La Contre-Réforme catholique au XXIe siècle
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La Contre-Réforme Catholique au XXIe siècle

IL EST RESSUSCITÉ !

N° 185 – Mars 2018

Rédaction : Frère Bruno Bonnet-Eymard


LA LIGUE

La Ligue

GLOIRE À DIEU PAR L’IMMACULÉE

AU soir du Vendredi saint, après le triple reniement de Pierre, le suicide du traître Judas, et le lâche abandon des neuf autres apôtres, tout semblait fini, bien fini. Mais non. Entourée de la fidèle affection de saint Jean et de sainte Marie-Madeleine, c’est l’Immaculée “ Mère de Jésus ”, si bonne, qui attira à Elle les pauvres Apôtres vacillants et repentants, Pierre surtout. C’est son autorité de Mère de Dieu qui reconstitua le collège apostolique de l’Église catholique  ; avant même la résurrection du Seigneur…

LES PETITES CITÉS DE L’IMMACULÉE.

Au cœur de l’Église des derniers temps, cette «  ville à moitié en ruine  », alors que se vit un mystère d’iniquité semblable à celui des trois jours saints  : Pasteurs frappés et brebis désorientées (cf. Mt 26, 31), il est une maison où l’on prie avec instance la Vierge Marie, Notre-Dame de Fatima, dans l’attente angoissée du “ retour ” du successeur de Pierre surtout, et de l’épiscopat du monde entier à sa suite.

Ce nouveau Cénacle est situé en un lieu ignoré de tous, sauf des quelques centaines de phalangistes de l’Immaculée qui s’y rendent chaque mois pour trois motifs qui n’en font qu’un  : faire ensemble les Exercices de la dévotion réparatrice au Cœur Immaculé de Marie grâce au ministère d’un infatigable Bon Pasteur  ; entendre les enseignements de sagesse d’un incomparable fils du Père, notre frère Bruno de Jésus-Marie, s’instruire et se réjouir grâce à lui de la vie et de la doctrine de l’abbé de Nantes, docteur mystique de la foi catholique. Entrer grâce à sa sagesse filiale, dans la familiarité et l’actualité du mystère biblique, ecclésial et politique de ­l’Immaculée Conception. C’est ainsi que le Bon Plaisir de Dieu s’accomplit chaque mois et que nos amis repartent de la maison Saint-Joseph forts de la bénédiction de Jésus-Hostie, et d’une bonne mesure de charité fraternelle, bien tassée, nécessaire réconfort mutuel puisé au partage de tant de grâces…

Cette “ maison de Marie ” a depuis longtemps des succursales. Les maisons Sainte-Thérèse (1982) et Saint-Georges (1984) du Canada, bonnes premières  ; puis sous l’impulsion de notre frère Bruno, la maison Saint-Joseph a essaimé. C’est donc maintenant des quatre coins de France pour ainsi dire que nos frères et sœurs entourés et soutenus par un “ petit troupeau ” de familles amies font monter une même prière suppliante jusqu’au Ciel, principalement lors des premiers samedis du mois. Les gens du Sud sont hébergés dans nos maisons Saint-Bruno et Sainte-Lucie  ; ceux du “ petit Ouest ”, Normands, Percherons ou Sarthois aiment à rallier la chapelle Sainte-Véronique dans le domaine de nos maisons Saint-Benoît et Benoîte-­Rencurel  : joie pour tous d’assister à la messe d’un bon Pasteur, de visiter “ la grotte ”, de suivre le catéchisme des frères et des sœurs, etc. Les CRC de Vendée et de Bretagne sont attirés par la progression des travaux de la maison Saint-Louis-Marie ou par la belle installation et organisation de la maison ­Bienheureuse-Marie-Louise Trichet. Grâce aux progrès de la technique, chaque mois la conférence d’Actualités de frère Bruno est retransmise en direct dans tous les ermitages. Ensuite chacun rayonne à sa manière en animant des cercles ou en organisant des sessions pour la plus grande joie et le plus grand profit spirituel de nos amis et de leurs enfants. En voici quelques exemples.

DEUX JOURS DE SESSION À LYON.

Les 10 et 11 février, nos frères et sœurs de Fons se déplacèrent jusqu’à Lyon pour toucher davantage de monde, et suivre un programme analogue à celui des 3 et 4 février à la maison Saint-Joseph. Conférences de retraite de frère Bruno  : Georges de Nantes, disciple du Père de Foucauld, pour les grandes personnes et même pour les enfants puisque ceux-ci entrèrent grâce à nos frères et sœurs dans l’aimable familiarité du jeune Georges d’une manière proportionnée à leur âge.

