La Contre-Réforme catholique au XXIe siècle
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La Contre-Réforme Catholique au XXIe siècle

IL EST RESSUSCITÉ !

N° 155 – Septembre 2015

Rédaction : Frère Bruno Bonnet-Eymard


JEANNE, RAPPELLE-TOI !

Sainte Jeanne d'Arc

AUJOURD’HUI, il y a grande pitié au royaume de France, plus que sous la botte des Anglais jadis, celle des Allemands naguère. Notre patrie est l’otage de démons sortis de l’enfer. Et pourtant, elle reste le royaume de Jésus et de Marie, tout comme l’Église, en dépit d’un Concile adultère, reste indéfectiblement l’Épouse de Jésus-Christ.

L’abbé de Nantes, notre Père, a comparé l’Alliance du roi Jésus avec la France à celle de Yahweh-Dieu avec Israël. Et le saint sacre de Charles VII à Reims, succédant à celui de Clovis, à celui de David oint par Samuel à Bethléem.

La comparaison vaut dans les deux sens  : Israël c’est l’Église, et le sacre du pape François, le 19 mars 2013, succédant à des papes prévaricateurs, est semblable à celui de Charles VII succédant à Charles VI, le roi fou… La ressemblance va très loin.

L’Alliance du Christ et de l’Église est éternelle. Elle n’a pas été rompue, pas même par Paul VI, Jean-Paul II, Benoît XVI, parce que Dieu est fidèle.

Et François révère ses prédécesseurs comme David révérait Saül, et Jeanne Charles VII, même lorsqu’il l’abandonnait à ses ennemis.

Le 24 mai 1431, le dominicain Guillaume Érard adressa à Jeanne, au cimetière Saint-Ouen, «  un prêche long et pompeux  » pour lui faire abjurer ses Voix et toute sa mission, sous peine d’être brûlée.

Face à la meute des conjurés qui faisaient chorus, notre sainte, nullement terrorisée, restait ferme, soutenue par saint Michel, sainte Catherine et sainte Marguerite, comme jadis au milieu des combats  :

«  Mes voix me dirent, pendant que le prêcheur parlait  : “ Réponds-lui hardiment, à ce prêcheur  ! ”  »

Érard insultait sans retenue Charles et Jeanne  : «  Ah  ! France, que tu fus abusée, toi la nation très chrétienne  ! Charles qui se dit ton roi n’est qu’un hérétique, un schismatique, pour avoir donné sa foi aux paroles d’une femme de bas étage, perdue de réputation, déshonorée. Que dis-je Charles  ? Et tout son clergé par lequel elle a été examinée, comme elle dit, sans avoir été reprise

«  Noble maison de France, immaculée jusqu’ici, quelle pitié de voir où tu en es  !  »

Ainsi parlent aujourd’hui de l’Église catholique romaine, les schismatiques  !

«  Noble maison de France, tu n’avais jamais produit de monstres  : en voici un  ! Celui qui se prétend ton roy, et qui entend recouvrer son royaume par cette sorcière hérétique  ! Maison de France, te voilà infâme  !  »

Voyant Jeanne si peu terrorisée, Érard l’interpella violemment, le doigt pointé vers elle  :

«  C’est à toi, Jeanne, à qui je parle, et te dis que ton roy est hérétique et schismatique.

– Par ma foi, sire, révérence gardée, j’ose bien vous le dire et jurer sous peine de ma vie que c’est le plus noble chrétien de tous les chrétiens, et qui aime le mieux la foi de l’Église, et n’est point tel que vous dites.  »

Tel est le seul “ serment ” que Jeanne prononça ce 24 mai 1431, souligne sœur Hélène, à la suite de Charles ­Boulanger qui a fait justice de la prétendue “ abjuration du cimetière Saint-Ouen ”.

PIERRE EST DE RETOUR

Mes bien chers frères, il nous faut renouveler aujourd’hui ce “ serment ” en faveur de notre pape François qui ne s’occupe pas de nous, pas plus que Charles VII ne s’occupait de délivrer Jeanne, mais qui n’en est pas moins, j’ose bien vous le dire et sous peine de ma vie (éternelle  !), que c’est le plus noble pontife de tous les pontifes que nous avons connus depuis cinquante ans, et qui aime le mieux la foi de l’Église, et n’est point tel que le disent ses détracteurs, tant intégristes que modernistes et progressistes, ou prétendus “ traditionalistes ”.

