La Contre-Réforme catholique au XXIe siècle
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La Contre-Réforme Catholique au XXIe siècle

IL EST RESSUSCITÉ !

N° 167 – Septembre 2016

Rédaction : Frère Bruno Bonnet-Eymard


LA LIGUE

La Ligue

LA CHRÉTIENTÉ EN MARCHE

DURANT le mois d’août, sous la houlette de frère Bruno et à la lumière de ses pénétrants commentaires de la Sainte Écriture, la Phalange de l’Immaculée a plus que jamais marché «  à contre-courant de la mondanité du diable  », au rythme soutenu des fêtes liturgiques, des homélies et des conférences du camp de la Phalange, les unes et les autres trouvant leur point d’orgue dans l’oratorio de frère Henry  : Le Cœur Immaculé de Marie dès les origines. Oui vraiment, comme le recommande notre Règle, nous avons proclamé sur tous les tons «  l’illusion caduque  » du règne de Satan, ainsi que «  la victoire finale de la Femme  »  : Marie, l’Immaculée Conception.

Tandis que Vatican II force encore l’Église à considérer la Sainte Vierge comme une simple «  fille d’Adam  », tout humaine, frère Bruno multiplie les homélies pour nous préparer à la fête de l’Assomption, et il nous explique à la lumière de la Parole de Dieu, que Marie Immaculée est plus du Ciel que de la terre, Médiatrice de toutes grâces. Bienheureux les abonnés aux logia.

Alors que depuis le pape Léon XIII, et malgré les condamnations fulminées par saint Pie X pour s’opposer à une telle impiété, les hommes d’Église se réjouissent de ce que  : «  La Chrétienté, c’est fini  !  » toutes les homélies et les conférences du camp Notre-Dame de Fatima, ont prouvé au contraire que tel est le dessein de Dieu depuis toujours. Le Diable s’étant mis en travers, le combat est engagé entre lui, «  la Femme  » et sa «  semence  » (cf. Gn 3, 15). C’est à Elle que la victoire finale est promise, mais ce sera long, nécessitera de nombreux renouvellements d’alliance, du sang de martyrs aussi, et la Sainte Vierge toujours pour combattre Satan, venir en aide à l’Église du Christ dans sa mission d’assumer en Nom Dieu toutes les réalités de la vie terrestre, des familles, des peuples et des royaumes.

Loin d’être une utopie, la Chrétienté, cette perfection d’un monde tout entier régi par la loi du Christ, a connu un merveilleux apogée sous le règne de Saint Louis au treizième siècle. C’est la grâce que Dieu est impatient de redonner au monde, par l’intercession du Cœur Immaculé de Marie, dès que le Saint-Père aura poussé l’obéissance de la foi jusqu’à la satisfaction des demandes de Notre-Dame de Fatima  : la Consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie et la diffusion de la dévotion réparatrice.

LE CAMP NOTRE-DAME DE FATIMA

Le camp de la Phalange de l’Immaculée se déroula sous l’égide de Notre-Dame de Fatima, dans son traditionnel petit coin normand de paradis. Comme d’habitude tout était fin prêt pour recevoir nos presque deux cents jeunes gens. Dans le chœur de la chapelle magnifiquement aménagée par nos frères, fleurie par nos sœurs, et lumineuse, trônait Jésus au Saint-­Sacrement, sous l’égide d’une grandiose statue de l’Immaculée. Tous deux étaient encadrés par une statue de saint Joseph et notre bannière de la Sainte Face. Nous étions en famille, la famille de l’Immaculée…

L’ESPRIT DU CAMP.

Le soir du 16 août, frère Bruno fit entrer les participants dans l’esprit du camp d’une manière impressionnante en évoquant le martyre du Père Jacques Hamel (supra). Dès le premier jour, frère Bruno fixa le but, à l’oraison du matin  : «  Chanter le mystère du Cœur Immaculé de Marie et comprendre que l’avenir dépend de la réponse que nous donnons à ce que Dieu veut et que le démon ne veut pas  : “ établir la dévotion au Cœur Immaculé dans le monde entier ”. Sœur Lucie n’a pas vu l’issue de ce combat entre le diable et la Sainte Vierge. Cette issue est pourtant certaine. Pour nous, il s’agit de préparer le triomphe du Cœur Immaculé de Marie en commençant par bien remplir nos journées avec l’oraison, la messe, le chapelet, l’étude de l’histoire de l’Église dont Elle est la Reine.  » Sans oublier les répétitions de l’oratorio.

LES COLLOQUES DU BELVÉDÈRE.

À 14 h 15, la promenade nous conduisait jusqu’à notre belvédère préféré, à l’abri des ardeurs du soleil. Après un chant de circonstance, frère Arnaud entrait en piste et suscitait la plus effervescente des participations à propos de la conférence et du “ cratère ” de la veille. Le débat pouvait un peu s’écarter, perdre un peu en clarté, mais frère Bruno était là pour trancher les difficultés, faire le point, et être satisfait finalement de pouvoir se rendre compte que son petit troupeau suivait bien.

