La Contre-Réforme catholique au XXIe siècle
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La Contre-Réforme Catholique au XXIe siècle

IL EST RESSUSCITÉ !

N° 158 – Décembre 2015

Rédaction : Frère Bruno Bonnet-Eymard


LE PAPE FRANÇOIS EN GRAND CHAGRIN
AVEC LE CŒUR IMMACULÉ DE MARIE

Sœur Lucie, le 26 mai 2003

Sœur Lucie, le 26 mai 2003, dans le chœur des religieuses du carmel de Coïmbre. «  Alors que je l’avais prise en photo, elle continuait à regarder la statue du Cœur Immaculé de Marie, raconte mère Marie-Céline, sa prieure. Je ne la dérangeai pas. Se tournant vers moi, elle me dit avec angoisse  : “ Notre-Dame pleure ”.  »

«  Dieu pleure  », a expliqué le pape François en commentant les larmes versées par Jésus sur Jérusalem le jour des Rameaux où ses disciples lui faisaient un triomphe au grand dam des autorités. Mais lui, après leur avoir déclaré que «   si eux se taisent, les pierres crieront  », pleura sur Jérusalem en disant  :

«  Ah  ! si en ce jour tu avais compris, toi aussi, le ­message de paix  ! Mais non, il est demeuré caché à tes yeux. Oui, des jours viendront sur toi, où tes ennemis t’environneront de retranchements, t’investiront, te presseront de toute part. Ils t’écraseront sur le sol, toi et tes enfants au milieu de toi, et ils ne laisseront pas en toi pierre sur pierre, parce que tu n’as pas reconnu le temps où tu fus visitée  !  » (Lc 19, 41-44)

«  Dans les pleurs de Jésus sur Jérusalem, a dit le Pape dans son homélie, il y a un mois, quinze jours avant les attentats parisiens, le 29 octobre, dans ces larmes, il y a tout l’amour de Dieu. Dieu pleure pour moi quand moi je m’éloigne  ; Dieu pleure pour chacun de nous  ; Dieu pleure pour ces mauvais, qui font tant de mauvaises choses, tant de mal à l’humanité.

«  Le Christ s’adresse à Jérusalem  : “ Combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants comme la poule rassemble ses poussins sous ses ailes, et vous n’avez pas voulu  ! ” C’est une image de tendresse. Dieu ne peut pas ne pas aimer  ! Et c’est notre sécurité, a affirmé le Pape. Je peux refuser cet amour, je peux refuser comme l’a refusé le mauvais larron jusqu’à la fin de sa vie. Mais cet amour l’attendait là. Le plus mauvais, le plus blasphématoire est aimé par Dieu avec une tendresse de père, de papa.  »

«  Et nous, avons-nous cette capacité de “ pleurer ”  ? Demandons-en la grâce  », a conclu le Pape, marchant ainsi sur les traces du bienheureux François de Fatima que son père, Ti Marto, découvrit une nuit, en larmes, le visage enfoui dans son traversin pour étouffer ses pleurs  : «   Je pensais à Jésus qui est si triste à cause des péchés que l’on commet contre lui.  »

Alors que notre Saint-Père le pape François ouvre l’Année de la miséricorde, il faut rappeler les confidences de Notre-­Seigneur lui-même à sœur Lucie  :

«   Je désire très ardemment la propagation du culte et de la dévotion au Cœur Immaculé de Marie, parce que ce Cœur est l’aimant qui attire les âmes à moi, le foyer qui irradie sur la terre les rayons de ma lumière et de mon amour, la source intarissable qui fait jaillir sur la terre l’eau vive de ma miséricorde.  »

Le cardinal Cerejeira, patriarche de Lisbonne, avait bien saisi l’importance de l’oracle divin tombé de la bouche de Notre-Dame à la Cova da Iria dès le 13 juin 1917  : «  Dieu veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur Immaculé.  » Le patriarche affirmait  : «  Nous croyons que les apparitions de Fatima ouvrent une ère nouvelle  : celle du Cœur Immaculé de Marie.  » (13 octobre 1942)

Vingt-cinq ans plus tard, sous le pontificat de Paul VI, en Italie, le cardinal Albino Luciani, patriarche de Venise, fut un des rares évêques à célébrer le soixantième anniversaire des apparitions de 1917. Cependant, influencé par les critiques perfides du Père Édouard Dhanis contre le témoignage de la messagère de Notre-Dame, il demeurait réservé à l’égard de la dévotion au Cœur Immaculé de Marie.