Pour s’en convaincre, il suffit d’écouter ses «  prêches  », homélies quotidiennes, catéchèses du mercredi, Angélus. Par exemple, celui de l’Assomption, 15 août dernier, place Saint-Pierre  :

«  À la fin de sa vie terrestre, a dit le pape ­François, la mère du Christ est montée en son âme et en son corps au Ciel, dans la gloire de la vie éternelle, dans la pleine communion avec Dieu.  »

Et de citer le Magnificat où Marie exprime sa «  pleine conscience  » de voir s’accomplir en elle «  toute l’attente de son peuple  ».

Par ces quelques mots, le pape François réparait les paroles de son prédécesseur “ émérite ”, affirmant que «  parler d’ascension au ciel ou de descente aux enfers, reflète, aux yeux de notre génération éveillée à la critique par Bultmann [le protestant], cette image du monde à trois étages que nous appelons mythique et que nous considérons comme définitivement périmée […]. On ne saurait plus, au fond, parler de “ haut ” et de “ bas ” ou de “ gauche ” et de “ droite ”; le cosmos ne nous donne plus de directions fixes.  »

Pour faire voler en éclats cette «  quincaillerie pseudo-scientifique  », il suffisait à Georges de Nantes, notre Père, de poser une question  : «  La pesanteur a-t-elle disparu  ?  »

Et à l’hérésie formelle du pape Ratzinger, abjurant ce qu’il appelait «   cette conception d’un monde à trois étages  » qui avait fourni «   les images par lesquelles la foi s’est représenté ses mystères  », notre Père opposa une foi catholique, apostolique et romaine sans faille. Contre le concile Vatican II qui avait ouvert l’Église à l’invasion de cette hérésie parmi tant d’autres, en application des directives de Jean XXIII affirmant que “ autre est le dépôt lui-même de la foi et autre est la forme sous laquelle ses vérités sont énoncées  ».

Vraiment  ? «  Je croirai Ratzinger le jour où, place Saint-Pierre, aux yeux de ses trente collaborateurs du Saint-Office, il… tombera dans le ciel et disparaîtra dans un nuage, prouvant ainsi que “ le haut et le bas ” sont des conceptions fallacieuses, dépassées, et responsables de la foi stupide de l’Église depuis deux mille ans au miracle réel de l’Ascension [et de l’Assomption] et à son mystère divin signifié par ce miracle même  », réaffirmé aujourd’hui par notre Saint-Père le pape François.

À l’exemple des saintes Jeanne et Thérèse, sœurs jumelles, pour ainsi dire, nous n’abjurerons pas plus notre religion royale et notre foi en la vocation divine de la France, aujourd’hui aux mains des diaboliques, que nous n’abjurerons notre foi indéfectible en l’Église catholique romaine, épouse de Jésus-Christ dont le pape François est lieutenant.

Telle est notre foi en la “ fidélité ” de Dieu à sa propre parole, à son propre Cœur, et en la toute-puissante grâce de Dieu en Jésus et la Vierge Marie, par sainte Jeanne d’Arc, sainte Thérèse, Mesdames Catherine et Marguerite, et “ Monsieur saint Michel ”. Sachant qu’il nous appartient, avec le secours du Cœur Immaculé de Marie, «  de prier, de contempler et aimer le cœur très unique de Jésus et de Marie, comme nous y exhortait notre Père, afin que leurs volontés se fassent selon leurs décisions, à l’heure qu’ils veulent, par les moyens qu’ils veulent, nous autres n’ayant qu’une place de serviteurs bien humbles et de victimes si Dieu accepte que nous partagions le sacrifice des saints pour le salut de la France et de l’Église.  »

C’était le 30 mai 1996, à la veille des événements dramatiques qui allaient conduire notre Père sur cette voie où il nous attire maintenant du haut du Ciel où son âme a rejoint Jeanne et ­Thérèse, en attente de la résurrection. Ainsi soit-il  !

frère Bruno de Jésus-Marie.