La Contre-Réforme catholique au XXIe siècle
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La Contre-Réforme Catholique au XXIe siècle

IL EST RESSUSCITÉ !

N° 165 – Juillet 2016

Rédaction : Frère Bruno Bonnet-Eymard


PASTORALES TROMPEUSES

À la suite de l’Exhortation apostolique du pape François sur la famille, il est bon de nous demander si les mouvements et les groupes de prières que l’on vous propose dans vos paroisses et dans vos écoles sont surnaturels et efficaces pour soutenir vos familles, éduquer vos enfants, nourrir vos âmes. Équipes Notre-Dame, groupe alpha, prière des mères, domus christiani, teenstar sont vendus comme étant le nec plus ultra de l’évangélisation et de la catéchèse. Certains de ces mouvements sont dangereux pour la foi. Il nous semble utile de vous en avertir.

ÉQUIPES NOTRE-DAME – DOMUS CHRISTIANI.

Ce sont des mouvements que l’on trouve dans de très nombreuses paroisses et qui, précise-t-on sur le site des Équipes Notre-Dame, ont pour but «  d’aider les couples à découvrir les richesses du sacrement de mariage, à vivre leur couple dans la foi  » et «  à être des témoins du mariage chrétien dans l’Église et dans le monde  ».

Les équipes Notre-Dame ont été fondées en 1938 lorsque quatre jeunes couples, chrétiens engagés, ont demandé au Père Henri Caffarel (1905-1996) de les guider. Ce mouvement touche aujourd’hui soixante mille couples dans le monde, accompagnés par plus de huit mille prêtres.

Domus christiani est un mouvement beaucoup plus récent et beaucoup plus petit, de tendance traditionaliste, «  dans l’esprit du Motu proprio du 2 juillet 1988  ». Ses principes ont été copiés sur ceux des Équipes Notre-Dame, avec la particularité de vouloir s’appuyer «  sur la tradition vivante de l’Église catholique et notamment sur la liturgie romaine traditionnelle  ». Il rassemble quelque huit cents foyers, accompagnés par soixante-cinq prêtres.

Le Père Caffarel a énormément prêché et écrit. Il a développé toute une «  spiritualité conjugale  » qui consiste à faire découvrir aux gens mariés qu’ils sont appelés «  à se sanctifier, non pas malgré le mariage, mais dans et par le mariage.  » C’est, avant la lettre, la sainteté des laïcs tant vantée par le concile Vatican II.

Pour les aider plus concrètement, le Père ­Caffarel mit en place des équipes de quatre à six couples qui se réunissent chaque mois autour d’un repas pour prier, exposer un thème précis de la vie du couple et en parler ensemble. Prenant exemple sur la vie monastique dont la règle guide la vie spirituelle, le fondateur conseilla en plus aux gens mariés six actions différentes, qu’il appelle les points concrets d’effort, à réaliser régulièrement chez eux, individuellement ou ensemble, qui visent à prier davantage et à échanger entre époux.

VERS UNE IMPASSE.

Ces mouvements, reconnus par l’Église, font certainement du bien aux âmes, mais un bien limité, car leur méthode d’apostolat du milieu par le milieu, copiée de celle de l’Action catholique, est laïciste, démocratique et immanentiste. Les exposés qu’on y donne, le soutien des autres couples qu’on y trouve, sont de pauvres moyens humains, tout centrés sur le couple, qui ne peuvent pas répondre aux aspirations de ses membres les plus ardents. Et ce n’est pas la réflexion sur «  la qualité de la sexualité  » qu’en 1987 le Père Caffarel désirait voir développée dans son mouvement, qui peut faire progresser les âmes  ! Les époux qui veulent réellement atteindre une vie mystique n’y trouveront pas leur nourriture.

D’autre part, l’un des aspects de la doctrine du Père ­Caffarel nous paraît bien faux lorsqu’il dit qu’ «  il fallait élaborer une spiritualité de chrétien marié car, c’était évident, l’enseignement courant de l’Église, des prêtres, à des hommes et des femmes qui voulaient se sanctifier, c’était une spiritualité élaborée par des moines ou des religieux. Il y avait donc une découverte à faire, sinon, on se vouait à rester dans une impasse, les foyers n’iraient jamais loin sur le sentier de la sainteté s’ils s’en tenaient à une spiritualité de moine.  » (conférence donnée à Chantilly à La rencontre des responsables régionaux européens, le 3 mai 1987)

Il est vrai que si l’état de vie monastique est plus parfait que l’état de mariage, il est cependant moins complet, car nous sommes chair et esprit et, dans le mariage, l’homme participe aux univers des esprits et des choses matérielles. Nous avons ainsi des vocations qui ont chacune leur importance, leur qualité, leur privilège et elles doivent se soutenir l’une l’autre.