Ce fut lors de sa rencontre et de son entretien avec sœur Lucie le 11 juillet 1977, au carmel de Coïmbre, qu’il fut persuadé de la vérité pleine et entière de son témoignage. Il rejeta définitivement les élucubrations du jésuite moderniste et, devenu le pape Jean-Paul Ier l’année suivante, il résolut de satisfaire aux demandes de la Reine du Ciel et de la terre. Hélas  ! il n’en eut pas le temps.

Subissant les attaques et les propos malveillants des faux frères, il se trouva transpercé de «  flèches  », conformément à la vision du troisième Secret, interprété à la lumière du symbolisme biblique.

De plus, les hauts prélats romains qu’il voulait révoquer, pour mettre de l’ordre dans les affaires financières du Vatican, notamment le cardinal Villot, secrétaire d’État, et Mgr Marcinkus, nouèrent leur complot  : notre bon Pasteur fut «  tué  » par empoisonnement à l’aube du jour où il devait opérer son coup de majesté. L’abbé de Nantes en a publié l’implacable démonstration  : Jean-Paul Ier fut assassiné comme «  l’Évêque vêtu de Blanc  » en accomplissement du Secret.

Jean-Paul Ier mourut martyr pour «  la rénovation et la purification de l’Église romaine  », écrit David Yallop dans la réédition de son livre “  Au Nom de Dieu ”, sous un nouveau titre  : “  Le Pape doit mourir ” (éd. Nouveau monde, mars 2011).

Cependant, avec ses successeurs Jean-Paul II et Benoît XVI, tout continua comme au temps du règne corrupteur de Paul VI. David Yallop écrit  : «  En juin 1984, Jean-Paul II sermonna la Suisse pour son éthique bancaire  : “ Le monde de la finance est, lui aussi, un monde d’êtres humains, notre monde, soumis à la conscience de chacun d’entre nous. ”

«  Apparemment, l’unique conscience dispensée de respecter cette doctrine aurait donc été celle du pape Jean-Paul II. Lorsque celui-ci prononça ces paroles, de nombreux criminels présumés se réfugiaient dans la Cité du Vatican, comme l’archevêque Paul Marcinkus, Pellegrino de Strobel et Luigi Mennini, tous de hauts dirigeants de la banque pontificale. Depuis des années, la façon de procéder du Vatican consistait à déguiser et à cacher, et non pas à divulguer. D’ailleurs, le mystère et la dissimulation ont toujours été les spécialités de Wojtyla, depuis l’époque où il était jeune évêque à Cracovie et jusqu’à sa mort.  » (ibid., p. 456-477)

C’est ce qui change avec le pape François, engagé dans le dangereux assainissement des scandales financiers et autres… de l’Église où «  Satan déambule librement  » (Georges de Nantes, Lettre à mes amis du 25 août 1967). Pour l’en déloger, il lui faut l’appui de la Vierge Marie, «  terreur des démons  ». Prions-la  !

Le cardinal Giovanni Battista Re, préfet émérite de la Congrégation pour les évêques, a présidé le 13 octobre dernier les cérémonies du pèlerinage de Fatima et, le lendemain, il publia dans l’Osservatore romano un abrégé de son homélie sous le titre  : “ Dans le message de Fatima  : signe de proximité ”.

