La Contre-Réforme catholique au XXIe siècle
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La Contre-Réforme Catholique au XXIe siècle

IL EST RESSUSCITÉ !

N° 156 – Octobre 2015

Rédaction : Frère Bruno Bonnet-Eymard


C’EST SŒUR LUCIE
QU’IL FAUT CANONISER !

AVEC le Jubilé de la Miséricorde, du 8 décembre 2015 au 20 novembre 2016, le Pape offre aux pécheurs que nous sommes «  l’opportunité d’une grande amnistie, destinée à toucher de nombreuses personnes qui, bien que méritant une peine, ont toutefois pris conscience de l’injustice qu’elles ont commise, et désirent sincèrement s’insérer à nouveau dans la société en apportant leur contribution honnête. Qu’à toutes ces personnes parvienne de façon concrète la miséricorde du Père qui désire être proche de ceux qui ont le plus besoin de son pardon.  » (Lettre à Mgr Rino Fisichella, président du conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation).

Le pape François exprime par ces paroles le même souci que Notre-Dame dans la prière qu’elle nous a apprise le 13 juillet 1917  :

«  Entre les dizaines, dites  : “ Ô mon Jésus, pardonnez-nous, ­sauvez-nous du feu de l’enfer, attirez au Ciel toutes les âmes, surtout celles qui en ont le plus besoin.  »

Par exemple, ceux qui ont collaboré d’une manière ou d’une autre à un avortement. Un péché dont l’absolution est réservée aux évêques  ; le Pape étend à tous les prêtres, y compris ceux de la Fraternité-Saint-Pie-X, le pouvoir d’absoudre ce péché.

À vrai dire, il y aura bientôt cent ans que la «  grâce  » et la «  miséricorde  » coulent sur «  les âmes qui s’approchent de Dieu  » moyennant la dévotion au Cœur Immaculé de Marie que Dieu veut établir dans le monde par l’obéissance du Pape à ses deux demandes  :

1° «  Qu’il daigne faire, et ordonne aux évêques du monde catholique de faire également, un acte solennel et public de réparation et de consécration de la Russie aux très Saints Cœurs de Jésus et de Marie […].

2° «  D’approuver et de recommander la pratique de la dévotion réparatrice  » des premiers samedis du mois (Lettre de Lucie au Père Gonçalves, mai 1930).

Or, le grand obstacle qui s’oppose à l’obéissance du Pape François aux demandes de Notre-Dame dont dépendent la paix en ce monde, et le salut des âmes en l’autre, est l’attitude de ses prédécesseurs dont il se veut le fidèle continuateur puisqu’il les canonise  !

LA VÉRITÉ EN FACE

Du vivant même de sœur Lucie, Georges de Nantes, notre Père, écrivait  :

«  Ce sont les Papes qui n’ont pas voulu, qui ne veulent toujours pas obéir à la Reine du Ciel, à Marie au Cœur Immaculé, et qui chambrent sa messagère depuis trente ans et plus dans son carmel de Coïmbre pour l’empêcher de parler et faire croire à des mensonges, afin que toutes communications soient coupées ou interceptées et falsifiées entre le Ciel et nous, touchant l’orthodromie de l’histoire universelle. Or, sur ce stalinisme romain, auprès duquel celui de Moscou n’était que petite bière, personne ne trouve rien à redire.  » (CRC n° 309, janvier 1995, p. 36)

LE POIDS DE L’APOSTASIE ET SON REMÈDE.

Il pèse encore sur le pape François, l’empêchant de voir ce que le cardinal Luciani, futur Jean-Paul Ier, avait parfaitement discerné dans son entretien avec sœur Lucie  : la sainteté de cette religieuse, l’héroïcité de toutes ses vertus, particulièrement des vertus théologales de Foi, d’Espérance et de Charité, qui embrasaient son âme à force de répéter la prière de l’Ange toute sa longue vie durant  :

«  Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et je vous aime  ; je vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas, qui n’adorent pas, qui n’espèrent pas, qui ne vous aiment pas.  »

Jeune pensionnaire à l’Asilo de Vilar, elle l’enseigne à une amie intime sans lui en dévoiler l’origine puisqu’elle n’avait pas la permission de parler de Fatima. Cette amie était d’ailleurs intriguée par un petit papier qu’elle conservait dans son livre de piété, et sur lequel elle avait écrit de mystérieuses initiales, celle des mots qui composent cette prière.

Mgr Venancio disait, lors du cinquantenaire des apparitions  : «  Le message de Fatima renferme un contenu doctrinal si vaste qu’aucun des thèmes fondamentaux de la foi chrétienne ne lui manque. On cherche aujourd’hui [en 1967, deux ans après la clôture du Concile !] avec raison [sic !], de nouvelles méthodes pour une pastorale vivante et efficace [!]. Mais, permettez-moi de le dire, rien n’est plus efficace que de montrer comment tout le dogme catholique se trouve au fondement du Message qui nous a été confié à Fatima. Destiné par son contenu au monde entier, il traduit le dogme et le met sous nos yeux d’une manière concrète et impressionnante.  »

En deux paroles  :

«  Je suis du Ciel.  » (13 mai 1917)

«  Vous avez vu l’Enfer où tombent les pauvres pécheurs.  » (13 juillet 1917)

Tout est dit, tout ce qui est nécessaire au salut qui consiste à éviter l’enfer et aller au Ciel  !

