La Contre-Réforme catholique au XXIe siècle
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La Contre-Réforme Catholique au XXIe siècle

IL EST RESSUSCITÉ !

N° 184 – Février 2018

Rédaction : Frère Bruno Bonnet-Eymard


SYRIE : LES LEÇONS D’UNE HISTOIRE SÉCULAIRE (2)

HEURS ET MALHEURS DE LA SYRIE INDÉPENDANTE
(1946 – 2000)

par frère Jean-Duns de Sainte-Anne.

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LA première partie de notre étude de l’histoire de la Syrie nous a fait découvrir une volonté divine sur ce pays, le confiant à la France pour en recevoir le bienfait civilisateur et missionnaire (Il est ressuscité n° 181, novembre 2017, p. 16-32). Notre premier article se terminait sur la déclaration d’indépendance et le départ des dernières troupes françaises en 1946, véritable trahison de notre mission. En effet, pour l’œuvre missionnaire, l’indépendance fut une mauvaise chose.

BILAN DE L’ŒUVRE MISSIONNAIRE DURANT LE MANDAT

Durant le mandat, les missionnaires remarquaient que la réussite et la pérennité de leurs œuvres dépendaient nettement du soutien des autorités françaises. Cette constatation les amena à déplorer la neutralité volontaire du gouvernement français dans les choses religieuses, mais aussi le départ définitif de la France en 1946.

Les autorités françaises apportèrent le soutien attendu tant que les missionnaires exerçaient une activité qui correspondait aux objectifs du gouvernement  : services d’hygiène et de santé, mise en valeur des terres, enseignement théorique et pratique. Mais dès que l’œuvre missionnaire était purement apostolique, les autorités mandataires se montraient plus que réservées. Dans la montagne alaouite par exemple, face à l’hostilité de certains chefs de tribus, «  les jésuites cherchaient des appuis auprès des autorités mandataires  » (Chantal Verdeil, Une “ révolution sociale dans la montagne ”  : la conversion des Alaouites par les jésuites dans les années 1930. B. Heyberger, R. Madinier (dir). L’Islam des marges  : mission chrétienne et espaces périphériques du monde musulman, XVI e– XX e siècle, p. 10). Dans la mesure où l’administration française n’apporta pas toute la protection demandée, les Pères jugèrent qu’en dépit des premiers baptêmes, la conversion de la ­montagne alaouite était compromise.

Effectivement, au sein de l’administration, de mauvais Français avaient pour premier souci le respect de la laïcité républicaine, ce qui impliquait de rester neutre ès choses religieuses. Ils imposaient par exemple aux missionnaires des manuels scolaires qui ne soient en rien blessants pour les musulmans. Or, pour toucher réellement ces derniers, il eût fallu un enseignement qui prît résolument parti, montrant où était la vérité et où était l’erreur. Faute de cela, il n’est pas étonnant de voir ­Chantal Verdeil noter  : «  Les missionnaires constatent avec déception que “ la vérité catholique est encore incomprise ” de ces hommes “ à la fois si proches et si loin de nous ”.  » (Chantal Verdeil, Travailler à la renaissance de l’Orient chrétien. Les missions latines en Syrie, 1830-1945. Proche-Orient Chrétien, 2001, p. 17).

Cela dit, en prenant du recul pour juger l’ensemble de la période, l’historienne est amenée «  à voir dans la politique mandataire un facteur déterminant de la présence et du relatif succès des jésuites auprès des alaouites […]. Avec l’indépendance syrienne, les jésuites perdirent un appui précieux.  » (Chantal Verdeil, Une révolution sociale dans la montagne, p. 12)

Reste que le mandat français marqua durablement la jeune nation syrienne, en lui laissant un bon mais aussi un mauvais héritage. Il nous faut donc voir maintenant comment ce corps vivant qu’est la Syrie a tiré parti de cette ambivalence  ; cela nous conduira à comprendre les causes de la guerre de 2011.

Pour ce faire, nous devrons sortir du domaine de l’histoire où l’on peut généralement vérifier les informations, pour entrer dans le domaine très incertain des événements récents ou même actuels, où l’on dépend des informations disponibles dont il n’est pas toujours facile d’apprécier la fiabilité. Cette étude est pourtant nécessaire, afin de rétablir une part de vérité à l’encontre du matraquage médiatique. Plutôt que de renoncer à évoquer des faits qui restent de toute façon hypothétiques (en particulier à cause de leur caractère confidentiel), nous préférons donc les mentionner, quitte à préciser au fur et à mesure le degré de fiabilité de ces informations.

Car, pour l’essentiel, nous nous appuierons sur les grandes leçons de notre école de pensée CRC, établies patiemment par notre Père fondateur, l’abbé Georges de Nantes, et appliquées à l’actualité par notre frère Bruno depuis près de vingt ans. Cette étude ne sera qu’un approfondissement de leurs enseignements.

