La Contre-Réforme catholique au XXIe siècle
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La Contre-Réforme Catholique au XXIe siècle

IL EST RESSUSCITÉ !

N° 156 – Octobre 2015

Rédaction : Frère Bruno Bonnet-Eymard


LE COMPLOT

SOUS le titre “ discours enflammé contre les  évêques allemands ”, le journal Die Welt cite la «  mise en garde du cardinal Müller contre une scission de l’Église catholique  »  : 

«  En ce moment, l’Église catholique se trouve dans une phase de transition  : le pape François encourage l’Église à évoluer, ce qui visiblement indispose les conservateurs.  » (Die Welt, 5 septembre 2015)

«  Les conservateurs  » de quoi  ? Du concile Vatican II  ! En effet, «  l’aile conservatrice, à laquelle appartient également le cardinal Müller, suit davantage la ligne du Pape émérite  ».

Y a-t-il a donc une contradiction entre la ligne du pape François et celle du «  Pape émérite  »  ? Certes  ! Benoît XVI fut l’un des principaux artisans de la révolution conciliaire, comme jeune théologien, et il assura sa mise en œuvre comme évêque de Munich, puis comme bras droit du pape Jean-Paul II, et enfin comme Souverain Pontife  ! Si peu «  conservateur  » qu’après avoir plongé l’Église dans un abîme de désordre et de scandales, il a dû baisser les bras et démissionner  ! Plutôt prédateur…

«  Chacun des Papes avait un charisme puissant  », a déclaré Guy Gilbert, le “ curé des loubards ”, après avoir concélébré à Sainte-Marthe avec le pape ­François. Il avait déjà eu l’occasion de rencontrer Jean-Paul II et Benoît XVI. «  Mais lui, François, a un charisme déboulonnant qui humanise et transfigure l’Église. Finies les cérémonies fastueuses, l’Église a besoin maintenant de simplicité. Après lui, je n’imagine pas que l’on recommence comme avant  », a-t-il déclaré, tout en rappelant que ce nouveau souffle devait beaucoup à Benoît XVI par «  l’audace et le courage  » de sa démission.

Saint-Jean-bouche-d’or  !

Cependant, la querelle qui s’élève aujourd’hui entre les cardinaux allemands pose avec une nouvelle acuité la question du véritable objectif de la démission de Benoît XVI  : “ Pour que le Concile continue  ? ” (Il est ressuscité n° 126, mars 2013)

«  Du temps où il était encore évêque de Ratisbonne, Müller ne mâchait pas ses mots pour sans cesse stigmatiser ce qui était à ses yeux “ l’adaptation de la doctrine de l’Église à l’esprit du temps ”.  » (Die Welt) C’est précisément ce que l’abbé de Nantes reprochait à l’abbé Ratzinger du temps où il était “ l’expert ” théologien patenté du cardinal Frings. Mais Ratzinger a pris soin, avant de démissionner, de nommer Müller préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, au lieu de laisser à son successeur le choix du chef de ce dicastère si important. Ainsi couvert d’une peau de brebis par l’amitié de cet homme de confiance, chargé de publier ses œuvres complètes, voilà le pape Ratzinger déguisé en «  conservateur  » face à son «  ennemi intime  », le cardinal Reinhard Marx, membre du conseil de neuf cardinaux institué par le pape François pour l’aider à sortir l’Église de l’ornière où l’a laissée Benoît XVI, non pas Pape “ émérite ”, mais en passe de devenir un authentique antipape.

Ainsi s’accomplit ce que j’annonçais au lendemain de la démission de Benoît XVI  : «  Au Pape qui, demain, voudra redresser l’Église, éradiquer le mal, non seulement en évinçant les corrompus, mais en revenant à la foi catholique à l’encontre de Vatican II, on reprochera de trahir Benoît et, à travers lui, Jean-Paul II, Paul VI et Jean XXIII.  » (Il est ressuscité n° 126, mars 2013, p. 8)

C’est précisément ce que laissait entendre avant-hier le cardinal Tauran, à Paris  : “  Redécouvrir Paul VI, pape du Concile ”, conférence donnée au Centre-Sèvres, à Paris, “ animée ” par Isabelle de Gaulmyn et par le Père de Charentenay, recteur de cette “ université jésuite ”, et par notre Permanence parisienne… Qui y a mis une “ ambiance ” particulière.