Le 23 août, notre frère Prieur nous fit part du rapprochement de la Russie et de la Turquie, ainsi que de l’Iran qui ouvrait ses bases aériennes aux avions russes pour leur permettre de bombarder Daesh avec plus d’efficacité. «  On assiste à l’installation ferme de la Russie au Moyen-Orient, c’est une bonne nouvelle, car c’est la politique de la Sainte Vierge qui se met en place.  »

MILLE ANS DE CHRÉTIENTÉ

Le cycle de conférences sur l’histoire de l’Église commença par deux sermons de notre bienheureux Père.

1. «  L’Église, c’est Jésus répandu et communiqué.  » (PC 18, 1) Le Père nous convainquit de croire et d’espérer en l’Église, car malgré les faiblesses et les résistances récurrentes de ses membres à ­l’Esprit-Saint, elle fut toujours l’infatigable pourvoyeuse de la cité céleste, et de la terrestre  : la Chrétienté. Malgré Satan et les obstacles qu’il suscite, c’est par elle que le Christ régnera.

2. «  De Jérusalem et d’Athènes à Rome  » (PC 44, 1) fut un lumineux survol de l’histoire universelle à l’aune du dessein de Dieu. Dans cette lumière, notre Père nous fit comprendre le peu d’intérêt qu’il fallait accorder aux grands empires disparus, de l’Égypte, de la Mésopotamie, de Babylone ou ­d’ailleurs. Le règne de Dieu est passé par Abraham et sa descendance, et au cours de son histoire, il a pris racine en trois capitales. C’est au cœur de Jérusalem, la cité de David, que naquit l’Église du Christ au jour de la Pentecôte, mais pour avoir crucifié son Sauveur et surtout avoir été solidaire de ce déicide, le Temple a été détruit, et ses habitants dispersés. Athènes est la capitale de l’intelligence et de la raison, précieux héritage que l’Église recueille, en laissant le reste  : les ruines de l’Athènes des démocrates et des sophistes assassins de Socrate.

Rome a repris toute la sagesse des Grecs et en a fait la base de son empire. Mais c’est sous les coups de son paganisme et pour avoir mis à mort les chrétiens que cet empire va s’effondrer, réalisant ainsi la prophétie du livre de l’Apocalypse  ! Il ne reste que des ruines de la Rome païenne. «  Mais c’est à Rome que le sang des martyrs a coulé, et c’est à Rome que, jusqu’à la fin du monde, siégera le disciple du Christ, l’Apôtre des apôtres, saint Pierre dans ses successeurs. C’est à Rome que se trouve le fondement de notre religion, le fondement de notre sagesse et le fondement de notre ordre politique.  »

LE MYSTÈRE DE L’ÉGLISE, FAMILLE DE L’IMMACULÉE.

Frère Bruno nous fit une prodigieuse synthèse des camps précédents sur la Parole de Dieu. En attendant de pouvoir la lire dans un prochain numéro, voici un résumé de ce survol de la Bible, qui fut très applaudi.

L’histoire sainte est une histoire de famille dominée par cinq personnes  : 1. Satan, l’adversaire de Dieu qui semble avoir invinciblement corrompu le genre humain. 2. Dieu miséricordieux, qui ne se lasse ni ne se fatigue, entreprend la laborieuse réhabilitation et reconquête de ses enfants révoltés contre Lui, et corrompus. Mais c’est son Fils, le Messie promis, Jésus, qui libérera le genre humain en offrant sur la Croix son sacrifice d’expiation, réalisation de la prophétie d’Isaïe (Is 53), et nous envoie leur Esprit.

3. D’un bout à l’autre de l’Histoire, Marie, la Mère de Jésus, est «  la Femme  » médiatrice du Salut (de Gn 3, 15 à Ap 12), Vierge des Douleurs debout au pied de la Croix. Le Christ lui donne le genre humain, et c’est par les souffrances de son Cœur transpercé qu’elle donne naissance à tout un peuple. Tous les livres de l’Ancien Testament nous parlent d’Elle… Tout a été fait pour Elle, et c’est par Elle, en raison de son Cœur Immaculé, que le règne de Dieu va arriver ici-bas, par le ministère de l’Église. Ce fut et ce sera encore  : La Chrétienté.

L’ÉGLISE DES MARTYRS  : IIe ET IIIe SIÈCLE.

Dans cette conférence enregistrée naguère (PC 18, 2), frère Bruno nous explique les vrais ressorts d’une histoire que le religieusement correct conciliaire embrouille volontairement.

Après la Pentecôte et malgré les apparences l’Église est une institution dont les assises sont solides. Elle possède un chef qui aura une suite ininterrompue de successeurs pour transmettre le Symbole des Apôtres qui renferme toutes les vérités de la foi, et un précis de morale individuelle et sociale, la didakè ou doctrine des Apôtres. L’expansion de la religion chrétienne va cependant se heurter au judaïsme antichrist, inspirant persécutions romaines d’abord, puis hérésies et schismes.

