La Contre-Réforme catholique au XXIe siècle
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La Contre-Réforme Catholique au XXIe siècle

IL EST RESSUSCITÉ !

N° 174 – Avril 2017

Rédaction : Frère Bruno Bonnet-Eymard


QUATRIÈME SUPPLIQUE AU PAPE FRANÇOIS

«   Je viendrai demander la consécration de la Russie à mon Cœur Immaculé et la communion réparatrice des premiers samedis. Si on écoute mes demandes, la Russie se convertira et on aura la paix. Sinon, elle répandra ses erreurs à travers le monde, provoquant des guerres et des persécutions contre l’Église. Les bons seront martyrisés, le Saint-Père aura beaucoup à souffrir.   » ( Notre-Dame de Fatima, le 13 juillet 1917 )  © Osservatore romano.

Maison Saint-Joseph, samedi 25 mars 2017,
en la fête de l’Annonciation.

Très Saint-Père,

Je reviens vers vous une quatrième fois, au risque de vous importuner, mais, cette “ Espérance ” que vous nous prêchez le mercredi dans vos audiences générales m’y contraint, pour ainsi dire, contre toute espérance.

Il me faut me plaindre à vous de vous-même, du silence obstiné que vous opposez à mes supplications. Je ne vous demande pourtant rien pour nous-mêmes, Petits frères et Petites sœurs du Sacré-Cœur. Mais je vous supplie d’obéir à Notre-Dame, notre Mère à tous à jamais  !

Notre-Dame est venue, il y a cent ans, à Fatima, pour avertir le monde par le témoignage de trois enfants innocents que Dieu, Notre-Seigneur, était «  trop offensé  » et qu’il fallait, de toute urgence, faire «  pénitence  », nous convertir par le moyen de la dévotion à son Cœur Immaculé.

Pour établir dans le monde cette dévotion, Notre-Dame a demandé que le Saint-Père recommande la dévotion réparatrice des cinq premiers samedis du mois, et qu’il consacre, en union avec tous les évêques du monde, la Russie à son Cœur Immaculé. Parce que vos prédécesseurs n’en ont rien fait, c’est à vous, pape François, que ces demandes s’adressent aujourd’hui  ! Il y va du salut des âmes et de la paix du monde.

L’urgence redouble depuis la révélation du grand “ Secret ” confié par Notre-Dame à Lucie, François et Jacinthe le 13 juillet 1917, et publié dans son intégralité depuis le 26 juin 2000. Ce jour-là, le pape Jean-Paul II a rendu publique la troisième partie rédigée par sœur Lucie le 3 janvier 1944  :

«  Après les deux parties que j’ai déjà exposées, écrit-elle, nous vîmes à gauche de Notre-Dame, un peu plus haut, un Ange avec une épée de feu à la main gauche  ; elle scintillait, émettait des flammes qui paraissaient devoir incendier le monde  ; mais elles s’éteignaient au contact de l’éclat que, de sa main droite, Notre-Dame faisait jaillir vers lui.

«  L’Ange, désignant la terre de sa main droite, dit d’une voix forte  :

«  “ Pénitence, Pénitence, Pénitence  ! ”  »

Le 13 octobre 1917, après la dernière apparition de Notre-Dame à la Cova da Iria, marquée par le «  miracle du soleil  », la petite Lucie fit écho à cet appel en criant «  avec un grand enthousiasme et une grande foi  », raconte le docteur Mendès qui l’avait prise dans ses bras pour la porter jusqu’à la route  : «  Faites pénitence  ! Faites pénitence  ! Notre-Dame veut que vous fassiez pénitence. Si vous faites pénitence, la guerre finira.  »

«  Elle paraissait inspirée, raconte un témoin. C’était vraiment impressionnant de l’entendre. Sa voix avait des intonations comme la voix d’un grand prophète.  »

Une petite fille de dix ans était le porte-parole de l’oracle divin  ! L’armistice de 1918 l’accomplira bientôt. Est-ce la paix universelle et définitive, comme beaucoup l’annoncent  ? Tel était bien le projet de Dieu, à condition «  que l’on n’offense pas davantage Dieu, Notre-Seigneur, car il est déjà trop offensé  !  » implorait Notre-Dame le 13 octobre 1917.

