La Contre-Réforme catholique au XXIe siècle
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In memoriam  : L’abbé G. de Linares

IN MEMORIAM

L’abbé Gonzalve de Linares a rendu à Dieu son âme sacerdotale le dimanche 20 août 2017, à 5 heures 30, en offrant sa vie pour la conversion des pauvres pécheurs, implorant la miséricorde divine «  pour les pécheurs, car beaucoup d’âmes vont en enfer parce qu’elles n’ont personne qui se sacrifie et prie pour elles  », selon les paroles de Notre-Dame de Fatima aux Valinhos, qu’il répétait le 19 août pour leur centenaire. Ce furent ses dernières paroles. Requiescat in pace. Pour nous, le combat continue. À relire son intervention lors de notre grande réunion du 14 octobre 1971 à la Mutualité, on se demande comment il est resté seul membre du clergé parisien à se joindre à l’abbé de Nantes pour le meilleur et pour le pire. Honneur à lui  !

frère Bruno de Jésus-Marie.

L’APRÈS-CONCILE PAR M. L’ABBÉ G. DE LINARES

Il y a six ans, lorsque s’achevait le Concile, mon opinion était déjà faite  : je souscrivais aux dures mais lumineuses démonstrations de l’abbé de Nantes sur le mélange subtil de vérités et d’erreurs que constituait le fait global du Concile, aussi bien dans son ESPRIT, insaisissable, que dans sa LETTRE, trop abondante, souvent obscure, toujours équivoque, et dans sa réalité romaine comme dans son impact sur l’opinion […]. J’étais tout jeune vicaire de paroisse, ordonné prêtre depuis un an. Je résolus de me soumettre aux nouveautés qui nous seraient imposées, à moins qu’elles ne soient absolument irrecevables, mais je tins à avertir mes supérieurs et mes proches de mes répugnances à entrer dans ce mouvement et je leur en donnai mes raisons d’ordre doctrinal.

C’est ainsi que je m’entretins à plusieurs reprises avec le cardinal Veuillot, archevêque de Paris, qui m’avait ordonné et dont je dépendais alors. Je lui déclarai ma pleine identité de vues avec l’abbé de Nantes et mon entière solidarité de cœur avec son œuvre de résistance et d’opposition à la Réforme conciliaire […]. Ce qu’a rappelé le frère Bruno, je l’ai vécu au séminaire […]. L’optimisme d’octobre 62 me parut, vu de l’extérieur, comme une autosuggestion collective sans grand appui dans la réalité. On verrait bien ce qui en sortirait  ! L’enthousiasme des journées de clôture, en décembre 65, me parut plus factice encore. Toutes les caméras du monde braquées sur Saint-Pierre purent donner l’impression au Pape et aux évêques que le monde retenait sa respiration pour mieux les écouter. De là à croire à une nouvelle Pentecôte… Mais à Paris, même le clergé au milieu duquel je vivais, s’en désintéressait déjà  !

Nos évêques annonçaient un printemps merveilleux, un prodigieux renouveau de l’Église au cœur des masses. Le clergé n’en retint apparemment que l’annonce d’une grande liberté de suivre chacun son idée et ce fut un relâchement général… Mais ni évêques ni prêtres ne surent voir quel hiver venait, le plus rigoureux qu’ait jamais vécu l’Église au point que certains doutent qu’elle en réchappe. Les auteurs et les acteurs du Concile ne l’avaient pas prévue, cette crise  ! Au contraire, ils en avaient positivement exclu l’éventualité. Prophètes de bonheur, Pape, évêques, théologiens et journalistes, ils se sont montrés faux prophètes.

