La Contre-Réforme catholique au XXIe siècle
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La Contre-Réforme Catholique au XXIe siècle

IL EST RESSUSCITÉ !

N° 165 – Juillet 2016

Rédaction : Frère Bruno Bonnet-Eymard


LA LIGUE

La Ligue

LE MOIS DE “ L’AMOUR MAL AIMÉ ”

C’EST le mois de juin, où l’on célèbre tout à la fois le Sacré-Cœur de Jésus et le Cœur Immaculé de Marie (13 juin), l’un et l’autre nous ayant aimés comme jamais personne ne nous a aimés et ne nous aimera jamais. Ils nous aiment plus que jamais, mais l’un et l’autre souffrent de l’indifférence des enfants de l’Église, et par conséquent du premier d’entre eux, celui dont c’est la mission de précisément faire aimer l’amour  ; à savoir aujourd’hui de «  répandre dans le monde entier la dévotion au Cœur Immaculé de Marie  ».

Cette peine ne date pas d’hier, car si dans l’Église on sait qui est Dieu, si on répète sur tous les tons qu’Il nous aime, et si on prétend l’aimer en retour, on ne s’engage cependant pas à le faire comme Il le veut, selon les clauses du renouvellement de l’Alliance définie par son amour miséricordieux à Paray-le-Monial (1689) puis à Fatima (1917), apparitions et révélations du Sacré-Cœur de Jésus et du Cœur Immaculé de Marie, pourtant canoniquement reconnues par l’Église, ainsi que la sainteté de leurs médiatrices  : sainte Marguerite-Marie, la bienheureuse Marie du Divin Cœur, sœur Lucie de Fatima.

Cette opposition cruelle et obstinée, le Sacré-Cœur l’a fait éprouver à sa messagère (cf. Le secret de la bienheureuse Marie du Divin Cœur) et le Cœur Immaculé de Marie à la sienne (cf. Sœur Lucie confidente du Cœur Immaculé); il en a donné aussi l’intelligence à un prophète et précurseur en la personne de l’abbé de Nantes (cf. Georges de Nantes, docteur mystique de la foi catholique).

Les conséquences de ce refus d’en venir à la volonté de Bon Plaisir de Dieu sont si graves et pressantes, pour l’Église comme pour le monde, que notre frère Bruno ne cesse d’en montrer la dramatique actualité, et d’en prévenir le Saint-Père. Il le fit encore le 23 juin au soir à la Permanence de Paris, avec la même fermeté respectueuse que saint Paul en son temps, lorsque «  Pierre ne marchait pas selon la vérité de l’Évangile  » (Ga 2, 14).

FRÈRE BRUNO À LA PERMANENCE

Pour la traditionnelle réunion de clôture, notre frère Prieur offrit à nos amis parisiens, une conférence im­promptue en trois parties, et un fil d’or qui les unissait en nous donnant l’intelligence des textes et des événements. Quel est ce lien qui peut unir trois sujets aussi divers que la méthode de l’uniatisme; l’exhortation du pape François sur la famille et pour finir, la montée en puissance de l’islam  ? C’est “ le droit social à la liberté en matière de religion ”, cette nouveauté absolue introduite à force de manœuvres obliques au concile Vatican II, un cas d’école en matière de lobbying, appelée plus communément, et pour tromper d’ailleurs  : la liberté religieuse.

LA MÉTHODE DE L’UNIATISME DU PASSÉ.

Dans son éditorial de mars 2016  : L’occasion manquée à Cuba, notre frère Prieur avait opposé le plus ferme des Non possumus sur un point précis de la déclaration commune du pape François et du patriarche Kyrill  :

«  Deux ans de travail pour aboutir à la condamnation sans appel de “ la méthode de l’uniatisme du passé, comprise comme la réunion d’une communauté à une autre, en la détachant de son Église ”. C’est pourtant ce que Notre-Dame de Fatima attend de la Russie par la consécration de ce pays à son Cœur Immaculé  : qu’elle se détache de son schisme pour se réunir à l’Église catholique romaine.  »

Lors d’une précédente réunion à la Permanence, frère Bruno avait tenté d’excuser le Saint-Père en insistant sur le contexte politique de cette déclaration, celui de la révolte des Ukrainiens stipendiée par les USA et menée au combat par des milices néonazies au nom de la démocratie, etc. Dans un tel contexte, pas question de penser à la réunion de l’Église latine avec l’Église orthodoxe par “ l’interface ” de la communauté catholique ukrainienne, de rite grec  : les uniates. Notre frère Prieur revint sur ce jugement favorable, qui sans être politiquement faux, oubliait que le pape François s’était volontairement situé sur le plan pastoral et religieux. Il s’agissait donc d’une question de principe, et d’une pastorale absolument dans la ligne du droit social à la liberté en matière de religion, et de l’œcuménisme sui generis qui en découle, l’un et l’autre décourageant tout mouvement de conversion.

