La Contre-Réforme catholique au XXIe siècle
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La Contre-Réforme Catholique au XXIe siècle

IL EST RESSUSCITÉ !

N° 182 – Décembre 2017

Rédaction : Frère Bruno Bonnet-Eymard


FATIMA :
UN MESSAGE URGENT

Le Pape Francois à Fatima en mai 2017

Envoi,

Très Saint Père,

En arrivant à Fatima, le 12 mai dernier, vous vous êtes rendu à la Capelinha, avant toute chose, pour rendre hommage à la «  Bienheureuse Vierge de Fatima, Dame au Cœur Immaculé, refuge et chemin qui conduit à Dieu  !  » dans une adresse fervente où nous avons reconnu de nombreuses allusions aux événements survenus en ce lieu il y a cent ans. Vous vous êtes présenté comme «  Pèlerin de la paix qu’en ce lieu tu annonces  ». Et vous avez rendu grâces «  à Dieu le Père qui, en tout temps et en tout lieu, agit dans l’histoire humaine  ».

Particulièrement en ces derniers temps, et par les mains et le Cœur Immaculé de la Mère de Dieu qui s’efforce de ramener «  la concorde  » que vous avez implorée «  entre tous les peuples  ». L’histoire de notre pays de douce, de sainte France, le montre à l’envi. Notre patrie bien-aimée fut le théâtre privilégié de ces interventions divines, «  en tout temps  », depuis sa naissance gallo-romaine, il y a quinze siècles. Mais depuis la Révolution, Satan détrôna «  le Christ notre paix  », que vous avez «  loué  », et qui est Roi de France. Depuis lors, la Vierge, Notre-Dame, est intervenue à maintes reprises.

Les pages qui suivent retracent cette histoire, depuis 1830 jusqu’à votre visite au Portugal, le 13 mai 2017, où vous avez suivi l’exemple funeste donné par les rois de France, comme le déplorait déjà Notre-Seigneur disant de vos prédécesseurs à la servante de Dieu, sœur Marie-Lucie de Jésus et du Cœur Immaculé, en août 1931, à Rianjo  :

«  Ils n’ont pas voulu écouter ma demande  !… Comme le roi de France, ils s’en repentiront, et ils le feront, mais ce sera tard. La Russie aura déjà répandu ses erreurs dans le monde, provoquant des guerres et des persécutions contre l’Église. Le Saint-Père aura beaucoup à souffrir.  »

DE LA FRANCE, «  ROYAUME DE MARIE  »,
À L’ÉGLISE UNIVERSELLE

Conférences données le 2 novembre 2017 et le 19 novembre 2017
par frère Bruno de Jésus-Marie
à la Maison Saint-Joseph, et aux Salons Vianey à Paris.

Chers amis,

Il nous faut considérer le chemin parcouru par la Sainte Vierge en nos temps qui sont «  les derniers  », afin de préparer le second avènement de son Fils.

Ses manifestations s’enchaînent selon un dessein “ orthodromique ” ouvert sur le monde entier dont elle est la Reine afin de le sauver, par la médiation du Portugal et de la Russie.

LA MÉDAILLE MIRACULEUSE
1830

Dimanche 19 novembre 2017, à Paris, nous avons commencé la journée en allant demander ses grâces à celle qui en est «  remplie  », selon l’annonce que lui en fit l’ange Gabriel, et qui a promis de la dispenser à ceux qui viendraient la lui demander  :

«  Venez au pied de cet autel  : là les grâces seront répandues sur toutes les personnes qui les demandent avec confiance et ferveur. Elles seront répandues sur les grands et sur les petits…  »

C’était en 1830, au 142 de la rue du Bac, ­maison-mère des Filles de la Charité, fondées par saint Vincent de Paul et sainte Louise de Marillac en 1637, sous le patronage de l’Immaculée Conception.

En 1830, la révolution détrônait Notre-Seigneur Jésus-Christ “ roi de France ” en la personne de Charles X, son “ lieutenant ” selon sainte Jeanne d’Arc qui restaura la monarchie au Nom de Jésus-­Marie gravés sur son étendard et son anneau. Sainte Catherine Labouré qui voyait Notre-Seigneur dans le Saint-Sacrement, le contempla, le 6 juin 1830, en la fête de la Sainte Trinité, avec la Croix sur sa poitrine qui «  coulait  » à terre avec tous ses ornements royaux.

Le mois suivant, la révolution détrônait Charles X le 29 juillet. Or, dix jours auparavant, dans la nuit du 18 au 19 juillet, en la fête de saint Vincent, son ange gardien réveilla sainte Catherine  : «  La Sainte Vierge vous attend.  » Elle le suivit dans la chapelle où elle trouva la Sainte Vierge assise dans un fauteuil du chœur, côté Évangile. Sainte Catherine s’agenouilla les mains sur les genoux de Marie. Celle-ci lui révéla que «  les temps sont mauvais. Des malheurs vont fondre sur la France. Le trône sera renversé  ».

Dix jours après, c’était fait  !

La Sainte Vierge annonça à Catherine qu’elle aurait beaucoup à souffrir. Elle était bien triste d’annoncer les malheurs qui allaient tomber sur la France  :

«  Le moment viendra où le danger sera grand, on croira tout perdu, là, je serai avec vous, ayez confiance  !  »

Elle prend dès lors la “ régence ” du Royaume. Le 27 novembre, elle apparut une seconde fois, tenant un globe entre les mains, qui représentait le monde entier, particulièrement la France, et chacun de nous. À ses doigts, elle portait des anneaux d’où jaillissaient des rayons qui tombaient sur le monde, en particulier sur la France  :

«  C’est le symbole des grâces que je répands sur les personnes qui me les demandent.  »

Du pied, elle écrasait la tête d’un serpent verdâtre. Frappée à sa demande, la “ Médaille miraculeuse ” représente cette apparition  :

«  Faites frapper une médaille sur ce modèle. Toutes les personnes qui la porteront avec confiance recevront de grandes grâces.  »

Car elle est la Médiatrice universelle de toutes les grâces. Au revers, figure l’initiale “ M ” de Marie, surmontée de la Croix. Celle-ci est plantée sur une barre horizontale qui représente l’autel où se perpétue le Saint-Sacrifice. Notre-Dame assiste à toute célébration du Saint-Sacrifice de la messe, comme elle était présente à celui du Calvaire, en Corédemptrice.

Mgr de Quelen autorisa cette médaille. Elle fit immédiate­ment tant de miracles que tout le monde l’appela, dès 1832, la “ Médaille miraculeuse ”.

Rue du Bac

«  Ô Marie, conçue sans péché, priez pour nous qui avons re­cours à vous.  »
«  Venez au pied de cet autel, là les grâces seront répandues sur tous.  »

1. Fresque rappelant la première visite de la Vierge Marie à sœur Catherine dans la nuit du 18 au 19 juillet 1830.

2. Le 27 novembre suivant, sœur Catherine, en oraison, voit la Vierge, les yeux levés au ciel. Elle présente à Dieu le globe de la terre, surmonté d’une petite croix.

3. La Vierge Marie est debout sur le globe. Des rayons sortent de ses mains, ils représentent les grâces que Marie répand sur ceux qui les lui demandent. Les deux Cœurs de Jésus et de Marie sont, au-dessus, dans la lumière.

4. Châsse de sainte Catherine Labouré. Son habit est celui qu’ont porté les Filles de la Charité jusqu’en 1964.

5. Châsse de sainte Louise de Marillac. Elle fonda avec saint Vincent de Paul la Compagnie des Filles de la Charité.

6. Fauteuil sur lequel s’est assise la Vierge Marie.

NOTRE-DAME DES VICTOIRES
Samedi 3 décembre 1836

En 1836, l’abbé des Genettes, découragé par l’indifférence de sa paroisse Notre-Dame des Victoires, à Paris, entendit, le samedi 3 décembre, une voix lui dire à deux reprises  :

«  Consacre ta paroisse au Très Saint et Immaculé Cœur de Marie.  »

Ce qu’il fit, le dimanche suivant, 11 décembre. La conversion de la paroisse fut immédiate et spectaculaire. Il fonda l’archiconfrérie du Très Saint et Immaculé Cœur de Marie, refuge des pécheurs, et lui donna pour emblème la Médaille miraculeuse.

Les prières de cette archiconfrérie obtinrent l’éclatant miracle de la conversion d’Alphonse Ratisbonne au cours d’un voyage à Rome le 20 janvier 1842. Juif aisé, brillant, mondain et absolument athée, il avait accepté, comme pour relever un défi, de porter une Médaille miraculeuse, et même de réciter matin et soir le Souvenez-vous, mais sans se départir du plus mauvais esprit.

Le 20 janvier 1842, alors qu’il visitait à Rome l’église Saint-André-du-Bois, il La vit  :

«  Tout l’édifice était comme voilé à mes regards  ; une seule chapelle avait, pour ainsi dire, concentré toute la lumière et, au milieu de ce rayonnement, a paru, debout sur l’autel, brillante, pleine de majesté et de douceur, la Vierge Marie, telle qu’elle est sur ma Médaille  ; une force irrésistible m’a poussé vers Elle. La Vierge m’a fait signe de la main de m’agenouiller. Elle a semblé me dire  : C’est bien  ! Elle ne m’a point parlé mais j’ai tout compris  !  » (Il est ressuscité n° 82, juin 2009, p. 8)

LE SAINT CURÉ D’ARS
1er mai 1836

Notre-Dame d’Ars

Notre-Dame d’Ars,
1er mai 1836.

Le 1er mai 1836, quelques mois avant l’abbé des Genettes (3 décembre 1836) auquel le Ciel fit entendre sa voix  : «  Consacre ta paroisse au Très Saint et Immaculé Cœur de Marie  », le curé d’Ars consacra sa paroisse à l’Immaculée Conception. Il fit sculpter une statue de Notre-Dame et l’orna d’un Cœur en vermeil dans lequel il inscrivit les noms de toutes les familles de la paroisse.

Mademoiselle Étiennette Durié quêtait pour les œuvres du saint Curé. Le 8 mai 1840, elle lui apportait une grosse somme  : «  Monsieur le Curé était seul dans sa chambre. Catherine Lassagne m’ouvrit la porte du presbytère. Je m’engageais dans l’escalier quand j’entendis monsieur Vianney parler comme s’il y avait quelqu’un avec lui. Je monte doucement. J’écoute. Quelqu’un disait d’une voix douce  :

«  Que demandez-vous  ?

 Ah  ! ma bonne Mère, je demande la conversion des pécheurs, la consolation des affligés, le soulagement de mes malades et, en particulier, d’une personne qui souffre depuis longtemps et qui réclame la mort ou la guérison.

 Elle guérira, mais plus tard.  »

Mademoiselle Durié entra dans la pièce, persuadée qu’il s’agissait d’elle-même qui souffrait d’un cancer. Elle vit devant la cheminée une dame vêtue d’une robe éclatante de blancheur, sur laquelle étaient semées des roses d’or  ! Ses souliers étaient blancs comme neige, à ses doigts brillaient les plus riches diamants. Son front était orné d’une couronne d’étoiles qui avait l’éclat du soleil. Avant de disparaître, elle dit au saint curé  :

«  Vous serez toujours mon enfant, et je serai toujours votre Mère.

«  Avec la Sainte Vierge et sainte Philomène, nous nous connaissons bien  », disait le saint Curé.

«  La Sainte Vierge est ma plus vieille affection, je l’ai aimée avant même de la connaître.  »

«  Quand nous avons quelque grâce à demander au Bon Dieu, adressons-nous avec grande confiance à la Sainte Vierge et nous sommes sûrs d’être exaucés.  »

«  Voulons-nous sortir du péché, allons à Marie. Elle nous prendra par la main et nous mènera à son Fils pour recevoir notre pardon.  »

«  Voulons-nous persévérer dans le bien  ? ­Adressons- nous à la Mère de Dieu. Elle nous couvrira du man­teau de sa protection et tout l’enfer ne pourra rien.  »

«  La Sainte Vierge est un rempart continuel contre les attaques du démon.  »

NOTRE-DAME DE LA SALETTE
19 septembre 1846

Notre-Dame de La Salette

Notre-Dame de La Salette,
19 septembre 1846.

Le 19 septembre 1846, la Sainte Vierge apparaît dans les Alpes à deux petits bergers, Mélanie et Maximin, appelant en pleurant “ son ” peuple de France à la conversion, sous peine des pires châtiments s’il s’endurcit dans son péché  :

«  Si mon peuple ne veut pas se soumettre, je suis forcée de laisser aller le bras de mon Fils. Il est si lourd et si pesant que je ne puis plus le retenir. Depuis le temps que je souffre pour vous  ! Si je veux que mon Fils ne vous abandonne pas, je suis chargée de le prier sans cesse pour vous  ; et vous autres, vous n’en faites pas cas  ! Vous aurez beau prier, beau faire, jamais vous ne pourrez récompenser la peine que j’ai prise pour vous  !  »

– Faites-vous bien votre prière, mes enfants  ?  » leur demanda-t-elle ensuite. Et les enfants répondirent  :

 Pas guère, Madame.

 Ah  ! mes enfants, il faut bien la faire soir et matin  ; quand vous ne pourrez pas mieux faire, dites seulement un Pater et un Ave Maria  ; et quand vous aurez le temps, il faut en dire davantage.  »

«  Sa voix était celle d’une maman que ses enfants auraient battue et qui se serait ensauvée dans la montagne pour pleurer à son aise  !  »

Mais cette maman-là parle comme notre très chéri Père Céleste  : en “ Régente ” de son Royaume  !

«  Je vous ai donné six jours pour travailler, je me suis réservé le septième et on ne veut pas me l’accorder. C’est ça qui appesantit tant le bras de mon Fils  ! Ceux qui conduisent des charrettes ne savent pas jurer sans mettre le nom de mon Fils  ! Ce sont les deux choses qui appesantissent tant le bras de mon Fils.

«  Si la récolte se gâte, ce n’est rien qu’à cause de vous autres  ; je vous l’ai fait voir, l’année dernière, par les pommes de terre  : vous n’en avez pas fait cas  ; c’est au contraire, quand vous en trouviez de gâtées, vous juriez, vous mettiez le nom de mon Fils. Elles vont continuer à pourrir et à Noël il n’y en aura plus.  » (CRC n° 324, juillet-août 1996, p. 4-5)

Comment convertir ce peuple, son peuple  ?

LE CURÉ DU MESNIL-SAINT-LOUP

Notre-Dame de la Sainte Espérance

Notre-Dame de la Sainte Espérance,
5 juillet 1852.

