La Contre-Réforme catholique au XXIe siècle
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La Ligue  : Phalange de l’Immaculée, au combat  !

PHALANGISTES de l’Immaculée qui auriez aimé participer au camp Notre-Dame de Fatima du 16 au 27 août  ; lecteurs fidèles, visiteurs anonymes du site CRC  : les curieux, les amis, les ennemis, ou bien encore les analystes de l’État du Vatican… Ô vous tous qui brûlez d’envie d’en savoir plus sur ce camp  : allons-y  !

«  Venez avec moi sur la montagne et vous verrez c’est merveilleux.  » Le vertige ne vous viendra pas des cinquante à deux cents mètres d’altitude de la région, mais des hauteurs et profondeurs du mystère de Dieu, du Sacré-Cœur de Jésus et du Cœur Immaculé de Marie chantés, priés, célébrés, et comme à la CRC nous sommes d’authentiques charismatiques, scientifiquement expliqués, défendus. Voici donc le camp Notre-Dame de Fatima, au jour le jour.

CAMP NOTRE-DAME DE FATIMA 2018

Les instructions quotidiennes, du commentaire de l’oratorio  : L’avènement du Cœur Immaculé de Marie, au sermon de la messe, puis à la passionnante période de questions de la promenade l’après-midi, et jusqu’à la conférence magistrale de 18 h et aux émissions de la religion en vrai, le soir, tout cela formait chaque jour un “ monument de doctrine ”. Il ne s’agissait pas de connaissances universitaires froides et prétendument impartiales, ni même d’une sagesse chrétienne, pieuse, raisonnable, mais d’un choc, d’un anathème, d’une guerre totale qui opposait les saints défenseurs de la cité de Dieu à leurs adversaires menteurs, homicides, voués corps et âme à la destruction du Règne de Jésus et de l’Immaculée, de la Chrétienté et de l’Église  : Le grand combat des “ derniers temps ” du Dragon contre “ la Femme ” (Gn 3, 15; Ap 12), l’Immaculée Vierge Marie.

«  PRENDRE PARTI HARDIMENT.  » (MARÉCHAL PHILIPPE PÉTAIN).

La vérité et l’erreur des uns et des autres se transmettant de génération en génération, nos jeunes gens réalisèrent davantage cette année la justesse de cette parole du Maréchal  : «  La vie n’est pas neutre, elle consiste à prendre parti hardiment. Il n’y a pas de neutralité possible entre le vrai et le faux, entre le bien et le mal…  » Il faut donc choisir son camp, le bon parti, celui de la vérité, et donc militer pour le règne du Sacré-Cœur de Jésus et du Cœur Immaculé de Marie, à l’encontre du libéralisme révolutionnaire sous toutes ses formes  : laïques ou cléricales. C’est dans un enthousiasme grandissant au fil des jours que la plupart de nos jeunes gens accédèrent à ce degré de maturité, véritable épanouissement des dons du Saint-Esprit reçus lors de leur confirmation.

JEUDI 16 AOÛT

Si les deux cents participants du camp purent assister à 18 heures à la messe du Saint-Esprit, c’est grâce au travail de nos frères réalisé “ en amont ” avec application monastique, rigueur, souci de bien faire, car tout ce grand chambardement est certes pour notre frère Henry et son bel oratorio, mais pour notre frère Bruno surtout et la doctrine CRC, autrement dit pour le grand combat que le Cœur de Jésus et le Cœur Immaculé de Marie mènent dans le monde contre le libéralisme et la Révolution.

C’est précisément de cette lutte mystique et politique que notre frère Prieur allait entretenir son petit troupeau d’une manière saisissante dès le sermon des complies, dans une chapelle réaménagée par nos frères et magnifiquement fleurie par nos sœurs. En entrant, choc de cette bienheureuse vision de paix, et choc du sermon de frère Bruno. En voici un extrait  :

QUE VENEZ-VOUS FAIRE ICI  ?

«  Le premier fruit à attendre de ce camp, c’est d’améliorer nos relations avec le Bon Dieu, avec Jésus son Fils, avec Marie sa Mère, en vivant en présence de la Sainte Trinité par la prière et la pratique des sacrements, la messe quotidienne, et une bonne confession pour demander pardon de toutes nos fautes afin d’être dans la vérité avec le Bon Dieu. Et ainsi, préparer l’avenir, en répondant à l’appel de Dieu, à notre vocation (…).

«  Mes chers amis, notre Phalange a pour vocation d’être l’instrument de la Sainte Vierge dans la guerre qu’il lui faut soutenir contre le culte de l’homme et la grande apostasie.

«  Concrètement cela doit se manifester par les vertus de patience, de gentillesse, la camaraderie, la sociabilité. Que la Sainte Vierge soit l’étoile de ce camp, et pour cela, il nous est demandé de lui être des enfants dociles et, par notre obéissance, lui être aussi des instruments de la miséricorde dont son Cœur Immaculé a reçu l’office.  »

VENDREDI 17 AOÛT

Chaque matin, après la prière, frère Bruno nous fit méditer sur les différentes scènes de l’oratorio (cf. supra), autrement dit sur le grand dessein de Dieu «  faire connaître et aimer le Cœur Immaculé de Marie  ». Vers 8 heures, début des répétitions pour les choristes, l’orchestre, la mise en scène. Nos sœurs s’affairent à tout ce qui concerne les costumes, les rideaux… Nos frères peaufinent les décors, les effets spéciaux, etc.

Messe à 11 h 15 et magnifique sermon d’introduction qui fixa l’esprit et le but du camp, comme aussi celui de la Phalange de l’Immaculée dans son ensemble. C’est à écouter et réécouter pour “ ranimer ” son espérance  :

LE COMBAT DE LA VIERGE ET DU DRAGON.

Après une brève et très puissante évocation de l’histoire sainte étudiée lors des camps précédents, frère Bruno entre dans le vif du sujet  : “ Les derniers temps ”.

«  Après la conversion des barbares et mille ans d’épanouissement de la Chrétienté, le message de l’Évangile semble avoir perdu de sa force, comme si l’Église épuisait ses ressources pour conquérir un monde où les ténèbres sont de retour pour assiéger la Cité sainte. L’Orient immense, tombé dans le schisme de Constantinople, et sous le joug de l’islam. Mais nous avons vu l’an dernier, une rupture plus grave intervenir  : nous avons vu Luther, Calvin, Henri VIII d’Angleterre se dresser contre le Pape et la hiérarchie, et l’ordre général catholique au nom de leur libre examen, de leur propre pensée, comme d’égal à égal avec l’Église sainte, catholique, apostolique. Ce ne sont plus seulement des faiblesses d’hommes, c’est une force du démon. Dieu a permis que ces hommes en viennent à déchirer la robe sans couture de l’Église. Et nous allons voir pendant ce camp cette attaque parvenir à un point de violence insurmontable. Dieu va-t-il abandonner son Église  ?

«  Non, mes chers amis, une chose est certaine  : Dieu n’abandonne pas son Église. Il a renouvelé les promesses de Jésus à Pierre par la bouche de Notre-Dame de Fatima à Lucie  : “ Je ne t’abandonnerai jamais  ! ” À nous de garder la foi, l’espérance et la charité, au milieu de tant d’hommes et de femmes qui ne croient pas, n’adorent pas, n’espèrent pas, n’aiment pas. Il faut nous montrer vrais disciples de l’abbé de Nantes, notre Père, qui s’est dressé au milieu de l’incroyance grandissante et a lutté sans se lasser avec ce génie, cette charité, cette opiniâtreté qui nous entraînent à sa suite, afin de continuer son œuvre jusqu’à l’heure de Dieu.

«  Il me semble que nous ne pouvons ouvrir ce camp sans nous sentir “ interpellés ”, chacun d’entre nous, par l’Esprit-Saint qui nous y a conduits pour que nous rejetions toute mollesse, toute faiblesse, toute inertie. Faisons retour sur nous-mêmes  : Nous sommes trop mous, trop indolents; ce que le Saint-Esprit veut, à travers tous ces combats dont Jésus nous a prévenus dans l’Évangile, c’est tirer de nous davantage d’amour, une fidélité plus courageuse, un héroïsme plus soutenu (…).  »

À 14 h 15  : petite promenade, et tous se retrouvent à 15 h dans l’église du village pour le chemin de Croix. Ensuite les répétitions reprennent, par pupitres pour les choristes, l’orchestre, tandis que sous la houlette de frère Thomas, se met en place la mise en scène. À 18 h 15  : magnifique et originale conférence de frère Bruno qui pourrait s’intituler saint Louis-Marie en toute vérité.

