La Contre-Réforme catholique au XXIe siècle
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La Contre-Réforme Catholique au XXIe siècle

IL EST RESSUSCITÉ !

N° 187 – Mai 2018

Rédaction : Frère Bruno Bonnet-Eymard


LA LIGUE

La Ligue

PAR ELLE, AVEC ELLE, ET EN ELLE

ELLE  ? C’est l’Immaculée Conception, Notre-Dame de Fatima qui a dit le 13 mai 1917  : «  Je suis du Ciel.  » Elle en est redescendue ensuite à cinq reprises durant cette même année, puis encore en 1921 comme promis, en 1925 et 1929, afin de passer avec le chef de l’Église un contrat d’Alliance  : l’obéissance du Saint-Père à deux petites demandes qui visent à faire connaître et aimer le Cœur Immaculé de Marie dans le monde entier, en échange de bénédictions prodigieuses, le salut des âmes – «  beaucoup d’âmes se sauveront  », iront au Ciel et non pas en enfer – «  et on aura la paix, la guerre va finir  ». Actuel, urgent, pour l’Église comme pour le monde.

Elle  ? C’est aussi, mais sur terre, la Phalange de l’Immaculée. Son fondateur, l’abbé de Nantes, lui a donné pour vocation ultime de témoigner et de défendre la vérité absolue et salutaire des apparitions et du message de Notre-Dame de Fatima, comme aussi de les mettre en pratique  : accomplissement de toute son œuvre de Contre-Réforme catholique et de défense du dogme de la foi à l’encontre des désorientations novatrices, doctrinales et pastorales, du concile Vatican II, vraies causes de la ruine de l’Église. Son successeur et fils de prédilection, frère Bruno de Jésus-Marie, poursuit et prolonge son témoignage avec la même vigueur au service de l’Église et du Saint-Père (cf. supra). C’est animées de ce même esprit de vérité-charité CRC, «  par Elle, avec Elle et en Elle  » que se sont déroulées toutes les activités du mois.

VISITE DE L’HÔTEL DES INVALIDES

Le dimanche 8 avril, plus d’une centaine d’amis, étudiants, familles de la région parisienne se retrouvèrent dans la cathédrale Saint-Louis à 14 h 30. Après la récitation de la première dizaine du chapelet, frère François rappela le soixante-dixième anniversaire de l’ordination sacerdotale (27 mars 1948) de notre bienheureux Père par quelques faits saillants de sa vie de séminariste. Poursuite du chapelet, puis exposé historique sur l’hôtel des Invalides, qui illustre si bien cette perfection de civilisation chrétienne, quand l’Église et l’État heureusement concertés se prêtent un mutuel appui.

CHARITÉ CATHOLIQUE ET ROYALE.

C’est pour donner un asile solennel aux vieux soldats et grands blessés de ses armées que Louis XIV créa l’Institution des Invalides par un édit royal en 1670. Ensuite, les travaux furent menés tambour battant puisque, dès 1675, ils étaient assez avancés pour que les premiers pensionnaires puissent y être reçus, par Louis XIV lui-même, au son des fifres et des tambours. Émus aux larmes, les anciens soldats, pour la plupart rescapés de la guerre de Trente Ans, acclamèrent leur Roi à tout rompre.

Cet hôtel est, d’une certaine façon, une grande caserne cernée de fossés. Il s’ordonne autour de la cour d’honneur ou cour royale de cent deux mètres sur soixante-quatre où peuvent avoir lieu des exercices et parades militaires. Les vieux soldats y participaient avec bonheur, ou y assistaient sous les arcades. Ce cadre militaire, cette vie réglée au son des tambours, s’accordaient bien avec les habitudes de ces vétérans. Mais la discipline militaire seule ne pouvait prétendre arriver à corriger leurs vices, et faire bien vivre ensemble des milliers de vieux soldats.

UNE VIE RELIGIEUSE, FRATERNELLE, LABORIEUSE.

C’est pourquoi Louis XIV, roi très chrétien, disposa toutes choses pour leur permettre de prendre ou reprendre des habitudes religieuses, de progresser dans la vertu, et se préparer ainsi à une sainte mort pour gagner la vie éternelle. Le règlement de l’Hôtel se rapprochait donc de celui d’un monastère. Une fois admis et entré, le soldat ne pouvait plus sortir pendant quarante jours  : c’était une sorte de postulat monastique, pour préparer une confession générale, et pour être instruit de ses devoirs de chrétien et des lois de l’Hôtel.

Douze prêtres de la Mission, c’est-à-dire douze religieux lazaristes, puis vingt, furent attachés à l’Hôtel comme aumôniers  : enseignement du catéchisme, célébration des sacrements. Des religieuses, trente-sept Filles de la Charité furent chargées de l’infirmerie qui contenait trois cents lits. Louis XIV avait demandé expressément que chaque malade ait un lit individuel. Les malades et les agonisants étaient touchés par le courage et le dévouement illimités de ces religieuses, premières infirmières… militaires  !

C’est donc au son de la cloche autant que du tambour que la vie des cinq à sept mille pensionnaires de l’Hôtel était réglée. Chaque jour, prières du matin et du soir en commun. Les dimanches et jours de fête  : assistance obligatoire à la messe et aux vêpres. Les invalides étaient obligés de s’approcher des sacrements  : il y avait des billets attestant les confessions et le devoir pascal accompli.

Les congés et les sorties de l’Hôtel en dépendaient. Jurons et blasphèmes étaient rigoureusement punis. On assistait à d’admirables conversions. Les soldats ne juraient plus, ne buvaient plus, etc. On en voyait en prière à l’église, devant le Saint-Sacrement.