L’abbé André, qui deviendra le Père Emmanuel, jeune curé du Mesnil-Saint-Loup, était sur le point de partir pour Rome, afin de demander quelques faveurs au saint pape Pie IX.

Le lundi 14 juin 1852, après avoir célébré la sainte Messe, il quittait Le Mesnil  :

«  Je saluai le Saint-Sacrement, j’allais sortir de l’église, mais il fallut bien s’arrêter aux pieds de la Très Sainte Vierge  ; je me mis à genoux, je récitai un Ave Maria, et je sentis tout aussitôt de grosses larmes dans mes yeux. Il y avait dans ces larmes de la douleur, de la joie, et comme l’annonce de quelque chose d’indéfinissable, à quoi je tâchai de ne point penser afin de cacher mes larmes.  »

Une demi-heure plus tard, dans la diligence qui l’emmenait, il disait son chapelet et voici que «  je me trouvai, raconte-t-il, dans le même état que pendant mon dernier Ave Maria à l’église. Je priais et je pleurais… Donc, pendant cette prière, je sentis tout d’un coup, et cependant très doucement, se changer tout ce que je m’étais proposé de demander à Notre Saint-Père le pape, pour la gloire de la Très Sainte Vierge. Je pensais à Elle, sans plus penser à moi, ni à la voiture, ni à mon voyage. Dans ce moment, elle était tout  ! C’est de ce moment que date le nom de Notre-Dame de la Sainte Espérance […]. Je dis que cela nous fut donné, c’est-à-dire que c’était arrêté dans le Cœur de la Sainte Vierge  ; qu’elle soit bénie  !  »

Le 5 juillet, le jeune prêtre était aux genoux du bienheureux Pie IX. Celui-ci, levant la tête, parut réfléchir, comme s’il eût cherché à comparer ensemble deux pensées, pour apercevoir le rapport de l’une à l’autre  ; puis, se tournant vers lui, après un moment de silence solennel, il parut rempli de joie et, avec un accent de satisfaction bien marqué, il dit  :

«  Notre-Dame de la Sainte Espérance, oui  !  »

Le 15 août suivant, en la fête de l’Assomption, le cœur débordant d’une vive et inénarrable émotion, gravissant l’humble chaire de sa pauvre église, l’abbé André s’épancha sur la tendresse du Cœur de la Sainte Vierge, sur son doux nom de “ Mère de la Sainte Espérance ” qu’elle prenait pour les habitants de cet heureux village.

Il pleurait en parlant, on pleurait en l’écoutant. Et ces larmes étaient… convertissantes  ! Il lança  : «  Notre-Dame de la Sainte Espérance, convertissez-nous  !  »

Cette prière entra dans les âmes, elle y resta. Et Le Mesnil se convertit.

«  JE SUIS L’IMMACULÉE CONCEPTION.  »
Lourdes, 25 mars 1858

Notre-Dame de Lourdes

«  Je suis l’Immaculée conception.  »
Lourdes, 25 mars 1858.

Le pape Pie IX, élu en juin 1846, décida de définir le dogme de l’Immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie. Ce qu’il fit le 8 décembre 1854, d’une voix miraculeusement amplifiée dans l’aula de Saint-Pierre bondée. La Sainte Vierge confirma elle-même la parole de son dévot serviteur. Celui-ci avait promulgué un Jubilé pour l’année 1858. Afin d’en attirer toutes les grâces sur son diocèse, Mgr Laurence, évêque de Tarbes, publia, le 20 janvier 1858, un mandement dans lequel il recommandait aux curés de procurer à leur paroisse des prédicateurs “ extraordinaires ”, en renfort des prédicateurs “ ordinaires ”, ainsi que des confesseurs. «  Dans tous les cas, les fidèles seront préparés à gagner l’indulgence du jubilé par des prédications quotidiennes de deux semaines au moins.  »

Or l’abbé Peyramale, curé de Lourdes, ne trouvait pas de “ prédicateur extraordinaire ” pour sa paroisse.

La Sainte Vierge s’en chargea…

Par son appel à la pénitence et ses miracles innombrables, Notre-Dame de Lourdes sauva la foi de son peuple de France. Le Père Marie-Antoine de Lavaur disait  : «  C’est l’Immaculée Conception de Pie IX et de la grotte de Lourdes qui doit tuer la révolution et sauver le monde.  »

«  MAIS PRIEZ, MES ENFANTS  !  »
Pontmain, 17 janvier 1871

Cependant, la France ne se convertissait pas. En 1870, Dieu châtie cette nation infidèle à “ l’Alliance ” de 1830, quarante ans après  ! L’espace d’une génération, comme dans l’Évangile où Notre-­Seigneur annonce  : «  Avant que ne passe cette génération  », Jérusalem sera prise et dévastée  ; quarante ans plus tard, la prophétie s’accomplit à la lettre, le peuple juif n’ayant «  pas connu le temps de sa visite  ». De la même manière, quarante ans jour pour jour après l’annonce faite par la Reine du Ciel à sainte Catherine, le 19 juillet 1830, éclatait la première des trois guerres franco-­allemandes, le 19 juillet 1870.

Le 2 décembre 1870, près du village de Loigny, le général de Sonis et les zouaves pontificaux du général de Charette sauvent l’armée en déroute. Après une charge héroïque, derrière la bannière du Sacré-Cœur, ils sont décimés. Étendu sur le sol gelé, le général se prépare à la mort quand Notre-Dame de Lourdes lui apparaît  : «  Je puis dire que cette douce image me fut constamment présente toute la nuit que j’ai passée sur ce sol sanglant. Grâce à Notre-Dame, ces heures, pour être longues, n’ont pas été sans consolations  : mes souffrances alors ont été si peu senties que je n’en ai pas gardé le souvenir.  »

Suivirent cependant quarante-cinq jours d’atroces souffrances, supportées avec héroïsme dans un hôpital improvisé où il fallut amputer sa jambe gelée. Alors, son agonie et celle de la France prennent fin.

Le 17 janvier 1871, Notre-Dame apparaît dans le ciel de Pontmain et arrête les Prussiens.

Vers 6 heures du soir, le jeune Eugène Barbedette voit, au-dessus de la maison d’Augustin Guidecoq, une Dame vêtue d’une robe bleue parsemée d’étoiles, portant une couronne sur un voile noir. Elle est dans la même attitude que sur la Médaille miraculeuse et Elle sourit. Eugène est vite rejoint par son frère Joseph puis par Françoise Richer et Jeanne-Marie Lebossé, pensionnaires chez les sœurs institutrices du village.

À l’arrivée de monsieur le Curé devant la grange des Barbedette, une petite croix rouge, qui n’était autre que l’insigne des zouaves du général de Charette, apparaît sur la poitrine de la Dame, ainsi qu’un ovale bleu portant quatre bougies éteintes. En même temps, la Dame se met à grandir et les étoiles viennent «  se taper  » sur la robe jusqu’à la couvrir entièrement.

Après le chapelet la petite assemblée chante le Magnificat. Une banderole blanche se déroule au-­dessous de la Dame et des lettres d’or s’y forment pendant que prières et chants se succèdent  :

 MAIS PRIEZ MES ENFANTS
DIEU VOUS EXAUCERA EN PEU DE TEMPS ●
MON FILS SE LAISSE TOUCHER

Au chant du cantique “ Mère de l’Espérance ”, la Sainte Vierge répond par son plus beau sourire et elle bat la mesure avec ses doigts. La banderole disparaît au chant de “ Mon doux Jésus ”. La Sainte Vierge saisit alors un crucifix rouge sang et son visage revêt une tristesse infinie qui restera gravée dans le cœur des enfants. Elle paraît s’unir aux prières pénitentes en remuant les lèvres. Pendant ce temps, une étoile allume les quatre bougies de l’ovale.

Enfin, pendant le chant de l’Ave maris Stella, le crucifix disparaît. Notre-Dame reprend la position de la Médaille miraculeuse et deux petites croix blanches se piquent sur ses épaules  : les insignes des Croisés. Elle sourit à nouveau, mais plus gravement.

Vers 9 heures du soir, l’abbé Guérin dirige la prière du soir. Un voile blanc se déroule de bas en haut, masquant progressivement la vision.

Le 28 janvier 1871, les Allemands signent l’armistice.

Mais la France ne se convertit pas pour autant  !

NOTRE-DAME DE PELLEVOISIN
1876

«  Elle n’a plus que quelques heures à vivre…  » C’est du moins ce que déclarait le médecin au sujet d’Estelle Faguette, jeune femme de trente ans, atteinte de péritonite aiguë, de phtisie et d’une tumeur abdominale. La mourante se tourne alors vers sa bonne Mère du Ciel qui lui apparaît à cinq reprises durant ce mois de février 1876  :

«  Courage  ! Prends patience  : mon Fils va se laisser toucher.  » Comme à Pontmain.

«  Si mon Fils te rend la vie, je veux que tu publies ma gloire.  » C’est l’annonce de Fatima  :

«  Dieu veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur Immaculé.  »

«  Je suis toute miséricordieuse et maîtresse de mon Fils.  »

Dans la nuit du 18 au 19 février, alors qu’Estelle souffrait horriblement, la Sainte Vierge lui accorde la guérison, à la grande stupéfaction des médecins.

Suivirent dix autres apparitions entre le 1er juillet et le 8 décembre 1876.

«  Je suis toute miséricorde. Le Cœur de mon Fils a tant d’amour pour le mien, qu’Il ne peut refuser mes demandes.  »

«  Dans l’Église, il n’y a pas ce calme que je désire… il y a quelque chose [un vent de “ Réforme ”]. Qu’ils prient et qu’ils aient confiance en moi  !… Et la France  ! Que n’ai-je pas fait pour elle  ! Que d’avertissements et pourtant elle refuse encore de m’entendre… La France souffrira. Courage et confiance.  »

«  Depuis longtemps les trésors de mon Fils sont ouverts  : qu’ils prient  !  »

Estelle est le symbole de la France, malade de la Révolution, et elle est aussi la figure de l’Église en proie au modernisme naissant. Le remède pour l’une et l’autre est de se tourner vers la Sainte Vierge. Cette apparition est donc une promesse de résurrection pour la France et pour l’Église  !

Lors de la dernière apparition, le 8 décembre 1876, Notre-Dame donna à Estelle Faguette le scapulaire du Sacré-Cœur. Une face portait le Sacré-Cœur de Jésus. Au verso, la voyante fit représenter l’image de la Sainte Vierge, Mère de Miséricorde.

«  Rien ne me sera plus agréable que de voir cette livrée sur chacun de mes enfants, et qu’ils s’appliquent tous à réparer les outrages que mon Fils reçoit dans le Sacrement de son amour. Voilà les grâces que je répands sur ceux qui le porteront avec confiance. Ces grâces sont de mon Fils  ; je les prends dans son Cœur  ; Il ne peut me les refuser.  »

Tout le message de Fatima est déjà là  !

LE GRAND CHAGRIN DE LA SAINTE VIERGE
Lisieux, 13 mai 1883

Vierge du sourire, Lisieux

La “ Vierge du sourire ” devant laquelle s’agenouillèrent les enfants Martin, pour obtenir de la Vierge Marie la guérison de leur petite soeur Thérèse, le 13 mai 1883.

Un dimanche, le 13 mai 1883, fête de la Pentecôte, au cours «  de la neuvaine de Messes  » que monsieur Martin faisait dire à Paris, à Notre-Dame des Victoires, «  pour qu’elle guérisse sa pauvre petite fille  », Thérèse était en proie à un mal mystérieux qui «  venait certainement du démon  ».

Ses sœurs étaient à son chevet au pied de «  la Statue miraculeuse de la Sainte Vierge qui avait parlé deux fois à Maman […]. La pauvre petite Thérèse s’était aussi tournée vers sa Mère du Ciel; elle la priait de tout son cœur d’avoir enfin pitié d’elle.  »

La réponse ne se fit pas attendre plus longtemps  :

«  Tout à coup, la Sainte Vierge me parut belle, si belle, que jamais je n’avais vu rien de si beau, son visage respirait une bonté et une tendresse ineffable, mais ce qui me pénétra jusqu’au fond de l’âme, ce fut “ le ravissant sourire de la Sainte Vierge ”. Alors toutes mes peines s’évanouirent.  » (Histoire d’une âme)

Notre Père disait  : «  C’est vraiment un très grand miracle. Ce très grand miracle est double, parce que c’est une véritable vision, une apparition de la Sainte Vierge qui sourit à l’enfant et, par son sourire, la libère de la puissance du démon.  »

Toute sa vie, sainte Thérèse, que le pape saint Pie X tenait pour «  la plus grande sainte des temps modernes  », et que notre Père disait être une «  miniature de l’Immaculée  », fut l’enjeu d’un combat entre «  le démon et la Bienheureuse Vierge Marie  », figurant cet assaut que la Sainte Église devait subir au vingtième siècle. Particulièrement dans l’épreuve de la foi, endurée pendant les derniers dix-huit mois de sa courte existence  :

«  Il me semble que les ténèbres, empruntant la voix des pécheurs, me disent en se moquant de moi  : “ Tu rêves la lumière, une patrie embaumée des plus suaves parfums, tu rêves la possession éternelle du Créateur de toutes ces merveilles, tu crois sortir un jour des brouillards qui t’environnent  ! Avance, avance, réjouis-toi de la mort qui te donnera, non ce que tu espères, mais une nuit plus profonde encore, la nuit du néant. ”

«  Mère bien-aimée, l’image que j’ai voulu vous donner des ténèbres qui obscurcissent mon âme est aussi imparfaite qu’une ébauche comparée au modèle  ; cependant je ne veux pas en écrire plus long, je craindrais de blasphémer… j’ai peur même d’en avoir trop dit... [Mère Agnès, Pauline, confiera que « Thérèse se sentait parfois assaillie avec une telle violence par un esprit de blasphème qu’elle se mordait fortement les lèvres pour ne pas proférer les paroles impies qui lui venaient comme malgré elle ».] Ah  ! que Jésus me pardonne si je lui ai fait de la peine, mais Il sait bien que tout en n’ayant pas la jouissance de la foi, je tâche au moins d’en faire les œuvres. Je crois avoir fait plus d’actes de foi depuis un an que pendant toute ma vie. Seigneur, si par impossible vous-même deviez ignorer ma souffrance, je serais encore heureuse de la posséder si par elle je pouvais empêcher ou réparer une seule faute commise contre la foi

«  Mon épreuve est un mur qui s’élève jusqu’aux cieux et couvre le firmament étoilé… Lorsque je chante le bonheur du Ciel, l’éternelle possession de Dieu, je n’en ressens aucune joie, car je chante simplement ce que je veux croire.  » (juin 1897)

NOTRE-DAME DE FATIMA
MÉDIATRICE DE TOUTES GRÂCES

«  Chère petite Thérèse, j’avais dix-sept ans quand je lus ton Autobiographie, elle me fit l’effet d’un coup de tonnerre  », dira en 1973 en s’adressant à sainte Thérèse Albino Luciani, futur Jean-Paul Ier. «  Tu l’avais appelée “ Histoire printanière d’une petite fleur blanche ”. Elle m’apparut comme l’histoire d’une barre d’acier, par la force de volonté, le courage et la décision qu’elle révélait. À partir du moment où tu as choisi le chemin de la consécration à Dieu, rien ne t’a ­arrêtée  : ni la maladie, ni les oppositions extérieures, ni les nuages et les obscurités intérieures.  » (Albino Luciani, Humblement vôtre, p. 189)

La foi des petits voyants de Fatima sera de cette trempe, vingt ans plus tard.