SAINT LOUIS-MARIE GRIGNION DE MONTFORT (1673-1716).

Ce prophète des derniers temps et du Règne de Marie n’est pas, comme on l’a trop dit, un surhomme fracassant tout sur son passage. Frère Bruno nous montre que c’est bien plutôt l’instrument choisi par le Bon Dieu afin de faire “ toutes choses nouvelles ” dans ce dix-septième siècle finissant, qui donne des signes inquiétants d’un subtil refroidissement de la charité. En 1689, le roi Louis XIV refuse d’obéir aux clauses de l’alliance que Dieu lui propose pour la glorification du Sacré-Cœur, et afin de vaincre leurs ennemis communs  : «  les têtes orgueilleuses  » que sont les chefs des nations protestantes, et que seront bientôt les francs-maçons, les philosophes des Lumières, etc.

En avant-garde de cette révolution qui va châtier le roi de France, le Bon Dieu ne s’avoue pas vaincu, il ne l’est jamais. Désormais le Sacré-Cœur prépare sa victoire par la dévotion au Cœur Immaculé de Marie, afin d’instaurer sur terre, sous l’égide de l’union des saints Cœurs de Jésus et Marie, la civilisation de l’amour. Saint Louis-Marie en est le précurseur et le prophète, à l’image et ressemblance de sa mission. C’est donc «  un cœur  » nous affirme frère Bruno en le prouvant par le récit passionnant de sa vie, de son enfance jusqu’au jour où la Sainte Vierge associe à ce cœur un autre cœur, celui de la bienheureuse Marie-Louise Trichet.

Elle est attirée à lui, comme sa sœur Élisabeth, comme tous les bons chrétiens que la Providence mettra sur son chemin, parce que ce prêtre est «  saint  »; il prêche avec une «  douceur infinie  » les beautés et bontés de l’amour de Dieu  : la Sagesse éternelle… Sa vie pénitente et charitable envers les plus pauvres, son zèle qui enthousiasme la jeunesse et met «  le feu  » dans Poitiers confirment que oui, vraiment, c’est un saint façonné par le Bon Dieu pour faire aimer l’amour, autrement dit la Croix et la Sainte Vierge. Mais avec, comme effet induit absolument voulu de Dieu aussi, la haine que lui voueront les hérétiques du temps  : protestants, jansénistes, gallicans  ; et celle pire, des gens d’Église, gens de bien, gens raisonnables.

LA GRANDE AFFAIRE DE SA VIE.

Il s’agit de ses maîtres sulpiciens et de ceux qui leur ressemblent. Ils se faisaient une certaine idée de la religion, bien accouplée aux usages honnêtes et raisonnables du monde  ; religion médiocre qui contenait en germe une désorientation humaniste qui devait conduire à l’apostasie. Saint Louis-Marie l’a démasquée avec une pertinence semblable à celle de Jésus vis-à-vis des pharisiens. Ce sont des tableaux dignes de La Bruyère, dit frère Bruno qui nous montre que cette opposition, toujours à l’œuvre, fut la grande affaire de sa vie.

Passer pour un original en prêchant et en vivant comme un autre Jésus crucifié n’est qu’une facette de ce cœur qui est tout à Jésus, mais aussi tout à Marie. «  Je ne me suis pas du tout rendu compte de l’ampleur de ce que j’avais prévu de vous dire, mais qui rappelle tellement la prédication actuelle de notre Père. Saint Louis-Marie explique qu’on n’en dira jamais assez de la Sainte Vierge, “ De Maria nunquam satis ”; non seulement cela, mais qu’on n’a encore rien dit (n° 13)  :

«  La divine Marie a été inconnue jusques ici, et c’est une des raisons pourquoi Jésus-Christ n’est point connu comme il doit être. Si donc, comme il est certain, la connaissance et le règne de Jésus-Christ arrivent dans le monde, ce ne sera qu’une suite nécessaire de la connaissance et du règne de la Très Sainte Vierge Marie, qui l’a mis au monde la première fois et le fera éclater la seconde.  »

«  LE BAROQUE DES LUMIÈRES  ».

C’est le nom de l’exposition des chefs-d’œuvre des églises parisiennes au dix-huitième siècle, qui se déroula au Petit Palais de mars à juillet 2017. Frère Bruno l’a vue, nos frères ont photographié les tableaux puis enregistré les commentaires de notre frère. Par-delà l’espace et le temps, nos amis admirèrent donc comment au siècle des “ Lumières ” et des philosophes impies, l’inspiration religieuse était encore et plus que jamais de Contre-Réforme. Prodigieuse vidéo qui vous permettra de passer un bon moment de détente en famille, tout en profitant des commentaires et savantes explications bibliques de frère Bruno. Il fut vivement applaudi.

SAMEDI 18 AOÛT

À 8 heures, frère Bruno poursuivit le commentaire mystique et musical de l’oratorio. En plus de bien aider les choristes et les acteurs dans l’interprétation de leur rôle quasi liturgique, il communique une grâce capitale dont nous avons tous tellement besoin  : «  Le commentaire de l’oratorio nous remplit de confiance en notre Mère du Ciel et d’espérance en ses desseins de miséricorde pour notre salut.  »

Lors du sermon de la messe, notre Père nous fit apprécier l’héroïque charité de la bienheureuse Marie-Louise Trichet  : «  Cette jeune fille de la bourgeoisie de Poitiers s’est confessée à saint Louis-Marie et il y a eu entre eux une fusion d’âmes, une rencontre. Lui a su quel était le mystère de cette âme et sa vocation, prophétiquement. Elle s’est sentie prise, conquise dans une extraordinaire pureté. Ces âmes se sont fondues l’une en l’autre. Il lui a dit de l’attendre, et il est parti (…). Remercions Dieu d’avoir donné ces deux grands saints à l’Église de France pour aider à son relèvement, le jour où elle voudra bien se convertir.  »

Chaque jour après le repas, et sans qu’il soit besoin de l’annoncer, c’était le temps de la détente pour tous, chacun trouvant à développer son «  être relationnel  » dans le sport d’équipe de son choix. Mais les gagnants furent, comme d’habitude, les dévoués de l’équipe de service, qui nettoyèrent trois fois par jour le réfectoire après les repas, en chantant. À 14 heures la trompe sonne la fin du match, et le départ en promenade. Tous se dirigent en conversant les uns avec les autres vers notre belvédère préféré. Frère Bruno saisit l’occasion du chant Phalange au combat  ! composé par monsieur Leca, pour nous reparler de ce cher ami toujours joyeux alors qu’il avait le cœur transpercé  !

Période de questions concernant la conférence de notre frère sur saint Louis-Marie. À propos de sa dévotion extravagante, ostentatoire. Frère Bruno répond qu’elle n’est pas ridicule. Il agit dans la lumière de la foi, ce qui suppose de sa part une profonde théologie de la grâce, semblable à celle que nous enseigne notre Père, et qui fait réaliser la nécessité de la grâce pour la moindre de nos bonnes actions. Avec une nouveauté, c’est la Sainte Vierge qui est médiatrice, il fait tout avec Elle, en Elle, par Elle, pour Elle.

Qu’est-ce que «  la dévotion  »  ? Là, frère Bruno distingue les dévotions qui nous attachent à tel saint ou à tel mystère divin, de la dévotion au Cœur Immaculé de Marie qui est une volonté que Dieu veut imposer à son Église afin qu’elle devienne une institution, un culte. C’est une manière de réorienter son Église, de la purifier de tout rationalisme, afin qu’elle apprenne à tous ses enfants comment “ faire de sa religion un amour ”, un amour des plus aimable, celui du Cœur Immaculé de Marie et donc celui aussi du Sacré-Cœur de Jésus.

La promenade fut suivie d’une conférence capitale de frère Bruno sur  :

LE ROI VOLTAIRE (1694-1778).

C’est une descente dans l’enfer de cette âme vicieuse depuis l’enfance. Voltaire est l’homme du Non serviam, sa haine homicide de Jésus-Christ est connue de tous par son mot d’ordre  : Écrasons l’infâme; son amour de l’argent l’est moins, “ l’Arouet ” l’adore, le manipule et le multiplie sans vergogne. Ce génie du mal poursuit son œuvre aujourd’hui encore, dans la République dont il est une idole, et même dans l’Église depuis Vatican II. Les pages 9-18 du tome 30 de la CRC, n° 351, novembre-décembre 1998 sont à lire par tous les étudiants  : c’est toute la vérité sur l’homme et l’œuvre  ; bonne note garantie aux examens…

AUX PÉRILS DU PROGRÈS.
1. LUMIÈRE OU TÉNÈBRES  ?