C’est aussi par la vertu du travail que l’ordre fut établi dans l’Hôtel. On y installa toutes sortes d’ateliers de manufactures  : cordonnerie, tissage, tapisserie, calligraphie et enluminures. Cette institution des Invalides fut une magnifique réussite, visitée et admirée de toute l’Europe…

Nos jeunes gens étaient ravis et plus d’un s’exclamait  : «  Cela nous change de nos cours d’histoire où on nous “ bassine ” avec les inégalités sociales de l’Ancien Régime.  » De fait, ils ont là un magnifique, documenté et facile exposé à faire pour rectifier cette désorientation…

La Révolution vint mettre un terme à cette belle harmonie et ce temple de la charité chrétienne devint le «  Temple de Mars  ». Frère François passa vite sur cette décadence navrante. Il rendit tout de même hommage, à sa façon, aux “ libérateurs ” de 1944 honorés dans cette église, en disant toute la vérité sur l’épuration, telle que notre Père l’a vécue… Cet édifice est bien sûr souillé par la présence de fausses gloires qui ont versé le sang français par ambition, comme les généraux Nivelle et Foch, ou par des criminels de guerre comme les généraux Kléber et Marceau, les bourreaux de la Vendée, sans parler de Napoléon Ier… Mais ces représentants de l’Anti-France ne sont rien en comparaison des sculptures, des peintures, de la décoration intérieure du Dôme qui proclament la gloire des saints rois qui ont fait la France en lieu-tenant de Jésus-Christ, vrai Roi de France.

LE DÔME, L’ÉGLISE ROYALE.

L’église des soldats s’avérant vite trop petite, Louis XIV fit adosser au chevet de son maître-autel un dôme qui l’agrandirait, ce fut l’église royale qui fut inaugurée en 1706. Les soldats invalides dans la nef et le Roi dans le Dôme pouvaient assister aux mêmes cérémonies. Ces deux églises n’en formeront qu’une seule jusqu’aux profanations de la Révolution française.

Frère François avait composé un livret très complet et très détaillé qui permit à nos amis de goûter la splendeur de gloire divine et royale, catholique et apostolique, dominante, de cette église consacrée à Saint Louis. Entre d’une part, Saint Louis qui trône dans une lumière de gloire dans les hauteurs de la coupole, le Christ qui est à sa gauche, la Vierge Marie Reine de France qui est au centre, les douze médaillons de nos grands rois “ qui ont fait la France ”, et d’autre part, les restes de Napoléon Ier enfermés dans une masse marron sui generis posée là au plus creux d’un grand trou au centre du Dôme, quelle prodigieuse figuration du jugement de Dieu  ! La France catholique et royale est en haut ou à hauteur d’homme, l’Anti-France dans le bas…

Toute la vie de Saint Louis est représentée par des bas-reliefs qui ne sont jamais expliqués par les guides officiels. Un Anglais qui suivait nos amis et profitait des explications de notre frère s’exclama  : «  Ce Dôme est merveilleux  ! Ce monument est unique, légitimiste  ! Nous n’avons pas cela en Angleterre.  » Sa famille était d’origine française, mais protestante, elle avait émigré dans ce pays. Nos amis n’auront pas manqué de prier pour lui en faisant retentir tous ensemble, publiquement, les deux prières sacrées du christianisme  : “ Notre Père ” et “ Je vous aime, ô Marie ”. Accroc à la laïcité, qui a dû ravir toutes les divines et saintes personnes qui sont représentées dans l’église…

TURENNE, CHEF DE GUERRE.

Devant le tombeau funéraire de Turenne, frère François évoqua longuement le souvenir de ce grand maréchal de France, grand converti surtout. Il faut lire sur ce sujet le Turenne du général Weygand. Histoire passionnante d’un incomparable et victorieux chef de guerre, intrépide soldat, tacticien de génie qui surprenait toujours l’adversaire. Économe du sang de ses soldats, il se sacrifiait pour eux avec tant de simplicité et de générosité qu’il était, lui, jeune général de trente-deux ans, aimé et vénéré comme un père.

Il est remarquable que Turenne, encore protestant, ait voulu que ses guerres soient des guerres saintes. Jacques II, roi d’Angleterre, qui a raconté les quatre campagnes qu’il fit sous son autorité, écrit  : «  Avant l’attaque des lignes d’Arras, monsieur de Turenne fit faire des prières publiques à la tête de chaque bataillon et de chaque escadron, pendant plusieurs jours, pour le succès de cette entreprise. Presque tout le monde se confessa et communia. Et je suis sûr qu’il ne s’est jamais vu dans aucune armée tant de marques d’une véritable dévotion qu’il en parut dans la nôtre.  »

LE CHEMINEMENT LOYAL D’UN PROTESTANT.