Samedi après-midi, avant le chapelet, frère Michel raconta si bien les dix-huit apparitions de Notre-Dame de Lourdes que les enfants n’en perdirent pas une miette. Ils comprirent l’essentiel, à savoir que la grotte de Massabielle était le “ Ciel ” de sainte ­Bernadette sur la terre, car c’est au creux de son rocher que l’Immaculée Conception a révélé son Nom, et rappelé aussi l’unique nécessaire pour faire son salut  : Prière, pénitence  ! pénitence  ! Nous savons qu’il faut nous mettre hardiment au service de ­l’Immaculée, suivre ses volontés contre les raisonneurs et les libéraux, que le bonheur n’est pas de ce monde, mais qu’au Ciel, il durera toujours, toujours… Le samedi soir, une chaleureuse veillée réunit les petits et les grands  : récits de grâces obtenues par l’intercession de Notre-Dame de Lourdes au moment des Apparitions, entrecoupés de chants… souvenir lointain et si bon des camps vélos…

Dimanche 11 février  : 160e anniversaire de la première Apparition de Lourdes. À l’oraison, frère Michel relut et commenta la Lettre à la Phalange n° 57 de notre Père sur l’abbé Peyramale (cf. CRC n° 321, avril 1996, p. 1-4). Ce bon curé, royaliste légitimiste et disciple du bienheureux Pie IX, priait pour le Pape persécuté et adhérait à tous ses combats contre l’Antéchrist libéral. Ajoutez à cela un bon cœur semblable à celui de saint Joseph, et vous comprenez pourquoi la Sainte Vierge choisit sa paroisse pour apparaître, et lui confier le soin de sainte Bernadette.

Nos amis furent très impressionnés par la conférence de frère Pierre sur LE MASDU, ce “ poison ” introduit par les papes Jean XXIII et Paul VI dans les textes du concile Vatican II, vraie cause de l’inexorable dépérissement de l’Église… La gravité des événements retracés par frère Bruno dans sa conférence d’Actualités du mois de février engagea nos amis à faire un Carême fervent, puis ils repartirent bien encouragés par une dernière instruction de frère Michel  : la Sainte Vierge n’a pas abandonné la France, Elle n’attend qu’un signe du Pape pour venir à notre secours…

VŒUX PERPÉTUELS.

Ce même dimanche 11 février, entourés de leurs familles et de leurs amis, sans oublier les «  fratribus absentibus  » de France et du Canada en grande union de prières, nos frères Louis-Marie de la Croix, de la maison Sainte-Thérèse, Paul de Jésus-Crucifié et Arnaud du Chef couronné d’épines de la maison Saint-Benoît prononcèrent leurs vœux perpétuels. Procession d’entrée au chant du Vexilla Regis, puis après le début de la messe, le dialogue si touchant où le pauvre frère n’est rien et demande la grâce d’être accueilli par la communauté. Alors bien sûr que nous avons tous répondu  : «  Nous le voulons  !  » Vint le moment si émouvant du chant des Litanies des saints tandis que les profès sont allongés sous un drap mortuaire, saisissant mime de leur résolution  : mourir au monde et ne plus vivre que pour le Sacré-Cœur Jésus et le Cœur Immaculé de Marie. Les savantes et très mariales homélies de frère Bruno leur donnèrent à entendre (supra) ce mystère, à charge pour eux, comme pour nous de mettre en œuvre la résolution suivante  :

«  Mes bien chers frères, les vœux perpétuels que vous venez de prononcer, d’obéissance, de pauvreté et de chasteté, vous consacrent au service de cette Reine. Obéissance non seulement à notre sainte Règle, mais à ses “ petites demandes ”  : récitation quotidienne du chapelet, confession et communion réparatrices du premier samedi du mois  ; chasteté d’un cœur voué à l’unique amour de ce Cœur Immaculé, ô douceur  ! Pauvreté réelle autant que de cœur qui puise toute sa richesse au trésor des grâces, dont ce Cœur Immaculé est rempli. C’est ainsi que nous vivons dans ce que le Père de Foucauld appelait «  l’abjection  », qu’il était allé chercher au fond du Sahara, et que nous trouvons à pratiquer au sein de notre Église postconciliaire. À la dernière, bien-aimée dernière place, mais tout contre le Cœur Immaculé de Marie. Non pas tellement, non pas seulement pour “ nous gagner le Ciel ”, mais d’abord pour consoler ce Cœur Immaculé de toutes les ingratitudes, outrages et blasphèmes que lui inflige notre monde apostat, comme l’Enfant-Jésus nous l’a demandé à Pontevedra.  »

Nos frères prononcèrent ensuite leurs vœux solennels avec une voix forte et claire. Toute la cérémonie fut d’ailleurs d’un déroulement parfait… Ordre, piété, charité, autant de grâces qui se prolongèrent par de délicieuses agapes. Après le chapelet et un peu plus tard les vêpres de Notre-Dame de Lourdes, la bénédiction de Jésus-Hostie vint mettre un point d’orgue à cette joyeuse journée de charité fraternelle et familiale.

