La Contre-Réforme catholique au XXIe siècle
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La Contre-Réforme Catholique au XXIe siècle

IL EST RESSUSCITÉ !

N° 159 – Janvier 2016

Rédaction : Frère Bruno Bonnet-Eymard


CAMP NOTRE-DAME DE FATIMA 2015

L’APOCALYPSE DE SAINT JEAN

 par frère Bruno de Jésus-Marie.

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II. L’AVENIR

L’Agneau

APRÈS la vision du Christ «  marchant  » (Ap 2, 1) au milieu de l’Église, de ses Églises d’Asie, Église militante ici-bas (Il est ressuscité n° 158, décembre 2015, p. 7-18), voici une nouvelle révélation, concernant «  ce qui doit arriver plus tard  » (Ap 1, 19).

SECONDE VISION INAUGURALE

4, 1. «  Une porte était ouverte au Ciel et la voix que j’avais naguère entendue me parler comme une trompette me dit  : “ Monte ici, que je te montre ce qui doit arriver par la suite. ”

2. «  À l’instant, je tombai en extase. Voici qu’un trône était dressé dans le Ciel et, siégeant sur le trône, Quelqu’un

3. «  Celui qui siège est comme une vision de jaspe et de cornaline  ; un arc-en-ciel autour du trône est comme une vision d’émeraude.

4. «  Vingt-quatre sièges entourent le trône, sur lesquels sont assis vingt-quatre Anciens vêtus de blanc, avec des couronnes d’or sur leurs têtes.

5. «  Du trône partent des éclairs, des voix et des tonnerres, et sept lampes de feu brûlent devant lui, les sept Esprits de Dieu.

6. «  Devant le trône, on dirait une mer, transparente autant que du cristal. Au milieu du trône et autour de lui se tiennent quatre Vivants, constellés d’yeux par-devant et par-derrière.

7. «  Le premier Vivant est comme un lion  ; le deuxième Vivant est comme un jeune taureau  ; le troisième Vivant est comme un visage d’homme  ; le quatrième Vivant est comme un aigle en plein vol.

8. «  Les quatre Vivants, portant chacun six ailes, sont constellés d’yeux tout autour et en dedans. Ils ne cessent de répéter jour et nuit  : “ Saint, Saint, Saint, Seigneur, Dieu Maître-de-tout. ”

«  Il était, Il est et Il vient  !  »

9. «  Et chaque fois que les Vivants offrent gloire, honneur et action de grâces à Celui qui siège sur le trône et qui vit dans les siècles des siècles,

10. «  les vingt-quatre Anciens se prosternent devant Celui qui siège sur le trône pour adorer Celui qui vit dans les siècles des siècles  ; ils lancent leurs couronnes devant le trône en disant  :

11. «  “ Tu es digne, ô notre Seigneur et notre Dieu, de recevoir la gloire, l’honneur et la puissance, car c’est toi qui créas l’univers  ; par ta volonté, il n’était pas et fut créé. ”  »

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4, 1. «  Une porte était ouverte au Ciel et la voix que j’avais naguère entendue me parler comme une trompette me dit  : “ Monte ici, que je te montre ce qui doit arriver par la suite. ”  »

Dans l’Ancien Testament, les prophètes Isaïe (6, 1-5), Ézéchiel (1, 4-28), Daniel (7, 2-14 et 10, 6), restent sur terre. Il y avait une séparation absolue  : il semble que le chemin est ouvert maintenant vers le Ciel.

2. «  À l’instant, je tombai en extase. Voici qu’un trône était dressé dans le Ciel et, siégeant sur le trône, Quelqu’un…  »

C’est une vision de lumière et de couleurs, sans figure, et pourtant c’est «  Quelqu’un  »  :

3. «  Celui qui siège est comme une vision de jaspe et de cornaline  ; un arc-en-ciel autour du trône est comme une vision d’émeraude.  »

Les enfants de Fatima, qui ne connaissaient pas les pierres précieuses, les pauvres petits  ! parlaient de «  la lumière qui est Dieu  », comme saint Jean (1 Jn 1, 5).

«  Un arc-en-ciel  », signe de l’alliance que Dieu a nouée avec la création depuis Noé (Gn 9, 12-17).

4. «  Vingt-quatre sièges entourent le trône, sur lesquels sont assis vingt-quatre Anciens vêtus de blanc, avec des couronnes d’or sur leurs têtes.  »

Ces «  Anciens  » sont des hommes glorifiés, les saints de l’Ancien Testament, patriarches, rois et prophètes qui ont bénéficié de l’Alliance  : depuis Noé, Abraham, Isaac, Jacob et ses douze fils, Moïse, David, Élie qui est revenu en la personne de Jean-Baptiste

Ils sont «  vêtus de blanc  », couleur de pureté et de victoire (Ap 3, 4).

Ils sont couronnés parce que vainqueurs. De qui, de quoi  ? Cela nous sera dit plus tard (Ap 12, 10).

5. «  Du trône partent des éclairs, des voix et des tonnerres, et sept lampes de feu brûlent devant lui, les sept Esprits de Dieu.  »

C’est l’Esprit-Saint «  septiforme  », nommé après ces «  Anciens  » qui siègent maintenant dans les Cieux, car il opère dans le monde depuis la Pentecôte par ses sept dons  : de sagesse, d’intelligence, de science, de piété, de force, de conseil, de crainte de Dieu (Is 11, 1-2).

6. «  Devant le trône, on dirait une mer, transparente autant que du cristal. Au milieu du trône et autour de lui se tiennent quatre Vivants, constellés d’yeux par-devant et par-derrière.  »

«  Une mer  »  : le «  ciel  » créé par Dieu «  pour séparer les eaux qui sont sous le firmament d’avec les eaux qui sont au-dessus du firmament  » (Gn 1, 7).

Que sont ces «  Vivants  », ni anges, ni Dieu, ni hommes  ?

7. «  Le premier Vivant est comme un lion  ; le deuxième Vivant est comme un jeune taureau  ; le troisième Vivant est comme un visage d’homme  ; le quatrième Vivant est comme un aigle en plein vol.  »

Ils sont quatre comme les quatre points cardinaux, et comme les quatre Évangélistes.

  •  «  Un lion  »  : symbole de Dieu lui-même.

«  Car moi, je suis comme un lion pour Éphraïm, comme un lionceau pour la maison de Juda  ; moi, moi, je déchirerai et je m’en irai, j’emporterai ma proie, et personne pour délivrer.  » (Os 5, 14)

Plus loin, le lion est le symbole du Messie, mais ce dernier ne fait qu’un avec son Père  :

«  L’un des Anciens me dit alors  : “ Ne pleure pas  ; il a remporté la victoire, le Lion de la tribu de Juda, le Rejeton de David  ; c’est lui qui ouvrira le livre aux sept sceaux. ”  » (Ap 5, 5)

Accomplissement de la bénédiction de Jacob sur son fils Juda  : «  Juda est un jeune lion […]. Le sceptre ne s’éloignera pas de Juda, ni le bâton de chef d’entre ses pieds, jusqu’à ce que le tribut lui soit apporté et que les peuples lui obéissent.  » (Gn 49, 9-10)

Symbole de saint Marc dont l’Évangile débute en compagnie des «  bêtes sauvages  » au désert  : «  Et aussitôt, l’Esprit le pousse au désert. Et il était dans le désert durant quarante jours, tenté par Satan. Et il était avec les bêtes sauvages et les anges le servaient.  » (Mc 1, 12-13)

  •  «  Un jeune taureau  »  : symbole de victime des sacrifices liturgiques, «  taureau, mouton ou chevreau  » (Lv 22, 19), symbole de saint Luc, dont l’Évangile s’ouvre sur le service de Zacharie au Temple de Jérusalem.
  •  «  Un visage d’homme  »  : symbole de saint ­Matthieu qui commence son Évangile par la «  généalogie de Jésus-Christ, fils de David, fils d’Abraham  » et le récit de sa naissance virginale (Mt 1, 1) par laquelle Dieu a pris «  un visage d’homme  ».
  •  «  Un aigle en plein vol  »  : le soin que l’aigle prend de ses petits est l’image de la sollicitude de Yahweh pour son peuple  : «  Tel un aigle qui veille sur son nid, plane au-dessus de ses petits, il déploie ses ailes et le prend, il le soutient sur son pennage.  » (Dt 32, 11) Le mot hébreu et le mot grec peuvent désigner dans la Bible aussi bien le vautour, prédateur (Lc 17, 37), que l’aigle, protecteur (Ap 12, 14).

Symbole de saint Jean pour la hauteur vertigineuse de son “ vol ”… contemplatif.

8. «  Les quatre Vivants, portant chacun six ailes, sont constellés d’yeux tout autour et en dedans.  »

Symboles de la mobilité d’un Dieu omniprésent dans l’univers de sa création, de sa science universelle et de sa providence.

«  Ils ne cessent de répéter jour et nuit  : “ Saint, Saint, Saint, Seigneur, Dieu Maître-de-tout. ”

«  Il était, Il est et Il vient  !  »

Trois fois “ saint ” parce qu’Ils sont trois  : le Père, le Fils et le Saint-Esprit, comme le prophète Isaïe l’a pressenti (Is 6, 3).

«  Maître-de-tout  », Pantokratôr, (Ap 1, 8), au singulier parce qu’ils ne sont qu’un, un seul Dieu dont le Nom est ’ ehyèh, «  Je Suis  »  : de toute éternité.

«  Il était  »  : l’imparfait exprime l’éternel présent de cette préexistence sans commencement ni fin.

«  Il est  », traduit le nom de Yahweh.

«  Il vient  » (Ap 1, 4). Est-ce à dire qu’il descend de son trône  ? Pour aller où  ?

9. «  Et chaque fois que les Vivants offrent gloire, honneur et action de grâces à Celui qui siège sur le trône et qui vit dans les siècles des siècles,

10. «  les vingt-quatre Anciens se prosternent devant Celui qui siège sur le trône pour adorer Celui qui vit dans les siècles des siècles  ; ils lancent leurs couronnes devant le trône en disant

Ils rendent grâces à Dieu pour leur vie, les mérites et la gloire qu’ils ont reçus de lui, et voici le motif de leur louange  :

11. «  “ Tu es digne, ô notre Seigneur et notre Dieu, de recevoir la gloire, l’honneur et la puissance, car c’est toi qui créas l’univers  ; par ta volonté, il n’était pas et fut créé. ”  »

Avant la création, racontée, révélée au début du livre de la Genèse, il n’y avait rien, que Dieu, de toute éternité. Et maintenant, l’univers est, lui aussi, parce qu’il a été créé.

Platon et Aristote n’ont pas compris cela. Seuls les inspirés, les “ Anciens ”, de l’Ancien Testament nous l’ont révélé et, par là, ils participent à la royauté de leur Maître Pantokratôr, et lui rendent hommage en lançant leur couronne en signe de vassalité.

L’AGNEAU

V, 1. «  Alors, j’aperçus dans la main droite de Celui qui siège sur le trône un livre roulé, écrit au recto et au verso. Il est scellé de sept sceaux.

2. «  Et je vis un Ange puissant proclamant à pleine voix  : “ Qui est digne d’ouvrir le livre et d’en briser les sceaux  ? ”

3. «  Mais nul n’était capable, ni dans le ciel, ni sur la terre, ni sous la terre, d’ouvrir le livre et de le lire.

4. «  Et moi, je pleurais fort de ce que nul ne s’était trouvé digne d’ouvrir le livre et de le lire.

5. «  L’un des Anciens me dit alors  : “ Ne pleure pas  ; il a remporté la victoire, le Lion de la tribu de Juda, le Rejeton de David  ; c’est lui qui ouvrira le livre aux sept sceaux. ”

6. «  Alors je vis, debout entre le trône aux quatre Vivants et les Anciens, un Agneau, comme égorgé, portant sept cornes et sept yeux, qui sont les sept Esprits de Dieu en mission par toute la terre.

7. «  Et l’Agneau s’en vint prendre le livre dans la main droite de Celui qui siège sur le trône.