Le piège était préparé de longue date. Sous le titre “ ­Ratzinger et ses anabaptistes ”, Georges de Nantes, notre Père, dénonçait déjà le prétendu «  conservateur  » qui sous couleur de résister à Hans Küng, refusait de considérer Vatican II comme «  le passé dépassé. Pour lui, Vatican II est toujours actuel, c’est encore, après vingt ans, le présent, l’aujourd’hui de l’Église.  » (CRC n° 213, juillet-août 1985)

Dans son ouvrage Entretien sur la foi, signé de Joseph cardinal Ratzinger et Vittorio Messori (Fayard), il formulait ce que Georges de Nantes appelait le «  dogme ratzingérien fondamental  »  :

«  J’ai toujours voulu rester fidèle à Vatican II, cet aujourd’hui de l’Église, sans nostalgie pour un hier irrémédiablement passé, sans impatience pour un demain qui ne nous appartient pas.  »

Notre Père déclarait cette formule idiote, hérétique et vicieuse.

«  Formule idiote […] et d’autant plus imbécile que l’homme qui parle a coincé son horloge pour prétendre qu’il est midi encore, quand le soleil de Vatican II est couché depuis belle lurette […]. Il a bloqué le balancier de son horloge bavaroise le 7 décembre 1965. Il avait trente-huit ans. Il était jeune, il était beau, il était le phénix des experts allemands. Cette vieille célébrité n’a pas vu le temps passer. De toutes les autres [Rahner, Congar, Schillebeeckx], il sait qu’elles sont passées, trépassées ou dépassées. Mais elle est toujours là, toujours belle et jeune. Son heure à elle, c’est l’Aujourd’hui de l’Église et du monde. Le ciel et la terre passeront, mais Vatican II et son soleil, Ratzinger, ne passeront point  ! Blasphème…  »

«  Formule hérétique, comme le sont d’ailleurs toutes les propositions absurdes. Mais ici, suprêmement. Car s’il y a un principe dogmatique majeur, c’est celui de la Tradition qui est précisément cette présence du passé au présent de l’Église et à son avenir jusqu’à la consommation des siècles. Mais non pas n’importe quel passé, non pas le passé fallacieux des Révolutions. Le passé qui est celui de la Révélation divine, de l’Incarnation du Verbe, de la Rédemption de l’humanité par la Croix de Jésus-Christ, de sa Résurrection glorieuse et de son Ascension corporelle, de son institution de l’Église et de la communication de ses divins pouvoirs, de l’Envoi enfin, par Lui, du Saint-Esprit à ses Apôtres au jour de la Pentecôte et de sa merveilleuse assistance à son Église en tous temps, fors en celui de l’apostasie prédite et nous y sommes… C’est cela qui ne passera jamais. Et par rapport à quoi Vatican II, Paul VI, Jean-Paul II et Ratzinger ne sont que feuilles mortes d’automne emportées par le vent et qu’on brûle…  » Comme Tauran et le torrent de sottises qu’il nous a débitées jeudi…

«  Ce passé est loin d’être “ irrémédiablement passé ”, comme il ose dire méchamment. Il est heureusement indépassable et merveilleusement insurpassable […]. Notre religion vient du passé, intégralement, à charge pour aujourd’hui d’en défendre, conserver intacte et transmettre à demain la Tradition, sans altération ni nouveauté substantielle.  »

C’est ce que fait le pape François  ! Et par là, il déjoue la «  formule vicieuse  » de Ratzinger qui «  semble exprimer un rejet égal et symétrique, impavide et loyal comme la Justice, des tenants du passé dits rétrogrades, et des partisans de l’avenir ou progressistes  ».

«  Le vice de Ratzinger, et de tous les tenants frileux et conservateurs de Vatican II, est dans cette fallacieuse symétrie de deux groupes […] dont l’un est renvoyé au néant tandis que l’autre est hypocritement invité à patienter, car l’avenir est à lui.  » (CRC n° 213, juillet-août 1985, p. 2-3) C’est ce que Tauran appelait un “ clivage ” entre la religion de Paul VI et la religion de François, la religion populaire, «  bonne à jeter à la poubelle  », a déclaré Jézabel de Gaulmyn.

Le pape François rend à la vie «  les catholiques qui ne sont que catholiques, qui ne sont point réformés ni conciliaires, et qui ne veulent point l’être  », comme nous définissait Georges de Nantes.