Quant à Mgr do Amaral, il affirmait, dix ans après la clôture du Concile  : «  S’il n’y a pas d’article du Credo qui ne soit mis en cause aujourd’hui, il n’y pas de vérité de foi qui ne soit affirmée à Fatima.  »

«  L’ÉCHO DE LA VOIX DE DIEU  ».

Dans une série d’articles, sous le titre “ Lumière dans la nuit ”, j’ai montré naguère que l’ouvrage de sœur Lucie, publié sous le titre Les appels du message de Fatima, est un catéchisme complet que nous pourrions intituler  : “ Le Cœur Immaculé de Marie, chemin de divinisation ”.

Dans son manuscrit, sœur Lucie avait titré “ La transmission du message de Notre-Dame aux pèlerins de Fatima ”, et expliqué  :

«  Je vous prie de ne pas considérer cette transmission du message comme une chose qui m’est propre mais qu’elle soit pour vous l’écho de la voix de Dieu et que, animés de bonne volonté, nous nous efforcions tous de suivre avec fidélité le chemin qu’elle nous trace.  »

Ces lignes montrent que sœur Lucie se sait investie d’un magistère universel, qui repose sur des faits historiques bien établis, reconnus par l’autorité de l’Église  : les apparitions et enseignements de l’Ange et de Notre-Dame à Fatima. Sœur Lucie ne craint pas de se comparer à Abraham, comme «  une bénédiction  » pour «  toutes les familles de la terre  » (Gn 12, 3) médiatrice d’une alliance de «  grâce  » et de «  miséricorde  » en faveur des âmes qui «  s’approchent de Dieu  », par la dévotion au Cœur Immaculé de Marie que Dieu veut établir dans le monde.

LA DÉVOTION AU CŒUR IMMACULÉ DE MARIE.

Lucie est la première à bénéficier de cette grâce  : elle nous montre le chemin. «  Le chemin qui conduit jusqu’à Dieu  », selon la promesse de Notre-Dame (13 juin), est ce Cœur Immaculé. Dès la première apparition, le 13 mai, «  Notre-Dame nous communiqua, comme par un reflet qui émanait d’Elle, une lumière si intense que, pénétrant notre cœur et jusqu’au plus profond de notre âme, elle nous faisait nous voir nous-mêmes en Dieu qui était cette lumière, plus clairement que nous nous voyons dans le meilleur des miroirs.  » (Mémoires )

Cette dévotion est un “ Appel à la sainteté ” adressé d’abord aux âmes consacrées à la vie religieuse par les vœux de chasteté, de pauvreté et d’obéissance  :

«  S’il y a eu don total, écrit sœur Lucie dans son livre “ Les appels du message de Fatima ”, la rencontre avec Dieu devient permanente et familière. L’âme traite alors avec le ­Seigneur comme avec un ami ou un père qu’elle trouve toujours à sa disposition. Elle lui communique ses désirs, ses aspirations, son idéal et ses difficultés.

«  C’est dans cette intimité que Dieu se donne à l’âme et la sanctifie  ; et celle-ci se rend compte de la présence de Dieu en elle, elle sent Dieu comme étant son temple et le lieu de sa demeure  ; aussi elle s’y réfugie à tout moment et tous les jours de sa vie. Et même lorsque la présence de Dieu ne se fait pas sentir, l’âme peut plonger dans son Être immense et s’abandonner entre ses bras de Père. Par la foi, elle sait qu’Il l’écoute et la conduit sur les chemins que son bon plaisir a choisi pour elle. Unie au Christ, elle offre à Dieu son sacrifice, conformément à la doctrine de l’Apôtre que j’aime tant, et qui dit  : “ Par lui, offrons à Dieu un sacrifice de louange en tout temps, c’est-à-dire le fruit de lèvres qui confessent son nom. Quant à la bienfaisance et à la mise en commun des ressources, ne les oubliez pas, car c’est à de tels sacrifices que Dieu prend plaisir. ” (He 13, 15-16)  »

Voilà qui converge avec le souci présent de notre saint pape François et avec son amour des pauvres.

Sœur Lucie continue  : «  Mais malheureusement, il faut reconnaître que peu de personnes parviennent à une union aussi intime avec Dieu. En effet, les tentations diaboliques pénètrent même dans les cloîtres et parviennent à détourner les âmes de cette aspiration unique qui les avait poussées à se détacher de tant de choses.

«  Puis le tentateur parvient à les obséder avec de tristes ambitions  : des honneurs, des charges, des places avantageuses, à tel point que si elles ne les obtiennent pas, il leur semble que c’est la fin du monde  ! Et il faut les y mettre… pour les tenir tranquilles  ! Triste tranquillité que celle des chaînes de l’orgueil, de la vanité et de je ne sais quoi encore, qui sont la plaie des monastères et des maisons religieuses  !

«  C’est avec ces chaînes que le démon trompe tant de gens  ! L’Imitation de Jésus-Christ l’avait déjà dit et sainte Thérèse de Jésus l’a répété. Alors, que faire  ? Le démon ne désarme pas parce que c’est le champ où il moissonne.  »

Au moins sainte Thérèse avait-elle ramené le Carmel à sa ferveur première, à sa «  stricte observance  ». Tandis que le concile Vatican II a donné le champ libre au démon dans l’Église pour semer la ruine dans les monastères en mettant «  l’homme  », derrière lequel se cache Satan, à la place de Dieu.

