La Contre-Réforme catholique au XXIe siècle
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IN MEMORIAM

FRÉDÉRIC HOUËL : UN DISCIPLE S’EN EST ALLÉ

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C’est le dimanche 29 novembre, que notre ami Frédéric Houël rendit son âme à Dieu, quittant sa famille et ses amis de la terre pour rejoindre ceux du Ciel  ; subitement, à la suite d’une rupture de l’aorte.

Le premier vendredi du mois, 5 décembre, une foule nombreuse d’amis phalangistes ou proches, de Paris et de toute la France, vinrent soutenir de leur affection son épouse, ses enfants, son frère, toute sa famille. Ils voulaient aussi remercier une dernière fois le disciple discret et enthousiaste de notre Père  ; celui aussi dont ils avaient profité du dévouement, dans leur jeunesse, au fil des camps de frère Gérard.

La présence de frère Bruno et de quelques frères et sœurs de la communauté, la ferveur et la piété de tant de familles nombreuses, d’anciens et fidèles amis, la belle messe de Requiem admirablement accompagnée à l’orgue, les mots pleins d’affection et d’espérance surnaturelle du prêtre célébrant, firent de cette cérémonie un avant-goût du Ciel, un appel pour chacun à suivre l’exemple de fidélité quotidienne à cette grâce de prédestination reçue par notre si cher ami, celle d’avoir rencontré un maître, un Père, de s’être immédiatement fait son disciple et de l’être resté jusqu’à son dernier souffle.

Le cercueil porté par ses quatre fils Louis, François, Georges et Jean, et ses deux gendres Jean-Bastien et Quentin, fut déposé au pied de l’autel au chant de l’Ave Maria de Lourdes.

«  La mort est la première messe du pauvre chrétien.  » C’est cette pensée surnaturelle de notre bienheureux Père que frère Thomas développa dans son sermon. Pour Frédéric, ce dimanche 29 novembre, premier dimanche de l’avent et de l’année liturgique, ce fut l’entrée dans la vraie vie. La veille, comme tous les soirs, il avait prononcé l’acte d’acceptation de la mort de saint Pie X, il avait accepté à l’avance les peines et angoisses de ce douloureux passage. Si la mort est l’héritage du péché, Jésus l’a changée en vie, source de l’éternité bienheureuse et seuil de la gloire. Notre corps mourra, mais notre âme s’échappera pour courir à Jésus  ; la messe est la liturgie sacrée de cette échappée. Frédéric avait pratiqué sans y manquer, depuis sa conversion, les premiers samedis du mois. L’Immaculée Médiatrice, fidèle à sa promesse, l’a maternellement assisté, n’en doutons pas.

Citant le magnifique témoignage de Frédéric paru dans la CRC de mars 1990  : De la révolte à l’amour filial, frère Thomas nous fit comprendre combien le Saint-Sacrifice de la messe eut une très grande importance dans la vie de notre ami. Scandalisé par les extravagances dont il avait été témoin à l’aumônerie de son lycée, il avait perdu la foi en l’Eucharistie, au grand désarroi de ses parents. L’enseignement progressiste et moderniste des jésuites à l’école Sainte-Geneviève de Versailles acheva de l’éloigner de l’Église. C’est au service militaire en 1979, qu’il reçut la grâce de sa vie en faisant la connaissance d’un ingénieur, lui aussi ancien de “ Ginette ”, Philippe.

Ce camarade sérieux et boute-en-train brûlait d’enthousiasme depuis quelques mois déjà pour les écrits et enseignements de l’abbé de Nantes. Ce fut un flot de lumières sur tous les sujets, en particulier celui du dessein de Dieu dans l’histoire de France et de l’Église. Frédéric avait rencontré une âme de jeune disciple, et jeune lui aussi, il se mit humblement à son école dans les premiers temps, jusqu’à la rencontre avec «  le Père  ». Une conférence de frère Bruno sur Notre-Dame de Guadalupe et son image merveilleuse en 1980 fit tomber ses préjugés rationalistes, puis ce furent les sessions à la maison Saint-Joseph, l’éblouissement face à la clarté, la cohérence des enseignements de l’abbé de Nantes  :