Tout de suite, en paroisse, «  sur le tas  », le décalage était saisissant, entre l’optimisme grandiloquent des théoriciens de la Réforme et le refroidissement des cœurs, la chute de la pratique religieuse, l’indifférence populaire. J’étais alors aux Lilas, bien placé pour en juger  ! C’est l’opposant au Concile qui avait vu juste. Par pessimisme systématique  ? C’est bien vite dit. Il annonçait comme inéluctable précisément cette crise qui est venue et sous la forme que je constatais. Et il la mettait d’avance en relation intime avec le Concile  : logiquement, cette Réforme de l’Église serait sa ruine, et sa ruine ferait le malheur du monde. Chaque jour, en cent occasions de mon ministère, je devais souscrire à ces démonstrations  : tout tournait à la confusion, au scepticisme, au désordre. Six ans ont passé. Qu’il y ait crise de l’Église, nul ne le conteste plus. Que cette ruine date du Concile tout le prouve […].

L’abbé de Nantes l’a établi a priori, c’est-à-dire avant que les événements n’en administrent la preuve, par la seule étude approfondie des documents conciliaires. Il a su voir les effets dans les causes mêmes. Comme Bainville sut lire dans les clauses du traité de Versailles, dès 1920, avec une incroyable précision, l’enchaînement des événements qui, vingt ans plus tard, devaient provoquer la Deuxième Guerre mondiale […].

Mais après coup, a posteriori, la démonstration devient aveuglante parce qu’elle est corroborée par les faits. Et il serait alors criminel de les discuter encore. L’Évangile dit bien  : «  Vous les connaîtrez à leurs fruits…  » Quand un prêtre a vu, jour après jour, ces fruits de la Réforme conciliaire qui sont à eux tous, en cinq ans, une effroyable décomposition du catholicisme, comment voulez-vous qu’il hésite encore une seconde à désigner ce Concile comme l’origine de tout notre malheur  ?

Si j’avais hésité encore, une observation que je fis alors aurait été pour moi décisive. Chaque fois que des gens sages, disons des traditionalistes bien intentionnés, invoquent quelque texte du Concile contre les démolisseurs, ils ne sont pas écoutés, même en haut lieu, comme si ces textes étaient sans valeur et ce Concile sans autorité. Ils ont beau dire  : Le Concile dit que…, peine perdue  ! La Hiérarchie reste sourde, comme à un rappel de textes sans intérêt. En revanche, toutes les subversions se font au nom du Concile, à tort ou à raison, en invoquant son esprit, ses orientations ou sa dynamique, peu importe. Il suffit que leurs auteurs prononcent le mot magique «  Vatican II  » pour que l’Autorité cède tout sans examen, sans discussion, et que les fidèles soient livrés entre leurs mains, asservis à leurs inventions. Si c’était une fois, deux fois, on pourrait invoquer le hasard. Mais c’est l’histoire de tous nos débats, de toutes nos résistances durant six ans d’après-Concile.

Mon témoignage de jeune prêtre, vicaire de banlieue parisienne, le voici  : ceux qui ont fait profession de suivre loyalement le Concile et d’en adopter la Réforme ont tous absolument tous, été pris dans l’engrenage de la nouvelle Pastorale et dans cette solidarité des Réformateurs ils se sont trouvés entraînés à agir contre leur conscience ou à laisser agir ainsi leurs confrères, sans pouvoir s’y opposer ni même marquer leur désapprobation.

Alors, LETTRE ou ESPRIT, ACTES ou ORIENTATIONS, ces feintes distinctions ou oppositions sont sans réalité. L’acceptation du Concile emporte celui qui y consent dans le tourbillon sans limites et sans fin de l’autodémolition de l’Église, comme acteur ou comme spectateur attristé mais impuissant.

L’abbé de Linares s’attache ensuite à établir «  la longue liste des batailles perdues  »  : Contre Teilhard, malgré l’encyclique Humani Generis, et mieux encore, le Monitum du Saint-Office (1962), proscrivant les œuvres de Teilhard qui «  fourmillent d’erreurs  ».