Mais voici le remède  :

«  C’est pourquoi Jésus-Christ nous a fait cette recommandation  : “ Celui qui voudra être le premier d’entre vous, se fera votre esclave. C’est ainsi que le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon. ” (Mt 20, 27-28)  »

C’est bien sur ce chemin que le pape François cherche à entraîner non seulement les âmes consacrées, mais toute l’Église. Que ne nous donne-t-il sœur Lucie pour modèle en la canonisant  ?

Celle-ci poursuit à la lumière de sa propre expérience  :

«  Les âmes qui savent vaincre leurs tentations plongent dans l’Être immense de Dieu, comme dans un océan de grâce, de force, d’amour. Elles pénètrent les secrets divins avec une extrême clarté, et elles en ont l’intelligence, quoiqu’elles ne puissent les comprendre entièrement. Dieu se révèle à ces âmes avec une certaine complaisance et il leur communique la connaissance d’une part de Lui-même, à des degrés différents, selon la capacité qu’il donne à chaque âme pour atteindre l’essence de l’Être divin. L’âme s’identifie alors avec la sainteté de Dieu, dans la mesure de la générosité avec laquelle elle se livre, et Dieu la prend avec Lui et l’enrichit de ses dons.  »

Ce texte montre que sœur Lucie vivait en toute vérité l’union à Dieu promise aux dévots du Cœur Immaculé de Marie. Mais le pape François est empêché de la canoniser par l’incrédulité de ses prédécesseurs, surtout celle de Jean-Paul II.

L’INCRÉDULITÉ MODERNISTE DE JEAN-PAUL II.

Sœur Angela de Fatima Coelho, de la congrégation de l’Alliance de Sainte-Marie, nouvelle vice-postulatrice de la cause de béatification de sœur Lucie depuis le 8 septembre 2014, disait récemment à l’un de nos amis phalangistes  : «  Le procès a peu de chances d’être terminé pour une béatification en 2017. Les gens espèrent une échéance rapide, comme pour Jean-Paul II. Mais ce cas-là était spécial  : l’homme était spécial, la situation était spéciale.  »

Tellement «  spécial  » que les accusations d’hérésie, de schisme et de scandale, portées publiquement contre lui par Georges de Nantes, notre Père, n’ont pu être évoquées. Autant dire qu’il n’y a eu ni «  procès  » ni jugement. Seulement un oukase, un décret absolument arbitraire, déclarant «  bienheureux  » un Pape qui a fait le malheur de l’Église et l’a laissée «  à moitié en ruine  ».

Et qui maintenant fait obstacle à la canonisation de la plus grande sainte du vingtième siècle, reconnue pour telle par le pape Jean-Paul Ier.

C’est tellement évident que «  quand je suis devenue vice-postulatrice de sa cause, explique sœur Angela Coelho, j’ai mis la pression pour urger son procès. Maintenant, j’ai changé. Il faut faire les choses bien et d’une manière approfondie.

– Y a-t-il des difficultés ou des obstacles qui bloquent l’avancement de sa cause  ? demande notre ami phalangiste.

 Non, si ce n’est la quantité des écrits à examiner, ce qui rend le cours des choses très lent  : plus de dix mille lettres ainsi que les centaines de pages de son Diario, journal. Le moindre écrit doit être examiné pour vérifier l’héroïcité des vertus et s’assurer qu’on n’y trouve rien contre la foi.  »

Ah, bon  ! Et le fait est qu’on y trouve effectivement des erreurs contre la foi  ! Mais elles sont de la plume du censeur romain qui a «  corrigé  » son texte dans un sens moderniste  !

Par exemple ceci  :

«  Les Évangiles sont nés du récit des témoins, récit qu’ils avaient raconté lorsqu’ils fondèrent et visitèrent les communautés chrétiennes et qui, après leur départ, avait été gardé dans la mémoire de la communauté où l’Évangéliste le recueillit, naturellement avec les détails qu’il y trouvait.  » (Apelos da Messagem de Fatima, p. 293)

Cette manière de présenter les Évangiles, typiquement moderniste, n’est pas de la plume de sœur Lucie, comme nous avons pu nous-mêmes le constater. Elle a été interpolée par son censeur romain, le Père Castellano, qui a corrigé son texte «  sous l’autorité directe de Jean-Paul II  », déclarait le Père Kondor au frère François.

La vérité est que les Évangélistes Matthieu et Jean furent les témoins oculaires des événements qu’ils rapportent. Quant à Marc, il est le compagnon et secrétaire de Pierre, rapporteur fidèle du témoignage du Prince des Apôtres.

