La Contre-Réforme catholique au XXIe siècle
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La Contre-Réforme Catholique au XXIe siècle

IL EST RESSUSCITÉ !

N° 167 – Septembre 2016

Rédaction : Frère Bruno Bonnet-Eymard


LE SANG DES MARTYRS
« LE PREMIER SANG »

«  Sous les deux bras de la Croix, il y avait deux Anges, chacun avec un vase de cristal à la main, dans lequel ils recueillaient le sang des martyrs, et avec lequel ils arrosaient les âmes qui s’approchaient de Dieu.  » (Secret confié par Notre-Dame de Fatima, le 13 juillet 1917)

Notre-Dame de Fatima par frère Henry

LE pape François, dans l’avion qui le ramenait des JMJ de Cracovie, a répondu à un journaliste qui lui demandait  : «  Pourquoi ne nommez-vous jamais l’islam lorsque vous parlez de la violence terroriste  ?

 On ne peut pas dire, ce n’est pas vrai et ce n’est pas juste, que l’islam soit terroriste.  »

Cette affirmation a aussitôt fait le tour de la planète et suscité les protestations de tous ceux qui font profession de critiquer le Pape du haut de leur “ magistère ”… infaillible  !

Le Saint-Père ne pouvait cependant mieux dire, car le meurtre du Père Hamel ne fut pas un acte terroriste mais une action religieuse, comme en ont témoigné les sœurs qui assistaient à la messe du martyr, car c’en est un  ! Celui-ci, en voyant arriver les deux hommes avec leurs couteaux, a tenté de les exorciser  : «  Va-t’en, Satan  ! Va-t’en, Satan  !  » à deux reprises, comme saint Martin de Tours à l’heure de la mort. Puis ils l’ont forcé à s’agenouiller et l’ont égorgé rituellement au cri de ’allah’ akbar  ! Celui qui venait d’offrir le Saint-Sacrifice de l’Agneau immolé versant son Précieux Sang pour la vie du monde, mêlait le sien à Celui qu’il venait de consacrer dans le calice, faisant avec le Christ une seule Hostie, un seul Cœur, una cum Christo hostia, cor unum.

Et son âme rejoignait celles de ceux qui «  furent égorgés pour la Parole de Dieu  » et que saint Jean a vus «  sous l’autel  » de la liturgie céleste (Ap 6, 9). L’Apôtre les a entendus en appeler à la justice  : «  Ils crièrent d’une voix puissante  : “ Jusques à quand, Maître saint et vrai, tarderas-tu à faire justice, à tirer vengeance de notre sang sur les habitants de la terre  ? ”

«  Alors on leur donna à chacun une robe blanche en leur disant de patienter encore un peu, le temps que fussent au complet leurs compagnons de service et leurs frères qui doivent être mis à mort comme eux.  » (Ap 6, 10-11)

Loin des postures et des polémiques, il nous faut considérer le sacrifice du Père Hamel comme «  un appel plus pressant au sursaut de la foi et de la charité  », a déclaré le Père Rougé, curé de Saint-Ferdinand-des-Ternes.

«  Le temps d’une appartenance vague et paresseuse est révolu. Que beaucoup retrouvent le chemin de la messe dominicale et, pourquoi pas  ? en écho à la dernière célébration eucharistique du Père Hamel, celui de la messe quotidienne.

«  Comme y invitait récemment le pape François, que beaucoup passent du temps dans nos églises, pour y faire le plein d’amour et de paix.

Jacques Hamel, prêtre martyr.

Jacques Hamel, prêtre martyr.

«  “ Le sang des martyrs est semence de chrétiens ”, écrivait le prêtre Tertullien à la fin du deuxième siècle. À nous de faire en sorte que le sang du Père Jacques Hamel soit semence de foi, de lucidité et de paix.  » (Le Figaro du 2 août 2016)

Et d’abord en rétractant la formidable “ abjuration ”, car c’en est une  ! prononcée par le concile Vatican II lorsqu’il a «  déclaré que la personne humaine a droit à la liberté religieuse  »  !

«  Notre Père  » Céleste que son Fils, Notre-Seigneur Jésus-Christ nous apprit à prier, a voulu que «  les hommes l’adorent, le prient, le servent et l’aiment, pour gagner ainsi la Vie, la Béatitude éternelle. De là, on peut, on doit déduire qu’il fait un devoir à tout homme d’adhérer librement à cette Alliance, avec le droit sacré d’y adhérer par lui-même, sans contrainte ni empêchement. Quant aux autres religions, et irréligions, comment ce Dieu infiniment saint, pourrait-il faire autre chose que les haïr comme des pièges de Satan et en interdire l’existence même, publique ou privée, comme une offense majeure à sa gloire et un dommageable obstacle au salut de tous les hommes  ?

«  Le Concile donc “ déclare ” une chose tout à fait injurieuse à son Dieu et Sauveur, et tout à fait contraire à sa propre mission de salut universel.  » (Georges de Nantes, Autodafé, p. 137)

Voilà cinquante ans que l’abbé de Nantes, notre Père, en réponse à cette impiété a “ déclaré ” à son tour anathème «  qui fait profession de croire à cette liberté religieuse tous azimuts  » (ibid., p. 138).