Cependant, cette œuvre de chair doit être un point de départ pour faire œuvre spirituelle, elle n’est jamais qu’un passage. Il faut que cette œuvre de chair cesse, car il faut mourir à la chair pour vivre dans l’Esprit. Les religieux l’ont fait. Ils ont compris que le meilleur était d’en faire le sacrifice. Et tout le monde, tôt ou tard, doit passer par ce chemin.

Dans cette perspective, l’Église enseigne, et l’abbé de Nantes l’a largement développé et enrichi, que «  la consécration des vierges et les vœux religieux sont la réalisation la plus parfaite possible en ce monde de deux institutions naturelles primordiales, celle de la religion et celle du mariage, identifiées l’une à l’autre, réalisées l’une par l’autre dans le mystère de Jésus-Christ offert à sa créature  », et dont la plus parfaite est la Vierge Marie elle-même ( Toute notre religion, p. 130). La vie du moine, de la moniale, consacrés au Christ, n’est donc pas une impasse pour les foyers chrétiens, mais un modèle à imiter, car tous nous tendons vers cet idéal du mariage réalisé en perfection par Jésus et Marie au Cœur Immaculé.

LE PARCOURS ALPHA.

Nous puisons nos renseignements sur le site internet du Parcours alpha et dans leurs ouvrages de base.

Le parcours alpha est un concept qui vise à évangéliser ceux qui n’ont pas la foi ou qui n’ont pas les bases de la religion chrétienne et qui veulent en savoir plus.

Ce concept est né en 1977 dans une paroisse anglicane de Londres, Holy Trinity Brompton. Le pasteur Charles Marnham avait créé un cours étalé sur quatre semaines pour les nouveaux convertis. En 1985, le pasteur Nicky Lee Gumble prit la suite et réussit à multiplier le nombre d’adhérents. De trente-cinq participants, il parvint à en avoir huit cents. Actuellement en Grande-Bretagne, il y a sept mille groupes du Parcours alpha. Ce concept est présent dans tous les pays. Dix-sept millions de personnes ont déjà suivi ces sessions.

Son succès vient du fait que dans son ouvrage, Questions de la Vie, Nicky Gumble répond aux principales questions de sa foi anglicane en quinze petits chapitres. Livre bien présenté, émaillé de nombreux exemples de la vie quotidienne, facile d’accès. Le premier chapitre, par exemple, répond à la question “ Le christianisme  : une religion ennuyeuse, fausse et démodée  ?  ” Le ­deuxième  : “ Qui est Jésus  ?  ” Et ainsi de suite. Tous les sujets principaux sont abordés  : la Bible, la prière, le Saint-Esprit, le mal, l’Église, etc.

En 1996, Marc de Leyritz, un catholique français résidant en Grande-Bretagne, assista à l’une de ces réunions, se laissa séduire et importa ce produit en France. Il y a actuellement en France sept cents Parcours, protestants et catholiques confondus. Le Parcours alpha est encouragé par de très nombreux cardinaux et évêques, le cardinal Barbarin, le cardinal Vingt-Trois, le Père Cantalamessa, prédicateur officiel du Vatican, et bien entendu par les pasteurs protestants.

En France, ce parcours a d’autant plus de succès qu’il a pris une forme très conviviale dont tous les détails et les étapes sont donnés dans un ouvrage intitulé Initiation à la pédagogie du Parcours Alpha.

Après avoir pris contact à la fin de la messe dominicale avec le ou la responsable paroissiale du Parcours alpha, on vous donne rendez-vous chez un particulier pour un dîner très relationnel où vous faites la connaissance d’autres personnes qui sont en cheminement. Le dîner est conduit par un animateur qui doit être très ouvert et chaleureux. Il lui est déconseillé d’aborder d’emblée les questions religieuses.

Après le dîner, on se réunit au salon et l’animateur fait un exposé de trente minutes sur un des chapitres du livre du pasteur Gumble. Tous les animateurs, même catholiques, suivent le même ouvrage. Puis, on se réunit en petits groupes pour discuter, cheminer, partager. La réunion prend fin vers 22 h 00, sans prière.

Et on recommence ainsi chaque semaine en abordant un nouveau chapitre de l’ouvrage de Gumble.