«  Les apparitions de la Madone sont une manifestation de la sollicitude maternelle de la bienheureuse Vierge Marie à notre égard. Elles sont un signe que la Madone se penche sur nos problèmes, qu’elle est proche de nous dans nos difficultés  ; elles sont l’expression du désir de la Madone de nous secourir nous, hommes et femmes, aux prises ici bas avec les forces du mal  ; elles sont un signe de sa miséricorde maternelle.

«  L’Église a toujours considéré les apparitions et les visions comme appartenant à la sphère privée, car elles n’ajoutent rien à ce que nous connaissons déjà par la révélation publique contenue dans l’Écriture sainte. Pour cette raison, l’Église n’a jamais voulu lier la foi à ces manifestations. Ses interventions se limitent à en permettre officiellement le culte. Mais nos certitudes sont fondées sur l’Écriture sainte, c’est-à-dire sur la révélation divine qui a pris fin avec la mort du dernier Apôtre.

«  Les apparitions de la Madone ici à Fatima sont un appel à la conversion, à la pénitence, à la prière, à la sainteté. Le contenu de l’appel de Fatima est cependant, profondément enraciné dans l’Évangile, parce que le message de Fatima coïncide avec le ­message évangélique. C’est, je le répète, un appel à changer de vie, à prier et à faire pénitence.

«  Le pape Jean-Paul II a voulu mettre en lumière comment le message de Fatima se situe au centre des préoccupations mondiales et des événements tragiques du siècle dernier, caractérisé par deux guerres mondiales et deux dictatures  : le nazisme (qui a duré douze ans) et le communisme de l’Union soviétique (qui a duré soixante-dix ans). Deux idéologies qui ont piétiné les droits de l’homme et qui ont causé d’immenses souffrances. Grande a été la lutte contre Dieu.

«  La Madone apparaissant ici aux trois pastoureaux et s’adaptant à leurs capacités intellectuelles, a fait allusion aux deux guerres, l’une qui était sur le point de finir et une autre qui devait éclater plus tard et qui allait causer d’énormes souffrances. En outre dans une vision impressionnante, elle fit voir aux trois pastoureaux les dommages immenses que le régime de l’Union soviétique, par son adhésion à l’athéisme allait causer à l’humanité, répandant ses erreurs à travers le monde et faisant payer un prix du sang élevé à de si nombreux chrétiens en raison de leur fidélité à leur foi.

«  Maintenant que, par la volonté du pape Jean-Paul II, la troisième partie du secret a été rendue publique, nous savons que dans la vision montrée aux trois pastoureaux, était aussi contenue la prévision que la lutte contre Dieu et contre l’Église parviendrait jusqu’au point de vouloir tuer le Pape. De fait, le 13 mai 1981, précisément un 13 mai  ! eut lieu l’attentat à la vie du Pape. Mais, comme l’a déclaré Jean-Paul II, la main de la Madone a dévié la trajectoire du projectile de manière que le Pape puisse survivre. Cette balle est maintenant incrustée dans la couronne posée sur la tête de la statue de la Madone, ici même à Fatima.

«  Les faits auxquels le secret de Fatima fait référence sont des histoires qui appartiennent désormais au passé, mais le message de Fatima continue et est tourné aussi vers notre temps et redit à nouveau à l’Église et au monde moderne les valeurs éternelles de l’Évangile. Le message de Fatima nous recentre au cœur de l’Évangile et nous indique la voie qui conduit au Ciel.

«  Que la Madone nous aide à cheminer par les routes de l’Évangile et à faire la volonté de Dieu, en y trouvant notre paix.  »

INJURE CERTAINE À DIEU

À la différence du cardinal Luciani, le cardinal Re n’a pas fait pèlerinage au carmel de Coïmbre, il n’a jamais rencontré sœur Lucie. À la lecture de ce résumé, nous constatons qu’il ignore tout de sa vie et qu’il méconnaît les preuves décisives de la vérité pleine et entière de son témoignage.

