La Contre-Réforme catholique au XXIe siècle
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La Contre-Réforme Catholique au XXIe siècle

IL EST RESSUSCITÉ !

N° 164 – Juin 2016

Rédaction : Frère Bruno Bonnet-Eymard


LA LIGUE

La Ligue

VRAIE ET FAUSSE PENTECÔTE

SI les Pères du concile Vatican II se réclamèrent d’une inspiration et, partant, d’une autorité égale à celle des apôtres eux-mêmes (cf. Dei Verbum, chap. 1), ce ne fut pas pour tout restaurer dans le Christ et se battre contre son «  Adversaire  » (2 Th 2, 4), comme le pape saint Pie X en son temps, mais pour proclamer un nouvel évangile, celui d’une nouvelle Pentecôte.

NOUVELLE PENTECÔTE OU GRANDE APOSTASIE  ?

Les apôtres de cette nouvelle évangélisation n’allaient plus avoir besoin de prêcher à temps et à contretemps les exigences intellectuelles et morales de l’Évangile, car le “ nouvel âge ” de l’Église qui commençait avec Vatican II allait faire plus et mieux que le Christ en personne. Là où le Maître avait apporté la division, le glaive, les guerres de religion (cf. Mt 10, 34), le Concile offrait l’unité des chrétiens (Unitatis redintegratio) dans le respect de leur différence, ainsi qu’un dialogue bienveillant avec des idylliques religions non chrétiennes (Nostra ætate)  : «  plus jamais la guerre  », mais la paix, la paix, rien que la paix avec les plus féroces ennemis de l’Église  : les communistes, les francs-maçons, les islamistes, les hindouistes, les bouddhistes, etc., tous grands faiseurs de martyrs… L’ouverture au monde était le nouveau nom de l’Évangile, et la paix l’âme de tout apostolat  ; tous devaient entendre dans leur langue parler de l’Homme et de sa Dignité transcendantale, afin de découvrir qu’au fond, ils étaient chrétiens sans le savoir ou malgré eux.

Si le pape Jean XXIII fut le “ Louis XVI ” de ce grand mouvement d’apostasie, si Paul VI fut son “ Robespierre ”, nonobstant quelques larmes versées sur les ruines, ce fut “ Jean-Paul II le grand ”, “ le Napoléon Ier du Concile ”, et c’est avec un semblable panache, une même ampleur, un résultat aussi ruineux, qu’il répandit dans l’Église et dans le monde entier, un mal pire que la révolution  : la gnose mortifère d’une falsification du christianisme.

ET LE SAINT-ESPRIT PENDANT CE TEMPS-LÀ  ?

Seuls deux témoins de la vérité firent échec à la prodigieuse volonté de puissance du pape Polonais  : sœur Lucie de Fatima (cf. Sœur Lucie confidente du Cœur Immaculé de Marie), et l’abbé de Nantes (cf. Georges de Nantes, docteur mystique de la foi catholique). Sœur Lucie mena le combat de Marie, c’est-à-dire celui de la foi, en fille soumise de l’Église hiérarchique, dans le silence héroïque de l’obéissance, mais en rappelant à qui de droit, et sans faillir, la volonté de Dieu et de l’Immaculée.

Prêtre catholique, notre bienheureux Père, le mena dans toute la liberté que lui accordait le droit de l’Église, avec la sagesse et la force charismatiques de ces «  prêtres tout de feu  », que saint Louis-Marie Grignion de Montfort appelait de ses vœux dans sa Prière embrasée au Saint-Esprit  : «  Esprit tout de feu sur la terre, pour y créer des prêtres tout de feu, par le ministère desquels la face de la terre soit renouvelée et votre Église réformée.  » (n° 7)

La nouvelle Pentecôte, aujourd’hui encore, c’est lui l’abbé de Nantes, sa doctrine, son école de pensée  ; c’est pourquoi notre frère Bruno, son disciple de prédilection et successeur, ne cesse de l’enseigner aux jeunes générations. Il ne se lasse pas non plus de montrer chaque mois la communion d’esprit qui existe entre l’abbé de Nantes et le pape François (cf. Amoris Laetitia, supra), combien aussi ce dernier aurait intérêt à reconnaître enfin ce beau «  défenseur de la foi  » pour mener à bien la reconstruction d’une Église tellement désorientée, stérilisée, désertée depuis Vatican II. Notre frère Prieur ne cesse surtout de rappeler au Saint-Père l’urgence, pour lui comme pour l’Église, d’obéir aux demandes de Notre-Dame de Fatima, question de vie ou de mort, pour l’Église, comme pour lui…

En attendant, la prophétie de Notre-Dame se réalise, la consomption de l’Église se poursuit en raison de cette funeste réforme imposée à l’Église par un pape Jean-Paul II qui est désormais, comble d’imposture  ! auréolé de la couronne des saints. Il l’a acquise à grand renfort de mensonges connus de tous, mais elle n’en égare pas moins jusqu’aux élus eux-mêmes. D’où l’urgence de rappeler aux jeunes générations le combat doctrinal et pastoral que notre bienheureux Père livra à cet homme séduisant, mais qui parlait comme un dragon (cf. Ap 12, 11), ébranlant les fondements de la foi catholique comme ceux de l’ordre humain. Notre frère Bruno s’y employa lors de la session de Pentecôte à la maison Saint-Joseph du samedi 14 au lundi 16 mai, avec un succès attesté par l’enthousiasme des deux cent vingt jeunes participants.

LA PENTECÔTE À SAINT-PARRES

La Pentecôte à la maison Saint-Joseph n’a rien de comparable à ce qui va bientôt se vivre aux JMJ de Cracovie. Pas question pour nos jeunes gens de se trémousser sur un air de rock’n’roll, même chrétien, ni d’arborer un sourire béat en bêlant la paix. Vivre dans la communion de l’Esprit-Saint pour un catholique de Contre-Réforme, c’est se laisser oindre, se laisser former pour mener l’évangélique combat de la foi en Jésus-Christ fils de Dieu et en Marie Immaculée sa Divine Mère, et donc se battre avec son assistance contre la chair, le monde et Satan, pour que le nom de Dieu soit sanctifié et que le règne pacifique et bienfaisant de son Sacré-Cœur s’étende sur la terre comme au Ciel. Ce militantisme découle tout naturellement des promesses d’amour fidèle de notre baptême, et de l’onction reçue à la confirmation, pour la bonne raison qu’il est avant tout, un enseignement prégnant de Notre-Seigneur (cf. Jn 16, 17). Lui savait bien ce qu’il y avait dans l’homme et quelles persécutions ses disciples auraient à subir de la part du monde et de Satan. C’est pourquoi il voulut leur donner un autre Paraclet, le Saint-Esprit.

LE CŒUR IMMACULÉ DE MARIE.

