La Contre-Réforme catholique au XXIe siècle
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La Contre-Réforme Catholique au XXIe siècle

IL EST RESSUSCITÉ !

N° 184 – Février 2018

Rédaction : Frère Bruno Bonnet-Eymard


LA DÉMOCRATIE, C’EST LA GUERRE !

«  Dans le temps  :
une seule foi, un seul baptême,
une seule Église, sainte, catholique, apostolique.
Dans l’éternité, le Ciel  !
  »
(Révélation reçue par sœur Lucie le 3 janvier 1944)

par frère Bruno de Jésus-Marie

JE me suis laissé dire qu’une ONG américaine financée par George Soros, star vieillissante de Wall Street, parangon de la philanthropie anglo-saxonne, avait inspiré le plan d’Angela Merkel pour l’accueil des “ réfugiés ” en 2015. On ne prête qu’aux riches…

Ce qui est certain, c’est que les propos du pape François préparent un “ choc migratoire ” dont les conséquences prévisibles sont incalculables.

Qu’est-ce qu’un migrant  ? C’est «  l’étranger en quête de sécurité et des ressources vitales qu’il ne peut trouver dans son pays d’origine  ». Telle est la définition du “ réfugié ” selon le Catéchisme de l’Église catholique (CEC) que cite le pape ­François. Il en déduit les devoirs qui incombent aux États  : accueillir, protéger, intégrer et promouvoir.

«  Intégration  » signifie, selon François, enrichissement mutuel de deux cultures. Elle exclut donc également, pour les réfugiés, l’oubli de leur propre identité “ culturelle ”, musulmane par exemple, et, pour ceux qui les accueillent, le repli identitaire c’est-à-dire le retour en Chrétienté de la France qui offre l’hospitalité, par exemple. Plutôt le reniement sous couvert de “ laïcité ”  !

Pour nous, catholiques romains, comment définir notre “ identité ”  ? Réponse  : Nous sommes tous des “ étrangers ” en ce bas monde, pèlerins en chemin vers le Ciel, notre Patrie, unique but de tous nos travaux. Cette vérité était ancrée dans la religion de nos Pères. Le Ciel  ! objet de leur foi reçue au baptême, de leur espérance, de leur amour. Le 13 mai 1917, lorsque Lucie entendit la “ Dame ” lui dire «  Je suis du Ciel  », elle demanda aussitôt  : «  Et moi, irai-je au Ciel  ?  » Après en avoir reçu l’assurance, elle apprit par quelle voie  : «  Mon Cœur Immaculé sera ton refuge et le chemin qui te conduira jusqu’à Dieu.  » (13 juin) Lucie est aujourd’hui parvenue au but après avoir fait connaître le chemin  : la dévotion au Cœur Immaculé de Marie que Dieu veut établir dans le monde par la pratique des cinq premiers samedis du mois et la consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie.

Mais le Pape ne veut pas. Le Saint-Père refuse de «  se transformer en dirigeant communautaire  », ce qu’il est en toute vérité par son sacre  ; il considère que ce serait «  abandonner la vocation universelle du catholicisme  » (La Croix du samedi 13, dimanche 14 janvier 2018).

En clair, il refuse de gouverner l’Église catholique romaine dont il est le chef en père de famille parce que, à ses yeux, elle ne répond pas à cette «  vocation universelle  »  ! François, lui, se considère comme le chef d’un mouvement vraiment universel, le Mouvement d’Animation Spirituelle de la Démocratie Universelle (MASDU). En arrivant au Chili, il a exprimé sa satisfaction à la présidente du Chili, Michelle Bachelet, de l’adhésion du Chili à ce “ Mouvement ”  :

«  Le Chili a été caractérisé, ces dernières décennies, par le développement d’une démocratie qui lui a permis un progrès soutenu.  » Sous-entendu, grâce au renversement de Pinochet  :

«  Les récentes élections politiques ont été une manifestation de la solidité et de la maturité civique que vous avez atteintes, ce qui revêt un cachet particulier cette année où se commémorent les deux cents ans de la déclaration de l’indépendance. Moment particulièrement important, car il a marqué votre destin en tant que peuple, fondé sur la liberté et sur le droit, qui a dû également affronter diverses périodes turbulentes [la “ dictature ” du général Pinochet] mais qu’il a réussi, non sans mal, à surmonter. Ainsi, vous avez su consolider et renforcer le rêve de vos pères fondateurs.  » (Discours du 16 janvier 2018)

Ne nous y trompons pas. Sous ces derniers mots, le Pape ne désigne pas les missionnaires fondateurs du Chili dont «  le rêve  » était que toutes les populations dont ils prenaient la charge “ paternelle ” aillent au Ciel. Mais il souligne au contraire ­l’occurrence du bicentenaire de l’indépendance qui les a émancipés de cette tutelle. Certaines «  turbulences  » ont tenté de les y ramener, mais le Pape félicite la présidente sortante d’avoir su «  consolider et renforcer la “ Démocratie universelle ”  » au Chili  !

Pour ne rien vous cacher, ce voyage du pape François «  a été vu par certaines personnes comme un échec, en raison du peu de personnes qui étaient là pour l’accueillir et parce que l’Église est plus divisée qu’auparavant. Mais le Pape a dit  : “ En ce qui concerne le Chili, je dis que je suis content, je ne m’attendais pas à voir autant de personnes dans la rue et ces personnes n’ont pas été payées pour venir  ! ”  » (Zenit du 23 janvier 2018)

Les pays où il a reçu un accueil triomphal vont se sentir visés par une insinuation malveillante, non  ?