LES ACTIVITÉS DE LA PERMANENCE DE PARIS.

Paris, la Ville sainte aux cent clochers, fut plus qu’à moitié détruite par la Révolution de 1789… Elle renferme cependant, aujourd’hui encore, un prodigieux patrimoine religieux  : les pierres crient, les vitraux le proclament, et si les plus beaux tableaux d’art religieux sont parqués dans des musées sans âme, au jour du triomphe de Notre-Dame, tous ces trésors qui sont à Dieu seront rendus à Dieu pour son culte, exit le culturel… Même les édifices élevés au nom de la science en réaction contre un prétendu obscurantisme de la religion contribueront à la gloire de Dieu.

Le 17 février, frère François a anticipé cet heureux temps en allant au Muséum d’histoire naturelle pour y visiter la galerie de l’évolution, et louer Dieu le Père tout-puissant, créateur de l’univers visible et invisible. Une semaine plus tard, c’est l’émouvant mystère de la Rédemption représenté par les plus grands peintres de la Renaissance, que les privilégiés de la Permanence contemplèrent lors de la visite au Musée du Louvres organisée par une de nos amies, historienne de l’Art.

L’ÉVOLUTION OU LA GLOIRE DU PÈRE CRÉATEUR

Darwin (1809-1882) fait toujours école  : Dieu n’est pour rien dans l’origine et l’évolution des espèces, tout est hasard et nécessité au bon plaisir de la sélection naturelle  : mots magiques. C’est stupide, primaire, contredit par les progrès prodigieux de notre connaissance du réel, mais comme c’est un bon alibi à l’athéisme “ bourgeoisement correct ” des “ bien-pensants ”, ils s’y cramponnent. Le bipède darwinien est une espèce qui n’évolue pas, ou plutôt qui ne veut pas évoluer  ; on le remarque au choix de son vocabulaire. «  Le hasard  » a bien sûr toujours bonne presse, mais on lui préfère «  mouvement aléatoire  »; et si vous vous appelez Jean-Sébastien Steyer et que vous êtes paléontologue au CNRS, vous n’en craignez pas, votre retraite est assurée  : vous donnez, pour l’amour du grec, dans la «  stochastique  », et êtes encore plus rétif que Thomas Diaforus dès qu’il s’agit de progresser par une remise en cause de vos a priori. Purgare et Saignare, hasard et nécessité  : même régression mentale, antiscientifique, “ indécrottable ”  :

«  L’évolution est un phénomène stochastique et foisonnant qui part dans toutes les directions. L’argument souvent avancé est alors  : “ Oui, mais regardez le cerveau humain et l’évolution de l’homme  ; ne sommes-nous pas plus complexes que les autres espèces  ? ” En bons primates égocentriques, nous percevons l’évolution comme une augmentation de la complexité, car nous trônons sur notre branche. Or dans l’arbre de la vie, aucune espèce n’est plus complexe ni plus évoluée qu’une autre, mais toutes sont différentes.  »

INSIGNIFIANCE ET LIMITES DU DARWINISME.

Fort de la doctrine de l’abbé de Nantes, bien soutenu par de jeunes scientifiques CRC, professeurs ou chercheurs, qui servirent de guides à nos amis durant la visite, frère François fit tout d’abord justice de ces a priori ridicules, en commentant l’introduction d’un livret fort pédagogique, composé pour la circonstance  ; en voici quelques extraits  :

Il n’est pas question d’opposer évolution et création. Que Dieu existe, créateur de toutes choses, de toute vie, est une certitude métaphysique. Quant à l’évolution, ce fut d’abord une hypothèse, que l’on peut considérer aujourd’hui comme un fait, constaté par les scientifiques.

