La Contre-Réforme catholique au XXIe siècle
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La Contre-Réforme Catholique au XXIe siècle

IL EST RESSUSCITÉ !

N° 152 – Juin 2015

Rédaction : Frère Bruno Bonnet-Eymard


LA LIGUE

La Ligue

« NOUVELLE PENTECÔTE »

ELLE a bien eu lieu, car ceux qui l’ont prophétisée étaient “ grands prêtres ” au moment du concile Vatican II… Le “ Défenseur ” est bien descendu, mais comme d’habitude «  pour confondre le monde en matière de péché, de justice et de jugement…  » (Jn 16, 8-11) Il suffit de lire les œuvres de l’abbé de Nantes et notamment la biographie réalisée par notre frère Bruno pour s’en convaincre  : Georges de Nantes docteur mystique de la foi catholique.

La foi dans nos authentiques pasteurs, va-t-elle nous pousser à croire en l’aggiornamento hier, et en la nouvelle évangélisation aujourd’hui  ? Oui, pareillement, car avant que d’être par eux diaboliquement désorientés, ces aspirations et appels de l’Église furent mis en œuvre par un disciple du très saint réformateur pape Pie X, l’abbé de Nantes en personne, avec une prodigieuse intelligence de la foi catholique et des besoins des hommes de notre temps. Le défi d’une telle démonstration pourrait être facilement relevé. Dans le cadre qui nous est imparti, contentons-nous de remarquer que les articles de ce numéro et la prodigieuse session de Pentecôte des 23-25 mai à la maison Saint-Joseph le donnent aussi à entendre.

Dans son éditorial  : François pape missionnaire, notre frère Bruno souligne une fois de plus la parfaite communion de pensée de notre Père et de François. Ces deux hommes d’Église témoignent à eux deux, que non, l’Église n’a pas failli à sa mission. Elle est toujours une, sainte, catholique, apostolique et romaine. Après cinquante années de stagnation conciliaire, elle reprend son bond en avant. Il faut tout de même la soutenir dans sa démarche vacillante, douloureuse résultante de cinquante ans d’ankylose conciliaire. C’est un travail d’accompagnement filial dont notre frère Prieur s’acquitte à merveille. C’est ainsi qu’il pointe délicatement du doigt ce mois-ci l’obstacle à éviter, la contradiction lourde de conséquences puisqu’il s’agit du sang de nos frères et sœurs qu’on assassine (cf. supra). Tandis que les bruits de guerre s’amplifient, notre frère Prieur rappelle aussi au Saint-Père que le salut de l’Église et la paix du monde en très grand péril sont toujours entre ses mains…

«  Pauvre Saint-Père  », quelle lourde et immense croix a-t-il eu le courage de charger sur ses épaules le 13 mars 2013… Car l’Église dont il a hérité est comme un «  hôpital militaire de campagne après la bataille  », «  à moitié en ruine  », avec des générations entières d’enfants, et même de religieux qui ont perdu la foi… Voilà le nouveau et vrai regard qu’il a osé poser sur l’Église, avec au cœur la ferme volonté de la sauver et de la lancer de nouveau dans l’évangélisation, jusqu’aux «  périphéries  »… L’article de référence de notre frère Scubilion (supra p. 5-28), est bien fait pour lui venir en aide, tant il illustre concrètement les difficultés de l’évangélisation, et quel chemin le pape François doit aussi parcourir, à l’exemple du vénérable Libermann, pour redonner à la Mission ses vrais principes, et par conséquent sa fécondité apostolique, sa pérennité surtout.

PENTECÔTE DE TOUJOURS

Cette année, frère Bruno voulut que nos jeunes gens – ils étaient plus de deux cents – regardent la magnifique session prêchée par notre Père en 1992  : Splendor veritatis, un nouveau regard sur la vie.

UN NOUVEAU REGARD SUR LA VIE.

Soucieux d’enrayer la corruption morale de l’humanité, et des enfants de l’Église en particulier, ­Jean-Paul II écrivit l’encyclique Splendor veritatis. L’abbé de Nantes n’en retint que le titre, magnifique  ; mais vérité oblige, pas question pour lui de suivre Jean-Paul II, et de fonder la morale sur la Déclaration – athée – des droits de l’homme, pas plus que sur la Déclaration – déiste – d’indépendance des États-Unis.

