La Contre-Réforme catholique au XXIe siècle
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La Contre-Réforme Catholique au XXIe siècle

IL EST RESSUSCITÉ !

N° 178 – Août 2017

Rédaction : Frère Bruno Bonnet-Eymard


LA LIGUE

La Ligue

LOUIS ET ZÉLIE MARTIN
À LA MAISON… SAINTE-THÉRÈSE !

GRÂCE à la relation qu’en fit frère Étienne, réjouissons-nous de cet événement providentiel, surnaturel, au cœur de l’Église, en parfaite communion avec ses plus zélés ministres  : «  Le vendredi 30 juin vers 15 h 30, la voiture du Père Lessard, recteur du sanctuaire diocésain sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus à Québec, arrivait avec les précieuses reliques de Louis et Zélie Martin. Nos quatre plus jeunes frères ont porté le reliquaire de quatre-vingt-dix kilos en procession jusque dans notre chapelle. Celle-ci était archicomble, remplie de nos jeunes familles  ; les amis qui occupaient le narthex et le sous-sol suivaient la cérémonie sur grand écran.

«  Après un petit mot d’introduction de frère Pierre, le Père Lessard prit la parole. Il insista sur le fait que les parents Martin ont toujours mis Dieu à la première place dans leur vie  : “ Si la foi diminue comme de nos jours, la famille s’en ressent tout de suite, car elle vit de l’amour, qui vient de Dieu. ” Puis le Père a expliqué les gravures sur les quatre côtés du reliquaire, qui retracent toute la vie des saints époux. Enfin, il a fait le récit des deux miracles qui ont permis leur canonisation.

«  L’encensement de la châsse terminé, notre frère Prieur reprit la parole pour dire que la famille était une préparation du Ciel, si bien accomplie par Louis et Zélie Martin que tous leurs enfants sont entrés au couvent  ! L’amour humain sanctifié conduit à l’amour de Dieu, c’est toute la doctrine de notre Père…

«  Nous avons ensuite commencé le chapelet, chaque dizaine étant entrecoupée d’un cantique composé par sainte Thérèse, tandis que nous défilions au pied des reliques, pour confier toutes nos intentions. C’était très touchant de voir ainsi passer nos familles, des jeunes, des personnes âgées, des malades, tous très recueillis et pieux. Le Père Lessard et le curé de monsieur Caron en étaient très émus, ils n’avaient vu ça nulle part ailleurs. Même madame Gélinas, une vieille voisine, a dit qu’elle n’avait jamais vu une aussi belle cérémonie à l’église. Elle a duré deux heures, mais personne ne s’en est rendu compte, si bien que l’heure du départ des reliques était déjà arrivée avant que nous ayons terminé le chapelet.

«  À la fin, le Père Lessard a tout juste eu le temps de tomber dans les bras de frère Pierre pour lui manifester son contentement. Il a parcouru 7 000 km pendant un mois avec les reliques à travers l’Ontario et le Québec, mais jamais il n’avait reçu un tel accueil ni vu une telle piété. Nous ne sommes rien, pas meilleurs que les autres, mais nous devons tout à notre bien-aimé Père qui nous a donné cet amour de sainte Thérèse et de l’Église. La majeure partie du clergé québécois a été, hélas  ! indifférent à la venue des reliques  ; triste constat de l’état déplorable de notre pauvre Église, comme “ une grande ville à moitié en ruine ”.  »

ENTRE PRAVDA ET DEVOIR DE MÉMOIRE

Le principe et fondement des articles de ce numéro, comme de toutes les activités de la Phalange de l’Immaculée, en France comme au Canada, durant le mois qui vient de s’écouler, peut se résumer en une parole du Seigneur  : «  Rendre témoignage à la vérité  » (Jn 18, 37), ou en une exclamation du disciple que Jésus aimait  : «  Apprendre que mes enfants vivent dans la vérité, rien ne m’est un plus grand sujet de joie.  » (3 Jn 1, 4) «  Mais qu’est-ce que la vérité  ?  » (Jn 18, 37)

Ce mot depuis Descartes (1596-1650) n’a plus de cœur, plus de vie, plus de visage, c’est une cymbale retentissante  : «  Je pense donc je suis  », affreux vacarme ou la démesure du «  Je  » a fini par totalement ruiner la divine adéquation de l’être et de la pensée. Pour échapper à cette subversion – très actuelle – et pour retrouver la plénitude de sens de ce mot évangélique de «  vérité  », il faut le dire en russe  : pravda, et entendre notre bienheureux Père nous révéler à quel point cette notion est ­incarnée, existentielle, constitutive de l’âme russe.

LA PRAVDA.

