La Contre-Réforme catholique au XXIe siècle
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La Contre-Réforme Catholique au XXIe siècle

IL EST RESSUSCITÉ !

N° 189 – Août-Juillet 2018

Rédaction : Frère Bruno Bonnet-Eymard


LE GRAND « SECRET » DU CŒUR IMMACULÉ DE MARIE

LE Fils de l’homme, quand il reviendra, trouvera- t-il la foi sur la terre  ? (Lc 18, 8) La première apparition de l’Ange de Fatima, au printemps 1916, répond à cette question angoissante par une profession de foi enseignée à trois enfants du Portugal, comme si la foi avait disparu de la terre  :

«  Mon Dieu  ! Je crois, j’adore, j’espère et je vous aime. Je vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas, qui n’adorent pas, qui n’espèrent pas et qui ne vous aiment pas.  »

L’année suivante, le 13 juin 1917, Lucie, François et Jacinthe reçurent la révélation de leur vocation particulière, des mains mêmes de Marie dont la lumière leur inspira une connaissance et un amour spécial de son Cœur Immaculé. Mais c’est seulement le 13 juillet, lors de la troisième apparition, que ce Cœur Immaculé leur livra son «  secret  »  :

«  Ce qui m’est resté le plus gravé dans l’esprit et dans le cœur, avoue Lucie, ce fut la tristesse de cette Dame lorsqu’elle nous montra l’enfer.

«  Si la vision de l’enfer avait duré un instant de plus, nous serions morts de peur et d’épouvante. Cependant, une chose m’a encore plus impressionnée, ce fut l’expression douloureuse du regard de Notre-Dame. Si je vivais mille ans, je la conserverais toujours gravée dans mon cœur.  »

L’Église, elle, conserve depuis deux mille ans le souvenir de l’interrogation de son Seigneur  : «  Le Fils de l’homme, quand il reviendra, trouvera-t-il la foi sur la terre  ?  » (Lc 18, 8)

C’est aussi de la «  tristesse de Dieu  » que François conçut l’horreur du péché  : «  Nous ne devons plus faire de péché  », disait-il avec une énergie qui leur fera multiplier les sacrifices.

L’enfer s’était pourtant déchaîné pour faire obstacle à la révélation de ce “ secret ” afin que triomphe l’apostasie. Le 13 juillet, pour la troisième apparition, Lucie faillit ne pas venir. En effet, le 14 juin, lendemain de la deuxième apparition, le curé de Fatima avait interrogé les enfants. Il conclut  : «  Cela pourrait être une tromperie du démon. Nous allons voir. L’avenir nous dira ce que nous devons en penser.  »

Cette réflexion plongea Lucie dans un tourment sans remède, car elle n’imaginait pas qu’un prêtre puisse se tromper  : «  Je commençai à éprouver des doutes au sujet de ces manifestations, confiera-t-elle. Serait-ce le démon qui essayait par ces moyens de me perdre  ?  »

Celui-ci lui apparut en effet, dans un rêve  :

«  Je vis le démon qui, riant de m’avoir trompée, faisait des efforts pour m’entraîner en enfer. En me voyant entre ses griffes, je commençai à crier si fort en appelant Notre-Dame que je réveillai ma mère, laquelle m’appela, affligée, me demandant ce que j’avais. Je ne me souviens pas de ce que je lui répondis. Tout ce dont je me souviens, c’est que cette nuit-là je ne pus me rendormir, car j’étais transie de peur. Ce rêve laissa dans mon esprit un nuage de véritable peur et d’afflictions.  »

Elle s’ouvrit de ses doutes à ses cousins. Jacinthe lui répondit  : «  Non, ce n’est pas le démon, non  ! On dit que le démon est très laid et qu’il est en dessous de la terre, en enfer. Cette Dame est si belle  ! Et nous l’avons vue monter au Ciel  !  »

N’importe  ! Si François et Jacinthe se réjouissaient à l’approche du 13 juillet, Lucie se montrait triste et défiante.

Le 12, elle leur annonça qu’elle ne retournerait pas à la Cova da Iria. «  Nous, nous y allons  ! répondirent-ils. La Dame nous a demandé de venir.  » Mais le 13 juillet, quand vint l’heure de partir pour la Cova da Iria, Lucie se sentit poussée à s’y rendre par une force à laquelle il lui fut impossible de résister. Passant par la maison de ses cousins, elle les trouva à genoux dans la chambre de Jacinthe, priant et pleurant. En un instant, le trio se reforma pour courir au céleste rendez-vous.