«  Ce que nous vous proposons, dira-t-il dans son sermon d’introduction, nous, c’est la révélation chrétienne, c’est le Christ, c’est le mystère de Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit, c’est notre religion (…). Je me suis donné la charge, en trois jours, de vous redonner le culte de la beauté humaine, de l’ordre humain et de la vérité divine. Je ne vais pas passer mon temps à faire des anathèmes contre l’horreur, la corruption… Je veux vous faire aimer les vertus contraires aux vices qui ravagent le monde.

«  Comment arriverai-je à cela  ? En vous donnant un nouveau regard sur la vie  ! Oui, parce que je ne veux pas de l’ancien  ! L’ancien, le traditionnel, était tout de même juste  ; il était catholique, français, civilisé. Mais je dirais que l’ancien a été souillé par tellement de calomnies, tellement de diffamations dans vos jeunes esprits, que si l’on vous rappelle la morale antique du Décalogue, des Droits de Dieu, il me semble que vous aurez comme un éteignoir sur l’esprit, ça ne “ mordra ” pas. Et puis, c’est vrai, l’ancien avait fini par être tellement déformé dans des hérésies qu’on appelle le jansénisme, le quiétisme, que nous voulons quelque chose de nouveau et nous avons raison  !

«  Le regard d’hier, c’est-à-dire le regard tout à fait moderne qu’on vous a inculqué et qui est encore le vôtre, implique qu’on en change, car ce regard est absolument détestable, c’est celui précisément, où tout est corruption, laideur, et erreur  ! Vous en avez, j’espère, ras le bol, et vous voulez autre chose. Alors, un nouveau regard sur la vie, je suis partant, vous l’êtes. Je vous le montrerai.  »

L’assistance pouvait voir notre bienheureux Père sur écran, aussi fut-elle captivée et sous le charme trois jours durant, au fil de conférences et de sermons tous plus passionnants, accrocheurs les uns que les autres. En voici une synthèse qui atteindrait son objectif si vous vous résolviez à commander ce monument de doctrine élaboré par notre bienheureux Père pour «  désembourber notre existence chrétienne de l’ornière sexuelle. C’est de cela que notre jeunesse, et notre deuxième ou troisième âge  ! ont besoin.  »

SAMEDI 23 MAI  : LA PUDEUR, BEAUTÉ VOILÉE.

Après une vigoureuse réfutation et répudiation des turpitudes freudiennes, et une analyse tellement pénétrante du cœur, du corps humain, notre Père puisa dans le trésor inépuisable de son cœur de prêtre, tant et tant d’exemples vécus, savoureux, tellement édifiants. C’est sous l’aimable invite de tant d’onction que tous entrèrent à la suite de notre bienheureux Père dans l’univers radieux de la pureté, de la pudeur, et surtout, récompense de notre renoncement à toute luxure, de la tendresse  :

«  Tendresse filiale envers nos parents, nos pères et mères spirituels, temporels  ; tendresse conjugale aussi, de nuit et de jour, de jeunesse et de vieillesse, de joie et de peine, de travail et de repos, avec des moments d’effusion charnelle aussi tendres et expressifs, qu’ils sont éloignés de toute turpitude (…). Tendresse amicale enfin, entre frères et sœurs, et toutes sortes de proches qui en ont chacun le vif désir, qui en ont le besoin… surtout les enfants, les vieillards, les pauvres, les malades, les agonisants.

