pape régnera. L’heure sera terrible à la terre et à l’enfer…

«  Mais le monde sera rassuré et tous les bons exulteront.  »

«  Ah  ! quel temps tragique, quel temps prodigieux, quel temps messianique ce sera  ! Tous craindront pour la vie du “ Vieillard du Latium ”, proscrit, chassé d’un pays à l’autre, les Érinyies lancées à sa poursuite. Cependant, qu’il ne craigne rien  !

«  Garde donc à tes côtés seulement deux asses­seurs, mais où que tu ailles, poursuis et achève l’œu­vre qui te fut confiée [au jour de ton sacre !]. Les jours passent vite, tes années avancent vers l’heure prescrite…  »

«  J’interromps un instant le cours de cette révélation, écrit notre Père, pour vous en émouvoir  : Quelle vision d’avenir dramatique mais libératrice  ! exultante  ! Comme nous sommes ainsi attirés à prier pour le Pape, tels les trois enfants de Fatima qui le firent avec tant de générosité  ! et c’était déjà pour ce Pape de ces temps d’apostasie et de persécution. Ne serait-ce pas Jean-Paul II  ? Je l’imagine et je l’espère.  » Hélas  !

Notre saint pape François le cite dans sa bulle d’indiction Misericordiæ Vultus  :

«  Nous ne pouvons pas oublier le grand enseignement que saint Jean-Paul II nous a donné dans sa deuxième encyclique Dives in misericordia, qui arriva à l’époque de façon inattendue et provoqua beaucoup de surprise en raison du thème abordé. Je voudrais revenir plus particulièrement sur deux expressions. Tout d’abord, le saint Pape remarque l’oubli du thème de la miséricorde dans la culture actuelle  :

«  “ La mentalité contemporaine semble s’opposer au Dieu de miséricorde, et elle tend à éliminer de la vie et à ôter du cœur humain la notion même de miséricorde. Le mot et l’idée de miséricorde semblent mettre mal à l’aise l’homme qui, grâce à un développement scientifique et technique inconnu jusqu’ici, est devenu maître de la terre qu’il a soumise et dominée (cf. Gn 1, 28). Cette domination de la terre, entendue parfois de façon unilatérale et superficielle, ne laisse pas de place, semble-t-il, à la miséricorde… Et c’est pourquoi, dans la situation actuelle de l’Église et du monde, bien des hommes et bien des milieux, guidés par un sens aigu de la foi, s’adressent, je dirais quasi spontanément, à la miséricorde de Dieu. ”

«  C’est ainsi que saint Jean-Paul II justifiait l’urgence de l’annonce et du témoignage à l’égard de la miséricorde dans le monde contemporain  : “ Il est dicté par l’amour envers l’homme, envers tout ce qui est humain, et qui, selon l’intuition d’une grande partie des hommes de ce temps, est menacé par un péril immense. Le mystère du Christ… m’a poussé à rappeler dans l’encyclique Redemptor Hominis sa dignité incomparable, m’oblige aussi à proclamer la miséricorde en tant qu’amour miséricordieux de Dieu révélé dans ce mystère. Il me conduit également à en appeler à cette miséricorde et à l’implorer dans cette phase difficile et critique de l’histoire de l’Église et du monde. ” Son enseignement demeure plus que jamais d’actualité et mérite d’être repris en cette Année sainte. Recevons ses paroles de façon renouvelée  : “ L’Église vit d’une vie authentique lorsqu’elle professe et proclame la Miséricorde, attribut le plus admirable du Créateur et du Rédempteur, et lorsqu’elle conduit les hommes aux sources de la Miséricorde du Sauveur, dont elle est la dépositaire et la dispensatrice. ”  » (n° 11)

Il fallait citer ce passage pour constater que chez Jean-Paul II la “ miséricorde ” est un mot, une abstraction. On comprend que cette encyclique n’ait pas suscité le moindre acte de contrition dans l’âme d’un pécheur. D’ailleurs, il n’est pas question de “ péché ”, mais de «  dignité incomparable  » de l’homme  ; c’est elle qui est supposée «  en appeler à la “ miséricorde ”  » au numéro 15.