Je me souviens par ailleurs que, en 1981, l’un de ses subordonnés, Mgr A. Lanzoni, avait écrit en son nom que l’abbé de Nantes avait commis des «  erreurs théologiques graves  ». Notre Père me demanda de tout faire à Rome pour le rencontrer. Mgr Re était alors assesseur, troisième personnage de la secrétairerie d’État. J’obtins non sans peine un entretien le 1er décembre. Désavouant Mgr Lanzoni, il me déclara ne connaître dans les écrits et l’enseignement de l’abbé de Nantes «  aucune erreur dogmatique, ou doctrinale, ou même simplement théologique  ».

Et notre Père de commenter  : «  Las  ! blanchi par l’assesseur de la secrétairerie d’État, en échange de cette justice, je ne puis rien rétracter de mes désaccords, rien relâcher de mon opposition. Au contraire  ! Il faut bien que Celui, que ceux qui font erreurs sur erreurs, en matières dogmatiques et morales graves  ! sortent de leurs erreurs.  »

Il s’agissait en premier lieu du pape Jean-Paul II et du cardinal Ratzinger. «  Et qu’ils ne comptent sur aucun courtisan, sur aucun partisan pour le leur demander, pour le leur réclamer, mais sur nous, encore sur nous, et toujours sur nous, terrible charge, glorieuse tâche  ! Car “ nous ne pouvons pas ne pas parler ”.  »

Cette “ terrible charge ”, cette “ glorieuse tâche ”, c’est pour nous un honneur de la reprendre et de la poursuivre aujourd’hui. Car ce que le cardinal Re dit et écrit sur Fatima nous contraint à l’accuser d’erreurs théologiques graves.

Son article est tout inspiré des théories modernistes du Père Dhanis et de ses émules, tel le cardinal Ratzinger commentant le “ troisième secret ”  :

«   L’Église a toujours considéré les apparitions et les visions comme appartenant à la sphère privée, car elles n’ajoutent rien à ce que nous connaissons déjà par la révélation publique contenue dans l’Écriture sainte. Pour cette raison, l’Église n’a jamais voulu lier la foi à ces manifestations. Ses interventions se limitent à en permettre officiellement le culte. Mais nos certitudes sont fondées sur l’Écriture sainte, c’est-à-dire sur la révélation divine qui a pris fin avec la mort du dernier Apôtre.  »

Cela revient à affirmer que le Ciel n’a pas le droit d’intervenir dans la vie de l’Église et du monde, dans nos affaires pas toujours très recommandables, surtout s’il s’agit de nos engagements politiques. Pie XI se disait prêt à traiter avec le diable  ! Défense à Dieu de débusquer nos indignes compromissions et de nous avertir de ses volontés particulières «  en des nouveautés jusqu’alors dormantes ou cachées dans le Mystère de son Divin Cœur  », et révélées «  par-dessus l’épaule des évêques et des Papes  », qui ne sont que ses vicaires, rappelait notre Père, Georges de Nantes.

Certes, la conformité avec la Révélation apostolique est un critère traditionnel dans le discernement des esprits. Les vraies apparitions, visions, locutions divines, bref, les “ révélations particulières ”, qui ont parfois pris un caractère public, par exemple à Fatima le 13 octobre 1917, sont toujours cohérentes avec l’infaillible Révélation de l’Ancien et du Nouveau Testament.

Mais c’est une erreur théologique grave de prétendre que, depuis la mort du dernier Apôtre, Dieu ne peut rien nous dévoiler de nouveau, pas même les plus chères volontés de son Cœur sur notre temps.

Déjà, le cinquième Concile du Latran, dans sa Constitution Supremæ majestatis, relative à la prédication, en date du 19 décembre 1516, avait donné cet avertissement  :

«  Quand le Seigneur, par quelque inspiration, révèle à certaines âmes des choses futures, veuillez, comme il l’a proclamé par la bouche du prophète Amos (Am 3, 7), ne pas donner l’ordre aux prophètes de ne pas prophétiser, et veuillez, comme dit saint Paul (1 Th 5, 19), ne pas éteindre l’Esprit, ni mépriser les prophéties.