La vérité est que le premier but de ce voyage était d’atténuer les scandales dont ce pays est le théâtre du fait du comportement de mauvais prêtres. Lors de son discours au palais présidentiel de la Moneda, le 16 ­janvier, le Pape a battu une véritable coulpe publique en présence de Michelle Bachelet. Le Saint-Père est revenu longuement sur ce sujet lors de sa rencontre avec le clergé. Jean-Marie Guénois prétend «  que ces scandales à répétition, en particulier celui donné en 2010 par un certain Père Karadima, et dont on apprend au passage qu’ils sont méticuleusement comptabilisés par une ONG américaine (Bishop Accountability), auraient provoqué au Chili une chute de la pratique religieuse catholique de 20 à 30 %  » (Le Figaro du 17 janvier 2018).

Tel est le salaire de la «  mondanité du Diable  » que l’abbé de Nantes a dénommée MASDU, et dont le pape François avait pourtant déclaré vouloir s’émanciper au début de son pontificat. Elle consiste à se détourner de sa communauté pour s’ouvrir au monde dont le Diable est le Prince. C’est ce que fait François. Au nom de la liberté religieuse il promeut l’accueil des réfugiés en «  application de ces principes et valeurs d’accueil et de fraternité qui constituent un patrimoine commun d’humanité et de sagesse  » sans le Christ et donc plus large que la civilisation chrétienne. Le nom de ce “ patrimoine ”  ? «  L’humanisme intégral qui constitue l’un des fruits les plus beaux de la civilisation européenne.  » (septembre 2017, Discours aux responsables européens de la pastorale des migrants)

Eh bien  ! Tout le monde n’adhère pas au MASDU  ! Et pas seulement au Chili. Les États d’Europe centrale, emmenés par la Pologne et la Hongrie, forment un axe Varsovie-Budapest-Prague, rejoint par l’Autriche, qui frondent “ l’ordre bruxellois ” et ne veulent pas du MASDU préconisé par le Pape. Ils entendent défendre leur identité chrétienne, la souveraineté nationale et le contrôle des frontières. En vertu d’un nationalisme que ces pays, délivrés du communisme, veulent “ intégral ”…

Aux ambassadeurs, en janvier, le pape François a manifesté sa désapprobation de ce nationalisme en déclarant que l’arrivée des migrants peut-être une chance pour le pays qui accueille de «  redécouvrir son patrimoine culturel et religieux propre  ». À condition d’en être encore le gardien, et d’avoir la volonté “ missionnaire ” de le partager  !

Ce qui n’est pas le cas de la France envahie. Elle devient une tour de Babel où l’on ne parle plus le français  : Valeurs Actuelles rend compte du témoignage d’une institutrice, «  Hélène  », en fin de carrière et qui enseigne dans une cité d’une petite ville au nord de Paris. Dans sa classe, pour ce qui est de la religion, 90 % de ses élèves sont musulmans.

«  En tant qu’institutrice, ce qui m’inquiète au plus haut point, c’est que ces enfants, qui sont tous français, sont de moins en moins capables de comprendre notre langue.  » Dans la cour de récréation, les groupes se forment en fonction de la langue parlée  : le turc, l’arabe et le soninké. Le français a pratiquement disparu. Les parents ont même demandé que les comptes rendus des conseils de classe soient rédigés dans ces trois langues. Mais le plus grave, ce sont les “ cours de Coran ” qui ont lieu en fin de journée, «  deux heures par jour, cinq fois par semaine, comme une école complémentaire  ».

Aux yeux d’Hélène, le problème n’est pas tant que des enfants musulmans apprennent le Coran plutôt que le catéchisme, «  mais que cet apprentissage jugé prioritaire par les parents, empêche des élèves déjà faibles, chez qui le français n’est pas maîtrisé, de faire leurs devoirs le soir, ou d’aller à l’étude et d’acquérir les outils nécessaires à leur intégration future (…). Chez les jeunes filles, insiste-t-elle, les familles n’ont aucune envie de les voir s’instruire.  »

Et l’institutrice d’évoquer le cas d’une famille pakistanaise dont trois des cinq filles ont suivi le même parcours  : à quinze ans, elles sont parties passer de longues “ vacances ” au pays d’origine et en sont revenues enceintes et mariées. «  C’est terrible à dire, mais ça donne une impression de conquête lente, conclut Hélène, une conquête qui passe par le ventre de ces filles.  » (Valeurs actuelles, 24 janvier 2018).

Qu’à cela ne tienne  ! Selon François, le «  droit de pouvoir émigrer  » ne connaît pas de limite. Il est partie intégrante de la dignité humaine, tout comme le «  droit de ne pas devoir émigrer  », ce qui implique, selon lui, une lutte contre la pauvreté dans les pays de départ, un effort accru dans le domaine de la coopération et de l’aide au développement.

Comme si «  la pauvreté  » était le seul motif de départ  !

LE DEVOIR DE COLONISATION

Kabila, un danger au cœur de l’Afrique. L’actuel président de la République Démocratique du Congo, Joseph Kabila, refuse de quitter le pouvoir depuis la fin de l’année 2016, alors que la Constitution lui interdit un troisième mandat. Ses atermoiements répétés «  ont décidé l’Église catholique, l’institution la mieux organisée du pays, à s’engager. Pourquoi les évêques congolais, qui ont été rejoints dans ce combat par les pasteurs protestants et les imams musulmans, ont-ils jugé utile de se mêler de politique  ? Parce qu’il en va du maintien de la paix civile dans ce pays grand comme quatre fois la France.  »

La situation économique, sociale et sécuritaire du pays est catastrophique  :

«  Si l’Europe ne veut pas voir venir en masse chez elle des immigrés de ce pays de quatre-vingts millions d’habitants, dont 60 % de moins de vingt ans, l’Union européenne doit agir. Si l’Afrique ne veut pas que sa région des Grands Lacs s’embrase à nouveau, l’Union africaine doit agir.  »

«  L’Union africaine  »  ? Mais ça n’existe pas  ! Et «  l’Union européenne  » non plus  ! Alors, «  l’ingérence est parfois nécessaire quand il s’agit de prévenir une catastrophe humaine de très grande ampleur  » (Le Figaro du 23 janvier 2018).