L’origine de la vie. Il est impossible que son apparition ait été le fait du hasard parce que la complexité d’une seule cellule, bien connue grâce à la biologie moléculaire, est comparable à la complexité d’une immense usine, et même d’une ville industrielle, le tout extrêmement miniaturisé, capable de se reproduire à l’identique et de former des organes et des organismes très complexes  ! Comme le dit l’astronome Fred Hoyle, prétendre que la première cellule fut un effet du hasard, revient à «  imaginer un Boeing 747 construit par une tempête tournoyant dans un marché aux puces  » (CRC n° 280, février 1992, p. 26).

Les mécanismes de l’évolution. Pour ce qui est de la sélection naturelle, sans la nier, le professeur Pierre-Paul Grassé – notre Père le considérait comme le plus grand naturaliste de notre temps – en a montré les limites  : «  Les darwiniens considèrent les faits qui s’accordent avec la sélection, à l’exclusion rigoureuse de ceux qui l’infirment ou soulignent ses faiblesses.  » (L’évolution du vivant, p. 93) «  La sélection naturelle n’explique pas les variations se succédant dans un ordre déterminé, le développement des organes complexes et les corrélations entre les parties, la présence à point nommé de la variation utile, l’accroissement et la réduction des organes.  » (L’évolution du vivant, p. 347)

Le cas de l’œil, organe complexe à ajustements multiples, est un cas d’école qui réduit en poudre la théorie de Darwin (cf. L’évolution du vivant, p. 177-180).

Les différentes étapes de la visite allaient fournir à nos jeunes gens tant et tant d’autres exemples tous plus sidérants les uns que les autres, merveilleuses illustrations de l’intelligence créatrice, débordante d’imagination, stupéfiante d’originalité.

UNE CRÉATION ADAPTÉE, FINALISÉE  !

Choisissons deux cas, l’un dans l’extrême chaud, l’autre dans l’extrême froid. Au cœur de la savane africaine, celui de la girafe. Pour que son organisme puisse gérer ses cinq mètres de haut, il dispose d’un cœur de 11 kg, au myocarde (muscle cardiaque) renforcé. Celui-ci pompe 60 litres de sang et bat à 170 pulsations par minute, ce qui donne une pression artérielle deux fois supérieure à la pression artérielle humaine. Au niveau du long cou de la girafe, des muscles en anneau enserrent les vertèbres et aident le sang à remonter jusqu’au cerveau. Dans les veines, des valvules (petits clapets) orientent le sang vers le cœur. Lorsque l’animal baisse la tête au sol, les valvules de la jugulaire (veine du cou) sont fonctionnelles et empêchent le sang de redescendre vers le cerveau. En bas des jambes où la pression est énorme, un système de capillaires sanguins très résistants, comparables à ceux de l’espèce humaine, empêche un œdème fatal et la peau des pattes très tirée agit comme des bas de contention. Prodigieux, non  ?

Et que dire du manchot empereur de l’an­tarctique  ? Son corps est couvert de plumes raides, lisses, imbriquées qui forment une couverture imperméable. En dessous, un duvet très fin assure l’isolation thermique  ; ses ailes, transformées en palettes natatoires, lui permettent de voler sous l’eau jusqu’à 400 mètres (  !) de profondeur. Les manchots vivent en grandes colonies, serrés les uns contre les autres pour se protéger du froid. Remarquable exemple d’adaptation et de finalité  !

En face de ce spectacle renouvelé à chaque étape de la visite, nos amis n’en pouvaient plus d’un émerveillement, que frère François aura bien soin de fixer sur le roc de la vérité scientifique  :

«  En observant chacune des espèces présentées, nous avons constaté qu’elle est parfaitement adaptée à un certain milieu, que tous les organes de ce vivant sont conçus pour que cet être puisse y vivre, c’est-à-dire s’y développer, y grandir, s’y nourrir, s’y défendre, s’y reproduire. Les organes, parfaitement agencés entre eux, sont liés par une finalité interne, c’est-à-dire qu’ils concourent tous à la perfection spécifique de l’être vivant. Redisons-le, il est impossible que cette diversification des êtres vivants, qui sont de plus en plus complexes et parfaits, soit l’œuvre du hasard. En effet, le hasard est agent de désordre et de destruction. De plus, pour expliquer la diversité et la complexité croissante des espèces, il faudrait non pas un heureux hasard une fois, mais un ensemble de mille hasards par hasard ordonné les uns aux autres  ! et cela – encore  ?  ! – non pas une fois dans l’histoire, par miracle, mais des millions et des millions de fois.

«  Il y a là une impossibilité de fait, une improbabilité telle que, selon les lois mathématiques d’Émile Borel, nous arrivons à une impossibilité absolue.