L’abbé de Nantes est le seul théologien, à ma connaissance, qui ait compris et dénoncé l’erreur de Jean-Paul II. Il écrit dans son Livre d’accusation  :

«  À l’homme épris de lui-même, infatué de sa valeur et de sa grandeur, vous avez entrepris de faire accepter l’idée d’une miséricorde divine et humaine qui lui est insupportable, comme attentatoire à sa dignité, en la lui expliquant. Votre encyclique Dives in misericordia est une variation hégélienne sur le thème évangélique du retour de l’Enfant prodigue. Vous écartez, pour ne pas faire de peine aux juifs, et parce qu’il troublerait la bipolarité de votre dialectique, le personnage encombrant du fils aîné. Lequel, en toute vérité, dans son insupportable morgue, son orgueil, son égoïsme et sans aucun doute son hypocrisie, représente exactement l’homme moderne. Pour lequel le père ne se départit pas de sa bonté ordinaire, dont nous savons qu’elle ne le changera pas et ne lui évitera pas la condamnation finale du Juge divin courroucé.

«  Vous ne nous montrez que l’Enfant prodigue revenant à son père, et celui-ci exerçant à son égard une miséricorde interprétée selon la dialectique universelle du maître et de l’esclave, ce “ conte de fées pour philosophes puérils ”, comme dit Molnar. Dans cette optique, la rencontre est conflictuelle, et c’est le vieux père qui reconnaît sa déroute en s’émouvant de compassion pour son jeune fils devenu plus fort que lui. Vous faites admettre à ce jeune coq la tendresse de son père, en la travestissant en reconnaissance de sa grandeur à lui, le fils, contraignant son père à le re-connaître et lui re-donner cette place, ces biens auxquels il a droit. Les bonnes gens ne savent pas lire de telles choses, et elles se sont réjouies de voir leur cher Pape parler de la Miséricorde divine, comme sa vénérée compatriote, sœur Faustine.

«  Les gens d’en face ont trouvé l’explication ingénieuse, mais ils ne l’ont pas avalée pour autant jusqu’à demander à Dieu miséricorde, ni eux-mêmes faire miséricorde à leurs frères, à leurs ennemis. Vous- même ne leur avez guère donné l’exemple, d’ailleurs.

«  Je cite  ? Il faudrait tout citer  ! “ La fidélité du père à soi-même est totalement centrée sur l’humanité du fils perdu, sur sa dignité. Ainsi s’explique surtout la joyeuse émotion du moment du retour à la maison. Allant plus loin, on peut dire que l’amour envers le fils, cet amour qui jaillit de l’essence même de la paternité (il n’y a pas d’essence de la paternité, vous devriez le savoir  ; c’est de la philosophie et de la théologie élémentaires. La paternité est une relation d’un être de telle ou telle essence), contraint (voilà le mot, qui exclut la grâce, le pardon, la miséricorde et, par suite, la reconnaissance filiale) le père à avoir (à avoir quoi  ? miséricorde  ? pitié, tendresse  ? non )… à avoir le souci de la dignité de son fils.  » (Liber accusationis II, p. 72-73)

Nous sommes à mille années-lumière du pape François et de son cœur de Père  :

«  L’Année sainte s’ouvrira le 8 décembre 2015, solennité de l’Immaculée Conception. Cette fête liturgique montre comment Dieu agit dès le commencement de notre histoire. Après qu’Adam et Ève eurent péché, Dieu n’a pas voulu que l’humanité demeure seule et en proie au mal. C’est pourquoi Marie a été pensée et voulue sainte et immaculée dans l’amour (cf. Ep 1, 4), pour qu’elle devienne la Mère du Rédempteur de l’homme. Face à la gravité du péché, Dieu répond par la plénitude du pardon. La miséricorde sera toujours plus grande que le péché, et nul ne peut imposer une limite à l’amour de Dieu qui pardonne. En cette fête de l’Immaculée Conception, j’aurai la joie d’ouvrir la Porte sainte. En cette occasion, ce sera une Porte de la Miséricorde, où quiconque entrera pourra faire l’expérience de l’amour de Dieu qui console, pardonne, et donne l’espérance.  » (n° 3)