«  Fiodor Dostoïevski comprit que la vérité- justice (pravda) sociale n’est pas le fruit de pensées privées, mais trouve sa racine dans le sentiment de tout le peuple et, finalement, il comprit que cette vérité-justice a une signification religieuse et qu’elle est liée à la foi chrétienne, à l’idéal du Christ. ­Soloviev, muni de cette clef, analyse lumineusement les grands romans de Dostoïevski, mettant en évidence leur message contre-révolutionnaire. Crime et Châtiment décrit le péché intérieur d’autodivinisation du petit surhomme révolutionnaire, péché détruisant l’équilibre moral de son être, malgré ses prétentions, car l’homme n’est pas un dieu, il se détruit lui-même dans le moment où il défie son Créateur et les lois non écrites de son peuple. Ce péché intérieur, pour Dostoïevski comme pour Soloviev, ne peut s’expier que par un acte héroïque, podwig, intérieur d’auto­renoncement.

«  Quant aux Démons, dans nos éditions françaises Les Possédés, c’est la mise en scène dramatique de la Révolution socialiste athée. Toute la cohorte des hommes, dont le rêve est le bouleversement violent qui doit donner au monde l’aspect qui leur plaît commettent des crimes de bêtes féroces pour périr enfin de façon honteuse… Chacun sait la valeur prophétique, hallucinante, de ces ouvrages devenus des classiques de la littérature universelle.  » (CRC t. 10, n° 132, août 1978, p. 9)

Notre frère Bruno ne l’a pas oublié, et c’est dans cette lumière qu’il traite de Macron en quelques lignes, – ce serpent n’en mérite pas plus –, et qu’il nous fait longuement et précisément apprécier la sagesse de l’âme russe en Vladimir Poutine (supra). Le président de la Russie incarne si bien cette pravda évangélique, que c’est elle, cette ­vérité-justice, qui le rend sage et prudent dans son gouvernement, incomparable artisan de paix face à l’arrogante barbarie maçonnique, anglo-saxonne et islamo-judaïque. C’est ainsi que frère Bruno nous montre et démontre combien il est le courageux instrument des desseins providentiels du Cœur Immaculé de Marie sur le monde. Ah  ! si le Saint-Père pouvait marcher un peu à sa suite, et comprendre le dessein de Dieu sur la Sainte Russie. En attendant, le secret de Fatima se réalise implacablement…

NOS DEVOIRS DE MÉMOIRE.

Que l’intelligentsia de gauche ait désorienté cette obligation morale et l’ait mise au service des erreurs et des volontés de puissance de l’heure n’enlève rien au fait qu’il est juste et bon de se souvenir des événements historiques les plus tragiques, les plus coûteux en vies humaines  ; il est juste et nécessaire de connaître les idées des bons et de réfuter les erreurs des mauvais acteurs qui ont pris part à ces drames. Il peut sembler généreux de dire  : «  Plus jamais la guerre  !  » comme le pape Paul VI, mais c’est à la condition sine qua non d’ajouter aussitôt  : la démocratie, la République, la Révolution c’est le mal, la mort, le règne de l’étranger, et il faut tout faire pour vaincre cette Bête d’Apocalypse. C’est précisément cette victoire, “ à bas coût ”, que la Sainte Vierge propose, en vain hélas, aux Pontifes romains depuis 1917.

Si c’est une exigence de justice que cette vérité soit proclamée un jour, elle ne doit pas procéder d’un cœur vindicatif, haineux, mais d’un cœur navré, plein de tristesse, comme le Cœur Immaculé de Marie. Pourquoi  ? Parce qu’au-delà de la mort corporelle, il y a le jugement de Dieu, le Ciel pour les uns et la seconde mort, celle de l’enfer éternel où tombent les pauvres pécheurs  ; à moins que le cœur du Saint-Père et de l’Église, à commencer par le nôtre, ne soit «  transpercé  » (Actes 2, 37) par cette parole de Notre-Dame de Fatima le 19 août 1917, bien faite pour stimuler notre peu de charité  : «  Beaucoup d’âmes vont en enfer parce qu’elles n’ont personne qui prie et qui se sacrifie pour elles.  » Avez-vous compris à ce coup la portée de l’éditorial de frère Bruno, la carrière ecclésiale et politique qui s’offre à vous qui voulez «  faire quelque chose  »  ?

