La Contre-Réforme catholique au XXIe siècle
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LA LIGUE

La Ligue

DANS LE CŒUR DE L’ÉGLISE MA MÈRE

«  Jérusalem a péché gravement, aussi est-elle devenue chose impure. Tous ceux qui l’honoraient la méprisent  : ils ont vu sa nudité. Elle, elle gémit et se détourne. Sa souillure colle aux pans de sa robe. Elle ne songeait pas à une telle fin  ! Elle est tombée si bas  ! Personne pour la consoler.  » (Lm 1, 8-9) Écrite au sixième siècle avant notre ère, cette Lamentation de Jérémie que nous avons chantée durant les matines du Jeudi saint exprime la situation actuelle de l’Église où prolifèrent les scandales, fruits pourris de l’apostasie du concile Vatican II et de son ouverture au monde. Comment dès lors conserver l’amour de notre sainte Mère l’Église  ?

“ ENFANTS DE L’ÉGLISE ”

Le dimanche des Rameaux, c’est précisément pour apprendre à aimer l’Église que les enfants CRC convergèrent vers la maison Saint-Joseph pour la petite retraite de frère Gérard. Hélas  ! l’avant-veille, notre frère avait dû être hospitalisé d’urgence, laissant à frère Thomas les notes de son cahier et son amour de l’Église, pour les transmettre à tous ces enfants. Tandis qu’ils entendent dire partout les pires horreurs sur l’Église, c’est bien nécessaire  !

Tout au long de ces deux jours, frère Thomas s’attacha donc à révéler à son auditoire les manifestations de l’amour maternel de l’Église  : il brûle dans le cœur de tant de saints si aimables  ; il agit par ses œuvres charitables et missionnaires  ; il s’exprime par sa liturgie. Que l’Église est belle, charitable et sage  !

Mais être enfant de l’Église, ce n’est pas seulement l’admirer, c’est aussi un apprentissage quotidien et laborieux pour lequel nous avons besoin de la grâce des sacrements. C’est pourquoi le but principal de frère Gérard est de conduire ses retraitants à la confession, qui mène à la communion. Instruction préparatoire, examen de conscience – par frère Gérard lui-même, grâce à un enregistrement de 1988 qui n’a pas pris une ride  ! – et, une cavalcade plus tard, voilà tous nos enfants sagement rangés dans l’église du village. Cette année, pas moins de quatre prêtres des environs les y attendaient  ! Cette grâce inattendue fut comme un sourire réconfortant de l’Église notre Mère. Réconfort réciproque d’ailleurs, à en croire le bon sourire de ces prêtres et quelques réflexions échappées de la sacristie  : «  Cela fait plaisir de confesser la veille des Rameaux  !  » Cette consolation est un bon fruit de la sagesse de notre Père, tout appliqué à nous garder dans le sein de l’Église, mendiants quotidiens de ses sacrements, suivant la ligne de crête CRC  : ni schisme ni hérésie.

MA JOIE, MA CROIX, MA GLOIRE.

Les enfants avaient copié avec application sur leurs carnets de notes ce kérygme de notre Père, dicté par frère Thomas  : «  Être enfant de l’Église, c’est ma joie, c’est ma croix, c’est ma gloire.  »

Notre Père  : c’est par lui que nous sommes enfants de l’Église. Frère Bruno avait résolu de l’expliquer lui-même à tous ces petits qui ne l’ont pas connu. Dans un premier sermon, il les introduisit dans le cœur de Georges de Nantes, épris d’un amour filial pour la Sainte Église sa Mère  : «  La seule pensée d’appartenir à l’Église suffit à renouveler la jubilation de notre âme, car l’Église est sainte, semblable à son Époux Jésus-Christ dont elle a reçu une telle ressemblance qu’il n’y a rien au monde d’aussi beau, d’aussi sage, d’aussi majestueux que son visage et tout son être. Elle est notre Mère…  » (Lettre à mes amis no 134, 19 mars 1963)

«  Elle est belle, votre Église  ! Les Croisades, l’inquisition...  » La réflexion acerbe du supérieur du séminaire des Carmes à notre frère Bruno qui lui récitait cette page admirable, à la fin des années 1950, exprime le mauvais esprit de la Réforme qui devait s’imposer à toute l’Église à la faveur du Concile. Confrontée à ce scandale des hommes d’Église con­jurés à réformer, ou plutôt à défigurer leur Mère, la tendresse filiale de notre Père se mua en un dévouement sans limites. Depuis son ordination en 1948 jusqu’à sa mort, sa vie de prêtre fut un long et périlleux service de l’Église, une défense quotidienne, dans l’angoisse de s’en voir un jour chassé par des pasteurs rebelles à leur Seigneur.

Notre Père s’est tellement identifié à l’Église dans sa lutte acharnée contre l’Antichrist, que pour nous ses disciples, sa voix, son visage, sont ceux de l’Église même.

Dimanche après-midi, frère Bruno raconta comment, dès l’âge de douze ans, lui et frère Gérard avaient découvert l’Église et s’étaient attachés à elle en la personne de ce maître incomparable. Les enfants écoutaient, stupéfaits et ravis de ce que notre frère prieur qui fait habituellement des conférences à leurs parents prenne la peine de s’adresser à leurs petites personnes  !