Madame Cécile Perrin membre de la Phalange de l’Immaculée et professeur agrégée de Lettres était l’invitée de frère Michel-Marie pour cette première émission de la religion en vrai. Un documentaire “ Les ténèbres à l’assaut de la lumière dans le royaume de France ” retraçait les étapes d’une dépravation intellectuelle et morale depuis la Régence (1715-1723). C’est l’œuvre de la franc-maçonnerie (1717) qui va dominer et faire l’opinion publique par le truchement des “ salons ” mondains, des “ cafés ” ou des “ clubs ” d’inspiration anglaise. Les hommes de lettres (Montesquieu, Voltaire, Diderot, d’Alembert, etc.) s’y produisent en maîtres du savoir qui aspirent au pouvoir, c’est-à-dire à renverser celui, très chrétien, de la monarchie française.

Madame Perrin explique bien pourquoi il n’est pas question de croire à la conversion de Voltaire ni d’accorder un quelconque crédit à ses “ contes ” ou même à ses tragédies. Sa haine diabolique de Dieu et de l’Église souille et déforme tout, même les genres littéraires. Un second documentaire retraçait la bataille de l’Encyclopédie  ; “ jugements-laser ” de madame Perrin sur Diderot puis sur celui qui était à part des autres  : Jean-Jacques Rousseau.

Sa religion, le Dieu qu’il sert, c’est lui-même. L’instinct divin du moi humain étant la mesure de toutes choses, la sincérité prend le pas sur la vérité. Cette anarchie sacrée dépassera vite la petite personne de Jean-Jacques. Que de crimes furent commis au nom du “ Contrat social ” et de sa totalitaire «  volonté générale  ». Mus et justifiés par ces théories fumeuses, les “ grands ancêtres ”, l’incorruptible Robespierre surtout, firent couler le sang à flots, et allèrent jusqu’à programmer le génocide des Vendéens, sans que jamais l’instinct divin de leur conscience leur fasse le moindre reproche….

Conclusion de cette émission littéraire passionnante, très savante et pédagogique  : «  la corruption de notre magnifique littérature du dix-septième siècle en une propagande antichrétienne et antiroyaliste, fut un fruit empoisonné du refus par Louis XIV de l’alliance que le Sacré-Cœur lui proposa en 1689 pour vaincre leurs ennemis communs  ».

DIMANCHE 19 AOÛT

Oraison sur les scènes 2 et 3, la vocation mariale de la France et sa dévotion au Sacré-Cœur. Messe de saint Jean Eudes à 11 h 15 et sermon de notre Père (8 juin 1990) sur le martyre du petit roi Louis XVII, innocente victime de ces littérateurs et des monstres révolutionnaires qu’ils engendrèrent. Il ne faut pas en rester à une indignation écœurée même si on ne peut s’empêcher de l’éprouver. Notre Père nous révèle le sens surnaturel de ces événements avec une autorité pénétrante  : «  C’est le juste, le serviteur souffrant, qui porte la faute de son peuple. Aussi, le sacrifice, d’une valeur quasi infinie, de ce lieutenant du Christ, a payé pour les crimes de la Révolution, expié l’esprit faux de son père Louis XVI, et l’impiété de son aïeul Louis XIV. La grâce de Dieu est sur nous. Mais il reste à ramener les esprits et les cœurs des Français, à supplier le Christ d’achever ce qu’il a commencé, et à prier cet intercesseur si puissant.  »

PÉRIODE DE QUESTIONS PASSIONNANTES.

Madame Perrin en était l’invitée d’honneur et elle répondit à un feu roulant de questions intelligemment et intelligiblement posées. Comment expliquer que Rousseau ait réussi dans une société si rationaliste et si raffinée  ?

C’est le grand point d’interrogation. Quand il arrive à Paris, c’est vraiment un raté. Il participe à un concours sur «  la civilisation et les arts  », et il soutient avec éloquence le contraire du bon sens  : ce sont la civilisation et les arts qui corrompent les hommes. Cette idée d’intellectuel dépravé n’est pas nouvelle, elle se discute dans les loges, mais Rousseau la radicalise avec une telle fougue sentimentale et subversive de l’ordre établi qu’il rencontre un succès prodigieux. Sa religiosité à fleur de peau, son exaltation du sentiment charment car cela change tellement du sarcasme rationaliste, amer et desséché, des voltairiens. Rousseau séduit, mais il trompe sur la qualité, la pureté de ces sentiments. Fréron lui-même, l’adversaire des philosophes, se laissera séduire un temps. Rousseau surprend, agace, cependant la franc-maçonnerie ne s’y trompe pas  : c’est un fou, mais un allié objectif. Il entre donc dans la famille de ces philosophes qui forment une secte, un groupe de pression, qui répand en toute impunité des pamphlets anonymes afin de perdre la réputation de leurs opposants. Pourquoi en toute impunité  ? Parce que l’autorité royale ne s’exerçant plus ou mal, elle ne fait pas peur à ces “ diaboliques ”.

Le Concile a-t-il été plutôt inspiré par Rousseau ou par Voltaire  ? Au principe de la Réforme, dans l’âme d’un Paul VI, par exemple, un grand projet sentimental, une utopie. Mais l’esprit de Voltaire est venu en renfort pour détruire l’institution ancienne de l’Église. Frère Bruno donne son témoignage  : «  Les sarcasmes de Voltaire me rappellent ceux entendus au séminaire. Dans le cadre de notre formation à l’éloquence sacrée, j’ai lu en guise de sermon une magnifique apologie de l’Église par le Père (Lettre à mes amis n° 134). Le supérieur en a fait ensuite devant tout le monde un abattage en règle  : “ Elle est belle votre Église avec ses Croisades, l’Inquisition, etc. ” Cela m’a ouvert les yeux et n’a pas peu contribué à m’aider à choisir entre eux et notre Père, c’est-à-dire l’Église.  »

Il y eut encore bien d’autres questions et réponses passionnantes, notamment sur la criminelle liberté de la presse si justement condamnée par le pape Grégoire XVI. Mais d’ores et déjà, la grâce du camp est à l’œuvre dans les âmes, et tous se savent engagés dans la grande tragédie de ces temps d’apostasie dominés par l’esprit du mal, le diable, qui entraîne tant d’âmes chaque jour en Enfer. C’est cela qui est tragique s’exclame frère Bruno. Il ne faut surtout pas s’en faire une raison, accepter cette fatalité, mais s’engager au service de l’Immaculée, de Notre-Dame de Fatima.

À 18 h 15  : Grâce à une conférence de sœur Camille, on sort de l’atmosphère méphitique des philosophes de la Secte, pour respirer le bon air pur de la sainteté  : Le Père de Clorivière et mère de Soyecourt ou la vraie contre-révolution (PC 60, 3). Sainte vie et très forte doctrine du Père de Clorivière, l’inflexible adversaire de la Révolution et de son système de pensée  : l’antithèse de Monsieur Émery, le sulpicien, le rallié. Alors que la Révolution fait rage, il fonde le 2 février 1791 la société du Cœur de Jésus, et il confie à madame de Cicé la direction de la société du Cœur de Marie vouée à la réparation des outrages faits à la Sainte Vierge pendant la Révolution.

Restaurateur de l’ordre des Jésuites en France, le Père de Clorivière aide mère Camille de Soyecourt dans le relèvement du Carmel à Paris. La vie de ces trois saints, bien résumée dans le tome CRC 31, octobre 1999, n° 360, p. 26-32, illustre un dessein particulier de Dieu. Il fallait qu’ils échappent à la mort pour tracer la voie d’une vraie contre-révolution et renaissance catholique française.

L’ÉGLISE AU BOUT DU MONDE.

En fin de journée, à l’approche du cratère, tout le monde est un peu détendu, sauf ceux qui doivent se produire sur scène. C’était le cas de notre pianiste, qui devait ce soir-là nous interpréter le premier nocturne ainsi que le deuxième scherzo de son auteur préféré  : Frédéric Chopin. C’était agréable à entendre, fascinant à voir comme d’habitude, et donnait à penser… Cette belle musique disposa l’assemblée à suivre notre frère Scubilion pour un tour du monde à la suite de ses chers missionnaires. Formidable expansion au dix-neuvième siècle des missions, à la gloire de la France qui fournit deux tiers des prêtres et quatre cinquièmes des religieuses.