Ils ne cessèrent d’imiter, jour et nuit, jusqu’à tomber de fatigue, l’Ange du Portugal, du jour où ils le virent s’agenouiller à terre et courber le front jusqu’au sol, en disant  :

«  Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et je vous aime. Je vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas, qui n’adorent pas, qui n’espèrent pas, qui ne vous aiment pas.  »

Après avoir répété trois fois cette prière, l’Ange leur recommanda, avant de les quitter  :

«  Priez ainsi  ! Les Cœurs de Jésus et de Marie sont attentifs à la voix de vos supplications.  » Par lesquelles vous demandez pardon «  pour ceux qui ne croient pas, qui n’adorent pas, qui n’espèrent pas, qui n’aiment pas  ».

L’Ange revint au cours de l’été et trouva les enfants en train de jouer près du puits de l’Arneiro  :

«  Que faites-vous  ?  ! Priez, priez beaucoup  ! Les Saints Cœurs de Jésus et de Marie ont sur vous des desseins de miséricorde. Offrez sans cesse au Très-Haut des prières et des sacrifices  » qui appellent cette miséricorde sur «  ceux qui ne croient pas, n’adorent pas, n’espèrent pas, n’aiment pas  ».

Sœur Lucie expliquera  : «  C’est à cette prière et à ces sacrifices que les Cœurs de Jésus et de Marie sont attentifs  ; ils les accueillent et les présentent au Père comme le fruit continuel de son œuvre rédemptrice pour le salut de l’humanité.  »

– Comment devons-nous nous sacrifier  ? demanda Lucie.

«  Mangez et buvez le Corps et le Sang de Jésus-Christ, horriblement outragé par les hommes ingrats. Réparez leurs crimes et consolez votre Dieu.  » (Sculpture de frère Henry de la Croix, en calcaire de Migné.)

 De tout ce que vous pourrez, offrez à Dieu un sacrifice, en acte de réparation envers Dieu, pour les péchés par lesquels il est offensé, et de supplication pour la conversion des pécheurs. De cette manière, vous attirerez la paix sur votre patrie.  » La fin de la guerre sera le signe que votre prière est agréée.

Car la guerre est la conséquence du péché par lequel Dieu est offensé. Celui qui «  ne croit pas, n’adore pas, n’espère pas, n’aime pas Dieu  », n’aime pas son prochain… et lui fait la guerre  !

La guerre est donc le châtiment, non pas vengeur, mais médicinal de l’impiété puisqu’elle appelle la miséricorde de Dieu sur les pécheurs et leur patrie  :

«  Je suis son Ange gardien, l’Ange du Portugal. Surtout, acceptez et supportez avec soumission les souffrances que le Seigneur vous enverra.  »

Ces paroles vouent les innocents enfants auxquels elles sont adressées à s’offrir en victimes pour le salut de leur patrie. En union avec la divine Victime à laquelle ils ont communié de la main de l’Ange dans une troisième visite, à l’automne 1916.

Les voyants étaient au Cabeço, agenouillés, le visage contre terre pour réciter la prière qu’il leur avait apprise la première fois  : «  Mon Dieu, je crois, j’adore…  » quand une lumière inconnue leur fit relever la tête. Le même Ange était là, tenant dans sa main gauche un calice au-dessus duquel était une Hostie. Des gouttes de Sang en tombaient dans le calice. Laissant le Calice et l’Hostie suspendus en l’air, il se prosterna jusqu’à terre et répéta trois fois cette prière  :

«  Très Sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, je vous adore profondément, et je vous offre les très précieux Corps, Sang, Âme et Divinité de Jésus-Christ, présent dans tous les tabernacles de la terre, en réparation des outrages, sacrilèges et indifférences par lesquels Il est lui-même offensé. Par les mérites infinis de son très Saint Cœur et du Cœur Immaculé de Marie, je vous demande la conversion des pauvres pécheurs.  »

L’Ange se releva, donna la Sainte Hostie à Lucie et partagea le Précieux Sang entre François et Jacinthe en disant  :

«  Mangez et buvez le Corps et le Sang de Jésus-Christ, horriblement outragé par les hommes ingrats. Réparez leurs crimes et consolez votre Dieu.  »

Il se prosterna de nouveau, répéta encore trois fois la même prière avec Lucie, François et Jacinthe, puis il disparut.

Poussés par une force surnaturelle, les enfants l’avaient imité en tout et ils continuèrent à prier dans la même attitude jusqu’au soir.

PREMIÈRE APPARITION DE L’ANGE
(Printemps 1916)

«  Il s’agenouilla à terre, et courba le front jusqu’au sol. Poussés par un mouvement surnaturel, nous l’imitâmes, et nous répétâmes les paroles que nous lui entendions prononcer  :

«  Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et je vous aime. Je vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas, qui n’adorent pas, qui n’espèrent pas, qui ne vous aiment pas.

«  Après avoir répété trois fois cette prière, il se releva et nous dit  : Priez ainsi  ! Les Cœurs de Jésus et de Marie sont attentifs à la voix de vos supplications.  »

DEUXIÈME APPARITION DE L’ANGE, À L’ARNEIRO
(Été 1916)

«  Priez, priez beaucoup  ! Les Saints Cœurs de Jésus et de Marie ont sur vous des desseins de miséricorde. Offrez sans cesse au Très-Haut des prières et des sacrifices.  »

«  OFFREZ SANS CESSE…  »

Vous pensez si les bons enfants dès lors s’employèrent à «  consoler  » leur Dieu avec une inlassable tendresse  : «  À partir de ce moment, rapporte Lucie, nous avons commencé à offrir au Seigneur tout ce qui nous mortifiait, mais sans chercher à nous imposer des pénitences particulières, sauf celles de passer des heures entières prosternés sur le sol à répéter la prière que l’Ange nous avait apprise.  »

Par une grâce infuse, les paroles de l’Ange avaient pénétré très profondément dans leurs âmes  :

«  Elles se gravèrent dans notre esprit, écrit Lucie, comme une lumière qui nous faisait comprendre qui est Dieu, combien il nous aime et veut être aimé de nous, la valeur du sacrifice, et combien celui-ci lui est agréable, comment, par égard pour lui, Dieu convertit les pécheurs. C’est pourquoi, à partir de ce moment, nous avons commencé à offrir au Seigneur tout ce qui nous mortifiait…  »

À celui qui lit ces confidences de Lucie, avec foi en ce message descendu du Ciel, est donnée la grâce d’une «  incitation à adorer Dieu dans le mystère de la Très Sainte Trinité  ». Cette prière fut pour Lucie, de son propre aveu, «  d’un grand secours dans mon union à Dieu  ». Comme saint Luc nous le dit de la Sainte Vierge, elle ne cessait de la «  méditer dans son cœur  »  :

«  Sainte Trinité, Dieu unique et véritable, en qui je crois et j’espère, je vous adore et je vous aime  ; acceptez mon amour et mon humble adoration. Ce que j’ai à vous donner est si peu que je vous demande d’accepter, en compensation de mon indignité, les mérites infinis du Cœur de Jésus et ceux du Cœur Immaculé de Marie, et en échange je vous demande la conversion des pauvres pécheurs.  »

Car c’est de cela qu’il s’agit, c’est de là que naît l’urgence  : elle naît de la nécessité d’obtenir «  la conversion des pauvres pécheurs  ».

Telle est la volonté de notre Père Céleste et de son Fils Jésus-Christ. Non seulement, ils nous invitent nous-mêmes à “ croire ”, “ espérer ” et “ aimer ”, mais ils nous demandent de nous prosterner avec confusion et contrition pour nous et pour nos frères, de reconnaître la sainteté, la majesté, l’autorité de notre Roi et de notre Mère à tous, leur bonté infinie et leur miséricorde, puis de confesser que le monde est ingrat, injurieux à Dieu et mérite les pires châtiments par son impiété, sa révolte et son immense apostasie.

13 MAI 1917
«  JE SUIS DU CIEL.  »

Première Apparition de Notre-Dame 
(13 mai 1917«  JE SUIS DU CIEL.  »
«  Voulez-vous vous offrir à Dieu pour supporter toutes les souffrances qu’Il voudra vous envoyer, en acte de réparation pour les péchés par lesquels Il est offensé, et de supplication pour la conversion des pécheurs  ? – Oui, nous le voulons.  »

Elle descend du Ciel, messagère de miséricorde, comme une divine surprise, à l’heure de l’An­gélus  : midi  !

«  D’où vient Votre Grâce  ? demande Lucie.

 Je suis du Ciel.

 Et que veut de moi Votre Grâce  ?

 Je suis venue vous demander de venir ici pendant six mois de suite, le 13, à cette même heure. Ensuite, je vous dirai qui je suis et ce que je veux.  »

La belle Dame, qui ne disait pas son nom, leur apparaissait sur un petit chêne-vert, toute vêtue de blanc et plus brillante que le soleil, et elle les enveloppait de la lumière… «  du Ciel  ».

Le Ciel  ! «  seul but de tous nos travaux  !  »

À ce mot, Lucie demande aussitôt  :

«  Et moi aussi, est-ce que j’irai au Ciel  ?

 Oui, tu iras.

 Et Jacinthe  ?

 Aussi.

 Et François  ?

 Aussi, mais il devra réciter beaucoup de chapelets.  »

Lucie se souvint de deux jeunes filles du village, mortes depuis peu.

«  Est-ce que Maria das Neves est déjà au Ciel  ?

 Oui, elle y est.

 Et Amélia  ?

 Elle sera au Purgatoire jusqu’à la fin du monde.

Quel choc  ! Au siècle précédent, Notre-Dame était apparue comme une mère affligée par les mauvais traitements que ses enfants lui auraient infligés à La Salette, le 19 septembre 1846. Cette fois, la Dame demanda à Lucie, François et Jacinthe  :

«  Voulez-vous vous offrir à Dieu pour supporter toutes les souffrances qu’Il voudra vous envoyer, en acte de réparation pour les péchés par lesquels Il est offensé, et de supplication pour la conversion des pécheurs  ?

 Oui, nous le voulons, répondit Lucie.

– Vous aurez alors beaucoup à souffrir, mais la grâce de Dieu sera votre réconfort.  »

La Sainte Vierge ouvrit alors les mains pour la première fois et communiqua aux voyants une lumière si intense qu’elle pénétra jusqu’au plus profond de leur âme. Ils se virent eux-mêmes en Dieu qui était cette lumière et, tombant à genoux, ils répétèrent intérieurement  :

«  Ô Très Sainte Trinité, je Vous adore. Mon Dieu, mon Dieu, je Vous aime dans le Très Saint- Sacrement.  »

Les premiers moments passés, dans cette étroite union à Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit, présent en eux et dans tous les tabernacles de la terre, Notre-Dame ajouta  :

«  Récitez le chapelet tous les jours afin d’obtenir la paix pour le monde et la fin de la guerre.

 Pouvez-vous me dire si la guerre durera encore longtemps, ou si elle va bientôt finir  ?

 Je ne puis te le dire encore, tant que je ne t’ai pas dit aussi ce que je veux.  » Et qui est la condition de la fin de la guerre…

De retour à la maison, Jacinthe, débordante d’allégresse, ne peut s’empêcher de raconter à sa maman  : «  Nous avons vu la Sainte Vierge  !  » Et nous de même, mes bien chers frères  : au récit de ces événements, pensez que la Sainte Vierge existe  ! son existence est rendue palpable à notre génération. Et que veut-elle  ?

13 JUIN 1917
LE CŒUR IMMACULÉ DE MARIE

Deuxième Apparition de Notre-Dame
(13 juin 1917)
LE COEUR IMMACULÉ DE MARIE ENTOURÉ D’ÉPINES.

Ce qu’Elle veut  ? Elle va nous le dire le mois suivant, 13 juin, lors de la deuxième apparition  :

«  Que veut de moi Votre Grâce  ? demande Lucie, avec son exquise courtoisie  :

 Je veux que vous veniez ici le 13 du mois prochain, que vous disiez le chapelet tous les jours et que vous appreniez à lire. Ensuite, je vous dirai ce que je veux.

 Je voudrais vous demander de nous emmener au Ciel.

 Oui, François et Jacinthe, je les emmènerai bientôt, mais toi, Lucie, tu resteras ici pendant un certain temps. Jésus veut se servir de toi afin de me faire connaître et aimer. Il veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur Immaculé. À qui embrassera cette dévotion, je promets le salut, ces âmes seront chéries de Dieu, comme des fleurs placées par moi pour orner son trône.

 Je vais rester ici toute seule  ? demanda-t-elle avec peine.

– Non, ma fille. Tu souffres beaucoup  ? Ne te décourage pas, je ne t’abandonnerai jamais  ! Mon Cœur Immaculé sera ton refuge et le chemin qui te conduira jusqu’à Dieu.  »

Elle ne sera donc jamais seule  ! et nous non plus qui avons clairement reçu la vocation de faire connaître et aimer le Cœur Immaculé de Marie à la suite de cette sainte maintenant montée au Ciel  !

«  Ce fut au moment où elle prononça ces dernières paroles qu’elle ouvrit les mains et nous communiqua, pour la deuxième fois, le reflet de cette lumière immense [qui est Dieu même]. En elle, nous nous vîmes comme submergés en Dieu. Jacinthe et François semblaient se trouver dans la partie de cette lumière qui s’élevait vers le Ciel [où ils seront bientôt], et moi dans celle qui se répandait sur la terre [où Lucie restera « pendant un certain temps »].

