La Contre-Réforme catholique au XXIe siècle
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La Contre-Réforme Catholique au XXIe siècle

IL EST RESSUSCITÉ !

N° 166 – Août 2016

Rédaction : Frère Bruno Bonnet-Eymard


LA LIGUE

La Ligue

POUR L’IMMACULÉE ET LE SAINT-PÈRE

QU’IL s’agisse de l’oratorio de frère Henry ou des homélies de frère Bruno tout à la louange de l’Immaculée  ; du Congrès marial de Fatima ou de celui de la Phalange, sans oublier les pèlerinages, la CRC s’est portée d’un même élan de dévotion à la défense de Marie Immaculée et de notre Saint-Père le pape François, l’un comme l’autre objet des plus insidieux assauts du Démon (cf. Ap 12).

Dans “ les derniers temps ” que nous vivons, “ l’Adversaire ” pense avoir trouvé l’arme absolue pour désorienter et décomposer le corps tout entier de l’Église  ; il a donc frappé à la tête, par un Concile, Vatican II, et quatre papes  : Jean XXIII, Paul VI, Jean-Paul II, Benoît XVI. Le pape François les suivra-t-il dans leurs élucubrations humanistes, interreligieuses et antimariales, comme le 20 septembre à Assise, ou bien obéira-t-il finalement à Notre-Dame de Fatima le 13 mai prochain  ? La Vierge Marie connaît le nom de celui qui accédera enfin aux volontés de son Cœur Immaculé, et qui du souffle de sa bouche ressuscitera l’Église et fera advenir la paix dans le monde…

La Phalange de l’Immaculée prie donc pour le pape François à cette intention, sans cesse encouragée par frère Bruno. De mois en mois, c’est lui qui entretient la flamme de cette espérance militante en se servant, comme Judas Maccabée, de ses frères comme autant de “ flèches ” (cf. Ps 127) pour terrasser les adversaires de la Vierge Marie d’une part, et d’autre part pour embraser le cœur des enfants de notre Père d’une ardeur CRC sans cesse nouvelle et jaillissante.

COMPASSION, RÉFUTATION, CONJURATION.

Ardeurs plus vives ce mois-ci, de Compassion envers le Cœur Immaculé de Marie si méconnu, si mal aimé depuis Vatican II  ; mais en puisant au trésor marial de l’Église un admirable commentaire des Litanies de Lorette, frère Bruno nous fit comprendre du même coup que cette désaffection est un fait unique dans toute l’histoire de l’Église. Bienheureux, une fois de plus, les abonnés aux logia

Lors du Congrès, le dimanche 2 octobre, vigoureuse Réfutation par frère François (cf. supra), des savants de l’Académie pontificale mariale internationale, qui nient les faits objectifs des apparitions et des volontés de la Sainte Trinité. Et voici Dieu le Père, tout comme l’abbé de Nantes, dans une “ position ecclésiale erronée ” au sein de sa propre Église et n’arrivant pas à imposer son aimable volonté de bon plaisir  : «  répandre dans le monde entier la dévotion au Cœur Immaculé  »  ?  ! Le comble, c’est que son “ Adversaire ”, lui, à ses entrées au Vatican – le pape Jean-Paul Ier le savait – et il arrive sans peine à ses fins selon le processus suivant. Édiction de nouveaux critères de sainteté pour de nouveaux “ saints ”. Vite canonisés (cf. supra), ils doivent être les pierres d’ “ assise ” d’une Église nouvelle, et les nouveaux apôtres d’une évangélisation selon Vatican II, charismatique et interreligieuse  : bonne nouvelle humaniste de la paix à tout prix, alors que l’Église se vide de sa substance, et que la guerre embrase le monde, en châtiment d’une telle apostasie.