Cette méthode de «  l’uniatisme du passé  », frère Bruno la fit revivre en la personne du saint Pasteur gréco-catholique – François l’a déclaré vénérable en 2015 – qui l’incarna à la perfection. Fils d’une des plus nobles familles d’Ukraine, Mgr Andrei Cheptytsky fut nommé, à l’âge de trente-six ans, archevêque- métropolite de Lviv et intronisé le 17 janvier 1901. Quelques années plus tard, ce grand dévot de la bienheureuse Marie du Divin Cœur trouva dans le pape saint Pie X une âme sœur toute dévouée comme lui à la cause de la réunion des Églises. Ensemble, ils organisèrent en Moravie un congrès œcuménique d’une audace qui pourrait surprendre puisqu’on y concluait finalement qu’entre orthodoxes et catholiques, de rite grec ou latin, il n’y avait aucune raison profonde, doctrinale, de désaccord, mais uniquement des questions de personnes…

Ce sont les rédemptoristes, très engagés dans le zèle pour la réunion des églises, qui seront le fer de lance d’un grand mouvement de conversion des orthodoxes vers l’Église catholique de rite grec. Celui-ci fut d’autant plus facilité, qu’avec la permission de saint Pie X, certains de leurs membres embrassèrent le rite grec. Mais Celle qui leur ouvrit les cœurs des Russes, ce fut la Vierge tutélaire de l’ordre, l’icône byzantine de Notre-Dame du Perpétuel Secours… Ce magnifique élan de conversion fut stoppé net par la guerre de 14-18 et par la révolution russe surtout. Mais tandis que le sang des martyrs coulait tant et plus, en 1917, Notre-Dame paraissait dans le Ciel de Fatima, apportant la solution qui doit porter remède à l’orgueil des Grecs… et des Latins  ! comme aussi à la guerre qui tue et va tuer par dizaines de millions  : La paix, oui la paix, mais par la consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie.

«  LA JOIE DE L’AMOUR  » AU PÉRIL DE VATICAN II.

De l’enthousiasme de la fin de cette première partie, notre frère passa à l’enthousiasme pour l’Exhortation apostolique sur la famille  : La joie de l’amour (supra, p. 4-26). Notre frère nous le communiqua en résumant les admirables premiers chapitres, le quatrième surtout  : «  unique en son genre, un trésor… Cette géniale pastorale est certes capable de restaurer la famille, et de réconcilier les ménages les plus menacés, mais le Saint-Père ne se rend pas compte qu’elle est minée à la base par l’adultère de l’Église conciliaire.  »

Il traite le problème des divorcés-remariés, comme celui des orthodoxes et de l’uniatisme, sans se rendre compte que Vatican II et son droit social à la liberté en matière de religion sont la cause première du mal, et de la “ désertification ” de l’Église qui en est résulté. Conclusion  : «  Il y a un aveuglement général qui fait qu’on ne peut plus discuter sur le Concile. On n’avancera pas par des discussions, mais par le recours qui nous est proposé par Dieu, la dévotion au Cœur Immaculé de Marie.  »

LA MONTÉE EN PUISSANCE DE L’ISLAM.

Passionnant commentaire d’une interview de Jean-Louis Harouel, professeur agrégé de Droit, à propos de son dernier livre  : “ Les droits de l’homme contre le peuple ”. Cet universitaire montre bien comment la religion des droits de l’homme est, malgré les apparences, l’efficace pourvoyeuse de la religion musulmane. C’est la vérité, mais pas toute la vérité que frère Bruno mentionnera au fil des citations  : «  Sous couvert de non-discrimination et de respect de la liberté religieuse [imposée aux catholiques comme un absolu « droit de l’homme » par Vatican II], c’est une civilisation antagoniste de la civilisation européenne [non ! chrétienne !] qui poursuit son entreprise de conquête et de domination.  »