«  Ah  ! que l’on est heureux d’avoir des lèvres pour poser ses lèvres sur le visage enfiévré d’un homme qui va mourir  ! (…) Qu’est-ce que cela coûte donc d’être chaste, pudique, effarouché même par les moindres désordres sensuels  ! Moi, je veux bien qu’on baisse les yeux parce qu’il y a une affiche, là  ! Je baisse les yeux, parce qu’il ne faut pas que je regarde ça  ! C’est privatif  ! Mais, au contraire, je baisse les yeux parce que cela va troubler ma paix du cœur et l’admirable joie spirituelle où je suis. Cette affiche, c’est un ennemi, c’est un mal tout simplement. Et donc, qu’est-ce que cela coûte d’être chaste, pudique, si c’est pour connaître la tendresse envers le prochain, et beaucoup plus encore la tendresse qui, si bien pratiquée dans la vie, se trouve encore plus exaltée et permise dans la dévotion  ? La dévotion, c’est la tendresse, car il y a un rapport exquis entre la tendresse filiale de la terre et celle qui pareillement ose s’adresser à Dieu, notre si bon Père du Ciel, lui-même Créateur de toute paternité, surtout de celle qui par les liens religieux du baptême fait du père de famille une image, pour ses enfants, du Père Céleste.

«  Même rapport exquis entre la tendresse des époux de la terre, sanctifiée par le sacrement de mariage et par l’onction du Saint-Esprit, et ce colloque très aimant de l’âme avec le Christ, spécialement dans la sainte communion eucharistique. Car enfin, qu’est-ce qu’il y a de plus proche du baiser des époux dans leur amour le plus pur et le plus spirituel, mais le plus ardent et le plus charnel, que la communion  ? Y avez-vous déjà pensé  ?

«  De même encore, rapport exquis de la tendresse entre amis intimes, maître de vie et disciple confiant, avec la tendresse de l’Esprit-Saint et de l’âme qui se confie à ses inspirations, lui demandant ses lumières et ses consolations.

«  Les labeurs et tourments d’une nécessaire ascèse sont donc sans comparaison possibles avec le bonheur d’une âme qui accède à la paix du cœur par la sublimation de tous ses amours humains, et qui va jusqu’à ne plus vouloir même en connaître que les amours mystiques ayant Dieu seul, Père, Fils et Saint-Esprit pour objet.  » Et Jésus, conclut notre Père, triomphe et dit  : «  C’est ce que je vous dis depuis deux mille ans  : “ La chair ne sert de rien, c’est l’Esprit qui vivifie. ”  »

DIMANCHE 24 MAI  : LA PITIÉ, BONTÉ SACRIFIÉE.

Le deuxième jour, deuxième libération, celle de l’esclavage du cœur, et de l’insolence du barbare vulgaire. Notre Père nous montre les différentes facettes d’un cœur dépravé en puisant ses exemples dans la Bible, dans l’histoire de France, et jusqu’en notre actualité révolutionnaire, libertaire avec cette incroyable complicité des chefs de l’Église depuis Vatican II. Le remède pour rompre avec tant d’iniquités et pour ramener le cœur rebelle dans l’humilité de sa condition, c’est d’abord de «  remettre les idées en place pour que la vie reprenne, dans l’ordre de la justice et de la charité, en famille, à l’école, à l’armée, à l’église.  »

«  Le cœur est roi, mais l’intelligence est son ministre  », comme disait Maurras après l’avoir expérimenté lui-même. C’est sous sa guide que le barbare se civilise et trouve en son cœur les sentiments de bonté qui vont le pousser à servir l’ordre qu’il critiquait auparavant. Tout cela commence très prosaïquement, et notre Père ne craint pas d’entrer dans les détails de cette modification évangélique de tout l’être  : Propreté, soin du vêtement, régularité de la vie, la tenue en public, le choix des camarades et des amis, les lectures, la télévision, le cinéma, les loisirs  !

Mais la modification évangélique d’un cœur gagné par la bonté va forcément rayonner, et l’ordre que l’on met en sa propre vie va vite se muer en service des autres, de sa paroisse, de sa commune, des pauvres, des malades, des grands intérêts de la France et de l’Église, sans chercher de récompense sinon celle des Béatitudes évangéliques. La bonté sacrifiée, la souffrance de l’amour non payé de retour, sinon de refus, de mépris, d’ingratitude, donne alors à ces prédestinés de connaître le secret mystère de l’amour divin. Comme le Christ broyé, jeté en terre, immolé en victime, ils vont donner beaucoup de fruits. Telle fut la vocation de notre bienheureux Père, et celle aussi d’un de ses incomparables disciples, qui venait juste de rendre sa belle âme à Dieu, notre cher ami canadien, monsieur Pierre Lambert.