«  Le pape François encourage l’Église à évoluer  », écrit l’auteur de l’article de “ Die Welt ”. Dans quelle direction  ? Ses catéchèses sur la famille l’indiquent avec bonheur, publiquement, place Saint-Pierre, depuis l’audience générale du mercredi 10 décembre 2014, jusqu’à celle du 16 septembre 2015.

FAMILLE CHRÉTIENNE

Il a commencé par donner en exemple la Sainte Famille de Jésus, Marie, Joseph  : «  La Sainte Famille n’était pas une famille artificielle, irréelle.  » Elle indique «  la vocation et la mission de la famille, de toute famille  ». Mission qui est «  d’accueillir Jésus, de l’écouter, de parler avec lui, de le protéger, de grandir avec lui  ». C’est «  la grande mission de la famille, faire de la place à Jésus qui vient, accueillir Jésus dans la famille, dans la personne des enfants, du mari, de la femme, des grands-parents… Jésus est là.  »

Chaque fois qu’une famille vit cela, affirme le Saint-Père, le mystère du salut «  est à l’œuvre  » (17 décembre 2014).

Suit une première série de catéchèses consacrées aux «  membres de la famille  »  : à la gloire du «  martyre maternel  » dont la Vierge Marie est le modèle. «  Bien que la mère soit exaltée d’un point de vue symbolique – beaucoup de poèmes, beaucoup de jolies choses sont dites sur elle –, elle est peu écoutée et peu aidée dans la vie quotidienne, peu considérée dans le rôle central qu’elle joue dans la société.  » Hélas  ! combien cela est vrai de la Vierge Marie (7 janvier 2015)  !

Quant à la paternité, le Pape commence par dresser le portrait du «  mauvais père  » (28 janvier), avant de décrire le rôle du meilleur des pères dont saint Joseph est le modèle, et dont l’objectif est de «  transmettre l’héritage  ». À l’exemple du père de l’enfant prodigue (Lc 15, 11-32), «  un bon père sait attendre et sait pardonner, du fond du cœur. Bien sûr, il sait aussi corriger avec fermeté  : ce n’est pas un père faible, complaisant, sentimental. Le père qui sait corriger sans humilier est le même que celui qui sait protéger sans se ménager.  » (4 février)

Voilà un portrait autobiographique  !

Quant aux enfants, «  ils sont la joie de leur famille et de la société  ». Témoins de «  la beauté d’être aimés en premier  : avant d’avoir fait quoi que ce soit pour le mériter, avant de savoir parler ou penser, et même carrément avant de venir au monde  !  »

«  En Europe, le taux de naissance n’atteint pas un pour cent. Pourquoi  ? Que chacun y réfléchisse et réponde. Si une famille généreuse en enfants est regardée comme si elle était un poids, il y a quelque chose qui ne va pas  !  »

«  Dans la multiplication des générations, il y a un mystère d’enrichissement de la vie de tous qui vient de Dieu lui-même. Nous devons le redécouvrir et braver les préjugés  ; et le vivre, dans la foi, dans une joie parfaite. Et je vous dis aussi  : comme c’est beau, lorsque je passe au milieu de vous et que je vois les papas et les mamans qui soulèvent leurs enfants pour qu’ils soient bénis  ; c’est un geste quasi divin. Merci de faire cela  !  » (11 février)

«  Oui, il est bon, il est doux pour des frères, de vivre ensemble.  » (Ps 132,1; 18 février) «  Les personnes âgées sont la réserve de sagesse de notre peuple  !  » (4 mars) «  Là où on n’honore pas les personnes âgées, il n’y a pas d’avenir pour les jeunes.  »

Le Pape, que le peuple philippin saluait du sobriquet “ Lolo Kiko ”, c’est-à-dire “ Grand-Père François ”, observe d’abord  : «  C’est vrai que la société a tendance à nous éliminer, mais certainement pas le Seigneur […]. La vieillesse est une vocation. Ce n’est pas encore le moment de “ rendre les armes ”.  »