À travers l’abbé de Nantes, c’est de la vérité que nos frères anciens se sont épris irrévocablement  : de Dreyfus à Kant, des leçons de catéchisme à Diên Biên Phu… C’était enthousiasmant  ! Oui, mais le jeune Bruno Bonnet-Eymard s’attira bientôt cette remarque  : «  Tu t’enthousiasmes, mais tu ne t’engages pas vraiment.  » Et notre frère de confesser que c’était vrai, puisqu’il rêvait à l’époque de devenir un grand diplomate  ! Mais il tira parti de la réprimande et suivit notre Père dans sa vocation de moine-­missionnaire, puis dans son combat contre les hérésies du Concile. Il assista – et participa  ! – au premier rang à l’immense travail de notre Père élaborant à la maison Saint-Joseph une doctrine totale pour la renaissance de l’Église. Si bien qu’après plus de cinquante ans passés auprès de lui, il peut témoigner à la nouvelle génération de la CRC qu’à lui seul, notre Père a manifesté la richesse de la sainteté de l’Église, en en produisant tous les fruits. Cette fécondité s’originant et s’épanouissant dans son colloque incessant avec Jésus et Marie, attesté par le sceau de la Croix.

Ce récit achevant la petite retraite, frère Bruno le conclut par une résolution  : «  Plutôt que de gémir sur les malheurs des temps, il y a du travail  ! Il faut des vocations pour servir la vérité coûte que coûte, dans une Église où elle est sacrifiée à une volonté de bonne entente universelle.  »

L’ÉPITRE AUX ROMAINS D’AUJOURD’HUI

Dans le contexte du débordement de scandales qui submergent l’Église, frère Bruno avait choisi de nous faire réécouter le magistral commentaire de l’Épître aux Romains prononcé par notre Père pour la Semaine sainte 1994. En effet, l’Apôtre y condamne les dépravations qui sont la conséquence de l’impiété. Mais il nous apparut bientôt que ce qui rend ces conférences si actuelles, c’est la prédication d’une «  vérité captive  » (Rm 1, 18)  : toute l’économie de notre Rédemption, épousant parfaitement la liturgie des Jours saints. Il vous sera facile de retrouver cette série sur le site de VOD, sous le sigle S 123. Le spectacle de l’enthousiasme brûlant de notre Père constitue à soi seul une prédication, même quand on est dépassé par les raisonnements de saint Paul  !

SAINT PAUL, MIS A PART POUR L’ÉVANGILE DE JÉSUS-CHRIST.

Notre Père commence par nous retracer l’itinéraire spirituel de l’Apôtre des nations, le juif chrétien, mis à part pour l’Évangile. Peut-être vous demanderez-vous d’où vient au Père sa connaissance si intime et vivante de saint Paul  ? Certes, il a bénéficié de l’enseignement d’excellents maîtres, comme le chanoine Osty. Mais il le connaît surtout par connaturalité, puisque depuis son séminaire, il a vécu un drame analogue à celui qui déchira l’Église naissante au premier siècle  : l’affrontement mortel, au sein d’une même Église, de deux religions. La première est la religion surnaturelle du Dieu fait homme, que tente d’étouffer une religion toute terrestre, sans plus de grâce ni de salut éternel  : celle des juifs gnostiques mal convertis hier et l’hérésie progressiste aujourd’hui, dont la gnose wojtylienne est l’expression la plus élaborée. L’abbé de Nantes s’identifie donc à saint Paul  ! D’où la précision du titre de la retraite  : L’Épître aux Romains d’aujourd’hui.

Chacun des titres des conférences évoque des vérités éternelles, toujours à rappeler à un monde païen orgueilleux et, plus encore, à des chrétiens dénaturés, appliqués à bâtir la cité terrestre dans le mépris de Dieu.

LA COLÈRE DE DIEU CONTRE TOUTE IMPIÉTÉ ET TOUTE INJUSTICE.

Premièrement, comme Notre-Dame de Fatima ouvrant son grand Secret par la vision de l’enfer, saint Paul nous révèle que la «  Colère de Dieu  » tombe sur toute impiété. Tous les hommes, juifs comme païens, sont confondus dans leurs péchés. C’est pour les châtier de leur impiété primordiale que Dieu les a livrés à leurs passions infamantes. Et notre saint Paul, qui ignore la langue de bois ecclésiastique de nos pasteurs actuels, n’hésite pas à dénoncer précisément l’homosexualité comme le premier et le plus honteux d’une longue série de vices (Rm 1, 26-27). Effroyable  ! La dignité transcendante de la personne humaine  ? Saint Paul ne connaît pas. Mais à moins d’avoir lu par vous-même l’Épître aux Romains, vous n’avez sans doute jamais rencontré ce texte, soigneusement occulté aujourd’hui.

LA MISÉRICORDE DE DIEU EN JÉSUS-CHRIST.

À cette humanité abjecte, Dieu a pourtant décidé, dans le mystère de sa Miséricorde, d’offrir le salut. Non par nos œuvres, puisque nous n’en sommes pas capables, mais par la foi, à l’exemple d’Abraham. C’est seulement par la foi dans le sacrifice rédempteur offert par son Fils Jésus-Christ sur la Croix que nous pouvons être sauvés.

LA GRÂCE DONNÉE A LA FOI PAR LE SAINT BAPTÊME.

Saint Paul s’anime, il veut convaincre ses lecteurs. Il marche de long en large, gesticule de plus en plus. Il a conscience d’établir un monument de doctrine et insiste, se répète une fois, deux fois, trois fois. Et sous sa dictée, le scribe Tertius écrit  : comme c’est par un seul homme, Adam, que le péché est entré dans le monde et par le péché la mort, de même, c’est par un seul homme, le Christ, le nouvel Adam, que la grâce nous a été donnée. Et notre Père de nous expliquer que c’est cet enseignement de saint Paul aux Romains qui fonde notre croyance dans le dogme du péché originel. Nous sommes tous pécheurs en Adam, tous tarés dès la naissance.