À la septième semaine, l’animateur propose un week-end Alpha. «  C’est un moment essentiel et incontournable du Parcours.  » À la fin de la première journée de ce week-end consacré à l’Esprit, on vous propose une séance spéciale, entièrement décrite dans le livre de pédagogie. On se lève, on ferme les yeux, on tend les mains, l’animateur dit une prière pour demander à l’Esprit de venir sur vous, on fait silence. Et c’est fait. Vous êtes rempli de l’Esprit. Cette séance est parfois accompagnée de faits extraordinaires.

Le lendemain, au cours d’une séance de louanges, ceux qui veulent s’avancent devant l’assemblée pour recevoir «  la prière des frères  ». C’est une sorte d’adhésion personnelle à ce qui s’est fait la veille et à tout ce qui se fait dans le groupe Alpha.

La semaine suivante vous retournez dans votre Parcours alpha. Ce n’est qu’à ce moment-là qu’on aborde la question du diable, car l’expérience a montré que «  l’exposé sur le combat spirituel ne prend tout son sens qu’après l’expérience de la puissance du Saint-Esprit  » faite pendant le week-end Alpha.

Vous touchez à la fin de votre parcours. Il vous reste trois séances à suivre. L’une d’elles consiste à vous faire un exposé ou à vous montrer une vidéo sur des adhérents Alpha qui ont été miraculeusement guéris. Une sorte de démonstration par l’extraordinaire. Exceptionnellement, ce soir-là on finit par un temps de prière. Lors de la dernière séance, l’animateur aborde le chapitre sur l’Église dont l’objectif est de vous pousser à vous intégrer dans la vie de l’Église.

UN PARCOURS CHARISMATIQUE PROTESTANT.

Notre opposition est totale. Ce concept est protestant dans ses fondements et dans ses principes. Le Parcours alpha n’enseigne pas la foi catholique, mais une vision protestante de la religion avec une sensibilité pentecôtiste évidente.

Dans le livre du pasteur Gumble, il n’est pas question de la Présence réelle, de la confession, des sacrements en général. Un cinquième du livre traite de l’Esprit-Saint, mais sans jamais parler du sacrement de confirmation. Il n’est pas question de la Sainte Vierge. Gumble loue l’Église, mais jamais dans sa vision hiérarchique, ni doctrinale. La personne du Pape n’est pas évoquée.

Il y a également beaucoup de choses à dire sur la méthode d’évangélisation adoptée par le Parcours alpha, qui repose sur le principe de l’apostolat du milieu par le milieu. Le prêtre n’y a pas sa place. Il n’assiste pas à l’exposé. D’ailleurs, on n’y enseigne rien, on propose…

La veillée du samedi soir, enfin, suivie au cours du week-end alpha, n’est ni plus ni moins qu’une séance pentecôtiste, donc protestante et absolument hérétique. Or celui qui ne veut pas y participer ne peut pas continuer à suivre le Parcours alpha.

Par conséquent, les Parcours alpha proposés dans nos églises nous paraissent très dangereux pour la foi, et en même temps une porte ouverte aux agents recruteurs charismatiques catholiques (  ?) et protestants.

PRIÈRE DES MÈRES.

C’est une autre méthode d’évangélisation qui vise «  toutes les femmes ayant un cœur de mère  ». Ses principes sont donnés sur le site officiel de la Prière des mères, et aussi dans un petit carnet de prières édité par l’Association Consolation et sur une feuille polycopiée intitulée Questions fréquemment posées que chaque adhérente peut recevoir.

Ce groupe a démarré en Angleterre en 1995. Multiplié à des milliers d’exemplaires, il est répandu maintenant dans cent dix-huit pays.

Veronica Williams en est la fondatrice. Elle raconte que «  profondément touchée par les problèmes et les dangers auxquels sont confrontés les jeunes de nos jours, elle s’est sentie appelée et conduite par le Seigneur pour prier de façon toute particulière pour nos enfants  ». Elle a fondé ce mouvement avec sa belle-sœur Sandra.

La religion de ces femmes n’est toutefois pas précisée, ni sur le site ni sur la notice. Cela ne semble pas avoir d’importance à leurs yeux.

Ce mouvement a été introduit en France en 2001 par une femme française, Caroline du Boisbaudry, dévote de Medjugorge, mariée à un homme d’affaires qui travaillait en Angleterre. C’est au cours d’un de ses séjours en Angleterre qu’elle a fait la connaissance de Veronica et qu’elle a décidé de répandre ce mouvement en France.

Une réunion de la Prière des mères se déroule ainsi. Les mères d’une même zone géographique qui le désirent se retrouvent une fois par semaine, sans leurs maris, chez l’une d’elles. On a pris soin d’installer au milieu de la salle de séjour une petite table sur laquelle ont été placés une croix, une bougie, une bible et un petit panier dans lequel il y a des petits ronds de papier vierge.