Face à une telle conjuration, cléricale et mondaine, des forces du mal, frère Bruno prolonge la conjuration opposée, mystique et canonique de l’abbé de Nantes notre bienheureux Père. Il poursuit donc le combat de Contre-Réforme, mais avec l’onction suppliante d’une Conjuration filiale à l’adresse de notre Saint-Père François pour qu’il s’en remette sans plus tarder à Notre-Dame de Fatima, seule capable de chasser ­l’esprit mauvais dont l’Église se meurt. Cette Supplique lue lors du sermon de la Messe du dimanche 2 octobre a enthousiasmé nos amis  ; la phalange de l’Immaculée en corps constitué, ne cessera donc de prier pour obtenir du Bon Dieu que le pape François la reçoive, la lise, et saisisse le caractère providentiel de l’infaillible secours qui s’offre à lui, tellement semblable à celui que l’apôtre Pierre reçut alors qu’il était, lui aussi, prisonnier des autorités religieuses de son temps (Ac 12, 8-12). Aujourd’hui, comme hier, le port du salut, c’est toujours la «  Maison de Marie  » (Ac 12, 12).

FRÈRE BRUNO AU CANADA

Après la joie des retrouvailles, une nuit écourtée par le décalage horaire, il était le lendemain tôt matin dans la chapelle de la maison Sainte-Thérèse pour célébrer la Nativité de la Très Sainte Vierge, et offrir à nos frères et sœurs la primeur d’une belle oraison sur La préexistence de l’Immaculée.

L’Ancien Testament en garde le témoignage, tandis que ce privilège enchâssé et caché dans le privilège de l’Immaculée Conception poursuit sa carrière dans l’attente de son dévoilement. Le Bon Dieu fait progresser son Église à petits pas réguliers, mais depuis Vatican II, c’est l’immobilisme…

Les jours suivants, notre frère Bruno put se reposer tout en visitant nos maisons et les différents ateliers, voir que tout était bien organisé, et faire ensuite les directions de conscience, très attendues de tous. Les abonnés aux Logia constateront que notre frère Prieur avait réservé à ses chéris du Canada le meilleur de sa méditation des Saintes Écritures. Magnifique oraison biblique du 9 septembre  : Toute la vérité de Dieu sur le mal qui est avant tout et depuis les origines, péché contre Dieu  ; du coup, il n’y a plus de philosophique et prétendument insurmontable «  problème du mal  ».

VŒUX PERPÉTUELS DE FRÈRE BRUNO-MARIE.

Notre frère Prieur réservait ses plus belles homélies pour les vœux perpétuels de frère Bruno-Marie des Martyrs, le dimanche 11 septembre  : un admirable commentaire des Litanies de Lorette. De saint Éphrem à saint Louis-Marie Grignion de Montfort en passant par les saints moines du Moyen Âge, et le Bx Pie IX, c’est donc un merveilleux florilège qui proclame, de la plus tendre et de la plus biblique et théologique manière, les privilèges inouïs de la Vierge Marie et de son Cœur Immaculé.

UNE FÊTE PAROISSIALE DANS LA CHARITÉ DU CHRIST.

Après avoir vécu liturgiquement sa mort et sa résurrection, évoquées par la récitation des Litanies des saints tandis qu’il était enseveli sous le drap mortuaire de l’église paroissiale, il fallait encore que notre frère Bruno-Marie “ valide ” son engagement perpétuel, en présence de toute la communauté lors du Saint-Sacrifice de la Messe. Tous se rendirent donc à l’église paroissiale et furent accueillis par un “ bon pasteur ” selon le cœur du pape François, tout en rondeur et simplicité, en dignité et charité sacerdotale aussi. Frère Olivier a tout vu, tout entendu  :

«  Notre imprévisible abbé Saint-Onge avait été prévenu que frère Bruno-Marie prononcerait ses vœux au cours de la matinée. Il a donc voulu que toute l’assemblée le porte dans sa prière et, pour être sûr que chacun viserait le bon frère, il a dit au micro, avec le plus pur des accents québécois, le visage et le cœur en fête  : “ C’est qui le p’tit frère qui fait ses vœux perpétuels, là  ? Ah, c’est toi  ! Lève donc la main. Notre frère s’exécute timidement. Eh ben là, félicitations  ! On va tous prier pour toi, pour que l’Seigneur soit toujours avec toi, là, dans cette nouvelle vie. ”

«  Au moment de la communion, il a invité notre frère à monter à l’autel, il a partagé la grande Hostie avec lui et l’a fait boire au Calice du Précieux Sang. Frère Bruno était très content de cette messe  : “ L’église n’est pas très belle, mais le cœur est là  ; les chants sont merveilleux, les paroissiens nous parlent et nous sourient, et l’abbé Saint-Onge est vraiment très sympathique. ”