«  Si les espèces vivantes sont sorties l’une de l’autre, en étant parfaitement adaptées à de nouveaux milieux, cette évolution et cette filiation ont été pensées et organisées par une cause intelligente et créatrice  : Dieu le Père, créateur Tout-Puissant. Plus les scientifiques nous démontreront que les genres et les espèces sont sortis les uns des autres par des procédés physico-chimiques, plus notre Dieu apparaîtra un créateur magnifiquement intelligent… pour avoir ainsi tout prévu, tout organisé  !  »

CONCLUSION DE L’ABBÉ DE NANTES.

«  Il y aurait eu Évolution et Création. L’une par l’autre, et non l’une contre l’autre, ou se substituant à l’autre. Non pas Évolution créatrice, car l’Évolution n’est qu’un ordre de succession des vivants, non un être distinct. Non pas une Évolution purement mécanique, à la manière du déterminisme des corps inertes. Mais Évolution d’un mécanisme conduit, orienté parmi des millions d’autres voies (à tout instant ouvertes au hasard), soutenu à l’encontre de l’inertie et de l’entropie de la matière, par l’invisible et omniprésente Main créatrice. «  Création évolutive donc, transformatrice, lente, progressive, agissant par des causes secondes.  » (CRC n° 163, p. 9)

«  Si on découvre un jour les mécanismes si complexes de l’évolution, tous les esprits bien disposés y reconnaîtront l’œuvre de l’incomparable intelligence créatrice. C’est incroyable, la perfection, la diversité, la complication, l’adaptation des formes vivantes  ; et dans leur dynamisme, dans leur création de formes nouvelles, tout cet univers chante la gloire de Dieu.  »

JOIE, JOIE, JOIE.

«  Aujourd’hui, j’ai appris ce qu’est la création  !  » s’exclamait une jeune fille, à la sortie. Un étudiant en agronomie renchérissait  : «  J’ai enfin compris la stupidité et la passion athéiste de certains professeurs qui nous rappellent très régulièrement, en cours d’écologie scientifique, qu’il ne faut pas remettre en cause Darwin, que ses acquis sont définitifs, et qu’il faut absolument écarter tout raisonnement finaliste…  »

Les lycéens n’en finissaient plus de poser des questions à nos guides CRC, et recevaient d’eux les bonnes réponses apprises dans leurs universités, mais plus encore lors des réunions hebdomadaires à la Permanence, à l’école de l’abbé de Nantes, notre Père…

À LA MAISON SAINT-JOSEPH

Les homélies des samedi 3 et dimanche 4 mars composent une fois de plus un petit monument de doctrine mariale  ; frère Bruno a voulu les publier par écrit pour rejoindre encore plus de monde et faire barrage à une désorientation conciliaire qui s’accélère et dont l’outrecuidance ne semble pas connaître de bornes (supra).

Les trois conférences de la retraite “ Georges de Nantes, disciple du Père de Foucauld ”, écoutées durant cette fin de semaine formaient un tout d’une grande densité. Frère Bruno nous montra que notre bienheureux Père se révèle à nous tout à la fois comme «  le théologien du Père de Foucauld  » et comme le docteur mystique de la foi catholique, avec un très sûr habitus théologique et une science prodigieuse des Saintes Écritures. Ces grâces furent acquises par un enfant légitime de l’Église, visiblement protégé par la Bonne Providence et mis à part pour sa future mission de défense de la foi. Il s’est laissé former et façonner par ses professeurs de séminaire, mais sans jamais partager leurs travers scientistes, modernistes, ou démocrates-chrétiens. Il a tiré profit des acquis de l’exégèse moderne, sans perdre la pureté de la foi comme tant d’autres, et il a réalisé en faveur de cette science difficile, mais capitale, la synthèse de l’ancien et du nouveau. Puis il a fait école  : un seul élève peut-être, mais le premier d’une longue série de disciples qui s’inspireront des travaux de ce “ frère aîné ”. Il s’agit, vous l’aurez compris, de notre frère Bruno…

De la première conférence de retraite  : VII. Je crois aux cheminements secrets de la miséricorde, ne retenons que l’essentiel, d’une actualité dramatiquement brûlante, et pour faire inclusion avec l’éditorial et les Actualités de frère Bruno.

LE SALUT DE TOUS LES HOMMES, VOULU, OBTENU  ?

