La Contre-Réforme catholique au XXIe siècle
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La Contre-Réforme Catholique au XXIe siècle

IL EST RESSUSCITÉ !

N° 173 – Mars 2017

Rédaction : Frère Bruno Bonnet-Eymard


TROISIÈME SUPPLIQUE AU PAPE FRANÇOIS

Maison Saint-Joseph, le samedi 4 mars 2017,
premier samedi du mois.

Notre-Dame de Fatima par frère Henry

«   Récitez le chapelet tous les jours.   »

Très Saint Père,

Vous ne me répondez pas. J’en conclus, en vertu de l’adage, “ Qui ne dit mot consent ”, que vous allez faire ce que la Sainte Vierge vous demande. Cependant, je reviens vers vous, tel la veuve importune de la parabole (Lc 18, 1-8) que vous nous avez donnée en exemple  : «  Si la veuve est parvenue à faire plier le juge malhonnête avec ses requêtes insistantes, combien plus  », me dis-je, notre Saint Père le pape, «  qui est un Père bon et juste, fera “ justice à ses enfants, qui crient vers lui jour et nuit ”; et bien plus, il ne les fera pas “ attendre ”, mais il agira “ bien vite ”.  » (mercredi 25 mai 2016)

Je l’espère, avec la confiance que m’inspirent vos catéchèses sur la vertu d’espérance, vertu théologale dont Notre-Dame de Fatima est la mère, Mère de la Sainte Espérance.

Avant votre avènement, on ne méditait pas assez sur l’espérance, on ne vivait pas assez d’actes d’espérance, comme si on se l’était fait “ voler ”, selon votre expression tellement vraie et parlante  !

Il faut dire que notre Péguy en avait fait une “ petite ” vertu, coincée entre les grandes vertus de foi et de charité. Depuis, elle reste un peu en arrière. Mais maintenant que vous en parlez chaque mercredi, elle retrouve toute sa place en même temps qu’elle ranime notre ardeur à invoquer la Vierge, notre Secours, comme Mère de la Sainte Espérance qui «  ne déçoit pas  », avez-vous affirmé d’emblée (7 décembre 2016).

Marie est la fille d’Abraham, dont vous nous rappeliez qu’il avait espéré contre toute espérance (28 décembre).

Elle-même, pour sa part, fut remplie d’espérance tout au long de sa vie terrestre, in hac lacrimarum valle, en cette vallée de larmes. Cette espérance lui était dictée par sa connaissance sans pareille de la Sainte Écriture.

Parce qu’elle était l’Immaculée Conception, elle avait une horreur du péché égale à celle de Dieu lui-même, et tout l’élan de son Cœur Immaculé la portait à espérer la venue du Sauveur promis, vainqueur de Satan. Au point de le “ concevoir ” dans son esprit avant de lui ouvrir ses entrailles.

Avec Sara, la femme d’Abraham, elle se réjouit d’avance à la pensée de la naissance à venir de l’enfant de la promesse. En méditant le récit de la rencontre de Rebecca avec Éliézer, Elle se prépare à recevoir la visite de l’ange Gabriel envoyé par notre très chéri Père Céleste, pour donner au Verbe, son Fils, une Mère-Épouse, en laquelle prendre chair et ne faire avec Elle qu’une seule chair. En contemplant Abigaïl se précipiter au-devant de David afin d’intercéder pour toute sa maison, elle dispose son Cœur Immaculé à être le refuge des pécheurs, à qui Dieu voulait confier tout l’ordre de la miséricorde.

Ainsi lit-elle partout dans la création son Nom écrit par un Dieu amoureux, non seulement sur le parchemin des Saintes Écritures, mais sur les arbres, sur les pierres et les rochers, sur tout ce qu’elle rencontre, et jusqu’à sa propre chair en laquelle «  le Verbe s’est fait chair, et il a habité parmi nous  ».

Ah  ! Très Saint Père, à la pensée de votre pèlerinage à la Cova da Iria maintenant tout proche, de nos cœurs d’enfants de Marie jaillit la louange de l’Étoile de la mer, de l’Astre du matin, de l’Aurore annonciatrice du salut pour le marin en mer, au «  matin  » des derniers temps, aux «  aurores  » du salut se levant sur «  le peuple qui marchait dans les ténèbres  » (Is 9, 11), à savoir nous autres, vos enfants, Très Saint Père  ! À Fatima, depuis cent ans, la Vierge Marie précède et annonce l’avènement de son Fils, comme l’aurore précède le lever du soleil.

Or, que nous dit-elle, de la première à la sixième et dernière apparition, du 13 mai au 13 octobre  ?