Saint Luc est le seul à répondre à la description du Père Castellano  : enquêteur et rapporteur exact des récits de témoins vivants, il se réfère explicitement et à deux reprises, non pas à «  la mémoire de la communauté  », mais à celle de Marie qui «  conservait avec soin toutes ces choses, les méditant en son Cœur.  » (Lc 2, 19 et 51)

Cette variété des témoignages évangéliques est précisément ce qui leur donne leur valeur, comme sœur Lucie s’est attachée à le montrer en méditant sur les apparitions de Notre-Seigneur ressuscité  :

«  Les détails avec lesquels chaque Évangéliste raconte le même fait, sont merveilleux  ! C’est que chacun, au moment de le décrire, des années après qu’il a eu lieu, le raconte avec des particularités qui, sur le moment, se sont le plus gravées dans son esprit. C’est naturel. Lorsque plusieurs personnes assistent à un événement, le récit qu’elles en font ensuite contient des détails qui ont le plus frappé chacune d’elles  ; bien plus, quand une même personne raconte le même fait en plusieurs occasions, elle le relate avec des détails différents, parce que nous n’avons pas tout présent à la mémoire en même temps  : on se souvient tantôt de certains détails, tantôt d’autres.

«  Et cela est une preuve supplémentaire de la véracité de l’événement. Parce que nous ne sommes pas devant quelque chose de fabriqué en vue d’être rapporté mathématiquement, toujours avec les mêmes mots, points et virgules, mais nous sommes bien devant un événement auquel des témoins ont assisté.  » (Premier cahier du manuscrit, p. 372)

Encore un exemple  ?

Commentant les paroles de Jésus à Nicodème, sœur Lucie écrit  : «  Jésus-Christ nous dit ici le motif de notre espérance.  » (Premier cahier, p. 66)

Version publiée  : «  Le texte sacré nous dit ici…  »

Ce n’est plus Jésus-Christ en personne, mais “ le texte ” élaboré par la communauté, qui nous dit «  le motif de notre espérance…  » Ça change tout  !

C’est bien de Rome que le modernisme s’est répandu dans toute l’Église, à la faveur du concile Vatican II. Et si le dogme de la foi s’est conservé au Portugal, selon la promesse de Notre-Dame, ce fut d’abord dans l’âme prédestinée de sœur Lucie, favorisée des manifestations célestes de la Vierge Immaculée et de son Ange précurseur, en vue de la mission qu’elle aurait à remplir avec ses bienheureux cousin et cousine, François et Jacinthe, pour le salut du monde.

C’est à ces événements de Fatima qu’en toutes occasions, le pape Jean-Paul II manifesta non seulement scepticisme, et même ignorance, mais encore une véritable hostilité. Dans son Livre d’accusation, Georges de Nantes, notre Père, a parfaitement démasqué ce parti pris.

 ENTRE JEAN-PAUL II ET SŒUR LUCIE, IL FAUT CHOISIR

«  Lors de votre passage à Fatima entre le 12 et le 13 mai 1982, écrit l’abbé de Nantes s’adressant à Jean-Paul II, vous avez témoigné, dans vos discours, je ne dis pas de la même incrédulité mais de la même répulsion à croire et à entendre le signe et les paroles célestes de Fatima. L’événement lui-même y est minimisé, défiguré et incompris ou plutôt méconnu.

«  Les preuves  ? Elles montrent malice plus qu’ignorance. Fatima est un sanctuaire parmi d’autres. Comme Lourdes, Jasna Gora, bien sûr  ! et “ tant d’autres sanctuaires mariaux dispersés de par le monde ”  !

«  Les événements historiques sont réduits à presque rien. Ce n’est pas réellement la très Sainte Vierge qui est apparue, toutes vos expressions bizarres le laissent entendre  : “ Les paroles du message ont été adressées… Dans les paroles de Fatima… La Dame du Message, la Dame de Fatima... ” Un incrédule hypocrite, un moderniste, ne parlerait pas autrement. Un dévot de Marie  ? Jamais  ! Il dirait plutôt carrément  : je n’y crois pas  ! Mais, croyant, il aurait un autre langage  !

«  Le message rendu impersonnel perd, sur vos lèvres, toute autorité et toute urgence, pour devenir d’une sinistre, oui, banalité  : “ Il invite à la pénitence. Il avertit. Il appelle à la prière. Il recommande le Rosaire ”, etc.

«  Pas une seule phrase de Notre-Dame n’est citée par vous littéralement et complètement. Vous ne faites aucune allusion aux apparitions de l’Ange, de fort vagues à celles de la Vierge Marie, mais aucune aux nouvelles et si importantes apparitions de Tuy et de Pontevedra.  »

LA DÉVOTION RÉPARATRICE COMBATTUE.

La dévotion demandée à Fatima est réparatrice. «  Encore une notion que vous ignorez habituellement, et donc que vous méprisez, puisque cette ignorance ne peut être qu’affectée. La prière de l’Ange commence bien comme vous l’avez vous-même citée, je ne dis pas “ récitée ”, lors de votre pèlerinage  : “ Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et je vous aime ”, mais elle continue, et c’est plus important encore, et caractéristique de la religion catholique ré-enseignée à Fatima pour notre siècle  : “ Je vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas, qui n’adorent pas, qui n’espèrent pas, qui ne vous aiment pas. ”  » Cela le Pape ne l’avait pas cité.

«  Expiation qui va contre votre culte de l’homme, votre foi en l’homme, votre éloge de l’agnosticisme, de l’athéisme… Ici, ce seraient tous vos ouvrages et la plupart de vos homélies, encycliques même, qui seraient, qui seront à mettre à l’Index comme contraires aux dogmes catholiques réaffirmés par la Vierge révélatrice.  » (p. 126-127)

Assurément, Jean-Paul II réprouvait la dévotion réparatrice. Lors de sa Salutation à la Capelinha, le 12 mai 1982, en citant la prière enseignée par Notre-Dame le 13 juillet 1917, il dit bien  : «  en réparation des péchés  », mais il omit  : «  commis contre le Cœur Immaculé de Marie  ».