Ce recours du pape François à l’Immaculée, Reine de la miséricorde, obéit, pour ainsi dire, au Messager du songe de don Bosco  :

«  … La grande Reine sera toujours ton secours, et comme dans les temps passés, ainsi sera-t-elle tou­jours à l’avenir “ Magnum et singulare in Ecclesia præsidium ”, ta grande et singulière protection dans l’Église.  »

«  Ce sera donc, commente notre Père, selon le langage silencieux des pierres sculptées et inscriptions de la façade et des campaniles de la basilique de Marie-Auxiliatrice, selon le secret qui est venu providentiellement à notre connaissance, dans l’année 1996. Qu’avons-nous à trembler, “ hommes de peu de foi ”, quand est ainsi promise au Souverain Pontife cette aide miséri­cordieuse à tous, et miraculeuse pour lui, qui doit mener infailliblement l’Église à son salut  ! Et cela, par l’accom­plissement de l’œuvre qu’il lui appartient à lui seul d’ac­complir  : la définition infaillible de la foi, excommunication des hérétiques, la condamnation sans réplique des erreurs monstrueuses de l’Antichrist, qui furent les siennes mêmes, le rétablissement de la discipline ecclésiastique et sacramentaire, par quoi reviendront les bonnes mœurs et la sainteté dans toute l’Église et reprendra l’évangélisation, amenant la conversion de toute la terre. Par Marie Auxiliatrice. À partir de l’an 1996.  »

Cette année-là se livra en effet le grand combat de l’Immaculée contre l’Antichrist et le Diable. Au terme de son séjour annuel au Canada, avant son départ, notre Père dit à nos frères  : «  À mon âge, une seule chose compte  : la défaite de Satan et la condamnation du concile Vatican II.  » À propos du point central de cette condamnation, l’hérésie de la liberté religieuse, il disait  : «  Nous préférons mourir plutôt que de passer dans l’autre camp ou de s’endormir dans un monastère bien fermé, mais asphyxié par le Concile et par le Pape.  » L’abbé de Nantes, “ bien enfermé ” à la trappe de Hauterive, en Suisse, par Mgr Daucourt, ne s’y laissa pas asphyxier. Il livra un combat singulier à l’esprit de Satan, présent en chacun des Actes de Vatican II. Le fruit de ce combat apocalyptique fut l’Autodafé, la plus salubre et la plus salutaire des œuvres théologiques du vingtième siècle. Nous n’hésitons pas à y voir l’accomplissement de la prophétie de don Bosco.

L’ERRANCE ET LE RETOUR DU PAPE

Après de laborieuses recherches, notre Père décryptait le deuxième songe de don Bosco la veille de Noël 1993, et il en écrivait le commentaire au jour même de la Nativité de Notre-Seigneur  :

«  De mystérieux événements.  » (24 mai-24 juin 1873)

«  Il est question ouvertement d’un exil du Pape, puis de son retour à Rome. Mais la première clef de l’énigme tient au caractère spirituel de cette errance, qu’il ne fallait pas interpréter comme un voyage terrestre. La deuxième m’a été donnée dans une clarté soudaine, dont je n’impose la croyance à personne. Voici  :

LA SORTIE AU PLUS LOIN DU VATICAN.

«  C’était durant une nuit obscure  ; les gens n’arrivaient plus à distinguer le chemin à suivre pour rentrer chez eux.  »

«  Ce langage est à entendre comme une parabole spirituelle, celle de la “ désorientation diabolique ” à laquelle doit être soumise toute l’Église à la fin des temps, c’est-à-dire en cette fin de siècle. Chacun, nous dit don Bosco, cherchait son chemin dans la nuit, c’est dire que nul ne savait plus bien ce qu’était la vraie foi catholique et qu’il était impossible de trouver les moyens de sauver son âme.