Cependant ces deux paraclets ne se conçoivent pas sans un troisième, celui à qui Dieu voulut confier tout l’ordre de la miséricorde, et dont la seule existence suffit à soi seule pour écraser toutes les hérésies  : La Vierge Marie, Mère de Dieu et Temple du Saint-Esprit, la Femme de l’Apocalypse. Là encore, cette assertion n’est pas une invention de théologien, mais c’est une vérité évangélique toujours crue et sans cesse défendue par les plus éminents docteurs de l’Église, des Pères apostoliques aux Pères apologistes. Telle est la leçon qui se dégageait du magnifique sermon de notre frère Prieur, dès la messe d’ouverture de la session, le samedi 14 mai. Cette homélie est la première d’une longue série par laquelle frère Bruno veut ancrer notre dévotion à la Sainte Vierge sur le roc de la parole de Dieu et de la Tradition de l’Église. L’Immaculée est toujours là parmi nous, bien vivante et agissante du Cénacle de Jérusalem à la Cova da Iria de Fatima, et plus que jamais aujourd’hui. Notre frère Prieur nous prépare ainsi à notre grand pèlerinage à Fatima, le 25 mai 2017, en fils incomparable de notre bienheureux Père, en mettant ses pas et son cœur dans les siens comme la dernière et très filiale Lettre à la Phalange nous le montre à merveille. Quel encouragement à le suivre. Merci mon frère.

LE PAPE JEAN-PAUL Ier (26 AOUT – 28 SEPTEMBRE 1978).

Après le chapelet auprès de notre bienheureux Père au cimetière, la première conférence de l’après-midi fit connaître aux jeunes générations, celui qui fut à sa manière tellement aimable, lui aussi, un Paraclet. Cette conférence vidéo de notre frère Bruno, Jean-Paul Ier ou Joseph vendu par ses frères, émaillée de nombreuses citations, très richement illustrée de photographies et de petits films, retrace la vie d’Albino Luciani en insistant surtout sur son aspect social et populaire, en un mot évangélique. Frère Bruno n’eut pas de peine à nous convaincre, que si le Pape du sourire avait accepté Vatican II – mais avec beaucoup de réticences, surtout le droit à la liberté religieuse – il avait au cœur, comme saint Pie X, la ferme volonté de tout restaurer dans le Christ. C’est elle qui fut cause de son assassinat et de sa mort en martyre de ses frères.

Nos jeunes gens suivirent cette magnifique conférence avec une attention soutenue, dans un silence impressionnant, conscients d’entrer dans le grand drame de l’Église, et comprenant combien frère Bruno avait raison de dire, en introduction, que «  le pape François renouait avec Jean-Paul Ier  ».

JEAN-PAUL II

La conférence suivante était en direct  : Au feu, Au feu dans la maison de Dieu. Ce cri de saint Louis-Marie en son temps résume les cinq premières années du pontificat de Jean-Paul II (1978-1983); c’est aussi le titre du chapitre 21 de Georges de Nantes docteur mystique de la foi catholique, «  votre livre de chevet  », ajouta frère Bruno malicieusement. Notre frère Prieur le commenta en l’émaillant de rapprochements avec notre pape François, et en nous faisant surtout comprendre les articulations et les ressorts profonds de cette décadence, comme aussi les principes profonds qui lui furent opposés par l’abbé de Nantes ou la Sainte Vierge en personne. En écoutant frère Bruno, tous revivaient les événements de cette décadence tels qu’ils s’imposèrent à l’esprit et au cœur de notre bienheureux Père.

Première inquiétude en apprenant l’opposition de principe qui distinguait l’ancien archevêque de Cracovie du primat de Pologne, le cardinal Wyszinski. Ce dernier défendait pied à pied les libertés concrètes de l’Église polonaise dans le cadre légal d’un accord avec le gouvernement communiste. Karol Wojtyla, lui, en tenait pour les Droits de l’Homme. Il prêchait l’insurrection pour la liberté en politique, tout en flirtant intellectuellement avec l’intelligentsia marxiste, sur la base d’une foi en l’homme qui inquiéta tout de suite notre bienheureux Père. Cet humanisme hérité de Paul VI cohabitait cependant avec la dévotion mariale propre à tout Polonais.

AU FEU DANS L’ÉGLISE ET DANS LE MONDE (p. 320-323).

Quand parut la première encyclique Redemptor hominis, notre Père remarqua aussitôt ce dualisme. «  Le Christ est l’Homme parfait qui a restauré dans la descendance d’Adam la ressemblance divine altérée dès le premier péché.  »  : ça, c’est toute la religion catholique. «  Parce qu’en lui la nature humaine a été assumée, non absorbée, par le fait même (  ?) cette nature humaine a été élevée en nous aussi à une dignité sans égale. Car, par son Incarnation, le Fils de Dieu s’est en quelque sorte uni lui-même à tout homme.  » ( Gaudium et Spes 22, 2). Le Fils de Dieu se faisant homme, tout homme en est fait Dieu d’un seul coup d’un seul. Et Jésus avec sa Croix, à quoi sert-il  ? demande frère Bruno. À rien  ! Jésus a dit  : «  Je suis la Voie, la Vérité et la Vie.  » Jean-Paul II, lui, objecte  : «  Le chemin de l’Église, c’est l’homme  !  »

Conséquence de ce funeste principe sur le corps mystique du Christ  : la consomption et la mort sous les apparences d’un conservatisme plus mondain et kantien que chrétien. Plus de vérité à prêcher, de vie divine à donner, de commandements à sans cesse rappeler  ; il en résulta une grosse crise d’identité chez les catholiques à tous les degrés de la hiérarchie, cause directe des scandales de mœurs révélés aujourd’hui. Le pape François a récolté les fruits de l’amer génie du pape polonais et de son âme sœur germanique, Benoît XVI. L’Église est devenue une ONG; plus personne ne se bouge pour rejoindre les «  périphéries existentielles  »; les blessés de la vie se comptent par millions, mais l’Église ne leur envoie plus de «  bon Samaritain  »; la voici qui ressemble à un «  hôpital militaire après la bataille  », jonchée de morts, de blessés, sans parler des disparus. C’est la vision du troisième secret de Fatima qui se réalise…

En conséquence de son culte de l’Homme, «  Le Pape réveilla l’esprit de résistance et de libération en Pologne, puis dans le monde entier (…). De conserve avec les organisations internationales, le Pape prit la défense de “ l’homme ” contre les dictatures dites de sécurité nationale, contre les régimes antidémocratiques, et donc nécessairement anticommunistes…  » L’abbé de Nantes démasqua ce culte de l’homme, ravageur de la Chrétienté avec la force de la doctrine de Maurras en politique, et de saint Pie X pour ce qui est de la défense de l’Église, mais le vrai remède à tous ces maux, d’Église ou de Chrétienté qui va s’imposer à notre Père, c’est l’Immaculée, Notre-Dame de Fatima.

DE NANTES – FATIMA  : MÊME COMBAT  ! (p. 324-326)

En 1981, après la récollection de Josselin  : Tout sur Fatima, il fit étudier à fond par nos frères les apparitions et le message de l’Immaculée. C’est fortifié par cette lumière d’apocalypse qu’il remonta en ligne pour se battre contre le culte de l’homme répandu et communiqué par Jean-Paul II.

Il ne se contenta pas de démasquer l’autisme pathologique de sa philosophie (cf. Personne et Acte in CRC n° 195, décembre 1983, p. 1-2), mais il éleva à son encontre un monument de doctrine à la gloire de Dieu Père, et de l’homme, sa créature et son fils par adoption  : une métaphysique relationnelle, totale.

