La Contre-Réforme catholique au XXIe siècle
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La Contre-Réforme Catholique au XXIe siècle

IL EST RESSUSCITÉ !

N° 172 – Février 2017

Rédaction : Frère Bruno Bonnet-Eymard


DEUXIÈME SUPPLIQUE AU PAPE FRANÇOIS

«   À la fin mon Cœur Immaculé triomphera.   » ( 13 juillet 1917 )

Maison Saint-Joseph, le 2 février 2017,
en la fête de la Présentation.

Très Saint Père,

À votre prédécesseur, le pape émérite Benoît XVI, des amis communs demandèrent un jour, alors qu’il n’était encore que le cardinal Ratzinger, en charge de la Congrégation pour la doctrine de la foi auprès du pape Jean-Paul II, pourquoi il ne répondait jamais aux suppliques de l’abbé de Nantes. Le cardinal répondit que c’était une «  question de principe  ».

Sachant que vous faites profession d’un principe contraire, et que nous vous voyons chaque jour répondre à toutes les plus humbles sollicitations, et n’ayant cependant reçu aucun accusé de réception de votre part, je conclus que l’on n’a pas jugé opportun, au Vatican, de vous remettre ma supplique du 4 octobre 2016.

À moins que l’annonce d’une indulgence plénière, accordée à partir du 26 novembre dernier, à l’occasion de l’année jubilaire que vous avez impérée, ne soit votre réponse. Nous vous en sommes très reconnaissants, Très Saint Père, mais cela ne suffit pas.

Je me permets donc de revenir à la charge, mais par la voie publique, espérant que mon cri jeté à la Face de Dieu dans le désert vous parviendra, Dieu voulant, afin que vous vous rendiez aux volontés très précises de Notre-Dame de Fatima.

Très Saint Père,

Nous sommes entrés dans l’année du centenaire des apparitions de Notre-Dame de Fatima descendue du Ciel sur notre terre en 1917, au cœur de la Première Guerre mondiale, pour livrer une «  bataille décisive  » aux enfers qu’elle a montré aux trois petits voyants. Sœur Lucie précisait quarante ans plus tard  : «  Une bataille décisive est une bataille finale où l’on saura de quel côté est la victoire, de quel côté est la défaite.  » (au Père Fuentes, le 26 décembre 1957)

Pour remporter cette victoire, la Reine du Ciel a confié aux trois petits voyants, Lucie, François et Jacinthe, au cours de sa troisième apparition, le 13 juillet 1917, son intention de venir demander la consécration de la Russie à son Cœur Immaculé et la communion réparatrice des premiers samedis. «  Si on écoute mes demandes, disait-elle, la Russie se convertira et on aura la paix. Sinon, elle répandra ses erreurs à travers le monde, provoquant des guerres et des persécutions contre l’Église.  »

C’est le spectacle que nous offre le monde aujourd’hui, Très Saint Père, parce qu’ «  On  » n’a pas encore écouté les demandes de la Reine du Ciel.

Pourtant, le président actuel de la Russie a déclaré dans son discours du jeudi 1er décembre 2016, prononcé dans la salle des fêtes du Kremlin  :

«  Nous ne voulons nous opposer à personne, nous n’en avons pas besoin, ni nous, ni nos partenaires et la société mondiale. À la différence de certains de nos collègues internationaux qui voient dans la Russie un adversaire, nous ne cherchons pas et n’avons jamais cherché d’ennemis. Nous avons besoin d’amis.  »

Le président Poutine s’est même déclaré «  prêt  » à coopérer avec Donald Trump, jugeant «  important de normaliser et commencer à développer  » les relations russo-américaines.

Pour que ces déclarations d’intentions pacifiques soient suivies d’effet, il faut et il suffit, Très Saint Père, que vous consacriez la Russie au Cœur Immaculé de Marie. Vous n’avez qu’un mot à dire  !

Faute de quoi, quatre jours après la trêve signée le 31 décembre 2016 par l’entremise du président Poutine entre Bachar el-Assad et une partie de l’opposition syrienne, cette trêve était déjà menacée  ! Sans attendre la réunion prévue à Astana, au Kazakhstan, à la fin du mois de janvier, autour de la table diplomatique.