Quand le teilhardisme parut acquérir droit de cité dans l’Église, en 1966, des amis tinrent une grande réunion sous l’égide de “ Monde et Vie ” à Paris, pour dénoncer «  le grand virage des jésuites  » passant de l’anathème à l’enthousiasme pour Teilhard. Quand ils eurent parlé, admirablement d’ailleurs, deux bons Pères, montant sur la scène, eurent cependant le dernier mot. Oui, reconnurent-ils, nous avons viré, mais nous l’avons fait dans la docilité à l’Église de Vatican II, dans la fidélité à l’Esprit… C’est «  l’Église en état de Concile  » qui adopte Teilhard aujourd’hui. Les rebelles au Concile et au Pape ne sont pas de notre côté mais du vôtre… Et de donner à nos amis Teilhard en exemple d’obéissance  !

De fait, le teilhardisme de Gaudium et Spes n’est plus à démontrer. C’est Mgr Haubtmann qui l’y a infiltré… Et peu de temps après cette réunion parisienne, comme par un fait exprès, le Pape lui-même osait évoquer Teilhard qui, malgré des ambiguïtés, proposait une nouvelle expression de la foi adaptée à la mentalité scientifique de notre temps, conformément aux orientations et aux vœux de Vatican II  ! Aujourd’hui le cardinal Daniélou, comme le Père de Lubac, ne manque pas une occasion d’associer ­Teilhard au sauvetage de l’Église dans ces temps troublés et la foule des intégristes applaudit, se reniant elle-même par fidélité au Pape et au Concile  !

Autre bataille perdue  : sur l’Eucharistie.

C’est pendant le Concile même que le monde apprend les théories scandaleuses et les pratiques sacrilèges des modernistes hollandais. On parle de «  transsignification  » et de «  transfinalisation  », en conséquence on jette les hosties consacrées après la messe, on célèbre des agapes douteuses en compagnie de pasteurs protestants et d’humanistes athées, on ne se confesse plus, on reçoit l’hostie dans la main, n’importe qui prononce des paroles de consécration toujours nouvelles… C’est un repas de pain et de vin  !

Mais les textes liturgiques du Concile sont apparemment très fermes. Et plus encore, l’encyclique Mysterium fidei que le Pape publie en 1965, à la veille de la dernière session. Et de nouveau son Credo, de 1968  ! Les intégristes conciliaires avaient donc raison de dire  : il n’y a qu’à se fonder sur les sages et saines réformes liturgiques de Vatican II, les suivre sans les dépasser, et l’hérésie hollandaise sera vite résorbée  ?

Le démenti leur vient des événements eux-mêmes. Sans force contre l’hérésie, l’idée de la réforme liturgique, au contraire, lui a partout dans le monde ouvert le chemin. Inaccessibles à nos protestations, très fermes pour nous repousser, les évêques sont faibles comme des enfants en face de toute innovation et ils y souscrivent des deux mains, La seule idée de paraître contraires à la Réforme les panique. Ils n’osent plus eux-mêmes prêcher la transsubstantiation, ils autorisent la distribution de la communion dans des paniers, par des femmes en minijupes… Ont-ils peur des femmes  ? «  Toi aussi, leur dirait l’une de ces effrontées, tu es de la Contre-Réforme  !  » et eux de rougir et de renier leur foi.

Si l’on en juge par la pratique des paroisses, nous voyons sous la bannière conciliaire s’avancer une génération d’évêques et de prêtres qui n’oseront plus croire ou paraître croire à la Présence vraie, réelle et substantielle de Jésus-Christ dans nos tabernacles…

DÉPASSEMENTS DE ŒCUMÉNISME CONCILIAIRE  !

Vous invoquerez le Décret de Vatican II sur l’œcuménisme, corrigé de la main même du Pape, pour contredire les incroyables excès de l’œcuménisme sauvage et même ceux de l’œcuménisme officiel. C’est oublier que le Père Congar se portait publiquement garant, lui Congar, que les restrictions pontificales ne changeaient rien au texte et n’empêcheraient rien de ce qui avait été décidé. Comme il était sûr de lui  ! et sûr qu’on n’arrêterait pas le mouvement  !