«  Lorsque apparut dans le ciel une splendide lumière (una splendidissima luce ) qui éclairait les pas des voyageurs comme en plein midi.  »

«  C’est là que je perdis le fil quantes et quantes fois  ; jusqu’à la vigile de Noël où j’eus l’intuition que cette “ splendide lumière ” n’était pas la Veritatis splendor, ni le Lumen gentium apportés par le Christ au monde, mais une fausse lumière d’une Pentecôte diabolique, fascinant dans l’univers tous ceux qui n’étaient pas fermement attachés au roc de Pierre et fondés sur la foi. C’était le pire des prestiges de Satan… La suite dès lors est parfaitement compréhensible.

«  Alors on vit une foule d’hommes, de femmes, d’enfants et de vieillards, de moines, de religieuses et de prêtres et à leur tête le Souverain Pontife, sortant du Vatican et se rangeant en ordre de procession.  »

«  Ce fut exactement ce que nous vîmes des yeux de notre âme, au jour de l’ouverture du Concile le 11 octobre 1962 et aussi bien lors des sacres de Paul VI puis de Jean-Paul II, sur la place Saint-Pierre. Cette “ sortie du Vatican ” signifiait un éloignement, un dégoût et une fuite de tout l’appareil millénaire de l’Église, dans ses dogmes, ses rites et sacrements, ses mœurs et autres traditions. Tout le peuple, immense foule, suivait le Pape.

«  Mais voici qu’un violent orage, obscurcissant sensiblement cette lumière, semblait livrer une bataille entre elle et les ténèbres…  »

«  Évidemment, c’est la crise postconciliaire dont Paul VI déclarait, dès le 7 décembre 1968, que personne n’aurait pu imaginer pareil affrontement entre partisans et adversaires de la Réforme conciliaire, majorité contre minorité, et chaque parti se flattant d’être le défenseur de la “ splendide lumière ”, la “ Lumière levée sur les nations ”, contre les fils de ténèbres. Nous suivons très bien.

«  Cependant, on arrivait sur une petite place jonchée de morts ou de blessés  ; dont plusieurs demandaient à grands cris du secours. – Les rangs de la procession s’éclaircissaient beaucoup.  »

«  Trop évidente allégorie de l’avancée postconciliaire à la rencontre du monde, avec la révélation de ce qu’il en est résulté, un champ de bataille où les âmes sont blessées, tuées, se perdent comme inexorablement.  »

Le pape François confesse donc parfaitement l’accomplissement de cette vue prophétique lorsqu’il décrit l’état actuel de l’Église comme celui d’un «  hôpital de campagne après la bataille  ».

«  Et cependant beaucoup réclament du secours, espérant en l’Église pour leur en apporter. Or, cruelle misère, humiliant échec, c’est “ le peuple de dieux ”, parti en énorme procession triomphaliste qui, loin de gagner les autres à sa “ splendide lumière ”, voit se rétrécir ses effectifs comme une peau de chagrin, au long de son cheminement de plus en plus difficile, de moins en moins rassurant. C’est bien notre histoire depuis 1965; les statistiques en font foi, tous les signaux sont au rouge.

«  Après avoir marché l’espace correspondant à deux cents levers du soleil, chacun s’aperçut qu’il ne se trouvait plus dans Rome.  »

«  Si ce récit devait être entendu matériellement, l’idée serait absurde  : quitter le Vatican, c’est équivalemment sortir de Rome. Mais spirituellement est dénoncée, dans cette marche symbolique, l’erreur mortelle de ceux qui prétendaient s’éloigner de la vieille institution vaticane, cléricale, pour se ressourcer à la Bible, à l’Évangile, au “ vécu ” de la foi primitive. Voilà qu’ils se réveillent de leur rêve  : en quittant l’Église, ils en sont venus à perdre “ la voie, la vérité, la vie ” de la pure foi catholique, apostolique et romaine.

«  L’effroi s’empara de tous les esprits et chacun se serra autour du Pontife pour protéger sa personne et l’assister dans ses peines.  »

«  C’est bien de tels sentiments d’effarement que nous constatons dans les multitudes de fidèles catholiques, qui ont toujours voulu suivre le Pape, leurs évêques, leurs prêtres, et qui, affolés du désordre, des divisions, des haines, des abandons, recherchent leur salut personnel et celui de l’Église dans une adhésion plus aimante encore et une assistance plus généreuse à leur sainte Église malade et surtout à son Chef éprouvé, leur “ doux Christ en terre ”.  »

Foules immenses accourant pour accueillir et écouter le pape François lors de ses voyages apostoliques, ou de ses audiences place Saint-Pierre, ne serait-ce que pour l’apercevoir parlant de sa fenêtre l’espace d’un Angélus ou d’un Regina Cæli.