Ces prières et sacrifices qui crient et supplient le Ciel d’intervenir en faveur de sa Chrétienté ne reviendront pas sans avoir produit leur effet. Dieu enverra son élu, et la grande geste de sainte Jeanne d’Arc se renouvellera (supra). Elle se renouvelle sous nos yeux, car vraiment sœur Lucie et Notre-Dame de Fatima – c’est tout un – ne sont pas traitées de meilleure manière que sainte Jeanne d’Arc… L’une et l’autre ont fait leurs preuves, multiplié les signes, mais en vain, mises en échec, temporaire, par un mystère d’iniquité cléricale. Sainte Jeanne d’Arc en a triomphé finalement  ; et à la fin le Cœur Immaculé de Marie en triomphera aussi par la grâce du martyre de sœur Lucie, de Jean-Paul Ier, de notre bienheureux Père, et de tous ceux de la vision du troisième secret…

En attendant, un devoir de mémoire s’impose à tous d’avoir à professer cette double vérité, d’une part que sainte Jeanne n’a jamais abjuré ses voix (Sainte Jeanne d’Arc, vierge et martyre, par mère Hélène de Jésus), et d’autre part que sœur Lucie n’a jamais écrit que la consécration de la Russie était faite, sinon dans des lettres apocryphes, mensongères par conséquent (Sœur Lucie, confidente du Cœur Immaculé de Marie, par frère François de Marie des Anges). L’hérésie conciliariste ajoutait à la corruption des juges de Jeanne, tout comme aujourd’hui l’aggiornamento de Vatican II justifie les Pontifes romains de mépriser le message de Notre-Dame de Fatima et ceux qui le défendent. «  À la fin, mon Cœur Immaculé triomphera…  »

LES EXERCICES DE SAINT IGNACE.

Du 10 au 15 juillet, notre Père les a pour ainsi dire prêchés tant sa voix chaleureuse impose une présence, et son discours émaillé de souvenirs, d’expériences, vous convainc que c’est Notre-Seigneur qui s’adresse à vous, comme un père, un ami, un frère aîné qui ne cherche qu’à vous conduire au Ciel, par le chemin que Dieu a choisi pour vous  : le mariage dans la vie religieuse ou dans la vie laïque. C’est animé de ce même paternel esprit, respectueux de la sainte liberté des enfants de Dieu, que frère Bruno dirigea les âmes.

LES CAMPS DE FRÈRE GÉRARD

Du 9 au 17 juillet, le camp Notre-Dame des Enfants, accueillait, comme son nom l’indique, les petits. L’installation et l’occupation de ces chers “ anges ” n’en demandent pas moins beaucoup de dévouement de la part de leurs parents, des assistants en tous genres et des frères. Frère Gérard, au dire de tous était en pleine forme, grâce qu’il mit au service de “ l’Évangile de Fatima ”  :

«  On a beau le connaître, dira frère Louis-Joseph, on ne se lasse ni du prédicateur ni du contenu de la prédication. Les enfants aussi écoutent bien. Frère Gérard fait coller les images de la Vierge sur des fascicules, à charge pour les enfants de mettre la bonne image sur la bonne apparition. Cela plaît beaucoup à tous. Chaque enfant repartira ainsi avec “ son album de la Sainte Vierge ”, magnifique illustration des interventions de Notre-Dame, de 1830 à 1960, en faveur de ses enfants au péril de la grande apostasie. Au début du camp, le Père C. et son confrère de M. confessèrent à tour de bras des heures durant, assurant ainsi par leur ministère de grâce sacramentelle, le succès du camp, tout en joie, paix et bonne entente…

«  Lors de la réunion des parents qui suit l’oraison, frère Gérard met toute son expérience au service des parents. Autant de conseils pratiques qui seront mis tout de suite en application lors des fameux ateliers qui se déroulent en familles.  »

Frère François-Joseph les a suivis de près  : «  On peut les ranger en trois groupes. Les classiques  : fabrication de Sacré-Cœur en fer forgé  ; premiers secours avec le médecin du camp; vélo-école  ; jardinage. Les habituels  : confection de médaillons de berceaux  ; de soldats de plomb  ; de pochettes de chapelets, couverture de carnets de chants  ; boîtes d’allumettes en métal repoussé. Les autres, toutes catégories confondues  : atelier théâtre avec un frère metteur en scène  ; atelier jeu de société  ; vitrail sur verre et sur plastique  ; pyrogravure  ; décoration de casques à vélo; enluminures et rédaction de lettres  ; atelier de dessin sous la direction d’une artiste canadienne.  »

Autre Canadien bien présent, frère Pierre en personne. Sans avoir le don d’ubiquité, il est cependant tout à la fois à Shawinigan d’où il dirige le camp des jeunes Canadiens, et en France où il assure la nourriture spirituelle des enfants pendant le repas grâce au récit enregistré de ses de Vies de saints. Ajoutez, à ce bel emploi du temps, le chapelet chaque jour ainsi que la sainte Messe où l’on se rend à vélo. Durant la semaine ils feront aussi deux grandes sorties à bicyclette, dont une pour faire pèlerinage à la Sainte Vierge.