Pour l’heure, il y a donc devoir d’ “ ingérence ” prioritaire pour la France en Afrique.

À Charles de Blic, son neveu, le Père de Foucauld écrivait le 13 janvier 1912  : «  Si la France remplit son devoir envers son Empire barbaresque, c’est-à-dire si elle se conduit envers les peuples en mère et non en exploiteuse, faisant à autrui ce qu’elle voudrait qu’on lui fît, et appliquant le principe  : “ Aime ton prochain comme toi-même ” et celui de cette “ fraternité ” écrit sur tous les murs, c’est-à-dire si elle fait l’éducation de ces peuples, elle aura un empire admirable qui sera une autre France et dont la population doublera en un demi-siècle.  »

Sinon  ? «  Dans cinquante ans, ils nous jetteront à la mer.  » (16 février 1912, au capitaine Pariel) Ce qui s’est exactement produit. La France ayant manqué à tous ses devoirs, comme une marâtre abandonnant ses enfants.

Eh bien  ! ceux-ci ne se laissent pas oublier  :

“ Au Sahel, Paris veut faire monter en ligne les armées africaines. ” «  Pour Paris, l’appui à la “ montée en puissance ” de la force militaire des cinq pays du Sahel (Burkina-Faso, Mali, Mauritanie, Niger, Tchad) contre les groupes terroristes est une priorité de son action extérieure.  »

L’armée française entend s’appuyer sur la force militaire de ces pays à partir de 2018 pour moduler son engagement opérationnel afin de préserver la capacité de nos armées à durer. En novembre 2017, trente mille soldats étaient engagés en opérations, dont quatre mille dans l’opération Barkhane. Cette «  force conjointe du G 5 Sahel  », formellement lancée en juillet 2017 à Bamako, est prévue pour compter cinq mille hommes. Elle serait financée par les cinq États à hauteur de 10 millions d’euros chacun, par la France qui apporterait 8 millions en équipements divers, par l’Union européenne qui en apporterait 80, par l’Arabie saoudite avec 100 millions de dollars, et les Émirats arabes unis pour un montant substantiel. La force conjointe devrait être pleinement opérationnelle d’ici le premier trimestre 2018 espère-t-on à Paris.

«  L’appui des militaires français qui coordonnent depuis deux ans des opérations transfrontalières entre armées sahéliennes reste indispensable pour la logistique, l’approvisionnement, le déminage, les communications, la protection des militaires africains souvent sous-équipés.  » Tout quoi  ! Sinon, c’est le chaos.

«  “ Barkhane ” apparaît comme le principal tuteur d’un contingent africain dont l’autonomie opérationnelle demeure, à ce stade, virtuelle. Le pari, qui n’est guère nouveau, est celui de l’appropriation par les Africains de leur propre sécurité avec l’appui de la France pour laquelle cette zone demeure essentielle.  »

Cette force conjointe devra trouver sa place dans l’embouteillage des différentes forces intervenant dans cette région, gagner la confiance des populations et accompagner son effort militaire d’une action politique. Paris envisage de réajuster la force Barkhane en 2019 mais quoi qu’il en soit, elle «  demeurera autant que nécessaire et va continuer de consacrer des moyens importants pour assurer la formation et le soutien de cette force conjointe.  » (Le Figaro du 13 décembre 2017)

«  Le temps presse, car l’État malien se délite chaque jour un peu plus, sous la pression des groupes djihadistes qui gagnent en force et s’organisent  ».

Par ailleurs, les Peuls, une ethnie majoritairement musulmane, répartie dans la bande sahélo-saharienne sur une quinzaine de pays, manifestent un attrait de plus en plus marqué pour le djihad. Ainsi, quatre groupes djihadistes se sont rassemblés en Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans et sévissent dans la plus grande partie du Mali.

«  “ Chaque groupe tient sa zone, mais des combattants peuvent se retrouver pour des actions communes. ” Au total ce rassemblement disposerait d’environ deux mille combattants.  »

Ce groupe agit sous la tutelle d’Al Qaida au Maghreb islamique. «  Pas une voiture ne peut traverser le Sahara, pas un puits ne peut être creusé sans l’autorisation d’Aqmi  », selon une source sécuritaire mauritanienne.

Cette organisation prélève une dîme sur tous les trafics qui transitent par sa zone, notamment de drogue. «  Tous ces groupes pourraient être renforcés par l’arrivée de djihadistes venant de Libye. Al Qaida au Maghreb islamique a des relais chez les Touareg et les Ouled Sliman [tribu libyenne] présents dans le sud, tandis que Daech a les siens dans les villes côtières de Sabratha et Misrata. L’écrasement de Daech en Syrie et en Irak et sa mauvaise situation en Libye conduisent cette Source sécuritaire mauritanienne à ne pas écarter l’hypothèse que ses combattants basculent vers le groupe de soutien à l’islam et aux musulmans.  »

Voilà donc l’armée française en première ligne, cinquante ans après l’abandon criminel de l’Algérie.

Cette situation presse les membres du G 5 Sahel à agir et à monter d’urgence leur armée commune. Avant de coordonner leurs actions sur le terrain avec les quelque quatre mille Français de l’opération Barkhane, répartis sur la bande sahélienne, avec les dix mille casques bleus africains, soldats de la Minusma et peut-être aussi avec les militaires algériens. «  “ Car, insiste le responsable sécuritaire précité, manifestement inquiet, il n’y aura pas de solution dans le nord-Mali sans les Algériens ”.  » (Le Figaro du 13 décembre 2017)

Le Père de Foucauld n’a pas travaillé ni versé son sang pour rien  ! Son œuvre continue…

LE MASDU EN AMAZONIE

«  L’ingérence  » qui serait la plus urgente serait la consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie. Hélas  ! “ L’hymne du Pape à l’Amazonie ” montre que nous en sommes loin  !