«  C’est un beau spectacle qui réjouit le cœur de Dieu et provoque une grande émotion de pitié et de tendresse du Cœur Immaculé pour eux tous. Ils ont raison d’espérer  :

«  À ce moment [de l’angoisse maximale], on vit deux anges qui, portant un étendard, allèrent le présenter au Pape en lui disant  : “ Recevez le drapeau rouge de Celui qui combat et disperse les plus puissantes armées de la terre. Tes ennemis sont dispersés et tes fils avec larmes et avec supplications implorent ton retour. ”

«  Portant le regard sur l’étendard, on pouvait y voir inscrit d’un côté  : “ Regina sine labe concepta ”, et de l’autre  : “ Auxilium christianorum ”.  »

«  Qui sont ces deux anges  ? Quel est cet étendard, ce “ Vexillum ” qui, dans la langue de César et de Tacite, désigne “ le drapeau rouge, signal du combat  ”  ? Et de quel chef, pour quelles armées  ? en face de quels ennemis  ?

«  Matériellement entendu, nous pourrions chercher longtemps sans rien trouver d’autre que des souvenirs de Croisades ou de justes guerres ayant reçu l’aval du Seigneur Jésus par certains envoyés ou messagers célestes, comme on le voit, c’est avéré, dans l’épopée de sainte Jeanne d’Arc. Mais ici, aujourd’hui  ? Retenons encore notre réponse.

«  Toujours est-il qu’à cet instant, nous devons constater que le Pape est arrivé au bout de ses forces, mais point encore au terme de ce chemin de perdition qui s’enfonce toujours plus loin, plus bas, dans les ténèbres et les marécages. À cause de tant de morts, de blessés pitoyables, d’errants, mais aussi de ses fils et de ses proches assesseurs de plus en plus décontenancés, il est saisi de la nécessité de retourner d’où il vient.

«  Ces anges qui lui remettent, de la part du Christ Roi des rois et Seigneur des seigneurs, ce drapeau rouge, cet étendard marqué du nom de l’Immaculée Mère de Dieu et Secours des chrétiens, lui donnent le seul message qui, dans cette conjoncture, puisse venir du Ciel  : Lève ton étendard, avance  ! retourne d’où tu viens, à Rome qui est le lieu de ta grandeur, de ta puissance et de ta paix.

LE RETOUR TRIOMPHAL.

«  Le Pontife prit l’étendard avec joie, mais en remarquant le petit nombre de ceux qui étaient restés autour de lui, il s’en affligea grandement.  »

«  Tristesse et abattement vraiment purifiants, expiatoires, rédempteurs. Car enfin, depuis “ deux cents jours ”, parti, entraînant tout son peuple à la rencontre du monde moderne, indifférent aux morts, aux blessés, aux errants, aux perdus, il était juste et bon, équitable et salutaire que le Pape eût à pleurer et se lamenter sur ses propres fautes.

«  Mais la Vierge Marie et son Fils premier-né sont bons, d’une admirable clémence. Ils donnent mission à ces deux anges du Ciel de le réconforter de leurs leçons, admonestations et conseils si sages et si sûrs. Il nous suffit d’en prendre connaissance pour admirer le programme de la Contre-Réforme proche, dont résultera une immense et magnifique Renaissance catholique. Lisez ce programme de redressement de l’Église par le Pape  :

«  Les deux anges ajoutèrent  : “ Va vite consoler tes fils. Écris à tes frères [les évêques, évidemment] dispersés dans le monde entier [par une “ encyclique ”], qu’il faut une réforme des mœurs [but manqué de la dernière, fausse et funeste Veritatis splendor]. Cela ne peut s’obtenir qu’en distribuant aux peuples le pain de la divine Parole. Catéchisez les enfants  ; prêchez le détachement des choses terrestres [est-il besoin d’insister, d’applaudir ?]. Le temps est venu, conclurent les deux anges, où les pauvres porteront l’Évangile aux peuples. Les lévites seront pris parmi ceux qui tiennent la pioche, la bêche et le marteau afin que s’accomplissent les paroles de David  : “ J’ai relevé le pauvre de la terre pour le placer sur le trône des princes de ton peuple. ”  »