Cependant, il est significatif, Très Saint Père, que la prochaine étape pour régler la question syrienne soit prévue sans la moindre participation d’un pays occidental. En effet, en juillet 1946, l’écrivain américain William Thomas Walsh, interrogeait sœur Lucie  : «  Notre-Dame vous a-t-elle dit certaines choses se rapportant aux États-Unis d’Amérique  ?  »

Elle me lança un regard plutôt surpris, raconte celui-ci. «  Son sourire, légèrement ironique, suggérait que, peut-être, les États-Unis n’étaient pas aussi importants que je me l’imaginais, dans la marche générale de l’univers.

Non, dit-elle doucement. Jamais Notre-Dame n’a mentionné votre pays  ; mais je désirerais qu’on dise des messes à mon intention aux États-Unis. ” Je le lui promis, et elle m’assura qu’elle prierait pour moi.  »

En ce début de l’année mariale, Russes et Turcs sont alliés pour la paix en Syrie, Israéliens et Américains renouent depuis l’investiture de Donald Trump, lui-même se montrant favorable à un rapprochement avec Vladimir Poutine  ; une seule personne est au centre de cette nouvelle géopolitique, c’est vous, Très Saint Père, à qui Notre-Dame demande de consacrer la Russie à son Cœur Immaculé.

Russes et Turcs étaient à couteaux tirés sur le dossier syrien depuis qu’un avion arborant les cocardes de la Turquie, pays membre de l’Otan, avait abattu un appareil russe  ; casus belli, s’il en est  ! «  Cas d’une guerre  » ouverte capable d’entraîner les grandes puissances dans le chaudron du Proche-Orient.

Je ne sais si Votre Sainteté a lu la troisième partie du Secret de Notre-Dame de Fatima confié aux voyants le 13 juillet 1917. À ma connaissance, vous n’en avez jamais parlé. Elle rapporte une vision d’Apocalypse où «  un Ange avec une épée de feu à la main gauche  » se tient «  à gauche de Notre-Dame  ». Cette épée «  scintillait, émettait des flammes qui paraissaient devoir incendier le monde, mais elles s’éteignaient au contact de l’éclat que, de sa main droite, Notre-Dame faisait jaillir vers lui.  »

Cette intervention de la Vierge Marie fut manifeste en 2013, l’année de votre avènement. Le lundi 9 septembre, à l’initiative diplomatique de Vladimir Poutine, l’Occident renonçait à bombarder la Syrie, moyennant la destruction des armes chimiques de Bachar el-­Assad. Mais c’était le fruit du chapelet récité en votre présence, à votre initiative, Très Saint Père, place Saint-Pierre le samedi 7 septembre, premier samedi du mois, et vigile de la Nativité de Marie.

En septembre 2015, l’intervention militaire russe en Syrie a de nouveau sauvé le régime de Bachar el-Assad et changé le cours de la guerre. Vingt-six missiles kalibr, tirés de la mer Caspienne, ont détruit onze cibles de l’État islamique en Syrie… C’était le 7 octobre, en la fête de Notre-Dame du Rosaire  !

En décembre 2016, c’est encore la Russie qui a été l’instrument de l’Immaculée Conception écartant de sa main virginale l’épée de feu, par un renversement des alliances… miraculeux  ! Erdogan était complice de l’État islamique, s’en voyant déjà le sultan, à condition de renverser Bachar el-Assad à Damas  ! Mais en plus de la menace grandissante d’un Kurdistan indépendant, capable de briser l’unité territoriale de la Turquie, Erdogan a dû faire face à un coup d’État dramatique le 15 juillet. On a dit que la CIA avait ourdi le complot pour abattre Erdogan en soudoyant Fethullah Gülen et sa secte islamiste, ancienne alliée de l’AKP, le précédent parti présidentiel.

Ce qui est sûr, c’est que les services russes ont tiré le président turc de ce très mauvais pas. Depuis, Erdogan et Poutine ont mené de conserve, avec l’Iran, des négociations de paix en Syrie avec les «  rebelles  », qui ont abouti… le 8 décembre 2016, en la fête de l’Immaculée Conception  !

