La Contre-Réforme catholique au XXIe siècle
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La Contre-Réforme Catholique au XXIe siècle

IL EST RESSUSCITÉ !

N° 176 – Juin 2017

Rédaction : Frère Bruno Bonnet-Eymard


LA CONFRONTATION DU PONTIFE ET DE LA VIERGE

À la différence de Paul VI qui, en 1967, pour le cinquantenaire, ne s’était même pas rendu au lieu des apparitions, à la Capelinha, François a commencé par là. Émouvante confrontation de notre «  Évêque vêtu de Blanc  » avec Notre-Dame de Fatima. Il lui adresse la parole avec une connaissance évidente de ses manifestations dont nous célébrons le centenaire  :

«  Salut Reine, Bienheureuse Vierge de Fatima, Dame au Cœur Immaculé, refuge et chemin qui conduit à Dieu  !

«  Pèlerin de la Lumière qui nous vient de tes mains, je rends grâces à Dieu le Père qui, en tout temps et en tout lieu, agit dans l’histoire humaine.  »

Cet exorde montre que non seulement le pape François connaît les dits et gestes de Marie à la Cova da Iria vus et entendus par Lucie, François et Jacinthe, et racontés par Lucie, mais il les tient pour une véritable intervention de Dieu dans l’histoire du vingtième siècle.

«  Pèlerin de la Paix qu’en ce lieu tu annonces, je loue le Christ, notre paix, et pour le monde je demande la concorde entre tous les peuples.  »

Réponse de la Vierge  :

«  Récitez le chapelet tous les jours pour obtenir la paix pour le monde et la fin de la guerre.  »

C’était le 13 mai 1917, il y a cent ans jour pour jour  ! Et le 13 juillet, cette Reine toute-puissante expliquait la raison de ce commandement nouveau  : «  Parce qu’Elle seule pourra vous secourir.  »

Mais le Pape continue, comme s’il n’avait pas entendu  : «  Pèlerin de l’Espérance que l’Esprit anime.  »

Réponse de la Sainte Vierge  : «  Je suis Notre-Dame de la Sainte Espérance, ne le sais-tu pas  ? Qu’est-ce que cet “ Esprit ” qui t’anime  ? Serait-il distinct de Celui qui est venu sur moi et dont la puissance m’a prise sous son ombre  ?  » (Lc 1, 35)

«  Oui, car je me veux prophète et messager pour laver les pieds à tous les hommes, à la même table qui nous unit.  »

«  Prophète  » et nouveau Messie, le pape François évoque par ces paroles la dernière Cène où Jésus «  se lève de table, dépose ses vêtements et, prenant un linge, il s’en ceignit. Puis il met de l’eau dans un bassin et il commença à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge dont il était ceint.  » (Jn 13, 4-5)

Geste d’esclave. Le Maître se fait esclave par amour des siens  : dans cet abaissement est déjà signifié le mystère de la Croix que Jésus va accepter de porter pour le salut du monde. Le lavement des pieds n’est pas un sacrement, mais le symbole du sacrifice fondateur de tous les sacrements, le sacrifice de la Croix. Avant de remonter au Ciel  ; Jésus ordonna à ses Apôtres  : «  Allez dans le monde entier, proclamez l’Évangile à toute la création. Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé  ; celui qui ne croira pas sera condamné.  » (Mc 16, 15-16)

Le pape François, «  prophète et messager pour laver les pieds à tous les hommes  » abolit cette alternative. A-t-il renoncé à les baptiser  ? Non pas, mais il ne fait plus du sacrement de baptême une condition du salut.

Mais alors, de quel pain compte-t-il nourrir «  à la même table qui nous unit  » ceux dont il aura seulement lavé les pieds  ? Car ce ne peut être celui de l’Eucharistie, aliment spirituel des seuls baptisés. À moins qu’il ne généralise «  l’hospitalité eucharistique  » à tous les hommes  ?

Dans ce cas, je comprends son laxisme vis-à-vis des divorcés remariés… Et son opposition sourde à la dévotion réparatrice des premiers samedis que nous lui demandons en vain de recommander, condition de salut posée par Notre-Dame de Fatima à Pontevedra…

«  Salut, Mère de Miséricorde, Dame au manteau blanc  ! En ce lieu où, il y a cent ans, tu as montré à tous les desseins de la Miséricorde de notre Dieu.  »

Le 13 juillet 1917, Elle a d’abord «  montré  » «  l’enfer où vont les âmes des pauvres pécheurs. Pour les sauver, Dieu veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur Immaculé. Si l’on fait ce que je vais vous dire, beaucoup d’âmes se sauveront et l’on aura la paix.  » Le pape François n’écoute pas plus que Paul VI ce qu’il doit faire pour sauver beaucoup d’âmes et avoir la paix.

