La Contre-Réforme catholique au XXIe siècle
Print Friendly, PDF & Email

Icône Notre-Dame Souveraine

Fin XVIIIe - début XIXe siècle. – Huile sur bois, 141  ×  86  cm. Église de l’Icône-Notre-Dame-de-Kazan, Kolomenskoïe, près de Moscou.

Fin XVIIIe - début XIXe siècle. – Huile sur bois, 141  ×  86  cm.
Église de l’Icône-Notre-Dame-de-Kazan, Kolomenskoïe, près de Moscou.

LE 4 novembre 2015, en la fête de Notre-Dame de Kazan, Cyrille, le patriarche de Moscou, vénéra avec le président Vladimir Poutine cette icône, placée au centre de l’exposition Russie orthodoxe, mon histoire – Des grands bouleversements à la Grande victoire. Le Patriarche rappela son histoire.

L’Icône Notre-Dame Souveraine («  Державная  » en russe) fut découverte dans la cave de l’église de l’Ascension de Kolomenskoïe, résidence d’été des tsars, le 2 mars 1917 (le 15 mars selon le calendrier grégorien), sur les indications révélées en songe par la Sainte Vierge à une paysanne des environs, Eudoxia Adrianova Rostopchine. Elle entendit notamment une voix mystérieuse lui dire  : «  À Kolomenskoïe, il y a une grande icône  ; de noire, il faut la rendre rouge et que le peuple la prie.  » En effet, l’icône couverte de suie, une fois nettoyée, montra la robe rouge de celle qu’Eudoxia nomma aussitôt la Tsarine céleste.

Le jour même, Alexandre Kerenski et l’ensemble de la Douma acculaient le tsar Nicolas II à l’abdication, pour lui et son fils, le tsarévitch Alexis, suite à la révolution de février 1917.

Le patriarche Cyrille poursuivit ainsi  : «  Lorsqu’on trouva cette image de la Mère de Dieu siégeant sur un trône royal, lorsqu’on apprit que cette image s’appelait “ Souveraine ”, les meilleurs esprits de la Russie d’alors l’ont interprété comme un signe de Dieu. Le tsar s’en est allé, mais la Mère de Dieu règne sur notre pays et sa protection ne s’est jamais démentie.

«  Par quelles souffrances, par quelles afflictions, par quelles épreuves ne sommes-nous pas passés  ! Mais nous sommes restés un pays non seulement grand et fort, mais fidèle à sa propre identité. Nous ne perdons pas notre identité à une époque où les pays les plus grands et les plus forts du continent européen perdent la leur. Nous croyons que la protection de la Mère de Dieu est sur nous. C’est pourquoi nous disons à tous les ennemis, intérieurs et extérieurs de la Russie  : “ Laissez-nous tranquilles  ! Nous sommes protégés par la Mère de Dieu  ! ”  »

Pendant la révolution bolchevique, les persécutions les plus cruelles étaient réservées aux dévots de cette icône miraculeuse, les auteurs de l’Office de Notre-Dame Souveraine furent fusillés, dont le patriarche Tikhon qui reconnut canoniquement le miracle, le 13 octobre 1917, les copies furent retirées de toutes les églises de Russie.

De 1929 à 1988, le gouvernement soviétique déroba à la dévotion l’Icône Notre-Dame Souveraine en l’enfermant dans les coffres du musée historique de l’État. C’est à l’occasion des célébrations du millénaire du baptême de la Russie (988-1988), que l’icône fut rendue au culte. Intronisée en 1990 dans l’église Notre-Dame-de-Kazan de Kolomenskoïe, elle y est toujours vénérée par le peuple russe.

Après la signature, le 17 mai 2007, d’un décret rétablissant la communion canonique de l’Église orthodoxe russe à l’étranger et l’Église orthodoxe russe du patriarcat de Moscou, l’icône fut transportée dans tous les centres de la diaspora russe, en Europe, en Amérique et en Australie, pour présider à la réunification du monde russe.