À peine arrivés, les enfants virent le reflet de la lumière habituelle et Notre-Dame apparut sur le chêne-vert. Lucie tomba en extase. «  Allons, Lucie, parle, lui dit Jacinthe. Ne vois-tu pas qu’Elle est déjà là et qu’Elle veut te parler  ?  »

Humblement, comme pour demander pardon d’avoir douté, Lucie demanda  :

«  Que veut de moi Votre Grâce  ?

 Je veux que vous veniez ici le 13 du mois qui vient, que vous continuiez à réciter le chapelet tous les jours en l’honneur de Notre-Dame du Rosaire, pour obtenir la paix du monde et la fin de la guerre, parce qu’elle seule pourra vous secourir.  »

Pourquoi «  Notre-Dame du Rosaire  ?  » En la nommant à la troisième personne, elle ne dit pas encore que c’est son propre Nom. Que c’est elle  ! Mais elle dévoile déjà son «  secret  », car Notre-Dame du Rosaire est le nom donné par Grégoire XIII à Notre-Dame de la Victoire dont la fête fut instituée par saint Pie V, son prédécesseur, en action de grâces pour la victoire de Lépante (7 octobre 1571).

Pensant à sa mère et à monsieur le curé qui doutaient des apparitions, Lucie demanda à la Sainte Vierge de faire un miracle  :

«  Continuez à venir ici tous les mois. En octobre, je dirai qui je suis, ce que je veux, et je ferai un miracle que tous verront pour croire.  »

Mais le souci primordial demeurait celui du salut des pauvres pécheurs  : «  Sacrifiez-vous pour les pécheurs, et dites souvent à Jésus, spécialement lorsque vous ferez un sacrifice  : “ Ô Jésus, c’est par amour pour vous, pour la conversion des pécheurs, et en réparation des péchés commis contre le Cœur immaculé de Marie. ”  »

C’est urgent, pour une raison qui reste aujourd’hui «  secrète  » quoique connue de tradition immémoriale  : c’est une question de vie ou de mort éternelle. De quelle “ mort ” s’agit-il  ? C’est, en vérité, pire que la mort.

LA VISION DE L’ENFER

Comme les deux mois précédents, Notre-Dame ouvrit de nouveau les mains  : «  Le reflet de la lumière qui en émanait parut pénétrer la terre, raconte Lucie, et nous vîmes comme un océan de feu. Plongés dans ce feu nous voyions les démons et les âmes des damnés. Celles-ci étaient comme des braises transparentes, noires ou bronzées, ayant formes humaines. Elles flottaient dans cet incendie, soulevées par les flammes qui sortaient d’elles-mêmes, avec des nuages de fumée. Elles retombaient de tous côtés, comme les étincelles dans les grands incendies, sans poids ni équilibre, au milieu des cris et des gémissements de douleur et de désespoir qui horrifiaient et faisaient trembler de frayeur.  »

Assurément, il eut mieux valu, pour chacun d’eux, n’être jamais né  !

«  Les démons se distinguaient par des formes horribles et répugnantes d’animaux effrayants et inconnus, mais transparents comme de noirs charbons embrasés.  »

À la vue de ce spectacle terrifiant, Lucie poussa un cri que beaucoup entendirent  : «  Aïe  !  »

«  Cette vision ne dura qu’un instant, poursuit-elle, grâce à notre bonne Mère du Ciel qui, à la première apparition, nous avait promis de nous emmener au Ciel. Sans quoi, je crois que nous serions morts d’épouvante et de peur.  »

Pour François qui n’avait pas bien compris, et voulait persuader Jacinthe de ne pas tant y penser, la vision se renouvela. Un jour qu’il s’était retiré dans le creux d’un rocher, Lucie et Jacinthe l’entendirent crier et invoquer Notre-Dame. Elles le découvrirent tremblant de peur.

«  Qu’as-tu  ? Qu’est-ce qui t’est arrivé  ?