Ceux qui s’entretenaient de religion avec lui étaient frappés de sa sincérité. Il tenait à la vérité. Non, il n’était pas libéral. Un jour, à la fin d’une conversation sur la religion, l’ambassadeur protestant de Hollande (Van Beuning) lui avoua  : «  Je suis bien persuadé qu’il n’y a qu’une religion de bonne, qu’une vraie religion, c’est la catholique. Mais on peut aller au Ciel par différents chemins.  »

Turenne répliqua  : «  Si je pensais comme vous, je serais bientôt catholique. Ne faut-il pas toujours aller au plus sûr  ?  »

Sa conversion fut l’aboutissement d’une longue démarche intellectuelle. Le maréchal s’instruisit des vérités catholiques auprès de nombreux évêques et théologiens, particulièrement auprès de Bossuet qui le recevait en secret pour des entretiens particuliers. En s’instruisant de la Tradition de l’Église touchant l’Eucharistie, Turenne devint convaincu que les définitions dogmatiques du concile de Trente étaient conformes à la Tradition et au sens obvie des paroles de Notre-Seigneur  : «  Ceci est mon Corps… Ceci est mon Sang…  » Il fut, de surcroît, très frappé du récit d’un protestant, rentré en France après avoir été esclave en Asie Mineure. Ce protestant témoignait de la croyance des chrétiens d’Orient en la présence réelle. C’était une confirmation de l’ancrage de ce dogme dans la Tradition.

Turenne fut aussi profondément impressionné par un miracle auquel il eut le privilège d’assister  : peu avant la mort de Mazarin, il se trouvait au Louvre quand éclata un incendie. Les flammes étaient en train de tout dévorer… C’était la catastrophe. Un prêtre arriva avec le Saint-Sacrement. Le feu s’arrêta par miracle à ses pieds, manifestant la puissance de Jésus- Hostie. «  Je l’ai vu, disait Turenne, je ne saurais douter, je l’ai vu.  »

De plus, de saintes âmes priaient et se sacrifiaient pour obtenir sa conversion, notamment sa nièce carmélite. Mais il fallut que Dieu le sépare de sa femme fanatiquement protestante pour l’attirer définitivement à Lui. Elle mourut en 1666, Turenne abjura le protestantisme deux ans plus tard pour la plus grande joie de Louis XIV. En 1675, Turenne voulait finir sa vie chez les oratoriens, mais le Roi refusa, il lui confia un commandement et c’est au cours de la campagne d’Alsace, à Sasbach, qu’il mourut le 27 juillet 1675, emporté par un boulet de canon, jusqu’au Ciel… Frère François tira les leçons de cette conversion, tellement contraire à l’esprit du Concile…

SAINTE ESPÉRANCE.

Cette magnifique journée de Religion royale s’acheva par un goûter convivial et un fraternel échange… Les yeux, l’esprit, le cœur de tous, saturés par tant de beautés, étaient aussi renouvelés dans une sainte espérance surnaturelle. Car si la France est dans le «  malheur  » d’une révolution qui n’en finit pas, tout comme l’Église en raison d’un Concile dont elle se meurt, nous savons d’après Fatima (révélation de Rianjo 1931), que c’est le refus de faire alliance avec le Sacré-Cœur pour la France, avec le Cœur Immaculé de Marie pour l’Église, qui en est la cause première. Nous sommes sûrs qu’un jour viendra où le Pape de Rome fera enfin alliance avec le Cœur Immaculé de Marie pour le salut du monde. C’est alors et alors seulement que les jours de la République seront comptés, et qu’ils seront venus ceux où la France renouera, par le chef providentiel que Dieu lui donnera, l’Alliance que le Sacré-Cœur avait voulu passer jadis avec Louis XIV (1689). Ensuite, Il régnera, le Sacré-Cœur et son lieutenant, c’est tout un, et la Gesta Dei per Francos reprendra sa marche en avant…

PÈLERINAGE À SAINTE-ANNE D’AURAY

Le dimanche 22 avril, les frères et les sœurs de Magé avaient donné rendez-vous à leurs amis de Bretagne au sanctuaire de Sainte-Anne d’Auray pour la messe de 11 heures. Dans une basilique pleine à craquer, entrée en procession fort digne du clergé escorté d’une foule de bannières. Toute la cérémonie se déroula en breton, la langue de sainte Anne lors de ses apparitions, avec tout de même un feuillet bilingue bien utile.

À la fin de la messe, surprise de voir nos amis si nombreux, certains que l’on ne connaissait que de nom, et donc joie de faire connaissance. Le temps était magnifique et nous prîmes tous notre pique-nique dans le décor champêtre et calme des dépendances du sanctuaire. Une instruction sur sainte Anne devait se dérouler dans une salle audiovisuelle de cent dix places. Elle en accueillit bien davantage, car les enfants de plus de six ans y étaient admis, tandis que les autres – trente-cinq – étaient pris en charge par nos sœurs. Frère Jean-Duns commença son exposé, non sans avoir d’abord rendu hommage à frère Gérard de lui avoir communiqué cette si belle dévotion.

LES APPARITIONS DE SAINTE ANNE À YVON NICOLAZIC

Yvon Nicolazic (1591-1645) est un chrétien exemplaire qui récite son chapelet tous les jours, «  c’est le moyen de s’entretenir en de bonnes pensées et d’arrêter toujours son esprit en Dieu  ». Il a trente-deux ans au moment de la première apparition un soir d’août 1623. Il récite son chapelet et soudain sa chambre s’illumine  ! Il voit une main tenant un flambeau  ! Cela dure «  le temps de deux Pater et de deux Ave  ». Un mois et demi plus tard, un dimanche, une heure après le coucher du soleil, Yvon est au champ du Bocenno. Une tradition immémoriale assure qu’à cet endroit, il y a eu autrefois une chapelle dédiée à sainte Anne. Lui et quelques autres n’hésitent pas à s’agenouiller à même la terre pour prier sainte Anne. Cette fois, il revoit le même flambeau, mais sans la main. Cette vision se renouvelle régulièrement pendant dix-neuf mois (jusqu’en 1625). Le flambeau apparaît aussi le soir, lorsque Yvon rentre des champs et qu’il fait nuit  ; la lueur du flambeau guide le paysan. Son beau-frère le voit aussi.