8. «  Quand il l’eut pris, les quatre Vivants et les vingt-quatre Anciens se prosternèrent devant l’Agneau, tenant chacun une harpe et des coupes d’or pleines de parfums, les prières des saints.

9. «  Ils chantaient un cantique nouveau  : “ Tu es digne de prendre le livre et d’en ouvrir les sceaux, car tu fus égorgé et tu rachetas pour Dieu, au prix de ton sang, des hommes de toute race, langue, peuple et nation.

10. “ Tu as fait d’eux pour notre Dieu un Royaume de Prêtres régnant sur la terre. ”

11. «  Et ma vision se poursuivit. J’entendis la clameur d’une multitude d’Anges rassemblés autour du trône des Vivants et des Anciens. Ils se comptaient par myriades de myriades et par milliers de milliers  !

12. «  Ils crient à pleine voix. “ Digne est l’Agneau égorgé de recevoir la puissance, la richesse, la sagesse, la force, l’honneur, et la louange de la gloire. ”

13. «  Et toute créature, dans le ciel, et sur la terre, et sous la terre, et dans la mer, l’univers entier, je l’entendis s’écrier  : “ À Celui qui siège sur le trône, ainsi qu’à l’Agneau, la louange, l’honneur, la gloire et la puissance dans les siècles des siècles  ! ”

14. «  Et les quatre Vivants disaient  : “ Amen  ! ” et les Anciens se prosternèrent pour adorer.  »

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V, 1. «  Alors, j’aperçus dans la main droite de Celui qui siège sur le trône un livre roulé, écrit au recto et au verso.  »

«  Celui qui siège  », nous savons son Nom  : c’est “ Il est ”, Yahweh.

«  Un livre roulé  »  : non pas un “ codex ” dont on tourne les pages, mais un papyrus qu’on déroule, comme il s’en fabriquait à Pergame, tout en longueur. On le fermait en l’enroulant et en le scellant à la cire. Celui-là est «  écrit au recto et au verso  ».

«  Il est scellé de sept sceaux.  »

Sept cachets de cire, le septénaire de la plénitude. Ce «  livre  », biblion, est la Bible. Autrement dit, «  Celui qui siège sur le trône  » avait «  dans la main droite  » une Bible.

2. «  Et je vis un Ange puissant proclamant à pleine voix  : “ Qui est digne d’ouvrir le livre et d’en briser les sceaux  ? ”  »

Afin d’en permettre la lecture et l’interprétation.

3. «  Mais nul n’était capable, ni dans le ciel, ni sur la terre, ni sous la terre, d’ouvrir le livre et de le lire.  »

Ce livre n’est autre que l’Écriture sainte  : la Torah, la Loi, la Parole de Dieu, les témoignages des prophètes… chantés par les Psaumes comme un trésor inestimable, préférable à toutes les richesses du monde. Lumière de l’existence, consolation et joie du cœur…

4. «  Et moi, je pleurais fort de ce que nul ne s’était trouvé digne d’ouvrir le livre et de le lire.  »

C’est-à-dire de l’expliquer pour indiquer la voie à suivre, et ce qui doit venir.

5. «  L’un des Anciens me dit alors  : “ Ne pleure pas  ; il a remporté la victoire, le Lion de la tribu de Juda, le Rejeton de David  ; c’est lui qui ouvrira le livre aux sept sceaux. ”  »

Voilà la clef de l’énigme  : le «  Lion  », entre les quatre Vivants, c’est Lui, «  le Rejeton de David  » au «  visage d’homme  », mais aussi «  le jeune taureau  », victime du sacrifice, «  l’aigle en plein vol  »  ! (Ap 4, 7)

Qui  ? Voici  :

6. «  Alors je vis, debout entre le trône aux quatre Vivants et les Anciens, un Agneau, comme égorgé, portant sept cornes et sept yeux, qui sont les sept Esprits de Dieu en mission par toute la terre.  »

«  Un Agneau  »  : la première Parole entendue par Jean l’Évangéliste de la bouche de Jean le Baptiste fut  : «  Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde. C’est de lui que j’ai dit  : “ Derrière moi vient un homme qui est passé devant moi parce que avant moi il était. ”  » (Jn 1, 29-30) «  L’Ancien  » qui le montre du doigt… c’est peut-être encore lui, Jean-Baptiste…  ?

«  Comme égorgé  », parce que les saintes plaies de son immolation sont aux pieds, aux mains, au côté, et non pas à la gorge. Et il est là debout, parce qu’il est vivant, ressuscité.

Il porte sept cornes et sept yeux  : toute la puissance et la perfection du Saint-Esprit qui l’envoie aux quatre coins de la terre pour la sanctifier.

7. «  Et l’Agneau s’en vint prendre le livre dans la main droite de Celui qui siège sur le trône.  »

Dieu avait mis le livre des révélations dans la bouche d’Ézéchiel en lui disant de le manger (Ez 2, 8  3, 3). Tandis que l’Agneau prend le livre des mains de Celui qui trône et n’est autre que Dieu, son Père.

8. «  Quand il l’eut pris, les quatre Vivants et les vingt-quatre Anciens se prosternèrent devant l’Agneau, tenant chacun une harpe et des coupes d’or pleines de parfums, les prières des saints.  »

«  Une harpe  », comme David, et comme les vingt-quatre chantres du Temple de Jérusalem. Ils chantent des psaumes et des hymnes à leur Dieu. Voilà comment ces hommes de l’ancienne Loi commencent à prendre leur fonction dans le Ciel.

Les «  parfums  » signifient «  les prières des saints  », comme les cierges dans nos églises.

9. «  Ils chantaient un cantique nouveau  :  »

«  Nouveau  » par rapport au précédent, d’Ancien Testament, louant la Création (Ap 4, 11).

«  “ Tu es digne de prendre le livre et d’en ouvrir les sceaux, car tu fus égorgé et tu rachetas pour Dieu, au prix de ton sang, des hommes de toute race, langue, peuple et nation. ”  »

S’il «  prend le livre  », ce n’est pas pour le lire, mais pour en «  ouvrir les sceaux  », c’est-à-dire en accomplir le secret, le mystère, par son immolation, mystère de rédemption, au prix de son sang.

10. “ Tu as fait d’eux pour notre Dieu un Royaume de Prêtres régnant sur la terre. ”  »

C’était dit de l’ancien Israël, et maintenant, c’est l’Église, «  Royaume de Prêtres  », qui offre à Dieu ce Sacrifice «  sur la terre  » pour racheter chaque jour des hommes de toute race, langue, peuple et nation au prix de ce Sang Précieux.

11. «  Et ma vision se poursuivit. J’entendis la clameur d’une multitude d’Anges rassemblés autour du trône des Vivants et des Anciens. Ils se comptaient par myriades de myriades et par milliers de milliers  !  »

Il ne s’agit plus seulement du peuple juif.

12. «  Ils crient à pleine voix  :  »

Comme le jour de Noël, lorsqu’ils ont chanté aux bergers le Gloria in excelsis Deo.

«  “ Digne est l’Agneau égorgé de recevoir la puissance, la richesse, la sagesse, la force, l’honneur, et la louange de la gloire ”.  »

Le Dieu Créateur est aussi le Seigneur de l’histoire, à cause de son sacrifice, parce qu’il est «  l’Agneau immolé  ». C’est bien ce qu’annonçait l’Inconnu de l’Exil  : «  S’il accepte de poser sa vie en expiation, il verra une postérité, il prolongera ses jours, et ce qui plaît à Yahweh s’accomplira par lui. Après les épreuves de son âme, il verra la lumière et sera comblé. Par ses souffrances, mon Serviteur justifiera des multitudes en s’accablant lui-même de leurs fautes.  » (Is 53, 10-11)

13. «  Et toute créature, dans le ciel, et sur la terre, et sous la terre, et dans la mer, l’univers entier…  »

Saint Paul disait  : «  Que tout, au nom de Jésus, s’agenouille, au plus haut des cieux, sur la terre et dans les enfers.  » (Ph 2, 10)

«  … je l’entendis s’écrier  : “ À Celui qui siège sur le trône… ”

Toujours innommé…

“ ainsi qu’à l’Agneau… ”

Ils sont deux et pourtant ne font qu’un.

“ … la louange, l’honneur, la gloire et la puissance dans les siècles des siècles  ! ”  »

Saint Paul disait  : «  Et que toute langue proclame de Jésus-Christ, qu’il est Sauveur, à la gloire de Dieu le Père.  » (Ph 2, 11)

14. «  Et les quatre Vivants disaient  : “ Amen  ! ” et les Anciens se prosternèrent pour adorer.  »

C’est donc à l’Agneau qu’il appartient de prendre le livre et de le dérouler, avec l’acquiescement enthousiaste des patriarches, rois et prophètes de l’Ancien Testament, n’en déplaise à «  ceux qui usurpent le titre de juifs – une synagogue de Satan plutôt  !  » (Ap 2, 9)

LES SEPT SCEAUX

VI, 1. «  “ Et ma vision se poursuivit. Lorsque l’Agneau ouvrit l’un des sept sceaux, j’entendis le premier des quatre Vivants crier d’une voix de tonnerre  : “ Viens  ! ”

2. «  Et voici qu’apparut à mes yeux un cheval blanc  ; celui qui le montait tenait un arc  ; il lui fut donné une couronne, puis il sortit en vainqueur et pour vaincre.

3. «  Lorsqu’il ouvrit le deuxième sceau, j’entendis le deuxième Vivant crier  : “ Viens  ! ”

4. «  Alors surgit un autre cheval, rouge feu. Il fut donné à Celui qui le montait de bannir la paix hors de la terre, et que l’on s’égorgeât les uns les autres. Il lui fut donné pour cela une grande épée.

5. «  Lorsqu’il ouvrit le troisième sceau, j’entendis le troisième Vivant crier  : “ Viens  ! ” Et voici qu’apparut à mes yeux un cheval noir  ; celui qui le montait tenait à la main une balance.

6. «  Et j’entendis comme une voix, du milieu des quatre Vivants, qui disait  : “ Un litre de blé pour un denier, trois litres d’orge pour un denier  ! Quant à l’huile et au vin, ne les gâche pas  ! ”

7. «  Lorsqu’il ouvrit le quatrième sceau, j’entendis le cri du quatrième Vivant  : “ Viens  ! ”

8. «  Et voici qu’apparut à mes yeux un cheval verdâtre  ; celui qui le montait, on le nomme  : la Mort  ; et l’Hadès le suivait.

«  Alors, pouvoir leur fut donné sur le quart de la terre, pour exterminer par l’épée, par la faim, par la peste, et par les fauves de la terre.

9. «  Lorsqu’il ouvrit le cinquième sceau, j’aperçus sous l’autel les âmes de ceux qui furent égorgés pour la Parole de Dieu et le témoignage qu’ils avaient rendu.

10. «  Ils crièrent d’une voix puissante  : “ Jusques à quand, Maître saint et vrai, tarderas-tu à faire justice, à tirer vengeance de notre sang sur les habitants de la terre  ? ”

11. «  Alors on leur donna à chacun une robe blanche en leur disant de patienter encore un peu, le temps que fussent au complet leurs compagnons de service et leurs frères qui doivent être mis à mort comme eux.

12. «  Et ma vision se poursuivit. Lorsqu’il ouvrit le sixième sceau, alors il se fit un violent tremblement de terre, et le soleil devint noir comme une étoffe de crin, et la lune devint tout entière comme du sang,

13. «  et les astres du ciel s’abattirent sur la terre comme les figues avortées que projette un figuier tordu par la tempête,

14. «  et le ciel disparut comme un livre qu’on roule, et les monts et les îles s’arrachèrent de leur place.