Les juifs s’imposent aux Romains comme religion légitime, tandis que la religion chrétienne, elle, n’a pas de statut légal dans l’empire. N’étant pas une religio licita, ses membres tombent sous le coup de la loi romaine quand ils refusent d’adorer les dieux de l’Empire, et de rendre un culte à l’Empereur. Cette situation juridique des chrétiens explique les persécutions de l’Empire romain, et d’autant plus que les juifs les dénoncèrent aux autorités romaines en les faisant passer pour des séditieux, des immoraux qui se livrent à des pratiques abominables, etc. Face à ce machiavélisme, les Romains se montrèrent des hommes justes, refusant les dénonciations anonymes, mais c’est par le témoignage de la parole, et du sang surtout que les Pères apostoliques, tel saint Ignace d’Antioche, et les Pères apologistes, tel saint Justin, et tant de chrétiens triomphèrent du paganisme romain.

L’EMPIRE CHRÉTIEN UNIVERSEL (PC 18, 1).

En un peu plus d’une heure, notre bienheureux Père nous fait revivre, tambour battant, les événements d’une histoire mouvementée, de la conversion de l’Empire romain sous Constantin (313), à celle de la Gaule sous un «  nouveau Constantin  » (496), le roi des Francs, Clovis. Que se passe-t-il entre ces deux événements  ?

La religion catholique, religion d’État sous l’empereur Théodose (394) doit faire face à un afflux de convertis de tous horizons. Elle est vite confrontée à des schismes et des hérésies dont la principale est l’arianisme. Notre Père nous fait alors revivre les luttes héroïques des saints docteurs de l’Église, aux prises avec les hérésiarques, les ingérences des empereurs, et les difficultés inhérentes à l’expression de la vérité dogmatique. L’Église résorbe finalement ces crises en fixant sa doctrine dans de grands conciles œcuméniques, mais il n’empêche que l’hérésie est passée chez les Barbares. Ce sont donc des hérétiques ariens qui profitent de l’autodestruction de l’Empire pour l’envahir. Face aux Huns du féroce Attila, les évêques, seule autorité qui subsiste, se dressent en “ défenseurs de la cité ”. Ils font choix de Clovis roi des francs, un païen dont ils ont remarqué l’aptitude à la romanisation et l’ouverture à la foi catholique. En 496, la victoire de Tolbiac est celle du Dieu de Clotilde, Clovis se fait baptiser puis il libère la Gaule catholique des barbares ariens, tandis que saint Martin et ses moines-missionnaires évangélisent et convertissent les campagnes. La France fille aînée de l’Église est une Chrétienté en marche.

SAINT AUGUSTIN, PÈRE DE L’OCCIDENT CHRÉTIEN

Conférence passionnante de notre Père (PC 10, 5), à écouter par tous ceux qui veulent connaître ce saint, avant même de lire toute autre biographie. Et voici les principales clefs d’interprétations de ce Docteur données par notre Père en conclusion.

«  Saint Augustin, c’est dans sa personne, spontanément, et dans ses œuvres, l’accord de la foi et de l’intelligence, de la mystique et de la spéculation philosophique. Comme évêque d’Hippone, saint Augustin a uni la vie monastique et la vie apostolique en fondant un monastère épiscopal apostolique. On peut donc être moine et missionnaire à la fois selon saint Augustin  ? oui  ! et dans la communauté de l’abbé de Nantes  ? oui aussi  ! Vrai mystique et vrai intellectuel, saint Augustin ne supporte ni l’erreur, ni l’hérésie. Il sort de sa tranquillité et de sa méditation profonde pour défendre l’honneur de Dieu, écraser l’hérétique et libérer les âmes.

«  Saint Augustin, c’est surtout l’accord de l’Église et de l’État, ce qu’on a appelé “ l’augustinisme politique ”. La société est gouvernée par deux pouvoirs. Le premier, souverain et sacré, c’est celui du Pape et des évêques. Le second est le pouvoir politique, souverain dans le domaine temporel, assujetti néanmoins au premier, parce que le Christ doit régner sur toute la société. Si nos rois de France ont pu régner et administrer la justice, comme Saint Louis, cela a toujours été sous la protection de l’Église. Ce sont les évêques, les moines qui ont fait les rois, mais en échange ce sont les Rois qui ont défendu les évêques, ce sont les Rois qui ont porté aide au Pape contre les Barbares.

«  Cette union de la politique et de la religion vient de saint Augustin, et elle a fait la force extraordinaire de notre Église d’Occident, alors que l’Église d’Orient était toute soumise aux empereurs et elle l’est encore  !  »

LE SAINT SUAIRE AU CENTRE
DE LA QUERELLE ICONOCLASTE.

Conférence passionnante de frère Sébastien, tirant le meilleur parti des travaux de frère Bruno. Il retrace tout d’abord l’itinéraire du Saint Suaire et nous fait réaliser qu’Il était au cœur de la Chrétienté, LA relique par excellence. En 544, les Perses font le siège d’Édesse  ; l’ostension du Saint Suaire face à eux suffit à mettre le feu à leurs machines de guerre, et sauve la ville. Signe fort. Cette image et celles qui lui ressemblent font aussi quantité de miracles.