I. DIFFICILE EXPÉRIENCE DE L’INDÉPENDANCE (1946 -1970)

SEULE FACE AUX NATIONS DE PROIE

L’histoire de la Syrie de 1946 à 1970 est marquée par une succession impressionnante de coups d’État. Dans son article publié le 23 février 2016 dans Politico, Robert Kennedy Jr révèle les raisons du premier de ces coups d’État. En mars 1949, Choukri al-Kouatli, le président élu démocratiquement en 1944, hésitait à approuver l’oléoduc (en anglais  : pipeline) transarabe, un projet américain conçu pour relier les champs pétrolifères d’Arabie saoudite au port israélien d’Haïfa, et via la Syrie au port libanais de Sidon (cf. notre carte, p. 25). La CIA organisa un coup d’État pour remplacer ce président peu coopératif par un dictateur de son choix, Husni al-Zaim. Le nouveau président eut à peine le temps de dissoudre le parlement et d’approuver l’oléoduc américain avant que ses compatriotes ne le destituent quatre mois et demi après son arrivée au pouvoir. Ce coup d’État d’al-Zaim fut le premier qu’ait connu le monde arabe. Cette funeste instabilité politique ne prendra fin qu’en 1970 avec un dernier coup d’État, celui du ministre de la Défense d’alors, le général Hafez el-Assad. Si bien que la Syrie n’a jamais réellement connu la démocratie.

LE POIDS DU PANARABISME

Pourtant, loin de déplorer le caractère autoritaire du pouvoir politique syrien qui assura la stabilité institutionnelle et sociale pendant presque cinquante ans, le mauvais héritage syrien nous semble résider bien plutôt dans le panarabisme, c’est-à-dire la volonté de (re) constituer une grande entité arabe, quel que soit le nom qu’on lui donne.

Nous avons vu dans notre premier article que ce panarabisme était né de la politique arabe de la Grande-Bretagne mise en œuvre pendant la Première Guerre mondiale. C’est elle qui suscita cette folle ambition chez les Arabes, et qui l’introduisit artificiellement en Syrie. Certains mauvais Français furent les complices de cette politique britannique  : Picot, ­Clemenceau et Massignon… ce dernier en tant que catholique  ! Mais d’autres Français, comme Henri ­Gouraud et Robert de Caix, y firent efficacement obstacle.

Malheureusement, durant l’entre-deux-guerres, plusieurs mouvements politiques avaient émergé en Syrie, ayant tous une même volonté de créer une “ Grande Syrie ” censée renouer avec le mythique Bilâd esh shâm. Le plus connu de ces mouvements était le Baas-al-arabi, le Parti de la Renaissance arabe. Ce parti voulait unifier la totalité du monde arabe, de l’océan Atlantique jusqu’au Golfe arabo-persique. D’autres mouvements avaient d’autres définitions de l’aire géographique à unifier. Mais tous voulaient abolir le découpage mandataire opéré après la Première Guerre mondiale, et regrouper au minimum la Syrie, le Liban, la Palestine, la Jordanie et l’Iraken une seule entité. Avec le départ des Européens, ce panarabisme se répandit dans tous les pays du Moyen-Orient, chacun se pensant appelé à devenir le leader du grand empire arabe. Cette ambition funeste explique en partie les conflits qui ont ensanglanté le Moyen-Orient tout au long du vingtième siècle.

Au risque de peiner certains amis syriens ou libanais, il nous semble très important de contester ici la légitimité de cette idée de “ Grande Syrie ” historique. Les Syriens et les autres peuples de la région usent de l’expression Bilâd esh shâm pour désigner la Syrie, mais sans en connaître l’origine ni le vrai sens. Cette expression, qui remonterait à «  l’usage primitif islamique  », désigne littéralement «  la région à main gauche  » (pour celui qui se trouverait dans le Sinaï et regarderait vers l’est), par opposition au Yémen entendu au sens large, qui signifie littéralement «  le pays de la droite  » (Encyclopédie de l’islam, Leiden-Brill 1998, t. 9, p. 269). Autant dire que cette notion n’a aucune valeur objective. L’étude attentive de l’histoire de la Syrie nous a appris que, pendant des siècles, elle fut une région aux contours très imprécis, et soumise à des empires successifs. Il n’y a donc de nation syrienne et de nationalisme syrien que dans le cadre des frontières qui ont été fixées lors de la conférence de paix de Versailles. La sagesse consiste pour les peuples arabes à se cantonner dans les espaces géographiques qui ont été définis alors, et tout panarabisme sera toujours néfaste pour ces peuples. L’épisode de la guerre du Liban en offrira une dramatique illustration.

Leçon à conserver en mémoire à l’heure où des puissances veulent recomposer les frontières du Moyen-Orient, et pour cela n’hésitent pas à remettre en question le partage de 1916 et à ressusciter un mythique Bilâd esh Shâm.