Le 19 janvier, le pape François a décidé de s’enfoncer au Pérou dans la forêt amazonienne pour y rencontrer les peuples qui y habitent. Il entend lancer un appel à la conscience mondiale, une sorte d’hymne païen à l’Amazonie  :

«  Aimez cette terre en la sentant vôtre. Flairez-la, écoutez-la, émerveillez-vous-en  ! Tombez amoureux de cette terre mère de Dieu [!], engagez-vous et sauvegardez-la. Merci de m’aider à voir de plus près, dans vos visages, le reflet de cette terre. Un visage pluriel, d’une diversité infinie et d’une énorme richesse biologique, culturelle, spirituelle. Nous qui n’habitons pas ces terres, nous avons besoin de votre sagesse et de votre connaissance pour pouvoir pénétrer, sans le détruire, le trésor que renferme cette région.  » Le Pape est même allé jusqu’à qualifier l’Amazonie de «  terre sainte  » (Le Figaro du 20 et 21 janvier 2018).

Elle le deviendrait en toute vérité si le Pape répondait à la demande du Cœur Immaculé de Marie. Son Immaculée Conception confère à la Sainte Vierge une puissance extraordinaire pour entrer en relation personnelle avec tous les cœurs pécheurs, comme une mère de famille nombreuse attentive à regagner chacun de ses enfants rebelles. Le Pape a d’ailleurs invité cinq cents religieuses contemplatives à relayer cette prodigieuse activité de notre Divine Mère afin que «  votre vie en clôture arrive à avoir une portée missionnaire et universelle ainsi “ qu’un rôle fondamental dans la vie de l’Église. Vous priez et intercédez pour beaucoup de frères et sœurs qui sont en prison, migrants, réfugiés et persécutés, pour tant de familles blessées, les personnes sans travail, les pauvres, les malades, les victimes des dépendances, pour ne situer que quelques-unes des situations qui sont chaque jour plus pressantes. Vous êtes comme ces personnes qui déposèrent un paralytique devant le Seigneur pour qu’il le guérisse (cf. Mc 2, 1-12) (…). Par la prière, jour et nuit, vous amenez au Seigneur la vie de beaucoup de frères qui, pour diverses raisons ne peuvent le rejoindre pour faire l’expérience de sa miséricorde qui soigne, alors que Lui les attend pour leur faire grâce. Avec votre prière, vous pouvez guérir les plaies de beaucoup de frères. ”  » (Zénit du 21 janvier)

Oui, oui, par la récitation du chapelet demandée par Notre-Dame de Fatima  !

Hélas  ! le pape François fait de tout autres recommandations aux évêques chiliens et le MASDU est de retour. “ Le cléricalisme ”, voilà l’ennemi  !

«  Le manque de conscience quant au fait que la mission revient à toute l’Église et non au prêtre ou à l’évêque, restreint l’horizon et, ce qui est pire, entrave toutes les initiatives que l’Esprit peut insuffler parmi nous. Disons-le clairement, les laïcs ne sont pas nos ouvriers, ni nos employés. Ils ne doivent pas répéter comme des “ perroquets ” ce que nous leur disons. Le cléricalisme, loin de donner une impulsion aux différentes contributions et propositions, éteint peu à peu, dans le cœur de vos peuples, le feu prophétique dont l’Église tout entière est appelée à témoigner. Le cléricalisme oublie que la visibilité et la sacramentalité de l’Église appartiennent à tout le peuple de Dieu (cf. Lumen gentium, n. 9-14), et pas seulement à quelques personnes élues et éclairées.  » (17 janvier)

Voilà de quoi éteindre à tout jamais les moindres velléités de vocation religieuse ou sacerdotale  !

L’homélie prononcée lors de la messe célébrée à l’aéroport de Maquehue est un sommet de la religion masduiste. C’est un scandaleux, irréparable réquisitoire contre la seule Église, sainte, catholique, apostolique forgée par deux mille ans de Chrétienté  :

«  L’une des principales tentations à affronter est de confondre unité et uniformité. Jésus ne demande pas à son Père que tous soient pareils, identiques  ; puisque l’unité ne naît pas et ne naîtra pas du fait de neutraliser ou de taire les différences. L’unité n’est pas un simulacre d’intégration forcée ni de marginalisation harmonisatrice. La richesse d’une terre naît précisément du fait que chaque partie s’emploie à partager sa sagesse avec les autres. Ce n’est pas et ce ne sera pas une uniformité asphyxiante qui naît normalement de la domination et de la force du plus fort  ; non plus une séparation qui ne reconnaît pas la bonté des autres. L’unité demandée et offerte par Jésus reconnaît ce que tout peuple, toute culture, est invité à apporter à cette terre bénie. L’unité est une diversité réconciliée puisqu’elle ne tolère pas qu’en son nom soient légitimées des injustices personnelles ou communautaires. Nous avons besoin de la richesse que chaque peuple a à apporter, et il faut laisser de côté la logique de croire qu’existent des cultures supérieures ou inférieures  » (17 janvier), et des religions fausses et une religion vraie  ?  !

Pourtant, à Iquique, devant une assemblée clairsemée, le Pape a dit à partir de l’Évangile de Cana  : «  Et c’est ainsi que Marie marche dans nos villages, dans nos rues, sur nos places, dans nos maisons, dans nos hôpitaux. Marie est la Vierge de Tirana  ; la Vierge Ayquina à Calama  ; la Vierge de Las Peñas à Arica, qui [nous] accompagne dans nos ennuis de famille inextricables, ceux-là mêmes qui semblent nous étouffer le cœur, afin de s’approcher des oreilles de Jésus et de lui dire  : Regarde  ! “ ils n’ont pas de vin ”.  » (18 janvier)

Et Jésus n’a pas besoin de se faire dire deux fois ce que son Cœur Immaculé lui demande. Combien de fois faudra-t-il répéter au pape François que le Cœur Immaculé de Marie pleure et demande à être consolé  ? Au Ciel et sur la terre  !