Alors, comment en est-on arrivé à proscrire le culte de cette sainte image, et de toutes les autres  ? Frère Sébastien nous conduisit dans le dédale des palais où les influences juives, musulmanes, et chrétiennes hérétiques serpentaient auprès des empereurs. Ce sont eux qui proscrivirent le culte des saintes images, et martyrisèrent ceux qui les vénéraient, de 726 à 843  ?  ! Épouvantable agression de Satan contre l’incarnation du Verbe et, pour nous, découverte de saint Jean Damascène docteur de l’Église qui réfuta tous les arguments des hérétiques, avec une fermeté doctrinale et une onction dont s’inspirera durant toute sa vie sacerdotale notre bienheureux Père.

LA GENÈSE DU CORAN ET L’EXPANSION DE L’ISLAM.

Au fur et à mesure de l’avancée de sa traduction scientifique du Coran, des pans entiers d’une histoire vraie des origines de l’islam se révélaient à notre frère Bruno. Par exemple, cette certitude que dans le Coran, comme d’ailleurs dans l’histoire attestée, il n’y a pas plus de Mahomet que de Mecque dans la géographie réelle du septième siècle  !

Les éléments épars de ces découvertes historiques, archéologiques et géographiques parsemaient çà et là l’œuvre de notre frère à la manière des pièces d’un puzzle à rassembler pour tâcher d’obtenir une histoire, certes encore partielle, mais vraie, de l’Arabie des septième et huitième siècles. Frère Michel-Marie réalisa et exposa ce travail de synthèse lors d’une conférence magistrale, très documentée. Il nous fit assister à l’émergence d’une ère de domination des Arabes pendant laquelle se développa ce que saint Jean Damascène appelait, vers 745, non pas “ l’islam ”, mais “ l’hérésie des Ismaélites ”.

Les découvertes scientifiques sont loin d’être achevées, mais le peu que nous possédons renvoie d’ores et déjà au néant les élucubrations de la légende musulmane sur les origines de l’islam. Conférence très applaudie par tous, et fort appréciée de notre frère Prieur.

L’AVÈNEMENT DE LA CHRÉTIENTÉ.

Frère Grégoire nous fit comprendre, d’entrée de jeu, qu’à la fin du sixième siècle, la Chrétienté était impossible “ à vues humaines ”. Cependant, elle va devenir réalité sous l’effet conjuguée de deux puissances bénies de Dieu, et qui triompheront peu à peu de tous les obstacles  : Rome et la France.

Rome, c’est le pouvoir pontifical, tout d’abord le pape saint Grégoire le Grand. Notre frère nous fait découvrir et aimer son saint patron. Ancien préfet de Rome – il n’avait que trente-trois ans – et organisateur hors pair, c’est avant tout un homme religieux et surnaturel qui devient pape en 590. Par son enseignement, il ramène les peuples, les évêques et les rois sur le chemin de la charité évangélique, puis il engage du même mouvement la lutte contre les désordres internes de l’Église. Face à la mauvaise volonté récurrente des empereurs d’Orient et des patriarches de Constantinople, saint Grégoire comprend qu’il doit se consacrer à la conversion des pays d’Europe contaminés par l’hérésie arienne. Ses successeurs poursuivront les mêmes objectifs apostoliques, les mêmes luttes aussi contre les empiétements des laïcs (querelle des Investitures et lutte du sacerdoce et de l’empire) dans le gouvernement de l’Église.

Sans les Francs, la papauté n’aurait pu obtenir sa nécessaire indépendance, et la Chrétienté n’aurait jamais vu le jour. En effet, depuis le roi Clovis, la fille aînée de l’Église n’a cessé de voler au secours du Saint-Siège en le défendant contre ses ennemis, qu’il s’agisse des Lombards, des empereurs germaniques ou des musulmans. Elle favorisa la constitution des États pontificaux, assurant ainsi l’indépendance du Saint-Siège (756). Saint Boniface, apôtre de la Germanie témoigne  : «  Sans le patronage du prince des Francs [Charles Martel], je ne puis ni gouverner les fidèles de l’Église ni défendre les prêtres  ; je ne puis même pas, sans l’ordre qu’il maintient et la crainte qu’il inspire, empêcher les pratiques païennes et l’idolâtrie allemande.  »

En récompense des loyaux services rendus par la France le pape saint Léon III restaure la dignité impériale à son bénéfice et couronne Charlemagne à Rome lors de la Noël de l’an 800. Admirable description de l’œuvre de (saint) Charlemagne par notre frère. Cette décision ulcère les Byzantins, que leur orgueil et ambition séculière poussent un peu plus sur la voie du schisme et de la trahison.

Un siècle plus tard, alors que la France connaît une période d’anarchie, «  l’Église tranche en faveur d’un changement de dynastie  : Hugues Capet, comte de Paris dont la famille s’est particulièrement illustrée contre les Normands, est sacré en 987. Avec cette nouvelle dynastie royale et l’assistance continuelle de l’Église, dans une parfaite concertation, la France féodale et chrétienne va s’organiser, se discipliner pour devenir bientôt le joyau de la Chrétienté.  »

Une institution monastique illustre cette victoire qui est autant française que romaine  : l’abbaye de Cluny, fondée en 909. Elle va essaimer dans tout l’Occident et être l’âme de la Chrétienté.