En 1967, durant la guerre des Six Jours, Israël conquit le Golan, terre syrienne, et l’occupa jusqu’aujourd’hui malgré une résolution de l’Onu lui demandant de l’évacuer. Israël convoitait cette terre notamment pour ses richesses en eau, dont l’État hébreu est dépourvu, ainsi que pour sa position stratégique.

Cette guerre provoqua un afflux considérable de Palestiniens dans la Jordanie voisine. Bien accueillis au départ par le roi Hussein, ils furent pris en main par l’OLP d’Arafat et se comportèrent bientôt comme en pays conquis. À tel point que le roi décida d’y mettre bon ordre  ; cette répression fut appelée “ septembre noir ”. Le général Hafez el-Assad ne se montrant pas empressé à venir en aide aux Palestiniens de Jordanie, il fut mis en accusation par le parti Baas. Le moment était venu pour lui d’organiser un coup d’État et de prendre le pouvoir (13 novembre 1970).

II. TRENTE ANNÉES DE RÈGNE D’HAFEZ EL-ASSAD (1970 -2000)

LE SYSTÈME ASSAD, UNE CHANCE POUR LA SYRIE

Avec Hafez el-Assad, c’est la minorité alaouite qui arriva au pouvoir en 1970. Or, cette minorité construisit sa politique sur l’abaissement de l’arrogance sunnite à son égard. Hafez el-Assad prépara une constitution fortement marquée par la doctrine laïque du parti Baas. Ainsi le projet de constitution, dû à un chrétien de Maaloula, ne mentionnait pas l’islam comme religion d’État (cf. Frédéric Pichon, Syrie. Pourquoi l’Occident s’est trompé, 2014, p. 30). Mais à la suite de violentes émeutes, le président fut contraint d’ajouter que le chef de l’État devait être musulman. À ce prix, la Constitution fut adoptée le 12 mars 1973. Mais du coup, Hafez el-Assad dut solliciter une fatwa d’un imam chiite libanais reconnaissant les alaouites comme d’authentiques musulmans chiites, ce que les sunnites contestaient violemment, non sans raison d’ailleurs (cf. Fabrice Balanche, «  Le cadre alaouite I. Alaouites  : une secte au pouvoir  », Outre-Terre 2006 / 1, n° 14, p. 73-96). Le savant jésuite Henri ­Lammens ne considérait-il pas les Alaouites comme des chrétiens dissimulés pour échapper aux persécutions  ?

Que penser de ce système baasiste également en vigueur en Irak jusqu’en 2003  ? Si dans nos nations anciennement catholiques, où la religion chrétienne reste majoritaire, la laïcité est toujours un mal puisqu’elle confère des droits à l’erreur et réduit la vérité catholique au rang d’une simple opinion, il semble en aller différemment en pays musulmans où elle accorde une certaine liberté à la religion chrétienne, qui à vrai dire devrait seule y avoir droit. Cette simple tolérance n’est pas un idéal, bien entendu, surtout si les religieux catholiques n’ont pas toute la latitude souhaitable pour évangéliser les musulmans. Mais à l’heure où nos anciennes nations catholiques ont renié leur vocation missionnaire et civilisatrice, et où l’Église catholique elle-même ne voit plus la nécessité d’annoncer la vérité aux musulmans, les régimes “ laïcs ” semblent un expédient avantageux pour la survie des minorités chrétiennes en terre d’islam.

Ainsi, l’arrivée au pouvoir de la minorité alaouite et la construction d’un système de défense de cette minorité face aux persécutions subies de la part des sunnites depuis un millénaire, nous semblent un héritage indirect du mandat français, aux heureuses conséquences. D’abord, pour se maintenir au pouvoir, le chef de l’État dut s’appuyer sur une autre minorité en butte au sunnisme  : la minorité chrétienne. Comme dit Claude Lorieux, «  il existe en Syrie une minorité, les alaouites, qui, pour compter davantage, se fait aider par une autre minorité, les chrétiens  ». Un diplomate parlait même de «  mariage entre alaouites et chrétiens  ». Et de fait, le régime d’Hafez el-Assad se montra très tolérant à l’égard des chrétiens, plus que n’importe quel autre gouvernement arabe (Claude Lorieux, Chrétiens d’Orient en terres d’islam, 2001, p. 113-147).

Ensuite, le système Assad constitua un môle de résistance à l’expansion sunnite tout au long du vingtième siècle, et nous sommes en train d’assister à un tragique mais spectaculaire épisode de cette résistance, au moment même où d’autres pays ont sombré dans l’islamisme  : la Libye, la Tunisie, et dans une moindre mesure le Maroc et la Jordanie, l’Égypte en ayant été sauvée en 2013, et l’Algérie menaçant d’y sombrer à son tour. Enfin, cette volonté de survie face aux sunnites conduisit Hafez el-Assad à se donner les moyens de conserver le pouvoir. Or, ce pouvoir fort a assuré l’ordre dans le pays, donc la stabilité et une certaine prospérité. Et comme nous le verrons plus loin, à sa mort en 2000, sa succession s’est déroulée sans difficulté.