«  Totale  » signifie que le philosophe ne s’en tient pas à l’abstraction qui définit l’homme comme un «  animal raisonnable  », mais qu’il entre dans le “ détail ” de la condition historique de chaque homme, de chaque individu  ; c’est-à-dire dans la considération de ses «  relations  ». Celle majeure, la verticale, qui le relie à Dieu en lui donnant l’être, et qui du même mouvement l’insère dans un réseau de relations horizontales, terrestres, qui lui font tout recevoir de ses parents, de sa patrie, etc. L’épanouissement de la personne est donc dans la dépendance, la docilité, le service des autres, bien plus que dans l’accomplissement de la “ certaine idée ” qu’on peut se faire de l’homme, autrement dit de «  moi  », Karol Wojtyla…

Cet enseignement sauveur auquel l’Église aspire fut savouré chaque mois pendant un an par une avant-garde de cinq cents personnes à la Mutualité. L’abbé de Nantes va le mettre en pratique d’une manière qui aurait bien plu au pape François. En 1982, il envoya nos frères Pierre et Hugues fonder notre première ­maison-missionnaire, au Canada, dans la belle Province de Québec.

Au début des années 80, l’angoisse pour la Patrie qu’il éprouve le pousse à entreprendre une Croisade de prières afin que l’invasion de l’Europe par les troupes soviétiques prédite pour 1983 par les stratèges de l’Otan ne se produise pas. Trois années de suite, réunion de prières à la Mutualité pour juguler cette terrible “ Échéance 83  ”. C’est aussi pour lui l’occasion d’approfondir à cette occasion le mystère du Saint-­Sacrifice de la messe. Notre Père est un feu d’artifice qui met le feu dans les cœurs, et qui éteint lui aussi comme Notre-Dame et avec son aide, les incendies. En effet, nous l’apprendrons des années plus tard, les Soviétiques avaient bien planifié l’invasion de l’Europe pour 1983, mais elle fut annulée en raison d’une suite mystérieuse de catastrophes dans les plus grands arsenaux russes.

LIVRE D’ACCUSATION CONTRE JEAN-PAUL II (13 mai 1983).

Ces cent pages sont une véritable radioscopie de la personne et du pontificat de Jean-Paul II (p. 331-336). Au moyen d’une foule de faits, notre Père ne se contente pas de dénoncer «  les errements de doctrine, les actes dissidents et schismatiques  » du Souverain Pontife, mais il nous en révèle la logique interne. «  C’est une prodigieuse synthèse hégélienne entre le monde moderne et sa philosophie athée, d’une part, et la religion catholique d’autre part  », que Jean-Paul II a voulu réaliser. Une telle conciliation des contradictoires, passe – le cardinal Wojtyla s’en expliquait lui-même dans “ Signe de contradiction  ” – par un «  Vendredi saint spéculatif  »  : l’ancienne manière catholique de vivre, de penser doit être annihilée, ruinée, sans état d’âme. Il s’en suivra une mort, puis une descente aux enfers, un «  Samedi saint  » de l’Église, dialectique, c’est-à-dire en dialogue avec l’humanisme athée. «  C’est à travers l’humanisme, l’athéisme, le matérialisme acceptés dans toute leur rigueur que l’Église sauverait sa foi et retrouverait son Dieu.  » Telle est la «  Pâque idéaliste  », l’espérance d’une résurrection de Dieu au cœur de l’homme en tant qu’homme sans plus de distinction de religion, autre que culturelle, superficielle par conséquent.

En 1983, cette analyse, difficile, qui ressortait des faits et des textes de Jean-Paul II, au point d’impressionner certains hauts prélats, comme le cardinal Gagnon  : «  En France, ils ont un théologien.  » Elle demeura incomprise du grand public. Mais après la réunion interreligieuse d’Assise (1986), après la grande “ repentance ” de l’an 2000, et au vu de ce catholicisme “ New Age ”, “ charismatique ” (communauté de l’Emmanuel, etc.) et “ affairiste ” (Opus Dei), comment ne pas constater avec effroi que l’abbé de Nantes avait vu juste, à la rencontre de Notre-Dame de Fatima dans la vision du troisième secret  : des ruines, des cadavres, des ennemis mortels, un Saint-Père mis à mort, etc. Rien à voir avec la Pâque humaniste rêvée par Jean-Paul II ni avec la surchauffe des antalgiques Journées mondiales de la jeunesse.

Au terme de cette course de géant de notre bienheureux Père, cinq années durant, et du prodige d’avoir pu la résumer en une heure, frère Bruno eut la consolation de s’entendre dire que ses conférences étaient faciles à suivre, et surtout qu’elles faisaient regretter de ne pas avoir connu le Père.

Le cratère du soir fut consacré au dépôt du Liber II au Saint-Office. Montage vidéo passionnant où les jeunes purent reconnaître avec émotion et fierté leurs (jeunes) parents ou grands-parents  ; interview de frère Bruno par frère Michel pour nous expliquer le sens, la gravité de cette démarche. Les arguments et les faits apportés par notre Père, avec demande d’être canoniquement jugé sur ces graves accusations, laissèrent les autorités romaines et le Pape lui-même, sans voix. Preuve autant «  de la justesse de la cause de notre Père, que de la divinité de l’Église  », concluait frère Bruno.

DIMANCHE DE PENTECÔTE

Frère Bruno fit succomber les habitués de l’oraison matinale sous le charme du Saint-Père François et de son savoureux commentaire de l’Hymne à la charité (1 Co 13, 1-13), poursuivi lors du sermon de la Messe (supra). Cette joie de l’amour prêchée à nos jeunes gens fut comprise et se manifesta notamment par l’ardeur qu’ils mirent à chanter le grégorien de la messe solennelle de la Pentecôte, pour la plus grande consolation de tous, sur la terre comme au Ciel…

1984-1988  : VOLONTÉ DE PUISSANCE DE JEAN-PAUL II.

Après le chapelet sur la tombe de notre bienheureux Père, tellement mieux connu de tous désormais, il fallut reprendre la course. Celle des années 1984-1988 n’allait pas être facile non plus. Frère Bruno reprit son livre qui est le nôtre, chapitre 22 intitulé  : Au feu, au feu  ! Le feu, c’est toujours celui de l’apostasie qui poursuit son œuvre de mort dans l’Église.