Moins que jamais quand on est Pape…

«  L’Évangile nous rejoint avec une image très belle, émouvante et encourageante. C’est l’image de Siméon et Anne, dont nous parle l’Évangile de l’enfance de Jésus, écrit par saint Luc. Ils étaient certainement âgés, le “ vieux ” Siméon et la “ prophétesse ” Anne qui avait quatre-vingt-quatre ans. Cette femme ne cachait pas son âge  ! L’Évangile dit qu’ils attendaient la venue de Dieu tous les jours, avec une grande fidélité, depuis de longues années. Ils voulaient vraiment le voir, ce jour, en saisir les signes, en deviner le commencement. Peut-être étaient-ils aussi un peu résignés, désormais, à mourir avant  : pourtant, cette longue attente continuait d’occuper toute leur vie, ils n’avaient pas d’engagements plus importants que celui-ci  : attendre le Seigneur en priant.

«  Eh bien  ! quand Marie et Joseph arrivèrent au temple pour accomplir le rite de la Loi, Siméon et Anne se hâtèrent, animés par l’Esprit-Saint (cf. Lc 2, 27). Le poids de l’âge et de l’attente disparut en un instant. Ils reconnurent l’enfant et découvrirent une force nouvelle, pour une nouvelle tâche  : rendre grâces et rendre témoignage pour ce signe de Dieu. Siméon improvisa un très bel hymne d’allégresse (cf. Lc 2, 29-32) – il a été poète à ce moment-làet Anne est devenue la première prédicatrice de Jésus  : elle “ parlait de l’enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem. ” (Lc 2, 38)  »

Voilà encore une homélie autobiographique  : par la parole du pape François, Jésus est de retour dans son Église, après en avoir été chassé par la parole moderniste de ses prédécesseurs pendant cinquante ans  !

Et le pape François de conclure  : «  Les paroles que ma grand-mère m’a laissées par écrit le jour de mon ordination sacerdotale, je les ai encore avec moi, toujours dans mon bréviaire et je les lis souvent, et cela me fait du bien.  » (11 mars)

Deux catéchèses consacrées aux petits enfants, «  les grands exclus que l’on ne laisse même pas naître…  », achèvent le programme d’une restauration de la famille chrétienne (18 mars et 8 avril). Entre les deux, une «  pause de prière  » à l’intention de l’assemblée synodale extraordinaire consacrée à la famille qui se déroulera en octobre  :

«  Le lien entre l’Église et la famille est sacré et inviolable. L’Église, en tant que Mère, n’abandonne jamais la famille, même quand elle est humiliée, blessée et, de bien des manières, mortifiée. Pas même quand elle tombe dans le péché ou qu’elle s’éloigne de l’Église  ; elle fera toujours tout pour chercher à la soigner et à la guérir, à l’inviter à la conversion et à se réconcilier avec le Seigneur.  » (25 mars 2015)

Encore les enfants, objet de toute la sollicitude de “ Lolo Kiko ”, “ Grand-Père François ”. Citant le passage de saint Matthieu où Jésus réprimande ses disciples parce qu’ils éloignaient les enfants que leurs parents lui amenaient pour qu’il les bénisse, le Pape s’exclame  : «  Comme je voudrais que cette page devienne l’histoire normale de tous les enfants  !  » (18 avril)

«  Mais les enfants paient aussi le prix d’unions immatures et de séparations irresponsables  : ils sont les premières victimes […]. À notre époque aussi, comme dans le passé, l’Église met sa maternité au service des enfants et de leurs familles. Aux parents et aux enfants de notre monde elle apporte la bénédiction de Dieu, la tendresse maternelle, le reproche et la désapprobation décisive. Avec les enfants, on ne plaisante pas  !  »

C’est ainsi qu’au fil de ces catéchèses, nous prenons la mesure du souci pastoral de notre Saint-Père le Pape, Père d’une “ famille nombreuse ”. Il en vient le 15 avril «  à un aspect central du thème de la famille  : celui du grand don que Dieu a fait à l’humanité avec la création de l’homme et de la femme, et avec le sacrement du mariage  ».

Après avoir rappelé le premier récit de la création de l’être humain – «   À l’image de Dieu il le créa, il les créa homme et femme  » (Gn 1, 27) –, le Pape établit que «  le lien matrimonial et familial est quelque chose de sérieux, il l’est pour tous (sic  !), pas seulement pour les croyants  ».