Or, c’est le même Paul VI qui, en 1966, autorise Barbarina Olson à communier le jour de son mariage, quoique presbytérienne, sans abjuration ni confession. C’est le cardinal Samore qui donne la même extraordinaire autorisation aux observateurs protestants de l’Assemblée de Medellín en 1968. La chose d’ailleurs se pratique impunément en Hollande. À Paris rue de Vaugirard, chez les Laurentin, à la faveur d’un Mai contestataire, une célébration commune rassemble des chrétiens de toutes confessions  ; Mgr Marty déplore. Et puis, en 1970, c’est le Décret du Secrétariat pour l’Unité des chrétiens qui accorde l’Eucharistie aux hérétiques… en cas d’urgence  ! L’évêque de Nanterre invente alors les «  urgences de bonheur  » pour permettre la communion aux hérétiques et schismatiques lors des mariages mixtes. Sans abjuration ni ­confession…

Sans le climat conciliaire, de tels agissements frapperaient leurs auteurs et complices, ipso facto, d’excommunication. Maintenant, on ne sait plus. Depuis le Concile, tout passe. Allez donc vous y opposer en brandissant des textes conciliaires  ! Le Concile a voulu, comme par une inspiration du Saint-Esprit, la réconciliation de tous les chrétiens. Qui veut la fin veut les moyens  ! Et d’ailleurs, le cardinal Willebrands vient de dire que le Concile avait retrouvé les intuitions les plus profondes de Luther. Alors  !

LE CATECHISME HOLLANDAIS POUR ADULTES  !

En 1966 paraît une Introduction à la foi catholique d’un genre assurément nouveau. Cette présentation de la foi adaptée à la mentalité moderne est biblique, œcuménique, scientifique, mondaine. Ce Catéchisme pour adultes répond exactement aux désirs du Concile. On n’en sortira pas  : le Concile l’a voulu DONC on ne peut le condamner, ni le réprouver ni l’interdire  ! Et pourtant il n’enseigne plus la foi catholique mais la plus virulente des hérésies  : le modernisme. Pressé d’intervenir et de juger, le Saint-Siège reconnaît formellement les erreurs graves et nombreuses de ce prétendu catéchisme. Il échoue cependant à en obtenir la correction par ses auteurs…

Le cardinal Ottaviani signale alors aux Conférences épiscopales dix erreurs graves qui se répandent dans l’Église et contre lesquelles il les avertit de réagir fermement. L’épiscopat français s’en moque, et l’épiscopat hollandais répond par une sorte de défi, rédigé par le Père Schillebeeckx, qui défend l’hérésie sur tous les points signalés et qui exclut, au nom du Concile, toute possibilité de condamnation.

Aujourd’hui, Ottaviani a démissionné, les évêques hollandais gouvernent leur Église nationale à leur fantaisie et le Catéchisme hollandais non corrigé est partout répandu, même à Rome où il est de bon ton, pour un séminariste, de l’avoir pour manuel de théologie. Le Credo de Paul VI proclamera, il est vrai, sur tous les points discutés, la foi catholique, mais faute de correction de l’erreur, faute d’interdiction du mauvais livre, faute de condamnation des théologiens modernistes opiniâtres, ce Credo du Pape reste juxtaposé à l’erreur, comme deux opinions concurrentes, deux expressions possibles de la foi chrétienne. Même ainsi, c’est le Credo du Pape qui est le moins bien placé  : on lui a reproché ouvertement et impunément sa forme «  scolastique  », «  médiévale  », qui ne répond ni aux exigences de la pensée moderne ni aux orientations conciliaires  ! […]

L’affaire du Fonds commun obligatoire, en France, n’est pas plus brillante. Elle nous est trop connue. Malgré notre opposition, la Réforme l’a emporté. Partout dans le monde les catéchismes se sont mis au goût du jour à l’exemple du nôtre, pour le plus grand malheur de l’enfance. Il fallait bien que, là aussi, Vatican II annule le concile de Trente  !