Disposées en cercle, les mères suivent toujours le même type de séance, en neuf points, indiqués dans le carnet de prières  :

1. On demande à l’Esprit-Saint de guider la réunion. 2. On prie le Seigneur de nous protéger de tout mal. Et ainsi de suite. Au septième point, on lit un passage de la Bible. Au neuvième point, les mères déposent chacune à leur tour les noms de leurs enfants inscrits sur un rond de papier dans le panier. Entre chaque point, on prend le temps d’une pause pour méditer silencieusement, entonner un chant ou faire une prière spontanée.

UN GROUPE DE PRIÈRE ŒCUMÉNIQUE ANTI-MARIAL.

L’Esprit-Saint aurait inspiré à Veronica de créer ce mouvement et lui aurait dicté les prières du carnet  : «  Tous les détails de la “ Prière des Mères ”, tant sur la forme que sur le fond, ont été donnés par l’Esprit-Saint.  » (question 1 de la notice). «  Les groupes qui fonctionnent le mieux sont ceux qui sont le plus fidèles au schéma inspiré par l’Esprit-Saint, qui se laissent guider par Lui et qui mettent l’accent sur la louange  !  » (question 20)

Plusieurs extraits de cette même notice nous permettent pourtant d’affirmer que ce mouvement ne peut pas avoir été inspiré par le Saint-Esprit.

Veronica précise que ce mouvement se veut œcuménique  : «  La “ prière des mères ” est un mouvement qui sert à l’unité des chrétiens.  » Elle-même a été «  vivement encouragée et bénie  » par Mgr Rylko et Mgr Paglia, prélats de la curie romaine, et soutenue par «  de très nombreux évêques des églises orthodoxes et protestantes  » (question 15).

L’attitude du mouvement vis-à-vis de la Sainte Vierge s’ensuit logiquement  : elles sont obligées de La mettre de côté, ce qui est explicitement dit. Dans le carnet, on ne trouve pas de prières à Notre-Dame, parce que «  le livret, utilisé par différentes confessions, est un instrument d’unité entre les chrétiens (dans plusieurs groupes, protestantes, catholiques ou orthodoxes prient ensemble…). Nous essayons d’être délicates et respectueuses avec chacune, c’est pour cela que le livret ne contient pas de prière à Marie.  » (question 11).

La Sainte Vierge, un facteur de division  ? Comment penser pouvoir obtenir les grâces du Ciel, quand, précisément, depuis Fatima, Notre-Seigneur veut que l’on ait recours à sa Médiation en disant le rosaire  ?

«  Si dans votre groupe, toutes les mamans sont catholiques ou ont l’habitude de prier la Vierge, vous pouvez bien sûr lui demander d’intercéder auprès de son Fils par une prière ou un chant.  »

En France, beaucoup de groupes composés de femmes catholiques disent pendant leurs réunions des prières à la Sainte Vierge, parfois le chapelet. Mais attention  ! il faut que «  toutes les mamans soient catholiques.  » Que soit introduite un jour dans le groupe une protestante, et il faudra suivre les directives du mouvement  !

Outre cette grave erreur, il en est deux autres qui sont de considérer à égalité les ministres des religions chrétiennes, prêtres, pasteurs et popes, et de leur donner dans le mouvement, du moins aux prêtres, un rôle subordonné de conseiller, et non de directeur. «  Le rôle du prêtre et du pasteur  » est de «  proposer ce mouvement à d’autres mamans  », d’ «  accompagner la coordinatrice de son pays  », «  de l’aider dans les décisions à prendre  »

Il est même précisé que «  nous adoptons également chacune un prêtre, pasteur, pope comme fils spirituel (sic) que nous soutenons ainsi de notre prière et inscrivons donc aussi son nom sur un rond  » (question 5). Les mères en haut, puis les prêtres, et en bas la Sainte Vierge  !

TEENSTAR.

Teenstar est une pédagogie qui vise à ce que les adolescents adoptent «  une sexualité adulte et responsable  », est-il expliqué sur leur site. C’est un programme d’éducation non confessionnel. On sort consciemment du cadre de la religion.

Il a été créé en 1980 par une femme américaine, le docteur Hanna Klaus, professeur associé de gynécologie et obstétrique à George Washington University, après avoir constaté le nombre effrayant d’avortements qui se pratiquent dans son pays «  malgré l’autorisation de la contraception  »  : quatre cent mille avortements pour un million deux cent mille grossesses. Selon elle, ce chiffre traduit un mal-être des adolescentes qui passent la puberté.