Notre frère fut précis, documenté. Il nous fit admirer la sagesse, l’héroïsme des saints, leur doctrine qui alliait tout spontanément mission et colonisation, dans une heureuse concertation entre les missionnaires et l’armée ou l’administration, sans oublier les saints laïcs de la vieille et chrétienne aristocratie française. Mais puisqu’il devait embrasser la réalité dans sa totalité, il insista aussi sur l’opposition qu’ils rencontrèrent de la part de certains de leurs confrères, la plupart venant de pays qui ne savaient pas ce que c’était que de vivre en Chrétienté, ou pire qui étaient gangrenés par le libéralisme. Et puis à cause du malheur des temps, il y eut la persécution de la franc-maçonnerie et de ses affidés, gouverneurs ou militaires, dont notre frère dévoila les tenants et aboutissants. À la fin de cette conférence, frère Bruno nous communiqua son enthousiasme  : «  Il nous faut demander à la Sainte Vierge de continuer cette œuvre que le concile Vatican II a voulu détruire. Cet élan prodigieux du dix-neuvième siècle nous montre vraiment ce que veut le Sacré-Cœur, ce qu’est la vocation de la France. À nous d’y être fidèles.  »

LUNDI 20 AOÛT

Oraison sur la scène 4, le martyre des carmélites de Compiègne. Messe de saint Bernard à 11 h 15 puis sermon de notre Père (Toussaint 1987) qui explique l’intérêt et la meilleure connaissance que nous devons avoir de Félicité de Lamennais. C’est un homme fascinant, qui au palmarès des antichrists est bien supérieur à Marx, et mérite de figurer à égalité avec Luther. Son influence est considérable, toujours actuelle puisque cet homme passionné est l’ancêtre du libéralisme catholique, de la démocratie chrétienne et des théologiens de la libération  ; antithèse de saint Pie X, il est donc le précurseur de Vatican II  : fermez le ban  !

Lors de la promenade, frère Arnaud passe son auditoire au crible de ses questions sur la conférence de frère Scubilion. Évocation du Père Krémer et du Père Henry, derniers représentants de ces générations de missionnaires héroïques. Démoralisés, désorientés par la destruction conciliaire des missions et du bon esprit missionnaire, la rencontre avec notre Père a heureusement raffermi leur foi et leur espérance.

L’évocation des missions et des traîtrises de l’ambitieux cardinal Lavigerie, rappela un souvenir à frère Bruno, sa rencontre au Sahara d’un Père Blanc, bien dans l’esprit de son fondateur. Lorsque notre frère lui parla avec enthousiasme de l’idéal du Père de Foucauld qui était de convertir les musulmans, il lui coupa la parole  : «  Vous voulez convertir les musulmans  ? Mais pourquoi  ?  !  » – «  Mais parce que Dieu le veut, mon révérend  !  » (cf. Mt 28, 19; Mc 16, 15-16)

Chapelet récité en redescendant de la montagne, puis reprise des répétions et à 18 heures, première conférence de frère Thomas sur Lamennais (1782-1831) entrecoupée de quatre extraits vidéo de notre bienheureux Père.

1. FÉLICITÉ DE LAMENNAIS (1782-1831).

Enfant très impressionnable, sans formation autre que celle qu’il s’est donnée en lisant tout et n’importe quoi. Il se convertit en 1804 sous le coup de l’ordination sacerdotale de son frère Jean-Marie, le saint. Félicité reçoit le sacerdoce à trente-quatre ans, mais à contrecœur. Il n’a plus de goût pour la prière, son frère Jean-Marie le lui reproche. C’est sous sa bonne influence qu’il écrit en 1816 une prodigieuse apologie du catholicisme  : L’essai sur l’indifférence en matière de religion. Dans le premier tome publié en 1817, il apparaît comme «  l’ange exterminateur de l’athéisme  », ses jugements contre-révolutionnaires sont fulgurants. Il poursuit cette œuvre, attire à lui des disciples et devient le jeune maître d’une nouvelle école de pensée. Tout cela inquiète les plus clairvoyants, car outre le manque de sagesse et de prudence surnaturelle du maître de la Chesnaie, ses amis le mettent en garde contre certaines faiblesses de raisonnement, certaines dérives. Félicité ne les écoute pas. En fait, explique notre Père, Lamennais est en train d’inventer un nouveau christianisme. Il le recommande, en lieu et place du véritable, comme l’accomplissement infaillible des aspirations de l’humanité et de son destin.

Détourné de la mystique, indifférent au salut des âmes, Lamennais identifie l’Évangile à cette annonce prophétique d’une révolution politique et à l’avènement d’une société nouvelle. Il comptait sur les rois très chrétiens dont il avait loué la sagesse pour être les accoucheurs généreux de la liberté des peuples  : il est horriblement déçu. Il se tourne alors vers le pape Grégoire XVI pour lui proposer de servir sa vision chimérique  : que l’Église se mette au service de la liberté, et elle retrouvera l’adhésion enthousiaste du peuple, et Dieu apparaîtra de nouveau dans l’Homme et dans l’Histoire  !

ORTHODROMIE MARIALE.

Au cratère, les frères de Frébourg nous offrent un magnifique documentaire  : toutes les grandes apparitions mariales de la première, à l’orée des derniers temps, Notre-Dame du Laus, à la dernière, Fatima. Elles sont évoquées les unes après les autres, comme autant de maillons d’une merveilleuse chaîne bien faite pour enchaîner Satan et ses suppôts, ceux du monde, comme ceux qui serpentent dans l’Église. Ce sera un beau cadeau à offrir à Noël, un bon moment à passer en famille au jour de la fête de telle ou telle apparition… C’est une synthèse pénétrante, et nouvelle aussi, notamment à propos de Pellevoisin (1876).

L’abbé Jules Chevalier (1824-1907) fondateur des missionnaires du Sacré-Cœur d’Issoudun en 1855, faisait partie de cette élite qui priait le Sacré-Cœur pour le retour du Roi et la protection du Pape. Pie IX reconnut officiellement son œuvre en 1874, ce qui n’empêcha pas le cardinal Patrizi de tracasser le Père Chevalier en lui interdisant d’appeler la Vierge Marie «  souveraine maîtresse du Sacré-Cœur  ». La Vierge Marie répondit à cet oukase en apparaissant à Pellevoisin (1876) et en chargeant Estelle Faguette de publier sa gloire par la diffusion du scapulaire du Sacré-Cœur. Pourquoi  ? Parce qu’elle est venue particulièrement pour la conversion des pécheurs  ; et ce qui suit pour l’exaltation de l’humble Père Chevalier et la confusion du savant cardinal  : «  Je suis toute miséricordieuse et maîtresse de mon Fils  », «  Son Cœur a tant d’amour pour le mien, qu’il ne peut refuser mes demandes.  » c. q. f. d., hier comme aujourd’hui…

MARDI 21 AOÛT

Oraison sur les scènes 5 et 6. Le sang des martyrs portera des fruits  ; le Ciel vient à notre secours, mais cette fois, la nouveauté, c’est que Notre-Seigneur veut être précédé par sa Mère. Au sermon de la messe, notre Père analyse le syndrome de la paranoïa de Félicité de Lamennais.

En promenade retour sur ce triste sire. Sa paranoïa nous dit frère Bruno l’a renfermé sur lui-même et rendu étranger à l’histoire réelle. C’est ainsi qu’il passe d’une théorie à une autre sans en voir l’incohérence. C’est tout le contraire de notre Père qui voit dans l’histoire la révélation d’une volonté de Dieu  : c’est l’orthodromie.

Notre Père s’est appuyé sur l’Église entière, sur saint Pie X en particulier. Aujourd’hui, on cherche à canoniser Paul VI et à nous imposer une tradition de faux saints, qui partagent les mêmes erreurs que Lamennais, leur maître, ou que Marc Sangnier disciple de Lamennais condamné par saint Pie X. C’est logique, mais ils ne pourront jamais revêtir leur falsification du christianisme et leurs idées nouvelles du sceau de l’infaillibilité. Cela fait mesurer l’importance du dogme de l’infaillibilité pontificale, que notre Père avait bien comprise, tant elle est la clef de voûte de notre opposition canonique aux nouveautés de Vatican II.