«  Notre Père qui êtes au Cieux… Que votre Volonté soit faite sur la terre comme au Ciel… En cette Volonté, nous connaissons que Dieu veut le salut de tous les hommes et n’a rien négligé du nécessaire et du ­superflu pour leur donner d’y parvenir. Ah  ! que Dieu est donc bon, généreux et miséricordieux. Voilà de quoi avancer avec assurance dans des chemins sûrs, vers la vie éternelle. Est-ce à dire que, dès lors, Dieu se soit livré au caprice des hommes, à leur malice, s’étant d’avance engagé à les sauver tous et à n’importe quel prix  ?  » C’est ça, l’erreur dans laquelle nous sommes tombés aujourd’hui, avec la pastorale de la Miséricorde.

«  Dieu serait-il contraint de récompenser ses pires ennemis  ? ou d’avouer en les rejetant qu’ils ont mis en échec ses desseins immuables et l’ont ainsi vaincu  ? Ne le croyez pas, chrétiens, ne l’imaginez pas  ! Dieu est d’une autre puissance que ces raisonnements misérables le donneraient à croire… Ce qu’il nous signifie de sa volonté n’en est qu’une part et sans doute la moindre, celle qui nous est à présent utile. Mais sa première et dernière sagesse, sa volonté générale et l’ensemble achevé de son dessein, qui peut les connaître  ? C’est le “ bon plaisir ” de ce Grand Roi, et dans le temps même que j’écris, ou que vous me lisez, tous, absolument tous, nous le réalisons pour notre part et selon notre cheminement individuel, par notre bonne ou par notre mauvaise volonté, en tous nos actes et nos plus secrètes intentions. Ici ce bon plaisir couronne les élus, et là il maudit les réprouvés, ne faisant qu’appliquer à tous la juste sentence de leurs actions, mais en conformité avec sa pure, simple, souveraine, éternelle Volonté (saint Thomas d’Aquin, De veritate. q. 23, art. 3). Mystère essentiel  ! (…) Qu’en acceptant et suivant les volontés que vous leur avez signifiées, tous les hommes s’il est possible, ô mon Dieu, soient sauvés selon les mystérieux desseins de votre bon plaisir.  » Ça, conclut frère Bruno, c’est signé de notre Père, qui rassemble tout en un principe de prière inusable. Tout est dit  !

Les deux autres conférences de retraite  : VIII et IX  : La science des Saintes Écritures (I et II), nous révélèrent combien notre bienheureux Père a été pour ainsi dire le docteur de la religion de l’Alliance. Il fait lui aussi, de sa religion un amour, mais à la manière d’un théologien, d’un bibliste, maître d’une sagesse révélée qui se doit d’être communiquée à tous… Je peux résumer ici en quelques lignes les merveilles de la Lettre à mes amis n° 230, puisque c’est notre bienheureux Père lui-même qui a fait ce beau travail de synthèse en rédigeant le point 5 des 150 Points de la Phalange  : La religion de ­l’Alliance  :

«  L’Ancien Testament révèle le grand dessein de miséricorde de Dieu envers la famille humaine, sa créature déchue. Le salut est déjà promis à Adam et Ève, dans leur descendance. Dieu fait alliance avec Noé et sa lignée, à jamais. En Abraham seront bénis tous les peuples de la terre. Et bientôt l’Alliance mosaïque révèle et réalise l’élection d’Israël, son établissement dans la Terre promise et les dons divins d’une foi, d’une loi, d’un roi, d’une Ville sainte et d’un Temple, d’un culte voulu de Dieu et d’une sagesse inspirée, dans l’attente d’une Nouvelle et Éternelle Alliance. Celle-ci viendra avec le Messie promis, Jésus-Christ, Alliance ouverte à tous les peuples pour tous les temps, culte en esprit et en vérité, préparant la vie éternelle du Ciel, consommation de l’amour de Dieu avec les hommes. Le phalangiste se sait héritier légitime de l’Israël ancien et membre de l’Église, Corps mystique du Christ (…). La Bible demeure la forme immortelle de sa pensée supérieure et de sa prière mystique.  »

LES ACTUALITÉS

LE PAPE FRANÇOIS ET NOTRE-DAME DE FATIMA.

Comment se fait-il que le Pape reste sourd au message de Fatima qui, seul, répond, à ses grandes préoccupations, que ce soit pour la foi de l’Église qui n’est plus transmise – très belle catéchèse sur la messe –, ou pour la paix dans le monde… Frère Bruno pose la question, répond et le démontre  : C’est la faute du Concile  !