«  Certes, l’Église ne contraint personne à faire son salut à l’encontre de sa conscience erronée, trompée  ; mais elle est en droit de combattre et d’interdire dans le domaine public toutes les mani­festations de ces erreurs diaboliques  » (ibid.), comme fut l’assassinat du Père Hamel, témoin, «  martyr  » de la vérité du seul Dieu unique et vrai, Saint et Tout-Puissant Père, Fils et Saint-Esprit.

Le mot grec martus, signifie témoin, qu’il s’agisse de porter témoignage historique, juridique ou religieux. Mais l’usage de la tradition chrétienne a établi le sens exclusif du témoignage du sang  : le martyr est celui qui donne sa vie par fidélité au témoignage rendu à Jésus… par imitation de Jésus lui-même, «  le témoin fidèle  » (Ap 1, 5), le martyr qui a versé son sang pour nous laver de nos péchés par fidélité à la mission reçue de son Père. Non seulement Jésus a connu à l’avance, mais il a accepté librement sa mort comme le parfait hommage rendu au Père  :

«  C’est pour cela que le Père m’aime, parce que je donne ma vie, pour la reprendre. Personne ne me l’enlève  ; mais je la donne de moi-même. J’ai pouvoir de la donner et j’ai pouvoir de la reprendre  ; tel est le commandement que j’ai reçu de mon Père.  » (Jn 10, 17-18)

Et à l’heure de sa condamnation, il proclame  : «  Je suis né, et je suis venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité.  » (Jn 18, 37)

En vertu de quoi «  Jésus, le doux Jésus, a passé son temps à nous prévenir que nous n’étions libres que pour mieux mériter la Vie éternelle du Ciel, mais point du tout pour nous rebeller contre Dieu ni contre personne parce que le salaire de pareille liberté, c’est la damnation éternelle. Le Concile en cachant pareilles vérités a beaucoup usé, je le crains, et abusé de la liberté de parole que Dieu et le Pape lui ont laissée, pour mentir au monde sur la tragique destinée qui attend à la fin ceux qui ont changé leur liberté en licence. Et comme Vatican II n’a évidemment pas consulté la Bienheureuse Vierge Marie Immaculée, Corédemptrice, Médiatrice et Auxiliatrice, sur le problème du droit à la liberté religieuse, je me permets de dire que la vision de l’enfer donnée aux enfants de Fatima le 13 juillet 1917, et la vue du soleil menaçant de tomber sur la terre, le 13 octobre 1917, ont plus fait pour le salut du monde que
le Concile avec sa proclamation libertaire, évangile de fous.  » (Autodafé, p. 158-159)

Dans la CRC de décembre 1974, l’abbé de Nantes, notre Père, écrivait  : «  Le 1er novembre 1846, le futur cardinal Pie, alors vicaire général à Chartres, écrivait au comte de l’Estoile au sujet de Pie IX, élevé au souverain pontificat le 16 juin 1846  : “ Les affaires du pape vont mal… Je crois qu’il fonde une confiance extrême sur l’empire de la bonté pour rapprocher les hommes et qu’il sera détrompé par de cruels mécomptes. En attendant, j’ai peur qu’il n’essaie de l’entente cordiale avec ses plus irréconciliables ennemis… Il prêchera aux pasteurs des doctrines de charité envers ces pauvres loups qu’il ne faut pas traiter si rigoureusement… Ce bon Pape n’a pas de mission plus évidente selon moi que celle du martyre… Je crois plus à sa Passion qu’à ses réformes pour le salut de l’Église et de la société. ”  » (CRC n° 87, p. 6)

Rappeler ce texte en 1974 était prémonitoire. Il ne s’appliquait certes pas à Paul VI  ! mais quatre ans plus tard, le martyre du pape Jean-Paul Ier en accomplissait la prophétie.

Il est de nouveau d’une tragique actualité touchant le pape François auquel il nous faut réclamer, contre cette corruption inouïe de l’Évangile du Christ, l’anathème au nom de la Croix du Golgotha sur laquelle Jésus a offert tout son être humain et divin dans d’atroces souffrances, pour rançon de tous nos crimes  :

«  Si quelqu’un vraiment peut encore, après avoir médité ce spectacle, prétendre que Jésus est venu pour nous li­bérer de toute contrainte et se soumettre lui-même au Nom de son Père aux exigences et aspirations de nos “ personnes humaines ” à la liberté tous azimuts, y compris à la liberté d’apostasier notre religion chrétienne et d’en choisir une autre, ou de les soutenir toutes selon notre grand cœur d’ami des hommes et de leurs dieux quels qu’ils soient, ce quelqu’un-là, c’est le moins qu’on puisse dire, crucifie Jésus une seconde fois.  » (Autodafé, p. 159)

C’est pourquoi tout phalangiste doit inscrire sur son diaire cette pensée que le Père de Foucauld écrivait le 6 juin 1897, jour de la Pentecôte  :

«  Ta pensée de la mort.

«  Pense que tu dois mourir martyr, dépouillé de tout, étendu à terre, nu, méconnaissable, couvert de sang et de blessures, violemment et douloureusement tué… et désire que ce soit aujourd’hui. Pour que je te fasse cette grâce infinie, sois fidèle à veiller et à porter la Croix  ! Considère que c’est à cette mort que doit aboutir toute ta vie  : vois, par là, le peu d’importance de bien des choses  ! Pense souvent à cette mort pour t’y préparer et pour juger les choses à leur vraie valeur  !  »

Ainsi soit-il  !

frère Bruno de Jésus-Marie