On ne saurait trop souligner ce bienfait, à l’heure où une propagande sournoise s’ingénie à placer l’origine de tous les malheurs de la Syrie dans la domination autoritaire de la minorité alaouite, et appelle de ses vœux l’instauration d’un régime démocratique synonyme de victoire pour la majorité sunnite. Comme si les conséquences du renversement du régime baasiste irakien par les États-Unis ne leur avaient rien enseigné  !

Si le contrôle du pouvoir par la minorité alaouite protectrice des autres minorités nous semble un heureux héritage de la période mandataire, il faut déplorer en revanche qu’Hafez el-Assad ait été aussi tributaire du panarabisme inhérent à la doctrine du parti Baas dont il était issu.

GUERRES AVEC ISRAËL ET AVEC LE LIBAN

Le 6 octobre 1973, tandis que l’armée égyptienne traversait le canal de Suez, la Syrie son alliée attaquait Israël dans le Golan. Ce fut la “ Guerre du Kippour ”.

Arrivé à la Maison-Blanche au mois de janvier précédent avec l’administration Nixon, le Secrétaire d’État américain Henry Kissinger chercha alors, d’une part, à créer un État de rechange pour les Palestiniens chassés de leur terre au cours des différentes guerres israélo-arabes, et d’autre part à offrir à la Syrie une compensation pour la perte du Golan. Sur le moment même, notre Père avait pressenti ce plan  : «  Deux questions m’inquiètent  : Kissinger ne pense-t-il pas créer un État palestinien en chassant du Liban les chrétiens, imaginant satisfaire par cette nouvelle expulsion de populations l’un et l’autre parti  ?  » (CRC n° 100, décembre 1975 p. 12) Dans sa conférence d’actualités du 12 mai 1978, il expliqua  : «  Le plan Kissinger – je vous l’avais annoncé déjà il y a un an sans le savoir – c’était tout simplement de faire la paix entre Palestiniens et Israéliens au détriment du faible qui se trouvait au milieu, c’est-à- dire du Liban chrétien. Il avait été convenu que les ­Israéliens l’occuperaient jusqu’au fleuve Litani. Ils l’ont fait en réponse à une attaque de terrorisme, mais c’était prévu depuis longtemps. Et les Palestiniens recevraient la permission d’occuper tout le nord du Liban chrétien.  »

Annie Laurent et Antoine Basbous précisèrent que l’installation des réfugiés palestiniens dans la partie nord du Liban (plaine de la Bekaa) se ferait sous domination syrienne (Une proie pour deux fauves  ? Le Liban entre le lion de Juda et le lion de Syrie, 1983, p. 133, 158). Qu’allaient devenir les chrétiens du Liban  ? Henry Kissinger avait tout simplement prévu de les embarquer sur les bâtiments de la VIe flotte américaine à destination des États-Unis et du Canada, où on parlait déjà d’aménager des camps d’accueil. «  Le représentant américain à ­Beyrouth, Dean Brown, ira jusqu’à vanter [aux chrétiens libanais] les mérites d’un plan d’évacuation massive avec l’aide de l’US Navy. Ce devait être la première étape de leur émigration définitive outre-­Atlantique.  » (Mériadec Raffray, Le cèdre et le soldat. La présence militaire française au Liban entre 1978 et 1984, CDEF-DREX, p. 14).

La sagesse eût été, pour Hafez el-Assad, de ne pas répondre à cette offre américaine. Mais elle allait trop au-devant du désir de certains Syriens d’annexer le Liban, entretenu notamment depuis l’indépendance par la doctrine panarabiste du parti Baas, pour que le vieux lion ait la force de résister à la tentation du serpent Kissinger. C’est donc avec le soutien des États-Unis, des nations européennes, d’Israël et de l’Union soviétique que l’armée syrienne envahit et occupa le Liban en 1976.

Le but de cette annexion était une pure ambition de conquête  ; il s’agissait ni de venir en aide aux chrétiens, ni de les persécuter. Il n’empêche que les chrétiens ont connu un long et effroyable calvaire. Notre Père suivit avec angoisse ces événements, mois après mois, dans ses conférences d’actualités à la Mutualité de Paris, et condamna cette mainmise de la Syrie sur le Liban dont les chrétiens firent les frais. Dans cette affaire, Hafez el-Assad joua incontestablement un mauvais rôle, à partir de son accession au pouvoir en 1970.

La guerre dura jusqu’en 1989, où les accords truqués de Taëf consacrèrent la défaite politique du général chrétien Michel Aoun, Premier ministre du Liban. Mais c’est par son soutien à l’opération “ Tempête du désert ” des Occidentaux contre Saddam Hussein (automne 1990) qu’Hafez el-Assad obtint le blanc-seing officieux des États-Unis, de la France et de la Grande-Bretagne lui permettant de lancer ses troupes à l’assaut des régions contrôlées par le général Aoun, dont le palais présidentiel.