Pour diminuer le nombre d’avortements et rendre aux jeunes filles leur dignité, la solution serait de faire évoluer leur comportement, leur vision de la sexualité, en donnant en particulier «  une grande valeur à leur fertilité  ». C’est ainsi que la fondatrice mit au point une pédagogie pour faire découvrir aux adolescentes leur physiologie, leur féminité, leur capacité à donner la vie, leur apprendre à résister aux pressions sociales et médiatiques de toutes sortes, ce qui les aiderait, selon elle toujours, à faire de vrais choix libres et à décider «  d’attendre de vivre la relation sexuelle dans un engagement fidèle et durable  ».

D’abord conçue pour les filles, la pédagogie Teenstar fut étendue et adaptée aux garçons. C’est une pédagogie de groupe pour des adolescents du même âge, non mixte, interactive, globale. Avant chaque parcours, les animateurs rencontrent les parents pour leur faire un exposé de la pédagogie et obtenir d’eux, s’ils le désirent, une autorisation pour leurs enfants mineurs.

Ces cours, en général entre douze et vingt, se déploient sur plusieurs mois, à raison d’une rencontre par semaine avec un animateur pour les garçons ou une animatrice pour les filles. La confidentialité garantie par l’animateur pousse souvent les adolescents à se confier et à demander conseil.

Il suffit, pour être animateur, de s’inscrire à une session de formation de cinq jours, sanctionnée par un certificat d’aptitude. Le nouveau pédagogue est ensuite suivi pendant un an par un tuteur.

Cette pédagogie reposant uniquement sur la connaissance naturelle du corps humain pris dans toutes ses dimensions, la religion n’entre absolument pas en ligne de compte. Catholiques, protestants, bouddhistes, athées, tout le monde peut devenir animateur.

Cette pédagogie est répandue actuellement dans plus de trente-cinq pays. Elle existe en France depuis 1993. Elle a commencé de se développer dans les écoles, surtout privées, y compris dans celles réputées d’une grande moralité. De plus en plus de diocèses et de paroisses font appel à ces animateurs pour instruire leurs adolescents.

UNE PÉDAGOGIE SANS DIEU.

Cet engouement de catholiques pour une pédagogie basée uniquement sur la découverte de la beauté du corps humain et sur l’idée que les couples réussiront leur vie affective s’ils ont des relations conjugales équilibrées et respectueuses des règles naturelles et physiologiques de l’homme et de la femme est incompréhensible. Le Bon Dieu et la Sainte Vierge sont absents. Tout est centré sur l’homme, la femme et leurs corps. C’est stoïcien, c’est wojtylien, mais ce n’est pas catholique.

Transposé dans le vice de la gourmandise, Teenstar apprend en fait aux adolescents à être des gourmets, et non des goinfres. C’est plus fin, mais c’est toujours de la gourmandise.

D’autre part, confier son enfant, pendant plusieurs séances, sur plusieurs mois, à un pédagogue qui va parler d’un sujet qui touche la morale sans parler de Dieu et à qui l’on donne quasiment les pouvoirs d’un directeur de conscience est fou.

Si tous les hommes sont d’accord pour dire que l’amour est une belle chose, ils le sont moins quand il s’agit d’en préciser les limites. Un protestant, un bouddhiste, un athée, n’aura pas le même discours qu’un catholique, et baser toute cette question sur «  une sexualité adulte et responsable  », c’est faire croire à nos enfants qu’en ce domaine ils n’ont pas d’autres maîtres qu’eux. Pauvres enfants  !

«  Il n’y aurait pourtant qu’à laisser dire la foi mystique catholique, écrivait l’abbé de Nantes, il n’y aurait qu’à laisser l’amour agir dans les cœurs chrétiens. La générosité formidable des baptisés, des confirmés, des communiants est une énergie divine en eux qu’il suffirait de protéger, d’entretenir, de bénir, pour qu’elle produise une élévation du peuple chrétien, une chasteté des familles, une fécondité incomparable par lesquelles les catholiques se sont toujours distingués du monde païen, sensuel et débauché au milieu duquel ils doivent vivre.

«  C’est alors qu’on verrait, qu’on verra refleurir nos cités, de magnifiques générations chrétiennes, au lieu de l’union libre ou du divorce, de la contraception et de l’avortement, de l’abandon des enfants et autres turpitudes d’un monde en décadence et d’une Église qui ne dit ni ne vit plus son Mystère.  » (Toute notre religion, p. 130).

frère Michel de l’Immaculée Triomphante et du Divin Cœur.

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