«  L’après-midi, après le chapelet, une petite conférence illustrée par un diaporama portait, comme chaque année, sur les nouvelles de la famille CRC. Nous avons voyagé pendant une heure sur les pas de frère Bruno, de Fons à Magé en passant par Frébourg, puis en revivant nos grands pèlerinages jubilaires de ­l’année  ; celui d’Argenteuil auprès de la Sainte Tunique de Jésus, et du Puy sous le regard de Notre-Dame. Ce fut enfin un aperçu des Camps de jeunes et de celui de la Phalange.  »

Enthousiasme expansif des amis canadiens au sortir de cette revue de famille qui consola tellement notre frère Prieur, car il attestait notre grande union de charité, à six mille kilomètres de distance.

LE CONGRÈS CANADIEN (17 ET 18 SEPTEMBRE).

Il commença à 10 heures par le chapelet récité devant le Saint-Sacrement exposé. Ensuite, tous se dirigèrent vers la maison Père-Henry pour assister à la première conférence de frère Bruno sur “ La Chrétienté en marche ”. Mille ans d’histoire sainte, illustrée par un diaporama bien fait pour soutenir l’attention des amis.

Après le repas, notre frère Prieur reçut les jeunes gens qui désiraient prononcer leur acte d’Allégeance à la Phalange de l’Immaculée, et promettre fidélité. Au sortir de ce cœur à cœur entre le maître et ses disciples, frère Bruno commenta l’oratorio de frère Henry, puis Messe à l’église paroissiale Saint-Pierre. Frère Bruno en ressortit ravi  ; on le comprend, imaginez  : une heure avant la Messe, confession des amis par le curé, répétitions de nos plus beaux chants polyphoniques  ; une phalangiste pour tenir l’orgue, frère ­Olivier pour diriger les chants  ; des paroissiens heureux, un curé qui se sent soutenu, prêche bien et célèbre dignement le Saint-Sacrifice. Au retour de la messe, deuxième conférence sur la Chrétienté  : Le rayonnement civilisateur des Ordres religieux du onzième au treizième siècle  : Cluny, Cîteaux, les Ordres mendiants (franciscains, dominicains, etc.). Pas une once de laïcisme au Moyen Âge, c’est le christianisme cru et vécu par tous  : en un mot  : le “ temporalisme ” d’une société où tout est instauré dans le Christ.

Après le dîner, ce fut le moment tant attendu de l’oratorio de frère Henry  : “ Le mystère du Cœur Immaculé de Marie dès les origines ”. Tonnerre d’applaudissements et petit mot final de frère Bruno montant sur la scène pour en tirer la principale leçon  : «  Toute l’histoire humaine est un combat entre l’Immaculée et le Dragon. Combat singulier, mais dont nous sommes l’enjeu. Nous, c’est la complainte du berger, tellement poignante. Elle nous fait revivre le Père dans son interminable attente, et sœur Lucie aussi.  »

Retour à la chapelle pour les complies  ; après le chant du Salve Regina, et selon la tradition instituée par notre bienheureux Père, nos amis défilèrent, famille par famille, au banc de communion, pour recevoir la bénédiction de frère Bruno, le fils du Père…

Dimanche 18 septembre. Messe à l’église de l’Assomption, beaux chants, très bon accueil, comme la veille. Ensuite, de retour à la maison et pendant une demi-heure, frère Pierre annonça les activités de ­l’année en mettant l’accent sur la préparation du grand pèlerinage de mai 2017. «  Nous ferons en phalange les cinq premiers samedis du mois plus sérieusement dans ce but, avec un plus profond et ardent esprit de réparation. Il ne s’agit pas de faire vite, vite les Exercices pour en être débarrassés. C’est trop facile et ne porte pas de fruit.  » Merci mon frère.