«  Grâce à la résistance chrétienne, puis libanaise, et au refus obstiné des maronites – obstacle majeur à la réalisation du plan de Kissinger – de quitter leur pays malgré l’offre américaine d’évacuation par les bâtiments de la VIe flotte et d’émigration vers des rivages plus sûrs  » (Annie Laurent, Antoine Basbous, ibid., p. 158), la présence catholique multiséculaire fut maintenue sur cette terre du Liban, préservant malgré la victoire syrienne une tête de pont chrétienne dans ce vaste Levant musulman.

HAFEZ EL-ASSAD ET LA POLITIQUE INTERNATIONALE

Durant toutes ces années, le grand allié de la Syrie fut l’Urss qui lui livra des armes modernes. En échange, à partir de 1971 la marine soviétique put utiliser les installations portuaires de Tartous, seul port méditerranéen à sa disposition.

Pour répondre à cette alliance comme à toutes celles du même genre dans le monde, de régimes politiques autoritaires et laïcs avec l’Union soviétique, les États-Unis entreprirent de déstabiliser ces régimes par une instrumentalisation de l’islamisme. Selon une stratégie déjà chère à Henry Kissinger (Alexandre Del Valle, Islamisme et États-Unis, une alliance contre l’Europe, 1997, p. 110), il fallait remplacer ces régimes politiques enclins à l’alliance avec l’Urss par des régimes islamiques plus facilement enclins à l’alliance avec les États-Unis. «  Selon Henry Kissinger, ancien chef de la diplomatie américaine, cette stratégie reposait en partie sur l’idée que l’islam était beaucoup plus anticommuniste et nettement plus proche de l’éthique capitaliste que le Catholicisme et l’Orthodoxie ou même d’autres religions non monothéistes.  » (Del Valle, ibid., p. 110) Alain Chouet, l’un des plus grands spécialistes français du monde arabo- musulman (cf. Il est ressuscité n° 181, p. 31), analyse très finement la parenté d’esprit entre les capitalistes anglo-saxons et protestants, et les musulmans sunnites.

On dit qu’en avril 1979, lors de la réunion du groupe Bilderberg, l’islamologue Bernard Lewis exposa la stratégie de Zbigniew Brzezinski, conseiller national à la sécurité du président américain Carter, consistant à utiliser l’islamisme contre l’influence soviétique. Lewis expliqua que les Frères musulmans pouvaient balkaniser le Proche-Orient au profit d’Israël.

Ce qui est sûr, c’est que le programme d’aide américaine aux moudjahidin afghans fut décidé le 3 juillet suivant. Et «  en Syrie, la priorité est donnée à la lutte contre le pouvoir socialo-alaouite, ce qui poussa d’ailleurs très tôt la CIA à financer les “ Frères ” syriens  » (Alexandre Del Valle, ibid., p. 104-114). Dans ces conditions, il n’est pas étonnant de voir les Frères musulmans commencer, en cette même année 1979, une campagne d’agitation visant à contester voire renverser Hafez el-Assad. Ils n’hésitèrent pas, en juin 1979, à massacrer quatre-vingt-trois cadets alaouites de l’École militaire d’Alep. En réponse, le président Assad interdit sous peine de mort l’adhésion à ­l’Association des Frères musulmans. Ceux-ci poursuivirent pourtant leurs activités subversives durant trois années successives, jusqu’à la fameuse révolte d’Hama dont la répression sanglante est encore reprochée à Hafez el-Assad. Cette tragique histoire nous apparaît comme la répétition de la révolte de 2011.

En cette même année 1979, les États-Unis organisèrent également le renversement si funeste du Shah d’Iran et son remplacement par l’ayatollah Khomeiny, puis ils s’assurèrent de l’épuisement mutuel de l’Iran chiite et l’Irak de Saddam Hussein par une terrible guerre qui devait durer huit ans. Hafez el-Assad prit aussitôt parti contre son voisin immédiat, pourtant baasiste comme lui, mais son véritable frère ennemi. De là date le commencement d’une véritable alliance stratégique entre la Syrie et l’Iran, qui ne cessa de s’amplifier jusqu’aujourd’hui, au point de former finalement ce que le franco-syrien Bassam Tahhan a appelé «  l’arc chiite  ». Cette alliance est l’un des facteurs déterminants de l’actuelle guerre de Syrie, nous y reviendrons.

UN PAYS CLEF POUR LE COMMERCE DES HYDROCARBURES

La Syrie au cœur
des enjeux énergétiques

Dès le début de l’exploitation des pétroles du Moyen-Orient, la Syrie est apparue comme un pays clef pour l’exportation de l’or noir grâce à ses ports sur la Méditerranée. Nous avons évoqué dans la première partie de cette étude (Il est ressuscité n° 181, p. 23-26) le rôle de cet enjeu énergétique dans la stratégie britannique au Levant durant la Première Guerre mondiale puis lors de la Conférence de la Paix.