«  Devant la paume de la main droite de Notre-Dame se trouvait un Cœur entouré d’épines qui semblaient s’y enfoncer. Nous avons compris que c’était le Cœur Immaculé de Marie, outragé par les péchés de l’humanité, qui demandait réparation.

«  Il me semble, explique Lucie, que, ce jour-là, ce reflet avait pour but principal d’infuser en nous une connaissance et un amour spécial envers le Cœur Immaculé de Marie; de même que la première fois il avait eu ce même but, mais par rapport à Dieu et au mystère de la très Sainte Trinité. Depuis ce jour, nous sentîmes au cœur un amour plus ardent envers le Cœur Immaculé de Marie.  »

13 JUILLET 1917
«  VOUS AVEZ VU L’ENFER…  »

Troisième Apparition de Notre-Dame (13 juillet 1917)
«  Vous avez vu l’enfer où vont les âmes des pauvres pécheurs. Pour les sauver, Dieu veut établir dans le monde la dévotion à mon Coeur Immaculé. Si on fait ce que je vais vous dire, beaucoup d’âmes se sauveront.  »

Le lendemain, 14 juin, le curé de Fatima interrogea les enfants sur les apparitions, et il conclut  : «  Cela pourrait être une tromperie du démon. Nous allons voir. L’avenir nous dira ce que nous devons en penser.  » Cette réflexion fit beaucoup souffrir Lucie car elle n’imaginait pas qu’un prêtre puisse se tromper.

Le démon tenta de faire échouer le rendez-vous de juillet en apparaissant lui aussi à Lucie dans un rêve  :

«  Je vis le démon qui, riant de m’avoir trompée, faisait des efforts pour m’entraîner en enfer. En me voyant entre ses griffes, je commençai à crier si fort en appelant Notre-Dame que je réveillai ma mère, laquelle m’appela, affligée, me demandant ce que j’avais. Je ne me souviens pas de ce que je lui répondis. Tout ce dont je me souviens, c’est que cette nuit-là je ne pus me rendormir, car j’étais transie de peur. Ce rêve laissa dans mon esprit un nuage de véritable peur et d’affliction.  »

Après avoir annoncé à François et Jacinthe sa ferme décision de ne pas aller au rendez-vous de la Dame dont monsieur le Curé avait dit que c’était peut-être «  une tromperie du démon  », quand vint l’heure de partir pour la Cova da Iria, le 13 juillet, Lucie se sentit poussée à s’y rendre par une force à laquelle il lui fut impossible de résister. Passant par la maison de ses cousins, elle les trouva à genoux dans la chambre de Jacinthe, priant et pleurant. En un instant, le trio se reforma pour courir au céleste rendez-vous.

À peine arrivés, les pastoureaux virent le reflet de la lumière habituelle et Notre-Dame apparut sur le chêne-vert. Comme Lucie demeurait en extase, Jacinthe intervint  :

«  Allons, Lucie, parle  ! Ne vois-tu pas qu’Elle est déjà là et qu’Elle veut te parler  ?  »

Humblement, comme pour implorer son pardon après avoir douté d’Elle, Lucie demanda  :

«  Que veut de moi Votre Grâce  ?

 Je veux que vous veniez ici le 13 du mois qui vient, que vous continuiez à réciter le chapelet en l’honneur de Notre-Dame du Rosaire, pour obtenir la paix du monde et la fin de la guerre, parce qu’Elle seule pourra vous secourir.  » Qui donc  ? «  Notre-Dame du Rosaire  », dont Elle parle à la troisième personne  !

Pensant à sa mère et à monsieur le Curé qui doutaient des apparitions, Lucie demanda à la Sainte Vierge, car c’est Elle  ! les enfants l’ont bien compris dès le 13 mai, de faire un miracle.

«  Continuez à venir ici tous les mois. En octobre, Je dirai qui Je suis, ce que Je veux, et Je ferai un miracle que tous verront pour croire.  »

Puis elle implora  :

«  Sacrifiez-vous pour les pécheurs, et dites souvent à Jésus, spécialement lorsque vous ferez un sacrifice  : Ô Jésus, c’est par amour pour vous, pour la conversion des pécheurs, et en réparation des péchés commis contre le Cœur Immaculé de Marie.  »

Comme les mois précédents, la Dame ouvrit les mains  :

«  Le reflet de la lumière parut pénétrer la terre, raconte Lucie, et nous vîmes comme un océan de feu. Plongés dans ce feu nous voyions les démons et les âmes des damnés.

«  Celles-ci étaient comme des braises transpa­rentes, noires ou bronzées, ayant formes humaines. Elles flottaient dans cet ­incendie, soulevées par les flammes qui sortaient d’elles-mêmes, avec des nuages de fumée. Elles retombaient de tous côtés, comme les étincelles dans les grands incendies, sans poids ni équilibre, au milieu des cris et des gémissements de douleur et de désespoir qui horrifiaient et faisaient trembler de frayeur.

«  C’est à la vue de ce spectacle que j’ai dû pousser ce cri  : “ Aïe  ! ” que l’on dit avoir entendu de moi.

«  Les démons se distinguaient des âmes des damnés par des formes horribles et répugnantes d’animaux effrayants et inconnus, mais transparents comme de noirs charbons embrasés.

«  Cette vision ne dura qu’un moment, grâce à notre bonne Mère du Ciel qui, à la première apparition, nous avait promis de nous emmener au Ciel. Sans quoi, je crois que nous serions morts d’épouvante et de peur.  »

Les trois pastoureaux, le 13 juillet 1917, peu après la terrifiante vision de l’enfer.

Effrayés, les enfants levèrent les yeux vers Notre-Dame, comme pour lui demander secours. Elle leur dit avec bonté et tristesse  :

«  Vous avez vu l’enfer où vont les âmes des pauvres pécheurs. Pour les sauver, Dieu veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur Immaculé. Si l’on fait ce que je vais vous dire, beaucoup d’âmes se sauveront et l’on aura la paix.  »

Dès maintenant, «  la guerre va finir. Mais si l’on ne cesse d’offenser Dieu, sous le règne de Pie XI, en commencera une autre pire. Quand vous verrez une nuit illuminée par une lumière inconnue, sachez que c’est le grand signe que Dieu vous donne qu’il va punir le monde de ses crimes par le moyen de la guerre, de la famine et des persécutions contre l’Église et le Saint-Père.  »

Ce «  signe  » dans la «  nuit  » a été observé au soir du mardi 25 janvier 1938; il annonçait la Seconde Guerre mondiale, puisqu’on ne cessait d’offenser Dieu depuis la paix de 1918. La Sainte Vierge avait pourtant tout fait «  pour empêcher cela  », comme Elle l’avait promis en poursuivant, ce 13 juillet 1917  :

«  Je viendrai demander la consécration de la Russie à mon Cœur Immaculé et la Communion réparatrice des premiers samedis. Si l’on écoute mes demandes, la Russie se convertira et l’on aura la paix. Sinon, elle répandra ses erreurs à travers le monde, provoquant des guerres et des persécutions contre l’Église. Les bons seront martyrisés, le Saint-Père aura beaucoup à souffrir, plusieurs nations seront anéanties.

«  À la fin mon Cœur Immaculé triomphera. Le Saint-Père me consacrera la Russie qui se convertira, et il sera donné au monde un certain temps de paix.

«  Au Portugal se conservera toujours le dogme de la foi.  »

C’est à Pontevedra qu’Elle est venue demander la Communion réparatrice des premiers samedis. Le 10 décembre 1925, elle apparut à sœur Lucie avec, à côté d’Elle, porté par une nuée lumineuse, l’Enfant-Jésus.

«  La Très Sainte Vierge mit la main sur mon épaule et me montra, en même temps, un Cœur entouré d’épines qu’elle tenait dans l’autre main. Au même moment, l’Enfant dit  : “ Aie compassion du Cœur de ta très Sainte Mère entouré des épines que les hommes ingrats lui enfoncent à tout moment, sans qu’il y ait personne pour faire acte de réparation afin de les en retirer. ”

«  Ensuite, la Très Sainte Vierge me dit  : “ Vois, ma fille, mon Cœur entouré d’épines que les hommes ingrats m’enfoncent à chaque instant par leurs blasphèmes et leurs ingratitudes. Toi, du moins, tâche de me consoler et dis que tous ceux qui, pendant cinq mois, le premier samedi, se confesseront, recevront la sainte Communion, réciteront un chapelet, et me tiendront compagnie pendant quinze minutes en méditant sur les quinze mystères du Rosaire, en esprit de réparation, je promets de les assister à l’heure de la mort avec toutes les grâces nécessaires pour le salut de leur âme. ”

«  Après cette grâce, comment pouvais-je me soustraire au plus petit sacrifice que Dieu voudrait me demander  ? Pour consoler le Cœur de ma chère Mère du Ciel, je serais contente de boire jusqu’à la dernière goutte le calice le plus amer.  »

Ce qu’elle fit «  pendant un certain temps  », sa longue vie durant.

La théophanie de Tuy ( 13 juin 1929 )

La théophanie de Tuy
(13 juin 1929)

Puis Notre-Dame est revenue à Tuy, en Espagne, le 13 juin 1929. Sœur Lucie y fut favorisée d’une grandiose théophanie trinitaire, eucharistique et mariale au cours de laquelle Notre-Dame lui dit  :

«  Le moment est venu où Dieu demande au Saint-Père de faire, en union avec tous les évêques du monde, la consécration de la Russie à mon Cœur Immaculé, promettant de la sauver par ce moyen. Elles sont si nombreuses les âmes que la justice de Dieu condamne pour des péchés commis contre moi, que je viens demander réparation [pour les sauver de l’Enfer où elles se précipitent si elles continuent !]. Sacrifie-toi à cette intention et prie.  »

Ces choses annoncées en toutes lettres à des enfants en 1917, au cœur de la Première Guerre mondiale, devaient demeurer “ secrètes ” jusqu’à la Seconde, pour réserver la liberté du Pape de changer le cours de l’histoire par son obéissance aux volontés de la Sainte Vierge. S’il avait consacré la Russie au Cœur Immaculé de Marie, la Deuxième Guerre mondiale n’aurait pas eu lieu  !

Aujourd’hui, nous pouvons constater que tout est accompli des avertissements de cette deuxième partie du secret  : la première partie avait montré l’éternelle et terrifiante existence de l’enfer dans l’au-delà, la deuxième partie annonçait “ l’enfer ” sur la terre, comme ultime miséricorde de notre très chéri Père Céleste pour nous persuader de nous convertir. Tout s’est accompli à la lettre parce que personne, à l’exception de Lucie, messagère de Notre-Dame, ne fit cas de ces avertissements.

Notre-Dame savait d’avance qu’il en serait ainsi, c’est pourquoi elle décrivit les conséquences de cette désobéissance par une vision rédigée en 1944, et publiée… en l’an 2000  ! Alors qu’Elle avait demandé  : «  1960, au plus tard  »  ! Comme un nouvel avertissement. C’est ce qu’on appelle le “ troisième secret ”  :

Vision du 3e secret de Fatima

«  Le Saint-Père aura beaucoup à souffrir.  »

«  Nous vîmes à gauche de Notre-Dame, un peu plus haut, un Ange avec une épée de feu à la main gauche  ; elle scintillait, émettait des flammes qui paraissaient devoir incendier le monde  ; mais elles s’éteignaient au contact de l’éclat que, de sa main droite, Notre-Dame faisait jaillir vers lui  : l’Ange, désignant la terre de sa main droite, dit d’une voix forte  :

«  “ Pénitence, Pénitence, Pénitence  ! ”  »

Ce n’était pas le programme du pape Jean XXIII convoquant, en 1959, un Concile pour la “ Réforme ” de l’Église  ! et non pas pour son amendement… Aussi déclara-t-il, après avoir pris connaissance de ce “ secret ”, qu’il ne concernait pas son pontificat  !

«  Et nous vîmes dans une lumière immense qui est Dieu “ quelque chose de semblable à l’image que renvoie un miroir quand une personne passe devant ”  : un Évêque vêtu de Blanc.  »

«  Un évêque  »  : donc portant une mitre…

«  “ Nous eûmes le pressentiment que c’était le Saint-Père. ”  » Mais dépouillé de la tiare  ! Extraordinaire prophétie du geste de Paul VI, déposant la tiare pour ne plus jamais la remettre.

«  Plusieurs autres évêques, prêtres, religieux et religieuses gravissaient une montagne escarpée, au sommet de laquelle était une grande Croix de troncs bruts comme si elle était en chêne-liège avec l’écorce.  »

«  Sur la Croix il y avait le Christ  », précisera sœur Lucie en réponse à une question du Père Kondor. Il est remarquable qu’elle n’a pas pensé à le dire en rédigeant le Secret où le crucifix est présenté sans ornement  : «  une grande Croix de troncs bruts comme si elle était en chêne-liège avec l’écorce  ».

Après deux mille ans de dévotion et de culte rendus à ce Jésus crucifié, il était crucifié une seconde fois par l’apostasie.

«  Le Saint-Père, avant d’y arriver, traversa une grande ville à moitié en ruine et, à moitié tremblant, d’un pas vacillant, affligé de douleur et de peine, il priait pour les âmes des cadavres qu’il trouvait sur son chemin. Parvenu au sommet de la montagne, prosterné à genoux au pied de la grande Croix, il fut tué par un groupe de soldats qui lui tirèrent plusieurs coups et des flèches. Et de la même manière moururent les uns après les autres les évêques, prêtres, religieux et religieuses, et divers laïcs, des messieurs et des dames de rangs et de conditions différentes.  »

Ces paroles annoncent une marche incertaine de Pierre sur lequel l’Église est fondée comme sur un roc inébranlable  ; ici il est «  vacillant  ». Une consomption de l’Église en résulte, à laquelle nous assistons depuis «  1960  ».

Ce grand “ secret ” s’achève ainsi  :

«  Sous les deux bras de la Croix, il y avait deux Anges, chacun avec un vase de cristal à la main, dans lequel ils recueillaient le sang des martyrs, et avec lequel ils arrosaient les âmes qui s’approchaient de Dieu.  »

Pour racheter les défaillances de Pierre, «  le sang des martyrs  » féconde les âmes en quête de la grâce. Nous sommes parvenus à cette échéance, mes frères  !

Ainsi s’achève cette vision du 13 juillet 1917. Notre-Dame ajouta  :

«  Cela, ne le dites à personne. À François, oui, vous pouvez le dire [c’est pourquoi on appelle toute la révélation de ce 13 juillet 1917, le “ secret de Fatima ”].