«  C’est pas juste  !  » s’insurge Bajek, le petit Polonais de la classe de catéchisme de l’abbé de Nantes à Planty. Il refuse d’être puni pour une faute d’Adam  ! Réponse de son curé  : celui qui refuse d’adhérer à l’héritage de son père Adam, parce qu’il se croit juste, ne sera pas sauvé par le Christ qui est venu pour racheter les fils pécheurs d’Adam. Par son sacrifice rédempteur de la Croix, tous les hommes sont sauvés… en droit. Encore faut-il se reconnaître pécheur et répondre à cette offre de salut, ce qu’oublient de rappeler nos modernes  !

C’est par le sacrement du baptême que nous sommes justifiés  : nous sommes plongés dans la mort du Christ  ; le vieil homme pécheur est crucifié avec Jésus-Christ, pour que nous ressuscitions avec Lui à une vie nouvelle, libérés de l’esclavage du péché. C’est parce qu’ils étaient conscients de la nécessité vitale de ce sacrement que les missionnaires se jetaient aux périls des missions pour baptiser le plus d’infidèles possible, pour les libérer de l’esclavage de Satan  ! Et c’est parce que cette vérité est tenue captive aujourd’hui que le dialogue interreligieux a tué les missions.

L’HOMME ÉCARTELÉ, SANCTIFIÉ PAR L’ESPRIT D’AMOUR.

Et pourtant, le baptisé continue de pécher… S’il est purifié du péché originel, il en conserve néanmoins une conséquence, cette hideuse concupiscence qui toujours le pousse au péché. Le chrétien est ainsi un homme écartelé entre l’héritage d’Adam et l’héritage du Christ. Au pécheur découragé, saint Paul fait part de sa propre expérience, en termes pathétiques dans lesquels nous nous reconnaissons tous  : «  Je ne fais pas ce que je veux, et je fais ce que je hais (…). Malheureux que je suis  ! Qui me délivrera de ce corps de mort  ?  » (Rm 7) Voilà ce qu’il faut prêcher aux pénitents, plutôt que de minimiser leurs fautes pour épargner leur dignité  !

La vie chrétienne est donc un combat contre la pesanteur de la chair, dans lequel le baptisé reçoit le secours d’une force divine  : celle du Saint-Esprit, répandu dans son cœur par le baptême. Les premiers chrétiens auxquels s’adressait saint Paul en avaient une expérience objective, dont nous n’avons pas idée. En effet, dans l’Église primitive, afin de se révéler à son tour comme une Personne divine distincte du Père et du Fils, le Saint-Esprit multiplia les manifestations incontestables, répandant miracles et charismes sur les communautés. Et notre Père de préciser que cette présence était aussi tangible que celle dont se prévalent les communautés charismatiques aujourd’hui. Avec cette différence que “ l’Esprit ” charismatique conduit mollement, suavement, béatement à l’apostasie, tandis que le Saint-Esprit propulsa les premiers chrétiens jusqu’à l’héroïsme des vertus, jusqu’au martyre.

Les jeunes phalangistes qui participeront à la ­session de la Pentecôte auront l’occasion d’approfondir ce point en écoutant notre Père leur prêcher sur le thème  : Mieux que le Renouveau charismatique  : l’Ordre catholique (S 26, Pentecôte 1976). Sujet crucial s’il en est, tant l’Esprit charismatique a envahi toute l’Église.

Par le Saint-Esprit, nous sommes affranchis de l’esclavage de la chair pour devenir enfants de Dieu, frères et cohéritiers du Christ dans les souffrances présentes et pour la «  masse de gloire  » à venir  ! Et saint Paul exprime son enthousiasme dans une hymne à la Prédestination divine, ce secret impénétrable du Cœur de Dieu  : si Dieu est pour nous, s’il a envoyé son Fils mourir pour nous sur la Croix, si son Esprit-Saint intercède lui-même en notre faveur, qui sera contre nous  ? Quelles que soient nos épreuves présentes, nous sommes vainqueurs  ! Saint Paul délire d’enthousiasme et finit par déraisonner tout à fait  ! «  Ni la mort, ni la vie, ni les anges ni les Principautés, ni les choses présentes, ni les choses à venir, ni les Puissances, ni la hauteur, ni la profondeur [?], ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu dans le Christ Jésus Notre-Seigneur.  » (Rm 8, 38-39)

L’INFIDÉLITÉ D’ISRAËL POUR LE SALUT DES NATIONS.

Saint Paul nous dévoile ensuite la conduite de Dieu sur les juifs et les païens dans une véritable “ apocalypse ”. Ces chapitres 9 à 11 de l’Épître nous sont bien connus. Du moins, quelques versets, minutieusement sélectionnés par l’Église conciliaire pour fonder sa flagornerie à l’égard du judaïsme antichrist, dans la ligne du chapitre 4 du décret Nostra Ætate  : «  L’Église a toujours devant les yeux les paroles de l’apôtre Paul sur ceux de sa race “ à qui appartiennent l’adoption filiale, la gloire, les alliances, la législation, le culte, les promesses et les patriarches, et de qui est né, selon la chair, le Christ ” (Rm 9, 4-5)  ». Certes, mais c’est faire bien peu de cas de l’apostasie des juifs, que déplore saint Paul, leur frère de race. Il s’élève alors à la contemplation du grand dessein de Dieu dans l’histoire, enfermant successivement tous les hommes dans la désobéissance, juifs comme païens, afin de leur faire miséricorde à tous (Rm 11, 32) et de les introduire dans l’unique arche de salut, l’Israël nouveau, l’Église catholique.