Mais le monde retourna au mal qui le dévore, le péché. La deuxième partie du Secret du 13 juillet, conditionnelle, annonçait de nouveaux et terribles châtiments si le monde ne se convertissait pas. Comment pouvez-vous dire et répéter, Très Saint-Père, que le Bon Dieu ne châtie pas  ? alors que cette menace était de­venue réalité lorsque cette partie du Secret fut révélée en 1942  ! Et qu’aujourd’hui de nouveaux malheurs publics, tremblements de terre en Italie, ressentis par vous-même à Rome, et guerres se multiplient à travers le monde, même si c’est «  par morceaux  », selon votre expression.

«  Pour empêcher cela, avait annoncé Notre-Dame, je viendrai demander la consécration de la Russie à mon Cœur Immaculé et la communion réparatrice des premiers samedis du mois.  »

Ma question est  : Qu’attendez-vous pour ordonner aux évêques de con­sacrer la Russie au Cœur Immaculé de Marie et pour instituer cette communion ­réparatrice  ?

Votre déni de la réalité des châtiments divins qui punissent dès ici-bas par guerres et catastrophes naturelles les péchés des peuples, pour les inciter à la conversion et les rendre capables de jouir de la Miséricorde que vous prêchez si bien, après en avoir reconnu et accepté humblement la Justice, me fait vous soupçonner d’être tombé dans l’erreur de l’apocatastase, selon laquelle, à la fin, toutes les âmes se retrouveront au Ciel. Moyennant un temps de châtiment après la mort, “ l’enfer ” disparaîtra et toutes les âmes, sans exception, intégreront le Ciel. C’est ce que votre fréquente défense et illustration de Judas laisse entendre à l’encontre de cette parole de Notre-­Seigneur que vous ne pourrez jamais effacer de la Sainte Écriture  : «  Il eût mieux valu pour cet homme qu’il ne fût jamais né.  » (Mc 14, 24) Jésus n’aurait jamais dit cela si Judas devait un jour se retrouver au Ciel, fût-ce à la fin du monde  !

Le 13 juillet 1917, Notre-Dame venait de dire  : «  Sacrifiez-vous pour les pécheurs et dites souvent à Jésus, spécialement lorsque que vous ferez un sacrifice  :

“ Ô Jésus, c’est par amour pour Vous, pour la conversion des pécheurs, et en réparation pour les péchés commis contre le Cœur Immaculé de Marie. ”  »

Lucie raconte  :

«  En disant ces dernières paroles, elle ouvrit de nouveau les mains, comme les deux derniers mois. Le reflet de la lumière parut pénétrer la terre et nous vîmes comme un océan de feu. Plongés dans ce feu nous voyions les démons et les âmes des damnés.

«  Celles-ci étaient comme des braises transparentes, noires ou bronzées, ayant formes humaines. Elles flottaient dans cet incendie, soulevées par les flammes qui sortaient d’elles-mêmes, avec des nuages de fumée. Elles retombaient de tous côtés, comme les étincelles dans les grands incendies, sans poids ni équilibre, au milieu des cris et des gémissements de douleur et de désespoir qui horrifiaient et faisaient trembler de frayeur. C’est à la vue de ce spectacle que j’ai dû pousser ce cri  : “ Aïe  ! ” que l’on dit avoir entendu de moi. Les démons se distinguaient des âmes des damnés par des formes horribles et répugnantes d’animaux effrayants et inconnus, mais transparents comme de noirs charbons embrasés.