LE JOYAU DE LA CHRÉTIENTÉ.

Du sacre d’Hugues Capet (987) jusqu’au début du quatorzième siècle, c’est tout d’abord une lente montée en puissance de la Chrétienté  ; elle jugule les forces du mal – toujours les mêmes – qui ralentissent sa marche, et atteint une perfection au treizième siècle sous le règne de Saint Louis, avant de connaître un lent déclin, correspondant à celui de Rome et de la France.

Le mal  ? C’est tout ce qui s’oppose au libre et sanctifiant ministère de la Sainte Église “ catholique et hiérarchique ”.

En Orient, c’est le schisme de Michel Cérulaire, consommé en 1054, châtié par la montée en puissance de l’islam et la prise de Constantinople en 1453. En Occident, ce sont les empereurs du Saint-Empire romain germanique surtout, les rois anglais aussi qui s’immiscent dans le gouvernement de l’Église et veulent réduire la papauté en tutelle. Ils l’affaibliront tant et si bien que le grand schisme d’Occident parut en avoir raison (1378-1417). Le mal, c’est l’hérésie, celle des Cathares, des Vaudois, et c’est aussi le rationalisme, l’orgueil récurrent de la raison qui veut s’affranchir des vérités de la foi.

Mais l’Église est divine et victorieuse quand elle se combat avec la force de Dieu qui se déploie dans la faiblesse. Saint Grégoire VII force les empereurs et les rois à respecter la liberté de l’Église tandis que saint Bernard domine le douzième siècle. Il allume dans les cœurs des moines les ardeurs d’un amour plus radical  ; il exalte l’idéal de la chevalerie et prêche la Croisade contre les musulmans  ; il confond le rationalisme en réduisant à quia Abélard  ; il embrase toute la Chrétienté d’amour pour Notre-Dame Marie. Les mœurs s’adoucissent, le génie humain, celui des bâtisseurs de cathédrale, est polarisé par la Vierge Marie  ; même les larrons craquent de dévotion pour Elle, les troubadours le chantent sur tous les tons.

Le treizième siècle prolonge et parfait cet élan, notamment grâce au bon secours des rois capétiens et des ordres mendiants. Ces derniers viennent au secours d’une Église qui commençait à s’installer, et raniment la flamme de l’enthousiasme religieux, radical, évangélique. Ce sont les prêcheurs de saint Dominique, les mineurs de saint François d’Assise  ; les premiers défendent l’intégrité de la vérité, et les seconds prêchent d’exemple une charité et une pauvreté évangéliques, sans oublier la sagesse de leurs docteurs, hérauts de l’Immaculée Conception. Ce sont aussi tant et tant de saints qui sanctifient si bien les peuples, que c’était devenu proverbial  : “ Heureux comme le Bon Dieu en France… ”

Saint Louis, tertiaire franciscain et rejeton d’une belle lignée de rois capétiens, incarne à lui seul toutes les perfections des saints. C’est un autre Christ, il gouverne avec une sagesse et justice évangélique qui force l’admiration, mais qui scandalise aussi  : «  Ce n’est pas raisonnable  »… Le saint Roi part en Croisade, connaît la défaite mais triomphe de son cruel vainqueur, et consolide le royaume franc de Jérusalem.

Philippe le Catholique, son petit-fils, est de cette trempe, mais les temps ont changé  ; la papauté affaiblie, la Chrétienté a perdu son lien d’unité. En 1291, les musulmans sont maîtres de la Terre sainte  ; à la bataille de Crécy (1346), les Anglais écrasent l’armée française, mais c’est au prix d’un déshonneur, celui d’avoir manqué aux règles de la chevalerie. Que c’est triste  ! Les Valois ont succédé aux Capétiens, rien ne va plus  ; les Anglais se mettent en tête de vassaliser la France… le roi Charles VI est devenu fou, et sa femme Isabeau de Bavière s’apprête à leur vendre la France par le traité de Troyes (1420).

JEANNE D’ARC OU L’INTERVENTION DE DIEU.

Magnifique conférence de frère Bruno sur sainte Jeanne d’Arc, son procès de Rouen, la preuve redondante qu’elle n’a pas abjuré ses voix. Elle a été et est toujours la Sainte Vierge de la Religion royale et du salut de la Chrétienté. Merveilleuse conclusion bien faite pour nous faire comprendre que la Chrétienté n’est pas une invention des hommes, ni même uniquement le laborieux processus d’une sanctification du genre humain, toujours à recommencer. Non, c’est bien plutôt la volonté de Dieu sur les nations, chacune remplissant sa vocation sur son territoire.
Au moment où tout était perdu, Dieu intervient  :

«  Le miracle de Jeanne, c’est l’apparition-révélation du mystère permanent de ce qu’il faut bien appeler l’alliance de Dieu avec ce peuple et cette race royale  ; la Royauté de Jésus-Christ, fils de Marie ressuscité et glorieux, sur la France qu’il aime et dont il conduit les destinées.  »

Révélation prodigieuse  : Jésus est vrai Roi de France  ; il en a chassé les Anglais, il en chassera aussi les musulmans ou les convertira quand nous serons revenus à Lui, Jésus, et à Elle, Marie, à Rome comme à Paris.