LE BONHEUR DES CHRÉTIENS DANS LA CHARITÉ.

Il reste à l’Apôtre à donner quelques enseignements de morale à la communauté à laquelle il s’adresse  : c’est ce qu’on appelle la parénèse de l’Épître, dont nous écoutâmes le commentaire par notre Père au matin de Pâques. Après avoir dénoncé le moralisme juif et prêché un salut par la foi seule, sans les œuvres  ? Saint Paul relève ce défi  : ayant établi ses chrétiens dans l’intimité du Père, du Fils leur Sauveur et du Saint-Esprit qui demeure en eux, il va les engager dans la voie royale de l’amour, de la vie mystique en action. Cela se résume en trois mots, usés, incompréhensibles au vulgaire qui n’y voit que baratin, mais tellement riches pour ceux qui ont été saisis par le Christ et qui veulent le saisir à leur tour  : Piété, Humilité, Charité.

La piété en premier  : saint Paul commence par la mystique, qui envahit toutes nos activités. Notre Père nous explique qu’il y a, en effet, une manière mystique de faire son devoir d’état, comme un culte spirituel, pour plaire à Dieu.

L’humilité, ensuite. Notre Père prend alors un ton grave  : «  Saint Paul va nous dire une chose tout à fait considérable même si elle apparaît très simple. Tellement considérable que j’aimerais bien avoir son autorité pour le renouveler auprès de mes chers frères, de mes chères sœurs, de mes chers amis et de mes chers phalangistes, parce qu’il y a péril.  »

«  Ne vous surestimez pas plus qu’il ne faut vous ­estimer.  » (Rm 12, 3)

De même qu’il a perdu les juifs et les païens jadis, l’orgueil perd le monde moderne et l’Église  : les réformateurs progressistes, imbus du culte de l’homme, comme les intégristes engoncés dans leurs certitudes. Et tous sont d’accord pour stigmatiser l’orgueil… de l’abbé de Nantes qui les dénonce  ! Mais notre Père tient bon.

«  L’abbé de Nantes, c’est le magnétophone de saint Paul. J’ai raison, non pas parce que je suis un génie, j’ai raison parce que depuis le début de cette conférence, je vous épluche toutes les phrases de saint Paul pour vous dire ce que cela veut dire sans inventer rien du tout et pour vous dire que c’est magistral, c’est la doctrine chrétienne par excellence.  »

Saint Paul achève son enseignement moral par un admirable tableau de la charité, qui pourrait se résumer par cette maxime des Pères de l’Église qui inspira toute l’œuvre de Contre-Réforme catholique de notre Père  : «  In necessariis unitas, in dubiis libertas, in omnibus caritas.  »

Dans l’attente du retour imminent du Christ. Car une Église qui attend son Époux est vivante, féconde, magnifique.

PRISE D’HABIT

La cérémonie du lendemain, lundi de Pâques, fut l’illustration de cette conclusion  : la prise d’Habit de notre nouvelle petite sœur Blanche-Marie du Perpétuel Secours, pour la louange de la Gloire de Dieu, dans la pauvreté, la solitude et le silence. «  C’est ainsi qu’ils attendront éveillés le retour du Seigneur qui ne saurait tarder.  » (Règle provisoire des Petits frères du Sacré-Cœur de Villemaur, article premier)

Le seul nom de notre sœur est le gage d’une espérance inconfusible  : c’est par la blancheur de l’Immaculée que l’Église sera purifiée de ses souillures. Frère Bruno profita du sermon de la grand-messe pour nous rappeler que «  Jésus Ressuscité a revêtu de sa propre puissance sa Mère Immaculée, ce que Notre-Dame a prouvé de mille manières et bien réellement, tout au long de notre histoire. Elle est vraiment la “ Reine des batailles ”  !  » Notre frère illustra ce vocable en rappelant plusieurs de ses plus éclatantes manifestations guerrières, pour secourir la Chrétienté en péril  : depuis le “ miracle des clefs ” au quinzième siècle pour sauver la ville de Poitiers des Anglais, jusqu’à la protection du Pé-tang en Chine à l’orée du vingtième siècle, en passant par la victoire de la Monongahéla en 1755 en Nouvelle-France  ! Et notre frère de conclure  : «  Ma chère sœur Blanche-Marie du Perpétuel Secours, que votre nom nous rappelle sans cesse que la Vierge Immaculée a déjà triomphé des ennemis de Jésus ressuscité et glorieux, et que, quoi qu’il arrive, Elle reste notre Perpétuel Secours. Ainsi soit-il  !  »

Après les vêpres, notre frère prieur reprit la parole pour nous présenter le tableau miraculeux de Notre-Dame du Perpétuel Secours, dévotion privilégiée de notre vénéré Père Charles de Foucauld. Il s’agit d’une peinture sur bois du quatorzième siècle, de 50 cm de haut sur 40 de large. Elle est exposée à Rome dans l’église Saint-Alphonse, tenue par les Rédemptoristes. Cette image représente une Vierge orientale, certes, mais qui voulut être romaine afin d’attirer tous ses enfants, même les hérétiques et les schismatiques à l’unique bercail de l’Église catholique.