Conférence de frère Pascal ensuite, qui présenta avec beaucoup de persuasion et d’émotion son tome 3 de Mgr Freppel. Il fit bien réaliser à nos amis le courage, l’intelligence, la charité dont l’évêque d’Angers fit preuve alors qu’il siégeait à la chambre des députés (1880-1891). Démonstration imparable, et enthousiasme des amis qui en profitèrent pour se faire dédicacer leur tome 3 par l’auteur…

Après le chapelet, conférence d’actualités, un dernier salut du Saint-Sacrement, la dernière sortie en procession au chant de “ Mon Prieuré ”, un Au revoir officiel aux amis, qui se presseront ensuite dans le bureau de frère Bruno par famille entière. Cette fois le Congrès canadien est fini, le séjour de notre frère Prieur s’achevait en beauté.

IN MEMORIAM

GENEVIÈVE LABBÉ

La particularité de ce Congrès, c’est d’avoir reçu l’empreinte d’une gravité, d’une émotion tendre qui disposa tous les cœurs à juger des choses de la vie à leur vraie valeur, et les esprits à bien recevoir les enseignements de frère Bruno. Cette grâce porte un nom bien connu de tous les amis canadiens  : Geneviève. Geneviève Labbé, jeune mère de famille de trente-neuf ans, a rendu son âme à Dieu, le 12 septembre dans un souffle paisible, au terme de plusieurs années de souffrances, mais vécues cœur à cœur avec Réjean son époux, tous deux donnant à leurs cinq enfants d’abord, à leurs amis CRC et à leurs connaissances, la grâce de voir ce que c’est de vivre, aimer, souffrir et mourir en chrétiens…

Geneviève s’est donc éteinte doucement en présence de son mari, de ses trois aînés, et de nombreux amis CRC. Elle s’en est allée au dernier couplet de “ J’irai la voir un jour ”, dans un souffle, presque insensiblement, aussitôt accompagnée par les «  Je vous aime, ô Marie  » du chapelet complet que tous récitèrent d’un seul cœur.

Délicatesse de Réjean pour ne pas perturber le programme du séjour de frère Bruno, les funérailles de Geneviève ont eu lieu le 24 septembre. Le journal de Sherbrooke La Tribune avait annoncé son décès, en republiant un bel article de 2014 écrit par une journaliste qui avait été édifiée par cette famille qui vivait une si grande épreuve. Aussi tous ceux qui rencontraient Réjean dans la rue ces derniers jours lui offraient leurs condoléances.

Lors de la Messe des funérailles, frère Pierre put donner son témoignage  ; notre sœur Julie n’en a rien perdu, merci  : «  En Bretagne il y a une coutume d’appeler ceux qui sont morts pieusement les “ saints de chez nous ”. Cela ne veut pas dire qu’on canonise Geneviève, mais nous avons vu l’œuvre de la grâce et en particulier son ascension spirituelle durant ses quatre années de maladie qui nous font croire que Dieu a achevé son œuvre en la faisant entrer au Ciel… Geneviève avait la foi, une foi catholique intégrale reçue de l’Église par sa famille et qu’elle a gardée… Vous le savez bien, vous ses enfants, et vous Réjean qu’elle a attiré sans mettre son “ drapeau ” dans sa poche.

«  C’est déjà consolant de la savoir heureuse pour l’éternité, mais il y a plus encore, c’est de savoir qu’elle a accepté sa maladie en épousant les intentions du Cœur de Jésus, pour Le consoler et ainsi attirer des grâces pour le Saint-Père, pour les pauvres pécheurs qui ne croient pas, comme dit la prière de l’ange de Fatima qu’elle récitait souvent…

«  Et Jésus n’a pas attendu pour lui rendre la pareille en permettant qu’elle meure entourée de l’affection et des prières des siens. Cette charité n’est pas naturelle, mais le fruit de la grâce, le Bon Dieu voulant faire de vous ses instruments pour faire du bien à celle qui Le consolait… C’est consolant bien sûr, mais cela n’empêche pas la peine, car si elle a été généreuse, c’est qu’elle avait bon cœur, qu’elle était aimable, et donc tellement aimée… Son sourire va nous manquer… Mais elle ne manquera pas de vous aider, comme monsieur Bruno de Nantes continuant du haut du Ciel à bien éduquer ses onze enfants.  »