LUNDI 25 MAI  : LA PIÉTÉ, VÉRITÉ ADORÉE.

Durant ce troisième et dernier jour, notre Père se montra plus percutant que jamais dans la mise à nu philosophique, psychologique de l’impiété sous toutes ses formes  : athéisme, agnosticisme et libéralisme. Au rebours de l’idéaliste qui adore ses propres idées au point de se prétendre, en rival de Dieu, le créateur de l’univers  ; au rebours du fidéisme protestant ou catholique qui méprise la raison pour se livrer plus aisément aux caprices pseudo-mystiques de son faible cœur  ; à mi-chemin de ces deux excès, de ces deux outrages à Dieu, notre Père nous résumera en quelques minutes le réalisme de nos grands docteurs de l’Église. Ce dernier jour de conférence n’est pas réservé aux seuls philosophes. Notre bienheureux Père l’a rendu accessible à tous, plus, très enthousiasmant…

De même que le Bon Dieu a créé la différence des sexes pour nous donner une certaine analogie de l’amour intime qui circule en les Trois Personnes divines de la Sainte Trinité, de même la mécanique des persécutions est-elle voulue par Lui pour faire entrer ses vieux amis dans le Cœur de son Cœur, la fournaise de son amour rédempteur  ; de même aussi la raison et ses opérations sont-elles de merveilleux instruments, délicats, limités certes, mais performants que Dieu a bien composés pour nous mener, de proche en proche, jusqu’à la contemplation du Ciel.

«  Et donc, il ne faut pas seulement croire que notre religion consiste à maîtriser, à mater sa chair et mettre de l’ordre dans son cœur, dans ses amours  ; notre religion est une œuvre intellectuelle, elle doit nous mener jusqu’à la vie mystique en ce monde, une mystique pratique, active, parce que nous ne sommes pas tous des mystiques de contemplation infuse, mais là, déjà, notre intelligence doit pressentir, grâce à la foi, les splendeurs de Dieu auxquelles nous sommes invités, et cela pendant l’éternité  : joie perpétuelle de l’intelligence sans cesse renouvelée par les infinies perfections et l’infini Amour de Celui qui est notre Père, qui sera notre Époux et notre Roi plus que jamais, qui sera l’Intime de notre âme  !  »

On pourrait dire de cette session ce que saint Thomas d’Aquin disait du Cantique des cantiques en soupirant de bonheur  : Lapides pretiosi… Pour acheter de si précieuses perles, vivre dans une telle lumière, vite  ! Envoyez promener vos talons aiguilles, et “ venez avec nous sur la montagne, c’est merveilleux… ”

ET NOTRE FRÈRE BRUNO  ?

Si notre bienheureux Père a assuré l’ensemble des prédications et instructions de la session, frère Bruno n’eut pas moins de travail pour autant. Outre le fait qu’il prépare les conférences du prochain camp dans la nuit du très tôt matin, il fut assailli le jour, et durant tous les repas, par une foule de jeunes gens venus lui demander conseil. C’est que le Père l’a dit  : «  Malheur à l’homme seul  !  » Il faut donc prendre une bonne direction dans la vie et y cheminer bras dessus, bras dessous, cahin-caha, avec elle ou lui, du Ciel ou de la terre…

Notre frère Prieur anima surtout le cratère du dimanche soir où il parut détendu, avec un “ je ne sais quoi ” qui devait auréoler saint Jean quand il faisait, lui aussi, l’apologie de son cher Seigneur et Maître devant ses premiers chrétiens. Notre frère dira à nos jeunes gens qu’il voyait le triomphe de la Renaissance, là, dans cette session  : «  Vos parents ont écouté ces conférences et les ont appliquées si bien, que vous êtes là  ! C’est le triomphe du Père  !  » Ces paroles furent saluées par un tonnerre d’applaudissements…