15. «  Et les rois de la terre, et les grands, et les officiers, et les riches, et les gens influents, et tous enfin, esclaves ou hommes libres, ils allèrent se terrer dans les cavernes et parmi les rochers des montagnes,

16. «  disant aux montagnes et aux rochers  : “ Croulez sur nous et cachez-nous loin de Celui qui siège sur le trône et loin de la colère de l’Agneau. ”

17. «  Car il est arrivé, le grand Jour de sa colère, et qui donc peut tenir  ?  »

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VI, 1. «  “ Et ma vision se poursuivit. Lorsque l’Agneau ouvrit l’un des sept sceaux, j’entendis le premier des quatre Vivants crier d’une voix de tonnerre  : “ Viens  ! ”  »

L’heure de l’avènement annoncé par les saintes Écritures est venue.

2. «  Et voici qu’apparut à mes yeux un cheval blanc  ; celui qui le montait tenait un arc  ; il lui fut donné une couronne, puis il sortit en vainqueur et pour vaincre.  »

Jésus disait à ses Apôtres, avant d’entrer dans sa Passion  : «  J’ai vaincu le monde.  » (Jn 16, 34) C’est Lui  ! «  Le plus beau des enfants des hommes… Héros  » qui «  chevauche pour la cause de la vérité, de la piété, de la justice  » et «  tend la corde sur l’arc  » (Ps 45, 3-5).

Il a reçu de son Père la «  couronne  » promise au Messie  :

«  Tes flèches sont aiguës  ; des peuples tomberont à tes pieds  ; elles perceront le cœur des ennemis du roi. Yahweh, le roi se réjouit de ta force  ; comme ton secours le remplit d’allégresse  ! Tu lui as donné ce que son cœur désirait, tu n’as pas refusé ce que demandaient ses lèvres. Car tu l’as prévenu de bénédictions exquises, tu as mis sur sa tête une couronne d’or pur.  » (Ps 45, 6-8)

«  Venez contempler, filles de Sion, le roi Salomon, avec le diadème dont sa mère l’a couronné au jour de ses épousailles, au jour de la joie de son cœur.  » (Ct 3, 11)

Le Christ ouvre la série des sept sceaux, parce qu’il est le premier et le dernier, l’alpha et l’oméga de toute la Bible.

Saint Jean le dit dans son prologue  : «  Au commencement était le Verbe.  » Ici, le premier sceau brisé laisse voir le Verbe de Dieu, la Sagesse, la Parole de Dieu, sous la figure d’un cavalier monté sur un cheval blanc.

Dans le discours après la Cène, Jésus dit  : «  Je suis sorti d’auprès du Père et je suis venu dans le monde.  » (Jn 16, 28)

Lorsque le premier des Vivants crie d’une voix de tonnerre  : «  Viens  !  » c’est encore une réplique du prologue. Saint Jean nous dit du Verbe de Dieu qu’il est «  venu dans le monde  » (Jn 1, 9).

Le cavalier qui monte le cheval blanc tient un arc, mais il n’est pas dit qu’il s’en serve. Il va courir sa carrière en vainqueur sans s’en servir. Nous savons que Yahweh doit bander son arc au Jour du jugement, pour transpercer ses ennemis, mais tout au long de l’histoire, qui est la carrière du Verbe, Dieu n’exerce que sa miséricorde. Il fait entendre «  sa Parole  » à tout homme, «  tout homme venant en ce monde  », nous dit le prologue de saint Jean, et il conquiert les hommes par sa séduction, par sa grâce. Il leur donne pouvoir de «  devenir enfants de Dieu  ».

3. «  Lorsqu’il ouvrit le deuxième sceau, j’entendis le deuxième Vivant crier  : “ Viens  ! ”  »

4. «  Alors surgit un autre cheval, rouge feu. Il fut donné à Celui qui le montait de bannir la paix hors de la terre, et que l’on s’égorgeât les uns les autres. Il lui fut donné pour cela une grande épée.  »

Jésus nous en avait avertis  : «  Pensez-vous que je sois venu établir la paix sur la terre  ? Non point, je vous le dis, mais bien la division. Car, désormais, cinq dans une maison seront divisés  : trois contre deux, et deux contre trois. Ils seront divisés  : père contre fils et fils contre père, mère contre fille et fille contre la mère, belle-mère contre sa belle-fille et belle-fille contre la belle-mère.  » (Lc 12, 51-53)

Et Syméon l’avait déjà dit à Marie, sa Mère, au jour de la présentation de l’Enfant Jésus au Temple  :

«  Syméon les bénit et dit à Marie, sa Mère  : “ Vois  ! cet enfant doit amener la chute et le relèvement d’un grand nombre en Israël  ; il doit être un signe en butte à la contradiction, et toi-même, une épée te transpercera l’âme  ! afin que se révèlent les pensées intimes de bien des cœurs. ”  » (Lc 2, 34-35)

Le prologue de saint Jean aussi annonçait que ce Verbe de Dieu serait combattu, que les ténèbres essaieraient de l’étouffer. «  Et non comprehenderunt  », mais elles n’y parviendront pas. Il sera victorieux de tous ses ennemis au long des siècles (Jn 1, 5).

5. «  Lorsqu’il ouvrit le troisième sceau, j’entendis le troisième Vivant crier  : “ Viens  ! ” Et voici qu’apparut à mes yeux un cheval noir  ; celui qui le montait tenait à la main une balance.

6. «  Et j’entendis comme une voix, du milieu des quatre Vivants, qui disait  : “ Un litre de blé pour un denier, trois litres d’orge pour un denier  ! Quant à l’huile et au vin, ne les gâche pas  ! ”  »

Ce «  cheval noir  », figure la famine  : les denrées sont rationnées, et d’un prix exorbitant. 

7. «  Lorsqu’il ouvrit le quatrième sceau, j’entendis le cri du quatrième Vivant  : “ Viens  ! ”

8. «  Et voici qu’apparut à mes yeux un cheval verdâtre  ; celui qui le montait, on le nomme  : la Mort  ; et l’Hadès le suivait.  »

La couleur verdâtre est celle du cadavre qui se décompose. L’Hadès est le séjour des morts dont Jésus a la clef (Ap 1, 18) pour les en faire sortir, précisément.

«  Alors, pouvoir leur fut donné sur le quart de la terre, pour exterminer par l’épée, par la faim, par la peste, et par les fauves de la terre.  »

L’histoire à venir sera faite de quatre composantes. La première est non pas tellement le cours victorieux de l’Évangile à travers le monde par la prédication des Apôtres et de leurs successeurs, que le Verbe, la Parole de Dieu, la sagesse divine qui atteint tous les hommes, avant, pendant et après son Incarnation. Les calamités qui l’accompagnent nous rappellent que le paradis perdu n’est plus de ce monde. Et cependant, le bien est apporté par la Sagesse de Dieu révélée, le Verbe de Dieu qui parcourt la terre sur son cheval blanc.

Tandis que les trois autres chevaux vont rester là, sans sortir jusqu’à ce qu’on les envoie, lui, la première force dans l’histoire, qui l’emporte sur toutes les autres, c’est la Parole de Dieu qui s’en va résonner aux oreilles de tous les hommes.

Et puis, il y a ces fléaux coextensifs à l’histoire humaine. Tant qu’il y aura des hommes, il y aura la guerre, la famine et toutes sortes d’épidémies pour semer la mort  : à l’époque de saint Jean, c’était la peste. Aujourd’hui le sida, le cancer…

Et les «  bêtes féroces  » sont les persécuteurs qui sévissent au moment où saint Jean a ces visions.

«  Pouvoir leur fut donné sur le quart de la terre.  »

Depuis le commencement des temps jusqu’à la fin du monde, les peuples vivront dans une certaine tranquillité durant le cours de la vie terrestre, par la grâce du «  cavalier blanc  », mêlée de guerres, soulevées par ses ennemis, de famines et… nous mourrons tous… “ ou du moins, presque tous ”…

Telle est l’histoire humaine, révélée par ces quatre premiers sceaux, brisés pour donner carrière à ces quatre cavaliers.

9. «  Lorsqu’il ouvrit le cinquième sceau, j’aperçus sous l’autel les âmes de ceux qui furent égorgés pour la Parole de Dieu et le témoignage qu’ils avaient rendu.  »8_Ames-des-Elus

Avant même les martyrs chrétiens, ce sont les martyrs de l’Ancien Testament, qui ont versé leur sang, depuis l’innocent Abel tué par Caïn (Gn 4, 8), «  jusqu’au sang de Zacharie, fils de Barachie, que vous avez assassiné entre le sanctuaire et l’autel  », comme disait Notre-Seigneur aux scribes et aux pharisiens  : «  Serpents, engeance de vipères  ! Comment pourrez-vous échapper à la condamnation de la géhenne  ?  » (Mt 23, 33-35)

10. «  Ils crièrent d’une voix puissante  : “ Jusques à quand, Maître saint et vrai, tarderas-tu à faire justice, à tirer vengeance de notre sang sur les habitants de la terre  ? ”  »

«  Les habitants de la Terre  » sainte sont les juifs persécuteurs.

11. «  Alors on leur donna à chacun une robe blanche en leur disant de patienter encore un peu, le temps que fussent au complet leurs compagnons de service et leurs frères qui doivent être mis à mort comme eux.  »

De fait, depuis que Jésus a promis aux juifs persécuteurs le châtiment qu’ils méritent, il y a encore eu le martyre d’Étienne, de Jacques, frère de Jean, de Pierre et de Paul dénoncés par les juifs aux Romains.

12. «  Et ma vision se poursuivit. Lorsqu’il ouvrit le sixième sceau, alors il se fit un violent tremblement de terre, et le soleil devint noir comme une étoffe de crin, et la lune devint tout entière comme du sang.  »

L’Agneau continue de briser les sceaux sous les yeux de saint Jean afin que s’accomplissent les décrets divins contenus dans le livre des saintes Écritures (Jl 2, 10; 3, 4), et repris par Jésus (Mc 13, 24-25).

13. «  Et les astres du ciel s’abattirent sur la terre comme les figues avortées que projette un figuier tordu par la tempête.  »

La description s’inspire de plusieurs passages des prophètes (Is 34, 4).

14. «  Et le ciel disparut comme un livre qu’on roule, et les monts et les îles s’arrachèrent de leur place.  »

«  Un livre qu’on roule  »  : comme celui dont l’Agneau est en train de briser les sceaux pour en accomplir les oracles.

15. «  Et les rois de la terre, et les grands, et les officiers, et les riches, et les gens influents, et tous enfin, esclaves ou hommes libres, ils allèrent se terrer dans les cavernes et parmi les rochers des montagnes…  »

Le septénaire des ennemis de Dieu comprend  :

«  Les rois de la terre  » qui complotaient «  contre Dieu et son Messie  » (Ps 2, 2).

«  Les grands et les officiers  » de la cour du roi Hérode (Mc 6, 21).

«  Les riches  », comme ceux de l’Église de Laodicée (Ap 3, 17).

16. «  … disant aux montagnes et aux rochers  : “ Croulez sur nous et cachez-nous loin de Celui qui siège sur le trône et loin de la colère de l’Agneau. ”  »

«  L’Agneau  » se mettrait-il en colère  ? Oui, cela s’est vu au moins une fois dans l’Évangile (Mc 3, 5).

17. «  Car il est arrivé, le grand Jour de sa colère, et qui donc peut tenir  ?  »

C’est la fin du monde. Eh bien… non  !

LE SIGNE DE LA CROIX

VII, 1. «  Après quoi j’aperçus quatre Anges, debout aux quatre coins de la terre, retenant les quatre vents de la terre pour qu’il ne soufflât point de vent, ni sur la terre, ni sur la mer, ni sur aucun arbre.  »

2. «  Puis je vis un autre Ange monter de l’orient, portant le sceau du Dieu vivant  ; il cria d’une voix puissante aux quatre Anges auxquels il fut donné de malmener la terre et la mer  :

3. “ Attendez, pour malmener la terre et la mer et les arbres, que nous ayons marqué au front les serviteurs de notre Dieu. ”

4. «  Et j’appris combien furent alors marqués du sceau  : cent ­quarante-quatre mille de toutes les tribus des fils d’Israël.