«  Je compris alors que le catholicisme ne pouvait pas être cantonné dans une part de la vie, mais qu’il devait être à la source, au principe de toutes nos actions et de toutes nos idées, comme il avait été à l’origine, à la base de notre civilisation française.  »

L’adhésion du cœur suivit et il retrouva rapidement les bons sentiments de son enfance, la foi, la pratique religieuse, l’amour de l’Église et de la patrie, la piété filiale et l’esprit de soumission qui le conduisirent à s’engager dans la Phalange dès sa fondation par notre Père en 1984. Ce furent ensuite trente ans de fidélité et de dévouement sans bornes à son œuvre et à sa famille spirituelle.

À la prière universelle, frère Bruno nous fit demander la grâce d’une semblable fidélité pour toute sa famille, et il implora l’intercession de notre ami pour le pape François qui, lors de l’audience du mercredi précédent, se présenta comme «  le pasteur chargé de conduire ses brebis sur l’autre rive  ». Qu’au Ciel Frédéric obtienne pour le Saint-Père la grâce de consacrer la Russie au Cœur Immaculé de Marie pour la paix dans le monde.

La procession de communion n’en finissait pas. Outre les nombreux CRC présents, une vingtaine de collègues de travail était venue entourer Frédéric, très apprécié pour ses services à Gaz de France; son fils François qui y travaille également reçut de nombreux témoignages de sympathie. Rayonnement social, cordial et paternel, du bon CRC… Tous furent impressionnés de découvrir le secret de sa vie et de son rayonnement.

Avant l’absoute, M. Renaud Houël adressa à son grand frère un hommage fervent de piété fraternelle  : «  Tu m’as fait le plus beau cadeau en te faisant le vecteur, le promoteur de la Providence qui m’a fait connaître l’abbé de Nantes et cette deuxième famille qu’est la CRC. Comment ne pas reconnaître que c’est la pierre sur laquelle j’ai pu construire ma vie, ma foi et celle de ma famille.  » Il évoqua aussi ses charités connues et inconnues envers nos amis  : «  Cette générosité s’accompagnait d’une grande fidélité, fidélité du cœur, fidélité des engagements, fidélité au Christ et à sa Sainte Mère.  » Et il exprima bien les sentiments de tous pour finir  : «  Même si nous espérons que notre Sainte Mère t’a déjà emmené auprès d’elle, nous prierons beaucoup pour toi.  »

L’ADIEU DE FRÈRE BRUNO.

Au cimetière de Saint-Martin de Sanzay, frère Bruno, sans égard pour le “ religieusement correct ”, nous donna la pleine intelligence du mystère vécu par notre ami tout au long de sa vie, et il le donna en exemple  : «  Frédéric avant sa conversion n’était qu’une victime du concile Vatican II. Il a perdu la foi chez les jésuites et un jour il a rencontré l’abbé de Nantes. Ce n’est pas un fait divers. C’est une question de vie éternelle. Il a compris que notre Père était le plus grand théologien de notre temps et il est devenu son disciple. C’est le salut dans la désorientation diabolique. Il a lu le Liber d’accusation contre Paul VI et a compris que notre Père était le seul à s’opposer à la réforme de Vatican II.

«  C’est alors qu’il s’est réconcilié avec son père et qu’il a redécouvert l’héritage familial, celui de son grand-père paternel “ Algérie française ”, et celui de son grand-père maternel ancien des “ Chantiers de jeunesse ” du Maréchal.

«  Il fut pendant trente ans d’un dévouement sans limites à la CRC. On pouvait faire appel à lui de jour et de nuit pour n’importe quoi. Il était fidèle aux premiers samedis et à la prière quotidienne pour rester fidèle. Il nous laisse cette consigne de vivre au rythme des ­sessions, pèlerinages et camps qui sont un avant-goût du Ciel, unique but de nos travaux. Demandons cette grâce en priant pour lui. Soyons aussi d’infatigables adorateurs de Notre-Seigneur qui lui a fait la grâce d’un Face à face éternel et de retrouvailles familiales définitives.  »

frère Philippe de la Face de Dieu