Nous regardâmes ensuite l’audience du 6 mai 2015 où le pape François compare l’amour des époux à celui du Christ et de l’Église, en insistant sur le sacrifice, preuve de cet amour. «  Vous voyez, commentera notre frère, le pape François a institué un synode sur la famille où chacun a dit ce qu’il voulait, puis il a dit que la suite se déroulerait à la fin de l’année. Entre les deux, il fait ses catéchèses, et elles sont catholiques  ! Il déclare que ce qu’il dit est “ pour tous ” ce qui fait pièce au mariage pour tous. Il affirme l’indissolubilité du mariage, et il remet ainsi les choses en place, petit à petit, et cela pour le monde entier  ! Ce n’est pas à nous à bouder cela  !  »

Notre frère Prieur était très content de cette session, des jeunes si attentifs, si admiratifs du Père, si assidus aux offices liturgiques qu’ils chantèrent avec nous avec beaucoup d’enthousiasme. Ce n’est pas dit dans les lettres de nos sœurs, mais il a dû être bien contents d’elles aussi, car outre les deux cents bouches et plus à nourrir, elles ont dû faire, dans le champ clos de leur petite cuisine une guerre totale, victorieuse finalement, à une nuée de moustiques. Quant à nos frères de la technique ils nous ont permis de revoir et bien entendre notre Père dans la plénitude de sa maturité et charité sacerdotale, grâce prodigieuse, bonheur que nous partagerons avec toutes les générations de CRC pour les siècles des siècles… Deo et Mariæ gratias

frère Philippe de la Face de Dieu.

LA GRACE DU SAINT SUAIRE

Mon très cher frère Bruno de Jésus-Marie,

Quant au Saint Suaire, ce fut vraiment «  une rencontre avec Jésus  », pour parler comme le pape François. L’image est pâle, mais justement, cela me semblait comme un secret d’amour que Jésus nous murmurait, à nous qui pouvions le comprendre. Je ne m’attendais ni à cette impression de présence, ni à la longueur du temps que nous avons pu y passer en prière. Grâces et béatitude. Je suis rentrée comblée et je vous remercie de tout avec une très vive gratitude, mon bien cher frère.

Sœur G. de N.-D. de L.

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Mon très cher frère Bruno,

J’ai une attache et une dévotion toute particulière au Saint Suaire, tout d’abord parce que c’est grâce à cette sainte relique que j’ai voulu faire de la chirurgie (les travaux du docteur Barbet y sont pour beaucoup  !). Et puis, durant ce pèlerinage, mettant de côté toutes les polémiques scientifiques puisque nous savons que c’est la véritable image de Notre-Seigneur, Elle m’a permis de regarder vers le Ciel. Je voulais dire avec notre Père, “ mais moi aussi je veux Le voir  ! J’irai Le voir, j’irai La voir un jour  ! ”

T. R.-B.

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Mon très cher Frère,

Nous venons vous remercier de tout cœur pour ce magnifique pèlerinage à Turin auprès de la Très Sainte Face de Notre-Seigneur et son linceul vénérable.

Nous avons été ravis de toutes les conférences de préparation à notre face à Face avec Notre-Seigneur et nous avons été très impressionnés par vos deux conférences, particulièrement celle que vous avez faite à Chieri où vous nous avez parlé, après la Miséricorde bienfaisante, de la Miséricorde souffrante ou douloureuse dont plus personne ne parle et qui nous a fait comprendre ou peut-être mieux réaliser que la Miséricorde bienfaisante se paie par le sang versé  ! Je n’avais pas réalisé à ce point combien Jésus était rentré volontairement dans sa Passion, malgré l’effroi ou le trouble de son âme.

Après, on ne pouvait qu’adorer Notre-Seigneur en son Saint Suaire différemment.

Après votre deuxième conférence, qui nous interpréta à la suite du Père les songes de don Bosco, nous sommes plus que jamais poussés à prier pour que le Saint-Père consacre la Russie au Cœur Immaculé de Marie.

En continuant notre pèlerinage, nous avons confié à don Bosco tous ces nombreux adolescents qui nous entouraient, lui qui a sauvé les âmes de tant de voyous.