À son refus de juger en matière de foi ceux qui s’opposent à lui ou à Vatican II, François allègue deux raisons  : «  hygiène mentale  » (sic) et surtout celle-ci  : «  L’Église est l’ensemble du saint peuple de Dieu, qui est infaillible in credendo, tous ensemble.  » Frère Bruno dénonce l’hérésie formelle, et reprend les arguments de notre Père qui a démasqué cet unanimisme dans le Catéchisme de l’Église Catholique (CEC). Cette “ infaillibilité ” indue concourt peut-être à «  l’hygiène mentale  » de François, mais pas à celle de l’Église  : Promotion de la femme, mais abaissement de la Vierge Marie  ; Promotion de Judas, dont on ne peut pas dire qu’il n’est pas au Ciel (sic), expression de la thèse hérétique de l’apocatastase (cf. Mt 26, 24) clairement exprimée par le Saint-Père  ; Trahison désormais consommée des catholiques de Chine (clandestins, car persécutés) au profit de l’Église patriotique (communiste). Éloge dithyrambique d’une «  Chine extraordinaire  » par le légat du Pape  : «  Le principe chinois central c’est  : travail, travail, travail.  » À la différence des États-Unis, «  les Chinois cherchent le bien commun et subordonnent toute chose à l’intérêt général  ». Et pour finir, la médaille d’or  : ce sont eux «  qui mettent le mieux en pratique la doctrine sociale de l’Église  ». Fermez le ban  !

De telles désorientations diaboliques appellent une guerre que prépare activement la «  Chine extraordinaire  » (et toujours communiste), tandis qu’au Moyen-Orient, le bras de fer Iran-Israël fait craindre un «  pire  » qui ne pourra être conjuré que par Notre-Dame de Fatima. Mais à la condition sine qua non de l’obéissance du Pape à ses demandes. On en revient toujours là.

Une note encourageante achève ces Actualités, la lutte efficace des soldats français contre le terrorisme en Afrique, sous le commandement de bons chefs militaires. Mais frère Bruno les prévient  : «  Ce sont autant de tours de force, mais qui resteront sans lendemain s’ils ne s’accompagnent de “ colonisation ”, pour appeler par son nom “ une action résolue dans le champ politique, diplomatique et du développement ”, réclamée par un chef militaire de l’opération “ Barkhane ” au Sahel. En attendant, “ Vous faites l’admiration de la France et des Français ”, a dit à ses hommes le général Jean-Pierre Bosser, le chef d’état-major de l’armée de terre, le 1er février, à Gao, au Mali. Nous sommes de ces Français et nous prions pour nos soldats, qui sont loin de chez nous, en Afrique…

frère Philippe de la Face de Dieu.

IN MEMORIAM.
PIERRE VELUT

(4 novembre 1931 – 7 février 2018)
Témoignage du contre-amiral Jean-Loup Velut, son fils.

Villemaur-sur-Vanne, le 12 février 2018.

Mon cher papa.

LE témoignage que tu nous laisses tient sans doute en trois mots  : la Foi, l’Espérance et la Charité. Non pas les grandes vertus théologales, tu t’en serais senti indigne, mais leurs petites sœurs du même nom, celles du chemin bas et ordinaire de la perfection, celles du «  chrétien de l’Évangile  » si différent du «  chrétien du jour  », comme aimait à le rappeler le Père Emmanuel, ancien curé du Mesnil.

Tu étais d’abord un homme de Foi. La tienne était simple et limpide. Tu l’avais chevillée au cœur, telle qu’elle est magnifiquement résumée par les panneaux de ce jubé que nous contemplons, sculpté par nos grands anciens. La foi comme un don de Dieu, héritée d’une longue tradition familiale, reçue de tes parents, qui ont donné à Dieu cinq de leurs douze enfants  : Frère Christian, présent aujourd’hui parmi nous, de la communauté des Petits frères et des Petites sœurs du Sacré-Cœur, fondée par l’abbé de Nantes lorsqu’il était curé de Villemaur, dom François-­Marie, prieur de la Chartreuse de Portes et ancien prieur général de l’ordre des Chartreux, sœur Marie du Cœur agonisant, religieuse Victime du Sacré-Cœur, en Vendée, et puis, déjà rappelées auprès de Dieu, sœur Suzanne des Servites de Marie et sœur Thérèse des Petites sœurs du Sacré-Cœur de Montpellier. Toutes ces communautés sont en union de prières aujourd’hui avec nous et je les en remercie, ainsi que le Révérend Père Jean-Paul Argouarc’h, de la Sainte-Croix de Riaumont, qui est venu du Nord, pour nous accompagner aujourd’hui.

Cette Foi profonde te faisait ne jamais con­fondre l’essentiel et l’accessoire. Elle était ta vie.