 C’était une de ces grandes bêtes qui étaient dans l’enfer, qui se trouvait ici, jetant du feu  !  »

Nous sommes donc avertis. Comme l’a dit Notre-Dame avec bonté et tristesse aux enfants levant les yeux vers Elle après cette vision terrifiante  : «  Vous avez vu l’enfer où vont les âmes des pauvres pécheurs. Pour les sauver, Dieu veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur Immaculé.  »

LE SALUT

Voilà le «  secret  ». Pour que le Fils de l’homme, quand il reviendra, trouve la foi sur la terre, il veut y établir la dévotion au Cœur Immaculé de Marie. Et comment cela se fera-t-il  ?

«  Si l’on fait ce que je vais vous dire, beaucoup d’âmes se sauveront et l’on aura la paix.  »

«  La dévotion au Cœur Immaculé de Marie  » consiste d’abord à écouter ce qu’Elle va dire afin de lui obéir et ainsi obtenir le “ salut ”. Une note récente de la Congrégation pour la doctrine de la foi (Placuit Deo; cf. Il est ressuscité n° 186, avril 2018) révèle que le Vatican ne sait plus enseigner de quoi l’homme doit être «  sauvé  »  !

D’où l’urgence…

«  La guerre va finir. Mais si l’on ne cesse d’offenser Dieu, sous le règne de Pie XI, en commencera une autre pire. Quand vous verrez une nuit illuminée par une lumière inconnue, sachez que c’est le grand signe que Dieu vous donne qu’il va punir le monde de ses crimes, par le moyen de la guerre, de la famine et des persécutions contre l’Église et le Saint-Père.

«  Pour empêcher cela, je viendrai demander la consécration de la Russie à mon Cœur Immaculé et la Communion réparatrice des premiers samedis. Si l’on écoute mes demandes, la Russie se convertira et l’on aura la paix. Sinon elle répandra ses erreurs à travers le monde, provoquant des guerres et des persécutions contre l’Église. Les bons seront martyrisés, le Saint-Père aura beaucoup à souffrir, plusieurs nations seront anéanties.  »

Parce qu’on n’a pas écouté les «  demandes  » de Marie, tous ces malheurs se sont étendus sur le monde jusqu’aujourd’hui. Selon l’annonce prophétique de la troisième partie de cette vision, dévoilée le 26 juin 2000, avec quarante ans de retard sur la volonté expresse de Notre-Dame  :

«  Nous vîmes à gauche de Notre-Dame, un peu plus haut, un Ange avec une épée de feu à la main gauche  ; elle scintillait, émettait des flammes qui paraissaient devoir incendier le monde  ; mais elles s’éteignaient au contact de l’éclat que, de sa main droite, Notre-Dame faisait jaillir vers lui. L’Ange, désignant la terre de sa main droite, dit d’une voix forte  :

“ Pénitence, pénitence, pénitence  ! ”

«  Et nous vîmes dans une lumière immense qui est Dieu “ quelque chose de semblable à l’image que renvoie un miroir quand une personne passe devant ”  : un Évêque vêtu de Blanc. “ Nous eûmes le pressentiment que c’était le Saint-Père. ”  »

Aujourd’hui, ce “ pressentiment ” s’est transformé en certitude  : en la personne du pape régnant, depuis Benoît XV, successeur de saint Pie X, jusqu’à François, nous avons vu s’accomplir la prophétie  :

RUINE ET DÉSOLATION

«  Plusieurs autres évêques, prêtres, religieux et religieuses gravissaient une montagne escarpée, au sommet de laquelle était une grande Croix de troncs bruts comme si elle était en chêne-liège avec l’écorce. Le Saint-Père, avant d’y arriver, traversa une grande ville à moitié en ruine et, à moitié tremblant, d’un pas vacillant, affligé de douleur et de peine, il priait pour les âmes des cadavres qu’il trouvait sur son chemin.  »

Le pape François ne cesse de déplorer les noyades de migrants, les victimes d’attentats ou de tremblement de terre…

«  Parvenu au sommet de la montagne, prosterné à genoux au pied de la grande Croix, il fut tué par un groupe de soldats qui lui tirèrent plusieurs coups et des flèches.  »

Ce dénouement reste encore à venir après avoir été préfiguré par la mort de Jean-Paul Ier, martyr de ses frères. La suite décrit précisément la situation présente des chrétiens persécutés à travers le monde, au Moyen-Orient, en Afrique, en Extrême-Orient  :

«  Et de la même manière moururent les uns après les autres les évêques, prêtres, religieux et religieuses, et divers laïcs, des messieurs et des dames de rangs et de conditions différentes.  »