5. «   De la tribu de Juda, douze mille  ; de la tribu de Ruben, douze mille  ; de la tribu de Gad, douze mille  ;

6. «   de la tribu d’Aser, douze mille  ; de la tribu de Nephtali, douze mille  ; de la tribu de Manassé, douze mille  ;

7. «   de la tribu de Siméon, douze mille  ; de la tribu de Lévi, douze mille  ; de la tribu d’Issachar, douze mille  ;

8. «   de la tribu de Zabulon, douze mille  ; de la tribu de Joseph, douze mille  ; de la tribu de Benjamin, douze mille furent marqués.

9. «  Après quoi, voici qu’apparut à mes yeux une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer, de toute nation, race, peuple et langue  ; debout devant le trône et devant l’Agneau, vêtus de robes blanches, des palmes à la main.

10. «  Ils crient d’une voix puissante  : “ Le salut à notre Dieu, qui siège sur le trône, ainsi qu’à l’Agneau  ! ”

11. «  Et tous les Anges en cercle autour du trône des Anciens et des quatre Vivants, se prosternèrent devant le trône, la face contre terre, pour adorer Dieu.

12. «  Ils disaient  : “ Amen  ! Louange de gloire, sagesse, action de grâces, honneur, puissance et force à notre Dieu pour les siècles des siècles  ! Amen  ! ”

13. «  L’un des Anciens prit alors la parole et me dit  : “ Ces gens vêtus de robes blanches, qui sont-ils et d’où viennent-ils  ? ”

14. «  Et moi de répondre  : “ Monseigneur, c’est toi qui le sais. ” Il reprit  : “ Ce sont ceux qui viennent de la grande épreuve  : ils ont lavé leurs robes et les ont blanchies dans le sang de l’Agneau.

15. “ C’est pourquoi ils sont devant le trône de Dieu, le servant jour et nuit dans son temple  ; et Celui qui siège sur le trône étendra sur eux sa tente.

16. “ Jamais plus ils ne souffriront de la faim ni de la soif  ; jamais plus ils ne seront accablés par le soleil, ni par aucun vent brûlant.

17. “ Car l’Agneau qui se tient au milieu du trône sera leur pasteur et les conduira aux sources des eaux de la vie. Et Dieu essuiera toute larme de leurs yeux. ”  »

*
*       *

VII, 1. «  Après quoi j’aperçus quatre Anges, debout aux quatre coins de la terre, retenant les quatre vents de la terre pour qu’il ne soufflât point de vent, ni sur la terre, ni sur la mer, ni sur aucun arbre.  »

Avant l’ouverture du septième sceau (Ap 8, 1) et en contraste avec la frayeur universelle (6, 15-17), au moment où la colère de Dieu va éclater comme un orage, une accalmie tient tout dans l’attente. Les «  quatre Anges  » retiennent les vents, «  aux quatre coins de la terre  », comme des cavaliers prêts à se jeter à l’assaut de la terre et de ses arbres et de la mer, afin de mettre à part les élus de l’Ancien Testament. Jésus l’avait annoncé (Mc 13, 27).

2. «  Puis je vis un autre Ange monter de l’orient, portant le sceau du Dieu vivant.  »

«  Le sceau du Dieu vivant  »  : la marque désignant l’appartenance à Dieu.

«  Il cria d’une voix puissante aux quatre Anges auxquels il fut donné de malmener la terre et la mer  :

3. “ Attendez, pour malmener la terre et la mer et les arbres, que nous ayons marqué au front les serviteurs de notre Dieu. ”  »

Avant le grand cataclysme que doit déchaîner la colère de Dieu, il faut marquer ceux qui seront épargnés.

Caïn avait été marqué de ce sceau, lui, l’homicide  ! «  Yahweh lui dit  : “ Eh bien  ! si quelqu’un tue Caïn, Caïn sera vengé sept fois. ”  » (Gn 4, 15)

Au passage de l’Ange exterminateur de la dixième plaie d’Égypte, furent épargnés les Hébreux qui avaient marqué du sang de l’Agneau de la Pâque la porte de leur maison «  sur les deux montants et le linteau  », ce qui dessine un tav, la dernière lettre de l’alphabet hébreu qui avait la forme d’une croix (Ex 12, 7). Et ils quittèrent l’Égypte derrière Moïse.

Mille cinq cents ans plus tard, les juifs justes, fidèles à Yahweh dans Jérusalem corrompue, sont marqués du même signe de croix mystérieux, et sont épargnés par la colère de l’Agneau.

4. «  Et j’appris combien furent alors marqués du sceau  : cent ­quarante-quatre mille de toutes les tribus des fils d’Israël.  »

Les tribus d’Israël qui sont au nombre de douze, comptent mille élus chacune.

5. «   De la tribu de Juda, douze mille.  »

En tête comme tribu du Messie.

 «   De la tribu de Ruben, douze mille.  »

C’est le «  premier-né d’Israël  » (Nb 1, 20)

 «  De la tribu de Gad, douze mille.

6. «   De la tribu d’Aser, douze mille. De la tribu de Nephtali, douze mille. De la tribu de Manassé, douze mille.  »

Manassé, fils de Joseph, remplace la tribu de Dan, absente, parce que, selon la tradition, c’est d’elle que devait naître l’Antichrist (Gn 49, 17)… Donc, le compte y est  :

7. «   De la tribu de Siméon, douze mille. De la tribu de Lévi, douze mille. De la tribu d’Issachar, douze mille.

8. «   De la tribu de Zabulon, douze mille. De la tribu de Joseph, douze mille.

De Joseph lui-même, père de Manassé.

«  De la tribu de Benjamin, douze mille furent marqués.  »

12 000 de chaque tribu × 12 = 144 000 juifs de toutes les tribus d’Israël. Ça fait beaucoup, mais enfin, c’est un nombre achevé, limité.

Mais ce n’est pas tout.

9. «  Après quoi, voici qu’apparut à mes yeux une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer, de toute nation, race, peuple et langue  ; debout devant le trône et devant l’Agneau, vêtus de robes blanches, des palmes à la main.  »

Les enfants d’Israël ne sont donc pas les seuls à être sauvés  !

«  Que nul ne pouvait dénombrer  » à la différence des 144 000 juifs.

10. «  Ils crient d’une voix puissante  : “ Le salut à notre Dieu, qui siège sur le trône, ainsi qu’à l’Agneau  ! ”

11. «  Et tous les Anges en cercle autour du trône des Anciens et des quatre Vivants, se prosternèrent devant le trône, la face contre terre, pour adorer Dieu.

12. «  Ils disaient  : “ Amen  ! Louange de gloire, sagesse, action de grâces, honneur, puissance et force à notre Dieu pour les siècles des siècles  ! Amen  ! ”  » 

Cette doxologie comprend les mêmes termes que celle qui s’adresse à «  l’Agneau égorgé  » (Ap 5, 12), à l’exception de la «  richesse  » remplacée ici par «  l’action de grâces  » (cf. Ap 4, 9).

13. «  L’un des Anciens prit alors la parole et me dit  : “ Ces gens vêtus de robes blanches, qui sont-ils et d’où viennent-ils  ? ”  »

14. «  Et moi de répondre  : “ Monseigneur, c’est toi qui le sais. ” Il reprit  : “ Ce sont ceux qui viennent de la grande épreuve  : ils ont lavé leurs robes et les ont blanchies dans le sang de l’Agneau. ”  »

Baptisés dans «  le sang de l’Agneau  », cette source de toute purification et innocence, les chrétiens bénéficient des effets de la Rédemption. L’histoire ne se termine pas au nombre parfait atteint par le peuple élu. La Pentecôte marque le passage de l’Ancien au Nouveau Testament  : tous les peuples, toutes les races, toutes les nations de toute langue sont appelés au salut.

Les cent quarante-quatre mille juifs ont témoigné de la Loi, ils sont morts très courageusement comme les Maccabées pour le livre de la Torah, la Parole de Dieu, le Verbe sans visage ni sacrements. Ce peuple était royal et sacerdotal de manière fort imparfaite, tandis que cette multitude vêtue de lin blanc est le saint peuple de Dieu, c’est l’Église des martyrs.

15. «  “ C’est pourquoi ils sont devant le trône de Dieu, le servant jour et nuit dans son temple  ; et Celui qui siège sur le trône étendra sur eux sa tente. ”

Est-ce sur la terre  ? Est-ce dans le Ciel  ? Les deux  ! Que ce soit dans nos églises de la terre, ou dans l’assemblée du Ciel, nous méditons la loi du Seigneur dans l’intime sanctuaire de l’Église triomphante et militante  ; jour et nuit, nous chantons la grâce de Dieu dans notre Office divin.

16. «  “ Jamais plus ils ne souffriront de la faim ni de la soif  ; jamais plus ils ne seront accablés par le soleil, ni par aucun vent brûlant. ”

Selon la promesse d’Isaïe  : «  Ils n’auront pas faim, ils n’auront pas soif  ; ni le sable brûlant, ni le soleil ne les atteindront. Car celui qui a pitié d’eux sera leur guide, et les conduira aux eaux jaillissantes.  » (Is 49, 10)

C’est le Paradis  : au terme de l’histoire universelle, en accomplissement des promesses faites aux Églises.

17. «  “ Car l’Agneau qui se tient au milieu du trône sera leur pasteur et les conduira aux sources des eaux de la vie. ”  »

«  L’Agneau qui se tient au milieu du trône  » ne fait qu’un avec “ Celui ” qui y siège…

«  … sera leur pasteur et les conduira aux sources des eaux de la vie  ». Il est donc au Ciel, mais il marche avec eux sur la terre, ce désert, pour les conduire vers les eaux vives de la vie éternelle.

«  “ Et Dieu essuiera toute larme de leurs yeux. ”  »

Comme l’avait déjà promis Isaïe (25, 8).

Ce sera la béatitude du Ciel.

LES SEPT TROMPETTES DU JUGEMENT

VIII, 1. «  Et lorsque l’Agneau ouvrit le septième sceau, il se fit un silence dans le ciel, environ une demi-heure

2. «  Je vis ensuite les sept Anges qui se tiennent devant Dieu. Il leur fut remis sept trompettes.

3. «  Un autre Ange vint alors se placer sur l’autel, muni d’un encensoir d’or. Et il lui fut donné beaucoup de parfums pour les offrir avec les prières de tous les saints, sur l’autel d’or qui est devant le trône.

4. «  Et la fumée des parfums monta de la main de l’Ange, avec les prières des saints, devant Dieu.

5. «  Puis l’Ange saisit l’encensoir et l’emplit du feu de l’autel qu’il jeta sur la terre. Ce furent alors des tonnerres, des voix et des éclairs, et tout trembla.

6. «  Les sept Anges aux sept trompettes se préparèrent à sonner.  »

*
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VIII, 1. «  Et lorsque l’Agneau ouvrit le septième sceau, il se fit un silence dans le ciel, environ une demi-heure…  »

«  Environ une demi-heure  »  : on ne rencontre cette expression nulle part ailleurs dans la Bible. C’est la durée très brève d’un «  silence  » solennel précédant le jugement de Dieu qui va intervenir.

Seule la rupture du septième sceau permet de dérouler le livre et l’histoire qu’il renferme entre le bien dispensé par le cavalier blanc, et les maux qui sont de notre condition terrestre  : guerres, famines, maladies, persécutions, conduisant à sa consommation.

2. «  Je vis ensuite les sept Anges qui se tiennent devant Dieu. Il leur fut remis sept trompettes.  »

Parmi ces sept anges, nous connaissons déjà saint Raphaël par le livre de Tobie, saint Michel par le livre de Daniel, saint Gabriel par sa mission auprès de Marie, au début de l’Évangile. Ils sont sept, chiffre de la plénitude, de l’accomplissement du jugement de Dieu que les trompettes vont sonner.

3. «  Un autre Ange vint alors se placer sur l’autel, muni d’un encensoir d’or. Et il lui fut donné beaucoup de parfums pour les offrir avec les prières de tous les saints, sur l’autel d’or qui est devant le trône.  »

«  Un autre ange  »  : un huitième. Il agit, lui, au-delà des temps, dans une liturgie céleste qui se déroule parallèlement au combat terrestre. Cette vision nous fait connaître la vie du Ciel  : le geste de l’Ange est un geste plein de paix et de douceur. Il semble que le Ciel et la terre se touchent.