Touchant l’Iran, le plan d’action global (PAGC) conclu le 14 juillet 2015 avec les puissances du groupe 5 + 1 (États-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne), est entré en vigueur le 16 janvier 2016. L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) vérifie et contrôle la mise en œuvre par l’Iran des engagements pris. Celui-ci semblait donner toute satisfaction et cependant le lancement d’un missile par l’Iran remet peut-être en cause le PAGC. Et de toute façon, le maintien de ce régime de sanctions, même si elles sont suspendues, pénalise les relations économiques de Téhéran avec le reste du monde, les banques hésitant à travailler avec l’Iran.

À l’encontre du risque d’escalade entre Washington et Téhéran, et pour donner une prédominance médiatrice à la Russie, pays chrétien, sur la puissance musulmane perse, votre intervention, Très Saint Père, par sa consécration au Cœur Immaculé de Marie, serait décisive.

De même, en ce qui concerne la Corée du Nord qu’aucun accord international ne contrôle lorsque son leader affirme que son pays en est «  aux dernières étapes avant le lancement test d’un missile balistique intercontinental  ». C’est l’héritage, en ligne directe, des «  erreurs de la Russie  ». Le “ seul antimissile ” qui tienne, en ce péril extrême, est… encore et toujours la consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie  ! Il n’y a pas de plus pressante intention de prière à donner à notre pèlerinage jubilaire.

La paix du monde dépend de vous, Très Saint Père, de vous seul, de votre obéissance au Cœur Immaculé de Marie. L’acte de consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie ne sera pas une ingérence dans les affaires de ce pays, mais un acte de pure obéissance à la Très Sainte Vierge, à qui la Russie est confiée depuis mille ans. Notre-Seigneur l’a dit à Lucie qui lui demandait pourquoi «  il ne convertirait pas la Russie sans que sa Sainteté fasse cette consécration  ».

Notre-Seigneur répondit  : «  Parce que je veux que toute mon Église reconnaisse cette consécration comme un triomphe du Cœur Immaculé de Marie, afin d’étendre ensuite son culte et placer, à côté de la dévotion à mon Divin Cœur, la dévotion à ce Cœur Immaculé.

 Mais, mon Dieu, dis-je, le Saint-Père ne me croira pas, si vous ne le mouvez vous-même par une inspiration spéciale.

– Le Saint-Père  ! Priez beaucoup pour le Saint-Père. Il la fera, mais ce sera tard. Cependant le Cœur Immaculé de Marie sauvera la Russie, elle lui est confiée.  »

Dans vos vœux à la Curie romaine, Très Saint Père, vous vous êtes plaint de la «  résistance cachée  » et «  malveillante  » que vous percevez dans les rangs de vos propres collaborateurs, suscitée par «  le démon qui inspire des mauvaises intentions, souvent dans des habits d’agneau  ». Vous ne pouviez mieux dire pour qualifier la «  résistance cachée  » et «  malveillante  » aux volontés de la Très Sainte Vierge elle-même, telle que cette résistance s’est manifestée lors du Congrès international [anti] marial organisé par la PAMI à Fatima en septembre 2016. On la perçoit jusque dans le communiqué qui annonce votre volonté d’accorder l’indulgence plénière aux pèlerins de Fatima. Le texte précise que cette indulgence est «  christologique  ». C’est pourquoi «  le diocèse de Leiria-Fatima recommande de participer activement à une célébration ou à une prière, en l’honneur de la Vierge Marie, de prier le Notre Père, de réciter le Credo, et d’invoquer la Vierge Marie  ». Nous retrouvons ici cette maligne omission du chapelet, âprement discutée au Concile et finalement ratifiée dans la Constitution conciliaire Lumen gentium (n° 68). C’est vraiment une victoire du diable contre «  la Femme  » descendue du Ciel à six reprises, il y a cent ans, tous les treize du mois, de mai à octobre, pour demander «  qu’on récite le chapelet tous les jours  ».

Vos prédécesseurs, de Jean XXIII à Benoît XVI, ont éludé la consécration de la Russie et la dévotion réparatrice au Cœur Immaculé de Marie. Sous votre pontificat, “ on ” élude le chapelet  !

Autant dire qu’on vous prive du seul et ultime moyen que Dieu vous offre de mener à bien la gigantesque “ réforme ” que vous avez entreprise pour le salut de l’Église et du monde. Absit  !

frère Bruno de Jésus-Marie.