N’oublions pas qu’il s’agit du salut de leurs âmes  ! Le Bon Dieu, lui, n’oublie pas  :

«  Sous les deux bras de la Croix, il y avait deux Anges, chacun avec un vase de cristal à la main, dans lequel ils recueillaient le sang des martyrs, et avec lequel ils arrosaient les âmes qui s’approchaient de Dieu.  »

Ainsi, en mêlant leur sang à celui de Jésus crucifié, les martyrs préparent la victoire. Car «  à la fin mon Cœur Immaculé triomphera. Le Saint-Père me consacrera la Russie qui se convertira, et il sera donné au monde un certain temps de paix. Au Portugal se conservera toujours le dogme de la foi.  »

Telle est la réponse à la question angoissée de Notre-Seigneur  : «  Quand Il reviendra, le Fils de l’homme trouvera-t-il encore la foi sur la terre  ?  »

Réponse  : au Portugal, oui, mais pas ailleurs, pas même au Vatican…

Ainsi s’achève le “ grand Secret ”.

Avant de remonter au Ciel, Notre-Dame ajouta  :

«  Cela, ne le dites à personne. À François, oui, vous pouvez le dire.  »

Annoncer l’apostasie universelle  ? En 1917, il n’est pas encore temps. Cependant, le pape saint Pie X la laissait pressentir dès son encyclique inaugurale  :

«  De nos jours, il n’est que trop vrai, “ les nations ont frémi et les peuples ont médité des projets insensés contre leur Créateur ”, et presque commun est devenu le cri de ses ennemis  : “ Retirez-vous de nous  ! ” De là, en la plupart, un rejet total de tout respect de Dieu. De là des habitudes de vie, tant privée que publique, où nul compte n’est tenu de sa souveraineté. Bien plus, il n’est nul effort ni artifice que l’on ne mette en œuvre pour abolir entièrement son souvenir et jusqu’à sa notionQui pèse ces choses a le droit de craindre qu’une telle perversion des esprits ne soit le commencement des maux annoncés pour la fin des temps et comme leur prise de contact avec la terre, et que véritablement, le Fils de Perdition dont parle l’Apôtre n’ait déjà fait son avènement parmi nous. Si grande est l’audace et si grande la rage avec lesquelles on se rue partout à l’attaque de la religion, on bat en brèche les dogmes de la foi, on tend d’un effort obstiné à anéantir tout rapport de l’homme avec la Divinité  !

«  En revanche, et c’est là, au dire du même Apôtre, le caractère propre de l’Antéchrist, l’homme, avec une témérité sans nom, a usurpé la place du Créateur, en s’élevant au-dessus de tout ce qui porte le nom de Dieu. C’est à un tel point que, impuissant à éteindre complètement en soi la notion de Dieu, il secoue cependant le joug de sa majesté, et se dédie à lui-même le monde visible en guise de temple, où il prétend recevoir les adorations de ses semblables.  » (E supremi apostolatus du 4 octobre 1903)

C’est, à la lettre, ce que le pape Paul VI a fait le 7 décembre 1965, en présence de tous les évêques du monde, en lieu et place de la consécration de la Russie demandée par Notre-Dame  :

«  La religion du Dieu qui s’est fait homme s’est rencontrée avec la religion (car c’en est une) de l’homme qui se fait Dieu.  » Mais au lieu de l’anathème fulminé par saint Pie X, «  la vieille histoire du Samaritain a été le modèle de la spiritualité du Concile […]. Reconnaissez-lui au moins ce mérite, vous, humanistes modernes, qui renoncez à la transcendance des choses suprêmes, et sachez reconnaître notre nouvel humanisme  : nous aussi, nous plus que quiconque nous avons le culte de l’homme.  »

Ce n’est pas précisément ce que demandait la Sainte Vierge en prenant congé de ses petits voyants  : «  Quand vous récitez le chapelet, dites après chaque mystère  : “ Ô mon Jésus, pardonnez-nous, préservez- nous du feu de l’enfer, attirez au ciel toutes les âmes, surtout celles qui en ont le plus besoin. ”  » C’est-à-dire celles qui se trouvent en plus grand danger de damnation éternelle, causes de toute l’amertume et de toute la préoccupation de ce Cœur Immaculé.

Bruno de Jésus-Marie.