4. «  Et la fumée des parfums monta de la main de l’Ange, avec les prières des saints, devant Dieu.  »

Cette liturgie céleste associe les «  saints  » de l’Église triomphante à ceux de l’Église militante.

5. «  Puis l’Ange saisit l’encensoir et l’emplit du feu de l’autel qu’il jeta sur la terre.  »

Le feu du Ciel sur la terre  : c’est l’heure du jugement de Dieu  ! Comme jadis sur Sodome et Gomorrhe (Gn 19, 24). Et ici  : sur quelle «  terre  »  ?

«  Ce furent alors des tonnerres, des voix et des éclairs, et tout trembla.  »

Comme dans la vision inaugurale (Ap 4, 5), comme sur le mont Sinaï (Ex 19, 16).

Le tremblement de terre annonce le jugement de Dieu.

6. «  Les sept Anges aux sept trompettes se préparèrent à sonner.  »

Avant d’atteindre «  ceux qui habitent sur la terre  » (Ap 8, 13), la colère de Dieu s’appesantit sur la végétation.

QUATRE FLÉAUX

7. «  Le premier sonna de la trompette, et il y eut de la grêle et du feu mêlés de sang qui furent jetés sur la terre  : et le tiers de la terre fut consumé, et le tiers des arbres fut consumé, et toute herbe verte fut consumée.

8. «  Et le deuxième Ange sonna de la trompette, et quelque chose comme une grande montagne brûlée par le feu fut jeté dans la mer. Et le tiers de la mer devint du sang.

9. «  Il périt ainsi le tiers des créatures vivant dans la mer, et le tiers des navires fut détruit.

10. «  Et le troisième Ange sonna de la trompette, et il tomba du ciel une grande étoile, comme un globe de feu. Il tomba sur le tiers des fleuves et sur les sources.

11. «  L’astre se nomme “ Absinthe ”  : le tiers des eaux se changea en absinthe, et bien des gens moururent de ces eaux devenues amères.

12. «  Et le quatrième Ange sonna de la trompette. Alors furent frappés le tiers du soleil et le tiers de la lune et le tiers des étoiles  : ils s’assombrirent d’un tiers, et le jour perdit le tiers de sa clarté, et la nuit de même.  »

*
*       *

7. «  Le premier sonna de la trompette, et il y eut de la grêle et du feu mêlés de sang qui furent jetés sur la terre  : et le tiers de la terre fut consumé, et le tiers des arbres fut consumé, et toute herbe verte fut consumée.  »

Orages et dévastations agricoles qui ressemblent à la septième plaie d’Égypte (Ex 9, 24)  : la grêle, le feu et le sang consument tout.

8. «  Et le deuxième Ange sonna de la trompette, et quelque chose comme une grande montagne brûlée par le feu fut jeté dans la mer. Et le tiers de la mer devint du sang.  »

«  Une grande montagne brûlée  »  : l’image est reprise de Jérémie annonçant le châtiment de Babylone, elle-même dénommée «  Mont de la Destruction  »  : «  Je te ferai rouler du haut des rochers et je ferai de toi une montagne brûlée  » (Jr 51, 25). L’image prophétique a été reprise par Georges de Nantes le 25 septembre 1964, entre la deuxième et la troisième session du Concile, en présence du fléau déclenché par la Réforme, pour sonner l’alarme  : «  Le rocher s’est détaché de la montagne. Il roule maintenant dans un bruit de tonnerre et vous prétendez l’arrêter  ? On l’aurait ainsi précipité pour se donner l’avantage de l’arrêter maintenant  ? Nul ne sait, en vérité, en quels abîmes il ira s’écraser.  » (Lettre à mes amis n° 184)

Ce deuxième fléau étend à la mer ce que la première plaie d’Égypte disait du Nil  : «  Yahweh dit à Moïse  : “ Dis à Aaron  : Prends ton bâton et étends ta main sur les eaux de l’Égypte, sur ses rivières, sur ses canaux, sur ses étangs et sur tous ses réservoirs d’eau. Elles deviendront du sang, et il y aura du sang dans tout le pays d’Égypte, dans les vases de bois comme dans les vases de pierre. ”  » (Ex 7, 19)

9. «  Il périt ainsi le tiers des créatures vivant dans la mer, et le tiers des navires fut détruit.  »

Ces fléaux qui, jadis, sauvèrent les juifs en les délivrant de leur esclavage d’Égypte, ici se retournent contre eux. Les Hébreux, qui ont quitté l’Égypte pour entrer dans le désert puis en Terre promise, ­ressemblent aux Égyptiens. Ils sont frappés des mêmes fléaux qui ne détruisent qu’un tiers du domaine où ils sévissent, pour servir de leçon aux deux tiers épargnés.

10. «  Et le troisième Ange sonna de la trompette, et il tomba du ciel une grande étoile, comme un globe de feu. Il tomba sur le tiers des fleuves et sur les sources.  »

«  Tomba du ciel une grande étoile  »  : l’image est reprise du prophète Isaïe annonçant la chute du roi de Babylone (Is 14, 12).

Jésus lui-même avait annoncé  : «  Les étoiles se mettront à tomber du ciel.  » (Mt 13, 25)

11. «  L’astre se nomme “ Absinthe ”  : le tiers des eaux se changea en absinthe, et bien des gens moururent de ces eaux devenues amères.  »

Ce troisième fléau transforme les fleuves et les sources en eaux imbuvables à force d’amertume et de poison, ce qui est une extension de la première plaie, et rappelle l’épisode des eaux de Mara  :

«  Moïse fit partir Israël de la mer Rouge. Ils s’avancèrent vers le désert du Sur, et marchèrent trois jours dans ce désert sans trouver d’eau. Ils arrivèrent à Mara, mais ils ne purent boire l’eau de Mara, parce qu’elle était amère. C’est pourquoi ce lieu fut appelé Mara. Le peuple murmura contre Moïse, en disant  : “ Que boirons-nous  ? ” Moïse cria à Yahweh, et Yahweh lui indiqua un bois  ; il le jeta dans l’eau, et l’eau devint douce. Là Yahweh donna au peuple un statut et un droit, et là il le mit à l’épreuve.  » (Ex 15, 22-25)

Fidèles à eux-mêmes, les Hébreux se montrent rétifs en rejetant jusqu’aux bienfaits de Dieu. L’endurcissement de Pharaon préfigurait celui des fils d’Israël, depuis leur séjour au désert jusqu’à la Terre sainte dont les eaux vont leur devenir amères.

12. «  Et le quatrième Ange sonna de la trompette. Alors furent frappés le tiers du soleil et le tiers de la lune et le tiers des étoiles  : ils s’assombrirent d’un tiers, et le jour perdit le tiers de sa clarté, et la nuit de même.  »

Le quatrième fléau reprend la neuvième plaie d’Égypte, celle des ténèbres, qui sera suivie de la dernière, la mort des premiers-nés. À nous, elle rappelle les ténèbres qui couvrent la terre à la mort de Jésus, le premier-né de la Vierge Marie, qui sera le premier-né d’entre les morts  : «  À partir de la sixième heure, l’obscurité se fit sur toute la terre, jusqu’à la neuvième heure.  » (Mt 27, 45) C’était le commencement du jugement des juifs qui ont jugé, condamné et assassiné leur Messie.

TROIS «  MALHEURS  »

VIII, 13. «  Et ma vision se poursuivit. J’entendis un aigle volant au zénith et criant d’une voix puissante  : “ Malheur, malheur, malheur aux habitants de la terre, à cause de la voix des dernières trompettes dont les trois Anges vont sonner. ”

IX, 1. «  Et le cinquième Ange sonna de la trompette. Alors je vis un astre qui du ciel avait chu sur la terre. La clef du puits de l’Abîme lui fut remise.

2. «  Il ouvrit le puits de l’Abîme et il en monta une fumée, comme celle d’une immense fournaise, le soleil et l’atmosphère en furent obscurcis.

3. «  Et de cette fumée, des sauterelles se répandirent sur la terre  ; un pouvoir pareil à celui des scorpions de la terre leur fut donné.

4. «  Il leur fut recommandé d’épargner les prairies, toute verdure et tout arbre, et de s’en prendre seulement aux hommes qui ne porteraient pas sur le front le sceau de Dieu.

5. «  Il leur fut donné, non point de les tuer, mais de les tourmenter durant cinq mois.

«  La douleur qu’elles provoquent ressemble à la piqûre de scorpion.

6. «  En ces jours-là, les hommes rechercheront la mort sans la trouver, ils souhaiteront mourir et voilà que la mort les fuira  !

7. «  Or ces sauterelles, à les voir, font penser à des chevaux équipés pour la guerre.

«  Sur leurs têtes on dirait des couronnes d’or, et leurs faces rappellent des faces humaines  ;

8. «  leurs cheveux, des chevelures de femmes, et leurs dents, des dents de lions  ;

9. «  leur thorax, des cuirasses de fer, et le bruit de leurs ailes, le vacarme de chars aux multiples chevaux se ruant au combat.

10. «  Elles ont des queues pareilles à des scorpions, avec des dards  ; et dans leurs queues se trouve le pouvoir de torturer les hommes durant cinq mois.

11. «  À leur tête, comme roi, elles ont l’Ange de l’Abîme  ; il s’appelle en hébreu  : “ Abaddôn ”, et en grec  : “ Apollyôn ”.

12. «  Le premier “ Malheur ” a passé, voici encore deux “ Malheurs ” qui le suivent.

13. «  Et le sixième Ange sonna de la trompette. Alors j’entendis une voix venant des quatre cornes de l’autel d’or placé devant Dieu.

14. «  Elle dit au sixième Ange portant trompette  : “ Relâche les quatre Anges enchaînés sur le grand fleuve Euphrate. ”

15. «  Et les quatre Anges qui se tenaient prêts pour l’heure et le jour, et le mois, et l’année, furent déchaînés afin d’exterminer le tiers des hommes.

16. «  Et le nombre des cavaliers en campagne était de deux myriades de myriades,  j’entendis leur nombre.

17. «  Et voici comment, dans ma vision, je vis les chevaux et ceux qui les montaient  : ceux-ci portent des cuirasses de feu, d’hyacinthe et de soufre  ; quant aux chevaux, leur tête est comme celle du lion, et leur bouche crache feu et fumée et soufre.

18. «  Alors le tiers des hommes fut exterminé par ces trois fléaux  : le feu, la fumée et le soufre vomis de la bouche des chevaux.

19. «  Car la puissance des chevaux réside en leur bouche  ; elle réside aussi dans leur queue  : ces queues, en effet, ainsi que des serpents, sont munies de têtes dont elles se servent pour nuire.

20. «  Or, les hommes échappés à l’hécatombe de ces fléaux ne renoncèrent même pas aux œuvres de leurs mains  : ils ne cessèrent d’adorer les démons, ces idoles d’or, d’argent, de bronze, de pierre et de bois, incapables de voir, d’entendre ou de marcher.

21. «  Ils n’abandonnèrent ni leurs meurtres, ni leurs sorcelleries, ni leurs débauches, ni leurs rapines.  »

*
*       *15_1re-trompette-et-aigle

VIII, 13. «  Et ma vision se poursuivit. J’entendis un aigle volant au zénith et criant d’une voix puissante  : “ Malheur, malheur, malheur aux habitants de la terre, à cause de la voix des dernières trompettes dont les trois Anges vont sonner. ”.  »

Après les châtiments qui visent les arbres, les eaux, les astres, voici trois malheurs sur «  les habitants de la terre  ».

«  La terre  », ha – ’aretz en hébreu, est la Terre promise. «  Les habitants de la terre  » (sainte) sont les juifs.