«  Nous ne voulons absolument pas qu’on mette ces révélations prophétiques au nombre des fables ou des mensonges, ni qu’on s’oppose de quelque autre manière à leur publication  ; car, non seulement on éteindrait la grâce de cet Esprit, en imposant silence aux prophètes, mais on ferait une injure certaine au Saint-Esprit.  »

Cela est d’autant plus vrai dans le cas des prophéties de Fatima que Dieu y révèle sa volonté d’établir dans le monde la dévotion au Cœur Immaculé de Marie, réceptacle du Saint-Esprit, précisément.

Non  ! les révélations de Fatima n’appartiennent pas à «  la sphère privée  », contrairement à ce que prétend le cardinal Re. Il s’agit d’une révélation publique puisque Notre-Dame a annoncé trois mois à l’avance qu’Elle ferait un miracle pour que «  tout le monde croie  », et ce miracle cosmique, le plus grandiose de toute l’histoire universelle, a été vu le 13 octobre 1917 par les soixante-dix mille personnes présentes à la Cova da Iria.

Cela est très différent des révélations “ privées ” qui ne concernent que le voyant ou la voyante, par exemple les trois “ secrets ” confiés à Lourdes par Notre-Dame à sainte Bernadette, secrets qui étaient pour elle, et pour elle seule  !

Le Secret de Fatima a une portée universelle. Ce n’est pas une révélation pour les seuls voyants, pour leur propre gouverne. Il s’agit d’un avertissement donné à toute l’Église et, par Elle, au monde entier.

Les affirmations erronées du cardinal Re sont toutes dépendantes de celles du cardinal Ratzinger dans son commentaire théologique du Secret du 13 juillet 1917.

Celui-ci prétendait que «  toutes les visions et toutes les révélations qui ont eu lieu après la conclusion du Nouveau Testament  » ne peuvent avoir, en aucun cas, un caractère universel et contraignant pour la hiérarchie de l’Église  : une révélation “ privée ”, écrit-il, «  est une aide qui est offerte, mais dont il n’est nullement obligatoire de faire usage  ».

Le cardinal Ratzinger se référait en premier lieu au Catéchisme de l’Église catholique, dont l’enseignement est pour le moins dis­cutable. L’abbé de Nantes l’a solennellement rappelé dans son Livre d’accusation pour hérésie à l’encontre de l’Auteur du prétendu Catéchisme de l’Église catholique, remis à la Congrégation pour la doctrine de la foi le 13 mai 1993  :

«  Le Magistère catholique a dans ses attributions le pouvoir et le devoir de discerner les révélations improprement dites “ privées ” mais, les ayant reconnues “ authentiques ”, dans leurs faits surnaturels et leur doctrine pure de toute erreur, il n’a pas la liberté de les rabaisser au-dessous de son autorité et de son pouvoir pastoral pour les ignorer et les combattre. Son office est d’en étudier la vérité, la réalité, et non point de décider de leur opportunité ou de leur intérêt pour l’Église. Ce qui est du Ciel s’impose à tous.  » (Livre d’accusation III, 1993, p. 5; CRC n° 291, avril 1993, p. 5)

Dans son commentaire théologique du Secret, notre Père soulignait l’importance de l’oracle central de ses deux premières parties, lequel exprime l’essentiel de ce que Notre-Dame est venue nous enseigner à la Cova da Iria  :

«   Pour sauver les âmes des pauvres pécheurs qui vont en enfer, Dieu veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur Immaculé.

«  Quelle émouvante révélation que celle-là  ! Le désir du Cœur de Dieu est donc, en ce siècle particulièrement dangereux, de sauver les âmes des pauvres pécheurs. Or, dans sa Sainteté de justice et de miséricorde, il se doit d’appeler toute l’Église répandue dans le monde à contribuer à ce salut par le moyen qu’il a décrété lui-même dans sa Volonté de bon plaisir, et qui est l’épanouissement grandiose de la dévotion univer­selle au Cœur Immaculé de Celle qu’il a voulu faire elle-même messagère de cette demande et mettre ainsi en avant de Lui comme sa propre Reine et maîtresse  !