Le premier oléoduc construit au Moyen-Orient le fut par la Compagnie Française des Pétroles, courant de Kirkouk au port de Tripoli du Liban, à travers la Syrie (Philippe Conrad, Histoire et géopolitique du pétrole dans le golfe arabo-persique, 2002). Il fut inauguré en juillet 1934, tandis que la branche réalisée par les Britanniques jusqu’à Haïfa était terminée cinq mois plus tard. Interrompue en 1941 puis en 1945, la branche anglaise fut définitivement fermée par l’Irak lors de la guerre israélo-arabe de 1948. De ce jour, les Israéliens n’auront de cesse que d’obtenir sa remise en service, en vain.

En janvier 1949, les Américains lancèrent la construction du Trans Arabica Pipeline. Ce Tapline devait amener l’or noir saoudien à Haïfa par la Jordanie. Le projet comportait une autre branche, allant au Liban par la Syrie. Comme nous l’avons raconté plus haut, la CIA dut changer le gouvernement syrien pour mener à bien ce projet.

Entre 1950 et 1952, l’oléoduc Kirkouk-Tripoli fut doublé par un oléoduc Kirkouk-Bāniyās, qui assura dès lors 50 % des exportations irakiennes de pétrole. Suite à la guerre des Six Jours, et aux sabotages opérés par les combattants du Front populaire de libération de la Palestine de Georges Habbache, le Tapline fut fermé.

En 1976, l’oléoduc Kirkouk-Bāniyās fut lui aussi fermé après un désaccord entre l’Irak et la Syrie. Rouvert quelque temps, il fut à nouveau fermé par Hafez el-Assad pour affaiblir l’Irak durant sa guerre avec l’Iran. L’Irak dut donc construire un oléoduc de contournement, partant par le nord du pays jusqu’en Turquie pour rejoindre le port turc de Ceyhan sur la Méditerranée. Rouvert après 1990, l’oléoduc ­Kirkouk-Bāniyās a été mis hors d’usage par les bombardements américains sur l’Irak en 2003.

Mais au vingt et unième siècle, ce sera surtout à des projets gaziers que le fils d’Hafez el-Assad devra faire face, nous y reviendrons.

Hafez el-Assad vieillissant avait le souci d’assurer sa succession. Il destinait tout naturellement cette fonction à Bassel, l’aîné de ses cinq enfants. La mort (accidentelle  ?) de ce dernier en 1994 changea les plans de son père.

En réalité, ce ne fut pas un malheur pour la Syrie car Bassel menait une vie dissipée et aurait conduit le pays à l’anarchie. Hafez fit donc appel à Bachar.

III. COMMENT UN FILS SUCCÈDE À SON PÈRE

«  BACHAR, L’HÉRITIER PAR DÉFAUT  »

Né en 1965, «  Bachar suit une scolarité normale dans des établissements de la capitale syrienne. Il décroche son baccalauréat après une scolarité chez les frères Maristes de Damas  », nous apprend Frédéric Pichon dans son article Bachar, l’héritier par défaut, revue Conflit n° 8, janvier-mars 2016. Attiré par la médecine, Bachar entreprit des études d’ophtalmologie à l’hôpital militaire de Tichrin. Franco­phone, il «  avait choisi Paris pour compléter ses études d’ophtalmologie, mais son dossier fut refusé pour des raisons administratives d’équivalence de diplômes. Il ira à Londres terminer son cursus universitaire.  » (Christian Chesnot, Georges Malbrunot, Les chemins de Damas, 2014, p. 69) À la mort de Bassel, Hafez el-Assad rappela Bachar et lui fit suivre une formation militaire accélérée à l’académie militaire de Homs, dont il sortit avec le grade de colonel.

Le président syrien associa alors son fils au pouvoir en lui confiant des dossiers difficiles  : le Liban, allant jusqu’à le substituer à l’ancien vice-président syrien Abdel Halim Khaddam  ; l’intégration des technologies informatiques en Syrie  ; la gestion de plusieurs dossiers sensibles dans les télécommunications  ; la mise au pas de son oncle paternel Rifaat  ; la rencontre avec Jacques Chirac à l’Élysée (novembre 1999). Bref, Bachar n’a pas l’inexpérience qu’on lui prête habituellement.

Ajoutons que «  depuis 1996, il fréquente officiellement Asma Akhras, une Syrienne de dix ans sa ­cadette issue de la grande bourgeoisie d’affaires sunnite, qu’il avait rencontrée à Londres […]. Elle possède un impressionnant palmarès  : elle est diplômée en économie, en finance, en informatique et en littérature française du Queen’s College et du King’s College. À vingt-cinq ans seulement elle travaille dans un hedge fund de la Deutsche Bank, puis au département Fusions & Acquisitions de J. P. Morgan, à Londres puis à New York. Elle renonce à un master à Harvard pour épouser Bachar officiellement le 31 décembre 2000, six mois après son élection à la tête de la Syrie.  » (Frédéric Pichon, ibid.)