Comment expliquer le processus qui a conduit Lamennais de la défense du catholicisme intégral à la liberté au nom de l’Évangile jusqu’à la libération des peuples par la Révolution  ? Frère Bruno répond que le seul remède, le seul progrès pour un chrétien, c’est de passer de la condition d’esclave (de Satan) à la condition d’enfant de Dieu par le baptême. C’est sur cela qu’est fondée la théologie de notre Père. De Voltaire à Cardonnel en passant par Lamennais, on a toute une lignée de révoltés contre l’autorité de Dieu et de ses représentants.

2. FÉLICITÉ DE LAMENNAIS (1832-1854).

Félicité de Lamennais, Lacordaire et Montalembert «  pèlerins de Dieu et de la Liberté  » sont reçus à Rome par Grégoire XVI le 13 mars 1832, éconduit par lui après quinze minutes d’audience. Non, le Pape ne s’ouvrira pas au monde  ; l’Église est Épouse du Christ, non la servante d’une démocratie, même universelle. Il refuse d’unir la papauté à la cause des peuples et de leur libération.

Sans le nommer, Grégoire XVI publie le 15 août 1832 l’encyclique Mirari vos, condamnation de sa chimère  : «  Il est tout à fait absurde et souverainement injurieux pour l’Église que l’on mette en avant une certaine restauration et régénération comme nécessaire pour pourvoir à sa conservation et à son accroissement (…). Le but des novateurs en cela est de “ jeter les fondations d’une institution humaine récente ” et de faire, ce que saint Cyprien avait en horreur, “ que l’Église, qui est divine, devienne toute humaine ”.  »

Lamennais feignit la soumission, mais il enrageait, rongeait son frein, entretenant cette espérance diabolique qu’un jour l’Église accomplirait sa mutation  : «  Les choses se préparent pour une réforme immense  »  ?  ! Il prépare cet avènement en rédigeant Paroles d’un croyant. Le 7 juillet 1834, l’encyclique Singulari nos de Grégoire XVI dénonce l’auteur, et l’ouvrage «  où par un abus impie de la parole de Dieu, les peuples sont criminellement poussés à rompre les liens de tout ordre public, à renverser l’une et l’autre autorité, à exciter, à nourrir, étendre et fortifier les séditions dans les empires, les troubles et les rébellions  ».

En 1836, Félicité tire une leçon qui parut d’une importance capitale à notre Père. Il insiste avec raison sur le caractère dogmatique, infaillible des condamnations portées contre lui par Grégoire XVI. Mais si Rome veut un jour s’ouvrir au monde, à la manière de sentir et de penser de la conscience universelle, c’est-à-dire à la démocratie et aux droits de l’homme, «  nous le demandons, qui croirait à la sincérité de ce changement  ? (…) Ce serait de sa part une apostasie  !  » c. q. f. d

Sa vie va être ensuite celle d’un misérable apostat au service de la République  : menteur, simoniaque il touche les revenants-bons de sa traduction de L’imitation de Jésus-Christ, et spéculateur comme Voltaire et tant d’autres «  amis du peuple  » qui siègent à l’extrême-gauche. Pour les étudiants qui voudraient sans tarder trouver des articles sur ce sujet toujours d’actualité, il leur suffira de lire la lumineuse Lettre à mes amis n° 236, ou la plus récente et très bonne synthèse de frère François  : CRC n° 365, mars 2000, p. 19-23  : Lamennais, le visionnaire apostat.

LAMENNAIS, GEORGES DE NANTES, DEUX AMIS DU PEUPLE  ?

Frère Michel-Marie posa tout de suite la question de fond  : «  Paul VI, disait l’abbé de Nantes, c’est Lamennais sur le trône de Pierre  ! C’est un renversement des sorts sans précédent dans l’histoire de l’Église  ! La question se pose  : la liberté prêchée par Lamennais est-elle l’actualisation de l’Évangile pour notre temps ou une doctrine antichrist conduisant à la grande apostasie  ?  »

Une vigoureuse et savante controverse surtout s’ensuivit entre un jeune disciple de Lamennais, député européen, catholique engagé, et un disciple de l’abbé de Nantes, frère Matthieu. La confrontation s’articula autour de cinq documentaires vidéo. Le premier célébrait l’insurrection polonaise de 1830; l’avant- dernier portait sur les apparitions de la Vierge Marie à sainte Catherine Labouré  : l’Immaculée juge la Révolution, annonce son châtiment pour la France (1870), et son expansion dans le monde entier. Le dernier extrait semblait donner raison à Lamennais, et nous montrait un pape François, expert en humanité, promoteur “ sans peur ni reproche ” de la démocratie et de la laïcité pour une cohabitation pacifique, un bien vivre ensemble…

Mais c’est frère Matthieu qui eut le mot de la fin, car c’est précisément pour délivrer le chef de l’Église catholique d’une telle diabolique désorientation que Notre-Dame de Fatima est descendue sur terre en 1917. «  Notre Père nous a expliqué que c’est par Elle, par la dévotion à son Cœur Immaculé, que Dieu veut renouveler son Alliance avec les hommes. Quand le Saint-Père et toute l’Église reconnaîtront cette souveraineté que l’Immaculée exerce de par Dieu sur tout l’univers et qu’ils obéiront à ses demandes, c’est Elle qui guérira le monde de sa fièvre révolutionnaire et qui vaincra le Masdu. L’Immaculée écrase la tête du Serpent  !  »

MERCREDI 22 AOÛT

Dans la lumière des enseignements reçus depuis le début du camp, la fête du Cœur Immaculé de Marie parut pour la première fois aux yeux de nombreux jeunes comme un appel à s’engager sans tarder, au plus fort de la grande apostasie, au service du bon plaisir de Dieu, et à participer dans le bon camp des enfants de Marie, à ce grand combat d’Apocalypse.

Nos sœurs avaient décoré la chapelle afin que tout soit dans son plus beau et rende hommage à notre Mère du Ciel. L’oraison poursuivit le commentaire de la scène 6 sur la rue du Bac… Et ensuite, répétitions pour tous avec ce kérygme de saint Maximilien Kolbe pour galvaniser les choristes  : «  Quand il s’agit de sa cause, il n’y a pas de mais.  »

À 11 h 15  : messe chantée du Cœur Immaculé de Marie, et ardente prédication de notre Père sur Lamennais, l’ange tentateur. D’une intelligence éclairée par Satan, le mage de L’Avenir, titre de son journal, voyait et prétendait que ses amis et lui étaient la source d’un mouvement qui embrasserait le monde entier. De fait, ce fut et c’est toujours celui de la Grande Apostasie. Alors face à cet «  ange tentateur  » qui est devenu Papes et Concile depuis 1960, que ferons-nous  ?

«  Au sein même de l’apostasie nous voulons que se recrée ce petit courant d’eau vive, de fidélité pauvre et humble, soumis à la loi de Dieu, afin que refleurissent dans le désert de la démocratie moderne universelle un ordre politique, un ordre social, un ordre chrétien, et “ par-dessus tous les espaces, comme disait superbement Maurras, la papauté ”.

«  Nous verrons cela de nos yeux, car l’Église est immortelle. Elle est à deux doigts de sa perte, mais nous avons déjà des signes très nombreux de sa renaissance  : c’est la consécration du monde au Sacré-Cœur demandée par la bienheureuse Marie du Divin Cœur à Léon XIII  ; c’est ensuite le grand pape saint Pie X, puis enfin les apparitions de Fatima, la demande de consécration de la Russie en particulier au Cœur Immaculé de Marie. Il n’y a qu’à tenir, qu’à nous rassembler, faire une Phalange. C’est cela la fidélité. Notre gloire, notre motif de fierté est d’être les disciples des saints de tous les âges, car ils ont donné une doctrine que nous chérissons, que nous savourons, contre laquelle il ne nous viendrait jamais à l’esprit de nous élever.  »

Promenade à 14 heures, période de questions. Ne retenons que celle-ci  : Quelle définition Félicité de Lamennais donne-t-il de la liberté  ? Frère Bruno n’entre pas dans le maquis des distinctions philo­sophiques, il reprend l’expression de saint Pie X  : c’est un «  grand mot  » sans cesse utilisé par les puissances d’argent pour flatter, tromper, et davantage exploiter le peuple. On n’a pas attendu Lamennais pour être tenté de se révolter en face de l’injustice des puissants. Mais jamais l’Église n’a voulu soutenir le combat des esclaves. Les apôtres Pierre et Paul ont enseigné le contraire, la soumission au pouvoir établi, même injuste, même persécuteur (cf. 1 P 2, 13, 18; Rm 13, 1-2). C’est cette soumission, cette charité qui a tout transformé…

UN SIÈCLE DE SAINTETÉ POPULAIRE.