«  Ce dernier point devait être parfaitement entendu et savouré par don Bosco. Il est plus urgent encore de nos jours où dans l’Église a sévi un élitisme, bourgeois, intellectuel, riche et mondain, dont le résultat lamentable fut l’erreur libérale répandue dans toute la hiérarchie, avec son carriérisme, son hédonisme, son charismatisme. Il est urgent que le clergé se recrute de nouveau parmi les pauvres, les paysans, les travailleurs… mais vrais catholiques, fervents, convaincus, courageux. Telles sont les Béatitudes et les Malédictions justement réparties dans le Sermon sur la montagne, les unes sur les humbles et sur les pauvres, les autres sur les orgueilleux et sur les riches.

«  Tel est le programme donné au Pape, en larmes sur lui-même et sur son troupeau décimé, par deux anges en lesquels je reconnaîtrais bien les “ deux assesseurs ” qui devaient le suivre partout, dans l’autre prophétie. Qui seront-ils  ? Je n’en sais rien, sinon, mystérieusement, Moïse et Élie revenus soutenir Pierre cet autre Christ dans sa proche Passion.

«  Ayant entendu cela, le Pape se mit en marche et les rangs de la procession commencèrent à grossir.  »

«  Ah  ! que j’aime cette vision  !

«  Lorsqu’il pénétra dans la Ville sainte, il se mit à pleurer sur la désolation dans laquelle se trouvaient les habitants dont beaucoup n’étaient plus. – Puis, entrant dans Saint-Pierre, il entonna le “ Te Deum ” auquel répondit un chœur d’anges qui chantaient “ Gloria in excelsis Deo, et in terra pax hominibus bonæ voluntatis ”.  »

«  Nous souvenant de l’autre procession, celle de la sortie du Vatican, du 11 octobre 1962, et assistant à celle du retour à Rome pour l’ouverture du Vatican III de nos espérances, nous applaudirons à tous les contrastes de celle-ci d’avec la première, et nous nous associerons au chant de ces multitudes d’anges de la parabole, qui seront les milliers et milliers de fidèles catholiques venus pour l’occasion à Rome en action de grâces.

«  Le chant terminé, l’obscurité cessa tout à fait et un soleil resplendissant se mit à briller. Les villes, les villages et les campagnes voyaient leur population très diminuée. La terre semblait garder la trace d’un ouragan et d’une pluie d’eau ou de grêle et les gens allaient les uns vers les autres le cœur tout ému, en disant  : “ Oui vraiment, il y a un Dieu en Israël ”.  »

«  Quel charmant tableau, comme aujourd’hui Noël lendemain d’inondations de pluies diluviennes, oui  ! comme aux jours de Noé quand les eaux du déluge s’étant retirées, la famille du saint patriarche et les animaux de toutes espèces sortirent de l’arche, tandis que se préparait le sacrifice d’action de grâces de l’Alliance nouvelle, sous le signe de l’arc-en-ciel, gage de paix de Dieu avec les hommes à jamais.

«  J’aime voir les gens aller les uns vers les autres, au contraire de cette détestation grandissante, irrémédiable, que le Concile et ses suites fomentèrent puis embrasèrent jusqu’à la haine et la mort sous le panneau trompeur de la “ civilisation de l’amour ”  !

«  Depuis le début de l’exil jusqu’au chant du “ Te Deum ” le soleil se leva deux cents fois. Tout le temps passé dans la réalisation de ces événements correspond à quatre cents jours.

«  En beaucoup d’endroits, on put lire les prédictions qui s’étaient réalisées jour après jour, comme si elles étaient rapportées par le journal du matin.

