La Contre-Réforme catholique au XXIe siècle
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La Contre-Réforme Catholique au XXIe siècle

IL EST RESSUSCITÉ !

N° 178 – Août 2017

Rédaction : Frère Bruno Bonnet-Eymard


QUATRIÈME APPARITION
DE NOTRE-DAME DE FATIMA

Vendredi 26 mai 2017. Frère Bruno et notre pèlerinage devant la statue de Notre-Dame aux Valinhos.

Vendredi 26 mai 2017. Frère Bruno et notre pèlerinage devant la statue de Notre-Dame aux Valinhos.

LE 13 août 1917, une foule avait envahi le lieu de l’Apparition dès le matin. En séquestrant les enfants, Oliveira pensait que rien ne se produirait à la Cova da Iria et que ce serait un échec total, mais la Sainte Vierge allait se jouer de ses fourberies.

Les petits tardant à venir, tout le monde commençait à s’impatienter. Survint un habitant de Fatima qui annonça l’enlèvement des voyants. Il s’éleva alors un brouhaha qui s’amplifiait lorsque, soudain, un coup de tonnerre retentit. La foule se tut, effrayée. Un éclair suivit et tous remarquèrent un petit nuage, très joli, de couleur blanche, qui plana quelques instants au-dessus du chêne-vert, puis s’éleva vers le ciel, pour disparaître enfin dans les airs.

Pendant ce temps, les visages des gens reflétaient toutes les couleurs de l’arc-en-ciel. Les arbres paraissaient n’avoir ni rameaux ni feuilles, mais seulement des fleurs. Le sol était recouvert de carreaux de teintes différentes, les deux lanternes attachées à l’arceau semblaient être en or.

Puis tous ces signes s’évanouirent. Certainement, Notre-Dame était venue, et Elle n’avait pas rencontré les enfants. Quel dommage  !

APPARITION AUX VALINHOS

Le dimanche 19 août 1917, Lucie, François ainsi que son frère Jean, prirent le chemin des Valinhos, pour mener paître leurs troupeaux. Jacinthe, pour sa part, avait été retenue par sa mère. Vers 4 heures de l’après-midi, Lucie observa dans l’atmosphère les changements qui précédaient les apparitions de Notre-Dame. Elle fit appel à Jean  : «  Va vite chercher Jacinthe  ! Je te donne deux “ vinténs ” si tu me la ramènes  ! En voici déjà un, et je te donnerai l’autre quand tu reviendras.  »

Au premier éclair avait succédé un second. À ce moment même, Jacinthe arriva avec son frère. Notre-Dame se montra alors au-dessus d’un chêne-vert un peu plus élevé qu’à la Cova da Iria. Quelle joie de La revoir après le rendez-vous manqué du 13 août  !

Avec une confiance toute filiale, Lucie demanda  : «  Que veut de moi Votre Grâce  ?

 Je veux que vous continuiez d’aller à la Cova da Iria le 13, que vous continuiez à réciter le chapelet tous les jours. Le dernier mois, Je ferai le miracle afin que tous croient. Si l’on ne vous avait pas emmenés à la ville, le miracle aurait été plus connu. Saint Joseph viendra avec l’Enfant-Jésus, pour donner la paix au monde. Notre-Seigneur viendra bénir le peuple. Viendra aussi Notre-Dame du Rosaire et Notre-Dame des Douleurs.  »

Lucie demanda à la Sainte Vierge comment employer l’argent que les pèlerins laissaient à la Cova da Iria.

«  Que l’on fasse deux brancards de procession. Tu porteras l’un avec Jacinthe et deux autres petites filles habillées de blanc  ; l’autre, que François le porte avec trois garçons, comme lui vêtus d’une aube blanche. Ce sera pour la fête de Notre-Dame du Rosaire. Ce qui restera sera pour aider à la construction d’une chapelle que l’on fera faire.  »

Et prenant un air plus triste, Notre-Dame poursuivit  :

«  Priez, priez beaucoup et faites des sacrifices pour les pécheurs, car beaucoup d’âmes vont en enfer parce qu’elles n’ont personne qui se sacrifie et prie pour elles.  »

Comme d’habitude, Elle commença à s’élever en direction du levant. Les enfants cueillirent un rameau du chêne-vert sur lequel s’étaient posés les pieds de la Vierge Marie. Jacinthe rapporta ce précieux trésor et le montra à sa tante Maria Rosa qui le sentit et s’étonna  : «  Ce n’est pas du parfum, ni de l’encens, ni de la savonnette  ! rien de ce que je connais  !  » Tous trouvèrent l’odeur du rameau très agréable et la mère de Lucie commença à être ébranlée dans son opposition aux apparitions.