À qui contemple son tableau, Notre-Dame rappelle le dogme de la foi  : l’Incarnation de son Divin Fils et la Rédemption, figurée par les instruments de la Passion présentés par les anges  ; sa propre Maternité divine ainsi que ses glorieux privilèges de Corédemptrice et de Médiatrice universelle. Les mystères du Rosaire s’y trouvent aussi figurés  ! Cette image est un résumé de toute notre religion. Mais plus que tout, l’attitude effrayée de l’Enfant-Jésus fixant la croix, le regard tendre et douloureux de sa Mère “ en grand chagrin ” sollicitent notre compassion, comme une préfiguration de l’appel pressant que Jésus Enfant lancera à sœur Lucie à Pontevedra, de consoler le Cœur Immaculé de Marie. Telle est, à notre tour, notre vocation ­particulière  !

PROFESSION TEMPORAIRE

Quelques jours plus tard, pour la fête de saint Joseph Artisan, le 1er mai, en réponse à la quadruple prise de coule du mois de mars à la maison Saint-Joseph, quatre sœurs de notre maison Sainte-Marie firent profession temporaire. La famille ne cesse de croître  ! Il faudra bien un jour que la hiérarchie de l’Église s’en préoccupe… D’autant qu’à observer la vague de marmots qui avait une nouvelle fois envahi nos maisons, il paraît évident que ce n’est qu’un commencement  !

Nos sœurs Lucie-Marie de Villemaur, Monique de la Sainte-Trinité, Anne du Cœur Immaculé de Marie et ­Marie-Clémence du Sacré-Cœur reçurent avec le voile blanc de professe, le scapulaire frappé du Sacré-Cœur, vêtements dont notre frère Bruno leur expliqua le sens en prononçant l’exhortation rituelle qu’avait composée notre Père  : le scapulaire est un vêtement de travail, et le Cœur et la Croix qui le signent sont un appel à souffrir sur les traces du Christ et des saints  ; tandis que le voile de l’Épouse est un signe évident de dignité et de gloire.

«  Tel est le cœur de notre Église, Mère et Maîtresse de tous, qu’elle ne demande rien sans donner davantage. Elle vous entraîne dans son labeur, ses humiliations, son dévouement et elle sera extrêmement exigeante tout le temps que vos vœux vous feront les servantes du Christ, et vous le serez, avec sa grâce assurée, jusqu’au jour des vraies Noces éternelles. Mais elle vous élève déjà en une dignité qui prélude à la Gloire et Béatitude d’Épouse du Verbe que vous serez enfin, en vous exhortant à vivre dès maintenant et chaque jour dans la paix et dans la joie de cet état de moniales missionnaires.  »

PREMIER SAMEDI DU MOIS

Suivre la CRC sur internet ne suffit pas. Pour rester enfants de l’Église dans nos temps d’apostasie, il faut non seulement s’instruire de notre doctrine CRC, mais aussi réchauffer notre ferveur au brasier du Cœur Immaculé de Marie. C’est pour cela que le Ciel nous a révélé la dévotion des premiers samedis du mois que nos différents ermitages ont le souci de promouvoir parmi nos amis. Ils sont de plus en plus nombreux à se retrouver dans nos maisons Saint-Bruno (Ardèche), Saint-Benoît (Perche) et Saint-Louis-Marie (Anjou), profitant de capacités d’hospitalité croissantes. Tout en soulageant quelque peu la maison-mère, cette dispersion de nos ermitages rend accessible à des familles lointaines la grâce de resserrer les liens de notre communion phalangiste en consolant le Cœur Immaculé de Marie.

Ces 4 et 5 mai, en complément des exercices de la dévotion réparatrice au Cœur Immaculé de Marie, les quelques deux cents amis venus à la maison Saint-Joseph devaient écouter la fin de la retraite prêchée par notre Père à ses communautés en septembre 1992  : Sainte Thérèse nouvelle. Deux semaines après la Semaine sainte, c’est de nouveau un mystère de mort et de résurrection qui était offert à notre méditation, dans la personne de la plus grande sainte des temps modernes.

ACTE D’OFFRANDE A L’AMOUR MISÉRICORDIEUX.

Frère Bruno commença par nous donner la clef de ce mystère en nous commentant dans son premier sermon l’Acte d’offrande comme victime d’holocauste à l’Amour miséricordieux (page G 60 dans nos carnets de chant), écrit par sainte Thérèse le 9 juin 1895. Loin d’être une dévotion mièvre, cette prière d’une extraordinaire plénitude nous introduit dans la circumincessante charité des Trois Personnes divines, de la Vierge Marie Médiatrice et des saints. C’est le bilan de sa brève existence et le dernier mot de la «  Petite voie d’enfance  » qu’elle a enseignée à ses novices. Notre Père nous a expliqué qu’elle est un réquisitoire contre l’orgueil et l’apologie de la petitesse de l’âme qui aime s’anéantir devant Dieu, se reconnaître impuissante, imbécile, incapable, pour tout recevoir de la Miséricorde divine. Tout  ? Vraiment  ? La “ petite Thérèse ” est magnanime  !

«  Je désire être Sainte, mais je sens mon impuissance et je vous demande, ô mon Dieu  ! d’être vous-même ma Sainteté (…).

«  Toutes nos justices ont des taches à vos yeux. Je veux donc me revêtir de votre propre Justice, et recevoir de votre Amour la possession éternelle de vous-même.  »

Nous ne pouvons atteindre à la Sainteté de Justice, qui est celle de Jésus sur la Croix. Par son sacrifice, Notre-Seigneur «  accomplit toute justice  ». Il lui reste à en distribuer les fruits de miséricorde.