LE PRÉSIDENT EST MORT, VIVE LE PRÉSIDENT  !

Comme l’écrivait jadis Frédéric Pons, en veillant à sa succession, «  Hafez el-Assad avait conduit la transformation de sa “ république démocratique populaire socialiste ” en monarchie  » (Valeurs actuelles, 16 juin 2000, p. 33). Ainsi, peu avant sa mort survenue en juin 2000, le président syrien expliqua à Jacques Chirac  : «  “ Bachar est comme ton fils, tu devras donc le traiter comme tel. ” […] Le président syrien était manifestement soucieux de doter son successeur désigné, encore très inexpérimenté, d’une sorte de tuteur.  » (Jacques Chirac, Le Temps présidentiel, Mémoires 2, cité par Chesnot et Malbrunot, ibid., p. 69) Est-ce pour cela que le président français se rendit – le seul parmi les chefs d’État occidentaux – aux obsèques du vieux renard  ?

Bachar fut élu président de la République le 10 juillet 2000 au terme d’un référendum qui tient du plébiscite. Bachar el-Assad est donc un président ­légitime. Il faut l’affirmer à la face de tous nos démocrates occidentaux qui ne peuvent se résoudre à accorder leur confiance à «  un dictateur  », et dont certains se sont crus fondés, ces dernières années, à le renverser.

Presque tous les connaisseurs de la Syrie le reconnaissent  : la démocratie ne convient pas à ce pays.

Dans un colloque organisé au Sénat français le 11 mars 2016, Mgr Louis Raphaël Sako, patriarche de l’Église chaldéenne d’Irak, décrivant la diversité religieuse, la mentalité tribale et l’esprit de division de ces régions, se demandait  : «  Comment faire  ? Il faut un dictateur juste, il faut une tête avec une vision, avec des plans, pour aider ces gens-là à vivre ensemble […]. Depuis douze ans, c’est l’anarchie totale en Irak. Où est la démocratie  ? où est la liberté  ? où est la prospérité  ? Voyez la situation en Libye, au Yémen et aujourd’hui en Syrie […]. Nous sommes les victimes de la politique occidentale. Pourquoi changer un régime pour un régime pire  ?  »

De façon surprenante, Alain Juillet, ancien de la DGSE et franc-maçon, expliqua quant à lui que dans ces pays où les islamistes persécutent les chrétiens «  on ne peut ramener le calme qu’avec des régimes qui tiennent la population avec une main de fer, le temps que le calme revienne.  » Avec le maréchal Sissi, en Égypte, «  l’ordre règne, et les populations retrouvent un calme qu’elles avaient perdu ces derniers temps  ». Dommage qu’il considère cette solution comme transitoire. Et l’orientaliste Fabrice Balanche, cité plus haut, emboîta le pas  : «  Monsieur Juillet a tout à fait raison en disant qu’il faut imposer un ordre si on veut de la stabilité. Sinon, le chaos se prolonge, et on aboutit à des États faillis.  »

Il n’empêche que, à son accession au pouvoir, le jeune président syrien a eu une volonté sincère de renouveler la vie politique à Damas, volonté que ses détracteurs ont tôt fait de réduire aux six premiers mois de gouvernement. En réalité, Bachar el-Assad se rendit compte rapidement des risques que présentait cette volonté d’ouverture politique  ; il dut donc revenir sur certaines libertés accordées un peu hâtivement. Mais son désir de réforme demeura.

Bachar el-Assad prouva par exemple sa volonté d’ouverture à l’égard des chrétiens lorsque, sur les conseils de Bouthaina Chaabane (cf. notre premier article dans Il est ressuscité n° 181, novembre 2017, p. 23), il accueillit le pape Jean-Paul II à Damas en mai 2001, geste tout simplement impensable dans des pays sunnites, a fortiori wahhabites, comme l’Arabie saoudite (Résurrection n° 6, juin 2001, p. 18 sq.). Le jeune chef de l’État n’hésita pas à déclarer  : «  La Syrie est le berceau de la Chrétienté.  » (Frédéric Pons, Le martyre des chrétiens d’Orient, mars 2017 p. 187) Cette attitude, assez exceptionnelle dans l’ensemble du monde arabo-musulman, s’inscrit bien sûr dans la ligne de conduite adoptée dès le début par son père, et depuis lors, Bachar y est resté fidèle.