J. B.

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Mon Frère,

La contemplation du Saint Suaire m’a profondément émue. J’étais heureuse d’avoir visionné les DVD que vous nous indiquiez afin d’être préparée au mieux à cette rencontre. J’ai pu retourner deux fois dans la nef avec profit  : je n’avais pas vraiment envie de Le quitter. La fréquentation de don Bosco, don Cafasso, don Rua, don Cottolengo de sainte Marie-Dominique Mazarello, etc., nourrit le cœur, l’âme et l’esprit.

Comme le dit notre Père dans un de ses sermons  : «  C’est magnifique cette Église du dix-neuvième siècle  !  » Je me sens un mini-moucheron face à ces géants… Il va bien falloir, cependant, essayer de les suivre  !

C. D.

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Mon bien cher Frère,

Comment vous remercier  ? À cette question posée à la descente du car samedi soir, frère Thomas a répondu  : “ En priant. ” Nous voilà donc chargés de cette mission  : “ Prier en méditant sur les Saintes Plaies et la Sainte Face. ” Car c’est bien le grand fruit, la grâce des grâces de ce pèlerinage  : découvrir, nourrir, ancrer notre dévotion aux Plaies et au Visage de Jésus. Je n’imaginais pas que l’on puisse avoir autant d’enseignements et de méditations. C’est pourtant mon troisième pèlerinage à Turin  !

D. B.-C.

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Mon très cher Frère,

Vous auriez pu vous dire que nous étions déjà allés vénérer le Saint Suaire par deux fois, que vous aviez suffisamment à faire à la maison Saint-Joseph et dans nos prieurés, qu’il fallait se consacrer à … 2017, que sais-je encore. Mais non, vous nous avez ramenés devant ce Linge imprégné du vrai Sang de Jésus, celui qui a coulé pendant sa Passion, dans ce Turin magnifié par les œuvres du Cœur Immaculé de Marie au Valdocco, au Cottolengo.

P. J.-B.

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Très cher frère Bruno,

J’ai énormément aimé vos deux conférences, mon frère  ! Je ne sais pas comment vous faites  ! On voit bien que Notre-Seigneur et Notre-Dame vous assistent.

La première sur la lettre sur la Miséricorde, du pape François, était claire en ses trois points  : miséricorde bienfaisante, douloureuse, triomphante.

Édifiante, vous nous avez montré le Cœur de Jésus nous montrant Celui du Père qui nous a d’abord fait miséricorde, et Jésus payant pour nous comme nous avons pu le voir sur cette Sainte Relique de nos amours  ! Et vous nous avez aussi montré le cœur du pape François qui a écrit cette Bulle, “ si loin du culte de l’homme ”, comme vous l’avez dit. De quoi méditer et “ retrouver la valeur du silence pour contempler ”. C’était une grande charité une grande joie de pouvoir nous unir au Saint-Père, notre Père  !

Et j’ai été enthousiasmée, passionnée par votre deuxième conférence. Votre explication des songes de don Bosco, avec “ l’entrée ”, si on peut dire, du pape François dans ces prédictions.

Tout cela nous a tellement conduits vers le Saint Suaire, sommet du pèlerinage  !.

Quant à la messe au Cottolengo, de l’avis de tous, c’était un avant-goût du Ciel  ! tous ensemble, tous unis avec vous avec les frères, les sœurs, notre Père si présent parmi nous.

J’ai beaucoup, beaucoup aimé que nous ayons aussi été plongés dans la vie de tous ces saints de Turin  : saint Jean Bosco, maman Marguerite, don Rua, don Cafasso, saint Benoît-Joseph Cottolengo, saint Dominique Savio, etc. Nous étions comme embaumés du parfum de leurs vertus, de leur piété, de leur charité. C’est merveilleux, et c’est pour moi une source d’étonnement renaissant de pouvoir bénéficier de toutes ces conférences sur les saints. Ce que le Père faisait si génialement, et que vous mes frères et les vôtres, faites dans ses pas et qui est de remettre les saints dans leur contexte relationnel. Ça a été, et reste à chaque fois , une découverte d’autant plus heureuse que je l’espérais sans la connaître  ! Donc, merci  ! merci  ! merci  ! mon frère.

A. N.

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Cher frère Bruno,

Nous avons fait le plein de grâces au pied de cette si touchante relique et nous sommes revenus pleins de bonheur, avec de bonnes résolutions, avec une foi renouvelée et la joie de l’avoir contemplé donc consolé.