«  JE SUIS VENU JETER UN FEU SUR LA TERRE.  » (Lc 12, 49)

Deux homélies de notre bienheureux Père devaient clore ce cycle de conférences sur l’histoire de l’Église, en récapituler toute la pénétrante intelligence, et porter à son comble notre enthousiasme pour cet apogée de la Chrétienté, bien improprement appelé Moyen Âge.

“ Il faut beaucoup aimer le Moyen Âge ” (PC 13, 6). «  Réfléchissez  ! Nous avons survolé les siècles, cela représente des millions d’individus qui ont vécu heureux, il n’y a pas eu que des guerres et des famines, puisqu’ils ont eu le temps de construire des cathédrales, des hospices merveilleux, tant de maisons et d’églises de villages qui font notre admiration encore aujourd’hui. Pensez à tous ces gens qui ont vécu leur longue vie humaine dans la lumière du Christ, dans la paix fraternelle avec le secours des sacrements de l’Église, ils sont au Ciel maintenant. Quelle réussite  ! Tout un monde, tout un peuple toute une Europe qui va au Ciel, parce que personne ne mourait sans les sacrements  ! Et ils nous attendent.

«  Alors, revenez toujours au Moyen Âge pour tout comprendre du dessein de Dieu. Le Moyen Âge a été chrétien, c’est-à-dire qu’il a été divin dans l’humain, et humain dans le divin. À cause de cet humain très réel, il a connu tous les drames que nous vivons, et dont nous ne sortons pas  ; le Moyen Âge, lui, en est sorti, il a surmonté ses “ tensions ”, comme on dit maintenant dans notre jargon dialectique hégélien.

«  Qu’il s’agisse de la tension de l’humanisme païen se rencontrant avec la mystique chrétienne  ; du choc entre Latins et Germains, Orient et Occident. Tous ces chocs ont été surmontés par la charité catholique. Mais comment a-t-elle pu, dans une telle tempête, faire le calme  ? Grâce à l’ordre romain et à la souveraineté du Pape. Le successeur de saint Pierre, vicaire de Jésus-Christ, a su toujours ramener la paix dans ce troupeau parfois tellement véhément. Élargissons nos cœurs et comprenons que toute diversité peut être acceptée, pourvu qu’elle soit réunie dans l’unité d’une même Église, dans la lumière du même Saint-Esprit.  »

“ L’Église, manifestation de la puissance du Saint-Esprit ” (PC 18, 9). Admirable unité, catholicité, apostolicité de la société du Moyen Âge  ; notre bienheureux Père nous le fait toucher du doigt  :

«  On vous a parlé des luttes du sacerdoce et de l’empire, on vous a parlé de trente-six crises qui ont agité la société médiévale, mais que cela ne nous distraie pas du principal qui fait notre joie, quand nous abordons d’une manière ou d’une autre la réalité merveilleuse de cette splendeur de Chrétienté. Tous ces hommes étaient très profondément marqués par l’amour du Christ. L’Évangile était l’inspiration majeure de leurs actions. Il y avait bien sûr des brigands, des tyrans, des mauvais prêtres simoniaques ou concubinaires… Mais prenez-les tous, depuis le plus riche jusqu’au plus pauvre, depuis l’empereur d’Allemagne, le roi d’Angleterre ou de France jusqu’au dernier des serfs ou des manants, ces hommes étaient sûrs que Dieu était leur Maître, qu’il était aussi leur Père et que Jésus-Christ avait donné son Sang pour leur pardonner leurs péchés, que la Vierge Marie, Notre-Dame, leur apparaîtrait au dernier moment de leur vie pour essayer une dernière fois de les sauver.

«  Cela rend une société homogène. Cette unité, cette sainteté, cette catholicité, cette apostolicité ont bâti l’Église dans les premiers siècles, mais comme des perfections imposées par les saints, docteurs, Pères de l’Église et martyrs  ; maintenant, pour ainsi dire, ce sont des qualités intimes de cette société chrétienne.

Elle est catholique de cette catholicité en vertu de laquelle tous les hommes sont frères, égaux devant Dieu. En tout homme il y a un frère, peut-être un saint plus grand que moi qui me tendra la main au jour de la mort d’une manière utile pour aller au Paradis. Alors, la catholicité, c’est tout simplement cette fraternité de tous les hommes de la Chrétienté médiévale. Quelle que soit leur langue, leur nation, ils se sentent les fils du même Dieu, les frères du même Christ et les fils de la Vierge Marie. Catholicité comme naturelle et qui, déjà, cherche à s’étendre au monde.  »

«  LA RELIGION EN VRAI  »  ? J’AIME ÇA  !