«  Quand vous récitez le chapelet, dites après chaque mystère  : “ Ô mon Jésus, pardonnez-nous, préservez- nous du feu de l’enfer, attirez au Ciel toutes les âmes, surtout celles qui en ont le plus besoin. ”  »

Telles sont les raisons de ce «  secret  » qui était destiné à nous faire connaître, le jour où il serait dévoilé, les causes de l’amertume et de la préoccupation du Cœur Immaculé de Marie  : «  toutes les âmes  » se trouvent en grand danger de damnation éternelle, du fait de la marche «  vacillante  » du Vicaire de Jésus-Christ, chacune de nos âmes, la mienne, la vôtre, celle de notre prochain  ! Nous sommes avertis  !

Le 19 mars 1939, vingt ans plus tard, à la veille de la guerre, la messagère de Notre-Dame écrira au Père Aparicio  :

«  De la pratique de cette dévotion unie à la consécration au Cœur Immaculé de Marie, dépend la guerre ou la paix du monde. C’est pourquoi je désirais tant sa propagation et surtout aussi parce que telle est la volonté de notre Bon Dieu et de notre si chérie Mère du Ciel.  »

Telle sera, désormais, “ la grande affaire de toute sa vie ”. Le 16 décembre 1940, elle écrit au même  :

«  La mission pour laquelle Dieu m’a destinée dans le monde, je ne crois pas que ce soit d’être prophète  ; mais peut-être de crier dans le désert, où Dieu seul entend.  »

PREMIÈRE VISION À L’ARNEIRO  :

Jacinthe en octobre 1917

«  Je ne sais pas comment, j’ai vu le Saint-Père dans une très grande maison, agenouillé devant une table, la tête dans les mains et pleurant. Au-dehors, il y avait beaucoup de gens et certains lui jetaient des pierres, d’autres le maudis­saient et lui disaient de très vilaines paroles. Pauvre Saint-Père  ! Nous devons beaucoup prier pour lui  !  »Première vision de Jacinthe au puits de l’Arneiro

DEUXIÈME VISON AU CABEÇO  :

Deuxième vision de Jacinthe au Cabeço«  Oh  ! Lucie  ! Ne vois-tu pas tant de routes, tant de chemins et de champs pleins de gens morts, perdant leur sang, et d’autres gens qui pleurent de faim et n’ont rien à manger  ? Et le Saint-Père, dans une église, priant devant le Cœur Immaculé de Marie  ? Et tant de monde qui prie avec lui  ?  »

LE CRI DE DIEU

L’angoisse que Notre-Dame a laissé paraître dans chacune de ses apparitions à Fatima est l’écho du “ cri ” de Dieu.

Sœur Lucie écrit, le 1er novembre 1943, au Père Umberto Pasquale une lettre où l’on retrouve des thèmes du grand Secret, notamment le vibrant appel à la «  pénitence  » que sœur Lucie avait présent à l’esprit, puisque, quinze jours auparavant, Mgr da Silva lui avait donné l’ordre d’écrire le Secret  :

«  Comme vous le savez, à la Cova da Iria, Notre-Dame s’est plainte des nombreux péchés par lesquels Dieu est très offensé et, plus d’une fois, Elle a demandé prières et pénitence en réparation. Elle a réclamé qu’on fasse pénitence et Elle a annoncé plusieurs châtiments qui viendront si les hommes ne changent pas de vie. Toutefois, Elle n’a pas parlé d’une espèce particulière de péché.

«  Mais comment douter que le péché d’impureté ne soit l’un des principaux qui amena Notre-Dame à s’adresser à nous avec une telle amertume, lors de sa dernière apparition  ? Et aussi cette autre demande  : “ Priez, priez beaucoup et faites des sacrifices pour les pécheurs car beaucoup d’âmes vont en Enfer parce qu’elles n’ont personne qui se sacrifie pour elles. ”

«  Ces âmes qui se perdent éternellement sont sans doute, pour la majeure partie, les victimes de cette lèpre vénéneuse qui infecte actuellement une grande partie de l’humanité. N’est-il pas vrai aussi que, déjà dans l’Ancien Testament, ce fut ce péché qui provoqua plusieurs fois le châtiment du Seigneur  ? Néanmoins, aveuglée par la passion, l’humanité ne veut pas entendre la voix de Dieu qui lui crie à l’oreille de tant de manières et par tant de moyens.  »

Particu­lièrement par les événements de Fatima  !

«  Je dis qu’elle crie, pourtant la Sainte Écriture et l’Imitation du Christ disent que Dieu parle dans le secret et la solitude. Aujourd’hui, il me semble à moi que le Seigneur crie mais que, même lorsqu’il crie, il n’est pas entendu. ­N’entendez-vous pas le cri de Dieu qui appelle l’humanité à la pénitence volontaire en s’abstenant de pécher, au repentir et à la prière pour obtenir miséricorde  ?  »

Nous l’entendons, nous, pécheurs, qui croyons Lucie sur parole  !

«  Cette guerre qui se répand de par le monde, comme un châtiment de la justice divine, ne vous semble-t-il pas qu’elle veuille détruire l’humanité  ? Cette dernière, obstinée dans le mal, ne veut pas changer.

«  N’est-elle pas un cri de Dieu, la voix du Pape qui interpelle le monde de tant de manières, en demandant à l’homme aveugle qu’il ouvre les yeux à la lumière, qu’il revienne de ses égarements et de la voie de la perdition  ?

«  N’est-ce pas encore Dieu qui crie dans le cœur de l’homme par le moyen de tant de misères, de famines, de maladies, par la mort, les chagrins et les peines qui le déchirent, comme pour dire à chacun que la cause de tout est le péché d’immoralité  ?

«  Oh  ! Qui nous obtiendra la grâce que Dieu soit entendu  ? La source principale de toutes les larmes qui coulent sur tant de visages se trouve dans le péché  ; mais même ceux qui pleurent ne veulent pas le reconnaître.

«  Je ne sais pas pourquoi je dis ces choses. De ce qui arrive dans le monde, moi, je ne sais rien, grâce à Dieu, et je suis contente de mon ignorance.  »

LA MESSAGÈRE RÉDUITE AU SILENCE

Ce «  cri de Dieu  », lancé par Lucie tout au long d’un siècle apostat, le Démon va tenter de l’étouffer dans l’œuf.

13 AOÛT
CAPTIFS

Après avoir échoué dans sa tentative de décourager Lucie le mois précédent, le Démon fit agir ses suppôts. L’un d’eux, Oliveira, président-fondateur de la loge maçonnique de Vila Nova de Ourem, administrateur du canton, se présenta, le matin du 13 août, à Aljustrel et emmena les enfants au presbytère pour un nouvel interrogatoire. Puis, comme il n’en avait rien obtenu, il les fit monter dans sa voiture et fila vers son domicile. Il leur déclara qu’ils n’en sortiraient qu’après avoir révélé leur secret.

Quand le clocher de Ourem sonna les douze coups de midi, les pastoureaux se regardèrent, consternés  ! François se dit alors  : «  Peut-être Notre-Dame nous apparaîtra-t-elle ici  ?  » Mais non, Elle ne vint pas.

Comme Oliveira ne parvenait pas à extorquer le Secret aux enfants, il sévit davantage encore et les conduisit à la prison publique parmi les délinquants aux figures hirsutes et repoussantes. Cependant la candeur de nos amis toucha le cœur des prisonniers qui finirent par réciter le chapelet avec eux  !

Soudain, l’administrateur entra brusquement et emmena Jacinthe en lui criant  : «  L’huile est en train de bouillir. Dis le Secret si tu ne veux pas être brûlée  !

 Je ne peux pas  !  » répondit la petite.

Vint le tour de François, puis celui de Lucie qui fut stupéfaite de retrouver ses cousins bien vivants  ! Oliveira les avait trompés pour les terroriser mais Notre-Dame, Elle, les avait assistés  !

Pendant ce temps, une foule avait envahi le lieu de l’Apparition dès le matin. En séquestrant les enfants, Oliveira pensait que rien ne se produirait à la Cova da Iria et que ce serait un échec total, mais la Sainte Vierge allait se jouer de ses fourberies.

Les petits tardant à venir, tout le monde commençait à s’impatienter. Survint un habitant de Fatima qui annonça l’enlèvement des voyants. Il s’éleva alors un brouhaha qui s’amplifiait lorsque, soudain, un coup de tonnerre retentit. La foule se tut, effrayée. Un éclair suivit et tous remarquèrent un petit nuage, très joli, de couleur blanche, qui plana quelques instants au-­dessus du chêne-vert, puis s’éleva vers le ciel, pour disparaître enfin dans les airs.

Pendant ce temps, les visages des gens reflétaient toutes les couleurs de l’arc-en-ciel. Les arbres paraissaient n’avoir ni rameaux ni feuilles, mais seulement des fleurs. Le sol était recouvert de carreaux de teintes différentes, les deux lanternes attachées à l’arceau semblaient être en or.

Puis tous ces signes s’évanouirent. Certainement, Notre-Dame était venue, et Elle n’avait pas rencontré les enfants. Quel outrage  !

Mais Elle ne se tint pas pour battue.

19 AOÛT
AUX VALINHOS

4e apparition de Fatima au Valinhos

Quatrième Apparition de Notre-Dame
aux Valinhos 
(19 août 1917)
«  Priez, priez beaucoup et faites des sacrifices pour les pécheurs, car beaucoup d’âmes vont en Enfer parce qu’elles n’ont personne qui se sacrifie et prie pour elles.  »

Le dimanche 19 août, Lucie, François ainsi que son frère Jean, prirent le chemin des Valinhos, pour mener paître leurs troupeaux, tandis que Jacinthe était restée auprès de sa mère.

Vers 4 heures de l’après-midi, Lucie observa dans l’atmosphère les changements qui précédaient les apparitions de Notre-Dame. Elle fit appel à Jean  :

«  Va vite chercher Jacinthe  ! Je te donne deux “ vinténs ” si tu me la ramènes  ! En voici déjà un, et je te donnerai l’autre quand tu reviendras.  »

Au premier éclair avait succédé un second. À ce moment même, Jacinthe arriva avec son frère. Notre-Dame se montra alors au-dessus d’un chêne-vert un peu plus élevé qu’à la Cova da Iria. Quelle joie de La revoir après le rendez-vous manqué du 13 août  !

Avec une confiance toute filiale, cette fois, Lucie demanda  :

«  Que veut de moi Votre Grâce  ?

 Je veux que vous continuiez d’aller à la Cova da Iria le 13, que vous continuiez à réciter le chapelet tous les jours. Le dernier mois, Je ferai le miracle afin que tous croient. Si l’on ne vous avait pas emmenés à la ville, le miracle aurait été plus connu. Saint Joseph viendra avec l’Enfant-Jésus, pour donner la paix au monde. Notre-Seigneur viendra bénir le peuple. Viendra aussi Notre-Dame du Rosaire et Notre-Dame des Douleurs.  »

Après avoir demandé que l’on fît deux brancards de procession avec l’argent que les pèlerins laissaient à la Cova da Iria, «  pour la fête de Notre-Dame du Rosaire  », la Sainte Vierge ajouta avec tristesse  :

«  Priez, priez beaucoup et faites des sacrifices pour les pécheurs, car beaucoup d’âmes vont en enfer parce qu’elles n’ont personne qui se sacrifie et prie pour elles.  »

Ces paroles éveillèrent dans l’âme des pastoureaux une véritable faim de mortifications et de sacrifices.

Les Valinhos

Peu après ce 19 août, Lucie ayant trouvé un morceau de corde tombé d’une charrette, elle dit à ses cousins  : «  Regardez, cela fait mal  ! Nous pourrions nous l’attacher à la taille et offrir à Dieu ce sacrifice.  » François et Jacinthe acceptèrent la proposition.

Dès lors, cet instrument leur causa d’horribles souffrances. Jacinthe, parfois, versait quelques larmes, mais quand Lucie lui suggéra d’enlever la corde, la petite répondit  : «   Non  ! Je veux offrir ce sacrifice à Notre-Seigneur en réparation et pour la conversion des pécheurs.  »

Avant de mourir, François remettra sa corde à Lucie, afin que sa mère ne la trouve pas. De même Jacinthe, avant de partir pour l’hôpital. Lucie les conservera jusqu’à son départ définitif de Fatima pour Vilar.

La sienne, elle la conserva toujours et elle continua à l’utiliser autant qu’elle put, mais ensuite elle l’utilisa seulement avec l’autorisation de son confesseur ou de son Père spirituel.

Après sa mort, cette précieuse relique fut retrouvée avec d’autres instruments de pénitence qu’elle utilisait. C’est une corde de sisal, comme celle qu’on utilisait pour attacher les animaux, longue d’un mètre seize centimètres, et épaisse d’un centimètre, avec cinq nœuds. Pour éviter qu’elle ne s’effiloche, sœur Lucie lui avait fait des points de couture aux deux ­extrémités.

«  Malgré l’humble retenue des voyants, rapporte le Père Leite, quelques personnes de Fatima réussirent à découvrir l’une ou l’autre des pénitences des enfants. Lorsque l’église paraissait déserte, on les voyait la parcourir en faisant des tours à genoux, préludant ainsi à ce que plus tard tant de pèlerins feront autour de la petite chapelle des apparitions.  »

La veille du 13 septembre, les enfants passaient en courant devant la maison d’une femme qui les insultait chaque fois qu’ils la rencontraient. Soudain, Jacinthe s’arrêta au milieu de sa course et demanda à Lucie  :

«  Écoute, c’est demain que nous allons voir Notre-Dame  ?

– Oui.

 Alors, nous ne jouerons pas, nous ferons ce sacrifice pour la conversion de cette femme. Elle dit tellement de péchés que, si elle ne se confesse pas, elle ira en enfer.  »

Levant les mains et les yeux au ciel, Jacinthe fit son offrande. La pauvre femme observait les fillettes par une ouverture de sa maison. Elle fut tellement impressionnée par cet acte de Jacinthe qu’elle demanda aux voyants de supplier Notre-Dame de lui pardonner ses péchés. Mystère de la Visitation  !

13 SEPTEMBRE
«  DIEU EST SATISFAIT DE VOS SACRIFICES.  »

Jacinthe, Lucie et François, le 13 septembre 1917 dans le jardin de la famille Marto.

Vers midi, certains pèlerins aperçurent un globe lumineux glissant majestueusement dans l’espace, céleste véhicule de la Vierge Marie qui se dirigeait vers le chêne-vert. Dès qu’Elle apparut, l’éclat du soleil diminua et l’atmosphère devint jaune d’or.

Lucie interrogea Notre-Dame  :

«  Que veut de moi Votre Grâce  ?