V. et I. L.

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Mon Frère,

Un de nos cousins se trouvait par hasard à Turin en même temps que vous. Il nous a avoué avoir été très déçu. Car selon lui  : «  Beaucoup de “ publicité ” en ce moment mais, au final, une fois sur place, on ne voit pas grand-chose et c’est l’usine.  » Quel dommage  !… si seulement il avait pu être préparé comme vous nous avez tous préparés… Le plus triste est qu’il avait hâte de voir le Saint Suaire et que maintenant il décourage ses parents d’y aller, eux qui avaient programmé de le faire en juin, leur disant que ça ne vaut pas le coup.

Nous mesurons ainsi encore plus la grâce qu’est l’héritage du Père et celle que nous avons de vous avoir. Car ainsi préparés, l’image de Notre-Seigneur en face à Face, ne peut que ravir nos âmes et nous transporter au Ciel, même un court instant. Et surtout Elle ne peut que nous inciter à offrir nos pauvres croix, Lui qui a tant souffert pour nous.

M. B.

IN MEMORIAM

RENÉ LEGRAND.

«  La vraie sainteté, c’est d’être ce que l’on est, transformé petit à petit par l’amour de Jésus et du prochain.  »

Cet humble idéal dicté par notre Père à l’un de nos frères le jour de sa prise d’habit a été la voie suivie par René Legrand.

«  L’amour de Jésus  », il en témoigna en se joignant à toutes nos démarches romaines, et dès 1973. Il le vivait maintenant humblement à la dernière place, celle de sacristain, et sous l’autorité d’un curé qui, «  ne voulant rien avoir à faire avec la CRC  », commença par le mettre à la porte.

«  L’amour du prochain  », nous en avons bénéficié pendant la plus grande partie de sa vie et nous comprendrons à quel point il nous était précieux quand, pendant les camps, nous chercherons notre route à un carrefour douteux et qu’il ne sera pas là pour nous faire le geste discret mais sauveur.

«  Le bien ne fait pas de bruit  », mais c’était la paix de son âme qui rayonnait paisiblement, et sur sa famille d’abord qu’il garda, plus par son exemple que par des discours, dans la droite ligne de la foi. Et chacun de ses enfants gardera ou découvrira un jour que c’est le plus bel héritage qu’il leur aura laissé.

Quand frère Bruno le visita, la veille de sa mort, il lui trouva un cœur d’enfant  :

«  Vous allez bientôt au Ciel.

– Je l’espère.  »

«  Je prie pour le Saint-Père  »… furent ses dernières paroles. Et puis  :

«  J’ai soif  », comme Jésus sur la Croix.

«  Le Ciel, l’unique but de nos travaux  », était sa seule pensée. Son curé le rappela le jour de ses funérailles, et il en parla comme d’un ami. Il fit l’éloge de la fidélité de son paroissien à la messe quotidienne, sa foi puisée à la source de «  la Contre-Réforme catholique… même si l’on n’en partage pas toutes les convictions  », et disant encore le bien qu’il fit auprès de nos enfants «  dans les camps CRC  ». René Legrand avait gagné son cœur.

Il l’assista avec admiration jusqu’à la dernière heure, se faisant l’instrument du Cœur Immaculé de Marie, selon sa promesse, le 13 juin 1917.

frère Gérard de la Vierge.

DENIS RAGOT.

Allocution prononcée le 15 mai au cimetière de Villemaur par frère Bruno de Jésus-Marie.

Chère Madame,

Ma chère sœur Marie-Marthe de Jésus couronné d’épines,

Chers enfants,

Votre, notre cher Denis, phalangiste de l’Immaculée, nous a quittés le 11 mai, en ce beau mois de Marie ensoleillé, lui qui naquit en la vigile de l’Immaculée Conception de l’an 1946. Ce patronage manifeste de la Sainte Vierge est-il la raison du nom que vous avez reçu, ma sœur Marie-Marthe, au jour de votre baptême  ?