«  En Europe occidentale, l’islam a profité à plein des droits de l’homme. C’est sur eux que se fondent les revendications vestimentaires, alimentaires et autres des musulmans, lesquelles relèvent en réalité d’une prise de pouvoir de nature politique, d’une appropriation de territoires, d’une domination de secteurs de la société. L’islam combinant en lui le politique, le juridique et le religieux, toute concession faite à l’islam comme religion est aussi une concession faite à l’islam politique et juridique [Telle est l’œuvre du droit social à liberté religieuse conciliaire, cf. Nostra Ætate nos 1-3 : Vatican II, fourrier de l’islam !...] avec pour effet de transformer peu à peu les pays européens concernés en terres musulmanes. [Le Père l’annonçait il y a cinquante ans au moment où l’on abandonnait l’Algérie : Vous ne voulez pas voter contre de Gaulle pour garder l’Algérie, eh bien ! vous aurez les fellaghas chez vous qui viendront mettre le feu à vos meules de foin… Nous y sommes.]  »

Parole prophétique du cheikh Youssouf al Quadrawi en 2002  : «  Avec vos lois démocratiques, nous vous coloniserons. Avec nos lois coraniques, nous vous dominerons.  » Tel est le salaire des Droits de l’homme et surtout celui de la Liberté religieuse. C’est un châtiment qui nous advient en punition d’une impiété quelque peu, hélas  ! partagée par cet excellent auteur, mais vigoureusement dénoncée par notre frère Prieur  : «  Tant qu’on n’a pas clairement établi dans l’esprit ce que sont la civilisation chrétienne et la souveraineté du Christ-Roi, et tant qu’on ne se donne pas les moyens de les imposer, on demeure dans un aveuglement qui rend la montée en puissance de l’islam inexorable. Car c’est lui le Christ, notre Roi, le Souverain que l’on insulte à force de Droits de l’homme depuis la Révolution française. Ce n’est pas du rêve la Royauté du Christ, ni une idée en l’air, c’est la réalité  ! C’est ou Lui ou le diable  ! Ou plutôt c’est ou sa Mère, qu’il veut mettre en avant à Fatima, ou le diable…  »

Nos jeunes gens étaient tout de même bien encouragés de découvrir cet auteur, mais fiers aussi de réaliser, une fois de plus, que la vérité totale se trouvait chez nous, à la CRC, à charge pour chacun de faire fructifier ce talent paternel, fraternel, afin de devenir un bon instrument de l’Immaculée pour bien servir sa future famille, l’Église et sa Patrie.

LA FÊTE DU SACRÉ-CŒUR

En ce dimanche matin 5 juin, le soleil était tout à la fois au-dessus des nuages et dans la chapelle magnifiquement fleurie de la maison Saint-Joseph. À 11 heures, tout était prêt pour la grand-messe du Sacré-Cœur, chantée avec le kyriale de la Phalange  : enthousiasme garanti, jaillissant du cœur des chantres, amplifié par la foule des frères, des sœurs, des parents et de leurs enfants.

VOYAGE AU CENTRE DE LA BIBLE.

Lors de l’homélie  : Les entrailles de miséricorde du Sacré-Cœur de Jésus, frère Bruno nous conduisit paternellement tous, comme par la main, pour un voyage au cœur de la Bible  ; but à atteindre, trésor à découvrir  : la miséricorde du Bon Dieu… Ce fut d’une telle plénitude, que ce serait trop injuste si seuls les abonnés aux Logia devaient en profiter. Voici donc un petit échantillon de quelques richesses spirituelles qui vous persuaderont de rejoindre la corporation de ces privilégiés, et de profiter à plein de la science et de la sagesse biblique de notre frère Prieur  :

La «  miséricorde  » est bien plus que le sentiment d’un cœur saisi de compassion en présence de la souffrance. Elle est, entre les hommes et Dieu, ­l’expression d’un lien fondamental  : la relation constituante d’une communauté familiale plus intime que celle du sang. Pour désigner cet Amour miséricordieux, l’hébreu, selon un procédé courant, utilise le pluriel d’un nom concret, rèḥèm, au pluriel raḥamîm. Rèḥèm désigne le sein maternel, l’utérus, siège de l’amour de la mère pour son enfant  : “ Une femme oublie-t-elle l’enfant qu’elle nourrit  ? Cesse-t-elle de chérir le fils de ses entrailles  ? même s’il s’en trouvait une pour l’oublier, moi, je ne t’oublierai jamais  !  ” (Is 49, 15)

«  C’est cette voix du sang qui bouleverse Joseph lorsqu’il se retrouve en présence de ses frères qui l’ont maltraité et vendu, et qu’il sent “ s’émouvoir ses entrailles ” (Gn 43, 30). C’est ce réflexe maternel que Salomon sut déclencher pour identifier la vraie mère du bébé que deux femmes se disputaient (1 R 3, 26).