Cette conférence extraite de la retraite La religion de nos pères (S 97, 1) a rafraîchi et édifié tout le monde, par les récits concrets, très vivants de cette humble vie des parents des saints du dix-neuvième siècle  ; vie de Nazareth, dure, mais fraternelle, déjà en communion avec le Ciel par tant et tant de dévotions.

Nous les imitâmes en faisant procession le soir en l’honneur du Cœur Immaculé. Une nuée de fleurs blanches plus éclatantes les unes que les autres formait le trône de la statue de Notre-Dame de Fatima, tandis qu’à ses côtés de preux jeunes gens bannières et drapeaux en main formaient sa garde rapprochée. Arrivés à l’Église au son de nos plus beaux cantiques, magnifique méditation biblique et mystique, du Père et du Fils, de l’abbé de Nantes en ses Pages mystiques, et de frère Bruno qui sait si bien faire fructifier ce bel héritage de doctrine et piété catholiques, dont Vatican II a hélas  ! dépouillé les enfants de l’Église. Que Marie soit médiatrice cela ne se dit plus, qu’elle soit corédemptrice, cela ne doit même pas se penser… Il n’en va pas ainsi pour les phalangistes de l’Immaculée. En voici la preuve dans cet extrait qui vous permettra de revivre cette intense veillée de prières  :

En mourant sur la Croix, Jésus ne nous a pas laissés orphelins (…). Le mot «  Femme  » employé par Jésus au sommet du Calvaire, pour s’adresser à sa Mère est le mot par lequel Adam désignait Ève (Gn 2, 23). La Vierge Marie est donc la nouvelle Ève. Si Jésus avait dit «  Mère  », il aurait réduit la Vierge Marie à cette fonction providentielle qu’elle a eue en ce monde de l’enfanter et de l’élever. Mais cette fonction même, cette relation si noble et merveilleuse, si unique et incomparable qu’elle fût, ne dit qu’une partie, je ne dis pas de l’affection, mais de l’échange de sagesse qui régnait entre Lui et Elle.

Au pied de la Croix, «  que fait-Elle  ? Elle est sa coopératrice, elle est corédemptrice, elle est médiatrice avec lui. Elle est comme l’épouse  : épouse spirituelle qui connaît avec Lui une union d’esprit totale. Le même Esprit est en Elle et en Lui  : C’est l’Esprit-Saint. Parce qu’elle exerce avec Lui cette fonction indivisible de paternité-maternité, cette fonction d’illumination mystique et de salut, il lui appartient d’adopter tous ceux que Jésus est en train d’illuminer et de sauver.  »

C’est ici qu’il faut reprendre le fil de la Page mystique numéro 33  : Fili, ecce mater tua… qui s’adresse à la Sainte Vierge  : «  Dans l’amour du Fils aîné monté aux Cieux vous trouverez jusqu’à la fin du monde la source d’une pitié sans bornes, d’une tendre affection et d’un dévouement absolu pour nous qui l’avons crucifié, mais à qui il a pardonné.  »

Retour triomphal dans la nuit illuminée de flambeaux, puis chant final  : Ô Reine du Rosaire, manière de jeter une dernière fois notre souci pour l’Église et la France dans le Cœur Immaculé de Marie…

JEUDI 23 AOÛT

À l’oraison, commentaire des scènes 9 et 10 (supra, p. 16-18). À la messe, sermon de notre Père sur le saint Curé d’Ars (9 août 1995), chef-d’œuvre de la religion de nos pères. Marqué par le sentiment de son incapacité, c’est tout juste si Jean-Marie Vianney a pu faire ses études de séminariste. Il ne se croyait pas malin, et c’est avec humilité qu’il a tout reçu de l’Église. Résultat  : Il possédait une extrême justesse de jugement, une compréhension parfaite de la foi. C’était un homme selon le Cœur de Jésus et il en a eu la preuve dans cette intimité qu’il a eue avec l’Immaculée Conception, lui, le premier du siècle.

Promenade à 14 heures, puis période de questions. Lamennais ne revit-il pas en Paul VI  ? Oui bien sûr, et tout particulièrement, remarqua frère Bruno, dans le discours de clôture du Concile le 7 décembre 1965. Le Pape s’adresse à l’homme contemporain buté dans son humanisme athée, qui se dresse contre l’Église avec orgueil, et qui la persécute. Il se penche sur ce pauvre homme de persécuteur avec sympathie. Mais il ne le soigne ni ne le guérit de son athéisme, bien au contraire, il l’en flatte  ! C’est une “ plus-value ” dont il faut tenir compte et que l’on doit respecter  : «  les athées ont beaucoup à nous apprendre  », etc.

Grégoire XVI a-t-il eu raison de condamner Lamennais sans entrer en discussion avec lui  ? Frère Bruno répond que sur le moment, il était difficile d’expliquer tout le caractère nocif de ces théories nouvelles, et donc Grégoire XVI a été inspiré par le Saint-Esprit en le condamnant au seul nom de l’autorité divine et de la tradition apostolique. Soixante-dix ans plus tard, ce sera plus clair  ; saint Pie X expli­quera et dénoncera le modernisme et le libéralisme en toute vérité. Pie X avait l’autorité, la science, la sagesse  ; ce fut le roc de Pierre sur lequel notre Père a pu s’appuyer. Au moment du Concile et après, notre Père a tout de suite eu ce discernement extraordinaire, tel que nous n’avons pas une ligne de lui à regretter.

Frère Bruno conclut cette période de questions par une réflexion profonde  : Le Concile a mis à mort la religion traditionnelle, on ne pourra pas la restaurer telle quelle. Il faut plus qu’une doctrine, plus que de l’intelligence. C’est la grâce divine, les dons du Saint-Esprit qui nous seront nécessaires  ; ils ne nous seront accordés que par la médiation du Cœur Immaculé de Marie. C’est une force nouvelle sans laquelle, on ne pourra rien reconstruire, tant ils ont tout démoli. Pour que l’Église reprenne vraiment vie, il faut qu’elle ait recours au Cœur Immaculé de Marie.

PIE IX LE SAINT, LÉON XIII LE LIBÉRAL.

À 18 h, conférence de frère François très solidement argumentée, comme d’habitude. Il rappelle d’emblée une vérité capitale  :

Le pape Grégoire XVI a fermement condamné Félicité de Lamennais et ses erreurs, particulièrement la liberté religieuse. Il a ainsi exercé son magistère ordinaire en reprenant l’enseignement constant et universel de l’Église, par exemple l’enseignement du pape Pie VII revenu de ses errements après la chute de Napoléon. Dans sa Lettre apostolique à l’évêque de Troyes, du 29 avril 1814, concernant un premier projet de charte française pour la Restauration, le Pape chargeait l’évêque de Troyes d’obtenir que Louis XVIII y mette son veto  :

«  Dans la Constitution [il s’agit du projet de Charte] mentionnée, la religion catholique est entièrement passée sous silence alors qu’elle aurait dû être déclarée la seule ayant droit dans toute la France à l’appui des lois et de l’autorité du gouvernement… Non seulement on y permet la liberté des cultes et de conscience, mais on promet appui et protection à cette liberté, et en outre aux ministres de ce qu’on nomme les cultes.  »

Pie VII avertissait «  de quelle mortelle blessure la religion catholique de France se trouve frappée par cet article. Pour cela même qu’on établit la liberté de tous les cultes sans distinction, on confond la vérité avec l’erreur, et l’on met au rang des sectes hérétiques et même de la perfidie judaïque, l’Épouse sainte et immaculée du Christ, l’Église hors de laquelle il ne peut y avoir de salut…  »

Tel est l’enseignement traditionnel de l’Église, de saint Justin au deuxième siècle, jusqu’au pape Grégoire XVI. Pie IX élu pape en 1846 est intran­sigeant en doctrine, mais il accorde des réformes qui vont dans le sens du libéralisme. La révolution de 1848, le meurtre de son ministre Rossi (15 novembre 1848), son exil forcé à Gaète (1849), lui font comprendre que la Révolution est un tout satanique. En 1850, il est de retour à Rome  : «  J’ai la Sainte Vierge avec moi, j’irai de l’avant  !  » contre la Révolution dont il va parfaitement démasquer et condamner les erreurs dans le Syllabus (1864). Son successeur, Léon XIII (1878-1903), s’est émancipé de ce combat contre-révolutionnaire avec une rouerie et une opiniâtreté que notre frère détaille et que vous lirez dans un prochain numéro.