Et nous venons de célébrer ses funérailles en cette église de la fondation de notre communauté, consacrée à Notre-Dame, comme un rendez-vous avec monsieur le curé de Villemaur, qui l’accueille en ce moment aux pieds de Notre-Dame.

Les jeunes gens de nos camps d’été ont découvert Denis Ragot quand ils l’ont vu jouer Œdipe à Colone avec sa fille Ariane pour Antigone, et déclamer de sa belle voix grave l’hymne à la grandeur de l’homme pieux – qu’il était lui-même en toute vérité – dans le texte grec  ! … Impressionnant  !

Quelle distinction, quelle culture raffinée cachée derrière une discrétion excessive qui le rendait intimidant autant qu’intimidé… Sous les dehors d’un calme souverain, son âme vibrait et s’émouvait de toute vilenie dont les petits pâtissaient. Il avait le don des larmes.

Plusieurs de nos amis de la CRC l’ont connu aux camps d’Action française  ; il en a même retrouvés il y a quelques années… après cinquante ans  ! Car il était bon Français, donc naturellement royaliste, catholique, communautaire  ! Il gardait un souvenir très vivant de ces camps  ; les noms des participants lui étaient restés gravés, les uns pour le réjouir, les autres pour l’attrister. Particulièrement quelques cas lamentables illustrant ces paroles de Notre-Dame de Fatima navrée de voir les âmes se perdre parce qu’elles «  n’ont personne qui prie et se sacrifie pour elles  ». Lui, se souvenait, pensait à ces âmes, les aimait, et se sacrifiait pour elles.

Et comme l’amour se prouve par les œuvres, combien de fois ne l’a-t-on pas vu conduisant madame Nonnat en son grand âge, percluse, à la maison Saint-Joseph, attentif jusqu’à lui façonner une marche pour descendre de voiture.

En son entreprise, il se montra bon et plein de compassion pour son personnel  ; quelle peine d’avoir à le réduire, d’autant que le travail de tous lui donnait pleine satisfaction. C’était un modèle de patron chrétien, à donner en exemple à notre jeunesse, pour la remettre au travail et reconstruire la France.

Son acte d’allégeance à la Phalange que vous avez fait ensemble, Madame, comme un renouvellement de votre alliance sous l’égide de l’Immaculée, marqua l’adhésion d’un disciple. Disciple de notre Père, il aimait tout ce qu’il aime, je parle au présent, puisque ceux du Ciel sont dans la vraie vie. Aussi aspirent-ils au triomphe du très unique et Sacré-Cœur de Jésus et Marie, au service duquel travaille la Phalange de l’Immaculée.

Lorsque lui fut administrée ­l’extrême-onction, la Croix était là, mais embrassée dans la paix, avec le sourire  ; la douceur, la bonté rayonnaient de son visage émacié, illustrant cette parole de sainte Thérèse  : «  Mon Dieu, y a-t-il une joie plus pure que de souffrir pour votre amour  ? Oui, souffrir en aimant est le plus pur bonheur.  » Nous lui avons recommandé d’obtenir des vocations religieuses, appelées à goûter ce bonheur-là en nos maisons. Il acquiesça  ! Et il allait de soi aussi qu’au Ciel il prierait pour que la France retrouve son rang de fille aînée de l’Église.

«  Je ne meurs pas, j’entre dans la vie et tout ce que je ne puis vous dire ici-bas, je vous le ferai comprendre du haut des Cieux.  » Ces paroles de sainte Thérèse nous revenaient en mémoire en chantant les Rogations, lundi, jour de son envol, dies natalis. Et celles-ci  :

«  Ce qui m’attire vers la Patrie des Cieux, c’est l’appel du Seigneur, c’est l’espoir de l’aimer enfin comme je l’ai tant désiré et la pensée que je pourrai le faire aimer d’une multitude d’âmes qui le béniront éternellement.  »

Aurions-nous oublié de confier une commission  ?

«  Vos commissions pour le Ciel  ? Mais je les devine  ! et puis vous n’aurez qu’à me les dire tout bas, je vous entendrai et porterai fidèlement vos messages au Seigneur, à notre Mère Immaculée, aux anges, aux saints que vous aimez.  » Ainsi soit-il  !

frère Bruno de Jésus-Marie.