«  Quoique classée par les spécialistes parmi les “ révélations privées ”, une pareille volonté divine s’inscrit au rang des lois souveraines et toutes premières auxquelles l’Église doit consentir et se soumettre entièrement. Il s’agit d’une volonté divine révélée au monde, et de la manière la plus éclatante, par l’incomparable envoyée qu’est l’Immaculée Vierge Marie, et garantie par les plus étonnants miracles et prophéties de l’histoire moderne. Il s’agit du salut de multitudes de pauvres pécheurs déjà promis à la damnation, et donc d’une charité fraternelle de première instance  ! Il s’agit enfin de l’établissement de la dévotion sans doute la plus chère au Sacré-Cœur de Jésus, qu’il veut faire passer jusque devant la sienne, la dévotion au Cœur Immaculé de sa divine Mère  !

«  Donc notre salut éternel à tous et notre prospérité, notre paix, notre avancement en grâces et en sainteté ici-bas seront assurés par la divine Puissance en réponse à notre fidélité dans cette œuvre nouvelle, ou au contraire seront empêchés, compromis, perdus par nos refus.

«  D’abord satisfaire Dieu, dans ce qu’il nous a dit lui tenir le plus à cœur, et le reste ensuite  ! Voilà pourquoi toute l’Église devrait, depuis la révélation et la diffusion de ce secret, embrasser avec ferveur la dévotion au Cœur Immaculé de Marie. Or ce n’est pas le cas. Notre-Seigneur Jésus-Christ pourra s’adresser tristement et durement à cette “ génération rebelle et adultère ”, au jour du Jugement  : “ J’ai voulu sauver les pauvres pécheurs de l’enfer éternel, j’ai voulu vous voir honorer ma Mère pour ainsi toucher mon Père et en obtenir toutes les miséricordes. Et vous, méchants, sans amour ni respect de votre Dieu, sans amour ni compassion pour votre prochain en péril de damnation, sans souci de votre propre salut et de votre bien immédiat  ! vous ne l’avez pas voulu, vous n’en avez rien fait  ! Eh bien  ! vous-mêmes, allez au feu éternel retrouver les âmes que vous n’avez pas voulu sauver, et au plus loin de ma Mère que vous avez refusé d’honorer, enfants dénaturés  ! ”  » (Cet adorable Secret, notre unique espérance, CRC n° 279, janvier 1992, p. 1 sq.)

LE SECRET TRAVESTI

Le cardinal Re écrit  : «   La Madone apparaissant ici aux trois pastoureaux et s’adaptant à leurs capacités intellectuelles, a fait allusion aux deux guerres, l’une qui était sur le point de finir et une autre qui devait éclater plus tard et qui allait causer d’énormes souffrances. En outre dans une vision impressionnante, elle fit voir aux trois pastoureaux les dommages immenses que le régime de l’Union soviétique, par son adhésion à l’athéisme allait causer à l’humanité, répandant ses erreurs à travers le monde…  »

En deux phrases, on ne compte pas moins de trois falsifications du Secret  !

Non, la Madone ne s’est pas adaptée aux «  capacités intellectuelles  » des pastoureaux puisqu’elle leur a dit des paroles dont ils n’ont pas compris la signification sur le moment, par exemple en employant le mot «  Russie  ». Le bienheureux François crut qu’il s’agissait de l’âne d’un voisin parce que les pastoureaux l’appelaient la “ Russe ”, tandis que Lucie pensa qu’il s’agissait d’une «  méchante femme  » qui portait ce nom et qu’elle ne connaissait pas.

Il est notable que le nom de «  Russie  », ne vient même pas sous la plume du cardinal Re.

Faut-il rappeler que Notre-Dame l’a prononcé trois fois le 13 juillet 1917 en demandant sa consécration et en annonçant sa conversion  ? Mais le cardinal n’y croit pas.