LA GUERRE, SALAIRE DU MASDU

Emmanuel Macron promet aux armées un “ effort budgétaire inédit ”. Vendredi 19 janvier, à Toulon, Emmanuel Macron a annoncé aux armées un effort budgétaire «  inédit et incomparable  : J’ai décidé d’arrêter la lente érosion de nos capacités militaires. Notre défense est absolument prioritaire. Je veux une France maîtresse de son destin. Je vous donne des moyens, mais en même temps, cela représentera plus de responsabilité. Chaque dépense sera évaluée à l’aune de son utilité opérationnelle. ”  » (Le Figaro du 21 janvier 2018)

Pour quoi faire  ? La guerre à Bachar el-Assad, oui  ! Macron a affirmé que la France était prête à répondre militairement, même seule, le jour où la Syrie franchirait la «  ligne rouge  » des “ armes chimiques ”  ! Les armes chimiques de Bachar, c’est comme les “ armes de destruction massives ” de Saddam Hussein… C’est la politique du chien enragé pour nous jeter dans la guerre.

Avec une ministre de la Défense, du doux nom de Florence Parly, inconnue au bataillon, puisqu’elle était Directrice générale de la branche voyageurs de la SNCF, après avoir été dirigeante d’Air-France, alors qu’elle s’apprêtait à briguer la tête de la RATP. C’est dire que cette ancienne socialiste tombe des nues  ! Comme son Président, d’ailleurs, lorsqu’il parle à l’armée comme un maître d’école qui vient de distribuer des cahiers neufs aux enfants. Tandis que le nouveau CEMA [Chef d’état-major des armées] François Lecointre, a clairement défini «  la nécessité pour les armées de retrouver des marges de manœuvre opérationnelles. L’accumulation des réformes et surtout le suremploi des forces, qu’il évalue à 30 % au-dessus de ce qui avait été prévu par le dernier Livre blanc de 2013 ne peuvent plus être éludés.  » Se garder des marges de manœuvre signifie «  pouvoir remonter en puissance si survient une crise inopinée, toujours possible, c’est pouvoir s’entraîner et souffler  ». Il est donc impératif, pour le chef d’état-major de l’Armée de terre, de «  moduler  » les opérations extérieures  : «  conjuguer l’efficacité opérationnelle sur le terrain avec l’efficience dans les livres de compte  » (Le Figaro du 19 janvier 2018).

Sans la France, la bande sahélo-saharienne est la proie du djiḥad et tout ce qui reste envers et contre tout «  l’Afrique occidentale française  » sombre dans le chaos. L’ “ ingérence ” française est de nécessité vitale. Au Moyen-Orient, au contraire, l’ “ ingérence ” américaine est la source d’une instabilité mortelle, préparant un embrasement qui, pour l’heure, est suspendu au bon vouloir de Notre-Dame, dont la petite main interpose son éclat “ antimissile ”  :

«  Nous vîmes à gauche de Notre-Dame, un peu plus haut, un Ange avec une épée de feu à la main gauche  ; elle scintillait, émettait des flammes qui paraissaient devoir incendier le monde, mais elles s’éteignaient au contact de l’éclat que, de sa main droite, Notre-Dame faisait jaillir vers lui.  » (13 juillet 1917)

En clair, les États-Unis veulent renverser Assad, quitte à mettre la Syrie à feu et à sang. Pour faire quoi après lui  ? La démocratie  ! Comme en Ukraine  ? Comme en Irak  ? Comme en Afghanistan  ? Comme en Libye  ? Mais les Russes leur opposent un contre-feu en défendant victorieusement le régime syrien.

Entre Israël et le Liban, la «  ligne bleue  », définie après une guerre de trente-quatre jours en 2006, est sous haute tension. Malgré le calme qui règne à la frontière, Israël soupçonne le Hezbollah d’avoir truffé les villages situés de l’autre côté de la ligne de ­cessez-le-feu de sites de lancement de roquettes. Son arsenal est estimé à 135 000 roquettes et missiles dont plusieurs milliers ont une portée pouvant atteindre le centre et le sud du territoire israélien. L’armée israélienne s’attend à essuyer une pluie de roquettes durant les premiers jours de la prochaine guerre. Les défenses antiaériennes d’Israël ne pourront en intercepter qu’une partie. Mais la réaction de Tsahal sera foudroyante  : «  Nous raserons le Liban jusqu’au niveau du sol et le renverrons à l’âge de pierre  », prévient le ministre du Renseignement, Yisrael Katz.

Même résolution d’Ankara vis-à-vis des Kurdes d’Afrin, qui s’estiment lâchés par la Russie. «  À leurs yeux, elle s’est entendue avec Ankara, comme l’atteste le retrait des troupes russes basées à Afrin juste avant le début de l’offensive turque.  » (La Croix du 30 janvier 2018).

En présence du nouveau risque d’embrasement que fait naître l’intervention terrestre lancée par l’armée turque dans l’enclave kurde d’Afrin, et la résistance farouche que lui opposent les Kurdes, il nous faut envisager la transformation de la guerre civile syrienne en ce cataclysme contemplé par sœur Lucie le 3 janvier 1944. Ayant reçu de Mgr da Silva l’ordre qu’elle attendait pour rédiger le troisième Secret, c’est-à-dire un «  ordre exprès  », elle n’y parvenait pas. Agenouillée à l’heure de sa visite au Saint-Sacrement devant le Tabernacle, en proie à cette impuissance et pourtant bien certaine que l’ordre de l’évêque était l’expression de la volonté de Dieu, «  perplexe, à moitié absorbée, sous le poids d’une nuée obscure qui semblait planer au-dessus de moi, le visage dans les mains, j’attendais, sans savoir comment, une réponse. Je sentis alors une main amie, tendre et maternelle, me toucher l’épaule  ; je levai les yeux et je vis ma chère Mère du Ciel.