La première grâce que le Bon Dieu a dû lui accorder en arrivant au Ciel, c’est celle-ci dont elle fit un jour la confidence  : «  J’ai hâte d’aller au Ciel pour voir de là-haut l’âme de mon Réjean.  » Et en Réjean, premier aimé, toute sa tendresse, et à sa suite nos plus affectueuses pensées et prières rejoignent Judith, Frédéric, Jean-François, Marie-Anne et Vincent…

SUR LE CHEMIN DES PÈLERINS

Le dimanche 11 septembre, les frères, les sœurs de Magé, et les amis de l’Ouest, plus de cent cinquante grandes et petites personnes se retrouvèrent dans la collégiale du Puy-Notre-Dame pour participer au traditionnel pèlerinage en l’honneur de la Sainte Ceinture de Notre-Dame. La Messe du matin et la cérémonie mariale de l’après-midi furent présidées par Mgr Defois. Pèlerinage de renaissance catholique  : absence de «  douane pastorale  », joie reconnaissante des paroissiens et pèlerins, permission de faire en début d’après-midi une conférence dans la collégiale sur Notre-Dame du Perpétuel Secours, mystère d’Apocalypse. En fin d’après-midi après le chapelet et le salut du Saint-Sacrement, intervention en présence de Monseigneur pour exhorter nos amis et les pèlerins avant une dernière vénération de la relique.

Durant le mois de septembre, les frères et les sœurs de Fons ont été accaparés par la restauration de leurs nouveaux bâtiments. Cela n’a pas empêché frère Michel et son socius de faire la tournée des cercles. Il a bien réconforté les amis de Lyon, Clermont-Ferrand, Marseille, en présentant à chaque fois le tome du frère Pascal sur Mgr Freppel, et l’actualité de la doctrine de notre bienheureux Père, et comment frère Bruno la prolonge si bien…

Et Frébourg pendant ce temps-là  ? Nos frères et sœurs percherons ont aménagé les abords de leur chapelle Sainte-Véronique. Tout est donc prêt pour recevoir leurs “ paroissiens ”. Outre le profit spirituel, il y aura aussi la surprise de la grotte de Lourdes, en progrès constant et perpétuelles innovations. Ça vaut le voyage…

PÈLERINAGE A TOURNAI.

Le 18 septembre, un “ ange ” fit bonne concurrence aux frères en organisant pour les gens du Nord et nos amis de Belgique un beau pèlerinage à Tournai. Voici quelques extraits de son compte rendu  :

«  Le but de cette journée était de répondre à l’appel de notre Saint-Père le pape François, qui instaura pour cette année 2016 un Jubilé extraordinaire de la Miséricorde, mais également de consoler notre Mère du Ciel par nos prières.

«  Malgré le chemin à parcourir pour certains, nos cinquante-trois amis arrivèrent à l’heure pour le ­rendez-vous, fixé à 8 h 30 devant l’église Saint-­Quentin, première étape de notre marche mariale. Nous venions y vénérer Notre-Dame de la Treille (Lille) et Notre-Dame de Hal (Hal), puis Notre-Dame de la Gésine à l’église Saint-Jacques, Notre-Dame d’Alsamberg à l’église Saint-Piat. Ces statues participent à la Grande Procession de Tournai. Cet acte de piété est accompli tous les ans par les Tournaisiens le deuxième dimanche de septembre, pour remercier Notre-Dame d’avoir sauvé la ville d’une épidémie meurtrière, en 1092.  »

Au terme de ce cheminement animé par des chants et prières de circonstances, nos amis se retrouvèrent devant l’église Saint-Quentin pour assister à la Messe de 11 h 15.

«  M. H., diacre chargé du service pèlerinage du diocèse, mon contact à Tournai pour l’organisation de la journée, me présenta au prêtre célébrant. Je lui dis qui nous étions, et lui demandai s’il nous connaissait. Il avait déjà entendu parler de la communauté, mais pas du tiers ordre. Je lui exposai le programme de la journée, ce à quoi il répondit  : “ Rien que de très catholique à ce que je vois. ” Après la Communion, nous eûmes la grâce de pouvoir chanter l’Ave Maria de Fatima accompagnés par l’orgue et la chorale munis au préalable de partitions. C’était très beau, plusieurs paroissiens nous remercièrent.