Et «  l’aigle  » est la personnification de l’envahisseur traditionnel, le roi d’Assur  : «  Il passera en Juda, inondera et traversera  ; il atteindra jusqu’au cou, et le déploiement de ses ailes couvrira toute l’étendue de ton pays, Emmanuel.  » (Is 8, 8)

Ici, il annonce l’invasion de Rome, dont l’empereur règne sur l’Orient et l’Occident, c’est pourquoi l’aigle se tient au milieu du ciel, «  au zénith  ». De là, il va fondre sur ce petit peuple juif.

La cinquième trompette est le premier des trois «  malheurs  », accomplissant les malédictions de Jésus (Mt 23, 13-32).

PREMIER «  MALHEUR  ».

IX, 1. «  Et le cinquième Ange sonna de la trompette. Alors je vis un astre qui du ciel avait chu sur la terre.  »

C’est lui que Jésus voyait tomber sur la terre pendant que ses disciples prêchaient l’Évangile  : «  Je voyais Satan tomber du ciel comme l’éclair.  » (Lc 10, 18) Il y a quelque chose de démoniaque dans cette invasion des troupes romaines.

«  La clef du puits de l’Abîme lui fut remise.  »

Première «  révélation  » de l’enfer, comme d’une prison souterraine, terreur des démons eux-mêmes  ! (Lc 8, 31)

2. «  Il ouvrit le puits de l’Abîme et il en monta une fumée, comme celle d’une immense fournaise, le soleil et l’atmosphère en furent obscurcis.  »

Comme aux jours du châtiment de Sodome et Gomorrhe (Gn 19, 28).

3. «  Et de cette fumée, des sauterelles se répandirent sur la terre  ; un pouvoir pareil à celui des scorpions de la terre leur fut donné.  »

Saint Jean écrit avant la victoire romaine, en se servant de Joël pour exprimer la férocité et la puissance terrifiante de l’invasion ennemie qui sera l’instrument, sorti de l’enfer, du châtiment divin (Jl 1, 4). Comparée à une nuée de sauterelles qui mangent tout  : fruits de la vigne ou du verger, jeunes pousses, feuilles, tout  ; il ne reste plus rien. Effrayant  ! «  Faites donner la cavalerie, horde de sauterelles hérissées.  » (Jr 51, 27)

En se servant des images des anciens prophètes, du temps des invasions des Assyriens, saint Jean montre bien qu’il écrit avant l’événement, avant l’invasion des Romains. Les Romains ne détruisaient pas ainsi. Ils n’étaient pas des barbares.

Cependant, le «  puits de l’Abîme  » (Ap 9, 2) d’où sortent ces insectes, leur malfaisance dévastatrice, leur structure fantastique, et la royauté de «  l’Ange de l’Abîme  » (v, 11), montrent assez que ces «  sauterelles  » sont des démons.

4. «  Il leur fut recommandé d’épargner les prairies, toute verdure et tout arbre, et de s’en prendre seulement aux hommes qui ne porteraient pas sur le front le sceau de Dieu.  »

Pas de pardon pour eux.

Les pharisiens portaient des phylactères sur le front. La Loi était écrite sur des rouleaux enfermés dans des petites boîtes en argent qu’ils portaient orgueilleusement sur le front. Les chrétiens portent le signe de la Croix reçu au baptême (Ap 7, 3).

5. «  Il leur fut donné, non point de les tuer, mais de les tourmenter durant cinq mois.  »

Par la guerre Juive, Dieu ne veut pas les anéantir, mais seulement qu’ils se convertissent et qu’ils vivent.

«  La douleur qu’elles provoquent ressemble à la piqûre de scorpion.  »

Invitation au repentir.

6. «  En ces jours-là, les hommes rechercheront la mort sans la trouver, ils souhaiteront mourir et voilà que la mort les fuira  !

Au lieu de se repentir  ! Ce qui montre leur esprit de malice et de perversité foncière, invétérée, irrémédiable.

7. «  Or ces sauterelles, à les voir, font penser à des chevaux équipés pour la guerre.

«  Sur leurs têtes on dirait des couronnes d’or, et leurs faces rappellent des faces humaines  ;…  »

La description s’inspire du prophète Joël (2, 4) et exprime l’admiration des juifs pour la civilisation romaine.

8. «  … leurs cheveux, des chevelures de femmes, et leurs dents, des dents de lions  ;...  »

On pense aux troupes auxiliaires des armées romaines, tels les Gaulois  !

9. «  … leur thorax, des cuirasses de fer, et le bruit de leurs ailes, le vacarme de chars aux multiples chevaux se ruant au combat.  »

Encore le prophète Joël  : «  C’est comme un bruit de chars qui bondiraient sur les sommets des monts, le crépitement de la flamme ardente qui dévore le chaume, un peuple fort rangé en bataille.  » (Jl 2, 5)

10. «  Elles ont des queues pareilles à des scorpions, avec des dards  ; et dans leurs queues se trouve le pouvoir de torturer les hommes durant cinq mois.  »

Donc, elles ne les tuent pas. La durée de «  cinq mois  » correspond à la période pendant laquelle ont lieu les invasions de sauterelles.

11. «  À leur tête, comme roi, elles ont l’Ange de l’Abîme  ; il s’appelle en hébreu  : “ Abaddôn ”, et en grec  : “ Apollyôn ”.  »

«  Abaddôn  »  : substantif hébreu et araméen signifiant “ lieu de perdition ” et désignant le séjour des morts. Déjà personnifié dans le livre de Job (Jb 28, 22), saint Jean l’identifie avec «  l’Ange de l’Abîme  », Satan en personne, naguère clairement désigné par Jésus dans l’Évangile (Lc 10, 18).

En grec «  Apolluôn  » est le nom déformé d’Apollon, le dieu des païens.

12. «  Le premier “ Malheur ” a passé, voici encore deux “ Malheurs ” qui le suivent.  »

Ils correspondent à la sixième et à la septième trompette.

DEUXIÈME «  MALHEUR  ».

13. «  Et le sixième Ange sonna de la trompette. Alors j’entendis une voix venant des quatre cornes de l’autel d’or placé devant Dieu.  »

Répondant à la prière des martyrs qui «  criaient d’une voix puissante  : “ Jusques à quand, Maître saint et vrai, tarderas-tu à faire justice, à tirer vengeance de notre sang sur les habitants de la terre  ? ”  » (Ap 6, 10)

14. «  Elle dit au sixième Ange portant trompette  : “ Relâche les quatre Anges enchaînés sur le grand fleuve Euphrate. ”  »

L’Euphrate est la frontière de l’empire de David. «  Salomon étendit son pouvoir sur tous les royaumes depuis le Fleuve [Euphrate] jusqu’au pays des Phi­listins et jusqu’à la frontière d’Égypte.  » (1 R 5, 1; cf. Gn 15, 18)

Pour Israël, “ la guerre vient de l’Est ”, depuis toujours. Comme au temps d’Isaïe  : «  Puisque ce peuple a méprisé les eaux de Siloé qui coulent doucement, et a tremblé devant Raçôn et le fils de Remalyahu, eh bien  ! voici que le Seigneur fait monter contre lui les eaux du Fleuve, puissantes et abondantes (le roi d’Assur et toute sa gloire); il grossira dans toutes ses vallées et franchira toutes ses rives  ; il passera en Juda, inondera et traversera  ; il atteindra jusqu’au cou, et le déploiement de ses ailes couvrira toute l’étendue de ton pays, Emmanuel.  » (Is 8, 6-8)

15. «  Et les quatre Anges qui se tenaient prêts pour l’heure et le jour, et le mois, et l’année, furent déchaînés afin d’exterminer le tiers des hommes.  »

L’heure de la destruction de Jérusalem, au «  tiers  », a sonné.

16. «  Et le nombre des cavaliers en campagne était de deux myriades de myriades.  »

Chiffre fabuleux  : 200 millions  ! autant dire innombrables. Lorsque Titus quitte ses quartiers de ­Césarée et se présente en vue de Jérusalem, peu avant la Pâque 70, il est renforcé de quatre légions, de détachements envoyés par des unités d’Égypte et de l’Euphrate, plus les troupes auxiliaires, soit environ soixante mille hommes.

«  J’entendis leur nombre.  »

Comme les «  cent quarante-quatre mille de toutes les tribus des fils d’Israël  » (Ap 7, 4).

17. «  Et voici comment, dans ma vision, je vis les chevaux et ceux qui les montaient  : ceux-ci portent des cuirasses de feu, d’hyacinthe et de soufre  ; quant aux chevaux, leur tête est comme celle du lion, et leur bouche crache feu et fumée et soufre.  »

Comme «  le jour où Lot sortit de Sodome, Dieu fit pleuvoir du ciel du feu et du soufre  » (Lc 17, 29).

18. «  Alors le tiers des hommes fut exterminé par ces trois fléaux  : le feu, la fumée et le soufre vomis de la bouche des chevaux.  »

Ces trois fléaux n’en font qu’un  : car il n’y a point de fumée sans feu, et le feu est celui du soufre en fusion. Donc, c’est un vaste incendie.

19. «  Car la puissance des chevaux réside en leur bouche  ; elle réside aussi dans leur queue  : ces queues, en effet, ainsi que des serpents, sont munies de têtes dont elles se servent pour nuire.  »

«  Ainsi que des serpents  »  : ces chevaux sont des démons.

20. «  Or, les hommes échappés à l’hécatombe de ces fléaux ne renoncèrent même pas aux œuvres de leurs mains  : ils ne cessèrent d’adorer les démons, ces idoles d’or, d’argent, de bronze, de pierre et de bois, incapables de voir, d’entendre ou de marcher.  »

Malgré leur apparence “ monothéiste ”, les Israélites sont restés foncièrement idolâtres, homicides, sorciers, voleurs, de génération en génération… jusqu’aujourd’hui.

21. «  Ils n’abandonnèrent ni leurs meurtres, ni leurs sorcelleries, ni leurs débauches, ni leurs rapines.  »

L’avertissement n’a pas été entendu. Surdité d’autant plus coupable que le précédent de l’Exode rendait la leçon limpide  : ce n’est plus un simple refus, mais un entêtement diabolique, et d’avance comme un suicide.

Avec ce constat de l’endurcissement des juifs nous comprenons  ! s’écriait notre Père en nous expliquant ce texte. Le châtiment de Jérusalem a été mérité non seulement parce que le Christ a été crucifié, mais parce que depuis des siècles, Jérusalem ne cesse de se rebeller contre Dieu. Jésus lui-même l’avait dit  :

«  Serpents, engeance de vipères  ! comment pourrez-vous échapper à la condamnation de la géhenne  ? C’est pourquoi, voici que j’envoie vers vous des prophètes, des sages et des scribes  : vous en tuerez et mettrez en croix, vous en flagellerez dans vos synagogues et pourchasserez de ville en ville, pour que retombe sur vous tout le sang innocent répandu sur la terre, depuis le sang de l’innocent Abel jusqu’au sang de Zacharie, fils de Barachie, que vous avez assassiné entre le sanctuaire et l’autel  ! En vérité, je vous le dis, tout cela va retomber sur cette génération  !  » (Mt 23, 33-39)

Et le troisième «  malheur  »  ? Attendez…

LE PETIT LIVRE.

 X, 1. «  Je vis ensuite un autre Ange, puissant, descendre du ciel enveloppé d’une nuée, un arc-en-ciel au-dessus de la tête, le visage comme le soleil et les jambes comme des colonnes de feu.

2. «  Il tenait en sa main un petit livre ouvert. Il posa le pied droit sur la mer, le gauche sur la terre,

3. «  et il poussa une puissante clameur pareille au rugissement du lion. Après quoi, les sept tonnerres firent retentir leurs voix.