“ La Chrétienté en marche ”  ? Tel est le titre, très suggestif, choisi par nos frères Sébastien, Benoît-
Joseph, Georges, Michel-Marie, André et Guy pour les cinq “ cratères ” de “ La religion en vrai ”.

Ce titre caractérise parfaitement les mille ans de Chrétienté dont les sermons et les conférences nous retracèrent le laborieux processus, sans cesse combattu, toujours vainqueur. Nos frères prirent leurs caméras et leurs micros et partirent tout d’abord plein Sud, afin de retrouver sur site un bon guide en la personne de notre frère Michel. Reportage passionnant et marche à la suite des premiers chrétiens débarquant en Provence au bon plaisir de la Providence, pour y fonder La Chrétienté ­gallo-romaine. On les suit et on retrouve les reliques de sainte Marie-Madeleine dans la crypte de la basilique de saint Maximin  ; frère Michel le prouve, c’est indubitable  ! Il nous conduit ensuite en esprit de ville en ville, à Arles avec saint Trophime, à Limoges avec saint Martial, à Dijon avec saint Bénigne, à Saintes avec saint Eutrope, etc. Puis retour à Lyon, au berceau de la Chrétienté gallo-romaine, dans l’amphithéâtre où furent martyrisés sainte Blandine et ses compagnons. Rien n’arrêtera plus l’élan missionnaire des apôtres de l’Évangile…

Autre région de France, autre guide. Frère Jean-Duns nous fait découvrir et aimer saint Martin de Tours, le moine-­missionnaire par excellence, le plus connu de France. Retour à Paris avec frère Benoît-Joseph, qui nous fait visiter le Paris des saints. Ils sont légion. Saint Denis le patron de nos rois de France, sainte Geneviève, la protectrice tutélaire de la ville, et tant d’autres… Paris avant la Révolution était une ville sainte aux mille et un clochers…

Pour illustrer la conférence sur l’apogée de la Chrétienté, rien de mieux que le reportage de frère Pierre sur “ L’Architecture de la Chrétienté ”. Très pédagogique et savante conférence prodigieusement mise en valeur par des prises de vues et un montage signé frère Bruno-Marie. Merci  ! Des images prises par drone, vous donneront de comprendre et
de voir ces édifices sous tous les angles, à vous donner le vertige. Tonnerre d’applaudissements à la fin de ce merveilleux spectacle.

L’émission sur “ Saint Louis roi de France ” rencontra aussi un très grand succès. Frère Louis-­Joseph, chancelier de son saint Patron, répondit à toutes les questions délicates, réfuta les fausses interprétations. Il nous fit comprendre et aimer le cœur de Saint Louis, pas d’une manière académique, mais en religieux bien à même de comprendre les surnaturelles manifestations de son amour de Dieu, de l’Église, de la France, et du cher prochain. Vous ne verrez pas frère Christian, mais vous l’entendrez prêter son accent champenois à Joinville, son “ pays ”…

Qu’est-ce que le Coran, finalement  ? Et que dit-il exactement  ? Qui est l’auteur du Coran  ? Quels sont les premiers résultats de la traduction scientifique de frère Bruno  ? Que pourrait être un dialogue vrai avec les musulmans  ? Voilà bien des questions qui seront encore d’actualité lorsque cette émission de “ La religion en vrai ”  : “ Le Coran, quelle lecture  ? ” sera diffusée. À commander pour voir cela avec vos amis, “ et réveiller l’univers ensuite… ”

“ Partage philosophique ”, cette émission vous fera comprendre de la plus aimable manière les tenants et aboutissants de la rude dispute que se livrèrent au douzième, mais surtout au treizième siècle, les philosophes d’une part, et les théologiens inquiets de l’indépendance et des libertés que ces raisonneurs prenaient vis-à-vis de la foi et de la morale catholiques, d’autre part. Vous comprendrez la mission que saint Thomas d’Aquin reçut du Pape  : intégrer la philosophie d’Aristote dans le corpus de la doctrine chrétienne  ; vous en saurez aussi les limites, aussitôt soulignées par les docteurs de l’école franciscaine.

Ce débat constitue finalement une petite somme accessible à tous pour comprendre à quel point notre Père est génial, et humble aussi, ne recherchant que la vérité totale. Il intègre donc les intuitions d’Aristote et de saint Thomas sur l’essence et l’existence des êtres, et il y ajoute la sienne sur la relation constituante de l’être créé par Dieu, procréé par ses parents et inséré du même mouvement créateur dans un réseau terrestre de relations bienfaisantes qui lui donneront l’être, la vie, l’instruction et tant de bienfaits. Alors, l’existentialisme relationnel de l’abbé de Nantes  ? Mais c’est la réalité des choses elle-même, prise dans le mouvement de la vie et l’accomplissement du dessein de Dieu. C’est sur ces principes, que demain la Chrétienté s’appuiera pour reprendre sa marche en avant.