Le Pape persista dans son hostilité à cette dévotion jusqu’à la fin de son pontificat. Dans l’homélie de béatification de Francisco et de Jacinta, le 13 mai 2000, il censura les paroles des voyants et de Notre-Dame elle-même.

Ainsi, il déclara  : «  La très Sainte Vierge se dit prête à les conduire, en toute sécurité, jusqu’à Dieu  », alors que les paroles authentiques, adressées à la seule Lucie, sont les suivantes  :

«  Mon Cœur Immaculé sera ton refuge et le chemin qui te conduira jusqu’à Dieu.  »

De nouveau, racontant une des apparitions de Notre-Dame à Jacinthe, le Pape ne citait qu’en partie les propos de la plus jeune des voyantes  : «  La très Sainte Vierge est venue nous voir et nous a dit que, très bientôt, elle viendrait prendre Francisco pour l’emmener au Ciel. Elle m’a demandé si je voulais convertir encore davantage de pécheurs. Je lui ai dit  : Oui.  » Il omit la suite  : «  Elle m’a dit que j’irais à l’hôpital et que là je souffrirais beaucoup; que je souffrirais pour la conversion des pécheurs, en réparation des péchés commis contre le Cœur Immaculé de Marie, et pour l’amour de Jésus.  » Et encore dans le récit du dernier entretien de François avec sa sœur, on constate que la mention du Cœur Immaculé est omise  ! systématiquement  !

Notre Père aurait pu reprendre mot pour mot ce qu’il avait écrit au Pape après son premier voyage à Fatima  : «  Il suffit d’écouter votre discours du 13 mai pour comprendre l’abîme qui sépare vos œuvres de celles que demande le Ciel, et qui vous sépare, très Saint-Père, de notre Mère Immaculée, Notre-Dame de Fatima.  »

Il précisait  : «  Votre défiguration du Dieu de colère en un Dieu d’amour inconditionnel, de la Vierge Marie en “ la Mère ” (sic) inconditionnelle de tous les peuples, de l’Homme en malheureux trop cruellement éprouvé par des forces auxquelles il est naturellement soumis, et comme malgré Dieu  ! malgré ses propres mérites et vertus, dans ce style gnostique qui vous est coutumier, achève de faire de vous un ennemi de la Sainte Vierge. Qui la blesse au talon.  » (Liber accusationis secundus, p. 131)

La religion de sœur Lucie était tellement étrangère et même contraire à la gnose de Jean-Paul II qu’elle ne pouvait croire que celui-ci avait organisé une réunion interreligieuse à Assise le 27 octobre 1986  : si le Pape avait participé à «  des cultes païens et à des cérémonies initiatiques  », il aurait manqué à «  la mission que le Christ lui a confiée  », écrivait-elle dans un texte inédit, daté du 9 octobre 1987. Or, une telle défaillance du Saint-Père lui paraissait inconcevable.

Il n’empêche que cette réunion interreligieuse a eu lieu, et des centaines de millions de téléspectateurs ont vu le Pape inviter les Amérindiens à fumer le calumet de la paix et crier “ Manitou  ! Manitou  ! ” pour obtenir du “ Grand Esprit ” des Peaux-Rouges la paix.

Notre Père remarquait  :

«  La réunion idolâtrique d’Assise, pour obtenir des dieux des païens, qui sont des démons (Ps 96, 5), la paix que Dieu seul donne, dont Jésus-Christ seul a la disposition et qu’Il ne veut faire régner sur terre qu’à la demande et pour l’honneur du Cœur Immaculé de sa sainte Mère, doit s’entendre comme un mépris et un refus de l’ultime moyen de salut que, dans sa miséricorde infinie, Dieu donnait à son Église. On y a donc consommé le péché contre le Saint-Esprit, le péché irrémissible, qui ne sera pardonné ni en ce monde ni en l’autre, disait Notre-Seigneur.

«  Assise n’est pas le commencement d’une immense, d’une immanquable espérance, comme prophétisait le cardinal Lustiger à la télévision française le soir même. Assise, c’est la consommation du péché d’apostasie, expressément signifiée par cette expulsion de Notre-Dame de Fatima, notre dernier recours.  »

En effet, le 27 octobre 1986 une statue de Notre-Dame de Fatima, portée en procession par des pèlerins calabrais, s’était fait refouler des sanctuaires d’Assise par le service d’ordre.

L’ampleur de l’apostasie était sans précédent  : «  Le Vicaire de Jésus-Christ supprime toute messe à Assise, le 27 octobre, je dis bien  : il oublie la messe, il ne célèbre pas la messe, il exclut la messe de toute cette journée consacrée à l’essentiel, qui est la prière à tous les dieux du monde pour la paix, selon tous les rites des païens, des juifs, des musulmans, et selon le rite œcuménique d’une réunion de prières protestante à laquelle participèrent le Pape et les cardinaux… L’insupportable est dépassé.  »

Notre Père aurait pu citer sœur Lucie  :

«  Dieu nous a commandé de l’adorer, et de n’adorer que Lui seul, pour que nous n’allions pas adorer de fausses divinités qui ne sont rien, ne valent rien et ne peuvent rien faire pour nous.  » (La transmission du message, Premier cahier, p. 126)

«  L’Église s’est si bien transportée de son lieu en terre étrangère, qu’elle y a abandonné son Dieu, son Médiateur et sa Médiatrice, pour les sorciers, les gourous, les muftis, les rabbins des religions du monde et le bal costumé de leurs faux dieux et déesses.  » (CRC n° 228, décembre 1986, p. 12 et 16)

SŒUR LUCIE ET LE CARDINAL RATZINGER.