D’ailleurs, le principal responsable de cet attentat perpétré contre l’enfance catholique, en France et en Afrique francophone, l’abbé Orchampt, vient d’être nommé évêque, tandis que le principal opposant au Fonds commun obligatoire, j’ai nommé l’abbé Georges de Nantes, était aussitôt convoqué à Rome, en 1968, pour y subir un procès, d’où il nous est revenu évidemment indemne de toute condamnation mais diffamé à l’échelle mondiale…

Le parti conciliaire se défend  !

LA BATAILLE DE LA MESSE.

C’est en application de la Réforme conciliaire, que la commission Lercaro-Bugnini sortit un Nouvel Ordinaire de la Messe franchement œcuménique où le Sacrifice est effacé au bénéfice du repas, et le souvenir de la Cène substitué au Mémorial de la Croix. Le fameux article 7 exprime tout cela dans une nouvelle définition de la Cène qui n’est plus catholique mais calviniste. Dans la logique implacable de Vatican II, l’Église vire au protestantisme  !

Dans son Allocution du mercredi 26 novembre 1969, Paul VI proclame l’abandon général du latin au profit des langues populaires comme une décision du Concile. Le Concile réel et ses Actes officiels n’ont rien dit de tel. Ils ont même décrété très explicitement le contraire. Ce n’est pas que le Pape se soit trompé ou ait tenté de tromper l’Église. C’est seulement la preuve, à elle seule suffisante, que pour ses auteurs le Concile est un esprit, une mentalité nouvelle, une tendance, un parti et qu’il se définit, non par ce qu’il a été mais par ce qu’il devient et deviendra encore  : la Réforme de l’Église, permanente, illimitée, universelle.

L’AFFAIRE DE LA PILULE CONTRACEPTIVE  ?

D’entrée de jeu, la contraception et à sa suite le divorce, les relations prénuptiales, le mariage des prêtres, l’avortement et, pour finir, l’union libre et l’homosexualité sont insinués dans les débats préconciliaires, conciliaires et postconciliaires comme inscrits dans la ligne de leurs orientations et préoccupations pastorales  : donner aux hommes une morale de maîtrise de leur destin, de liberté de conscience et de plein épanouissement charnel. Il est vrai qu’un des succès de l’opposition intégriste au Concile fut d’insérer quelque part le rappel de la subordination des consciences individuelles à l’enseignement du Magistère ecclésiastique. Oui, d’un mot qui passe inaperçu  !

Eh bien  ! quand le Pape condamna la contraception en termes formels et avec un courage auquel nous tenons à rendre hommage ici, la question était donc jugée par le Magistère suprême  : toute conscience droite devait s’incliner, en vertu du Concile même  ! Loin de là. Les épiscopats les uns après les autres, et le nôtre à grand bruit, contredirent formellement la doctrine traditionnelle devenue l’enseignement de Paul VI. Ils firent jouer pour tromper leurs peuples des arguments sophistiques absolument injurieux à Dieu et dépravés, mais ils se réclamèrent bien plus justement que leurs opposants d’un Concile qui entendait plus que tout donner licence aux hommes de suivre les instincts et les caprices de leur nature charnelle, à la recherche d’un bonheur que nul ne devait leur refuser  !

Dans ma paroisse, l’abbé Oraison était venu trancher le problème en juin, avant le Pape. Il revint en automne, contre le Pape, sans se rétracter le moins du monde. Nos protestations furent vaines. C’est Oraison qui avait raison  : il allait dans le sens du Concile  !

POUR LE SALUT DE L’ÉGLISE  : À BAS VATICAN II, VIVE VATICAN III  !