THÉÂTRE ET MUSIQUE

Le 18 août pour illustrer la conférence sur “ L’Église des martyrs ”, nous avons revu la pièce “ Polyeucte ”, de Corneille, jouée en 1997, lors du camp de la Phalange. Elle était interprétée avec beaucoup de talent et d’émotion par les parents des enfants qui assistaient au camp. Notre bienheureux Père s’y était aussi beaucoup investi…

Nos artistes musiciens se sont produits à plusieurs reprises, et ils nous ont comme d’habitude fascinés, émus, civilisés. Autant de sentiments riches et confus, de paix, de bonheur que tous ne surent manifester autrement que par des applaudissements nourris. Mais l’artiste le plus complet, à la fois comédien et musicien, ce fut comme d’habitude, l’oncle Henri. Lors du dernier cratère, il amusa une fois encore, et tant et plus, ces presque deux cents “ neveux ”. Charmante connivence entre lui et eux…

EN L’HONNEUR
DU CŒUR IMMACULÉ DE MARIE

Le soir du 22 août, frère Bruno nous encouragea à faire cas du message de Notre-Dame de Fatima, puis nous partîmes en procession jusqu’à l’Église paroissiale. L’air était saturé des arômes de foin fraîchement coupé, la statue de Notre-Dame de Fatima trônait sur son brancard, tout de blanc fleuri. C’était beau.

Arrivés à l’Église, frère Bruno commenta certaines invocations des litanies de la Sainte Vierge. Il exalta la “ Reine des martyrs ”, Corédemptrice, et nous fit part d’une émouvante révélation de Notre-Dame à sainte Brigitte de Suède  :

«  Quand je considère la multitude des hommes qui vivent sur la terre et que j’examine s’il en est qui pense à mon martyre et qui y compatissent, hélas  ! j’en trouve bien peu  ; souvenez-vous de moi, pensez à mes souffrances et mes larmes, imitez-moi autant que vous le pouvez et pleurez sur le petit nombre des amis de Dieu.  »

Son Cœur Immaculé est en grand chagrin, aujourd’hui encore plus, alors tâchons de la consoler.

L’ORATORIO.

Malgré la chaleur accablante, chacun à son poste, mission accomplie  ! L’orchestre et les choristes obéirent bien à frère Henry  ; les acteurs évoluèrent gracieusement dans le cadre de la mise en scène préparée par frère Thomas  ; frère Matthieu et son équipe aménagèrent tout naturellement et avec le même bonheur, le Ciel des anges, un luxuriant paradis terrestre, l’arche de Noé, le palais d’Assuérus et la tente d’Holopherne.

Mais ce n’est pas tout. Avez-vous pensé à nos chères sœurs qui ont costumé tout ce monde-là, et qui plus est à la mode du temps  ? Pour Adam et Ève ce fut relativement facile, mais pour les autres, vous pourrez admirer leur talent grâce au beau DVD que “ l’équipe de Seb ” vous prépare en ce moment même. Ce sont eux qui ont mieux vu et mieux entendu que tout le monde, au moyen d’une armada de caméras robotisées et de micros capables de saisir votre moindre intention de parler ou de faire quelque bruit incongru. Une telle entreprise, vous l’aurez deviné, exigeait de chacun une somme de sacrifices généreusement consentis. C’est ce que tous les participants du camp ont fait au-delà de ce que frère Henry espérait lorsqu’il leur donnait pour consigne, celle-là même de saint Maximilien-Marie Kolbe  : «  Quand il s’agit de Sa cause, il n’y a pas de mais…  » Notre-Dame a béni cette obéissance, le résultat fut splendide. Transporté d’enthousiasme frère Bruno remercia ainsi tous les participants  :

«  Le meilleur compliment que je souhaite vous faire, c’est que vous nous avez fait éprouver la présence des anges, nos compagnons invisibles, nos fidèles et charitables guides, qui forment la Cour céleste de l’Immaculée Conception depuis les origines, en même temps que notre garde rapprochée. C’est le thème de l’oratorio, mis en scène et en musique par notre frère Henry, mais vous l’avez tellement bien joué, que nous devrions ne plus jamais l’oublier dans notre vie quotidienne, afin d’être attentif aux bonnes inspirations de nos anges et dociles pour les suivre… le cœur éveillé à leur amour du Cœur Immaculé de Marie.

«  Ainsi, mes bien chers amis, merci d’avoir si bien servi l’Église pendant ce camp, par votre application à consoler le Cœur Immaculé de Marie de tant d’outrages, blasphèmes et indifférences qui le blessent tellement comme une couronne d’épines perçant, transperçant ce cœur de notre Reine. Gardons les yeux fixés sur ses mains dont le geste suffira un jour à donner aux anges et aux hommes l’ordre d’où renaîtra la miséricorde.

«  Nous n’en sommes sûrement pas éloignés, car on ne peut plus dire que «  toute la terre est en repos et tranquille dans son impiété  ». Ni même que le Ciel reste fermé, car il s’est ouvert pour accueillir l’âme du Père Hamel et son sang féconde nos âmes par la main des anges, comme nous l’a révélé Notre-Dame de Fatima.  »

frère Philippe de la Face de Dieu.

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