Non, la Madone ne s’est pas contentée d’une «  allusion (sic) aux deux guerres mondiales  », mais elle en a parlé explicitement, promettant que «  la guerre va finir  », seize mois avant l’armistice du 11 novembre 1918 qui mit fin à la Première Guerre mondiale.

Puis elle a annoncé la Seconde et son signe avant-coureur, vingt ans à l’avance  : «  Si on ne cesse d’offenser Dieu, sous le règne de Pie XI, en commencera une autre pire. Quand vous verrez une nuit illuminée par une lumière inconnue, sachez que c’est le grand signe…  » qui resplendit dans la nuit du 25 au 26 janvier 1938, deux mois avant l’Anschluss du 18 mars 1938.

Il est donc incontestable que le texte du Secret n’est pas une invention tardive de sœur Lucie, mais le mot à mot de ce qu’elle a entendu de ses oreilles le 13 juillet 1917 et qui s’est accompli à la lettre.

Le cardinal Re écrit encore  :

«   Le pape Jean-Paul II a voulu mettre en lumière comment le message de Fatima se situe au centre des préoccupations mondiales et des événements tragiques du siècle dernier, caractérisé par deux guerres mondiales et deux dictatures  : le nazisme (qui a duré douze ans) et le communisme de l’Union soviétique (qui a duré soixante-dix ans). Deux idéologies qui ont piétiné les droits de l’homme et qui ont causé d’immenses souffrances. Grande a été la lutte contre Dieu.  »

Le cardinal Re substitue aux prophéties du Secret l’idéologie conciliaire des «  droits de l’homme  ».

Le 13 juillet 1917, Notre-Dame n’a jamais parlé de l’Allemagne ni du «  nazisme  ». Ni de «  l’Union soviétique  », mais de la «  Russie  », de la seule Russie.

Dans son commentaire du Secret, le cardinal Ratzinger disait  : «  Avant tout (  !), nous devons (  !) affirmer avec le cardinal Sodano  : “ Les situations auxquelles fait référence la troisième partie du Secret de Fatima semblent désormais appartenir au passé. ” Dans la mesure où des événements particuliers sont représentés, ils appartiennent désormais au passé.  »

L’abbé de Nantes répondit à ces hauts prélats romains  : «  Il faut être frappé d’aveuglement pour ne pas voir dans la céleste vision du troisième Secret le film de notre terrifiant aujourd’hui. Les flammes émises par l’épée de feu de l’Ange exterminateur ne sont-elles pas ces guerres qui, d’un pôle du monde à l’autre, se propagent en Afrique, en Asie, en Amérique du Sud, aux Balkans, en Palestine, menaçant d’embraser tout l’univers  ?  »

Et que dire des persécutions annoncées dans le Secret  ! Le cardinal Re n’a-t-il jamais entendu le pape François évoquer avec une émotion communicative les martyrs de notre temps  ?

Comment ne pas constater que les prophéties de Notre-Dame sont en train de s’accomplir  ? Assurément, «   les bons sont martyrisés  ». Et l’ultime vision du Secret montre que le mystère de la circumincessante charité n’est pas interrompu pour autant  :

«   Sous les deux bras de la Croix, il y avait deux Anges, chacun avec un vase de cristal à la main, dans lequel ils recueillaient le sang des Martyrs, et avec lequel ils arrosaient les âmes qui s’approchaient de Dieu.  »

Le prélat romain écrit  : «  Maintenant que, par la volonté du pape Jean-Paul II, la troisième partie du Secret a été rendue publique, nous savons que dans la vision montrée aux trois pastoureaux, était aussi contenue la prévision que la lutte contre Dieu et contre l’Église parviendrait jusqu’au point de vouloir tuer le Pape. De fait, le 13 mai 1981, précisément un 13 mai   ! eut lieu l’attentat contre la vie du Pape.  »

Non, le Secret n’a pas seulement annoncé que l’on «  voudrait  » tuer le Pape. Il dit autre chose, à savoir que le Saint-Père «   fut tué  ». Ainsi la vision prophétique ne met pas en scène l’attentat manqué de 1981 contre Jean-Paul II, mais un véritable assassinat.