«  Le repas eut lieu dans une salle du séminaire qui nous était réservée, nous écoutâmes ensuite deux sermons du Père  : Le secret du Cœur de la Très Sainte Vierge  : S 49, enregistrés à l’occasion d’un 15 août, au début des années 80. Le premier porta sur la nécessité pour chacun de demander la grâce de notre propre conversion, avant de demander des grâces temporelles. Le deuxième nous exposa la place que Dieu devait prendre dans nos familles, pour que nous ayons la force de lutter contre un monde mauvais s’insinuant dans tous les foyers, même les meilleurs.

«  À 16 h 30, passage de la Porte sainte en suivant la procédure que m’avait donnée M. H. Nous commençâmes par chanter “ Pécheur, comment oser  ? ” puis M. H. nous lut un extrait du livre d’Isaïe (60, 1-5a. 15. 18-21a. 22b.). J’avais choisi ce texte, car il me semble qu’il annonce ce qui arrivera à l’Église le jour où le Pape consacrera la Russie au Cœur Immaculé de Marie. Il fut suivi de la lecture du sermon de frère Pierre fait pour le passage de la Porte Sainte à l’église Notre-Dame-des-Sept-Allégresses, et paru dans Il est ressuscité n° 164 p. 34. Après la prière du Jubilé, nous passâmes la Porte Sainte en récitant le Credo, puis en enchaînant avec “ L’Appel de Jésus ”. Nous allâmes ensuite dans la chapelle où est exposé le Saint-Sacrement afin d’y réciter un dernier chapelet.

«  Ensuite, nos amis sortirent de la cathédrale, et devisèrent ensemble, visiblement heureux de cette journée. Je remerciai M. H. de son aide et lui offris un exemplaire de la vie de notre Père. Je l’invitai à se joindre à nous le 20 novembre, puis lui donnai un tract. Jamais je n’aurais pu organiser une pareille journée, si nous n’avions pas tout cet enseignement de notre Père, que vous nous transmettez inlassablement.

«  Merci cher frère Bruno, et union de prières dans les Saints Cœurs de Jésus et Marie,

«  votre petite phalangiste, B. W.  »

ENTHOUSIASME

«  Bien cher frère Philippe,

«  Ah quel Congrès  ! Frère Bruno nous a une fois de plus conduits sur la ligne de crête déterminée par le Père, nous faisant prier pour notre Pape vacillant, afin qu’il fasse enfin la Consécration tant attendue, nous démontrant comment Vatican II est totalement incompatible avec Notre-Dame de Fatima. Magistrale conférence de frère François  !…. qui avait su aussi la veille nous “ secouer ” un peu, nous les parents, pour que nous tâchions de mieux ancrer la CRC dans la vie de nos enfants.

«  Une surprise nous attendait  : revoir notre cher frère Pierre  ! Mais, les communautés étant si unies, la doctrine si unique, que passés les premiers étonnements et émotions, nous avions l’impression qu’il avait toujours été là  !  !  ! C’est la même chose avec les fondations…

«  Si nous avons dû partir tôt et donc manquer les conférences du dimanche après-midi, nous avons eu en revanche le privilège de voir le magnifique Oratorio samedi soir  : de fabuleux anges complices pour nous amener, de leurs “ mains ”, jusqu’au Cœur Immaculé de Marie, qui a eu pitié d’Adam et Ève plus vrais que nature, et qui vont peut-être réussir à nous faire mieux prendre conscience de la laideur de notre péché  ; costumes splendides, mélodies magnifiques, mises en scène et montage vidéo toujours plus “ pro ”  ! Quel travail  !

«  Pour nous, le Congrès s’est terminé par l’émouvante supplique au Pape – vraiment, frère Bruno est le fils de notre Père  ! – et nous souhaitons de tous nos cœurs qu’elle parvienne jusque sous les yeux du Saint-Père. Mais ce mail n’a pas pour objet de vous raconter le Congrès, les frères le feront mieux que moi  !  !  ! c’est juste que l’enthousiasme déborde un peu  !…  »

M.-F. G.