«  Cette vision ne dura qu’un moment, grâce à notre bonne Mère du Ciel qui, à la première apparition, nous avait promis de nous emmener au Ciel. Sans quoi, je crois que nous serions morts d’épouvante et de peur.

«  Effrayés, et comme pour demander secours, nous levâmes les yeux vers Notre-Dame qui nous dit avec bonté et tristesse  :

«  Vous avez vu l’enfer où vont les âmes des pauvres pécheurs. Pour les sauver, Dieu veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur Immaculé.

«  Si on fait ce que je vais vous dire, beaucoup d’âmes se sauveront et on aura la paix.

«  La guerre va finir. Mais si on ne cesse d’offenser Dieu, sous le règne de Pie XI en commencera une autre pire. Quand vous verrez une nuit illuminée par une lumière inconnue, sachez que c’est le grand signe que Dieu vous donne qu’il va punir le monde de ses crimes, par le moyen de la guerre, de la famine et des persécutions contre l’Église et le Saint-Père.

«  Pour empêcher cela, je viendrai demander la consécration de la Russie à mon Cœur Immaculé et la Communion réparatrice des premiers samedis du mois. Si l’on écoute mes demandes, la Russie se convertira et l’on aura la paix. Sinon elle répandra ses erreurs à travers le monde, provoquant des guerres et des persécutions contre l’Église. Les bons seront martyrisés, le Saint-Père aura beaucoup à souffrir, plusieurs nations seront anéanties.  »

Cet effrayant châtiment, déclenché «  sous le règne de Pie XI  », et accompli par la Seconde Guerre mondiale, n’a plus cessé de développer ses ravages, jusqu’aujourd’hui parce qu’ «  on ne cesse d’offenser Dieu  ».

Très Saint-Père, je ne sais comment m’y prendre avec vous pour vous supplier

de recommander la dévotion réparatrice des cinq premiers samedis du mois,

de consacrer la Russie au Cœur Immaculé de Marie.

Notre-Dame n’attend que cela pour faire des miracles étonnants. Il n’y a rien de plus certain  !

L’enfer existe, Très Saint-Père, et nous pouvons y tomber, vous et moi  ! Et tant d’âmes, par notre faute, parce que nous n’avons pas prié ni offert de sacrifices pour elles  ! Mais la Sainte Vierge a promis d’assister, à l’heure de la mort, avec toutes les grâces pour le salut de leurs âmes, les personnes qui auront pratiqué la dévotion réparatrice des cinq premiers samedis.

Quant à la consécration de la Russie, elle remplacera la «  méthode de l’uniatisme  » que vous avez reniée, lors de votre rencontre à La Havane avec le patriarche Cyrille, le 12 février 2016. Accompli avec tous les évêques, cet acte sera le moyen d’établir dans le monde la dévotion au Cœur Immaculé de Marie en amenant les âmes à une consécration totale, qui les conduira à se convertir, à se donner, à vénérer avec amour le Cœur Immaculé de Marie.

Sœur Lucie compare cette conversion à la consécration du pain et du vin qui les change en corps et sang de Jésus-Christ, à la Messe, et à la transformation du sang du Cœur de Marie en sang et en Corps de son Fils. Pour «  toucher le Corps du Christ  », en notre prochain, comme vous ne cessez de le faire vous-même, Très Saint-Père, et de nous encourager à vous imiter, il faut que ce cher prochain soit lui-même incorporé au Christ.

C’est l’œuvre de la consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie, et par elle, du monde entier.