Notre Père avait prévu et organisé de longue date un pèlerinage à Fatima les 12 et 13 octobre 1996. Il avait voulu en faire pour notre Communion phalangiste une «  Croisade en ce sens-là, bien précis, d’un voyage en ce lieu béni, inspiré par la seule pensée que là-bas est un point de ralliement sûr et certain, des fidèles catholiques, en vue de rappeler au Ciel qu’on n’oublie pas sur la terre ce qu’Il a daigné nous révéler et nous demander de faire et d’espérer, comme aussi, de rappeler à la terre que les avertissements du Ciel sont toujours actuels, et qu’il devient très urgent de leur donner les suites qui conviennent.

«  Oui, Croisade  ! parce qu’un tel rappel devient de plus en plus obsolète, jugé indécent, insolent, et pourquoi pas  ? interdit par les autorités romaines et suspect aux pouvoirs laïcs, despotiques.  » (CRC n° 312, mai 1995, p. 1)

Or, ce fut le cardinal Ratzinger, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, qui présida les cérémonies du pèlerinage de Fatima les 12 et 13 octobre 1996.

Une de nos fortes impressions, notait frère Pierre, fut «  celle du mépris du message de Fatima par les autorités religieuses, dont le cardinal Ratzinger dépêché là de Rome. Il lui fallait étouffer immédiatement l’intérêt pour le troisième Secret et la pastorale divine dictée par le Cœur Immaculé pour le monde de ce temps, que la présence “ des gens à de Nantes ” aurait pu raviver… Ce spectacle du deuxième personnage de l’Église, dont la fonction est de veiller à l’intégrité de la foi catholique, trônant à Fatima sans prononcer un seul mot du message ni faire la moindre allusion aux événements du 13 octobre 1917, avait quelque chose d’infiniment poignant, angoissant.  »

Au cours d’un entretien accordé à la journaliste portugaise Aura Miguel, le cardinal se montra fermé aux révélations de la Vierge de Fatima. Il en prit même le contre-pied en affirmant qu’il fallait «  ramener la dévotion mariale à l’essentiel, aux choses réellement importantes  », c’est-à-dire «  à l’amour du Fils  ».

De surcroît, il récusait la «  prophétie  » concernant la Russie car «  Notre-Dame, disait-il, n’intervient pas dans l’actualité politique  ».

Les actes et les gestes du cardinal confirmaient ce que l’abbé Georges de Nantes, notre Père, avait entrevu dès 1985  :

«  Je crains que vous-même, intoxiqué par les diaboliques critiques du doux Père Dhanis, consulteur au Saint-Office et qui fut parmi les juges de mon procès de 1968  ! vous ne vouliez pas donner foi au message de salut puisque vous ne faites aucune mention des demandes du Ciel qui en sont l’essentiel, ces demandes auxquelles est subordonnée la grâce divine sur notre monde en détresse  : conversion de la Russie  ! paix  ! règne universel du Cœur Immaculé de Marie et, donné par lui au monde une nouvelle fois, du Cœur Sacré de notre divin Sauveur et Roi Jésus  !  »

Le lendemain 14 octobre, le cardinal se rendit au carmel de Coïmbre. Il y rencontra la communauté des religieuses et les invita à donner leur témoignage sur Fatima. Puis il demanda à sœur Lucie de dire quelque chose. Celle-ci refusa, répondant qu’elle n’avait rien à dire.

Mais comme l’évêque de Coïmbre lui ordonnait de parler, elle affirma que «  le message de Fatima s’enracine dans la foi, l’espérance et l’amour  :

«  Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et je vous aime. Je vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas, qui n’adorent pas, qui n’espèrent pas, qui ne vous aiment pas.  »

On retrouve chez notre Père la même pensée dominante  :

«  Mon Dieu, je crois Et je vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas.

«  Voilà une première parole facile à dire  ? Non. Difficile. Et l’autre qui l’accompagne, plus difficile encore. Parce qu’elle implique de notre part un désaveu de ceux qui ne croient pas, une réprobation de leur incrédulité, un déni de leurs fausses raisons  : “ Père, pardonnez-leur parce qu’ils ne savent pas ce qu’ils font  ! ”

«  Évidemment, ils ne supportent pas cette humiliation. Mais leur salut à tous est à ce prix.