QUARANTE-SEPTIÈME CONGRÈS DE LA CRC

Il fut cette année et plus que jamais polarisé par nos deux amours, nos deux soucis, Notre-Dame de Fatima et le Saint-Père. Dès le sermon de la messe, l’homélie de frère Bruno  : “ Il faut beaucoup prier pour le Saint-Père ”, donnait le ton  :

«  Il ne faut pas nous laisser désorienter par la canonisation de mère Teresa, par la réunion d’Assise… Mais plutôt que de critiquer le pape François, ce doit être des occasions pressantes de prier pour lui, pour qu’il se tourne vers le Cœur Immaculé de Marie dont Dieu veut établir dans le monde la dévotion par son entremise.  » La preuve de l’injustice d’une critique amère, rationaliste, vaine, et le motif puissant de prier de tout cœur pour lui, c’est que le Saint-Père a une foi biblique et mystique. Frère Bruno le prouve en analysant comme personne n’a dû, ou pu, le faire, l’admirable commentaire de l’Évangile des noces de Cana, par le pape François.

Après le repas, présentation de l’oratorio par frère Bruno, chapelet auprès de la tombe de notre bienheureux Père, puis, après un petit moment de récréation, surprise pour tous  : voir frère Pierre en personne monter sur l’estrade  ! Cette fois, on ne peut en douter, c’est bien lui. Il y avait onze ans qu’il n’était pas revenu en France. Joie pour tous de non seulement le voir, mais de l’entendre dresser le bilan de sa gestion, comme le bon intendant de l’Évangile, et nous expliquer comment avait fructifié le talent que notre bienheureux Père lui avait confié, et ce qu’était devenue parallèlement l’Église canadienne. Contraste saisissant. L’état de la mission de Contre-Reforme au Canada, c’est à voir et à faire voir. Si on vous demande  : qu’est-ce que la CRC  ? Répondez  : venez chez moi et voyez…

Le soir après le repas, nos frères audio-vidéo avaient une fois de plus transformé la salle communale en auditorium. Magnifique spectacle, applaudissements nourris des amis, tous pour la plupart pères et mères des enfants qui chantaient et jouaient en l’honneur du Cœur Immaculé de Marie. Fierté du Bon Dieu et consolation de la Sainte Vierge dans le Ciel, joie analogue dans bien des cœurs ce soir-là… «  Mais mon Dieu, comme il faut prier pour nos familles et leurs enfants  », pensent les anges dans le Ciel et ceux qui remplissent leur office ici-bas…

DIMANCHE 2 OCTOBRE

Solennité de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, journée qui fera date dans l’histoire de notre ordre. Tout d’abord, découverte pour les accrocs de l’oraison matinale de la communion de pensée de notre bienheureux Père et du pape François sur le point chaud de notre religion  : La miséricorde du Bon Dieu  : Misericordia nostra. Admiration émue pour le cœur de notre bon Pape, mais crainte qu’il ne se laisse abuser par les méchants adversaires de Marie Immaculée.

Après le chapelet du matin, frère François réfuta l’incroyable désorientation qu’ils veulent imposer à l’Église, au nom de Vatican II (cf.  : Notre-Dame de Fatima et Vatican II, désaccord total). «  Les amis étaient bouleversés d’entendre de tels blasphèmes contre la Sainte Vierge  ! À un Congrès marial  ? À Fatima  ? Devant de hauts dignitaires ecclésiastiques qui n’ont rien dit, bien au contraire, c’est effrayant  ! C’est vraiment l’ultime attaque du démon contre l’Immaculée, cherchant à la mordre au talon. En conclusion, frère François a bien montré quelle grâce nous avions d’être CRC phalangistes, disciples de l’abbé de Nantes, même si nous nous retrouvons les seuls, et que nous sommes mis au ban de l’Église. Nous travaillons et luttons pour l’Immaculée et pour son triomphe.

«  Aussi, quand frère Bruno a lu sa Supplique au pape François lors du sermon de la grand-messe, tout le monde a été ému. C’était vraiment ce que nous voulions crier à notre Saint-Père, de tout notre cœur. Et frère Bruno l’a dit d’un ton si juste et pathétique…  »

BILAN CONTRASTÉ DE TROIS ANS ET DEMI DE PONTIFICAT.