Lucie et Jacinthe, le 17 septembre 1917, à Reixida.

Lucie et Jacinthe, le 17 septembre 1917, à Reixida.

 Continuez à dire le chapelet afin d’obtenir la fin de la guerre. En octobre, Notre-Seigneur viendra ainsi que Notre-Dame des ­Douleurs et du Carmel, saint Joseph avec l’Enfant-Jésus afin de bénir le monde. Dieu est satisfait de vos sacrifices, mais il ne veut pas que vous dormiez avec la corde. Portez-la seulement pendant le jour.

 Il y a ici cette petite qui est sourde-muette, Votre Grâce ne voudrait-elle pas la guérir  ?

 Au cours de l’année, elle éprouvera du mieux.

 J’ai bien d’autres demandes, les unes pour une conversion, les autres pour une guérison.

 Je guérirai les uns, mais les autres non, parce que Notre-­Seigneur ne se fie pas à eux.  »

Présentant à Notre-Dame un flacon d’eau de senteur, Lucie lui dit  : «  On m’a donné cela. Votre Grâce le veut-elle  ?

 Cela ne convient pas pour le Ciel.

 Il y a beaucoup de gens qui disent que je suis une menteuse, que je mériterais d’être pendue ou brûlée. Faites un miracle pour que tous croient  !

 Oui, en octobre, Je ferai le miracle pour que tous croient.  »

Et Elle commença à s’élever vers le levant. Pendant le temps de l’apparition, la plupart des pèlerins avaient vu tomber du ciel comme une pluie de pétales blancs, ou de flocons de neige ronds et brillants qui descendaient lentement et disparaissaient en arrivant à terre.

La Sainte Vierge donna un autre signe de sa présence  : par trois fois se forma autour du chêne-vert une nuée agréable à voir qui s’élevait dans l’air avant de se dissiper. Comme des coups d’encensoir  !

CINQUIÈME APPARITION
DE NOTRE-DAME À LA COVA DA IRIA
(13 septembre 1917)

5e apparition de Fatima à la Cova da Iria«  Continuez à dire le chapelet afin d’obtenir la fin de la guerre. En octobre, Notre-Seigneur viendra ainsi que Notre-Dame des Douleurs et du Carmel, saint Joseph avec l’Enfant-Jésus afin de bénir le monde. Dieu est satisfait de vos sacrifices…  »

À la fin du mois de septembre, le chanoine Formigao se rendit à Aljustrel. Grâce à sa prudence et à sa délicatesse, il sut rapidement gagner la confiance des voyants, qu’il avait déjà eu l’occasion de rencontrer, ainsi que celle de leurs parents.

François de Fatima en octobre 1917Conduit par son rigoureux souci d’information, il soumit les voyants à un interrogatoire précis, comme l’avaient déjà fait tant de visiteurs. Son compte rendu commence ainsi  :

«  François, garçon de neuf ans, entra sans embarras dans la chambre où je me trouvais, en gardant son bonnet sur la tête, car il ne se rappelait certainement pas qu’il devait se découvrir. Je l’invitai à s’asseoir sur une chaise à côté de moi. Il obéit immédiatement, sans la moindre répugnance.  »

13 OCTOBRE
«  JE SUIS NOTRE-DAME DU ROSAIRE.  »

Dès le 12 octobre, veille de l’ultime apparition où Notre-Dame avait promis de faire un miracle «  pour que tout le monde croie  », les pèlerins se mirent en marche, fouettés par un vent du nord froid et rude, annonçant l’hiver, et sous une pluie persistante.

On récitait le chapelet, on chantait des cantiques. Lorsque les pastoureaux arrivèrent à la Cova da Iria, la foule était si dense qu’ils ne purent la traverser. Alors, un chauffeur prit Jacinthe dans ses bras et se fraya un passage en criant  :

«  Laissez passer les petits qui ont vu Notre-Dame  !  »

Il était à peu près 1 heure de l’après-midi, et il continuait à pleuvoir. Soudain, poussée par un mouvement intérieur, Lucie demanda à la foule de fermer les parapluies pour réciter le chapelet. Tous obéirent sans broncher.

Vers 13 h 30, c’est-à-dire environ midi à l’heure solaire, le soleil perça victorieusement l’épaisse couche de nuages qui le cachait jusque-là, et brilla intensément. Tout à coup, les trois enfants virent l’éclair, et Lucie s’écria  :

«  Silence  ! Silence  ! Notre-Dame va venir  !  »

Maria Rosa qui était toute proche de sa fille lui murmura  : «  Regarde bien. Prends garde de ne pas te tromper  !  »

Mais Notre-Dame apparaissait déjà au-dessus du chêne-vert. Alors, le visage de Lucie devint de plus en plus beau et prit une teinte rose  ; ses lèvres s’amincirent. Jacinthe, dans un geste de sainte impatience, donna un coup de coude à sa cousine et lui dit  :

«  Parle, Lucie, Notre-Dame est déjà là  !  »

Lucie revint à elle-même et commença son en­tretien avec la Reine des Cieux  :

«  Que veut de moi Votre Grâce  ?

 Je veux te dire que l’on fasse ici une chapelle en mon honneur. Je suis Notre-Dame du Rosaire. Que l’on continue toujours à réciter le chapelet tous les jours. La guerre va finir et les militaires rentreront bientôt chez eux.

– J’avais beaucoup de choses à vous demander  : de guérir quelques malades et de convertir des pécheurs, etc.

 Les uns oui, les autres non. Il faut qu’ils se corrigent, qu’ils demandent pardon pour leurs péchés.  »

Et prenant un air plus triste  :

Que l’on n’offense pas davantage Dieu, Notre-Seigneur, car il est déjà trop offensé  !

 Vous ne voulez rien de plus de moi  ?

 Non, je ne veux rien de plus de toi.

 Alors, moi, je ne demande rien non plus.  »

LE MIRACLE DU SOLEIL.

Sixième Apparition de Notre-Dame
(13 octobre 1917)
LE MIRACLE DU SOLEIL

Ouvrant alors les mains, Notre-Dame les fit se réfléchir sur le soleil et, pendant qu’Elle s’élevait, le reflet de sa propre lumière continuait à se projeter sur le soleil, au point d’en atténuer l’éclat  ! Tous purent le regarder sans avoir mal aux yeux. On aurait dit qu’il s’éteignait et se rallumait. Il lançait des faisceaux de lumière, de-ci, de-là, et peignait tout de différentes couleurs  : les arbres, les gens, le sol, l’air.

Soudain, le soleil eut quelques secousses puis se mit à danser, en l’honneur de Marie  ! à tournoyer sur lui-même. Il s’arrêta puis recommença par deux fois. Il semblait une roue de feu qui allait tomber sur la foule. À un moment, il parut vraiment se détacher du ciel et s’avancer sur la terre sur l’ordre de Marie  ! Ce fut un instant terrible. On criait  : «  Ô Jésus  ! Nous allons tous mourir  ! Notre-Dame, au secours  !  »

Finalement, le soleil s’arrêta, et tous poussèrent un soupir de soulagement. Les vêtements trempés de pluie avaient séché en un instant. La Sainte Vierge avait ainsi multiplié les merveilles, en Reine souveraine du Ciel et de la terre, et Mère attentive et bienfaisante. Le miracle annoncé par les enfants avait eu lieu. Tous avaient vu. Et la mère de Lucie déclara  :

«  Maintenant, on ne peut pas ne pas y croire  ; car le soleil, personne ne peut y toucher.  »

Durant les dix minutes où la foule contempla ce grandiose miracle cosmique, les voyants purent admirer, en plein ciel, trois tableaux successifs des mystères du Rosaire résumant la vie de la Sainte Vierge  : la Sainte FamiApparition-de-Fatimalle, puis Notre-Seigneur et Notre-Dame des Douleurs, Notre-Seigneur à l’âge adulte, vêtu de rouge  ; et enfin Notre-Dame du Mont-Carmel. Notre-Seigneur et saint Joseph bénissaient la multitude.Sixième apparition de Fatima, le miracle du soleil

Notez bien que, du coup, Lucie, François et Jacinthe n’ont pas vu le miracle du soleil  ! Ou du moins n’y ont-ils pas pris garde.

«  Que l’on n’offense pas davantage Dieu, Notre- Seigneur, car il est déjà trop offensé  !  » avait dit Notre-Dame. Et, aussitôt après, la chute du soleil était un clair avertissement  : le crime ne restera pas impuni  !

De nouveau, la plainte de Notre-Dame se grava, indélébile, dans le cœur de Lucie  : «  Quelle plainte d’amour et quelle tendre supplication  ! Qui me donnera de la faire résonner dans le monde entier, écrit Lucie vingt ans plus tard, afin que tous les enfants de la Mère du Ciel entendent le son de cette voix  !  »

«  Lorsque le soleil se retrouva normal, raconte le Dr Carlos Azevedo Mendès, je pris Lucie dans mes bras pour la porter jusqu’à la route. Ainsi mon épaule fut la première tribune d’où elle a prêché le message que venait de lui confier Notre-Dame du Rosaire.

«  Avec un grand enthousiasme et une grande foi, elle criait  : “ Faites pénitence  ! Faites pénitence  ! Notre-Dame veut que vous fassiez pénitence. Si vous faites pénitence, la guerre finira ”…  »

«  Elle paraissait inspirée, ajoute le docteur Mendès. C’était vraiment impressionnant de l’entendre. Sa voix avait des intonations comme la voix d’un grand prophète.  »

C’est alors que s’engage le combat des «  derniers temps  » annoncé par saint Pie X, moins de vingt ans auparavant, entre cette Vierge qui s’est enfin nommée  : «  Je suis Notre-Dame du Rosaire  », et le Prince de ce monde.

Les trois voyants de Fatima en octobre 1917Durant les dix minutes où la foule put con­templer le grandiose miracle cosmique, les trois voyants jouissaient d’un spectacle dif­férent. La Vierge Marie réalisait pour eux ses promesses du 19 août et du 13 septembre. Il leur fut donné d’admirer, en plein ciel, trois tableaux successifs.

La vision de la Sainte Famille, la vision de Notre-Seigneur bénissant le monde,
la vision de Notre-Dame du Mont-Carmel.

COMME UNE ARMÉE RANGÉE EN BATAILLE

Lucie à l’âge de treize ans, à Aljustrel.

Lucie à l’âge de treize ans, à Aljustrel.

Il essuya une première défaite au lendemain même du prodige solaire, qui était un dimanche et jour d’élections municipales. À Leiria, elles donnèrent aux catholiques une majorité de 750 voix. Les journaux lisbonnais du 15 accusèrent une régression des “ forces démocratiques ” dans l’ensemble du pays. Le quotidien “ O Seculo ” attribue le succès des catholiques à l’impression produite par le prodige solaire raconté dans la même page. Il se plaint du grand nombre d’abstentions, surtout chez les “ démocrates ”, et il se demande si ce ne fut pas “ par la faute de la Vierge ”. Assurément  ! à n’en pas douter….

Le Diable contre-attaqua aussitôt  : à l’instigation du préfet du district de Santarem, José Antonio dos Reis, franc-maçon notoire comme tous les fonctionnaires du régime, quelques membres du centre maçonnique de la ville décidèrent d’aller saccager le lieu des apparitions. Arrivés à la Cova da Iria durant la nuit du 22 au 23 octobre, ils démolirent tout ce qui constituait le sanctuaire primitif. Après avoir arraché les poteaux du portique orné de fleurs, ils s’emparèrent des quelques objets laissés sur les lieux par la piété des fidèles  : une table surmontée d’un petit autel, une croix de bois, une image de Notre-Dame et les deux lanternes que Maria Carreira avait eu soin de maintenir allumées. Ils voulaient surtout emporter le chêne-vert des apparitions. Leur besogne faite, ils chargèrent le tout dans leur camionnette et repartirent pour Santarem.

Soeur Marie-Lucie des Douleurs à Tuy, au convent des Dorothées.

«  Le lendemain matin, écrit Lucie, la nouvelle de l’incident se répandit rapidement. Je courus là-bas pour voir si c’était vrai. Mais quelle ne fut pas ma joie lorsque je remarquais que ces pauvres hommes [sic !] s’étaient trompés et que, au lieu d’emporter le chêne-vert des apparitions, ils avaient emporté un des chênes-verts voisins. Je demandai alors pardon à Notre-Dame pour ces pauvres hommes et je priai pour leur conversion.  » Sa compassion pour les “ pauvres pécheurs ” n’est pas feinte. Elle est vivante…

Il n’empêche que cette lutte n’a plus cessé… jusqu’aux jours du centenaire des apparitions, du 13 mai au 13 octobre 2017, jusque dans l’Église elle-même, où semble triompher le Démon.

Soeur Lucie, avec sa supérieure, mère Cunha Matos, en 1945, dans le jardin des Dorothées de Tuy.

En 1929, Notre-Dame vient demander la consécration de la Russie à son Cœur Immaculé comme elle l’avait annoncé le 13 juillet 1917. Pie XI fait la sourde oreille, au bénéfice des «  erreurs de la Russie  » dont la démocratie chrétienne, condamnée par saint Pie X le 25 août 1910 dans sa Lettre sur le Sillon, était déjà l’expression dans l’Église, comme l’avait parfaitement discerné saint Pie X  : «  Le Sillon convoie le socialisme, l’œil fixé sur une chimère.  » (§ 39)

Pour n’avoir pas écouté Notre-Dame venue demander la Communion réparatrice des premiers samedis du mois et la consécration de la Russie à son Cœur Immaculé en 1929 «  pour empêcher cela  », éclatait la guerre, dix ans après, en 1939  : «  Horrible, horrible…  »

20-21 mai 1946, soeur Lucie en pèlerinage à Fatima devant le rocher du Cabeço.

Pie XII à son tour, n’entend pas la leçon des événements contenue dans le “ troisième secret ” que sœur Lucie reçoit l’ordre et la grâce de rédiger la dernière année de cette Seconde Guerre mondiale, le 3 janvier 1944. Pie XII ne le lira même pas  ! Dans son entretien avec le Père Fuentes, le 26 décembre 1957, sœur Lucie demande  :

Soeur Lucie, novice au carmel de Coïmbre. Elle recevra, le 31 mai 1949, le nom qu’elle aimera tant  : Soeur Marie-Lucie de Jésus et du Coeur Immaculé.