Un soir de l’été 1624, tous deux vont chercher les bœufs au champ du Bocenno. Voici que devant la fontaine, que l’on voit encore aujourd’hui, une dame majestueuse est là, debout, immobile, tournée vers la source. Son visage «  révèle la gravité tendre de la plus haute des maternités  ». Sa robe est d’une blancheur de neige. Sa main tient un flambeau allumé. Ses pieds reposent sur un nuage. Une auréole entoure son visage et rayonne au point que le paysage tout entier est éclairé comme en plein jour  ; et pourtant cette lumière n’éblouit pas  ! Les deux laboureurs sont effrayés et s’enfuient. Quand ils reviennent, tout a disparu.

L’apparition silencieuse de sainte Anne à Yvon se renouvelle régulièrement durant le mois de juillet 1624, on ne le dit pas assez, souligne notre frère. Yvon la voit près de cette même fontaine, mais aussi chez lui, dans sa maison, dans sa grange et à d’autres endroits. Elle a toujours la même attitude, la même majesté, le même vêtement lumineux  ; mais elle ne parle pas. Dieu veut ainsi habituer Yvon à cette présence céleste, mais celui-ci reste inquiet malgré la grande joie qu’il goûte lors des apparitions. Le 25 juillet 1624, il se décide à demander conseil à un capucin d’Auray. Le religieux garde une prudente réserve, mais sainte Anne, elle, va sortir de la sienne.

LA GRANDE RÉVÉLATION DU 25 JUILLET 1624.

Ce soir-là, qui est aussi la veille de la fête liturgique de sainte Anne, Yvon revient d’Auray, le chapelet à la main, et passe devant la Croix qui se trouve à l’entrée de Keranna. Sainte Anne lui apparaît de nouveau, mais pour la première fois, elle l’appelle par son nom  : «  Yvon Nicolazic  ». Elle lui adresse quelques paroles très douces, puis elle le raccompagne jusqu’au village et disparaît. Peu après, elle apparaît de nouveau à Yvon, dans sa grange, et cette fois c’est pour lui apporter un message  :

«  Yvon Nicolazic, ne craignez rien  : je suis Anne, mère de Marie. Dites à votre recteur que dans la pièce de terre appelée le Bocenno, il y a eu autrefois, même avant qu’il n’y eût aucun village, une chapelle dédiée en mon nom. C’était la première de tout le pays. Il y a neuf cent vingt-cinq ans et six mois qu’elle est ruinée. Je désire qu’elle soit rebâtie au plus tôt, et que vous en preniez soin, parce que Dieu veut que j’y sois honorée.  »

Yvon Nicolazic est un homme foncièrement modeste, il n’ose faire la demande à son recteur. On a l’impression, souligne frère Jean, que «  sainte Anne a choisi un instrument faible afin que ce soit sa puissance à elle qui fasse tout  ». Le temps que dure cette perplexité, des prodiges merveilleux se multiplient  : pluie d’étoiles, pluie de flambeaux, des gens voient une dame blanche, Yvon est transporté au Bocenno sans savoir comment, il y entend des chants célestes.

Au terme de ces six semaines, donc vers mi-septembre, sainte Anne revient pour encourager Yvon et le presser un peu  : «  Ne craignez point, Yvon Nicolazic, et ne vous mettez pas en peine. Découvrez à votre recteur en confession ce que vous avez vu et entendu  ; et ne tardez pas à m’obéir. Conférez-en aussi avec quelques hommes de bien, pour savoir comment vous devez vous y comporter.  »

Le recteur, dom Silvestre Rodoué se montre incrédule et ne veut pas entendre parler de reconstruire la chapelle. «  Disons une fois pour toutes que Dieu et madame sainte Anne ont certainement permis cette opposition du clergé, dans un premier temps, afin que nous ne puissions pas douter de la vérité des faits.  »

SAINTE ANNE, SON PAUVRE VOYANT ET LE CLERGÉ.

Dans la nuit suivante, sainte Anne lui apparaît de nouveau, car il est très découragé  : «  Ne vous souciez pas de ce que diront les hommes  ; accomplissez ce que je vous ai dit, et reposez-vous en moi du reste.  » Pendant sept longues semaines, il souffre, écartelé qu’il est entre son désir d’obéir à sainte Anne et sa crainte du recteur  ! Début novembre 1624, c’est une fois de plus la bonne sainte Anne qui va le délivrer de cette perplexité. Il s’ensuit un merveilleux dialogue  :

«  Mon Dieu, ma bonne Maîtresse, vous savez les difficultés qu’y apporte notre recteur, et les reproches honteux qu’il m’a faits, quand je lui ai parlé de votre part. Je n’ai point de moyens suffisants pour bâtir une chapelle, encore que je sois très aise d’y employer tout mon bien. Qui me croira si je dis qu’il y a eu autrefois une chapelle au Bocenno, vu qu’il n’y en a plus aucun vestige… Mais après tout, me voilà disposé à faire tout ce que vous désirez de moi.