En Dieu, cet Amour miséricordieux est tantôt celui de l’Époux, selon les oracles d’Osée  : “ Je te fiancerai à moi pour toujours  ; je te fiancerai dans la justice et le droit, dans l’Amour (ḥèsed) miséricordieux (raḥamîm) ” (Os 2, 21-22), tantôt celui du Père du Messie à venir qui nous sauvera de notre péché  : “ Car un fils nous est né, un fils nous a été donné. ” (Is 9, 5) Cette miséricorde donne en effet sa pleine mesure en face des infidélités du pécheur  : “ C’est vous qui faites miséricorde (ḥèsed) à des multitudes… ” (Jr 32, 18)

«  La mort de Jésus, livré totalement par amour pour ses ennemis eux-mêmes, vient donner à tous ces mots leur sens insoupçonné et définitif  : dans la générosité du Cœur de Jésus à se sacrifier pour les pécheurs, éclate la miséricorde de Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit, qui triomphe du mal à force de noblesse. Dans la tendresse d’un Cœur qui s’est fait chair pour connaître tous les mouvements de notre chair apparaît l’Alliance indissoluble de Dieu avec nous, pauvres pécheurs.  »

UNE FÊTE LITURGIQUE ET FAMILIALE.

Notre Saint-Père François aurait assurément frémi d’aise à l’audition d’un tel enseignement, et bien davantage quand il se serait rendu compte que cette sagesse animait une belle famille spirituelle, toutes générations confondues… Car ensuite, ce furent aux nombreux premiers communiants de s’avancer jusqu’à l’autel de Dieu, tellement bien entourés par leurs familles, les frères et les sœurs, sans oublier notre Bon Pasteur dont la jeunesse se renouvelle chaque fois (cf. Ps 103, 5) sous l’émotion d’un tel spectacle.

À 15 heures, brève allocution de notre frère Prieur pour nous rappeler qu’à l’heure de notre mort, nous serons jugés sur notre foi dans les mystères du saint Rosaire, et que c’est pour cette raison que Notre-Dame de Fatima nous a dit de réciter notre chapelet tous les jours. Une soixantaine d’enfants se sont ensuite avancés dans l’allée centrale, bannière en main, bien encadrés par des sœurs commises à cet office. La pluie ayant cessé, brève procession et retour en entrant dans la galerie où fut récité le chapelet devant le Saint-Sacrement exposé et joliment fleuri. Les enfants levaient fièrement leurs bannières au Gloria Patri.

«  C’était amusant, raconte une de nos sœurs, de voir déjà leur caractère s’affirmer dans ce simple geste. Au sermon, comme promis le matin, lecture de la lettre de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus à Léonie, du 12 juillet 1896  : «  J’ai compris qu’il n’y a qu’à prendre Jésus par le cœur…  » Frère Bruno avait les accents du Père pour nous exhorter à prendre cette chère sainte pour notre petite sœur et lui demander son aide pour aller au Ciel. Dernier Salut du Saint-Sacrement et baiser des enfants à Jésus-Hostie, pendant le cantique “ Cœur de Jésus, doux espoir de la France. ” Notre bon Pasteur était sur “ son petit nuage ” en voyant leur ferveur et leur innocence  ! comme aussi le mérite de leurs jeunes pères et mères… Quelle belle journée consolante, quelle joie de penser que toutes nos maisons d’un continent à l’autre en avaient vécu une semblable.  »

À FREBOURG, FONS ET MAGE  ; À SHAWINIGAN AUSSI…

Frébourg inaugurait sa chapelle sainte Véronique, et celle-ci fut pour la circonstance déjà pleine à craquer. Magnifique acoustique où se mêlèrent les voix de frère Benoît, de notre bienheureux Père, de frère Bruno, comme aussi celle, plus rocailleuse, mais non moins chère et pleine de foi, d’un bon Pasteur de chez nous.

Les frères et sœurs de Fons avec leur soixantaine d’amis et leur vingtaine d’enfants goûtaient la même ferveur et consolation spirituelle pour ce qui est de l’enseignement donné, de la charité fraternelle vécue, mais, hélas  ! sans éprouver le réconfort de la communion d’une même foi avec leur célébrant. Les frères et sœurs de Magé compatiront à cette cruelle infortune d’autant plus qu’en ce dimanche du Sacré-Cœur, eux et les amis de l’Ouest étaient accueillis à bras ouverts à Saint-Laurent-sur-Sèvre par le père Olivier Maire, provincial et ancien assistant général des Montfortains. Il facilita la préparation des étapes de notre jubilé, nous dit la messe et assista au chapelet avec nous. Grande communion avec lui en saint Louis-Marie Grignion de Montfort et dans notre pape François, c’est beaucoup dire et sous-­entendre en deux noms. Il nous quitta en nous disant et redisant  : «  Revenez quand vous voulez, vous serez toujours les bienvenus à Saint-Laurent-sur-Sèvre.  »