«  Qui sont-ils, ceux-là  ? Ils sont, au-dehors de la Sainte Église, des multitudes, des millions, des milliards. Mais ce ne sont pas eux qui ont le plus grand besoin qu’on implore de notre Dieu le pardon. Les plus coupables sont ceux qui, dans l’Église, ont substitué une idéologie, une gnose, une hérésie pour ne pas dire une apostasie à la pure clarté divine de la révélation de Jésus-Christ.  » (CRC n° 269, décembre 1990, p. 20)

LA VÉRITÉ INTERDITE

En dirigeant l’instruction du procès diocésain, sœur Angela Coelho a pris conscience que «  sœur Lucie est un personnage complexe  ». Elle l’expliquait à notre ami phalangiste le 25 juin dernier  :

«  Sœur Lucie était porteuse d’un message très lourd et la présence très importante de sa hiérarchie augmente encore la “ complexité de sa personnalité ”. Elle avait affaire à la supérieure du carmel, au supérieur général, à son évêque, à des cardinaux et au Pape lui-même. Je peux vous assurer que cela devait être difficile. Moi, rien qu’avec une supérieure et une supérieure générale, je trouve cela très difficile  ! Sœur Lucie était le lien entre le Ciel et ses supérieurs qui avaient chacun sa vision des choses.

– Sœur Lucie avait-elle une marge de manœuvre d’interprétation du message dont elle était porteuse  ? Pensez-vous qu’elle ait eu parfois à faire des choix, à dire des choses qui allaient à l’encontre de sa conscience, par obéissance à la hiérarchie  ?

– Ce n’était pas à elle d’interpréter le message. Cela est réservé au Pape. Donc, non, elle n’avait pas de marge d’interprétation. Quant à d’éventuels choix allant à l’encontre de sa conscience, évidemment, je ne peux pas tout vous dire, mais il me semble inconcevable qu’elle ait écrit ou dit des choses allant contre sa conscience.  »

Et contre la vérité  ?

OMISSIONS ET MENSONGES.

Devenue la cheville ouvrière du procès de béatification, sœur Angela Coelho ne pouvait demeurer indifférente à nos enquêtes, articles et ouvrages sur la voyante de Fatima.

Un mois après sa nomination, nous avons publié une critique très argumentée de la biographie “ officielle ” de sœur Lucie (Um caminho sob o olhar de Maria, éd. Carmelo, octobre 2013). Nous y relevions une série de falsifications, de contrevérités et de mensonges par omission (Complot contre la messagère du Ciel, Il est ressuscité n° 144, octobre 2014, p. 21-30).

Les voici en résumé  :

1. La perfidie de Dhanis… ignorée  ! Cette biographie ne contient aucune réfutation des théories modernistes du Père Dhanis et de ses émules, ravalant les récits de sœur Lucie au rang d’imaginations et affabulations. Le lecteur ne saura pas, en toute certitude, si sœur Lucie était, oui ou non, digne de foi. Cette question reste “ officiellement ” ouverte.

2. La dévotion réparatrice… omise  ! Rien n’est dit des démarches de sœur Lucie auprès de son évêque, Mgr da Silva, et des Papes pour obtenir l’approbation de la dévotion réparatrice des cinq premiers samedis du mois.

3. Promesses de paix… méconnues  ! Il n’est jamais rapporté que la paix du monde est liée à la pratique de cette dévotion.

4. Signes… oubliés  ! Pas une allusion au phénomène atmosphérique extraordinaire du 25 janvier 1938, pourtant identifiée par sœur Lucie comme la «  lumière inconnue  » annoncée dans le grand Secret du 13 juillet 1917. C’était le signe annonciateur de la Seconde Guerre mondiale et de toutes celles qui suivraient tant que les Papes successifs n’auront pas obéi aux désirs de Dieu, qui sont des ordres pour eux, non  ?

5. Avertissements prophétiques… passés sous silence. Contenus dans la correspondance de sœur Lucie, avec ses directeurs spirituels, les Pères Aparicio et Gonçalves, ils sont censurés. Quant à ses entretiens avec les Pères Lombardi, Fuentes et Pasquale, ils sont entièrement passés sous silence.

6. Consécration de la Russie… falsifiée  ! Cette demande, la plus importante pour établir dans le monde la dévotion au Cœur Immaculé de Marie, est traitée dans un chapitre trompeur où ses innombrables démarches pendant soixante-dix ans, pour communiquer cette requête aux Papes, sont occultées. L’on prétend, mensongèrement, que la consécration de la Russie a été faite, et bien faite, par Jean-Paul II le 25 mars 1984.

7. Son témoignage… travesti  ! On nous cache ce que sœur Lucie a affirmé clairement, pendant cinq ans, après cet «  acte d’offrande  » du monde du 25 mars 1984  : «  La consécration de la Russie n’a encore jamais été faite comme le veut Notre-Dame.  » On y substitue son témoignage falsifié, à partir de 1989, par des lettres apocryphes où il est affirmé que la consécration est faite.

8. Trompée par Jean-Paul II. On nous cite quelques lignes du livret “ Comment je vois le message ”, où sœur Lucie évoque une prétendue “ contrition de Gorbatchev ” devant le Pape… Nous l’avons démontré, c’est Jean-Paul II qui l’a lui-même fait croire à la voyante le 13 mai 1991. Menteur  !

9. “ Mon chemin ”… censuré  ! Le deuxième cahier de son récit autobiographique “ Mon chemin ”, et le troisième qui compte plus de 385 pages, ainsi que le quatrième ne sont presque jamais cités.

10. Sa réclusion… passée sous silence  ! Pas un mot sur les mesures prises par Pie XII puis Jean XXIII à la fin des années 1950 pour étouffer sa voix et la séquestrer derrière les grilles de son carmel. Donc, on ne saura rien de ses admirables sentiments intimes et de ses réactions héroïques alors que son «  sacrifice  » devenait «  sanglant  », selon sa propre expression.