«  “ Ne crains pas, Dieu a voulu éprouver ton obéissance, ta foi et ton humilité  ; sois en paix et écris ce qu’ils te demandent, mais pas ce qu’il t’a été donné de comprendre de sa signification. Après l’avoir écrit, mets-le dans une enveloppe, ferme-la et cachette-la, et écris à l’extérieur qu’elle ne pourra être ouverte qu’en 1960, par le cardinal patriarche de Lisbonne ou par Mgr l’évêque de Leiria. ”  »

Or, voici ce qui lui a été donné de comprendre de sa signification avant même de le rédiger  :

«  Et je sentis mon esprit inondé par une mystérieuse lumière qui est Dieu, et en Lui je vis et j’entendis – la pointe d’une lance comme une flamme qui se dégage, touche l’axe de la terre – celle-ci tremble  : montagnes, villes, bourgs et villages avec leurs habitants sont ensevelis. La mer, les fleuves et les nuages sortent de leurs frontières, débordent, inondent et emportent avec eux dans un tourbillon maisons et gens en nombre incalculable.

«  C’est la purification du monde pour le péché dans lequel il est plongé. La haine, l’ambition provoquent la guerre destructrice  !  »

C’est ce que prépare la nouvelle géopolitique des missiles  : la Russie investit lourdement. Dernier essai en date  : le missile intercontinental Topal capable de contrer le système de défense antimissile américain. En 2017, elle déploie aussi au sud du pays des missiles de croisière SSC- 8 pouvant être équipés d’une tête nucléaire et visant l’Europe occidentale et considère qu’elle ne fait ainsi que répondre à l’installation par les États-Unis de lanceurs-intercepteurs en Roumanie et bientôt en Pologne. «  Le transfert de batteries de missiles sol-air S-300 ou S-400 à Kaliningrad, en Biélorussie et en Méditerranée orientale pose aux puissances occidentales un problème nouveau de déni d’accès. Déployé en Syrie après l’intervention russe pour établir une bulle de protection autour des places fortes du régime, le système a compliqué les marges de manœuvre aériennes de la coalition anti-Daesh. En réduisant la liberté de circulation et d’action, les systèmes de missiles russes peuvent contraindre la décision politique de leurs adversaires. C’est le cas au Levant, mais aussi vis-à-vis des anciennes républiques soviétiques comme l’Ukraine ou la Géorgie.  »

Par ailleurs, la Russie équipera la Turquie de quatre batteries de missiles S-400 en 2020. Pour la première fois, un pays membre de l’Otan disposera d’un système incompatible avec celui de l’Organisation.

Ce n’est pas tout  !

«  Nouveau pouvoir ascendant au Moyen-Orient, l’Iran est devenu, avec la Corée du Nord l’un des principaux acteurs proliférants. La République Islamique utilise des missiles balistiques ou conventionnels pour pousser son influence dans la région, pour la sanctuariser et pour repousser l’adversaire hors de la zone. “ Tous les affidés de l’Iran au Moyen-Orient ont des missiles. C’est une étape qui change la donne régionale. ”  »

Les rebelles yéménites chiites ont ainsi tiré un missile balistique d’origine iranienne sur Riyad. Israël est inquiet du gonflement du stock de missiles, dont certains sont balistiques, du Hezbollah. Les convois de missiles en Syrie ont été bombardés par Israël. «  “ Les missiles iraniens sont en train de transformer la dynamique entre l’Iran et Israël ”, explique un spécialiste de l’Institut International d’Études Stratégiques. Faut-il redouter une guerre entre Israël et les alliés de l’Iran au Liban et en Syrie  ? “ Personne ne la veut, mais tout le monde s’y prépare. ”  » (Le Figaro du 8 janvier)

Enfin, en Extrême-Orient, la Corée du Nord, dotée de l’arme nucléaire, a prouvé qu’elle maîtrisait suffisamment son programme balistique pour menacer le territoire américain. Les équilibres stratégiques ont donc changé en Asie. L’incertitude de la politique américaine face à la Corée du Nord amène ses alliés sud-coréens et japonais à revoir leur système de défense… jusqu’à envisager de se doter eux-mêmes de l’arme nucléaire contre leur voisin nord-coréen si les garanties américaines leur semblent insuffisantes  ?

«  Car la crise des missiles nord-coréens n’a que de faibles chances de trouver une issue dans les négociations. Pas seulement en raison du jeu trouble de la Chine et de la Russie qui l’alimentent. Mais parce que la bombe et le programme des missiles qui l’accompagnent permettent à Kim-Jong-Un de sanctuariser son régime tout en renforçant son pouvoir.  » (ibid.)

Comment peut-on encore penser désarmer cette puissance infernale dérivée des «  erreurs de la Russie  » par un Mouvement d’Animation spirituelle de la Démocratie Universelle  ?

La vision de sœur Lucie s’achève sur une claire condamnation du MASDU  : «  Puis je sentis, parmi les battements accélérés de mon cœur et dans mon esprit, l’écho d’une voix douce qui disait  :

«  “ Dans le temps, une seule foi, un seul baptême, une seule Église, sainte, catholique, apostolique. ”

«  “ Dans l’éternité, le Ciel  ! ” Ce mot Ciel remplit mon âme de paix et de bonheur, de telle sorte que presque sans m’en rendre compte, je restai à répéter longtemps  : “ Le Ciel  ! Le Ciel  ! ” Dès que se fut évanouie la grande force du surnaturel, j’allai écrire et je le fis sans difficulté, le 3 janvier 1944, à genoux, appuyée sur mon lit qui me servait de table.  »

Ce qu’elle écrivit donne tout son prix à la persécution des chrétiens qui ne connaît pas de trêve, ni en Corée du Nord, ni au Nigeria, ni au Pakistan  :

«  Sous les deux bras de la Croix, il y avait deux Anges, chacun avec un vase de cristal à la main, dans lequel ils recueillaient le sang des martyrs, et avec lequel ils arrosaient les âmes qui s’approchaient de Dieu.  » (Notre-Dame de Fatima, le 13 juillet 1917)

VERITATIS GAUDIUM
CHARTE UNIVERSITAIRE DU MASDU

Le pape François a promulgué une nouvelle Constitution apostolique pour les études ecclésiastiques. Signée le 8 décembre 2017, elle a été publiée le 29 janvier 2018.