4. «  Quand les sept tonnerres eurent parlé, j’allais écrire mais j’entendis du ciel une voix me dire  : “ Tiens secrètes les paroles des sept tonnerres et ne les écris pas. ”

5. «  Alors l’Ange que j’avais vu, debout sur la mer et la terre, leva la main droite au ciel

6. «  … et jura par Celui qui vit dans les siècles des siècles, qui créa le ciel et tout ce qu’il contient, la terre et tout ce qu’elle contient, la mer et tout ce qu’elle contient  :

«  “ Plus de délai  ! ”

7. «  “ Mais aux jours où l’on entendra le septième Ange, quand il sonnera de la trompette, alors sera consommé le mystère de Dieu, selon l’évangile qu’il en a donné à ses serviteurs les prophètes. ”

8. «  Puis la voix du ciel, que j’avais entendue, me parla de nouveau  : “ Va prendre le petit livre ouvert dans la main de l’Ange debout sur la mer et sur la terre. ”

9. «  Je m’en fus alors prier l’Ange de me donner le petit livre  ; et il me dit  : “ Tiens, mange-le  ! il te remplira les entrailles d’amertume, mais en ta bouche il aura la douceur du miel. ”

10. «  Je pris le petit livre de la main de l’Ange et l’avalai  ; dans ma bouche, il avait la douceur du miel, mais quand je l’eus mangé, il remplit mes entrailles d’amertume.

11. «  Alors, il me fut dit  : “ Il te faut de nouveau prophétiser contre une foule de peuples, de nations, de langues et de rois. ”  »

*
*       *

X, 1. «  Je vis ensuite un autre Ange, puissant, ­descendre du ciel enveloppé d’une nuée, un arc-en-ciel ­au-­dessus de la tête, le visage comme le soleil et les jambes comme des colonnes de feu.  »

«  Une nuée  » joue le rôle de véhicule entre ciel et terre.

«  Un arc-en-ciel  » symbolise la miséricorde depuis l’alliance noachique dont il est le gage (cf. Gn 9, 13 et 16).

2. «  Il tenait en sa main un petit livre ouvert.  »

À la différence du livre scellé de l’Agneau (Ap 5, 2), celui-ci est «  petit  » et «  ouvert  ». Quelles nouvelles révélations contient-il  ?

«  Il posa le pied droit sur la mer, le gauche sur la terre.  »

Sa mission s’étend à la totalité de l’univers.

3. «  Et il poussa une puissante clameur pareille au rugissement du lion.  »

L’un des quatre «  Vivants  » qui encadrent le trône.

«  Après quoi, les sept tonnerres firent retentir leurs voix.  »

C’est «  la voix de Dieu  », sept fois répétée au psaume vingt-neuvième pour annoncer le jugement de Dieu.

Lorsque Jésus rencontre les Grecs, cette voix se fait entendre  : “ Père, glorifie ton nom  ! ” Du ciel vint alors une voix  : “ Je l’ai glorifié et de nouveau je le glorifierai ”.  » (Jn 12, 28)

4. «  Quand les sept tonnerres eurent parlé, j’allais écrire mais j’entendis du ciel une voix me dire  : “ Tiens secrètes les paroles des sept tonnerres et ne les écris pas. ”  »

Ce livre, ce «  petit livre  » (biblaridion) qui contient l’ultime jugement de Dieu, doit être tenu secret, réservé pour un accomplissement dont Dieu seul connaît le jour et “ l’heure ”.

5. «  Alors l’Ange que j’avais vu, debout sur la mer et la terre, leva la main droite au ciel…  »

Le geste qui accompagne le serment.

6. «  … et jura par Celui qui vit dans les siècles des siècles, qui créa le ciel et tout ce qu’il contient, la terre et tout ce qu’elle contient, la mer et tout ce qu’elle contient…  »

Les trois parties de l’univers  :

«  “ Plus de délai  ! ”  »

Alors, que faut-il encore garder secret  ?

7. «  “ Mais aux jours où l’on entendra le septième Ange, quand il sonnera de la trompette, alors sera consommé le mystère de Dieu, selon l’évangile qu’il en a donné à ses serviteurs les prophètes. ”  »

Voilà la clef de l’énigme. «  L’Évangile  » que les prophètes ont apportée de siècle en siècle à ce peuple, c’est que Dieu, au-delà de son châtiment, lui pardonnera et qu’il fera ensuite retomber au centuple sur les ennemis tout le mal qu’ils lui auront fait. «  La bonne nouvelle  » consiste donc en deux choses  : châtiment des nations et restauration de Jérusalem.

8. «  Puis la voix du ciel, que j’avais entendue, me parla de nouveau  : “ Va prendre le petit livre ouvert dans la main de l’Ange debout sur la mer et sur la terre. ”  »

«  La voix  » du verset 4.

«  De nouveau  »  : encore verset 11, et pas ailleurs dans l’Apocalypse. Voici donc «  du nouveau  » qui interrompt le cours du jugement.

9. «  Je m’en fus alors prier l’Ange de me donner le petit livre  ; et il me dit  : “ Tiens, mange-le  ! il te remplira les entrailles d’amertume, mais en ta bouche il aura la douceur du miel. ”  »

«  Mange-le  » pour te pénétrer de son contenu, le bien assimiler.

Il est «  amer  » parce qu’il prophétise le jugement. Mais il a «  la douceur du miel  » parce qu’il annonce la miséricorde.

Ézéchiel avait reçu une mission semblable (Ez 3, 1-3).

10. «  Je pris le petit livre de la main de l’Ange et l’avalai  ; dans ma bouche, il avait la douceur du miel, mais quand je l’eus mangé, il remplit mes entrailles d’amertume.

Ézéchiel n’avait ressenti que la douceur du miel. Saint Jean ressent aussi l’amertume, parce qu’il va prophétiser la restauration d’Israël, donc un avenir doux et merveilleux, mêlée au châtiment des nations  :

11. «  Alors, il me fut dit  : “ Il te faut de nouveau prophétiser contre une foule de peuples, de nations, de langues et de rois. ”  »

LES DEUX TÉMOINS

XI, 1. «  Puis il me fut donné une sorte de baguette, en me disant  :

“ Lève-toi et mesure le Sanctuaire de Dieu, l’autel et les adorateurs qui s’y trouvent

2. “ Quant à son parvis extérieur, jette-le dehors, ne le mesure pas, car il a été donné aux païens  : ils fouleront la Ville sainte durant quarante-deux mois.

3. “ Mais je donnerai à mes deux témoins de prophétiser pendant mille deux cent soixante jours, revêtus de sacs. ”

4. «  Ce sont les deux oliviers et les deux candélabres qui se tiennent devant le Maître de la terre.

5. «  Si l’on s’avisait de les malmener, un feu jaillirait de leur bouche pour dévorer leurs ennemis  ; oui, qui s’aviserait de les malmener, c’est ainsi qu’il lui faudrait périr.

6. «  Ils ont pouvoir de clore le ciel afin que nulle pluie ne tombe durant le temps de leur mission.

«  Ils ont aussi pouvoir sur les eaux, de les changer en sang, et pouvoir de frapper la terre de mille fléaux, aussi souvent qu’il leur plaira.

7. «  Quand ils auront fini de rendre témoignage, la Bête qui surgit de l’Abîme viendra guerroyer contre eux, les vaincre et les tuer.

8. «  Et leurs cadavres, sur la place de la Grande Cité, Sodome ou Égypte comme on l’appelle au sens spirituel, là où leur Seigneur aussi fut crucifié.

9. «  Leurs cadavres demeurent exposés aux regards des peuples, des races, des langues et des nations, durant trois jours et demi, sans qu’il soit permis de les mettre au tombeau.

10. «  Les habitants de la terre s’en réjouissent et s’en félicitent  : ils échangent des présents, car ces deux prophètes leur avaient causé bien des tourments.

11. «  Mais, passés les trois jours et demi, Dieu leur infusa un souffle de vie qui les remit sur pieds, au grand effroi de ceux qui les regardaient.

12. «  J’entendis alors une voix puissante leur crier du ciel  : “ Montez ici  ! ” Ils montèrent donc au ciel dans une nuée, aux yeux de leurs ennemis.

13. «  À cette heure-là, il se fit un violent tremblement de terre, et le dixième de la ville croula, et dans le cataclysme périrent sept mille personnes. Les survivants, saisis d’effroi, rendirent gloire au Dieu du Ciel.  »

14. «  Le deuxième “ Malheur ” a passé, voici que le troisième accourt  !  »

15. «  Et le septième Ange sonna de la trompette. Alors, au Ciel, des voix clamèrent  : “ La royauté du monde est acquise à notre Seigneur ainsi qu’à son Christ  ; il régnera dans les siècles des siècles ”.

16. «  Et les vingt-quatre Anciens qui sont assis devant Dieu, sur leurs sièges, se prosternèrent pour adorer Dieu en disant  :

17. «  “ Nous te rendons grâces, Seigneur, Dieu Maître-de-tout, Il est et Il était ”, parce que tu as pris en main ton immense puissance pour établir ton règne ”.

18. “ Les nations s’étaient mises en fureur  ; mais voici ta fureur à toi, et le temps pour les morts d’être jugés  ; le temps de récompenser tes serviteurs les prophètes, les saints, et ceux qui craignent ton nom, petits et grands, et de perdre ceux qui perdent la terre. ”

19. «  Alors s’ouvrit le Temple de Dieu, dans le ciel, et son arche d’alliance apparut, dans le Temple  ; puis ce furent des éclairs, des voix et des tonnerres, avec un tremblement de terre, et la grêle tombait dru.  »

*
*       *

XI, 1. «  Puis il me fut donné une sorte de baguette  », un «  calame  », en grec, en forme de mesure d’arpentage,

«  en me disant  »  :

C’est sans doute le Christ qui parle, puisque, au verset 3, c’est lui qui dit  : «  Mes deux témoins  ».

«  “ Lève-toi et mesure le Sanctuaire de Dieu, l’autel et les adorateurs qui s’y trouvent. ”

«  Lève-toi pour mesurer le Sanctuaire de Dieu  » qui doit être épargné par la colère de Dieu. C’est le symbole de l’Église que Dieu protégera de toutes les attaques des païens, selon la parole de Jésus  : «  Détruisez ce Sanctuaire (naos) et je le rebâtirai en trois jours.  » (Jn 2, 19)

Comme Ézéchiel, jadis appelé à mesurer le Temple de Jérusalem, afin qu’il soit préservé du châtiment, nous voyons saint Jean chargé de mesurer le naos, le «  Sanctuaire  » où réside la Présence de Dieu, avec «  l’autel  » des holocaustes et les parvis intérieurs, c’est-à-dire l’espace sacré où seuls accèdent et «  se prosternent  » en adoration, les Israélites, les vrais, qui se sont convertis au Christ.

2. «  “ Quant à son parvis extérieur, jette-le dehors, ne le mesure pas, car il a été donné aux païens  : ils fouleront la Ville sainte durant quarante-deux mois. ”  »

Tandis que le «  parvis extérieur  » était ouvert à tout le monde. Du Temple avec tous les bâtiments qu’admiraient les Apôtres, Jésus avait dit qu’il ne resterait pas pierre sur pierre  : «  Comme Jésus sortait du temple, s’en allait, ses disciples s’approchèrent pour lui faire voir les constructions du temple. Mais il leur répondit  : “ Vous voyez tout cela, n’est-ce pas  ? En vérité je vous le dis, il ne restera pas ici pierre sur pierre qui ne soit jetée bas. ”  » (Mt 24, 1-2)

La religion juive, la vraie  ! maintenant, n’a plus de Temple de pierre. Son Temple, c’est le Corps du Christ, c’est l’Église, Corps mystique du Christ. Donc, le culte de Dieu continue, puisque «  le Sanctuaire de Dieu, l’autel et les adorateurs  » qui continuent à honorer Dieu par un Sacrifice nouveau, sont mis à part, sont sauvés de la catastrophe. La ruine de Jérusalem ne détruira que le Temple de pierre, que ce qui est déjà dehors  : «  Jette dehors ce qui est déjà dehors  !  »

Tout le peuple juif rebelle, corrompu, sera dispersé, mais le peuple fidèle, autour de son Dieu, dans ce «  Sanctuaire  » qu’est le Corps du Christ, sera préservé. Le culte juif continue dans le Corps du Christ qu’est l’Église.