«  Comme l’a déclaré Jean-Paul II, la main de la Madone a dévié la trajectoire du projectile de manière que le Pape puisse survivre.  »

«  Mais c’est ridicule  !  » s’indignait l’abbé de Nantes.

«  Cette balle est maintenant incrustée dans la couronne posée sur la tête de la statue de la Madone, ici même à Fatima.  »

Quand notre Père l’avait appris, il avait aussitôt exprimé sa stupéfaction  : «  La balle qui aurait dû lui être un avertissement, Jean-Paul II s’en en fait une gloire, un miracle et, en la sertissant dans la couronne de la statue de Fatima, un gri-gri à sa gloire de maître et seigneur de “ Marie ” elle-même.  »

Retenons encore ces deux affirmations du prélat romain  : «   Le message de Fatima coïncide avec le message évangélique. Il nous recentre au cœur de l’Évangile et nous indique la voie qui conduit au Ciel.  »

Quelle est cette voie  ? Notre-Dame l’a révélée à Lucie dès le 13 juin 1917  :

«  Jésus veut se servir de toi afin de me faire connaître et aimer. Il veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur Immaculé. À qui embrassera cette dévotion, je promets le salut, ces âmes seront chéries de Dieu, comme des fleurs placées par moi pour orner son trône […].

«   Ne te décourage pas, je ne t’abandonnerai jamais  ! Mon Cœur Immaculé sera ton refuge et le chemin qui te conduira jusqu’à Dieu.

À force de réduire le message de Fatima à l’Évangile, toute mention du Cœur Immaculé de Marie a disparu sous la plume du cardinal Re, ainsi que les deux requêtes adressées au Saint-Père, touchant la consécration de la Russie et l’approbation de la communion réparatrice des premiers samedis du mois. L’erreur du cardinal est immense, car les révélations de Fatima s’accordent avec les visions prophétiques de l’Apocalypse, qui a précédé «   la mort du dernier Apôtre  », si je ne m’abuse  ! et qui contient le dévoilement de ce qui doit advenir depuis l’Ascension du Christ jusqu’à la consommation des siècles.

Mépriser ces prophéties, «  c’est grave, c’est un grand dommage, enseignait notre Père, et c’est une insulte à Dieu qui a parlé utilement pour nous et pour notre salut. C’est faute de services de renseignements que les armées les mieux organisées perdent les batailles. C’est faute d’avertissements inspirés que le monde se perd…

«  La réalisation littérale des prophéties apocalyptiques vient en renfort de notre foi, elle peut à elle seule persuader l’incroyant, et elle nourrit notre espérance.  »

Car tout reste à faire par le Saint-Père en notre année 2015, exactement comme Notre-Dame l’a déclaré le 13 juin 1929 à Tuy  : «  Le moment est venu où Dieu demande au Saint-Père de faire, en union avec tous les évêques du monde, la consécration de la Russie à mon Cœur Immaculé, promettant de la sauver par ce moyen. Elles sont si nombreuses les âmes que la justice de Dieu condamne pour des péchés commis contre moi, que je viens demander réparation. Sacrifie-toi à cette intention et prie.  » Il est encore temps  ! Notre-Seigneur lui-même disait, deux ans après, en août 1931  : «  Fais savoir à mes ministres, étant donné qu’ils suivent l’exemple du roi de France en retardant l’exécution de ma demande, qu’ils le suivront dans le malheur. Jamais il ne sera trop tard pour recourir à Jésus et à Marie.  »

Puisse le pape François accomplir ponctuellement les demandes du Ciel si empreintes de «  grâce et de miséricorde  ». Sinon les guerres continueront  ! Mais surtout, hélas  ! à trop tarder beaucoup d’âmes tomberont encore en enfer faute d’avoir pu connaître et aimer le Cœur Immaculé de Marie, leur tendre Mère et Reine.

frère Bruno de Jésus-Marie.