La Contre-Réforme catholique au XXIe siècle
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La Contre-Réforme Catholique au XXIe siècle

IL EST RESSUSCITÉ !

N° 181 – Novembre 2017

Rédaction : Frère Bruno Bonnet-Eymard


LA DÉVOTION AU CŒUR IMMACULÉ DE MARIE,
SALUT DU MONDE

LE sanctuaire de Fatima publie un périodique intitulé Voz de Fatima. Le numéro du mois d’octobre 2017 contient deux pages d’entretien avec Mgr Marto, évêque de Leiria-Fatima. On n’y trouve pas une seule mention du Cœur Immaculé de Marie  !

Interrogé sur la Vierge pèlerine qui a parcouru les diocèses du Portugal pour préparer le centenaire, il avoue ne pas comprendre la mobilisation des diocèses pour cette route en l’honneur de Notre-Dame de Fatima  : «  J’en reste moi-même surpris. La statue pèlerine, qui est passée dans tous les diocèses, a créé un élan et un enthousiasme qui ont montré le Portugal comme un peuple de foi, sous le manteau de Notre-Dame.  »

Notre-Dame n’a-t-elle pas promis qu’au Portugal se conserverait «  le dogme de la foi  »  ? L’élan et l’enthousiasme qui ont surpris le Père-évêque Marto naissent de la dévotion au Cœur Immaculé de Marie.

C’est pourquoi Dieu veut établir dans le monde la dévotion au Cœur Immaculé de Marie, par la pratique de la dévotion réparatrice des premiers samedis du mois et par la consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie par le Pape et tous les évêques catholiques, non seulement du Portugal, mais du monde entier.

Qu’est-ce que «  la dévotion au Cœur Immaculé de Marie  »  ?

Une page d’entretien avec le légat du Pape, cardinal Piacenza, envoyé pour présider la célébration du 13 septembre, centième anniversaire de la cinquième apparition de Notre-Dame à la Cova da Iria, ne fait pas mention du Cœur Immaculé de Marie, pas une seule fois  ! C’est sûrement un choix délibéré, parce que, par ailleurs, il est fait mention du Rosaire et des premiers samedis du mois. Le ­cardinal se montre même presque réactionnaire. Il affirme que Fatima est la «  lumière de la foi  ». Ce rappel, sans insistance ni développement, de pratiques et considérations traditionnelles, fait comprendre la raison de l’omission systématique de la dévotion au Cœur Immaculé de Marie  : c’est une “ nouveauté ”  ! qui se heurte à un doute général sur le péché originel, conséquence du «  culte de l’homme  » proclamé par le pape Paul VI aux applaudissements unanimes des Pères conciliaires, le 7 décembre 1965, vigile de la fête de l’Immaculée Conception  !

«  PAUVRE SAINT-PÈRE  !  »

Notre Saint-Père le pape François a bien raison de nous demander avec insistance de prier pour lui. Il est, par là, en communion parfaite avec Jacinthe qu’il a canonisée le 13 mai à Fatima  !

«  Le Saint-Père  ! Pauvre Saint-Père  ! Il faut beaucoup prier pour lui  », ne cessait-elle de répéter.

Pauvre Saint-Père aujourd’hui objet d’une «  correction filiale  » de la part de certains fidèles auxquels il répond dans ses ­entretiens avec Dominique Wolton en leur reprochant leur rigorisme. «  J’ai peur de la rigidité.  » Celle de «  jeunes prêtres  » en particulier qu’il ne ménage pas  ; celle du monde traditionaliste en général qu’il épingle. Il parle alors «  d’œillères  » en faisant le geste des mains.

Et c’est vrai  ! D’autant plus vrai que cette remontrance ­adressée au Pape est menée par Mgr Fellay  ! Et qu’elle s’en prend à l’Exhortation apostolique Amoris lætitia. Sans même formuler le seul reproche qui compte, celui de ne pas obéir aux demandes de Notre-Dame de Fatima  !

Pharisiens  !

Dans leur adresse au Souverain Pontife, les protestataires se disent «  poussés par la fidélité envers Notre-Seigneur Jésus-Christ, par l’amour pour l’Église et pour la papauté, et par dévotion filiale envers votre personne  », c’est tout  ? Alors, c’est perdu d’avance, parce qu’il manque le principal, seul capable d’emporter la victoire  : «  l’amour  » du Cœur Immaculé de Marie, la «  dévotion filiale  » et réparatrice envers le Cœur Immaculé de Marie.