Tel était le titre de la conférence d’Actualités que frère Bruno prononça après le chapelet, en début d’après-midi. Il nous plongea tout de suite au cœur du grand combat d’apocalypse qui se déroule aujourd’hui dans l’Église entre la lumière et les ténèbres. Mère Teresa personnifie l’apostasie de l’Église  ; or la voici canonisée, tandis que sœur Lucie et Jean-Paul Ier attendent toujours (cf. La lumière et les ténèbres).

Frère Bruno constate, analyse, déplore les chutes “ conciliaires ” du Saint-Père. Il ne nous donne pas l’exemple du “ juste ” qui se scandalise et “ déchire ses vêtements ”, mais du fils miséricordieux qui cherche à prévenir son pauvre Père dont le bon cœur est abusé par l’apparente générosité de certains gestes, paroles, principes, et ne se rend pas compte de la nocivité de leurs effets induits. C’est cette filiale disposition qui le rend capable d’admirer l’œuvre de la grâce, les relèvements de la foi vive et cordiale de François, comme à la Portioncule, le 4 août dernier. Reprenant à son compte la parole de saint François d’Assise  : «  Je désire vous envoyer tous au paradis  », et joignant le geste à la parole, le pape François s’installe au confessionnal, tandis que tous récitent le chapelet, “ hors programme ”  ! Mais après “ Assise du 4 août ”, il y aura, hélas  ! “ Assise du 20 septembre ”, journée de prières mondialistes pour la paix, sans chapelet ni confession… «  C’est vraiment mépriser le seul remède à ces effroyables malheurs que le Pape a évoqués avec angoisse, sur un ton pathétique. Car le seul remède à tant de guerres et de persécutions est d’obéir docilement à Notre-Dame de Fatima, Médiatrice de toutes grâces. Tandis que la mépriser, c’est immanquablement attirer la guerre, comme il advint en 1967, où la profanation de Fatima par Paul VI fut suivie de “ la guerre des Six Jours ”.  »

Le spectacle du monde devrait pourtant l’inciter à soutenir la Russie en la consacrant au Cœur Immaculé, car cette nation en dépit de son schisme orthodoxe, est médiatrice de paix dans le monde, malgré les États-Unis protestants, et tandis que la France fille aînée de l’Église, effondrée dans l’apostasie et l’immoralité contre nature légalisée, est châtiée par l’invasion de masse et le terrorisme musulman. On se console un peu en voyant comment le pape François a aussitôt considéré le Père Jacques Hamel, comme un saint, un martyr, et a demandé qu’on l’invoque comme tel.

Mais la conclusion de ces Actualités, c’est que le triomphe du Cœur Immaculé, c’est-à-dire le retour de la foi dans l’Église et la paix dans le monde ne pourront advenir sans la remise en cause radicale du concile Vatican II  : «  En s’opposant à la Médiation universelle de Marie, le concile Vatican II et tous les Papes conciliaires, de Jean XXIII à Benoît XVI, ont mis Dieu lui-même “ entre parenthèses ”, selon la recommandation du Père Martelet, parce que Dieu et la Mère de Dieu ne font qu’un  ! Papes et évêques sont donc responsables de l’immense ruine de la Chrétienté et de l’impuissance de l’Église à y porter remède.  »

Notre espérance reste cependant inébranlable, car l’acte par lequel s’opéreront cette mort au Concile et cette résurrection en Marie Immaculée se fera, tard, mais il se fera.

Sœur Lucie de Fatima l’a vu, et pour finir frère Bruno nous fait toucher du doigt ce que sera la conversion des peuples de la Sainte Russie en rejoignant l’actualité  : le voyage du Pape en Géorgie. En effet, qui songera aux origines évangéliques de ce pays, et à sa dévotion apostolique pour la Vierge Marie montant au Ciel et pour le Saint Suaire  ? C’est cette sève mystique liée par le schisme qui irriguera de nouveau le corps exsangue de l’Église et relèvera nos nations catholiques de leur apostasie. Multiplions donc les chapelets aux intentions du Saint-Père pour qu’il se rende aux désirs du Cœur Immaculé de Marie.

frère Philippe de la Face de Dieu.