«  Selon la même personne [don Bosco], la France, l’Espagne, l’Autriche et une puissance de l’Allemagne seraient choisies par la Providence pour empêcher l’effondrement social et donneraient la paix à l’Église combattue depuis si longtemps et de tant de manières.  »

«  Ici, il semble que nous glissions de la prophétie proprement dite à son commentaire, du songe inspiré à son interprétation humaine, hésitante. Aujourd’hui nous savons, nous, que l’innocent Portugal gardera toujours le dogme de la foi, lui, la “ vitrine de Notre-Dame ” et le dépositaire des secrets divins. Et depuis le 13 juillet 1917, Lucie, la voyante de Fatima, sait que l’élue du Cœur très unique de Jésus et de Marie, c’est la Russie. Le Royaume de Dieu adviendra lorsque ce peuple se convertira à la parole du Pape le consacrant enfin au Cœur Immaculé de Marie. Quand sera-ce  ?  »

Nous savons qu’au-dessous du fronton central de la basilique Marie-Auxiliatrice deux anges portent un cartouche avec une date qu’un bas-relief au registre inférieur explicite  : 1571, victoire de Lépante, obtenue par les prières des confréries du Saint Rosaire mobilisées par saint Pie V. Le Pape eut la vision du miracle, avant qu’il soit connu (bas-relief gauche), et fit ajouter aux litanies de Lorette l’invocation  : “ Auxilium christianorum, ora pro nobis ”.

Une seconde date, à droite, est 1815, année de la naissance de don Bosco qui marqua l’institution de la fête de Marie Auxiliatrice par le pape Pie VII, en reconnaissance de son retour à Rome, après la chute de Napoléon (bas-relief droit). Mais nous savons que don Bosco voulait annoncer une autre victoire, à venir, de la Vierge Marie sur les puissances infernales. Elle devait être signifiée sur le second campanile par un autre étendard, et sur le cartouche par les chiffres  : 19.. Le saint dut renoncer à son projet devant l’opposition des salésiens de son Conseil. Il s’inclina et garda son secret… tout en répétant que Marie Auxiliatrice, «  protectrice spéciale de ceux qui combattent pour la foi  », et «  terrible comme une armée rangée en bataille  », vaincrait… à la fin  ! Notre enquête auprès des archivistes salésiens nous permit de compléter  : 1996. L’année de la victoire de frère Georges de Jésus-Marie sur l’Adversaire, comme nous l’avons expliqué plus haut (p. 5).

Vingt ans ont passé qui, pour Dieu, sont comme un jour. Le pape François annonce l’ouverture de l’Année sainte le 8 décembre 2015, en la solennité de l’Immaculée Conception, «  le dimanche suivant, troisième de l’Avent, la Porte sainte sera ouverte dans la cathédrale de Rome, la basilique Saint-Jean-de-­Latran. Ensuite seront ouvertes les Portes saintes dans les autres basiliques papales. Ce même dimanche, je désire que dans chaque Église particulière, dans la cathédrale qui est l’Église-mère pour tous les fidèles, ou bien dans la co-cathédrale ou dans une église d’importance particulière, une Porte de la Miséricorde soit également ouverte pendant toute l’Année sainte. Au choix de l’Ordinaire du lieu, elle pourra aussi être ouverte dans les Sanctuaires où affluent tant de pèlerins qui, dans ces lieux ont le cœur touché par la grâce et trouvent le chemin de la conversion. Chaque Église particulière est donc directement invitée à vivre cette Année sainte comme un moment extraordinaire de grâce et de renouveau spirituel. Donc, le Jubilé sera célébré à Rome, de même que dans les Églises particulières, comme signe visible de la communion de toute l’Église.  » (n° 3)

L’année 2016, centenaire des apparitions de l’Ange précurseur de Notre-Dame, nous préparera à celui de 2017  : «  Si Dieu me donne la vie et la santé, je souhaite être à la Cova da Iria pour célébrer le centenaire  », a promis le Pape. Prions pour que Dieu lui inspire aussi la résolution d’y recommander la dévotion réparatrice des premiers samedis pour le salut des âmes, et d’y ordonner à tous les évêques en communion avec lui de consacrer la Russie au Cœur Immaculé de Marie pour la paix du monde.

frère Bruno de Jésus-Marie.