11. Et la «  désorientation diabolique  »  ? Cette expression, qui revient si souvent dans sa correspondance après le concile Vatican II, n’est pas mentionnée une seule fois dans cette biographie.

12. Dévotions communautaires… refusées  ! Sœur Lucie désirait que le chapelet soit récité en communauté dans son carmel, et que la dévotion réparatrice des premiers samedis y soit pratiquée officiellement. Cela n’est pas dit… parce qu’elle n’a pu l’obtenir de son vivant.

13. Les pleurs de Notre-Dame… effacés  ! Stupéfiante omission  ! Pas une mention des pleurs de Notre-Dame dont sœur Lucie fut le témoin le 26 mai 2003, et qui rappellent que «  la Très Sainte Vierge est bien triste car personne ne fait cas de son message, ni les bons, ni les mauvais  », comme le disait la voyante au Père Fuentes.

LE RESPONSABLE

Certes, ce sont les carmélites de Coïmbre qui ont rédigé cette biographie, mais le premier responsable de ces omissions et falsifications, c’est le pape Jean-Paul II, dont elles avaient mission de préparer… la canonisation  !

C’est lui qui a repris dans sa prédication, lors de ses venues à Fatima, l’herméneutique moderniste du Père Dhanis et qui l’a, par le fait même, imposée à toute l’Église.

C’est lui qui a obstinément méprisé les signes extraordinaires accomplis par Notre-Dame, ses instantes demandes et ses merveilleuses promesses.

C’est lui qui a trompé sœur Lucie à maintes reprises. Lors de sa première rencontre, le 13 mai 1982, il lui promit de parler de la consécration de la Russie aux évêques lors du synode de 1983. Il n’en fit rien. Par la suite, il tenta de la persuader qu’il avait fait «  tout ce qu’il lui était possible de faire  »… et, finalement, il lui ordonna en 1989, par l’intermédiaire du cardinal Casaroli, secrétaire d’État, de désavouer ce qu’elle avait nettement affirmé concernant l’acte d’offrande du monde du 25 mars 1984, en disant dorénavant le contraire  !

Revenons à l’entretien avec sœur Angela Coelho. Notre ami lui dit  : «  Avant de venir au Portugal, j’ai rencontré un religieux, frère François de Marie des Anges, qui a écrit une biographie de la voyante de Fatima, Sœur Lucie, confidente du Cœur Immaculé de Marie (éd. CRC, 2014, 490 pages). Le connaissez-vous  ?

– Oui, je l’ai rencontré, il y a longtemps.  »

Très exactement en février 2011, et frère ­François a correspondu avec elle en février 2012 et juillet 2013.

Notre ami reprend  :

– Avez-vous lu sa biographie de sœur Lucie  ? Il démontre que certaines lettres de sœur Lucie sur l’acte d’offrande du monde du 25 mars 1984 sont apocryphes.

 Écoutez, je ne veux pas parler de ce livre. Je l’ai lu et je ne veux pas en parler.  »

Pour quelle raison  ? Voici  :

Parce que ce livre contient des vérités interdites de publication, puisque Jean XXIII et Jean-Paul II ont été canonisés. Rien ne doit être dévoilé des insurmontables oppositions et contradictions que sœur Lucie a rencontrées en accomplissant sa mission divine auprès de ceux qui représentaient pour elle l’Autorité de la sainte Église, depuis son confesseur jusqu’au Pape régnant. Ce fut pourtant le grand drame de sa vie, son «  martyre  », selon ses propres paroles.

Sœur Angela Coelho poursuit  : «  Je veux que vous ne publiiez pas notre entretien dans le journal de communauté de vos sœurs religieuses. Dites-leur de ne pas aller dans ce sens.  »

Bref, la lumière et la vérité doivent demeurer sous le boisseau. Par son silence sur nos publications et par ses déclarations sur la “ consécration ” (de la Russie  ?  !) qui aurait été «  faite  », sœur Angela Coelho cautionne les mensonges de la biographie officielle.

Cela est lourd de conséquences  : l’instruction du procès de béatification sera incomplète et partiale. Il en ressortira une fausse Lucie.

Notre Père avait parfaitement discerné la vocation extraordinaire de sœur Lucie et ses épreuves. Il écrivait  :

«  La voyante de Fatima, carmélite à Coïmbre, combattue dans sa mission, se trouve dans la même déréliction que Jeanne d’Arc dans sa prison. Méprisée, vilipendée, elle se heurte à la lâcheté, à la duplicité et à l’hypocrisie de la hiérarchie. Mais l’humiliation, par laquelle on parvient à l’humilité, est le propre des vocations véritablement prédestinées. Elle n’empêche pas l’œuvre de Dieu  : au contraire, elle est comme le porche obligé de la fécondité de la vie apostolique, ouvrant sur la gloire céleste.  » (CRC n° 338, septembre 1997, p. 24)

Conclusion  : «  Il suffit de regarder et de suivre sœur Lucie dans ses inhumaines tribulations pour voir briller la sainteté de l’Église, tellement obscurcie par l’apostasie conciliaire.  » (4 mars 2001)

frère Bruno de Jésus-Marie.

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