«  Je regarde ton manteau de lumière et, en tant qu’évêque vêtu de blanc…  »,

«  traversant une grande ville à moitié en ruine  », mon Église, continue la Sainte Vierge, «  et, à moitié tremblant, d’un pas vacillant, affligé de douleur et de peine, il priait pour les âmes des cadavres  » qui gisent au fond de la Méditerranée, ou sur la promenade des Anglais à Nice. Mais François ne voit pas la «  grande ville à moitié en ruine  » qu’il «  traverse d’un pas vacillant  » au cours de ses incessants voyages.

«  … je me souviens de tous ceux qui, vêtus de la pureté baptismale, veulent vivre en Dieu et prient les mystères du Christ…  »

C’est-à-dire récitent le chapelet, pour le dire en clair, mais le mot est interdit depuis le concile Vatican II qui l’a rayé de son lexique.

«  … pour obtenir la paix  »… et le pardon de leurs péchés, comme je leur ai appris à le demander après chaque dizaine, murmure la Sainte Vierge  :

«  Ô mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés, préservez- nous du feu de l’enfer, et conduisez au Ciel toutes les âmes, surtout celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde.  »

Mais François n’écoute pas  :

«  Salut, vie et douceur, salut, notre espérance, ô Vierge pèlerine.  »

Je ne suis plus pèlerine, mon fils. «  Je suis du Ciel  !  »

«  Ô Reine universelle  !  »

Oui, je le suis, et c’est pourquoi je te demande de consacrer la Russie à mon Cœur Immaculé, car le monde entier est sous ma juridiction, et tel est mon bon plaisir. J’attends que le Pape daigne obéir à mes ordres.

«  Au plus profond de ton être, en ton Cœur Immaculé, vois les joies de l’être humain lorsqu’il est en pèlerinage vers la Patrie céleste.  »

Hélas  ! j’entends les cris et les gémissements de douleur et de désespoir de ceux qui tombent en Enfer, mais toi, François, tu iras au Ciel, à condition de faire dire beaucoup de chapelets, et recommander la dévotion réparatrice des premiers samedis afin d’entraîner beaucoup d’âmes avec toi.

«  Au plus profond de ton être, en ton Cœur Immaculé, vois les douleurs de la famille humaine qui gémit et pleure dans cette vallée de larmes.  »

C’est que le Bon Dieu est trop offensé, vois-tu. Ce qu’il faut, c’est les inviter à offrir toutes ces souffrances «  en acte de réparation pour les péchés par lesquels il est offensé, et de supplication pour la conversion des pécheurs  » comme je le demandais à Lucie le 13 mai 1917. Elle a aussitôt accepté au nom de tous les trois. «  Vous aurez alors beaucoup à souffrir  », lui ai-je répondu.

«  Au plus profond de ton être, en ton Cœur Immaculé orne-nous de la splendeur de tous les joyaux de ta couronne et fais de nous des pèlerins comme tu as été pèlerine.  »

Je dois les joyaux de ma couronne à mon très chéri Père Céleste qui m’a conçue au commencement de toutes ses œuvres. Il ne m’appartient pas de les communiquer, mon cher fils. Mais peux-tu gravir la «  montagne escarpée  » que j’ai moi-même gravie avec mon Fils, et entraîner «  les évêques, prêtres, religieux et religieuses, et divers laïcs, messieurs et dames de rangs et de conditions différentes jusqu’au pied de la grande Croix de tronc brut comme si elle était en chêne-liège avec l’écorce  », afin d’y boire le calice que j’y ai bu  ?

«  Par ton sourire virginal affermis la joie de l’Église du Christ.  »

À Fatima, cher fils, je n’ai pas souri, je ne pouvais pas. Dieu est tellement offensé  ! Et mon Cœur Immaculé est transpercé par les épines qui l’enserrent comme une couronne formée par les blasphèmes contre les “ joyaux ” de ma couronne royale, précisément  ! mon Immaculée Conception, ma virginité, ma maternité divine. «  Aie compassion du Cœur de ta Très Sainte Mère, entouré des épines que les hommes ingrats lui enfoncent à tout moment, sans qu’il y ait personne pour faire acte de réparation pour les en retirer.  »

«  Par ton regard de douceur, renforce l’espérance des enfants de Dieu. Par les mains orantes que tu élèves vers le Seigneur, unis tous les hommes dans une unique famille humaine.  »

«  Une seule Église, sainte, catholique, apostolique.  »

«  Ô clémente, ô pieuse, ô douce Vierge Marie, Reine du Rosaire de Fatima.  »

Si je suis ta Reine, comment peux-tu ne faire aucun cas de mes demandes… qui sont des ordres  ?  !