Dès le début de la guerre, il n’a pas hésité à appuyer publiquement et lors de rencontres particulières avec des médias occidentaux, l’appel lancé par les religieux chrétiens syriens à leurs fidèles de rester dans le pays (Frédéric Pons, ibid., p. 290). «  Lors d’un entretien privé, le 11 juin 2015, le chef de l’État syrien confiait cet appel au patriarche Éphrem II  : “ Je sais que vous souffrez, vous chrétiens, mais s’il vous plaît, ne partez pas. La Syrie a été votre foyer pendant des siècles, bien avant l’arrivée de l’islam. Votre présence sera utile pour reconstruire le pays. ”  » Et lorsque treize religieuses syriennes et libanaises du monastère orthodoxe de Maaloula furent enlevées le 1er décembre 2013 par des djihadistes, Bachar el-Assad s’en émut. Il organisa lui-même leur libération le 9 mars 2014 à Ersal, au Liban, en échange de cent cinquante prisonnières détenues par le régime syrien (Frédéric Pons, ibid., p. 247). Et finalement, il se rendit à Maaloula au mois d’avril suivant pour constater les dégâts faits par les djihadistes de Jabhat Al-Nosra dans ce haut lieu du christianisme primitif en Syrie (Il est ressuscité n° 181, novembre 2017, p. 23).

Il est avéré que les Alaouites célèbrent la fête de Noël. Dès lors, n’est-il pas touchant de voir le président se rendre avec toute sa famille au célèbre monastère de Saïdnaya près de Damas, le 25 décembre 2016, pour y visiter les religieuses  ? Des Syriens catholiques nous ont dit que le président se rend souvent dans ce monastère et se fait lire l’Évangile. Le 29 décembre dernier, Bachar el-Assad est allé à Homs avec son épouse pour réconforter, avec une simplicité désarmante, les familles chrétiennes dont un membre a été blessé dans les combats. «  Calcul politique  », diront les Occidentaux, pour qui une telle proximité avec son peuple est tout simplement impensable.

Mais l’important n’est-il pas que nos frères chrétiens nés en terre d’islam soient ainsi protégés de la persécution par leur président  ? D’autant que celui-ci ne se paie pas de mots. Face au financement d’innombrables mosquées par les monarchies du Golfe arabo-persique, l’État syrien soutient financièrement la restauration, voire la construction, de sanctuaires chrétiens.

Il est vrai que ce système politique assurant une coexistence pacifique des différentes religions et limitant peut-être les possibilités d’apostolat chrétien auprès des musulmans pour ne pas risquer de briser cette coexistence, pourrait incliner à l’interreligion voire au syncrétisme. C’est un risque  ; mais à qui faut-il en imputer la faute  ? À un chef d’État alaouite qui accueille le Souverain Pontife ou à une hiérarchie catholique qui ne veut plus reconnaître dans l’islam une fausse religion  ?

Et sur le plan politique  ? La volonté de réforme de Bachar el – Assad ne fait aucun doute. «  Son épouse Asma s’engage elle-même dans la promotion de projets ruraux, dans des initiatives en direction de la jeunesse, en s’appuyant sur des associations qui aboutissent à marginaliser les syndicats et les organisations poussiéreuses issues du Baath. Une nouvelle classe dirigeante fait son apparition, mêlant décontraction, méthodes de management anglo-saxon et clientélisme forcené.  » (Frédéric Pichon, ibid.) C’est à la France que le nouveau président syrien réserva sa première visite officielle, accompagné de son épouse, en juin 2001, probablement par fidélité aux consignes de son père. Les deux chefs d’État voulurent entamer une collaboration. Nous verrons dans une prochaine partie les difficultés rencontrées. Malgré tout, Bachar el-Assad a noué un véritable partenariat avec la France pour moderniser l’État, l’économie et la société. Les observateurs sérieux, tels Frédéric Pichon, Georges Malbrunot et plusieurs autres, décrivent cette réalité trop souvent occultée  : création d’une école nationale d’administration syrienne sur le modèle de l’ENA française  ; réforme du ministère des Finances  ; essai de réforme de la banque centrale  ; coopération culturelle et universitaire  ; coopération en matière de contre- terrorisme, etc.

Chesnot et Malbrunot, qui décrivent en détail ce partenariat si prometteur, rapportent un fait emblématique. «  Le 14 juillet 2003, Marie-Françoise Bechtel et Jacques Fournier sont reçus personnellement par Bachar el-Assad dans son bureau. À leur grande surprise, le président syrien a non seulement lu le rapport mais l’a annoté au surligneur. “ C’est l’une de mes rares expériences où lorsque vous faites un rapport administratif, on ne le met pas directement au fond d’un tiroir  ! ” souligne Jacques Fournier, encore aujourd’hui surpris de l’attention que le président syrien lui accorda.  » (Les chemins de Damas, p. 83)

Alors, comment une collaboration aussi fructueuse s’est-elle tournée en une haine mortelle  ? C’est ce qui nous restera à voir dans une troisième partie.

frère Jean-Duns de Sainte-Anne.

Bachar el-Assad et son épouse à l’église de Notre-Dame de Damas en décembre 2015 pour partager Noël avec les chrétiens de Syrie.

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