«  La joie de la vérité (Veritatis gaudium) exprime le désir poignant qui rend le cœur de tout homme inquiet tant qu’il ne trouve, n’habite et ne partage avec tous la Lumière de Dieu. La vérité, en effet, n’est pas une idée abstraite, mais c’est Jésus, le Verbe de Dieu en qui se trouve la Vie qui est la Lumière des hommes (cf. Jn 1, 4), le Fils de Dieu qui est en même temps Fils de l’Homme. Lui seul “ dans la révélation même du mystère du Père et de son amour, manifeste pleinement l’homme à lui-même et lui découvre la sublimité de sa vocation ”.  »

Cette citation du concile Vatican II (Gaudium et Spes, 22) nous indique d’emblée que «  la Vérité  », objet des études ecclésiastiques, qui doit être la règle de notre foi  : tout le mystère du Dieu fait homme, le mystère de Dieu Trinité, aboutit à exalter dans l’homme Jésus, Fils de Dieu, le mystère de tout homme et «  la sublimité de sa vocation  ». Voilà des études ecclésiastiques très engagées pour l’homme, sa dignité, son éminente grandeur.

«  Dans la rencontre avec lui, le Vivant (cf. Ap 1, 18) et l’aîné d’une multitude de frères (cf. Rm 8, 29), le cœur de l’homme expérimente déjà dès maintenant, dans le clair-obscur de l’histoire, la lumière et la fête sans couchant de l’union avec Dieu et de l’unité avec les frères et les sœurs dans la maison commune de la création dont il jouira sans fin dans la pleine communion avec Dieu.  »

Encore faut-il préciser que, image de Dieu dans la première «  maison de la création  », le Christ est venu par une nouvelle création rendre à l’humanité déchue l’éclat de cette image divine que le péché avait ternie  :

«  Si donc quelqu’un est dans le Christ, c’est une création nouvelle  : l’être ancien a disparu, un être nouveau est là.  » (2 Co 5, 17)

Il est donc bel et bien voué à entrer «  dans la maison commune  » qui est celle de la seconde création, au Ciel  ! Encore faut-il qu’il se le gagne, comme disait sainte Bernadette.

«  Dans la prière de Jésus au Père  : “ Afin que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi, qu’eux aussi soient en nous. ” (Jn 17, 21) est contenu le secret de la joie que Jésus veut nous communiquer en plénitude (cf. 15, 11) de la part du Père par le don de l’Esprit-Saint  : Esprit de vérité et d’amour, de liberté, de justice et d’unité.

«  C’est cette joie que l’Église est encouragée par Jésus à attester et à annoncer dans sa mission, sans arrêt et avec une passion toujours nouvelle. Le Peuple de Dieu est en pèlerinage le long des ­chemins de l’histoire, en sincère et solidaire compagnie des hommes et des femmes de tous les peuples et de toutes les cultures, pour éclairer de la lumière de l’Évangile la marche de l’humanité vers la nouvelle civilisation de l’amour.  »

Alors, ce n’est plus «  la joie de la vérité  », mais «  la joie de l’unité  ». En effet, il y a d’abord le peuple de Dieu, comme dans la constitution conciliaire Lumen gentium sur l’Église, et ce peuple est donné tout vivant, tout illuminé, sanctifié, rassemblé avant qu’intervienne le moins du monde la hiérarchie, par l’action directe, invisible, gratuite, inattendue, ­illimitée de… l’Esprit-Saint  ! «  Voilà toute la structure de l’Église renversée et ses frontières abattues. Enfin, on respire  !  » s’écrie l’abbé de Nantes dénonçant la révolution opérée au Concile à l’initiative du cardinal Suenens qui, le jour où le Concile devait traiter de la hiérarchie de l’Église proposa qu’on traite d’abord du “ peuple de Dieu ”, «  sous le prétexte fallacieux que les membres de la hiérarchie eux-mêmes, individuellement, faisaient partie de ce peuple tout comme les autres. L’assemblée trouva cela absolument sensationnel et véritablement “ inspiré ”.

«  C’était une révolution. Ainsi, supposez qu’on définisse la famille  : une réunion d’enfants bien vivants dont certains sont appelés parents parce qu’ils sont au service des autres enfants. Qu’en diriez-vous  ? Que cette définition pèche par idéalisme  : qu’est-ce donc que cette “ vie ”, d’où vient-elle aux enfants, depuis quand et comment se maintient-elle  ? Et qu’elle pèche par omission, capitale  : elle néglige le fait de la génération, fait premier et constitutif sans lequel tout est subverti. Cette réunion d’enfants n’a plus à reconnaître aucune autorité si les parents, ainsi niés dans leur rôle essentiel, se voient ravalés au rang de domestiques de leur progéniture  ! C’est aberrant  ? C’est exactement ce qui s’est inventé au Concile, par la simple inversion de l’ordre des chapitres de la constitution Lumen ­gentium.  » (Préparer Vatican III, p. 72)

Et notre Père annonçait très précisément ce que nous lisons sous la plume du pape François  : «  On se précipite sur cette lancée  : 1° Ce peuple, c’est le genre humain tout entier […]. 2° Ce peuple, plein d’Esprit, est aussi revêtu de toutes les perfections.  »

Ainsi le Pape pose-t-il au principe des nouvelles études ecclésiastiques la perspective d’une unification progressive de l’humanité sous l’influx mystérieux d’un principe biologique ou psychique, ou spirituel universellement actif  : l’amour. Dans cette «  marche  » commune, tous les hommes se valent, toutes les religions conver­gent et l’Église doit s’associer au mouvement général.