LE SALUT PAR LA FEMME

Se dessine alors une pensée qui va dominer toute la suite de ces catéchèses sur la famille  :

«  Il ne fait aucun doute que nous devons faire beaucoup plus en faveur de la femme […]. Nous n’avons pas encore compris en profondeur ce que peut nous apporter le génie féminin, ce que la femme peut apporter à la société et à nous aussi  : la femme sait voir les choses avec un autre regard qui complète la pensée des hommes.

Cette première observation, où nous retrouvons une pensée constante de Georges de Nantes, notre Père et fondateur, conduit le Pape à se demander «  si la crise collective de confiance en Dieu, qui nous fait tant de mal, qui nous rend malades de résignation à l’incrédulité et au cynisme, n’est pas aussi liée à la crise de l’alliance entre l’homme et la femme. En effet, le récit biblique, avec sa grande fresque symbolique sur le Paradis terrestre et le péché originel, nous dit précisément que la communion avec Dieu se reflète dans la communion du couple humain et que la perte de la confiance dans notre Père Céleste génère la division et le conflit entre l’homme et la femme.  »

Poser ainsi la question est aller au-devant de la solution, de la réponse apportée par la révélation de l’Immaculée Conception, qui écrase la tête du Serpent et restaure l’alliance de l’Homme, en la Personne de Jésus, invoqué in fine par le Pape, et de la Femme en la Personne de sa Divine Mère  :

«  Jésus nous encourage explicitement à témoigner de cette beauté qui est l’image de Dieu  », et qui resplendit sur le doux visage de Marie empreint de grâce et de tendresse. C’est pourquoi Dieu veut établir dans le monde la dévotion au Cœur Immaculé de Marie par la consécration de la Russie.

Il nous faut donc prier pour le pape François, comme il le demande avec insistance, et comme le demandaient les trois pastoureaux de Fatima, qui l’avaient vu «  traverser une grande ville à moitié en ruine et, à moitié tremblant, d’un pas vacillant, affligé de douleur et de peine, priant pour les âmes des cadavres qu’il trouvait sur son chemin  ».

Ainsi s’accomplissent les visions de la petite Jacinthe de Fatima  :

«  J’ai vu le Saint-Père dans une très grande maison, agenouillé devant une table, la tête dans les mains et pleurant. Au-dehors, il y avait beaucoup de gens et certains lui jetaient des pierres, d’autres le maudissaient et lui disaient beaucoup de vilaines paroles. Pauvre Saint-Père  ! Nous devons beaucoup prier pour lui.  »

Une autre fois, au Cabeço, elle interpella sa cousine Lucie  :

«  Ne vois-tu pas tant de routes, tant de chemins et de champs pleins de gens morts, perdant leur sang, et d’autres gens qui pleurent de faim et n’ont rien à manger  ? Et le Saint-Père, dans une église, priant devant le Cœur Immaculé de Marie  ? Et tant de monde qui prie avec lui  ?  »

C’est le tableau que nous offre la situation présente du monde. En attendant… «  le Saint-Père priant devant le Cœur Immaculé de Marie  ».

«  Du jour où le Pape se décidera à obéir aux demandes de la Sainte Vierge, le Cœur Immaculé de Marie triomphera. Il ne faudra pas longtemps pour que s’écroule cette Église conciliaire, et renaisse l’Église éternelle. C’est l’espérance inconfusible que nous a léguée notre Père, vrai dévot de Notre-Dame de Fatima. Toutes les manœuvres humaines, toutes les précautions que Benoît XVI et les autres auront prises pour assurer le triomphe de leurs erreurs seront vaines. Comme à l’avènement de Jean-Paul Ier, il suffira de quelques jours pour que renaissent la foi catholique et ses œuvres.  »

Les “ anabaptistes ” ne s’y trompent pas  : pas un seul n’a nommé Jean-Paul Ier au cours de la “ table ronde ” qui a suivi la conférence du cardinal Tauran, à Paris, jeudi 24 septembre.

«  Si c’est le prochain Pape qui nous donne ce bonheur, en manœuvrant pour garantir la survie de Vatican II, Benoît XVI aura agi malgré lui pour le triomphe du Cœur Immaculé de Marie, en libérant le Siège apostolique avant qu’il ne soit trop tard et, souhaitons-le-lui, pour se convertir avant qu’il n’ait à paraître devant Dieu pour son jugement éternel.  » (Il est ressuscité n° 126, mars 2013, p. 8)

frère Bruno de Jésus-Marie.