«  Fais-nous suivre l’exemple des bienheureux François et Jacinthe, et de tous ceux qui témoignent du message de l’Évangile.  »

François et Jacinthe étaient l’objet de desseins particuliers du Cœur de Jésus et de mon Cœur Immaculé.

«  Nous parcourrons, ainsi, toutes les routes, nous serons pèlerins sur tous les chemins, nous abattrons tous les murs et nous vaincrons toutes les frontières, en allant vers toutes les périphéries, en y révélant la justice et la paix de Dieu.  »

Telle n’était pas précisément la vocation de François et Jacinthe que je suis venue enlever au Ciel où il n’y a ni murs ni frontières, pour y être «  saints comme votre Père est Saint  ».

En revanche, tel fut le grand dessein du pape Paul VI qui voulait fonder sur terre le Mouvement d’animation spirituelle de la démocratie universelle  :

«  À l’heure actuelle, la fraternité s’impose  : l’amitié est le fondement de toute société humaine moderne. Il faut que la démocratie, à laquelle les groupes humains font tant appel de nos jours, s’ouvre à une conception universelle, de manière à renverser les barrières qui s’opposent à une fraternité humaine effective. Ces idées trouvent une large résonance dans le cœur des hommes d’aujourd’hui. Les jeunes, tout particulièrement, pensons-Nous, remarquent qu’elles constituent la vérité de l’avenir et s’appuient sur le développement irréversible de la civilisation. Nous sommes pour cette jeunesse qui aspire à faire du monde une maison ouverte à tous et non un réseau de tranchées organisé en vue d’une guerre implacable et d’une lutte continuelle.  » (Paul VI, Message de Noël 1964, Lettre à mes amis n° 200 du 25 mars 1965; p. 3).

«  Nous serons, dans la joie de l’Évangile, une Église vêtue de blanc, de la pureté blanchie dans le sang de l’Agneau versé aujourd’hui encore dans toutes les guerres qui détruisent le monde dans lequel nous vivons.  »

Est-ce là le fruit des paroles de Paul VI  ? «  Il n’y a plus d’isolement possible ni permis  : l’heure est venue de la grande solidarité des hommes entre eux pour l’établissement d’une communauté mondiale unie et fraternelle.  » (Aux Australiens, CRC n° 41, février 1971, p. 8).

Tu n’es donc pas «  prophète  », cher fils, pas plus que lui, en persévérant dans un même dessein qui fait la preuve depuis cinquante ans de sa nocivité en abolissant les frontières des nations chères à mon Cœur Immaculé  : le Portugal, la Russie… et la France renégate  ! et en détruisant ainsi la Chrétienté.

«  Et ainsi nous serons, comme Toi, une image de la colonne lumineuse qui éclaire les chemins du monde, en montrant à tous que Dieu existe, que Dieu est présent, que Dieu habite au milieu de son peuple, hier, aujourd’hui et pour toute l’éternité.  »

La «  colonne lumineuse  » éclairait le chemin des Hébreux dans le désert. Ainsi, cette prière s’achève par une profession de foi commune aux trois «  monothéismes  » qui était la grande pensée de Paul VI, ton Père spirituel.

«  Salut, Mère du Seigneur, Vierge Marie, Reine du Rosaire de Fatima  ! Bénie entre toutes les femmes, tu es l’image de l’Église vêtue de la lumière pascale, tu es l’honneur de notre peuple, tu es le triomphe sur l’assaut du mal.  »

À condition que tu obéisses à mes demandes, mon fils  !

«  Prophétie de l’Amour miséricordieux du Père, Maîtresse de l’Annonce de la Bonne Nouvelle du Fils, Signe du Feu ardent de l’Esprit-Saint, enseigne-nous, dans cette vallée de joies et de douleurs, les vérités éternelles que le Père révèle aux tout-petits.  »

«  Pénitence, pénitence, pénitence  !  »

«  Montre-nous la force de ton manteau protecteur. En ton Cœur Immaculé, sois le refuge des pécheurs et le chemin qui conduit à Dieu. Uni à mes frères, dans la Foi, dans l’Espérance et dans l’Amour, je me confie à Toi. Uni à mes frères, par Toi, je me consacre à Dieu.  »

Alors, obéis à SA volonté d’établir dans le monde la dévotion réparatrice des premiers samedis, à son commandement de consacrer à mon Cœur Immaculé la Russie qui se convertira.

«  Ô Vierge du Rosaire de Fatima. Et finalement, enveloppé dans la Lumière qui nous vient de tes mains, je rendrai gloire au Seigneur pour les siècles des siècles. Amen  !  »

frère Bruno de Jésus-Marie.

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