Nous tous qui sommes membres de la Sainte Église, fidèles à sa Tradition apostolique, nous nous trouvons devant une option urgente et capitale. Si nous nous obstinons à nous réclamer de Vatican II sous le prétexte que c’est le seul Concile, la seule Autorité qui soit reconnue par tous, nous devrons passer au laminoir et nous finirons, par obéissance, modernistes en religion et progressistes en politique.

Si nous voulons demeurer ce que l’Église nous a faits, alors la seule résistance qui vaille consiste dans un refus absolu et définitif de la Réforme pastorale issue de Vatican II. Ce refus peut se faire par inertie discrète, ou par lenteur calculée. Mais s’il est public et actif, ce refus prendra forcément le nom de Contre-Réforme. Notez que de plus en plus c’est ce mot qui revient sous la plume des modernistes comme le plus chargé de leur inimitié  ! Signe que la CRC, rien que le mot, c’est déjà leur défaite  !

Pour moi, j’ai considéré comme mon devoir de prêtre, un honneur, et une grâce de Dieu qui m’était offerte, de m’engager sous cette bannière pour mieux servir.

Ce refus, sans ambages, public, de l’héritage de Vatican II m’a apporté tout de suite une double joie spirituelle. D’abord, le sentiment de rester catholique, fidèle à Dieu, à nos Pères, à nos Maîtres, en toute liberté. L’obéissance au Concile était un cauchemar dont je voyais qu’il ne pourrait se terminer que de manière tragique  : ou l’apostasie immanente de l’homme d’Église qui a conscience de se renier lui-même et le fait par discipline, ou l’abandon d’une discipline ecclésiastique devenue odieuse et par trop contraire à la Vérité de Dieu  ! Alors que la Contre-Réforme nous laisse, en parfaite tranquillité spirituelle, soumis au Magistère infaillible de l’Église et à toute sa tradition vénérable, mais quittes par rapport à toutes les extravagances et les sombres désordres de dix ans de Concile. Cela ne pèse rien pour nous, en face de dix-neuf siècles de vérité, d’ordre et de sainteté.

Ensuite, autre aspect de cette joie communicative, la Contre-Réforme, partout où elle s’affirme intégrale, est en position de force par rapport à tous ses adversaires. Là où l’intégrisme conciliaire est toujours battu, l’idée contre-réformiste avance et prépare la libération de l’Église des bandes modernistes campées dans son sanctuaire. Elles se prévalent de Vatican II, elles en seront chassées avec lui. Dès que je dis à mon évêque  : L’Esprit de Vatican II  ? Non, Monseigneur, je ne connais pas cet esprit-là et je ne veux pas le connaître. Je ne connais que le Saint-Esprit. Dès que je refuse tout autre esprit que Celui de la Nouvelle et Éternelle Alliance qui est l’Esprit même de l’Église séculaire, d’avant le Concile, la prétendue Nouvelle Pentecôte de Vatican II et son Esprit transchrétien rentrent dans leur néant. À part cela, je suis fils soumis de mon évêque et du Souverain Pontife en tout l’essentiel de la foi […].

Au lieu d’imposer le concile Vatican II comme le bien et la loi suprêmes, jusqu’à en avaliser les conséquences les plus désastreuses, les meilleurs – et leur exemple est contagieux – en viennent à protester contre ces effets du Concile et puis contre leur cause qui est ce Concile même. Il faudra fermer cette parenthèse, si brève, pour reprendre la grande marche de l’Église à travers les siècles.

Reste à implorer Dieu qu’à son Église il donne encore un avenir. Reste à nous tourner vers le Pape de la Restauration catholique et vers le Concile Vatican III de la réconciliation des chrétiens, qui balaieront tant de folies et rétabliront dans l’Église la paix, l’union et la fierté d’être disciples de Jésus-Christ seul pour la vie et pour l’éternité.

Car l’Église durera toujours  !

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