En 1984, le cardinal Ratzinger lui-même la caractérisa lors d’un entretien avec le journaliste Vittorio Messori comme «  un enchaînement d’hérésies caractérisées…  » (cf. p. 328) qui ravagent «  quatre continents sur cinq  ». Un an plus tard, les Pères du Synode extraordinaire réunis par Jean-Paul II pour célébrer le vingtième anniversaire de Vatican II exprimèrent aussi leurs inquiétudes, lors de leurs réunions particulières, mais Jean-Paul II reprit la main et le rapport final prononça que le Concile restait «  la carte forcée  » sans équivoque. Alors, la volonté de puissance de Jean-Paul II ne connut plus de borne  : en 1986, il engageait de force l’Église dans la grande apostasie de la réunion interreligieuse d’Assise. Tout le monde s’incline, même Ratzinger. En avril 1986, Jean-Paul II se rend à la Synagogue de Rome, une première  ! non pour prêcher, mais pour flatter. En mai il publie l’encyclique Dominum vivificantem, «  sorte d’oracle charismatique annonçant pour l’an 2000 l’ouverture des temps nouveaux  ». Jean-Paul II les a anticipés en lançant au jour des Rameaux de 1984 l’idée des «  Journées Mondiales de la Jeunesse  ». La nouvelle Pentecôte, la voici  : grosse «  surchauffe  » d’un jour, qui drogue l’Église d’une espérance sans lendemain.

DÉFENSE DE LA FOI ET AMOUR DE L’ÉGLISE.

Et l’abbé de Nantes pendant ce temps-là  ? Il poursuivait son œuvre de «  Défenseur  », en menant de conserve le combat de la Contre-Réforme sans négliger les œuvres de Renaissance catholique. En juillet 1984, notre Père envoie au Canada quatre de nos sœurs. «  La nouvelle compagnie de Marie, appelée de ses vœux par saint Louis-Marie Grignion de Montfort, c’est elles  », s’exclame frère Bruno. Nos frères canadiens s’en rendirent bien vite compte… Ne sourions pas, surtout aujourd’hui où la ruine des anciens ordres religieux est sans remède, tandis que les communautés conciliaires, dites nouvelles, charismatiques en réalité, sont gangrenées de scandales, de mœurs et d’argent. Antidote de ces fruits pourris du Concile, les fondations de l’abbé de Nantes demeurent le témoignage de la sainteté et de la sagesse de l’Église.

La création du tiers ordre de nos communautés, le 3 novembre 1984, en est un éloquent exemple. La Phalange catholique, royale et communière rassemble des disciples convaincus et désireux «  de ne plus vivre que de Jésus-Christ, d’occuper toutes leurs pensées et affection de lui, régler toute leur vie sur lui. Telle est la Phalange. Nous n’avons pas d’apparitions nouvelles à faire valoir, mais Fatima pour notre siècle nous suffit.  » (cf. p. 340)

Son but était de préserver nos amis des séductions, non plus seulement de l’hérésie conciliaire ou du schisme intégriste, mais du renouveau charismatique, «  réplique diabolique de ce que nous sommes inspirés de faire  ».

Fin 1984, lors d’une réunion publique à la Mutualité, l’abbé de Nantes développe en une heure de conférence son «  offre de dialogue au cardinal Ratzinger  ». Notre bienheureux Père y mit toute son empathie, son intelligence de la foi, sa connaissance de la réalité, et aussi un peu de fermeté. Ce fut un grand espoir, déçu, car Ratzinger ne jurait que par le Renouveau ­charismatique d’une part, et d’autre part, pour des «  raisons de principe  » (conciliaire), se refusait à répondre au théologien de la Contre-Réforme catholique.

Pour relayer ce qui demeurait tout de même une réaction d’homme d’Église en charge de défendre la foi, ainsi que celle des Pères du Synode de 1985, notre Père rédigea une “ Supplique pour la paix de l’Église ”  : «  Que soit donc entendu le parti de la Contre-Réforme tout autant que les partis de la Réforme conciliaire et de la Réforme permanente  ! Et qu’ainsi écoutés, tous soient ramenés à l’unité de la Vérité et réconciliés dans la charité du Christ.  » (p. 342) Cette démarche restera vaine, mais la célébration des vingt ans du Concile ne connut pas le succès escompté. «  Les jeunes gens de la Phalange contre-attaquèrent courageusement, à Paris comme en Province (et jusqu’au Canada) en portant la contradiction dans les réunions organisées pour célébrer “ l’expérience du Concile ”  » (p. 342-343). À plusieurs reprises, ils firent avouer aux experts de Vatican II, Laurentin par exemple, que le Concile n’était pas infaillible, et que l’on pouvait donc légitimement s’y opposer, dans l’attente du jugement infaillible du Pape sur les hérésies, schismes et scandales répertoriés par l’abbé de Nantes. Ce procès en matière de foi, sans cesse demandé par notre bienheureux Père, demeure aujourd’hui encore sans réponse doctrinale ­proportionnée.

APRÈS ASSISE, L’APPEL AU JUGEMENT DE DIEU (p. 343-351).

Face à cette forfaiture, et au crime d’apostasie perpétré en toute impunité à Assise, et après avoir tenté une dernière fois de faire appel aux autorités légitimes de l’Église en la personne de Mgr Decourtray et de Mgr Vilnet, l’abbé de Nantes en vint dans le zèle de sa foi vive à en appeler, comme le prophète Élie, au jugement de Dieu (cf. 1 R 18, 20-40). C’est sa charité, son angoisse pour l’Église et les âmes qui lui dictèrent cette démarche insolite, rien de moins qu’une ordalie. Les âmes devaient savoir où était la vérité et où l’erreur, il était grand temps. C’est en des termes d’une noblesse et d’une dignité sacerdotale prodigieuse que notre bienheureux Père somma donc Mgr Lustiger de concourir avec lui face à Dieu en champion de la religion de Vatican II et de Jean-Paul II, tandis que lui se présenterait sous la bannière de saint Pie X. «  Cette année de la foi s’écoula en une supplication instante et un abandon filial au bon Plaisir de notre Père du Ciel puisés dans le Cœur Immaculé de Marie, notre Mère et Médiatrice de toutes grâces.  »

Dieu répondit par l’intermédiaire du livre du cardinal Lustiger en personne  : “ Le Choix de Dieu  ”. Cet ouvrage témoignait de l’acharnement avec lequel le cardinal de Paris avait relevé le défi de l’abbé de Nantes, mais il révélait aussi l’impiété de son auteur, son crypto-judaïsme, et combien il était “ mort devant Dieu ” (1 Co 11, 30). Notre Père comprit la réponse du Seigneur  : «  Ainsi rien n’est fini. Nous sommes renvoyés à notre combat par Dieu même. Il a laissé parler, agir, triompher encore nos adversaires. Mais par de tels excès, médités pour nous perdre, qu’il apparaisse à tous combien ils sont en rébellion contre lui  !  »

Notre bienheureux Père va faire preuve de «  la patience des saints  », et c’est dans une alacrité chaque jour renouvelée qu’il va continuer à se battre sur tous les fronts.

Après cette conférence enthousiasmante, qui faisait regretter aux jeunes de ne pas avoir connu le Père, c’est vraiment en connaissance de cause que certains d’entre eux s’avancèrent dans le chœur, pour prononcer leur acte d’allégeance à la Communion phalangiste. Quoi de plus beau et de plus suggestif que de prononcer cet engagement de fidélité après la lecture de l’Évangile de ce dimanche de la Pentecôte, au mitan du Saint-Sacrifice que Jésus allait renouveler par le truchement de notre cher aumônier.