Or la petite sœur du carmel de Lisieux éprouve des désirs infinis  : sauver les âmes et consoler Dieu. Vingt ans à l’avance, elle annonce le message de Fatima. Et la manière d’assouvir ses désirs est la même qui sera demandée aux trois pastoureaux d’Aljustrel  : s’offrir, en “ hostie ”, c’est-à-dire en victime du sacrifice. Avec en conséquence cette demande extraordinaire  : «  Restez en moi comme au tabernacle, ne vous éloignez jamais de votre petite hostie.  »

«  Dans la mesure où elle s’est livrée à l’holocauste de la Croix, commente frère Bruno, elle est devenue sa vivante “ petite hostie ”, comme celle que nous recevons à la communion, mais qui demeure continuellement au tabernacle. Jésus peut donc venir vivre en elle de telle manière que ce n’est plus elle qui vit, c’est Lui qui vit en elle, qui se trouve pour ainsi dire transsubstantiée.  »

Ne nous méprenons pas  : quand sainte Thérèse aspire à l’immolation, ce n’est pas de la rhétorique dévote. Quand elle prie Dieu de devenir martyre de son Amour, cela signifie, nous explique frère Bruno, «  que je meure des coups que vous me porterez dans votre Amour pour faire jaillir de moi une flamme d’amour plus grande, comme Dieu le Père a fait jaillir du Corps transpercé de son Fils une flamme capable d’embraser le monde d’un amour qui le sauve  ».

Et Dieu l’a prise au mot… À chaque étape de sa vie, la souffrance avait été au rendez-vous, mais l’année suivant son offrande en holocauste, en 1896, cette souffrance prit tout à coup des proportions… d’enfer  ! C’est la possession diabolique qui revient, pour essayer de la faire désespérer en la faisant douter de l’existence du Ciel  ! Mais non  : son Espérance surnaturelle demeura inconfusible. Son martyre fut rapide et la fit enfin mourir d’amour dans un embrassement plein de tendresse mutuelle  : une véritable mort d’amour, en accomplissement de son acte d’offrande à l’Amour miséricordieux.

Après ce sermon, frère Bruno dut nous quitter pour l’hôpital, ayant pris soin au préalable de répartir ses sermons et sa conférence d’Actualités entre les frères. Il était content de démontrer ainsi à nos amis – et à nos évêques  ! – que lui absent, la Contre-Réforme continue. C’est en nous recommandant de bien prier pour lui que frère Gérard introduisit le quart d’heure de méditation du premier samedi du mois. Il nous donna en exemple sa fidélité parfaite à notre Père et son dévouement dans le service de l’Église et de la vérité jusqu’à l’extrême limite de ses forces, dans l’angoisse  : «  La maladie de frère Bruno, c’est la maladie de l’Église  !  »

LE MARTYRE ET LA MORT D’AMOUR (1896-1897).

La mort est d’une manière générale la sanction évidente de la vie. Mais dans la vie des saints, la mort est toujours la manifestation émouvante, parfois stupéfiante de leur sainteté. C’est Dieu lui-même qui en ordonne tous les événements, afin qu’elle parle aux âmes droites. Ainsi de celle de Thérèse que nous raconta notre Père, la voix souvent étranglée par l’émotion, dans la première des trois conférences écoutées ce mois-ci.

Les derniers mois de la vie de sainte Thérèse furent une terrible passion  : martyre du corps, du cœur et de l’esprit. Le pire est la présence obsédante du démon revenu pour la désespérer et l’empêcher de jouer son rôle dans le salut de l’humanité. À travers ces souffrances effrayantes, Thérèse vérifie héroïquement la vérité de sa doctrine, par son abandon absolu  : seule compte la volonté de Dieu.

Sa mort fut telle qu’elle le souhaitait, un acte d’amour, conforme à celle de son Époux sur la Croix… Lors de son pèlerinage à Lisieux du 22 novembre 1957, notre Père eut la grâce d’en entendre le récit de la bouche de la prieure du carmel, dans l’infirmerie même où mourut la sainte. Souvenir ­inoubliable…

«  UN OURAGAN DE GLOIRE.  »

Selon sa vocation d’ «  aimer, de faire aimer et redescendre pour faire aimer l’Amour  », Thérèse s’était entendue avec ses sœurs pour la publication de ses écrits.

Très vite, l’Histoire d’une âme se répand, enflammant les cœurs. Les miracles surabondent et les Papes brûleront les étapes pour parvenir à la canonisation de «  la plus grande sainte des temps modernes  », qui envoie par les artères de l’Église un sang neuf dans toutes les directions, au point de devenir Patronne des missions avec saint François-Xavier  ! Tout en étant mêlée aux drames du XXe siècle et en particulier à Charles Maurras et à l’Action française. Ce qui suscitera cette exclamation de frère Gérard, au sortir de la conférence  : «  C’est merveilleux  ! Voilà qu’au Ciel, on fait de la politique  !  »

LA NOUVELLE JEANNE D’ARC, LIBÉRATRICE DE L’ÉGLISE.

Notre Père parvient à la conclusion de sa retraite. Il récapitule la dimension nouvelle de Thérèse, qui lui apparaît comme une préfiguration de l’Église en nos temps apocalyptiques et la coopératrice du salut de l’Église et du monde.

En effet, Thérèse, malgré l’ouragan de gloire, tari actuellement, n’a pas achevé sa mission. «  C’est trop de perfection, s’exclame notre Père, trop de doctrine forte, c’est trop d’amour et de grâce pour ne pas être prometteur encore de bienfaits nombreux. La pluie de roses, nous ne l’avons pas vue, nous n’en avons que quelques pétales.  »

Sa vie, retracée dans ses différentes étapes, nous éclaire sur notre actualité avec des parallèles saisissants entre les événements de Thérèse et ceux, politiques et religieux, de notre siècle, pour s’achever dans l’espérance des “ Triomphes du Ciel ” qu’elle écrivit et joua  ! C’est la promesse du salut de la France enfin repentante, par la médiation de sainte Jeanne d’Arc… et de sainte Thérèse  !