«  Que manque-t-il, Père, pour 1960, et qu’arrivera-t-il alors  ? Ce sera bien triste pour tous, nullement réjouissant si auparavant le monde ne prie pas et ne fait pas pénitence. Je ne peux pas vous donner d’autres détails puisque c’est encore un secret. Seuls le Saint-Père et Mgr l’évêque de Leiria pourraient le savoir, de par la volonté de la Très Sainte Vierge, mais ils ne l’ont pas voulu pour ne pas être influencés (sic).  » Par qui  ? Par la Sainte Vierge  !  ? Oui  !

Jean XXIII le lit et refuse explicitement de le publier en 1960, malgré l’échéance prescrite par Notre-Dame. Il convoque le concile Vatican II qu’il ouvre en condamnant les «  prophètes de malheur  », donc Notre-Dame de Fatima et sœur Lucie sa messagère. Il refuse, lui aussi, d’être «  influencé  »  !…

Paul VI mène le Concile à son terme en proclamant dans son discours de clôture que «  nous aussi, nous plus que quiconque, nous avons le culte de l’homme  »  ! Après avoir accrédité «  les erreurs de la Russie  » par son encyclique marxiste Populorum progressio du jour de Pâques, 26 mars 1967, il se rend en «  pèlerinage  » à Fatima pour le cinquantenaire des apparitions, le 13 mai de la même année 1967. Alors que la paix demeurait, dans le Message de la Vierge, un don de Dieu accordé à la prière et à la pénitence de son Église catholique, «  la paix  » dans l’homélie de Paul VI, est l’œuvre des «  hommes  » auxquels s’adressent son amour, son culte et maintenant sa prière même  !

Sœur Lucie, à Fatima, le 13 mai 1967.

Sœur Lucie, à Fatima, le 13 mai 1967.

Après avoir éconduit sœur Lucie en lui refusant l’entretien qu’elle lui demandait en pleurant, dès son retour à Rome, il apparaît le soir même à la fenêtre illuminée de ses appartements du Vatican, et déclare  :

«  À Fatima, nous avons interrogé la Madone sur les voies à suivre qui mènent à la paix, et il nous a été répondu que la paix était une fin réalisable.  »

Tandis que les journalistes se demandent sérieusement si la Vierge est apparue au Pape, l’abbé de Nantes prévient  : «  Fatima change de sens et substitue aux volontés célestes de Marie Immaculée le programme humain de Jean-Baptiste Montini.  » (Lettre à mes amis n° 246, p. 4)

Nouvelle victoire de Marie Immaculée  : le cardinal Luciani, patriarche de Venise, pèlerin de Fatima en 1977, conquis par sœur Lucie, est élu pape, prend le nom de Jean-Paul Ier, et décide d’obéir à la Sainte Vierge  : «  Si je vis, je retournerai à Fatima pour consacrer le monde et particulièrement les peuples de la Russie à la Sainte Vierge, selon les indications qu’elle a données à sœur Lucie.  »

Nouvelle contre-attaque du Démon  : l’interruption – criminelle  ? – du bref pontificat de Jean-Paul Ier (26 août – 28 septembre 1978).

Jean-Paul II s’est approprié le message en publiant le “ troisième secret ” et en se déclarant l’ «  évêque vêtu de Blanc  » assassiné au pied de la grande croix de chêne-liège au sommet de la montagne escarpée. D’une façon évidemment abusive puisqu’il a survécu à l’attentat qui n’était peut-être pas destiné à le tuer.

APPARITION DE LA VIERGE MARIE ET DE L’ENFANT-JÉSUS
(Pontevedra, 10 décembre 1925)
La cellule de Lucie transformée en chapelle.

La cellule de Lucie transformée en chapelle.

Lucie était alors postulante au couvent des reli­gieuses dorothées de Pontevedra, en Espagne. La Très Sainte Vierge lui dit  : «  Vois, ma fille, mon Cœur entouré d’épines que les hommes ingrats m’enfoncent à chaque instant par leurs blasphèmes et leurs ingratitudes. Toi du moins, tâche de me consoler.  »

La Vierge Marie poursuivit en formulant la demande de la pratique de la communion réparatrice des cinq premiers samedis du mois.

13 MAI 2017  :
LE PÈLERINAGE DU PAPE FRANÇOIS

À la différence de Paul VI qui, en 1967, ne fit qu’une brève apparition le 13 mai, de midi à 17 heures, à la Cova da Iria, n’y récita pas un Ave ni ne se rendit au lieu des apparitions, à la Capelinha, le pape François a commencé par là, dès son arrivée le 12. Avant de prendre part à la récitation du chapelet international, il a salué la «  Reine  » de ces lieux, «  Bienheureuse Vierge de Fatima, Dame au Cœur Immaculé, refuge et chemin qui conduit à Dieu  !  »

Se présentant lui-même à Marie comme «  Pè­lerin de la Lumière qui nous vient de tes mains  », il rendit grâces «  à Dieu le Père qui, en tout temps et en tout lieu, agit dans l’histoire humaine  ».

Ces paroles indiquaient que le pape François connaît les dits et gestes de Marie rapportés par Lucie, François et Jacinthe, et les tient pour véritable intervention de Dieu dans l’histoire du vingtième siècle. Mais c’était il y a cent ans. Aujourd’hui, l’intervention de Dieu… c’est le pape François lui-même. Il continue en effet  :

«  Pèlerin de la Paix qu’en ce lieu tu annonces, je loue le Christ, notre paix, et pour le monde je demande la concorde entre tous les peuples. Pèlerin de l’Espérance que l’Esprit anime. Oui, car je me veux prophète et messager pour laver les pieds à tous les hommes, à la même table qui nous unit.  »

Notre-Dame était venue demander prières, sacrifices et dévotion réparatrice à son Cœur Immaculé pour la conversion des pécheurs. François “ se veut prophète et messager ” d’autre chose  : du lavement des pieds de tous les hommes à la même table qui nous unit. Qu’est-ce à dire  ?

Pour le comprendre, il faut se rappeler qu’avant d’instituer la «  table  » eucharistique où il nous donnerait sa Chair à manger, son Sang à boire, Jésus fit un geste d’esclave  : en «  se levant de table, déposant ses vêtements et, prenant un linge, il le noue à sa ceinture. Ensuite, il verse de l’eau dans un bassin, et il se mit à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge noué à sa ceinture.  » (Jn 13, 4-5)

Il voulait que ce geste d’esclave signifie l’abaissement de sa mort sur la Croix, sacrifice rédempteur dont il chargea ses Apôtres de répandre les fruits dans le monde entier par les sacrements  :

«  Allez dans le monde entier, proclamez l’Évangile à toute la création. Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé  ; celui qui ne croira pas sera condamné.  » (Mc 16, 15-16)

«  Condamné  » à quoi  ? À l’enfer éternel que la Vierge Marie a montré aux enfants le 13 juillet, avec une expression d’infinie tristesse qui les a marqués plus encore que les cris de désespoir des damnés  !

Le pape François, «  prophète et messager pour laver les pieds à tous les hommes  », semble avoir aboli la nécessité de la «  pénitence  » et de la «  conversion des pécheurs  », objet explicite du message de Notre-Dame, et donc la nécessité du baptême et de la communion eucharistique qui sont le fruit du sacrifice de la Croix. Il poursuit  :

«  Salut, Mère de Miséricorde, Dame au manteau blanc  ! En ce lieu où, il y a cent ans, tu as montré à tous les desseins de la Miséricorde de notre Dieu.  »

Le 13 juillet 1917, Elle a d’abord «  montré en ce lieu  » le châtiment éternel du péché, «  l’enfer où vont les âmes des pauvres pécheurs  », et «  le dessein de la Miséricorde de notre Dieu  » destiné à les empêcher d’y tomber  : «  Pour les sauver, Dieu veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur Immaculé. Si l’on [“ On ” désigne le Vicaire du Christ], fait ce que je vais vous dire  », – consacrer la Russie au Cœur Immaculé de Marie avec tous les évêques du monde et recommander la dévotion réparatrice des premiers samedis –, «  beaucoup d’âmes se sauveront et l’on aura la paix  ». Mais le pape François ne parle ni de consécration de la Russie, ni de dévotion réparatrice  :

«  Je regarde ton manteau de lumière et, en tant qu’évêque vêtu de blanc, je me souviens de tous ceux qui, vêtus de la pureté baptismale, veulent vivre en Dieu et prient les mystères du Christ pour obtenir la paix.  »

En se disant «  évêque vêtu de blanc  », il s’identifie bien au Saint-Père reconnu par Lucie, François et Jacinthe dans la vision du “ troisième secret ”, le 13 juillet 1917. Mais il ne prie pas pour «  les âmes des cadavres rencontrées sur son chemin  » selon la prière enseignée par la Sainte Vierge ce même 13 juillet avant de remonter au Ciel  :

«  Ô mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés, préservez- nous du feu de l’enfer, et conduisez au Ciel toutes les âmes, surtout celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde.  »

Non, François, lui, réclame la paix en ce monde pour les baptisés qui récitent le chapelet, c’est-à-dire pour ceux qui en ont le moins besoin  ! Et les autres  ?

«  Salut, vie et douceur, salut, notre espérance, ô Vierge pèlerine. Ô Reine universelle  !  »

Oui, elle est la Reine de tous, et c’est en vertu de cette “ juridiction ” universelle qu’elle demande au pape François d’ordonner à tous les évêques catholiques du monde de consacrer avec lui la Russie à son Cœur Immaculé. Pour obtenir «  la concorde entre tous les peuples  » que François a demandée en commençant cette prière, il n’y a pas d’autre moyen.

Hélas  ! je me suis permis de le supplier à plusieurs reprises d’obéir à ce désir de la Sainte Vierge, notre Mère à tous, comme le dernier de leurs enfants à lui et à elle, pour notre salut à tous. Voici sa réponse adressée à Marie elle-même pour lui demander de changer de cœur, Elle  !

«  Au plus profond de ton être, en ton Cœur Immaculé, vois les joies de l’être humain lorsqu’il est en pèlerinage vers la Patrie céleste.  »

Hélas  ! ce qu’Elle voit, c’est que «  beaucoup d’âmes vont en enfer parce qu’elles n’ont personne qui se sacrifie et prie pour elles  » (dimanche 19 août, aux Valinhos). Ce sont «  les âmes des cadavres  » que le Pape rencontre au cours de ses incessants voyages. Mais François ne considère pas la souffrance des âmes du Purgatoire  :

«  Au plus profond de ton être, en ton Cœur Immaculé, vois les douleurs de la famille humaine qui gémit et pleure dans cette vallée de larmes.  »

Elle les voit bien  ! Et c’est pourquoi Elle est descendue en «  cette vallée de larmes  » pour que «  l’on n’offense pas davantage Dieu, Notre-Seigneur, car il est déjà trop offensé  !  » En effet, le grand mal, cause de «  toutes les douleurs de la famille humaine  » est le péché qui conduit les pauvres âmes en enfer et qui déchaîne les guerres et les révolutions en ce monde. Le plus grand mal n’est pas la maladie ni la pauvreté mais le péché qui tue plus que le corps, l’âme éternellement. Que d’abord, par pitié pour eux-mêmes, les hommes cessent d’outrager la Majesté divine et qu’ils se soumettent à sa loi  ! Alors Dieu donnera un peu de paix et de prospérité à la terre.

«  Au plus profond de ton être, en ton Cœur Immaculé orne-nous de la splendeur de tous les joyaux de ta couronne et fais de nous des pèlerins comme tu as été pèlerine.  »

Les «  joyaux de la couronne  » de Marie sont le Nom d’ «  Immaculée Conception  », qu’Elle a révélé à Lourdes, pour confirmer la parole du saint pape Pie IX, sa Virginité perpétuelle, sa Maternité divine et humaine, et la dévotion que portent les enfants à cette Mère Bienheureuse. Sans compter ses saintes images en nombre infini. Parce que ces «  joyaux  » précieux sont l’objet d’offenses et de blasphèmes proférés contre le Cœur Immaculé de Marie, Notre-Seigneur a demandé «  cette petite réparation  » des cinq premiers samedis que le pape François lui refuse.

Pourquoi  ? Mais pourquoi donc cette opposition aux «  petites demandes  » de Jésus et Marie si bien attestées  ? “ On ” lui a dit que c’était de la “ magie ”… et il l’a cru  !

«  Par ton sourire virginal affermis la joie de l’Église du Christ.  »

À Fatima, Notre-Dame n’a pas souri, tellement est grand son chagrin de voir les âmes tomber en enfer. Il n’y aura pas de joie pour l’Église du Christ tant que le Cœur Immaculé de Marie sera couronné «  des épines que les hommes ingrats lui enfoncent à tout moment, sans qu’il y ait personne pour faire acte de réparation pour les en retirer  ». Même pas le Pape  ! qui aurait tout pouvoir pour le faire faire…

«  Par ton regard de douceur, renforce l’espérance des enfants de Dieu. Par les mains orantes que tu élèves vers le Seigneur, unis tous les hommes dans une unique famille humaine.  »

«  Une unique famille humaine  »  ? Lucie a entendu les volontés de Dieu à cet égard, au moment d’écrire le «  troisième secret  » le 3 janvier 1944  :

«  Et je sentis mon esprit inondé par une mystérieuse lumière qui est Dieu, et en Lui je vis et j’entendis – la pointe d’une lance comme une flamme qui se dégage, touche l’axe de la terre – celle-ci tremble  : montagnes, villes, bourgs et villages avec leurs habitants sont ensevelis. La mer, les fleuves et les nuages sortent de leurs frontières, débordent, inondent et emportent avec eux dans un tourbillon maisons et gens en nombre incalculable  ; c’est la purification du monde pour le péché dans lequel il est plongé. La haine, l’ambition provoquent la guerre destructrice  !

«  Puis je sentis, parmi les battements accélérés de mon cœur et dans mon esprit, l’écho d’une voix douce qui disait  : “ Dans le temps, une seule foi, un seul baptême, une seule Église, sainte, catholique, apostolique. Dans l’éternité, le Ciel  ! ”

«  Ce mot Ciel remplit mon âme de paix et de bonheur, de telle sorte que presque sans m’en rendre compte, je restai à répéter longtemps  : “ Le Ciel  ! Le Ciel  ! ” Dès que se fut évanouie la grande force du surnaturel, j’allai écrire et je le fis sans difficulté, le 3 janvier 1944, à genoux, appuyée sur mon lit qui me servait de table.  »

Le pape François continue  : «  Ô clémente, ô pieuse, ô douce Vierge Marie, Reine du Rosaire de Fatima, fais-nous suivre l’exemple des bienheureux François et Jacinthe, et de tous ceux qui témoignent du message de l’Évangile.  »

Et Lucie  ? La voilà noyée dans la foule anonyme de «  ceux qui témoignent  » non plus du message de Fatima, mais «  de l’Évangile  », ce qui englobe les sectes prétendues «  évangéliques  » d’Amérique latine, d’Afrique Noire et d’ailleurs  !