Mais le soir du 19 août, les branches disparurent, et personne ne sut jamais ce qu’elles étaient devenues. Peu avant la béatification des deux petits bergers, le Révérend Père Luis Kondor remit à sœur Lucie quelques étuis avec des reliques des voyants et expliqua d’où provenait un petit morceau de chêne-vert qui faisait partie des reliques  : le 19 août 1917, le senhor Marto cacha sous son matelas la branche qu’avait apportée Jacinthe et la conserva toujours avec lui, jusqu’à ce qu’il la remette au vice-postulateur de la Cause des pastoureaux, d’où provenaient ces reliques. En l’apprenant, sœur Lucie, fronçant beaucoup les sourcils, dit en martelant les mots  : «  Oncle Marto était bien capable de faire cela  !  »

Les paroles de la Sainte Vierge éveillèrent dans l’âme des pastoureaux une véritable faim de mortifications et de sacrifices.

Peu après ce 19 août, Lucie ayant trouvé un morceau de corde tombé d’une charrette, elle dit à ses cousins  : «  Regardez, cela fait mal  ! Nous pourrions nous l’attacher à la taille et offrir à Dieu ce sacrifice.  » François et Jacinthe acceptèrent la proposition.

Dès lors, cet instrument leur causa d’horribles souffrances. Jacinthe, parfois, laissait tomber quelques larmes, mais quand Lucie lui suggéra d’enlever la corde, la petite répondit  : «  Non  ! Je veux offrir ce sacrifice à Notre-Seigneur en réparation et pour la conversion des pécheurs.  »

Avant de mourir, François remettra sa corde à Lucie, afin que sa mère ne la trouve pas. De même Jacinthe, avant de partir pour l’hôpital. Lucie les conservera jusqu’à son départ définitif de Fatima pour Vilar.

La sienne, elle la conserva toujours et elle continua à l’utiliser autant qu’elle put, mais ensuite elle l’utilisa seulement avec l’autorisation de son confesseur ou de son Père spirituel. C’est une précieuse relique.

Après sa mort, elle fut retrouvée avec d’autres instruments de pénitence qu’elle utilisait. C’est une corde de sisal, comme celle qu’on utilisait pour attacher les animaux, longue d’un mètre seize centimètres, et épaisse d’un centimètre, avec cinq nœuds. Pour éviter qu’elle ne s’effiloche, sœur Lucie lui avait fait des points de couture aux deux extrémités.

«  Malgré l’humble retenue des voyants, rapporte le Père Leite, quelques personnes de Fatima réussirent à découvrir l’une ou l’autre des pénitences des enfants. Alors que l’église paraissait déserte, on les voyait la parcourir en faisant des tours à genoux, préludant ainsi à ce que plus tard tant de pèlerins feront autour de la petite chapelle des apparitions.  »

La veille du 13 septembre, les enfants passèrent en courant devant la maison d’une femme qui les insultait chaque fois qu’ils la rencontraient. Soudain, Jacinthe s’arrêta au milieu de sa course et demanda à Lucie  : «  Écoute, c’est demain que nous allons voir Notre-Dame  ?

 Oui.

 Alors, nous ne jouerons pas, nous ferons ce sacrifice pour la conversion de cette femme. Elle dit tellement de péchés que, si elle ne se confesse pas, elle ira en enfer.  »

Levant les mains et les yeux au ciel, Jacinthe fit son offrande. La pauvre femme observait les fillettes par une ouverture de sa maison. Elle fut tellement impressionnée par cet acte de Jacinthe qu’elle demanda aux voyants de supplier Notre-Dame de lui pardonner ses péchés.

frère Bruno de Jésus-Marie.