C’est ainsi que le Cœur Immaculé de Marie forme de son sang le nouveau lignage promis à nos premiers parents après leur chute originelle  : «  Dieu a donné ce refuge et ce chemin à toute l’humanité dès le commencement, aussitôt après la chute du péché originel  », écrit sœur Lucie dans le manuscrit original des Apelos, au chapitre de L’Appel à la dévotion au Cœur Immaculé de Marie, après avoir rappelé la promesse entendue lors de l’apparition du 13 juin 1917  : «  Mon Cœur Immaculé sera ton refuge et le chemin qui te conduira jusqu’à Dieu.  »

Elle continue  :

«  Le Seigneur a dit au démon qui avait tenté les premiers êtres humains et les avait amenés à désobéir à Dieu  : “ Je ferai régner une inimitié entre toi et la femme, entre ton lignage et le sien. Il t’écrasera la tête et tu l’atteindras au talon. ” (Gn 3, 15)

«  C’est la nouvelle descendance de cette femme, annoncée par Dieu, qui régnera dans la lutte contre la postérité de Satan jusqu’à lui écraser la nuque.

«  Elle est comme un nouvel arbre de vie, planté par Dieu dans le jardin du monde pour que tous ses enfants puissent se nourrir de ses fruits. C’est du cœur de leur mère que les enfants reçoivent la vie naturelle, leur premier souffle, le sang qui va former leur être, les battements de leur cœur, comme s’il [le cœur de leur mère] était le mécanisme d’une horloge qui actionnerait une autre pendule. Le cœur de la mère est donc le cœur de son enfant, et le Cœur de Marie est le cœur de cette nouvelle lignée qui a pour premier fruit  : le Christ, le Verbe de Dieu  ! Et c’est de ce fruit que tout le lignage du Cœur Immaculé doit se nourrir  », selon la parole de Jésus à Capharnaüm  :

«  “ Qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui. De même que le Père, qui vit, m’a envoyé, de même celui qui me mange vivra, lui aussi, par Moi. ” (Jn 6, 48; 56-57)

«  Ainsi, vivre par le Christ, c’est vivre par Marie, parce que le corps et le sang du Christ c’est le sang du Cœur de Marie.

«  Ce fut dans ce cœur, comme en un premier tabernacle que le Père a enfermé son Fils, ce cœur fut le premier ostensoir qui l’a abrité, et ce fut le sang de ce Cœur Immaculé qui a fourni au Fils de Dieu sa vie et son être naturel. Et c’est de cette vie, puisée dans le Cœur de Marie, que nous recevons tous “ grâce sur grâce ” (Jn 1, 16).

«  Tel est bien le lignage de cette Femme admirable  : le Christ en Lui-même et dans son Corps mystique, et Marie est la mère de ce corps destiné par Dieu à écraser la tête du serpent infernal.  »

C’est pourquoi il nous est à peine supportable, bien-aimé et Saint-Père, de vous voir célébrer la révolte de Luther, et vous rendre à la synagogue ou à la mosquée de votre pas «  vacillant  », selon l’expression pathétique du grand “ secret ” de Notre-Dame de Fatima. Au lieu de vous en prendre au «  prosélytisme  » des missionnaires catholiques, il est urgent de condamner le nouveau «  droit  » concédé par le Concile à toute conscience erronée de répandre dans la société n’importe quelle religion.

Tel était le «  point focal  » de l’opposition irréductible de l’abbé de Nantes, notre Père, au concile Vatican II. Il n’a jamais été question de contraindre quiconque à croire. Mais l’Église catholique a toujours enseigné, jusqu’au concile Vatican II exclusivement, que le pouvoir civil a le devoir de proscrire la pratique extérieure des fausses religions. Depuis saint Justin jusqu’au cardinal Wyszynski, l’Église a toujours revendiqué la liberté chrétienne, non pas au nom des droits de l’homme, mais au nom de l’autorité divine et des droits historiques de l’Église catholique à conduire au salut l’homme créé pour aimer et servir Dieu. En procurant à l’âme fidèle la grâce de la liberté intérieure et l’aide extérieure de la loi, l’Église agit comme une mère, par amour  :

«  C’est l’amour qui incite les mères à donner tant de soins à leurs enfants au berceau, écrit sœur Lucie, c’est l’amour qui les pousse à se sacrifier, à se dévouer pour eux, à toujours courir à leur secours.  »

Mais vous, Très Saint-Père, permettez-moi de vous le dire en face, vous faites tout le contraire. Vous courez jusqu’à l’île Lesbos, en mer Égée, pour ramener dans votre avion des réfugiés musulmans, qui ne sont pas (encore) vos enfants, de préférence à des chrétiens.