ACTUALITÉS

Établis dans cette vue orthodromique des événements que nous vivons, nous étions préparés à écouter la conférence d’Actualités de frère Bruno prononcée par frère Pierre-Julien. Avec la conférence du Samedi saint consacrée aux Actualités religieuses, elle forme un diptyque qui montre que le Pape tient entre ses mains le salut de l’humanité, tant spirituel que temporel.

SAMEDI SAINT 20 AVRIL  : ACTUALITÉ DE JUDAS  !

«  Ce qui est terrifiant dans l’Église, aujourd’hui, c’est l’activité qu’y déploie Judas  », avait commencé frère Bruno, précisant immédiatement sa pensée  : «  Le réquisitoire du pape Benoît XVI, pape émérite, publié jeudi 11 avril 2019, six ans après sa démission, est un comble  ! Il a pour objet la crise de l’Église qui lui fit jeter l’éponge le 11 février 2013, alors qu’il était le principal responsable de cette crise.  »

Notre Père l’avait démasqué dès 1985 puis suivi à la trace toute sa vie  : Joseph Ratzinger, avait été le théologien privé et l’âme damnée du cardinal Frings, le chef du parti réformiste allemand au Concile. Tout au long de son irrésistible ascension, il n’eut pas d’autre but que de faire réussir le complot moderniste destiné à abattre la foi catholique romaine, d’abord par le démantèlement du Saint-Office, et ensuite par la conquête du trône pontifical. Objectifs atteints  !

Le voici maintenant qui dénonce «  l’écroulement de la théologie morale  » et l’effroyable corruption qui gangrène le clergé depuis le Concile… C’est une récidive de son fameux «  cri d’alarme  » de 1984, qui avait donné quelque espoir à notre Père lui-même. Débordé sur sa gauche, Ratzinger a beau jeu de jouer l’homme d’ordre, pour prévenir et canaliser toute velléité de réaction et mieux défendre son Concile  !

Et la manœuvre fonctionne à tous les coups. Le dernier exemple est le cardinal Sarah dont le récent ouvrage Le soir approche et déjà le jour baisse (Fayard) est aussi un cri d’alarme pathétique.

«  À la suite de Jésus, dit-il, l’Église vit le mystère de la flagellation. Son corps est lacéré. Qui porte les coups  ? Ceux-là mêmes qui devraient l’aimer et la protéger  !

«  Ce qui apparaît désormais au grand jour a des causes profondes qu’il faut avoir le courage de dénoncer avec clarté. La crise que vivent le clergé, l’Église et le monde est radicalement une crise spirituelle, une crise de la foi. Nous vivons le mystère d’iniquité, le mystère de la trahison, le mystère de Judas.  »

Mais cette plainte est stérile, faute de dénoncer l’origine de la crise  : l’apostasie du concile Vatican II et des Papes qui l’ont mis en œuvre. Pire  : au même moment où il déplore les conséquences du «  culte de l’homme  » proclamé par le pape Paul VI à Saint-Pierre de Rome, le 7 décembre 1965, il accepte d’insérer sur l’ordre du pape François, dans l’office propre de “ saint Paul VI ”, «  ce Discours dont il est certain qu’il n’y en a jamais eu de tel dans les annales de l’Église et qu’il n’y en aura jamais, ce Discours blasphématoire qui culmine dans la proclamation, à la face du monde et à la Face de Dieu, du culte de l’homme  : “ Nous aussi, nous plus que quiconque, nous avons le culte de l’homme. ”  » (Liber accusationis, 1973, t. I, p. 19)

Plus clairvoyant que le cardinal Sarah, Mgr ­Schneider met en cause le pape François sous trois chefs très précis, à propos du mariage, de la peine de mort et de la diversité des religions.

Deux semaines plus tard, frère Bruno a aussi étudié la Lettre ouverte aux évêques des vingt universitaires et théologiens, qui a défrayé la chronique fin avril. Elle énumère quant à elle sept propositions hérétiques reprochées au Saint-Père. Le grief principal est le luthéranisme de François sur la question de la grâce et de la justification, citations suffocantes à l’appui. Ce sont ces erreurs doctrinales qui expliquent sa pastorale scandaleuse et sa promotion du lobby homosexuel.

En conséquence, les auteurs de la Lettre demandent aux évêques d’interpeller le pape François afin qu’il rejette ces hérésies.

Mais d’où lui viennent-elles  ? Cet exposé froid et même glaçant des erreurs du Pape ne dit rien sur sa vie, ses antécédents, comment il a attrapé le virus. Rien… car si les auteurs racontaient la vie du pape François, peut-être leur faudrait-il remonter à ­Vatican II, la cause de tous ces maux, et aux désastreux pontificats précédents, dont ils ne disent rien. Accuser François sans dénoncer le Concile, c’est administrer un antalgique à un malade sans soigner son mal  ! Mais pour ces gens-là, la liberté religieuse, l’ouverture au monde ne semblent pas faire difficulté  ! Avant de faire remontrance au Pape, il faudrait peut-être balayer devant sa porte  ?