JEAN-PAUL II – GEORGES DE NANTES

L’après-midi, nos frères projetèrent une conférence magistrale de frère Bruno réalisée lors du camp de la Phalange, en 1985  : Jean-Paul II – Georges de Nantes  : le jour et la nuit. Le montage vidéo rend encore plus saisissant le contraste et l’opposition de ces deux hommes d’Église, hors normes, chacun ayant au cœur un amour et à l’esprit une doctrine, l’un pour rebâtir la “ Cité de Dieu ”, l’autre pour la détruire et la reconstruire au bon plaisir des hommes.

Après un temps de récréation, qui donna aux garçons l’occasion de se défouler sur le terrain de foot, notre frère Prieur reprit son monde en main pour le conduire de 1988 à 1993, au travers d’un incendie sans cesse allumé par Jean-Paul II, mais toujours, sinon éteint, car ce n’était pas dans le pouvoir de notre Père, du moins marqué de près par le théologien de la Contre-Réforme catholique. Notre Père comme un autre Mardochée se tenait à la dernière place, sans plier le genou ni se rallier à l’idole, en témoin de la vérité et en prophète de la Renaissance à venir, véritable contre-feu.

CONTRE-FEU SUR TOUS LES FRONTS.

«  L’homme est ingouvernable  », c’est le constat accablant que fit notre bienheureux Père à la lecture d’une biographie de l’amiral Koltchack, L’amiral Blanc, qui tenta après la Première Guerre mondiale de vaincre les troupes bolcheviques et de délivrer la Russie du communisme. S’il échoua, c’est qu’il fut trahi par tous, parce que les hommes étaient ingouvernables. Notre Père y vit la parabole de ce qu’il vivait alors. Aux élections présidentielles de mai 1988, les amis et même des phalangistes ne suivront pas ses consignes. Ils voteront Le Pen et contribueront ainsi à la victoire de la gauche. En juin, Mgr Lefebvre fait schisme en sacrant des évêques  ; dans notre propre communauté, c’est aussi une révolte, bien vite matée grâce à notre Père. En octobre, c’est le Saint Suaire de Turin qui est livré aux mains des méchants et renié par la frauduleuse datation au carbone 14. L’abbé de Nantes ordonne à frère Bruno de mener une enquête scientifique pour venger l’honneur du Saint Suaire  ; elle le conduira jusqu’au fin fond des USA. C’est ainsi que, secondé par une équipe de bons et très compétents amis, il fournira les preuves d’une substitution d’échantillons. Victoire  !

«  Accusé de prêcher une “ fausse mystique ”, notre Père s’employa à répondre à cette accusation, en 1990-1991, dans des conférences intitulées Vraie et fausse mystique. À Molinos le quiétiste (charismatique), il opposa saint Jean de la Croix et saint François de Sales. Et à la suite du Père de Foucauld, il proposa un “ Chemin bas de la perfection ”, accessible à toutes les petites âmes qui veulent marcher vers la sainteté.  » Conférences d’une prodigieuse intelligence de la foi  ; capitale clef d’interprétation du charismatisme actuel  ; lumière sûre pour avancer sur le chemin du Ciel dans le joyeux service de l’Église, de la France et de nos familles… À voir ou à écouter par conséquent  ; au moins une fois dans sa vie.

En janvier 1991, la guerre contre l’Irak est déclarée. Notre Père comprend que le châtiment arrive sur le monde parce que personne ne pratique la dévotion au Cœur Immaculé, alors que, pourtant, Dieu le veut  ! Il décide alors de solenniser régulièrement les premiers samedis du mois. Depuis ce temps-là, nos amis viennent de plus en plus nombreux, en famille, pour pratiquer cette «  petite dévotion  ». Le Bon Dieu manifeste son contentement en comblant notre bienheureux Père de grâces. Sa réflexion et contemplation de l’Immaculée s’approfondit  : mystère de la Colombe, et préexistence de son âme… Lapides pretiosi

La réfutation des encycliques de Jean-Paul II se poursuit, et sa gnose unanimiste apparaît de plus en plus clairement aux yeux de notre Père.

«  C’est une transposition, ou une sublimation onirique, de la théologie catholique, dans le sens plus que millénaire de la gnose des grands initiés, où les mystères divins se libèrent de leurs cadres chrétiens et catholiques, pour se révéler universels. Ce qui est dit de l’Église est secrètement accordé à l’humanité entière, ce qui est attribué aux chrétiens en vertu de leur foi et de leur baptême est comme déjà possédé, incognito, à l’état de “ Semence du Verbe ” (…) en toute âme de bonne volonté préoccupée du bien de ses semblables et du progrès de l’humanité.  » (p. 364)

Lors de la parution du Catéchisme de l’Église catholique (C. E. C) en 1993, notre Père voit clairement comment le bon miel de la doctrine catholique est mêlé au venin des orientations conciliaires et à celui de cette gnose unanimiste. Il extrait de ce travail réalisé par des théologiens chevronnés et retors un Syllabus de douze hérésies, et il porte le tout à Rome le 13 mai 1993; ultime démarche pour solliciter des autorités romaines un jugement en matière de foi. Pas de réponse sinon celle, officieuse, de Mgr Sandri, dix jours plus tard, à la fin d’un entretien avec frère Bruno. Nouvelle forfaiture justifiée ainsi  :

«  Si nous faisons ce que vous demandez, cela veut dire que tout cela à un fundus veritatis, un fond de vérité. Si nous commencions à examiner, cela voudrait déjà dire que vous avez raison.  » (p. 375) Puis en raccompagnant notre frère, le cardinal se fendit d’un aveu que notre frère n’avait pas exigé de lui, mais qui était tellement révélateur de la pensée profonde du très carriériste prélat argentin  : «  J’aime mieux avoir tort avec le Pape que raison contre lui…  »

Notre frère Prieur n’a pas été au bout du programme qu’il s’était fixé, mais il a réussi à enthousiasmer nos jeunes gens qui ignoraient tout de ces événements. Ils réalisaient pour le coup, ce qu’était «  le Père  », sa vocation particulière de «  défenseur de la foi catholique  », hier comme aujourd’hui, et demain aussi, car nul doute que la ferveur filiale de notre frère Prieur aura été communicative. Elle aura touché les cœurs, et préparé la relève afin qu’il s’en parle encore de l’abbé de Nantes, et pas qu’un peu…

OBJECTION.

Cette journée si instructive s’acheva par les vêpres solennelles de la Pentecôte chantées par tous avec une ferveur qui émeut toujours nos sœurs, et un beau Salut du Saint-Sacrement. Le cratère du soir avait pour titre  : Objection. Mystérieux.