«  Tous les enfants ont confiance en leur mère, continue sœur Lucie, et tous savent qu’ils ont une place de prédilection dans son cœur qui les aime intimement.  » Mais elle parle de «  la Sainte Vierge qui nous dit  : “ Mon Cœur Immaculé sera ton refuge et le chemin qui te conduira jusqu’à Dieu. ”  »

Pour ce qui est de vous, la «  révolution de la tendresse  » que vous opérez dans une Église transformée en marâtre depuis le Concile, cette «  miséricorde  » ne profite, à l’intérieur de notre famille, qu’à ceux qui sont en marge, par exemple lorsque vous souhaitez que l’on admette les divorcés remariés à la Sainte Communion. Ou lorsque vous recevez en tête à tête le Père David Gréa, curé de l’église Sainte-Blandine à Lyon qui annonce à ses paroissiens, dans une lettre publique, avoir «  commencé à construire une relation avec une femme  ». Vous l’avez reçu et il écrit dans sa lettre  : «  Le Pape m’a écouté avec bienveillance et a honoré ma démarche d’intégrité  ». Tandis que je n’ai toujours pas reçu le moindre signe de vie en réponse à mes suppliques.

«  Le Cœur Immaculé de Marie est donc, pour tous ses enfants, le refuge et le chemin qui conduit vers Dieu.  » Heureusement qu’Elle est là  !

«  C’est le lien qui unit tous les enfants dans le cœur de leur mère, c’est là qu’on écoute l’écho de la parole du Père parce que Dieu a enfermé dans le Cœur de Marie sa Parole qui est son Verbe, et c’est de cette Parole que nous vient la Vie  : “ Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi et qu’il boive, celui qui croit en moi  ! Selon le mot de l’Écriture  : De son sein couleront des fleuves d’eau vive. ”  » (Jn 7, 37-38)

LES «  DEMANDES  » DE LA MADONE

Dans un entretien avec les supérieurs généraux, le 25 novembre 2016, vous avez répondu à la question  :

«  Pourquoi avoir choisi trois thématiques mariales pour les trois prochaines Journées mondiales de la jeunesse qui conduiront aux Journées mondiales de Panama  ?

 Ce n’est pas moi qui ai choisi les thématiques mariales pour les trois prochaines Journées  ! Depuis l’Amérique latine, ils ont émis cette demande  : une forte présence mariale. Il est vrai que l’Amérique latine est très mariale et cela m’a semblé être une très bonne chose. Je n’ai pas eu d’autres propositions, et j’étais satisfait ainsi. Mais la vraie Madone  ! Pas une Madone à la tête d’un bureau de poste qui envoie chaque jour une lettre différente, en disant  : “ Mes fils, faites ceci, et puis le lendemain, faites cette autre chose. ” Non, pas celle-là. La véritable Madone est celle qui engendre Jésus dans notre cœur, celle qui est Mère. Cette mode de la Madone superstar, comme un personnage qui se place lui-même au centre, n’est pas catholique.  »

Certes, à Medjugorje qui n’est toujours pas con­damné  ! Mais vous pensez bien que si à Fatima la Sainte Vierge dit  : «  Je veux  », c’est parce qu’elle exprime la volonté de son Fils. Ne vous élevez pas contre Dieu, Très Saint-Père  !

«  Le moment est venu où Dieu demande au Saint-Père de faire, en union avec tous les évêques du monde, la consécration de la Russie à mon Cœur Immaculé, promettant de la sauver par ce moyen.