– Ne vous mettez pas en peine, mon bon Yvon Nicolazic; je vous donnerai de quoi commencer l’ouvrage, et jamais rien ne manquera pour l’accomplir. Je vous assure que Dieu y étant bien servi, je fournirai abondamment ce qui sera nécessaire non seulement pour l’achever, mais aussi pour faire bien d’autres choses au grand étonnement de tout le monde. Ne craignez pas de l’entreprendre au plus tôt.  »

Et elle ajouta  : «  Allez courageusement, et vivez assuré que vos impuissances n’empêcheront pas l’exécution de mes desseins. Au reste, on trouvera en bref de quoi établir la croyance de mes visites, et les prodiges de mon pouvoir feront avouer les plus mécréants que vous êtes l’organe de mes volontés, et que j’ai choisi ce lieu par inclination pour y être honorée. Et pour ce qui est du bâtiment de cette église, ne vous mettez point en peine de m’alléguer votre pauvreté, puisqu’elle m’est assez connue  ; mais tous les trésors du ciel sont entre mes mains…  »

Le 3 mars 1625, sainte Anne annonce entre autres à Yvon que dans quelques jours, une lumière viendra indiquer l’endroit du champ où est enterrée l’ancienne statue. Le lendemain, Yvon se rend au presbytère avec Jean Lézulit, le marguillier de la paroisse, pour en informer le recteur. Cette fois celui-ci menace le voyant de l’excommunier s’il insiste  ! N’empêche que le recteur a entendu la prophétie.

MIRACLE SUR MIRACLE.

Dans la nuit du 6 au 7 mars, sainte Anne revient pour presser Yvon de commencer la construction de la chapelle.

«  Faites donc quelque miracle, ma bonne Maîtresse, qui fasse voir à mon recteur et aux autres que vous voulez effectivement que l’on y travaille.

– Allez, confiez-vous en Dieu et en moi  : vous en verrez bientôt en abondance, et l’affluence du monde qui me viendra honorer en ce lieu sera le plus grand miracle de tous.  »

Voilà encore une authentique double prophétie  ! Le lendemain matin, la femme d’Yvon trouve à son réveil douze quarts d’écus déposés en trois piles sur la table de sa chambre  ! Qui a apporté cet argent en cet endroit  ? Quelqu’un serait entré dans la maison la nuit, par effraction  ? Pour voler peut-être, mais pas pour apporter de l’argent  ! C’est sainte Anne qui vient en aide à son messager  !

Tous les ecclésiastiques qui suivent l’affaire sont ainsi témoins des prophéties de sainte Anne. Le soir de ce 7 mars, vers 11 heures, Yvon est dans sa chambre et comme d’habitude il récite son chapelet en attendant le sommeil. Sainte Anne lui apparaît et lui dit  : «  Yvon Nicolazic, appelez vos voisins, comme on vous a conseillé  ; menez-les avec vous au lieu où ce flambeau vous conduira, vous trouverez l’image [la statue] qui vous mettra à couvert du monde, lequel connaîtra enfin la vérité de ce que je vous ai promis.  »

Le voyant appelle cinq autres paysans pour être témoins des faits  : «  Allons mes amis, allons où Dieu et Madame sainte Anne nous conduiront  !  » Le flambeau les précède et les mène au Bocenno  ! Deux paysans ne voient pas le flambeau, ils avoueront ensuite qu’ils n’avaient pas fait leurs Pâques. Arrivé au Bocenno, le flambeau s’élève et redescend par trois fois, puis disparaît dans le sol. Yvon creuse et, rapidement une statue apparaît. Elle gisait là depuis la fin du VIIe siècle. Yvon l’adosse au talus voisin, et les paysans vont se coucher.

Dès le lendemain matin, les habitants de Keranna accourent voir la statue. Yvon Nicolazic se rend au presbytère pour raconter au recteur la découverte miraculeuse, mais celui-ci est plus incrédule que jamais. Notre voyant pousse jusqu’à Auray pour consulter les Pères capucins  : ils restent sur la réserve. Sainte Anne vient à son aide en suscitant une suite de signes merveilleux  :

Le dimanche 9 mars, alors que le temps est parfaitement calme, la foudre tombe sur la grange d’Yvon  ; elle part en fumée. Mais de façon incompréhensible, l’incendie respecte deux meules de blé qui se trouvaient là  ! Tous comprennent la leçon  : puisque cette grange avait été bâtie avec les pierres de l’ancienne chapelle de sainte Anne, le Ciel montre de nouveau que l’on doit respecter les lieux consacrés à Dieu.

Le mardi 11 mars, des foules (prévenues comment  ?) accourent pour prier et faire des offrandes. Mis au courant de l’arrivée de foules, le vicaire de la paroisse se rend sur place, renverse violemment la statue et ordonne aux pèlerins de partir, sous peine d’excommunication  ! Mgr de Rosmadec, l’évêque de Vannes est un évêque qui dirige son diocèse selon l’esprit et les règles du concile de Trente. L’affluence des pèlerins le convainc d’ouvrir immédiatement une enquête canonique en bonne et due forme. Fort de ses conclusions, l’évêque émet un avis favorable  : le voyant est véridique et il est opportun de construire la chapelle. Pendant ce temps, sainte Anne poursuit sa pédagogie céleste en montrant à tous qu’on ne se moque pas d’elle impunément.

SAINTE ANNE, JUSTE ET BONNE  !