En 1985, en conclusion du camp de la Phalange, frère Bruno n’avait pas été compris lorsqu’il annonçait aux jeunes gens de l’époque – les parents de ceux qui étaient présents – que le succès de la CRC passerait par l’échec, peut-être par le martyre pour certains. Le Père avait répondu à la session suivante en leur expliquant qu’ils étaient exactement dans la situation des disciples qui entendaient Jésus leur annoncer sa Passion, mais sans le comprendre, sans le réaliser. Or, de même qu’il fallait que le Fils de l’homme souffrît afin d’entrer dans sa gloire, de même il faut aujourd’hui, pour que la France se redresse, que le sang coule…

Nos jeunes gens réagirent – il faut le dire, pour une fois – avec une émotion et une maturité que n’ont pas eue leurs parents  : la perspective du martyre leur parle beaucoup dans le contexte actuel…

Cette émouvante soirée s’acheva par l’hymne des “ Drapeaux rouges ” qui exaltait précisément la vocation évangélique des phalangistes de l’Immaculée et du Divin Cœur  ; tous avaient les yeux fixés sur le Père qui chantait avec une ardeur magnifique et tellement communicative…

LES ACTUALITÉS

Le pape François assura l’oraison de ce lundi de Pentecôte, et notre bienheureux Père le sermon de la messe  : “ Dieu veut ” (cf. supra), notre frère Prieur s’était réservé la conférence d’actualités, toujours très attendue  : La grande pitié du royaume de Marie.

LA FRANCE.

«  Aujourd’hui, sous la menace terroriste, plus que jamais il y a grande pitié au Royaume de Jésus qu’est la France de Jeanne d’Arc, de Thérèse et de Monsieur saint Michel, depuis la prétendue “ libération ” de 1944, qui a renié par une révolution pire que la “ cabochienne ” de 1413, le Sauveur de la Patrie et institué à Paris le règne de l’étranger, de l’Europe.  »

Il ne faut donc rien attendre des “ présidentiables ”, pour la raison avancée par notre Père dès 1956  : «  C’est tout “ Le mal français ” d’être gouverné depuis que de Gaulle a mis le Maréchal en prison, par des «  idéalistes  » qui «  trouvent la France charnelle, plate, ennuyeuse, et se plaisent à rêver de brillants systèmes, de générosité politique.  ». La consigne de notre frère Prieur est donc de ne pas nous diviser sur ces “ présidentiables ”, car la restauration d’un pays passe par une sagesse politique et une doctrine d’action, autres que républicaines, et dont la Russie nous offre toujours le modèle, enviable…

LA RUSSIE.

Frère Bruno ne nous cachera que ce pays chéri de Marie, lui aussi, se trouve confronté, sous l’injuste pression de ses «  amis américains  » et «  partenaires européens  » à une crise économique aussi violente que celle des années 90. Le peuple russe souffre, mais avec au cœur un esprit de pauvreté évangélique qui lui fait accepter sa misère comme un service de la nation, et garder confiance en son président. Malgré la crise, frère Bruno nous démontrera que ce pays continue de donner au monde le spectacle d’un prodigieux «  renouveau diplomatique et religieux, appuyé par une montée en puissance stratégique qui confond les efforts de ceux qui prétendaient réduire la Russie au rang de puissance régionale.  » Devenue une puissance incontournable en Europe comme au Moyen-Orient, le succès complet de ses objectifs en Syrie fait de la Russie le seul défenseur des chrétiens persécutés par l’islam. Il lui manque seulement d’être consacrée au Cœur Immaculé de Marie par le Saint-Père, puisque Dieu le veut. La Russie se convertira, et alors, il faudra bien transformer cette affreuse chose orthodoxe du quai Branly en cathédrale catholique. Architectes, à vos planches à dessin  !

LE SAINT-PÈRE.

Tout tient donc au pape François, tant les affaires de l’Église que celles du monde. Hélas, en politique François «  rêve  » d’un «  nouvel humanisme  », comme ses prédécesseurs. Il a fait l’apologie des ­démocrates-chrétiens pères de l’Europe, et le vendredi 6 mai, il en a été récompensé en recevant le “ prix Charlemagne ”, c’est-à-dire les honneurs de ce “ monde ” pour lequel Jésus n’a pas prié. Pauvre Saint-Père…

Dans l’Église, il a ouvert toute grande la porte aux disciples de Mgr Lefebvre. La profession de foi du cardinal Ratzinger en faveur de Vatican II est écartée, au profit de celle du concile de Trente. Voici donc nos intégristes libres de faire «  l’expérience de la Tradition  », sans avoir à dénoncer les erreurs du Concile, notamment celle du droit social en matière de religion. Vatican II reste donc encore, mine de rien, la carte forcée. Il s’impose désormais par la canonisation, celle des papes du Concile et de tant d’autres, par exemple le fondateur de l’Opus Dei, Mgr Escriva. Il suffit de payer et de mentir… C’est l’iniquité des procès de sainte Jeanne d’Arc qui se renouvelle par la faute de Jean-Paul II.

La recension du livre d’une ancienne célibataire consacrée (sic), Maria del Carmen Tapia  : Au cœur de l’Opus Dei, prouve combien ce mouvement fut dès l’origine – il l’est toujours – sectaire dans sa doctrine, dans ses pratiques, en avant-garde des désorientations conciliaires (laïcisme et interreligion).

La décadence de l’Église conciliaire s’accentue, à proportion de la montée en puissance de l’islam  ; Mgr Dubost s’en alarme  : 80 % d’enfants musulmans dans certaines écoles catholiques. Face à leurs objections à l’encontre de notre foi, les enfants chrétiens sont sans réponse, les catéchistes aussi, Mgr Dubost pareillement, tous malades de Vatican II  : ignorants, complexés, honteux… Ce qui nous attend en châtiment de si lâches abandons, c’est une affreuse guerre civile que tous pressentent, semblable à celle dont la France a souffert au début du quinzième siècle. Frère Bruno nous rappellera cet effrayant épisode de notre histoire à l’aide du livre de sœur Hélène  : SAINTE JEANNE D’ARC, VIERGE ET MARTYRE, manière de nous rappeler que le salut ne nous viendra que du Ciel, moyennant la foi.

LE BIENHEUREUX PÈRE DE FOUCAULD.

Notre frère acheva sa conférence en puisant l’espérance dans le cœur d’un vrai saint, notre bienheureux Père de Foucauld. «  En 1916 [il y a cent ans, l’année de son martyre], il écrira  : “ La France, malgré les apparences, reste la France de Charlemagne, de Saint Louis et de Jeanne d’Arc  ; la vieille âme de la nation reste vivante dans notre génération  ; les saints de France prient toujours pour elle  ; les dons de Dieu sont sans repentance… En choisissant la France pour le berceau de la dévotion au Sacré-Cœur et pour les apparitions de Lourdes, Notre-Seigneur a bien montré qu’il garde à la France son titre de premier-né. ”

«  Demain, le Père de Foucauld fera tomber, comme Thérèse, une pluie de grâces sur les missionnaires de notre France…  »

PÈLERINAGE JUBILAIRE AU QUÉBEC

La grande première, c’est que ce pèlerinage à la Porte sainte de la cathédrale de Trois-Rivières fut paroissial. L’organisation et le bon déroulement de la cérémonie avaient été planifiés par le curé de la paroisse, le comité pastoral paroissial et notre frère Pierre en personne, qui avec les frères, les sœurs et les amis CRC devaient être l’âme de cette démarche jubilaire.

LA PRÉDICATION DE FRÈRE PIERRE.