Quant aux juifs endurcis dans leur incrédulité, ils sont livrés aux Gentils, comme l’avait annoncé Notre-Seigneur  : «  Il y aura en effet grande détresse sur la terre et colère contre ce peuple. Ils tomberont sous le tranchant du glaive et ils seront emmenés captifs dans toutes les nations, et Jérusalem sera foulée aux pieds par des païens jusqu’à ce que soient accomplis les temps des païens. ”  » (Lc 21, 23-24)

«  Durant quarante-deux mois  »  : durée traditionnelle des temps de persécution depuis celle qui a sévi sous Antiochus Épiphane (Dn 7, 25) qui, entre 168 et 165 avant Jésus-Christ, s’était rendu maître du Temple, avait aboli le sacrifice, la liturgie pendant trois ans et demi.

Une demi – «  semaine d’année  » (Dn 9, 27)  : trois ans et demi. Il se trouve que cela coïncide avec le temps de la persécution de Néron  : depuis le treize octobre 64, martyre de saint Pierre, jusqu’au 9 juin 68, mort de Néron. Trois ans, sept mois et vingt-sept jours exactement.

3. «  “ Mais je donnerai à mes deux témoins de prophétiser pendant mille deux cent soixante jours, revêtus de sacs. ”  »

Vêtement de deuil et de pénitence. Tout le temps de l’occupation de la Ville sainte par les païens.

C’est le Christ qui parle.

Ces témoins revêtus de sacs appellent à la pénitence comme jadis Jonas qui convertit les Ninivites, des païens  :

«  Les gens de Ninive crurent en Dieu  » (Jon 3, 5) au moment où les juifs s’endurcissaient dans l’incrédulité.

Qui sont ces «  deux témoins  »  ?

4. «  Ce sont les deux oliviers et les deux candélabres qui se tiennent devant le Maître de la terre.  »

Cette citation littérale du prophète Zacharie évoque Josué et Zorobabel, les «  deux oliviers  », les deux chefs du peuple juif, «  oints  » de l’huile d’olive  : Josué de l’onction sacerdotale, Zorobabel de l’onction royale, au retour de l’Exil, entre novembre 520 et décembre 518.

Ces «  deux oliviers  » font donc inclusion avec l’adresse qui ouvre l’Apocalypse, selon laquelle Jésus-Christ «  a fait de nous une royauté de prêtres  » (Ap 1, 6). C’est pourquoi les «  deux témoins  » ont reçu une onction sacerdotale et royale. Et ils sont aussi comparés à «  deux candélabres  » en raison de cette parole de Jésus dans l’Évangile  : «  Vous êtes la lumière du monde.  » (Mt 5, 14) Ce qui constitue aussi une inclusion avec la vision inaugurale où les Églises sont des «  candélabres  ».

Mais le verset suivant précise qu’il s’agit d’un nouveau Moïse et d’un nouvel Élie.

5. «  Si l’on s’avisait de les malmener, un feu jaillirait de leur bouche pour dévorer leurs ennemis  ; oui, qui s’aviserait de les malmener, c’est ainsi qu’il lui faudrait périr.  »

Allusion à un miracle d’Élie (2 R 1)

6. «  Ils ont pouvoir de clore le ciel afin que nulle pluie ne tombe durant le temps de leur mission.  »

C’est encore Élie  ! «  Élie le Tishbite, de Tishbé en Galaad, dit à Achab  : “ Par Yahweh vivant, le Dieu d’Israël que je sers, il n’y aura ces années-ci ni rosée ni pluie sauf à mon commandement. ”  » (1 R 17, 1) En châtiment de l’impiété d’Achab, roi d’Israël.

«  Ils ont aussi pouvoir sur les eaux, de les changer en sang, et pouvoir de frapper la terre de mille fléaux, aussi souvent qu’il leur plaira.  »

Cette fois, c’est Moïse en Égypte.

Les eaux changées en sang sont la première plaie d’Égypte (Ex 7, 14-24), à laquelle ont succédé les grenouilles, les moustiques, les taons, et «  mille fléaux  »… C’est dire que Jérusalem s’entête dans son incrédulité comme Pharaon, Achab et Ochozias, refusant d’écouter Moïse et Élie, c’est-à-dire la Loi et les Prophètes qui continuent à être une parole vivante de Dieu les appelant à se convertir à Jésus-Christ, le nouveau Moïse annoncé dans le Deutéronome  : «  Je leur susciterai du milieu de leurs frères un prophète tel que toi  ; je mettrai mes paroles dans sa bouche, et il leur dira tout ce que je lui commanderai.  » (Dt 18, 18)

Cité par saint Pierre, dans son discours au peuple émerveillé par le miracle de l’impotent qu’il vient de guérir, à la porte du Temple  : il n’y a pas de quoi s’étonner  !

«  Moïse, d’abord, a dit  : “ Le Seigneur Dieu vous suscitera d’entre vos frères un prophète semblable à moi  ; vous l’écouterez. ”  » (Ac 3, 22)

Cité par saint Étienne  : «  C’est lui, Moïse, qui dit aux Israélites  : “ Dieu vous suscitera d’entre vos frères un prophète comme moi. ”  » (Ac 7, 37) 

7. «  Quand ils auront fini de rendre témoignage, la Bête qui surgit de l’Abîme viendra guerroyer contre eux, les vaincre et les tuer.  »

C’est précisément ce qui est arrivé à saint Pierre et à saint Étienne… La Bête qui monte de l’abîme, c’est «  Abaddôn  », l’ «  Ange  » du premier «  Malheur  », roi des armées d’invasion (Ap 9, 11). Et c’est aussi ce qui est arrivé à saint Paul, “ témoin ” auprès des païens, mort martyr en 67.

8. «  Et leurs cadavres, sur la place de la Grande Cité, Sodome ou Égypte comme on l’appelle au sens spirituel, là où leur Seigneur aussi fut crucifié…  »

La vision du “ troisième secret ” de Fatima, révélé à Lucie, François et Jacinthe le 13 juillet 1917, renouvelle littéralement cette vision de saint Jean, avec la «   grande ville  » où gisent les «  cadavres  » et où le Saint-Père est «   tué  ».

«  La Grande Cité, Sodome ou Égypte  »  : ces noms maudits désignent Jérusalem qui les mérite vraiment, «  spirituellement  » (pneumatikôs ), et est vouée aux mêmes fléaux divins qu’elles à cause de sa rébellion contre Dieu. Mais désormais, Jean réserve le nom béni de «  Jérusalem  » à l’Église (Ap 21, 2-10).

9. «  … leurs cadavres demeurent exposés aux regards des peuples, des races, des langues et des nations, durant trois jours et demi, sans qu’il soit permis de les mettre au tombeau.  »

Ainsi, le triomphe apparent de la Bête durera juste autant de jours que le témoignage victorieux des témoins a duré d’années.

10. «  Les habitants de la terre s’en réjouissent et s’en félicitent…  »

Les Juifs, complices des Romains, pensent en avoir fini avec l’Église.

«  … Ils échangent des présents, car ces deux prophètes leur avaient causé bien des tourments.  »

«  Bien des tourments  » en témoignant contre eux et leur donnant mauvaise conscience.

11. «  Mais, passés les trois jours et demi, Dieu leur infusa un souffle de vie qui les remit sur pieds, au grand effroi de ceux qui les regardaient.  »

«  Ceux qui les regardaient  », comme ils regardèrent Celui qu’ils ont transpercé (Jn 19, 37). Seule la participation à la mort de Jésus introduit au Ciel  :

12. «  J’entendis alors une voix puissante leur crier du ciel  : “ Montez ici  ! ” Ils montèrent donc au ciel dans une nuée, aux yeux de leurs ennemis.  »

Tels Élie sur son char de feu  ! Figure prophétique de l’Ascension du Christ, dont les «  deux témoins  » ont suivi le parcours  : témoignage, persécution, mort, résurrection, ascension, exaltation glorieuse.

13. «  À cette heure-là, il se fit un violent tremblement de terre, et le dixième de la ville croula, et dans le cataclysme périrent sept mille personnes. Les survivants, saisis d’effroi, rendirent gloire au Dieu du Ciel.  »

La conversion des «  habitants de la terre  », qui n’a pu être obtenue par les fléaux des trompettes (Ap 9, 20-21), l’est par le martyre des «  deux témoins  ». Comme l’avait prédit la lettre à Philadelphie (Ap 3, 9) et déjà Jésus (Lc 13, 35).

14. «  Le deuxième “ Malheur ” a passé, voici que le troisième accourt  !  »

15. «  Et le septième Ange sonna de la trompette.  »

C’est la trompette du Jugement dernier, naguère annoncée aux Corinthiens par saint Paul (1 Co 15, 52).

«  Alors, au Ciel, des voix clamèrent  : “ La royauté du monde est acquise à notre Seigneur ainsi qu’à son Christ  ; il régnera dans les siècles des siècles ”.  »

«  La royauté du monde  » que Jésus refusa de recevoir du Diable (Mt 4, 8).

16. «  Et les vingt-quatre Anciens qui sont assis devant Dieu, sur leurs sièges, se prosternèrent pour adorer Dieu en disant  :

17. «  “ Nous te rendons grâces, Seigneur, Dieu Maître-de-tout [Pantokratôr], Il est et Il était ”…  »

Saint Jean aurait-il oublié «  … et il vient  »  ? Non, parce que… Il est là  ! Il arrive pour juger  :

«  “ … parce que tu as pris en main ton immense puissance pour établir ton règne ”.  »

18. «  “ Les nations s’étaient mises en fureur ”;  »

«  contre Dieu et contre son Christ  » (Ps 2, 1),

«  … “ mais voici ta fureur à toi, et le temps pour les morts d’être jugés  ; le temps de récompenser tes serviteurs les prophètes, les saints, et ceux qui craignent ton nom, petits et grands, et de perdre ceux qui perdent la terre. ”  »

«  Les prophètes  » sont les chefs du peuple qui ont communiqué les oracles divins aux juifs et aux païens  : Jean lui-même, Élie, Moïse, les «  Anciens  » prophètes de l’Ancien Testament et Apôtres du Nouveau.

«  Les saints  »  : les juifs convertis, qui sont restés prosternés dans le sanctuaire et qui ont, ainsi, échappé à la perfidie de leur peuple. Les chrétiens sont les vrais juifs, passés de l’Ancien au Nouveau Testament par fidélité à la Parole de Dieu, en reconnaissant le «  témoignage  » de Jésus.

«  Et ceux qui craignent ton nom, petits et grands  ».

Ce sont «  les âmes qui s’approchent de Dieu  » du troisième Secret de Fatima…

«  Ceux qui perdent la terre  » en s’obstinant dans leur révolte contre Dieu et le bras de sa colère, les Romains.

19. «  Alors s’ouvrit le Temple de Dieu, dans le ciel, et son arche d’alliance apparut, dans le Temple  ; puis ce furent des éclairs, des voix et des tonnerres, avec un tremblement de terre, et la grêle tombait dru.  »

L’ «  arche d’alliance  », était un meuble de l’ancien Temple, un coffre rectangulaire porté à l’aide de barres de bois, où résidait la présence de Yahweh, comme dans un Tabernacle, avec, pour signe de cette présence, une «  Nuée  », comme on le lit dans le livre de l’Exode  : «  La Nuée couvrit de son ombre le Tabernacle et la gloire de Yahweh remplit la Demeure.  »

Au jour de l’Annonciation, c’est le sein de la Vierge Marie que la puissance du Très-Haut couvrit de son ombre, selon la parole de l’ange Gabriel  : «  L’Esprit-Saint viendra sur vous, et la vertu du Très-Haut vous couvrira de son ombre. C’est pourquoi l’être saint qui naîtra sera appelé Fils de Dieu.  » (Lc 1, 35)

La voici, c’est Elle  : «  Un signe grandiose apparut au ciel  : une Femme  ! le soleil l’enveloppe, la lune est sous ses pieds et douze étoiles couronnent sa tête.  » (Ap 12, 1)

(À suivre)

frère Bruno de Jésus-Marie

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