Deux jours après avoir renversé la statue, le vicaire est saisi d’un mal mystérieux aux bras  ; il en mourra au bout de trois ans après avoir reconnu sa faute. Trois semaines après la découverte de la statue, le recteur de la paroisse est frappé de paralysie dans des circonstances mystérieuses (roué de coups la nuit). Il ne se convertit pas tout de suite et maintient ses invectives contre Yvon Nicolazic  ! Il faut l’intervention d’un confrère pour le décider à demander sa guérison à sainte Anne. Il se rend au Bocenno neuf fois de suite, la nuit  ! Le neuvième jour, il se traîne jusqu’à la fontaine, se baigne et est instantanément guéri  ! Au physique comme au moral surtout  ! Un paysan du nom de Marc Erdeven se moque de la statue par jalousie à l’égard d’Yvon Nicolazic. Il tombe malade sur-le-champ et se trouve bientôt en danger de mort. Il reconnaît sa faute et recourt à sainte Anne  : il est instantanément guéri  ! Un gentilhomme de Pluvigner se moque des pèlerins. Il tombe de cheval trois fois de suite. Il finit par comprendre la leçon et se joint modestement aux pèlerins. Le 25 juillet, ils sont 30 000  ! On ne sait ni pourquoi ni comment ils sont venus puisque la cérémonie n’a été annoncée nulle part, et que personne ne les a convoqués.

L’OBÉISSANCE DE LA FOI ET SES MIRACLES.

Le lendemain 26 juillet, 100 000 personnes sont présentes pour assister à la première messe qui doit être célébrée par Mgr de Rosmadec. Mais au dernier moment, il renonce à venir  ! La messe est donc célébrée par le recteur qui est maintenant un apôtre enthousiaste de sainte Anne.

Frère Jean-Duns tira de cet “ admirable commerce ” entre le Ciel et la terre, la double conclusion qui s’imposait. Il nous avait fait savourer la manière dont le Bon Dieu s’y était pris pour arriver à ses fins  : répandre dans toute la contrée et bien au-delà, la dévotion à sainte Anne, mère de la Très Sainte Vierge Marie. Son but était de prémunir les enfants de l’Église contre un ennemi redoutable de leur salut  : le protestantisme qui commençait à gagner du terrain en Bretagne. Aujourd’hui, c’est cette manière hérétique de «  sentir et de penser  » qui domine le monde et même l’Église. Qu’est-ce qui manque pour se libérer d’une si funeste emprise  ?

«  Retenons cette grande leçon  : si nous faisons ce que Dieu veut, tout devient possible, même l’impossible. Il me semble que les apparitions de sainte Anne à Yvon Nicolazic font mieux comprendre ce que notre frère Bruno ne cesse de nous répéter  : quand le Saint-Père instituera dans l’Église le culte du Cœur Immaculé de Marie simplement par obéissance à la volonté de Dieu, l’Église et la Chrétienté renaîtront. En attendant, appliquons-nous nous-mêmes à faire ce que Dieu veut, nous sommes sûrs de bien faire, même si comme Yvon Nicolazic, nous sommes bien faibles, et que nous nous heurtons à l’inertie de la hiérarchie.  »

DES PÈLERINS HEUREUX

Après une si merveilleuse conférence, tous se dirigèrent vers la chapelle de l’Immaculée Conception pour y réciter le chapelet… Ensuite, nous nous rendîmes au mémorial de la Guerre 14-18, grande crypte où sont figurés les cinq diocèses de Bretagne, leurs saints respectifs… Frère Thomas nous passionna en nous racontant la dévotion des soldats bretons pour sainte Anne. On les choisissait, les Vendéens aussi, pour les missions les plus dures, car ils étaient les plus braves…

Enfin, notre bon groupe se réunit autour du monument de la fontaine du Bocenno, à l’endroit même où sainte Anne apparut à Yvon Nicolazic et à son beau-frère, et où le recteur jusqu’alors incrédule fut guéri de sa paralysie de corps et d’esprit… Nous partîmes en procession après avoir bu à la fontaine en direction de la basilique où le Saint-Sacrement était exposé. Tous nos amis remplissaient l’arrière-chœur. Temps d’adoration silencieuse, puis nous risquâmes un chant, puis deux. Pas de réaction des officiels, nous avons donc chanté tous les cantiques liturgiques du salut du Saint-Sacrement  : Tantum ergo, louanges divines. Ensuite, Jésus-Hostie a donné sa bénédiction à son “ petit troupeau ”, certain… puis le chant final a résonné puissamment dans toute la basilique  : “ Regardez l’Étoile… ”

Cette journée comblée de grâces s’acheva par un goûter convivial qui n’en finissait pas, et nous persuada tous de prendre rendez-vous avec la bonne sainte Anne et de nous retrouver l’an prochain, si Dieu le veut…

LES 5 ET 6 MAI À SAINT-PARRES

Ces deux jours de retraite, d’instructions, et de dévotion réparatrice en l’honneur du Cœur Immaculé de Marie constituèrent une fois de plus un véritable monument de doctrine au service de l’Église et de la Patrie, l’une et l’autre en grand danger.

LA PRÉDICATION DE FRÈRE BRUNO ET DE NOTRE PÈRE.

Frère Bruno voulut profiter de l’occurrence du cycle des apparitions de Fatima du 13 mai au 13 octobre, pour approfondir ce mystère de salut, car il en va de Fatima comme du mystère de Dieu. L’homme d’Église attentif aux inspirations de l’Esprit-Saint tire toujours des choses nouvelles de ce trésor révélé (cf. Mt 13, 52). Le sermon de la messe du samedi, la méditation sur les mystères joyeux du rosaire en fin d’après-midi, l’oraison du dimanche sur l’esprit de sacrifice des petits voyants allaient nous en donner un exemple saisissant. C’est à écouter attentivement, et à lire et relire crayon en main (cf. supra).