Quand le Pape est hérétique, comment sortir de la crise  ? Les 30 et 31 mars 2017, un colloque organisé à Sceaux par l’université Panthéon-Sorbonne, a étudié la question de la déposition du Pape, s’intéressant en particulier au cas de Paul VI. Or deux intervenants, Cyrille Dounot, professeur d’histoire du droit et ­Olivier Échappé, conseiller à la Cour de cassation, ont rompu la loi du silence en présentant les accusations d’hérésies, schisme et scandale formulées par notre Père. Ils reconnurent en lui le seul théologien qui a su définir et tenté d’ouvrir une voie canonique permettant d’évincer, déposer, chasser un Pape qui déviait de la doctrine de la foi catholique.

Les théologiens proposent deux solutions, que Mgr Schneider aujourd’hui, récuse également, de même que notre Père  : «  Papa hæreticus depositus est… un pape hérétique est déposé.  » Solution impraticable dans nos temps de confusion  ! «  Papa hæreticus deponendus est… un pape hérétique doit être déposé.  » Mais qui jugera le Pape  ? Or voici le coup de génie de notre Père  : «  Le dogme du Vatican (I) seul apporte une solution réaliste. Qui jugera le Pape  ? Mais le Pape lui-même dans son infaillible magistère doctrinal  !  » (CRC n° 69, juin 1973, p. 10).

Le dogme de l’infaillibilité pontificale est la clef de voûte du procès du Pape hérétique. Notre Père ne se contenta pas d’en faire la démonstration théorique. Après le Concile, par la série de ses démarches canoniques à Rome, il mit en œuvre ses propres enseignements, réalisant à lui seul et en toute légalité l’instruction du procès du Saint-Père, jusqu’à son acte d’accusation par le dépôt de son Livre d’accusation de 1973 et son appel à un jugement infaillible. Cette conférence est une synthèse remarquable de tout le combat de notre Père  !

DIMANCHE 5 MAI  : LA POUDRIÈRE.

L’actualité politique mondiale est la conséquence des actualités religieuses  : la guerre est le châtiment de l’apostasie de l’Église et du Pape.

C’est au Moyen-Orient que pourrait bien se produire l’étincelle qui embrasera le monde entier, si le pape François persiste à ne faire aucun cas des demandes de la Vierge Marie pour obtenir la paix. Iran, Irak, Syrie, Hezbollah… Les tensions entre les États-Unis et Israël d’une part et l’Iran et ses alliés de l’autre ne cessent de s’accroître. Le dernier épisode est le “ printemps algérien ”, sanctionnant les trop bonnes relations du gouvernement Bouteflika avec la Russie, l’Iran et la Syrie de Bachar el-Assad.

Que devient la France dans ce contexte si périlleux  ? L’incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris nous la révèle plus que jamais livrée à ses démons républicains. Attentat ou accident  ? La réponse est un secret de polichinelle dans la mesure où ce désastre tombe à pic pour réaliser le projet futuriste de transformation de l’île de la Cité demandé par Hollande et Hidalgo, fin 2016, en vue des Jeux olympiques de 2024… Ne comptons donc pas sur Macron pour reconstruire la France. Le châtiment de cette impiété est l’incurie de son gouvernement, incapable de réformer les dépenses publiques.

La France est donc plus que jamais la fille aînée d’une Église romaine en pleine apostasie. La Mère et la Fille sont d’ailleurs en train de se laisser séduire par l’Antichrist de Pékin. À l’occasion de sa visite d’État en France, parlant le même langage que son compère le pape François avec lequel il a signé son pacte le 22 septembre 2018, Xi Jinping a appelé la France et la Chine à un développement commun sur la base de l’indépendance, de l’ouverture, l’inclusion, l’enrichissement mutuel et la responsabilité. Gaudium et Spes, prêché par le chef du parti communiste chinois  ! Et frère Bruno de conclure dramatiquement  : «  Si Xi Jinping réussit à dominer le monde pour le centenaire de la République populaire de Chine, s’accomplira la prophétie de sœur Lucie de Fatima selon laquelle le monde entier serait un jour communiste. Et le mouvement d’animation de cette démocratie universelle en aura évincé l’Église catholique.  »

À moins que le processus de “ dédollarisation ” entrepris par les économies russe et chinoise, et autres, qui refondent petit à petit leurs échanges sur la garantie effective de la valeur de l’or, ne devienne la mèche enflammée qui mette le feu à la poudrière mondiale. En effet, ce processus aboutira à mettre les États-Unis dans l’impossiblité de faire financer leur dette par le monde entier… Alors, pour sauver la souveraineté du dollar, les Américains feront la guerre, exploitant un casus belli quelconque. Ce ne sont pas les prétextes qui manquent  : les provocations de la turbulente Corée du Nord  ; la lutte pour le contrôle des îles Senkaku entre la Chine et un Japon qui s’arme  ; la volonté chinoise d’annexer Taïwan…

Un seul môle de paix dans ce monde furieux  : la Russie de Vladimir Poutine. Il est fort, grâce à ses nouveaux systèmes d’armes sans rivaux. Il est sage, cherchant à éviter à tout prix des confrontations qui nuisent même au vainqueur. Enfin, pour notre consolation, il tend encore la main à notre France pitoyable, lui offrant ses condoléances et son aide après l’incendie de Notre-Dame et rappelant, lui seul  ! qu’il s’agit d’un sanctuaire chrétien.

Mais pour réaliser pleinement ses desseins de paix par la Russie, le Cœur Immaculé de Marie veut que cette nation lui soit consacrée. L’analyse géopolitique de la situation mondiale ne fait que mettre en relief la nécessité de cette condition  ! Encore faut-il que le Pape daigne obéir aux demandes de Notre-Dame… Prions beaucoup pour le Saint-Père  !

frère Guy de la Miséricorde.