MGR FREPPEL, TÉMOIN DANS L’ORAGE.

Frère Pascal, invité de la religion en vrai n’eut pas de peine à prouver le génie et le courage de son cher Mgr Freppel, tout à la fois défenseur de l’Église et de la France. Défenseur de l’Église attaquée de toutes parts, en France comme à Rome, Mgr Freppel va implacablement réfuter les hommes et les idées de la Révolution, ainsi que toute manifestation du libéralisme catholique, l’hérésie qui progresse malgré les condamnations de Grégoire XVI et de Pie IX sous le nom prestigieux de Montalembert. Passage très impressionnant du “ Discours de Malines ”, charte du libéralisme catholique, et dont Vatican II n’est que la “ copie-clonée ”.

Modèle d’évêque selon le concile Vatican I et le cœur du bienheureux pape Pie IX, Mgr Freppel remplit parfaitement les devoirs de sa charge en étant d’une charité inventive, industrieuse, conquérante. Assuré du soutien de ses prêtres et du bon peuple du pays réel d’Anjou et de Bretagne, il lutte seul à la chambre de députés au service du bien commun de la patrie et en défenseur des libertés de l’Église. Pourquoi seul  ? Parce qu’il est trahi par Léon XIII, craint de lui aussi, au point d’avoir attendu sa mort (1891) avant d’imposer à l’Église de France le ralliement à la République (1892).

«  Dieu ne nous demande pas de vaincre, mais de combattre.  » Frère Pascal termine par cette parole du saint évêque, qui doit être pour nous une leçon d’espérance  : «  Faisons notre devoir à son exemple et à sa suite, formons-nous à son école et auprès de notre Père… en attendant le triomphe du Cœur Immaculé de Marie.  » Merci mon frère  !

VENDREDI 24 AOÛT

À l’oraison, frère Bruno commente la scène 11 (supra, p. 18-19) sur les apparitions et le message de Pontevedra, expression d’une volonté de Dieu à laquelle Vatican II s’opposera, entraînant ainsi les enfants de l’Église dans une désaffection envers le Cœur Immaculé de leur bonne Mère du Ciel. Dieu ne peut le supporter et châtie son Église d’un châtiment qui ne fait que commencer.

Le sermon de la messe nous transporte à Lisieux en 1992, où nous étions en pèlerinage de communauté après la retraite sur sainte Thérèse. Comble de joie et de consolation pour notre bienheureux Père, le recteur du sanctuaire, l’abbé Zambelli, lui avait permis de dire la messe. Incomparable homélie prononcée sur le ton de la confidence, d’abondance du cœur et débordante d’intelligence mystique  :

«  Nous devons nous sentir confondus, dépassés devant la sainte prodigieuse qu’est sainte Thérèse. Parmi les montagnes que sont les saints, elle est encore au-dessus. Elle enseigne des choses simples que nous n’arrivons pas à comprendre, car nous sommes empêtrés dans notre suffisance. Sainte Thérèse nous apprend à raboter cette suffisance pour entrer dans l’humilité de l’enfance spirituelle, afin que l’amour de Jésus entre en nous et devienne le Maître véritable de notre “ maison ” (…). L’amour de Jésus suppose que l’on a une âme rendue innocente par l’humilité, même si nous sommes de très grands pécheurs. Si nous cessons de croire en nous-mêmes, de nous adorer nous-mêmes, à ce moment, la flamme de l’amour de Jésus nous pénétrera, et nous voudrons lui faire plaisir.  »

De la promenade de ce 24 août, aux questions et réponses passionnantes, je ne retiens que cette réflexion de frère Bruno  : «  Ce qu’il y a de génial et d’unique chez notre bienheureux Père, c’est qu’à partir de la fin du pontificat de Pie XII, il a compris les erreurs du Concile et des papes sur le moment même.  »

SAINT PIE X, PHARE DU XXe SIÈCLE.

À 18 heures, conférence de notre frère Prieur. «  Saint Pie X, c’est Mgr Freppel sur le trône pontifical, et la révolution de Vatican II repoussée de cinquante ans. Saint Pie X rappelle, par bien des côtés, saint Louis-Marie Grignion de Montfort. Bref, il incarne toute la lignée des enfants de Marie face à la descendance de Satan.  »

Notre frère poursuit le récit de sa vie en trois parties  : Un saint taillé pour le combat; Le salut par l’Immaculée; Le modernisme, égout collecteur de toutes les hérésies; le tout émaillé d’anecdotes savoureuses. Conclusion pénétrante  : «  Pie X apparaît comme une réalisation anticipée, figurative, au début du siècle, du troisième Secret de Fatima  : l’ “ Évêque vêtu de Blanc ”, c’est lui. Affligé de douleurs et de peines, il se savait impuissant à éviter la conflagration mondiale. Alors, se tournant vers Dieu, il l’implorait en ces termes  : “ Seigneur, prenez ma misérable vie, mais arrêtez le massacre de tant de mes enfants. ” Puis, quand le sang commença à couler aux quatre coins cardinaux de l’Europe, il se consacra en victime sainte avec les soldats tombant au champ d’honneur  : “ J’offre en holocauste ma misérable vie pour empêcher le massacre de tant de mes enfants ”, répétait-il en pleurant. Moins de trois années plus tard, comme en réponse à cette Victime d’agréable odeur, dont la doctrine demeurait comme une pierre d’attente pour le relèvement de l’Église, Notre-Dame descendait du Ciel pour faire cesser la guerre et sauver les âmes de l’Enfer.  »

Après cette aimable et magistrale conférence, nos jeunes gens avaient en main tous les éléments pour bien suivre le cratère consacré au modernisme.

JÉSUS, L’HISTOIRE, LA FOI.

Qu’est-ce que le modernisme  ? On en parle toujours à la CRC. Il vous suffira de voir ce débat réalisé par l’équipe de la religion en vrai. Frère Bruno aura fort à faire pour convaincre d’athéisme un jeune homme moderniste et fier de l’être, pour confondre une jeune fille plus fine et serpentine dans son hérésie, et pour éclairer enfin une étudiante par trop intégriste. Faute de pouvoir le résumer, voici deux interventions de frère Bruno pour vous convaincre de voir et revoir cette émission, seul ou mieux entre amis  :

«  Aujourd’hui, les modernistes se demandent si Jésus a vraiment fondé l’Église. Pour comprendre la perversité de cette question, il suffit de la reformuler  : les Apôtres, les Évangélistes, saint Pierre, saint Paul, saint Jean sont-ils des imposteurs qui, ayant fondé une société religieuse, ont inventé des paroles, des récits, des miracles qu’ils ont attribués à Jésus pour se légitimer  ?

«  Le moderniste professe un sophisme inadmissible  : ce que sa raison lui prouve être faux dans le domaine où elle s’exerce et qui est celui du réel sensible extérieur, celui des sciences expérimentales, peut néanmoins être vrai pour son cœur, sa conscience, ses sentiments, dans le domaine de son expérience individuelle, intime. Par exemple, Kant croit malgré les faits que Napoléon est bien allé au Portugal. Pas en Égypte  ! Vous voyez, le kantisme est une véritable maladie mentale  ! Autre exemple  : les sciences nous disent qu’un être mort ne ressuscite pas et je l’admets, mais, dans mon cœur je crois que Jésus est ressuscité. Ainsi, la religion cesse de se prétendre objective, elle échappe à la vérification des sciences, pour devenir libre, flottante, selon le caprice des hommes. Et allez, va  !  »

SAMEDI 25 AOÛT

À l’oraison, frère Bruno commente les scènes 12 et 13 de l’oratorio  : charmante familiarité des rapports entre sœur Lucie et l’Enfant-Jésus. Dieu est Amour, et celle qu’il aime, c’est Marie Immaculé, son Cœur.

FATIMA  : NOUVELLE ALLIANCE.

À 9 h 30, conférence de frère Bruno sur Fatima, qui nous fait chaque fois davantage pénétrer un mystère, comprendre des événements que l’on croit connaître par cœur. La vérité absolue, le secret de l’histoire contemporaine, les voici  :

«  Le vingtième siècle fut le champ clos du combat que se livrèrent les deux créatures les plus antagonistes qui soient  : le prince des enfers, Satan et ses armées, levés contre la toute pure et humble Immaculée Vierge Marie.  » Notre frère survole tous les événements de Fatima, des apparitions de l’Ange (1916) à la Théophanie de Tuy (1929). Il insista sur l’inégalité du traité qui est proposé au Saint-Père par le Ciel  : une petite dévotion qui demande somme toute si peu d’efforts, et en échange de laquelle Dieu s’engage à procurer la paix au monde, le retour de la foi dans l’Église, la gloire dans le Ciel pour de nombreuses âmes qui sans cela auraient été en enfer.