Notre Père assura la prédication du dimanche. Vous trouverez aisément son homélie de la messe  : Jésus annonce qu’il va partir et revenir, sur la VOD. Elle est tirée d’un enregistrement audio de l’année liturgique de 1980 (S 45, sermon 32). C’est un commentaire très réconfortant du chapitre 16 de saint Jean, et qui nous encourage, «  nous qui sommes dans les inquiétudes et les angoisses du Samedi saint de l’Église à attendre le retour du Christ, aussi réellement que la Vierge Marie qui avait conservé la foi, attendait le retour du Christ au matin de Pâques  ».

Cette session s’acheva non pas tant sur un sermon, que sur une analyse de théologie morale, très fine  : Obéissance militaire et obéissance religieuse, sujet d’une actualité brûlante à l’heure où nos forces spéciales sont engagées en Syrie aux côtés des djihadistes… À recommander à tous les militaires  ; bientôt en ligne sur la VOD.

LES CONFÉRENCES DE RETRAITE.

X. Fatima profanée  : Cette analyse du voyage du pape Paul VI à Fatima le 13 mai 1967 (cf. Lettre à mes amis n°246) est à lire et relire nous recommande frère Bruno, elle explique tout aujourd’hui de l’attitude du pape François et de l’ensemble de la hiérarchie depuis le Concile. «  Sur cette terre où la Vierge Marie fit connaître les volontés du Ciel, le pape Paul VI les a tues entièrement. Et, reçu dans un État catholique aux prises avec la révolution progressiste et la guerre chinoise, il s’est excusé de n’en point parler, mais n’en a pas reconnu le bon droit. L’alibi d’un “ déplacement privé ” pour “ aller prier Marie ” s’est avéré excellent. Mais, ce faisant, par son silence seul et son indifférence calculée, Paul VI apportait un renfort éminent à ceux qui ont juré la ruine de cet Ordre catholique occidental et la subversion du roc de Fatima auquel il s’appuie.  » C’est la clef de tout  ! poursuit frère Bruno. En voulant s’éloigner du roc de Fatima, le Pape ne peut que vaciller et détruire la grande Ville dont il est chargé  ! Notre Père ne pouvait faire une meilleure analyse. Paul VI entonnera pour finir le péan d’un «  vague évangélisme humanitaire  » au refrain lancinant  : «  Hommes soyez des hommes  » et ce sera, conclut notre Père, la réussite d’une opération  : «  l’opération du détournement de la religion catholique à des fins d’apostasie collective  ».

XI. Angor ecclesiæ. Cette angoisse de l’Église en parfaite imitation de celle de Jésus (cf. Lc 18,8), s’exprime d’une manière lumineuse par notre Père, fils légitime et incomparable défenseur de l’Église, dans la lettre ouverte au cardinal Ottaviani du 16 juillet 1966 (cf. Lettre à mes amis n° 231). Elle est à lire et relire par tout phalangiste afin d’y puiser une intelligence filiale, ecclésiale, pénétrante, du drame d’apostasie, et surtout pour que lui soit communiquée par notre Père cette angoisse pour l’Église, qui est celle du Cœur de Jésus. C’est le but de cette retraite, insiste notre frère Bruno. Un lumineux sommaire chronologique des Lettres à mes amis de 1956 à 1966 nous convainc tant et plus de la vérité de l’analyse prophétique de notre Père. C’est un véritable dévoilement de l’apostasie, de ses principes, de ses propagateurs, et du concile Vatican II qui en sera l’égout collecteur.

XII. L’erreur et le remède. L’erreur de ce nouveau réformisme, qui s’impose par voie d’autorité et qui annihile ou décourage toute opposition, l’abbé de Nantes avait été mis à part pour la démasquer, la lier et la porter devant le tribunal suprême de l’Église. La preuve que Paul VI, Vatican II et tous ceux qui leur ressemblent sont animés par un esprit d’hérésie et de schisme, c’est qu’ils ont en «  particulière horreur un document, le Syllabus, un Pape, saint Pie X, un événement céleste, Fatima  ».

La lettre au cardinal Ottaviani contraindra les autorités romaines à se mettre au travail pendant trois ans et à instruire enfin un procès (25 avril 1968) selon les lois traditionnelles de l’Église. Prodigieux récit de son déroulement et de son dénouement. Impossibilité de découvrir la moindre erreur chez l’abbé de Nantes  ; injonction de rétracter ses accusations au nom d’une obéissance musulmane  ; disqualification médiatique sans aucune justification doctrinale… L’abbé de Nantes répondra par une magnifique profession de foi au cardinal Seper (16 juillet 1969), et en face de «  cette erreur sur Dieu  » qui s’impose par voie d’autorité, il bâtira à chaux et à sable une doctrine totale que frère Bruno résume ainsi  : «  Toute l’œuvre de notre Père, docteur mystique de la foi catholique, consiste à nous conduire non seulement au porche du mystère par une démonstration apologétique imparable, mais jusque dans le Saint des saints, au cœur de l’Église qui est l’amour  » en disciple du Père de Foucauld et de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus  : «  Telle est notre vocation  !  »

«  NÔTRE EST LE VRAI  »

Après le chapelet, la très démonstrative conférence d’actualités de frère Bruno a passionné nos amis et grandement satisfait leur attente. Il a réussi le tour de force de nous faire comprendre l’enchaînement logique des événements de mars-avril en Syrie.