Dimanche dernier tu évoquais encore sur ton lit d’hôpital avec deux de tes petits-fils tes belles années de paroisse avec l’abbé Besançon et l’abbé de Nantes, lorsque tu n’avais pas encore trente ans, tes retraites à Paray-le-Monial avec le Père Roustand, les veillées de prières des hommes du Sacré-Cœur qui tiennent bon depuis soixante ans, tes pèlerinages familiaux à La Salette ou Com­postelle, et celui de Fatima avec les Petits frères du Sacré-Cœur.

Comment ne pas me souvenir aujourd’hui, en voyant les stalles du chœur, de tous ces dimanches soir où tu nous emmenais chanter complies avec maman, à Villemaur et, plus tard, au Mesnil. Et ce chant du «  Salva nos, Domine, vigilantes  » qui emplissait la nef avec une belle vigueur  : «  Sauve-nous Seigneur quand nous veillons, garde-nous quand nous dormons. Nous veillerons avec le Christ et nous reposerons en paix.  »

D’autres souvenirs encore de ta Foi  : cette immense croix blanche à l’orée du bois de Villemaur, tant de fois peinte et repeinte par tes soins. Ces processions du 15 Août à Notre-Dame de la Confiance, maintenues, contre vents et marées, année après année, jusqu’à ce jour, suite à la promesse faite à l’abbé Besançon sur son lit de mort.

Oui la Foi. Une foi qui te donnait l’Espérance. Car tu étais aussi un homme d’Espérance. Celle du Ciel, en l’existence duquel tu croyais fermement. Et nous aussi. Celle de Notre-Dame de la Sainte-Espérance, régnant obscurément sur ce petit village du Mesnil-Saint-Loup, où déjà sous la Terreur trois familles, dont la nôtre, se relayaient pour cacher l’abbé Bonnaire, curé réfractaire. Une Espérance qui animait tant de discussions politiques et religieuses enflammées à la maison, depuis les années soixante, une capacité d’indignation ­permanente contre les marchands du temple qui désacralisent, et les vendeurs de vent qui déconstruisent ce cher et vieux pays que tu aimais tant.

Mais tu étais aussi et surtout un homme de Charité, avec cette simplicité au quotidien, cette manière attentive d’être époux, père, grand-père, arrière-grand-père, pour chacun d’entre nous. Combien de fois t’avons-nous vu, en soixante-trois ans de mariage, laisser partir ou accompagner maman durant ses longues visites guidées de l’église, ou bien lui apporter les fleurs destinées aux autels, dont tu mettais un point d’honneur à ce qu’elles soient, toute l’année, issues de ton jardin. Tu as dû, il y a quelques instants, nous regarder de là-haut apporter nos fleurs à l’église, avec un peu de l’humour que tu affectionnais.

Avec quelle sollicitude aussi t’es-tu occupé de notre sœur Véronique, gravement malade depuis tant d’années et qui est avec nous aujourd’hui par la prière. Je songe aussi particulièrement à tes dix-sept petits enfants et tes quinze arrière­petits-enfants, dont tu t’es beaucoup occupé et auxquels tu savais si bien donner confiance.

Cette faculté de savoir rendre service, cet amour du travail bien fait qui est encore une forme de charité, cette aptitude à savoir tout faire avec modestie. Ces qualités relationnelles et cette empathie qui te permettaient de gagner la confiance de tous en quelques instants. Cette capacité à pardonner, là où nous avions ­parfois du mal à te suivre. Ce dévouement aux personnes âgées, lors de ta retraite, pendant de nombreuses années.

Et puis bien sûr le chapelet. Car tu étais aussi un homme de prières et de silence. Le chapelet, comme une respiration permanente qui t’a accompagné toute ta vie, et particulièrement ces dernières années, au milieu de tes souffrances offertes. Ce lien permanent que tu avais avec Notre-Dame, avec la conviction forte qu’il n’y avait rien que l’on ne puisse obtenir à force de prier le Rosaire. C’est ainsi que tu avais passé la main à Notre-Dame, au fur et à mesure que tes souffrances augmentaient, en les offrant à toutes nos intentions. Tu étais prêt, tu te préparais depuis tant d’années.

Mon cher papa, ton image souvenir reprend quelques versets du psaume 142 des complies qui ont précédé ton rappel à Dieu. Nous les relirons souvent en pensant à toi et en priant pour toi  :

«  Je me souviens, Seigneur, des jours d’autrefois. Je me redis toutes tes actions. Sur l’œuvre de tes mains, je médite. Je tends les mains vers toi. Me voici devant toi comme une terre assoiffée. Vite, réponds-moi Seigneur. Fais que j’entende, au matin, ton amour. Car je compte sur toi.  »