Nos frères et sœurs de la Maison Sainte-Thérèse, n’étaient pas en reste. Voici ce que frère Frédéric a vu et entendu  : «  Frère Pierre nous a parlé de la crise de la famille comme le Pape la décrit dans son Exhortation apostolique et en montrant que la solution passe par les demandes du Sacré-Cœur, la dévotion mariale et la restauration de la souveraineté du Christ sur nos sociétés. Ensuite, nous nous sommes tous réunis pour près de deux heures de prières, de cantiques  ; bref de la dévotion, avec le baiser des enfants au Saint-Sacrement. Notre frère prieur avait demandé aux enfants d’en donner deux  : un pour eux, et un pour le Saint-Père. C’était touchant. Un d’entre eux a même réussi à en donner trois, excitant la (sainte) jalousie de son aîné qui était passé avant lui, et n’en avait donné que deux  !…  »

Bref, dans la Maison-mère comme dans chacune de ses filiales maisons-missionnaires, c’est un même esprit qui nous instruit, une même piété qui nous réconforte. Frère Arnaud résumera bien les sentiments de tous en cette fin de fête du Sacré-Cœur  : «  Nous étions rassasiés par ce débordement de religion populaire abreuvée à la pure source mystique de notre bien-aimé Père.  »

LE PÈRE DE FOUCAULD À PARIS

L’Église de France se souvient du bienheureux Père de Foucauld, à la bonne heure. Et pour le centième anniversaire – 1er décembre 1916 – de son martyre, elle multiplie les conférences, à Paris surtout, où ce souvenir semble causer le plus cordial des électrochocs, un vrai coup de cœur qui pousse les gens à sortir de chez eux. Les jeunes gens de la Permanence les rencontrent, parlent avec eux tout en leur distribuant un tract qui dit déjà toute la vérité sur le bienheureux Père de Foucauld  ; celle que l’on n’ose plus dire, et que notre frère Bruno va exposer le 20 novembre prochain, en une heure de conférence, et trois cents pages d’un prochain livre qui sera tout frais sorti de nos ateliers, et à votre disposition.

LE 22 MAI À SAINT-DENIS.

Cette réunion est figurative de bien d’autres qui se déroulèrent par la suite. Nos amis assistèrent à la messe dite par Mgr Delannoy, et après son homélie sur «  la fraternité universelle qui est au cœur de notre foi  », nos amis se rendirent au spectacle retraçant la vie du Père de Foucauld.

«  Nous avons été plutôt agréablement surpris, car cela permettait de connaître sa vie dans les grandes lignes, très bien donc pour ceux qui ne la connaissaient pas du tout. Le tractage qui suivit a été amusant parce qu’une grande partie de ceux qui assistaient au spectacle appartenait à des communautés “ issues ” du Père de Foucauld. Certains ne voulaient pas prendre le tract, parce qu’ils n’étaient pas d’accord  ; d’autres étaient gentils. Joseph a rencontré une personne qui viendra le 20 novembre, par piété filiale, car elle s’est convertie en lisant des vies de saints, dont celle du Père de Foucauld, qui l’a beaucoup marqué. J’ai rencontré un monsieur assez froid, qui me dit à brûle-pourpoint  : “ Il y a une erreur dans le tract. Il n’est pas mort martyr le Père de Foucauld. Il a été tué, c’est tout. C’était un accident, un mauvais concours de circonstances. En revanche, les moines de Tibhirine, eux, sont morts martyrs. ”  » Dans sa conférence du 20 novembre, notre frère Bruno, ne manquera pas de réfuter cette erreur d’une manière scientifique et détaillée.

«  Nous avons distribué des tracts aux religieux présents, dont les moines de la Mission Angélus. D’ailleurs, nous avons pris leur petit dépliant qui donnait des conseils pour l’évangélisation des musulmans, et il nous a semblé vraiment pas mal du tout. En effet, en le lisant, il apparaissait très clairement que la Liberté religieuse n’avait aucune place, qu’ils assumaient totalement de dire que la religion catholique était la seule vraie et qu’il fallait absolument évangéliser les musulmans pour les convertir. C’était très clair. Un jeune est venu nous parler pour se renseigner sur la CRC, j’ai vu que les autres groupes de tractage étaient aussi en pleine discussion…  »

La CRC est toujours présente là où il y a de vraies, belles et saintes causes à défendre, et des méchantes à combattre… Il en sera ainsi de génération en génération, tant que nous demeurerons fidèles à notre bienheureux Père fondateur.

frère Philippe de la Face de Dieu.