En effet, écrivait sœur Lucie le 1er novembre 1943 au Père Humberto Pasquale, au moment où elle avait reçu de Mgr da Silva l’ordre d’écrire le Secret  :

«  Comme vous le savez, à la Cova da Iria, Notre-Dame s’est plainte des nombreux péchés par lesquels Dieu est très offensé et plus d’une fois, Elle a demandé prières et pénitence en réparation. Elle a réclamé qu’on fasse pénitence et Elle a annoncé plusieurs châtiments qui viendront si les hommes ne changent pas de vie. Toutefois, Elle n’a pas parlé d’une espèce particulière de péché.

«  Mais comment douter que le péché d’impureté ne soit l’un des principaux qui amena Notre-Dame à s’adresser à nous avec une telle amertume, lors de sa dernière apparition  ? Et aussi cette autre demande  : “ Priez, priez beaucoup et faites des sacrifices pour les pécheurs car beaucoup d’âmes vont en Enfer parce qu’elles n’ont personne qui se sacrifie pour elles. ”

«  Ces âmes qui se perdent éternellement sont sans doute, pour la majeure partie, les victimes de cette lèpre vénéneuse qui infecte actuellement une grande partie de l’humanité. N’est-il pas vrai aussi que, déjà dans l’Ancien Testament, ce fut ce péché qui provoqua plusieurs fois le châtiment du Seigneur  ? Néanmoins, aveuglée par la passion, l’humanité ne veut pas entendre la voix de Dieu qui lui crie à l’oreille de tant de manières et par tant de moyens.  »

LE «  CRI  » DE DIEU

«  Je dis qu’elle crie, pourtant la Sainte Écriture et l’Imitation du Christ disent que Dieu parle dans le secret et la solitude. Aujourd’hui, il me semble à moi que le Seigneur crie mais que, même lorsqu’il crie, il n’est pas entendu. N’entendez-vous pas le cri de Dieu qui appelle l’humanité à la pénitence volontaire en s’abstenant de pécher, au repentir et à la prière pour obtenir miséricorde  ?

«  Cette guerre qui se répand de par le monde, comme un châtiment de la justice divine, ne vous semble-t-il pas qu’elle veuille détruire l’humanité  ? Cette dernière, obstinée dans le mal, ne veut pas changer.

«  N’est-elle pas un cri de Dieu, la voix du Pape qui interpelle le monde de tant de manières, en demandant à l’homme aveugle qu’il ouvre les yeux à la lumière, qu’il revienne de ses égarements et de la voie de la perdition  ?

«  N’est-ce pas encore Dieu qui crie dans le cœur de l’homme par le moyen de tant de misères, de famines, de maladies, par la mort, les chagrins et les peines qui le déchirent, comme pour dire à chacun que la cause de tout est le péché d’immoralité  ?

«  Oh  ! Qui nous obtiendra la grâce que Dieu soit entendu  ? La source principale de toutes les larmes qui coulent sur tant de visages se trouve dans le péché  ; mais même ceux qui pleurent ne veulent pas le reconnaître.

«  Je ne sais pas pourquoi je dis ces choses. De ce qui arrive dans le monde, moi, je ne sais rien, grâce à Dieu, et je suis contente de mon ignorance.  »

Les avertissements de sœur Lucie ne sont donc pas le fruit de son analyse de la situation, contrairement à ce que prétendait Dhanis. D’ailleurs, la petite Jacinthe le dira, avant de mourir, dans son innocence d’enfant qui n’avait pas encore atteint ses dix ans  :

«  Les péchés qui offensent le plus Dieu et qui conduisent le plus d’âmes en enfer sont les péchés de la chair. Ah  ! j’ai beaucoup de peine pour Notre-Dame  ! J’ai beaucoup de peine  !  »

Dans sa Lettre à mes amis n° 247, du 5 juin 1967, année du cinquantenaire, notre Père écrivait  :

«  Le plus grand mal n’est pas la guerre mais le péché, qui conduit les pauvres âmes en enfer et qui déchaîne les guerres et les révolutions. Le Message de Fatima invite les hommes à la résipiscence sans laquelle les calamités d’ici-bas ne sont que le prélude des châtiments éternels. C’est la leçon très sage, très ferme, de la Reine du Ciel, “ comme un cri lancinant d’une mère qui voit s’ouvrir devant ses enfants des abîmes insondables ”.  »

«  La pire des guerres est celle que les hommes mènent contre Dieu, la paix véritable celle qu’ils goûtent dans leur obéissance à ses commandements. Le plus grand mal n’est pas la maladie ni la pauvreté mais le péché qui tue, plus que le corps, l’âme même éternellement. Que d’abord, par pitié pour eux-mêmes, les hommes cessent d’outrager la Majesté divine et qu’ils se soumettent à sa Loi  ! Alors Dieu donnera un peu de paix et de prospérité à la terre.  »

frère Bruno de Jésus-Marie.