Tout d’abord «  un plan génial des États-Unis  »  : Profiter de ce que l’armée syrienne menait en mars une attaque d’envergure dans la région rurale d’Idlib, dans le nord-ouest du pays pour diriger sur la Ghouta orientale des dizaines de milliers de mercenaires stationnés aux frontières de la Syrie, et constituer avec les trente mille djihadistes de cette enclave une force de frappe fantastique qui aurait pu en quelques jours investir Damas et faire tomber le président Bachar el Assad. Les Russes observant cette concentration de troupes comprennent la manœuvre. Les forces vives de l’armée syrienne changent d’objectif et se dirigent vers la Ghouta et elles réduisent cette poche de djihadistes située à quelques kilomètres de Damas. Défaite cuisante des USA, victoire russe et syrienne, libération des malheureuses populations civiles réduites en esclavage par les djihadistes. Témoignage véridique d’un prêtre flamand  :

«  Indépendamment de tout, les festivités de Pâques 2018 ont été grandement célébrées. Les gens dansent et chantent, parce que la partie orientale de Ghouta a finalement été (presque complètement) libérée par l’armée syrienne et ses alliés. La vraie horreur revient maintenant à la surface. Des milliers d’hommes ont dû creuser des tunnels de dizaines de kilomètres de long, comme des esclaves, jusqu’à ce qu’ils soient épuisés, puis tués. Voyez ce que l’armée syrienne a trouvé  : Prisons et salles de torture, grandes réserves de nourriture et de fournitures médicales appartenant à l’aide humanitaire internationale, toutes gardées par les terroristes, un hôpital entièrement équipé, une quantité importante d’armes, de munitions et même d’usines, également pour les armes chimiques, des communications sophistiquées...  » Qui a parlé de ces milliers de prisonniers alaouites et chrétiens, les vraies victimes d’atrocités, réduits en esclavage par Jaich al-islam, dont les djihadistes se sont dernièrement servis comme bouclier humain  ?

Humiliés par cette défaite, les États-Unis, la Grande-Bretagne et son service secret, le MI 6, montent une magistrale opération de désinformation. Ils n’en sont pas à leur coup d’essai, ils savent faire. C’est la fameuse attaque chimique du 7 avril d’ailleurs prédite par les Russes plusieurs semaines à l’avance. Notre petit président avait conditionné son peuple. La fameuse ligne rouge avait été franchie, il fallait donc s’aligner sur les Américains et les Israéliens puis punir le régime de Bachar, avant même qu’une enquête de l’OIAC (organisation pour l’interdiction des armes chimiques) ne soit diligentée. Les Russes feront venir ces spécialistes sur place, mais les Occidentaux ne voudront pas attendre les résultats de cet organisme réputé pour sa compétence et son indépendance.

Au mépris de la vérité et des règles internationales, du droit français pour ce qui nous concerne, les USA, la Grande-Bretagne, la France ont résolu, depuis longtemps, le plan A d’un bombardement massif de la Syrie. Ils préviennent les Russes et les assurent que leurs forces ne seront pas touchées. Trump n’avait pas prévu que Poutine s’opposerait «  par tous les moyens  » à ce plan dévastateur. C’est alors que se met au point, en accord avec les Russes, un plan B ridicule  : ne cibler que trois sites, de recherches scientifiques ou de prétendus stocks d’armes chimiques. Frère Bruno pose la question qui pulvérise le mensonge occidental  : «  Est-il concevable de tirer des missiles sur des sites de stockage d’armes chimiques  ? N’y a-t-il pas un risque de pollution  ?  »

De plus, le bilan de ces frappes est très médiocre, car la défense antiaérienne dotée pourtant de matériel datant de l’époque soviétique, mais aidée par les systèmes de détection et de brouillage russes, a fait merveille. L’échec est complet, mais la Bête d’apocalypse judéomaçonnique US ne s’avoue pas vaincue. Le président Trump va bientôt (le 8 mai) désavouer l’accord passé avec l’Iran qui permettait à ce pays de développer son nucléaire civil, mais pas le militaire. L’Iran s’était pourtant soumis aux plus rigoureux contrôles, mais Trump n’en a cure. Les plus sévères sanctions économiques vont de nouveau frapper ce pays comme ceux qui commerceront avec lui, et les Israéliens vont pouvoir leur faire la guerre avec une violence et une impunité renouvelées.

Face à tant de mensonges et d’injustices, on assiste heureusement à une levée de boucliers. «  Le président Poutine apparaît aux yeux de beaucoup comme un modérateur, un médiateur de paix.  » Frère Bruno citera longuement les analyses de Michel Raimbaud, ancien ambassadeur au Soudan, et recommandera «  son excellent livre  »  : Tempête sur le Moyen-Orient. La lettre ouverte de Richard Labevière, un de nos meilleurs géopoliticiens français, au président de la République est accablante. C’est une dénonciation de ses mensonges [frère Bruno ajoutera ceux de sa politique intérieure], comme aussi de la “ secte ” qui domine le Quai d’Orsay et pousse la France dans une guerre au profit des seuls intérêts américains et israéliens.

Après cette heure de vérité, et face au péril d’une déflagration générale en Syrie, et donc d’une guerre mondiale, la journée s’acheva par une prière suppliante devant Jésus-Hostie et en recevant sa bénédiction lors du salut du Saint-Sacrement. Notre secours est en Lui, et en Celle à qui il a confié la mission d’écraser la tête du serpent, Notre-Dame de Fatima. Notre prière suppliante est donc plus que jamais pour le pape François afin qu’il comprenne enfin qu’il ne pourra rien faire de vrai et de sauveur pour l’Église et pour le monde que par Elle, avec Elle et en Elle.

frère Philippe de la Face de Dieu.