«  Elles sont si nombreuses les âmes que la justice de Dieu condamne pour des péchés commis contre moi, que je viens demander réparation. Sacrifie-toi à cette intention et prie.  » (13 juin 1929, à Tuy)

Au début de 1930, Notre-Seigneur fait savoir à sa messagère que les deux demandes de la consécration de la Russie et de la dévotion réparatrice doivent être adressées conjointement au Saint-Père lui-même.

Le Père Gonçalves, mis au courant, ordonne à sœur Lucie de «  mettre tout cela par écrit  ».

Vers la fin du mois de mai, Lucie lui écrit  :

«  Si je ne me trompe, le Bon Dieu promet de mettre fin à la persécution en Russie, si le Saint-Père daigne faire, et ordonne aux évêques du monde catholique de faire également, un acte solennel et public de réparation et de consécration de la Russie aux très saints Cœurs de Jésus et de Marie, et si Sa Sainteté promet, moyennant la fin de cette persécution, d’approuver et de recommander la pratique de la dévotion réparatrice.  »

Mais toutes les démarches se heurtent à une fin de non-recevoir, et Jésus s’en plaint à Lucie en août 1931  : «  Fais savoir à mes ministres, étant donné qu’ils suivent l’exemple du roi de France en retardant l’exécution de ma demande, qu’ils le suivront dans le malheur. Jamais il ne sera trop tard pour recourir à Jésus et à Marie. ”  »

En 1936, dans des notes autobiographiques, sœur Lucie rappellera la révélation décisive d’août 1931  :

«  Plus tard, par le moyen d’une communication intime, Notre-Seigneur me dit en se plaignant  : “ Ils n’ont pas voulu écouter ma demande  !… Comme le roi de France, ils s’en repentiront, et ils le feront, mais ce sera tard. La Russie aura déjà répandu ses erreurs dans le monde, provoquant des guerres et des persécutions contre l’Église. Le Saint-Père aura beaucoup à souffrir. ”  »

Le 22 août 1939, la nouvelle du pacte germano-­soviétique éclatait comme une bombe. Le 1er septembre, Hitler envahissait la Pologne et, deux jours après, l’Angleterre entraînait la France à déclarer la guerre à l’Allemagne. Cette suite d’événements accomplissait le Secret de 1917 à la lettre. Cependant, la Vierge Marie avait annoncé que la guerre commencerait «  sous le règne de Pie XI  »; or ce Pontife avait rendu son âme à Dieu près de sept mois avant que l’armée allemande envahisse la Pologne.

Au Père Jongen qui lui fit l’objection, sœur Lucie répondit  : «  L’annexion de l’Autriche par l’Allemagne fut l’occasion de la guerre. Quand l’accord fut conclu, les sœurs jubilaient parce que la paix était sauvée. Moi, je savais bien mieux  !  »

En effet, l’heure est grave et sœur Lucie écrit le 24 octobre 1939  :

«  Le principal châtiment sera pour les nations qui ont voulu détruire le règne de Dieu dans les âmes. Le Portugal est lui aussi coupable et en souffrira quelque chose, mais le Cœur Immaculé de Marie le protégera  ; le Bon Dieu désire que le Portugal répare et prie pour lui-même et pour les autres nations. L’Espagne a été la première punie, elle a reçu son châtiment qui n’est pas encore terminé, et l’heure des autres sonne. Dieu est résolu à purifier dans leur sang toutes les nations qui veulent détruire son règne dans les âmes  ; et pourtant il promet de se laisser apaiser et de pardonner si l’on prie et fait pénitence.  »

La suite des événements, vous la connaissez, Très Saint-Père. Aujourd’hui, l’histoire se répète  : l’alliance de l’Iran avec la Russie menace la paix du monde, comme jadis le pacte germano-soviétique. Mais Dieu a toujours la même disposition d’accorder la grâce promise.

Ah  ! si vous pouviez satisfaire ses désirs, Très Saint-Père  ! Nous nous rendrons en pèlerinage, après vous, à Fatima, à cette intention.

frère Bruno de Jésus-Marie.