«  Si le Pape avait obéi, il n’y aurait pas eu de pacte germano-soviétique ni de Seconde Guerre mondiale. Mais en méprisant cette demande de la Mère de Dieu, Pie XI et ses successeurs ont précipité le monde dans des malheurs dont il subit encore aujourd’hui les conséquences. Néanmoins la promesse divine du salut demeure, inconditionnelle.  »

Le sermon de la messe prononcé par notre Père (7 juin 1976)  : Son œuvre aboutira convenait parfaitement pour conclure le cycle de cette somme impressionnante de connaissances, de jugements de sagesse et autres trésors de l’esprit et du cœur offerts depuis le début du camp. Notre Père nous communique son inconfusible espérance dans le relèvement de la France, fondée sur la prophétie de saint Pie X. La France connaîtra son chemin de Damas  ; après avoir été terrassée par le Seigneur, «  tremblante et étonnée, elle lui dira  : “ Seigneur que voulez-vous que je fasse  ? ” Et lui  : “ Lève-toi, lave-toi des souillures qui t’ont défigurée, réveille dans ton sein les sentiments assoupis et le pacte de notre alliance, et va, fille aînée de l’Église, nation prédestinée, vase d’élection, va porter comme par le passé mon nom devant tous les peuples et tous les rois de la terre. ”  »

Premier enregistrement de l’oratorio durant tout l’après-midi  ; détente et complies.

DIMANCHE 26 AOÛT

Oraison sur la dernière scène de l’oratorio, la vision de Tuy. Notre frère en profite pour donner, d’abondance du cœur, une explication approfondie de la Messe telle que notre Père nous l’a enseignée. C’est une action positive de Jésus descendant sur l’autel et renouvelant son sacrifice du Calvaire afin de nous faire profiter de ses mérites infinis. La vision de Tuy porte remède à l’apostasie actuelle en nous redonnant l’intelligence totale, trinitaire, eucharistique et mariale du Saint-Sacrifice de la messe.

À 9 h 30, période de questions autour de deux sujets à vues humaines sans rapport, mais dans la lumière de Dieu, en grand lien de cause à effet  : la canonisation de Paul VI en octobre prochain, et la guerre au Moyen-Orient.

À 11 heures, messe de la solennité du Cœur Immaculé de Marie et sermon enthousiaste de notre Père apprécié en connaissance de cause après cette semaine d’immersion mariale  : un choix de vie, la dévotion au Cœur Immaculé de Marie. Tout d’abord, suite à la désorientation conciliaire, constatation que «  la Vierge Marie n’existe plus pour une infinité de mortels, y compris des fidèles de la Sainte Église. Mais pour qui s’attache de plus en plus à l’étude de la sainteté, une chose certaine s’impose, c’est la place grandissante de la Vierge Marie, et plus précisément du Cœur Immaculé de Marie dans la vie des saints. C’est la personne qui monte comme disent les journalistes. C’est Elle qui charme Dieu, et qui passe la première depuis La Salette jusqu’à Fatima. C’est par Elle que le monde sera sauvé. Lorsqu’on est enthousiaste de Fatima, il faut dire son chapelet, être ébloui par Elle, afin d’être aidé par Elle à faire de bons choix de vie, bien alignés sur le Bon Plaisir de Dieu.  » Merci mon Père  ! Fort des leçons d’un premier enregistrement de l’oratorio, la veille, celui de dimanche se déroula merveilleusement bien.

LUNDI 27 AOÛT

Messe à 7 heures. Frère Bruno fit distribuer à tous l’image d’un crucifix sur lequel étaient gravées des maximes bien propres à nous maintenir dans l’esprit et la pratique de la dévotion au Cœur Immaculé de Marie, comme il nous l’expliqua dans une dernière et pénétrante homélie  :

«  Nous avons compris que “ la religion de nos pères ” que nous a si bien rappelée notre Père, contemporaine de l’apostasie qui commençait au dix-neuvième siècle, mais persévérant dans le bon peuple chrétien par la voix de nombreux saints, a été le fruit des mérites des martyrs de la Révolution. Mais cette religion de nos pères n’aurait pas résisté à la grande apostasie des derniers temps qui nous submerge aujourd’hui, elle ne serait même pas venue jusqu’à nous, si elle ne nous avait été transmise par la sainte Grâce du Cœur Immaculé de Marie. Grâce communiquée non seulement par ceux qui lui sont dévots – tout le monde avait la dévotion à la Sainte Vierge jusqu’à Vatican II –, mais surtout par ceux qui lui rendent un culte.

«  Vouer un culte à la Sainte Vierge, c’est considérer que chacune de ses manifestations ne doit pas rester lettre morte, mais avoir des conséquences dans l’esprit et sur les institutions même de l’Église. Elle est l’Immaculée Conception  ? Elle est maîtresse de son Fils  ? Cela doit changer quelque chose dans la pensée, dans la prière et dans la vie de l’Église.

«  C’est de cela que nous sommes persuadés avant de nous quitter  : Nous avons un culte pour la Vierge Marie, voulu par Dieu, et dont les articles sont inscrits sur l’image de ce crucifix. C’est le message que nous emportons de ce camp avec la ferme résolution d’en faire notre devise. C’est un résumé de la folie de la Croix prêchée par saint Louis-Marie, et nous terminons ainsi ce camp comme nous l’avons ouvert.

«  Dieu seul pour témoin  : le Dieu catholique, Père, Fils et Saint-Esprit qui a parlé par les prophètes, les Apôtres et fait d’éclatants miracles. Le Christ pour modèle unique, Jésus fils de Dieu et de Marie qui par obéissance à son Père et à sa Mère nous sauve par la Croix. Marie pour soutien  : par la grâce répandue sur ceux qui invoquent le Cœur Immaculé de Marie. C’est une recommandation que je vous fais  : dans toutes vos difficultés, faites appel à Elle  ; c’est Elle qui est en charge de tout. Si vous faites appel à Elle en priant votre chapelet chaque jour ou par une simple oraison jaillissante, Elle vous aidera… Et puis, rien… rien qu’amour et sacrifice  : C’est ce qu’ont compris, pratiqué François et Jacinthe, deux enfants de moins de dix ans… Et pour Lucie restée toute seule, après leur mort, pendant un siècle  : Rien, rien… qu’amour et sacrifice, sachant que le ciel en est le prix. Ainsi soit-il  !  »

frère Philippe de la Face de Dieu.

CORRESPONDANCE

«  En lisant la Ligue de juillet-août, j’ai trouvé frère Philippe assez injuste de se souvenir de “ nos amis argentins ” pour les traiter de “ grands inquisiteurs ”. Ça n’est pas très gentil de leur reprocher de nous avoir simplement fait part de leurs vingt-deux ans d’expérience de destruction bergoglianesque du diocèse de Buenos Aires puis à l’échelle du celam. Ils l’ont fait pour nous rendre service. Si frère Bruno a choisi de ne pas en tenir compte, c’est qu’il a préféré suivre un “ a priori de bienveillance ” comme il nous l’a souvent dit, dans la volonté de demeurer dans l’esprit de notre Père. Il n’a pas à s’en justifier, il a fait son devoir. Mais les Argentins ont fait le leur, pensant eux aussi manifester leur fidélité au Père auquel ils ont appris dès les années 1960, les méfaits du Concile et désireux d’éclairer notre Frère sur ce jésuite latino pas si “ écartelé ” que ça et acquis “ dans sa lointaine Argentine ”  ? (terrain expérimental de prédilection de Populorum progressio, dès le début) à la marche en avant de l’Église.

«  Ils étaient aux premières loges…

«  Nos amis ont tout à fait compris le choix de frère Bruno et ils ont souffert pour lui, pour nous à mesure de nos déceptions. Je suis sûre qu’ils ont gardé leur foi et leur espérance dans l’Église en priant pour que notre Frère s’oppose au Pape (lui fonce dedans) ce qui affermirait encore bien plus cette foi et cette espérance.  »

Sans oublier de prier pour lui comme faisait sainte Jacinthe avec une insistance prophétique…