En ce lundi 23 mai, jour férié dans la province de Québec, les amis CRC s’étaient donné rendez-vous à 9 heures à l’église Notre-Dame-des-Sept-Allégresses. Notre frère Frédéric a tout vu et tout entendu, voici sa chronique  : «  Frère Pierre prêcha d’une manière fort simple et pédagogique, comme à son habitude. La condition pour être sauvé, c’est qu’il faut avoir un vrai regret de ses fautes et demander pardon  ; mais si on se confesse déjà régulièrement que nous apporte de plus un jubilé  ?

«  Pour nous le faire comprendre, frère Pierre prit l’exemple d’un enfant qui, par colère, casse une pile d’assiettes parce que sa mère lui a interdit de sortir avec des camarades. L’enfant finit par avouer sa faute et demander pardon  : c’est la confession. La maman pardonne, mais pour s’assurer de la sincérité du pardon que lui a demandé son enfant, elle ajoute  : “ Tu n’auras pas de dessert ”  : c’est la pénitence que le prêtre nous donne. Ensuite, il faudra bien racheter des assiettes, c’est pourquoi sa mère va exiger de lui qu’il prenne de l’argent dans sa tirelire pour payer les assiettes cassées  : c’est la réparation des dégâts. Mais comme la tendance à la colère n’a pas disparu, sa mère le prévient  : “ Il faut perdre l’habitude de te mettre en colère. ”  : c’est la peine due au péché. Si on est coléreux, toute notre vie, on va être ennuyé, on va souffrir et faire souffrir surtout les autres. Jésus a bien sûr expié nos péchés, mais nous gardons encore les conséquences, comme les cicatrices des blessures de nos péchés. C’est pourquoi l’indulgence plénière, en enlevant cette peine due au péché, va nous rendre plus facile ce labeur de conversion, et même nous permettre d’éviter d’aller au Purgatoire.

«  Le Purgatoire, c’est une miséricorde que le Bon Dieu a inventée pour nous purifier. On souffre en ce lieu plus que sur la terre, mais dans la joie d’un amour de Dieu que l’on a vu, et qui nous accorde la grâce de cette expiation pour arriver à l’aimer enfin de tout notre cœur… Mais la grâce du jubilé consiste à nous y faire échapper pour les péchés déjà malheureusement commis, car à la vue de notre loyale volonté de nous convertir, de changer de vie, d’habitudes, on plaît à Dieu, et en retour il valide cette indulgence plénière acquise par le ministère de l’Église, et il remet notre âme à neuf, en effaçant les peines dues au péché.

«  On comprend qu’autrefois, les chrétiens étaient prêts à parcourir toute la France à pied pour gagner un Jubilé et que cette grâce est due à l’immense richesse de l’Église notre Mère.  »

AU CŒUR DE LA PAROISSE ET DU DIOCÈSE.

«  Frère Pierre envoya deux frères à la cathédrale pour disposer un crucifix et un prie-Dieu après la Porte sainte. Bien lui en prit, car tout était en désordre en raison d’un concert donné la veille. Grâce au sympathique recteur, tout sera remis en ordre à temps.

«  Tout était donc prêt pour recevoir les quatre cents paroissiens et amis CRC. Les voici qui se mettent en place pour la procession. Entente parfaite avec la police pour faire la circulation, et avec D. J., le responsable de la pastorale à Shawinigan. Durant le trajet, de l’église de Notre-Dame-des-Sept-Allégresses jusqu’à la cathédrale, nous eûmes le temps de dire tout un chapelet aux intentions du Saint-Père. Il était récité par frère Pierre avec une sono qui résonnait bien. Tous ont suivi. La marche était lente. C’était émouvant de penser qu’on marchait pour recevoir une telle grâce, grâce qui servira à n’en pas douter à ce que la Sainte Vierge nous demandera dans les jours, les mois, les années à venir, en particulier pour nous aider à nous préparer pour mai 2017 et à servir mieux selon notre vocation. Au deuxième tournant, juste avant la cathédrale, nous avons chanté l’invocation et le Je vous aime ô Marie à Notre-Dame de la Sainte Espérance et ça résonnait, comme dans les vieux villages français  !

«  En entrant dans la cathédrale, monsieur le Curé expliqua la démarche du passage de la Porte sainte. Il nous a tous invités à “ toucher de la main le crucifix, en signe de respect pour la source de grâce qui vient du Crucifié ”. La procession commença par nos deux bons curés, puis frère Pierre prit le crucifix afin de le faire baiser. Cela nous a beaucoup touchés de voir les paroissiens embrasser Jésus Crucifié avec tellement de piété. À peine une quinzaine de personnes l’ont simplement touché de la main. Mais si vous aviez vu les bonnes petites veilles prendre le crucifix avec amour et l’embrasser, qui aux pieds, qui au Cœur et d’autres sur le Visage… Souvent après, ils levaient les yeux vers nous et on y voyait leur joie. C’était beau. Cet amour persistant, ardent, malgré cinquante ans de Concile, que c’était beau, quelle grâce d’en avoir été les témoins. Jésus et Marie ont dû être bien consolés. Le sacristain de la cathédrale qui était là, un peu revêche au début devant toutes nos innovations, fondit devant le spectacle des enfants “ donnant un bec à Jésus ”. Les chants furent magnifiques, les jeunes chantaient fort, je vous assure…

«  Le lendemain monsieur le Curé était aux anges  ; frère Pierre a même reçu un courriel de remerciement du responsable du comité paroissial. Bon courage à tous dans vos sessions et fêtes à venir.  »

Merci beaucoup mon frère…

frère Philippe de la Face de Dieu.

COURRIER DES LECTEURS

Notre frère Bruno de Jésus-Marie reçoit des lettres que nous ne publions pas souvent, faute de place. En voici quelques-unes, consolantes pour notre frère Prieur, car elles expriment clairement et motivent leur reconnaissance pour les travaux qu’il poursuit jour et nuit pour le bien de nos âmes, et surtout pour prolonger le beau témoignage de notre bienheureux Père. Elles montreront aussi à nos amis la grande communion de pensées qui règne au sein de la Phalange de l’Immaculée.

L’APOCALYPSE, LE PAPE FRANÇOIS, POUTINE.

Rambouillet, le 8 avril 2016.

Notre bien cher frère Bruno,

Au moment où nous recevons la CRC d’avril, il fallait que je vous remercie de votre commentaire de l’Apocalypse, et par-dessus tout, pour la conclusion, «  l’Évangile éternel  », qui m’est apparu comme l’argument décisif de notre attachement au pape François malgré les déceptions que l’on peut déplorer. Votre étude nous établit dans une prodigieuse et véritable espérance. Elle nous élève résolument et définitivement au-dessus des contingences immédiates pour voir ce que sera désormais notre avenir. Le Saint-Père a la Foi, il est le successeur de saint Pierre, il défaille peut-être parfois, mais il ne faillira plus, le temps du Masdu s’achève. À sa suite, au rythme des événements décrits dans l’Apocalypse, nous amorçons irrésistiblement la remontée. Vous nous avez montré par votre commentaire, crucial pour tout disciple de l’abbé de Nantes qui se respecte, la raison qui nous fait un devoir de nous accrocher.