«  Récitez le chapelet tous les jours pour obtenir la paix pour le monde et la fin de la guerre.  » (13 mai 1917)

La raison de ce “ commandement ” nous est donnée par sa confidente  : «  Par le moyen des mystères que nous remémorons à chaque dizaine, la récitation du chapelet nourrit et augmente dans les âmes la foi, l’espérance et la charité  », nous dit sœur Lucie.

«  Je veux que vous récitiez le chapelet tous les jours.  » (13 juin), «  Je veux  » (13 juillet), «  Je veux  » (19 août). «  Je veux  »  : Celle qui dit dans le Ciel «  Je veux  », exprime à l’évidence la volonté divine. C’est pourquoi sœur Lucie disait  :

«  Cette prière (du chapelet) n’est pas exclusivement mariale  ; plus encore, elle est une prière biblique et eucharistique, adressée à la très Sainte Trinité. À chaque dizaine, nous récitons le “ Gloire au Père, au Fils et au Saint-Esprit ”, et le “ Notre Père ” que le Christ nous a enseigné comme prière afin que nous nous adressions avec confiance au Père. Et nous récitons aussi l’ “ Ave Maria ” qui est aussi une louange et une supplication à Dieu par l’intercession de Marie.  »

Le 13 septembre, Notre-Dame dit  : «  Continuez à réciter le chapelet pour obtenir la fin de la guerre.  »

Elle ne dit pas  : «  Si vous combattez bien, si vous reprenez courage.  » Elle dit  : «  Si vous récitez le cha­pelet  », condition et cause première de tous les biens de l’Église  : «  Par cette insistance, explique Lucie, Notre-Dame nous indique qu’il nous est grandement nécessaire de prier pour obtenir la grâce de la paix entre les nations, dans les peuples, les familles, les foyers, les consciences et entre Dieu et les âmes.  »

Elle ne dit pas que la paix viendra de la “ liberté religieuse ”  ! au contraire  : elle viendra de la récitation inlassable du chapelet et de rien d’autre  : «  Il n’y a pas de difficultés dont le chapelet ne puisse nous donner la solution pour arriver à une paix véritable et juste, mais pour l’obtenir, il est nécessaire de prier.  » Et une seule manière de prier  : le chapelet.

Il faut vous dire en face, Très Saint Père, que vos prédécesseurs sont restés sourds à cet appel… et le salaire de cette indocilité a été la Deuxième Guerre mondiale et ses séquelles jusqu’aujourd’hui, dont sœur Lucie tenta en vain d’avertir un Pie XI sourd et aveugle.

Tandis que vous avez fait l’expérience de la puissance du chapelet que vous avez fait réciter en 2013, le 7 septembre, puisque la médiation de la Russie a obtenu, le 9, que Bachar el-Assad détruise ses armes chimiques. Depuis, la guerre a repris, meurtrière, mais il ne tient qu’à vous. En 1970, sœur Lucie apprenait qu’ «  en Argentine, s’est fondé récemment un institut séculier, l’association Notre-Dame de Fatima, dont le but est cet apostolat (du chapelet). On se rassemble sur les places et on récite le Rosaire avec le peuple  ; de grandes foules, dit-on. On va aussi le réciter dans les hôpitaux, dans les prisons. On raconte que tous prient avec une ferveur incroyable. Les évêques en sont si contents, que le Saint-Siège a permis aux fondatrices de venir m’en parler.  »

Aujourd’hui un Argentin fait pape peut répondre pleinement à l’appel de sœur Lucie, écho fidèle de celui du Cœur Immaculé de Marie. Elle conclut en effet cette lettre à son confident dom Umberto Maria Pasquale par ces mots  : «  Je vous dis ces choses pour que vous voyiez les fruits que peut produire le Rosaire. Je crois qu’avec les moyens que Dieu vous a mis entre les mains, vous pouvez en faire autant et même plus. Le rosaire est l’arme la plus puissante pour nous défendre sur le champ de bataille.

«  Je prie pour vous, pour que le Seigneur vous donne encore assez de vie, assez de force et de courage pour mener à terme et avec succès cet apostolat.  »

Telle sera, Très Saint Père, l’intention principale de notre pèlerinage jubilaire à Fatima, en mai prochain, sur vos traces. Obtenir que vous recommandiez cette dévotion réparatrice des premiers samedis du mois qui incitera les fidèles à la pratique des sacrements de Pénitence et d’Eucharistie inséparable de la récitation du chapelet, prière eucharistique et trinitaire, comme le donne à comprendre et méditer le quart d’heure de méditation que Notre-Dame a demandé de leur joindre. N’avez-vous pas dit vous-même qu’Elle était au-dessus du Pape  ? C’est ce qui me donne la hardiesse d’oser supplier Votre ­Sainteté d’obéir à Notre-Dame, notre Mère à tous, à jamais. Il y va du salut des âmes et de la paix du monde  !

frère Bruno de Jésus-Marie.