C’est là une perspective non seulement «  nouvelle  », mais contraire à celle qui gouvernait l’Église catholique avant le Concile  : la constatation d’un monde qui se désagrège, se détruit lui-même sous l’influence des fausses religions et idéologies ennemies des hommes, inventions des démons. L’Église seule possédant les énergies et les voies surnaturelles du salut, elle doit faire valoir sa supériorité et révéler aux hommes son unique vérité et expliquer l’erreur des autres religions. Elle doit aussi éclairer la Chrétienté, d’une part sur la vraie source de sa perfection et de sa longévité bimillénaire, et d’autre part sur les dangers et les obstacles historiques qui menacent son ordre et sa croissance pacifique à travers l’histoire.

Depuis le concile Vatican II, il n’en est plus ainsi  : «  Étroitement relié à la mission évangélisatrice de l’Église, continue le Pape, – mieux, jaillissant de son identité même, tout employée à promouvoir la croissance authentique et intégrale de la famille humaine jusqu’à sa plénitude définitive en Dieu – le système vaste et multiforme des études ecclésiastiques a fleuri de la sagesse du Peuple de Dieu au cours des siècles, sous la conduite de l’Esprit-Saint et dans le dialogue et le discernement des signes des temps et des diverses expressions culturelles.  »

Dans son numéro 2, le Pape indique les grandes références de ce «  système vaste et multiforme  »  :

«  Evangelii nuntiandi et Populorum progressio de Paul VI […], Redemptor hominis de Jean-Paul II.  » Suit une bibliographie «  du magistère social de l’Église qui suivra, depuis Laborem exercens jusqu’à Sollicitudo rei socialis et Centesimus annus de Jean-Paul II, à Caritas in veritate de Benoît XVI, et à Laudato sì. Reprenant l’invitation à la dynamique vers une époque nouvelle de pensée faite par Populorum progressio, le pape Benoît XVI a montré la nécessité pressante de “ vivre et d’orienter la mondialisation de l’humanité en termes de relationnalité, de communion et de partage ”, soulignant que Dieu veut associer l’humanité à cet ineffable mystère de communion qu’est la Très Sainte Trinité dont l’Église est, en Jésus-Christ, le signe et l’instrument. Pour atteindre avec réalisme ce but, il invite à “ élargir la raison ” pour la rendre capable de comprendre et d’orienter les nouvelles dynamiques de grande ampleur qui travaillent la famille humaine “ en les animant dans la perspective de cette civilisation de l’amour dont Dieu a semé le germe dans chaque peuple et dans chaque culture ”  : dynamiques théologique et philosophique, sociale et scientifique.  »

Nous sommes en terrain connu  ! L’abbé de Nantes, notre Père, nous ayant laissé une étude attentive et critique de tous ces documents, sans égale même chez leurs laudateurs.

Le Pape continue au numéro 4  :

«  Devant cet horizon vaste et inédit qui s’ouvre devant nous, quels doivent être les critères de fond pour un renouvellement et une relance de la contribution des études ecclésiastiques à une Église en sortie missionnaire  ? Nous pouvons en énoncer ici au moins quatre, dans le sillage de l’enseignement de Vatican II et de l’expérience de l’Église mûrie ces dernières décennies à son école, dans l’écoute de l’Esprit-Saint et des exigences les plus profondes et des interrogations les plus pénétrantes de la famille humaine.

«   a) Avant tout, le critère prioritaire et permanent est celui de la contemplation et de l’introduction spirituelle, intellectuelle et existentielle au cœur du kérygme, c’est-à-dire de la nouvelle et fascinante joyeuse annonce de l’Évangile de Jésus “ qui se fait chair toujours plus et toujours mieux ” dans la vie de l’Église et de l’humanité.  »

Ça tombe bien  ! Le cours de kérygmatique est tout prêt  ! Il fut donné en huit conférences, à la Mutualité (sigle audio de la série  : Th 1 à Th 8), huit chapitres magistraux insérés dans le tome 5 de la Contre-Réforme catholique, de décembre 1972 à octobre 1973, après que notre Père eut achevé, en 1972, l’étude systématique des Actes du concile Vatican II (t. 4 de la CRC, de juillet 1971 à novembre 1972, sigle audio V 1 à V 12).

«  Un deuxième critère d’inspiration, écrit le Pape, intimement cohérent avec le précédent et qui en est la conséquence, est celui du dialogue dans tous les domaines.  »

Le corpus des œuvres de l’abbé Georges de Nantes répond surabondamment à ce deuxième critère.

Outre nos études du Coran confronté à l’Écriture sainte et à la tradition juive (Le Coran, traduction et commentaire systématique  : en trois tomes parus en 1988, 1990, 1997), notre Père est entré dans tous les grands débats de notre temps, tomes 7 et 8 de la CRC (1975-1976), et passim.

Pendant vingt ans, il a présenté chaque mois en conférence publique les Actualités politiques et religieuses, suivies d’un cours magistral répondant au «  troisième critère fondamental  » posé par le pape François  : «  L’inter et la transdisciplinarité exercée avec sagesse et créativité à la lumière de la ­Révélation.  »

Tous les grands traités des sciences ecclésiastiques y figurent, qui seront un jour la source de la renaissance souhaitée par le pape François, à condition de revenir à saint Pie X dont la religion catholique est seule capable de nous guérir du modernisme et du progressisme de Paul VI, d’où est né le MASDU

Il est impossible d’énumérer toutes les retraites et conférences, homélies et lectures spirituelles enregistrés à l’intention de notre communauté et de nos amis chaque jour. Ce sont les pierres et matériaux très divers qui constituent aujourd’hui une cathédrale de lumière à la gloire du Cœur Immaculé de Marie, qui seule vaincra toutes les hérésies dans le monde entier en écrasant la tête du Serpent dénommé MASDU.

frère Bruno de Jésus-Marie.

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