Franchement, on ne peut pas lire votre analyse, et ensuite passer à autre chose en se disant «  Oui  ! bien sûr, on peut voir les choses ainsi  ». Les lumières que vous nous donnez sur l’Apocalypse sont décisives et constituent un point d’ancrage majeur. Votre commentaire intègre le message de Notre-Dame de Fatima, ainsi c’est vraiment l’œuvre extraordinaire et orthodromique de notre Père qui continue, et de la plus lumineuse des manières. Plus besoin d’aller chercher du nouveau ailleurs  ; tout ce qu’il faut savoir, on le sait. Reste à mieux comprendre, méditer et approfondir. Pour ma part le boulot n’est pas achevé, je suis en plein dedans. Il faut qu’un jour prochain, nous nous procurions les DVD du camp. Du coup, un peu rétif au style du livre de l’Apocalypse, j’en apprécie désormais bien davantage la beauté. Quelle grâce vous nous avez faite  !

En ce moment je suis assez estomaqué par le rôle que joue Poutine et sa volonté de relever la Russie. Son autorité, sa supériorité dans la conduite des événements, dans un monde aussi anarchique et décadent que l’on connaît, est stupéfiante. Ce Poutine sorti du chapeau que personne ne connaissait et qui s’impose chaque jour davantage par sa sage autorité dans l’échiquier mondial avec mesure et simplicité, c’est vraiment tout à fait stupéfiant, imprévisible et, risquons le mot, “ irrésistible ”  ! Il y a quelque chose qui le dépasse lui-même. Comme vous faites bien de revenir sans cesse sur la nécessité de prier pour la consécration de la Russie au Cœur immaculé de Marie  ; il faudra aussi nous ramener souvent à votre commentaire de l’Apocalypse pour bétonner notre Espérance. Retournés dans le monde après nos séjours à la maison Saint-Joseph, nos camps et activités CRC, avec nos faiblesses, nos soucis et nos croix, on a tôt fait d’oublier les lumières que vous nous communiquez avec tant de sainte ardeur… Dans l’attente de notre pèlerinage au Puy, je vous redis toute ma filiale affection, sous le regard de notre Père, dans le Cœur de Jésus et de Marie.

R. D

MERCI À FRÈRE BRUNO.

Pâques 2016.

Bien Chers Amis,

Votre dernier envoi, suite et fin de l’Apocalypse, m’aide à sortir de ma léthargie. Je craignais tant ne jamais le recevoir que mon cœur déborde de reconnaissance pour ce témoignage de votre présence constante et réconfortante auprès de moi.

Merci à frère Bruno pour son lumineux commentaire de la dernière Révélation de saint Jean et les reproductions de cette merveilleuse tapisserie d’Angers. Après une première lecture trop hâtive et comme enfiévrée, je relis tout doucement pour m’en pénétrer et tout assimiler «  sans ajouter ni retrancher  ».

Merci d’enrichir notre culte de Marie par ces titres glorieux clairement expliqués de Nouvelle Arche d’Alliance, de Corédemptrice avec son Fils Crucifié, de Mère du Peuple de Dieu, de Réceptacle de ­l’Esprit-Saint… Comme je soupire d’aise à la lecture de ces précieuses nourritures spirituelles et comme j’y adhère de toute mon âme  !

Mais comme je tremble aussi face à cette condamnation qui frappe l’Église de Laodicée  : «  Dieu vomit les tièdes.  » Serai-je reléguée parmi eux lors du Jugement dernier  ? – Oui, si je suis jugée à l’aune seule de mes œuvres et au nombre de mes multiples lâchetés morales et intellectuelles, de mes concessions, de mes accommodements, de mes négligences.

Alors, je me raccroche au prêche inlassable du pape François sur la Miséricorde infinie de notre Père Céleste.

Excusez-moi de me livrer un peu longuement, je m’efforce pourtant d’aller à l’essentiel qui pour moi se résume à l’avertissement  : «  Bientôt… plus de délai  !  » Atteinte d’un cancer du sein décelé à l’œil nu en avril dernier, j’ai subi le protocole habituel sauf une seconde opération fin janvier. Mes rayons se terminent la semaine prochaine. Je devrais être bientôt soulagée des séquelles douloureuses induites par les traitements lourds et j’ai confiance dans un sursis suffisant pour rendre à ma fille tout ce qu’elle m’a donné et pour me convertir aux demandes de sœur Lucie (…).

Je n’abuserai pas plus longtemps de votre patience. Je vous redis tout simplement toute mon admiration et mon soutien que ne reflète pas cette année ma tardive et modeste cotisation. Mais la longue maladie ne couvre pas entièrement mes traitements et salaires. C’est un mauvais moment à passer. Il y a pire.

La paix du Christ.

F. B

UN MERVEILLEUX JUBILÉ, ET UN CHEF-D’ŒUVRE DE SITE CRC.

Le Puy, 13 mai 2016.

Bien chers frères,

La raison de ce courrier est bien l’envoi que nous voulons vous faire des médailles et cartes qui, peut-être, vous aideront à prolonger quelque peu le souvenir de ce merveilleux jubilé. Mais je tiens là aussi, un bon prétexte de vous remercier, chers frères et sœurs, des bienfaits et aides si précieuses que vous nous apportez et vous, mon frère tout spécialement par ces trésors prodigués en ligne  ! Le site est une Providence. Comment vous dire que l’art employé à nous mettre en lumière, à point nommé, les extraits nous actualisant les écrits du Père que l’on croirait d’hier, relève d’un talent consommé, à la suite de notre frère Prieur  ! Certes, il a tout dit, mais c’est bien là qu’est le tour de force pour vous, de resservir cette manne, à temps et à contretemps. Le site est un chef-d’œuvre et notre péché serait de ne pas y recourir inlassablement  ! Que dire de l’arrivée des Méditations et de l’excellente richissime initiative de nous permettre de réciter le chapelet en direct avec notre Père. Il a eu le premier l’idée géniale d’utiliser la vidéo pour prêcher, mais en dignes fils de leur Père, vous avez si astucieusement fait écho, au centuple, par la création de ce site. Soyez en moultement remerciés.

M.-A. S.

LE JUBILÉ DU PUY  : UN TÉMOIGNAGE IRRÉCUSABLE.

Andelaroche, 5 mai 2016.

Mon cher frère Louis-Joseph,

Tout d’abord un grand merci aux frères et sœurs de la communauté pour ce beau pèlerinage au Puy, ça vaut bien un défilé Jeanne d’Arc à Paris. En descendant à Aix après le pèlerinage, j’ai pris en stop un chemineau d’origine portugaise. Il partait à Cotignac et arrivait du Puy où il a vu des choses extraordinaires.

Il m’a raconté qu’il a vu une multitude de moines et de sœurs tous jeunes, il logeait à l’hospitalité Saint-Georges, il a donc vu les moines de près. Ils étaient très sympathiques, il a même parlé à un moine barbu qui avait des lunettes et qui était Canadien  !  !  ! Par fatigue et par curiosité, je l’ai laissé parler sans lui dire que j’y étais  ; j’ai donc entendu raconter notre pèlerinage par quelqu’un de l’extérieur. Il a même été à notre chapelet du samedi soir et a entendu nos chants. C’est ce qui l’a le plus marqué.

Gilles.