François et Jacinthe… et Lucie  ! étaient l’objet de «  desseins  » particuliers de la part des «  Saints Cœurs de Jésus et de Marie  », selon l’annonce que leur en fit «  l’Ange du Portugal  » en 1916 après leur avoir enseigné une prière d’adoration et de «  supplication pour la conversion des pécheurs  ». C’est autre chose  !

«  Nous parcourrons, ainsi, toutes les routes, nous serons pèlerins sur tous les chemins, nous abattrons tous les murs et nous vaincrons toutes les frontières, en allant vers toutes les périphéries, en y révélant la justice et la paix de Dieu.  »

La vocation de Fran­çois et Jacinthe était plutôt de quitter les chemins de nos pèlerinages terrestres à bref délai, comme les y appela Notre-Dame le 13 juin 1917 après avoir dit à Lucie qu’elle resterait ici-bas «  un certain temps  » pour faire connaître et aimer la dévotion au Cœur Immaculé de Marie.

«  Je vais rester ici toute seule  ?

– Non, ma fille. Tu souffres beaucoup  ? Ne te décourage pas, je ne t’abandonnerai jamais  ! Mon Cœur Immaculé sera ton refuge et le chemin qui te conduira jusqu’à Dieu.  »

«  Ce fut au moment où elle prononça ces dernières paroles qu’elle ouvrit les mains et nous communiqua, pour la deuxième fois, le reflet de cette lumière immense. En elle, nous nous vîmes comme submergés en Dieu. Jacinthe et François semblaient se trouver dans la partie de cette lumière qui s’élevait vers le Ciel, et moi dans celle qui se répandait sur la terre.  »

Assurément, au Ciel où sont aujourd’hui réunis Lucie, ­François et Jacinthe, il n’y a ni «  murs  » ni «  frontières  ». Mais ici-bas il n’est pas bon d’aller «  sur tous les chemins  ». Un seul conduit «  jusqu’à Dieu  »  : le Cœur Immaculé de Marie.

Cependant, le pape François ne veut pas connaître ce chemin-là, parce qu’il est disciple du pape Paul VI dont le grand dessein fut de fonder sur terre un «  Mouvement d’animation spirituelle de la démocratie universelle  », Masdu. Le pape François reprend ici les termes mêmes du message de Noël 1964, où son prédécesseur disait  :

«  À l’heure actuelle, la fraternité s’impose  : l’amitié est le fondement de toute société humaine moderne. Il faut que la démocratie, à laquelle les groupes humains font tant appel de nos jours, s’ouvre à une conception universelle, de manière à renverser les bar­rières qui s’opposent à une fraternité humaine effective. Ces idées trouvent une large résonance dans le cœur des hommes d’aujourd’hui. Les jeunes, tout particulière­ment, ­pensons-Nous, remarquent qu’elles constituent la vérité de l’avenir et s’appuient sur le dévelop­pement irréversible de la civilisation. Nous sommes pour cette jeunesse qui aspire à faire du monde une maison ouverte à tous et non un réseau de tranchées orga­nisé en vue d’une guerre implacable et d’une lutte conti­nuelle.  » (Lettre à mes amis n° 200 du 25 mars 1965, p. 3)

Cinquante ans ont passé. Il faut bien ­reconnaître l’échec du Masdu puisque le pape François déplore tous les jours qu’ «  une guerre implacable  » et «  une lutte continuelle  » dévorent la planète avec, à l’horizon, la guerre nucléaire  !

«  Nous serons, dans la joie de l’Évangile, une Église vêtue de blanc, de la pureté blanchie dans le sang de l’Agneau versé aujourd’hui encore dans toutes les guerres qui détruisent le monde dans lequel nous vivons.  »

Se peut-il que le Pape ne discerne plus le Précieux «  sang de l’Agneau  » versé au Saint-Sacrifice de la messe, de celui qui est versé par les hommes «  dans toutes les guerres  », sans distinguer leur camp, de surcroît  ?

«  Et ainsi nous serons, comme Toi, une image de la colonne lumineuse qui éclaire les chemins du monde, en montrant à tous que Dieu existe, que Dieu est présent, que Dieu habite au milieu de son peuple, hier, aujourd’hui et pour toute l’éternité.  »

Revenir à la «  colonne lumineuse  » qui éclairait le chemin des Hébreux dans le désert, au moment où la «  lumière  » qui jaillit des mains de Notre-Dame de Fatima éclipse le soleil, quel aveuglement  ! C’est encore la grande pensée de Paul VI qui nous vaut cette profession de foi réduite à l’affirmation de l’existence de Dieu, qui se veut commune aux «  trois monothéismes  ». Au plus loin de la dévotion au Cœur Immaculé de Marie que Dieu veut établir dans le monde  !

«  Salut, Mère du Seigneur, Vierge Marie, Reine du Rosaire de Fatima  ! Bénie entre toutes les femmes, tu es l’image de l’Église vêtue de la lumière pascale, tu es l’honneur de notre peuple, tu es le triomphe sur l’assaut du mal.  »

Marie est non seulement «  l’image de l’Église  », mais «  la Mère du Corps mystique du Christ  », la Mère de ce «  nouveau lignage  », créé par Dieu en puisant la vie surnaturelle à la même source que le Christ lui-même  : le Cœur de Marie qui est sa Mère  !

C’est ainsi qu’elle «  triomphe  », oui  ! du Serpent en lui écrasant la tête  !

Moyennant la consécration de la Russie à son Cœur Immaculé, et la dévotion réparatrice des premiers samedis, oui, Notre-Dame l’a promis  :

«  À la fin mon Cœur Immaculé triomphera. Le Saint-Père me consacrera la Russie qui se convertira, et il sera donné au monde un certain temps de paix.  »

Qu’attendez-vous, Très Saint Père  ?

«  Prophétie de l’Amour miséricordieux du Père, Maîtresse de l’Annonce de la Bonne Nouvelle du Fils, Signe du Feu ardent de l’Esprit-Saint, enseigne-nous, dans cette vallée de joies et de douleurs, les vérités éternelles que le Père révèle aux tout-petits.  »

Un seul mot, répété trois fois, contient ces «  vé­rités éternelles  » révélées aux tout-petits  : «  Pénitence, pénitence, pénitence  !  » selon les paroles de Notre-Dame adressées à Lucie, François et Jacinthe aux Valinhos, le 19 août  :

«  Priez, priez beaucoup et faites des sacrifices pour les pécheurs, car beaucoup d’âmes vont en enfer parce qu’elles n’ont personne qui se sacrifie et prie pour elles.  » Les «  tout-petits  » ont si bien compris que ces paroles éveillèrent dans l’âme des pastoureaux une véritable faim de mortifications et de sacrifices, au plus loin de la prédication du pape François  :

«  Montre-nous la force de ton manteau protecteur. En ton Cœur Immaculé, sois le refuge des pécheurs et le chemin qui conduit à Dieu. Uni à mes frères, dans la Foi, dans l’Espérance et dans l’Amour, je me confie à Toi. Uni à mes frères, par Toi, je me consacre à Dieu.  »

Ces derniers mots expriment cent ans d’opposition à la «  consécration au Cœur Immaculé de Marie  »… jugée “ théologiquement inacceptable ” par les “ experts ”  ! Mais c’est en vain que le Saint-Père se «  consacre à Dieu  » si c’est pour manifester son refus de la «  consécration [de la Russie] au Cœur Immaculé de Marie  », qui est précisément la volonté de Dieu  !

«  Ô Vierge du Rosaire de Fatima. Et finalement, enveloppé dans la Lumière qui nous vient de tes mains, je rendrai gloire au Seigneur pour les siècles des siècles. Amen  !  »

Finalement, oui, oui  ! Notre-Dame l’a dit  : «  à la fin mon Cœur Immaculé triomphera du Saint-Père qui me consacrera la Russie…  » Promesse divine  !

«  PAUVRE SAINT-PÈRE  !  »

Dans son homélie de la Messe de canonisation de François et Jacinthe, le lendemain 13 mai, le Saint-Père rappellera comment, «  dans ses Mémoires (III, 6), sœur Lucie donne la parole à Jacinthe qui venait d’avoir une vision  : “ Ne vois-tu pas beaucoup de routes, beaucoup de sentiers et de champs pleins de gens qui souffrent de faim et qui n’ont rien à manger  ? Et le Saint-Père dans une église, devant le Cœur Immaculé de Marie en prière  ? Et beaucoup de monde en prière avec lui  ? ” Merci frères et sœurs, de ­m’accompagner  !  »

Applaudissements.

Cette vision avait été précédée par une autre que le Pape omet, et pour cause  !

«  Une autre fois, raconte Lucie, Jacinthe m’appela  :

 N’as-tu pas vu le Saint-Père  ?

 Non.

 Je ne sais pas comment cela s’est fait, j’ai vu le Saint-Père dans une très grande maison, agenouillé devant une table, la tête dans les mains et pleurant. Au-dehors, il y avait beaucoup de gens et certains lui jetaient des pierres, d’autres le maudissaient et lui disaient beaucoup de vilaines paroles. Pauvre Saint-Père  ! Nous devons beaucoup prier pour lui.  »

Aujourd’hui, des applaudissements. Demain, «  des pierres  » et «  de vilaines paroles  », lorsque les gens comprendront quels ­malheurs l’espérance illusoire semée par ce Pape et ses prédécesse urs, depuis le concile réformateur Vatican II, a attirés sur eux aux quatre coins de l’univers. Comme jadis Luther et ses anabaptistes en Allemagne, dont François célèbre le cinquième centenaire, comme les musulmans que François invitait à «  aimer beaucoup  » dans l’avion qui le ramenait de Fatima le soir du 13 mai.

Car le Pape ne fait qu’attiser la guerre de tous contre tous sur la terre, comme naguère Paul VI et Jean-Paul II, en refusant d’employer les moyens voulus par Dieu  :

«  Je ne pouvais pas ne pas venir ici pour vénérer la Vierge Mère et lui confier ses fils et ses filles. Sous son manteau ils ne se perdent pas  ; de ses bras [non ! de son Cœur Immaculé] viendront l’espérance et la paix dont ils ont besoin, et que je demande pour tous mes frères dans le baptême et en humanité [sic !], en particulier pour les malades et les personnes avec handicap, pour les détenus et les chômeurs, pour les pauvres et les personnes abandonnées [et les pécheurs ?]. Chers frères, prions Dieu dans l’espérance que les hommes nous écoutent  ; et adressons-nous aux hommes avec la certitude que Dieu nous porte secours.  »

Quel irrémédiable aveuglement  ! Demander «  aux hommes  » ce que Dieu veut nous accorder par le Cœur Immaculé de Marie  ! le jour où le pape François vient de canoniser Jacinthe  !

«  Peu de temps avant de partir pour l’hôpital, elle me disait, raconte Lucie  : “ Il ne me reste plus beaucoup de temps avant d’aller au Ciel. Toi, tu resteras ici, afin de dire que Dieu veut établir dans le monde la dévotion au Cœur Immaculé de Marie. Le moment venu de le dire, ne te cache pas. Dis à tout le monde que Dieu nous accorde ses grâces par le moyen du Cœur Immaculé de Marie  ; que c’est à Elle qu’il faut les demander  ; que le Cœur de Jésus veut qu’on vénère avec Lui le Cœur Immaculé de Marie  ; que l’on demande la paix au Cœur Immaculé de Marie, car c’est à Elle que Dieu l’a confiée.

«  Ah  ! Si je pouvais mettre dans tous les cœurs le feu que j’ai là, dans ma poitrine, et qui me brûle et me fait tant aimer le Cœur de Jésus et le Cœur de Marie. ”  »

L’homélie du Pape traduit, en ce 13 mai 2017, une inintelligence confondante des pensées du Cœur Immaculé de Marie révélées à la Cova da Iria il y a cent ans. Il ne peut mieux dire lorsqu’il déplore, en terminant, «  cette indifférence qui nous gèle le cœur et aggrave notre myopie  ». Et il nous dicte lui-même notre résolution, ce Souverain Pontife chéri de notre Mère du Ciel, en s’écriant  : «  Nous ne voulons pas être une espérance avortée  !  »

C’est vraiment le mot de la “ fin ”, de la “ fin ” que nous attendons dans un acte de foi répété autant qu’il faudra pour être exaucés, acte de foi, d’inconfusible espérance et de brûlant amour du Cœur Immaculé de Marie qui l’a promis  :

Sœur Lucie en 2004
«  Ma fille, tu souffres beaucoup  ? Ne te décourage pas, je ne t’abandonnerai jamais  ! Mon Coeur Immaculé sera ton refuge et le chemin qui te conduira jusqu’à Dieu.  »

«  À la fin mon Cœur Immaculé triomphera. Le Saint-Père me consacrera la Russie qui se convertira  », ce que l’abbé de Nantes, le théologien de Fatima, traduisait  : «  À la fin mon Cœur Immaculé triomphera du Saint-Père qui me consacrera la Russie…  »

C’est ce miracle que nous attendons avec la même assurance que Lucie, François et Jacinthe attendant naguère le miracle du 13 octobre.

«  Et il sera donné au monde un certain temps de paix  ». Rien n’est plus certain.

En évoquant l’un de ses entretiens avec Lucie, le chanoine Barthas racontait  : «  En 1946, j’ignorais encore totalement la vision de juin 1929 [de Tuy]. Sœur Lucie me dit que la Russie se convertirait lorsque le Saint-Père, réuni avec les évêques du monde entier, aurait consacré ce pays au Cœur Immaculé. Je lui dis que cette réunion me paraissait bien irréalisable. Elle me répondit  :

“ Si, si  ! Moi, je le vois. ”  »

De fait, la «  réunion de tous les évêques du monde  » était tellement peu «  irréalisable  », qu’elle a eu lieu le 11 octobre 1962, pour l’ouverture du concile Vatican II, mais ce fut pour se détourner de Fatima. Il nous faut prier pour que le Saint-Père se convertisse à Notre-Dame de Fatima.

Et si nous n’avons pas encore obtenu ce miracle promis, c’est peut-être que nous ne l’avons pas assez demandé. Prions pour le Saint-Père, comme il ne cesse de le demander lui-même, en écho à la recommandation incessante de Jacinthe  : «  Prions pour le Saint-Père  !  » Le sort du monde dépend de lui. Prions beaucoup pour le Saint-Père  !

frère Bruno de Jésus-Marie.

Notre-Dame de Fatima