«  Eh bien  ! croyez-le si vous voulez, les enfants sont “ accrocs ”, les parents aussi, et les frères ne sont pas en reste  : ce qui est très touchant, lorsqu’on tourne dans les ateliers, c’est de voir les enfants CRC. Les visages tristes, taciturnes sont les exceptions. Ils ont une ardeur incroyable pour toutes les activités, que ce soit pour chanter avec frère Henry, pour écouter frère Gérard, etc. Quel bel exemple, pour nous plus âgés.  »

Du 18 juillet au 2 août, le camp Notre-Dame des Tranchées. Le front de Verdun est loin et les retours d’expérience ne nous sont pas encore parvenus. Nous savons simplement que tout se passe comme a prévu frère Gérard  : «  Nous irons cette année encore vénérer la Sainte Vierge à Verdun, puis à Reims avant de remonter le triste Chemin des Dames. Mais Elle se manifesta là aussi, après le sacrifice de nos meilleures troupes, en désignant le général Philippe Pétain pour relever les courages, calmer la révolte et reprendre le chemin de la victoire  : c’était le 13 mai 1917.  » Divine surprise, il suffit de lire ou plutôt de se laisser attraper par la lecture des deux passionnants articles du général Delcourt sur le général Pétain (Il est ressuscité de juillet 2017, n° 177, p. 5-32)

Sous la direction de frère Thomas, une bonne vingtaine d’exposés réalisés par nos jeunes gens et jeunes filles présenteront de très belles figures de soldats héroïques, de saints aumôniers, de saintes religieuses infirmières, etc. Très appréciés aussi les jugements nuancés sur le rôle du corps expéditionnaire américain, chiffres et considérations géopolitiques à l’appui  ; admiration sans bornes pour la Légion russe, et pour la fidélité du Tsar à la parole donnée, pravda, sans laquelle nous aurions perdu la guerre en 1914 à la Marne, et peut-être en 1916 à Verdun.

Ce merveilleux camp se déroule aussi en musique, sous l’égide d’un grand soldat qui avait bien compris que cette Grande Guerre était une véritable Croisade contre la barbarie luthérienne et prussienne. Il s’agit du bienheureux Père de Foucauld, sujet de l’oratorio de notre frère Henry… Avant-première en présence de frère Bruno, le 1er août.

frère Philippe de la Face de Dieu.

IN MEMORIAM.
SAINTE ODILE DE CHEZ NOUS

À la veille du camp “ Notre-Dame des Tranchées ”, l’aimable Reine du Carmel est venue chercher notre chère Odile Claude, à l’âge de soixante-cinq ans. Depuis plus de quarante ans, tous se souviennent de l’efficace assistante des “ aides de camp ”, de sa gaieté de boute-en-train, de son dévouement de jour et de nuit, mais surtout de sa parfaite discrétion et de la fidélité de ses affections.

Quand la maladie vint la frapper, sa charité révéla son âme toute d’abnégation et de sacrifice caché, pour continuer à aider frère Gérard, pour soigner ses vieux parents, puis une personne âgée amie, pour se dévouer à sa paroisse.

Quelques confidences ont pourtant livré le secret de son cœur tout donné à Jésus dans son prochain, puis dans la présence eucharistique  : «  Depuis le début de ma maladie, je pense à Jacinthe de Fatima  : elle a été seule à l’hôpital, elle est morte sans famille. Je me dis que moi, vraiment, je ne suis pas à plaindre.  » (13 décembre 1995) «  Je me suis préparée à cette hospitalisation comme frère Gérard nous a appris à nous préparer à un pèlerinage.  » (mars 2010)

Odile n’osait pas frapper au bureau de frère Bruno, mais elle vivait de son enseignement et de tout ce que produisait la CRC  :

«  Le Père  ! Que serais-je devenue sans lui  ? Par mon milieu familial j’aurais suivi les mauvais bergers intégristes. Amenée à la maison Saint-Joseph, en 1974, par un ami de mes parents, j’ai trouvé une pensée limpide, une doctrine complète que le Père avait le don de mettre à la portée de tous, une nourriture spirituelle solide, puis des amitiés profondes. L’ami a déserté, je suis revenueravie.  » (mars 2010)

Ardente phalangiste de l’Immaculée, elle écrivait au lendemain de la béatification de Jean-Paul II  :

«  C’est le point d’orgue de la désorientation diabolique (…). C’est le moment de serrer très fort la main de l’Immaculée d’un côté, et celle de notre Père de l’autre afin que nous sachions attendre dans la foi et la prière la résurrection de l’Église, comme la Vierge celle de son Fils.  » (2 mai 2011)

Puisse-t-elle, du haut du Ciel, redire ce qu’elle confiait en parlant de nos communautés  :

«  Je suis tous les jours avec eux par la pensée et la prière.  »

Sainte Odile de chez nous, priez pour nous  !