La Contre-Réforme catholique au XXIe siècle
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La Ligue  : Regina Pacis, ora pro nobis  !

CE lundi 13 mai a commencé un nouveau cycle de célébration des apparitions de Fatima, particulièrement solennisées par nos communautés de Petits frères et de Petites sœurs du Sacré-Cœur. Dans le déluge de scandales et de corruption qui submerge l’Église et la France, menaçant nos familles même, Notre-Dame de Fatima est le gage de notre espérance  ! Ne nous a-t-elle pas promis le triomphe final de son Cœur Immaculé et «  un certain temps de paix  » pour le monde  ?

VŒUX PERPÉTUELS

La veille, dimanche 12 mai 2019 nos sœurs Camille-Marie de la Mission, Ghislaine de Jésus Ressuscité et Constance de Notre-Dame de Liesse avaient prononcé leur vœu de vivre pour toujours dans la pauvreté, la chasteté et l’obéissance de leur état de Petites sœurs du Sacré-Cœur. Elles demandèrent à leur frère prieur, frère Bruno, la grâce de persévérer «  dans cette vocation de moniale-missionnaire dont notre Vénéré Père Charles de Foucauld nous a laissé l’exemple et nous a tracé la Règle, à la ressemblance et au service de Jésus le Modèle Unique, dans une vie proche de celle de Nazareth, au milieu d’un monde infidèle et païen, pour montrer son Cœur et sa Croix, l’adorer dans le divin Sacrement de son amour et manifester de notre mieux, quoi qu’il en coûte, sa charité à tous nos frères humains  ».

Pour leurs familles, assister à une telle cérémonie fut un puissant encouragement à suivre l’exemple de nos sœurs, en se cramponnant de plus belle à notre Communion phalangiste  : cette “ arche franco-­catholique ” que notre Père fonda “ en avant de tous les déluges ”, pour préserver ses disciples de la désorientation diabolique.

Frère Bruno profita du sermon pour définir notre vocation de Contre-Réforme, à laquelle se sont vouées totalement nos trois sœurs et que partagent aussi les membres de notre tiers ordre.

LA CONTRE-REFORME SOUS LE SIGNE DE FATIMA.

Quelle est la première des vertus du catholique de Contre-Réforme  ? La petitesse  ! Après une année passée dans l’admiration de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus et la méditation de sa “ Voie d’enfance ”, frère Bruno commença par exhorter nos sœurs à imiter Maria Sanctissima Bambina, l’Immaculée Conception que Dieu aime de toute éternité, parce qu’elle a quelque chose qu’Il ne possède pas  : “ elle est petite ”.

Cette petitesse qui nous introduit dans le lignage de l’Immaculée, est la pierre de touche qui divise depuis le péché originel l’humanité en deux camps irréconciliables  : les enfants de Marie et la race de Satan qui cherche à perdre les hommes par l’orgueil. Les apparitions de Fatima marquent l’ultime péripétie de cette lutte sans merci. Notre-Dame y a énoncé l’alternative avec une parfaite netteté  : «   Vous avez vu l’enfer où vont les âmes des pauvres pécheurs. Pour les sauver, Dieu veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur Immaculé.  » Dès lors, il n’y a pas de milieu. Il n’y a pas de “ liberté religieuse ” autre que celle de choisir entre la dévotion au Cœur Immaculé de Marie et le culte de Satan qui se cache derrière toutes sortes d’idoles, aujourd’hui l’homme lui-même, devant lequel s’est prosterné le concile Vatican II.

Quelle est la vocation de ces petites âmes, enfants de Marie  ? Commentant la vision du troisième Secret, frère Bruno appela nos trois professes, et nous tous à leur suite, à aider les âmes à «  s’approcher de Dieu  »  : d’abord par un apostolat silencieux, selon le mystère de la Visitation si cher au cœur du Père de ­Foucauld. Mais il faut être prêt à aller jusqu’au martyre, pour que notre sang arrose les âmes qui s’approchent de Dieu. Et la première d’entre elles est celle du Saint-Père, car tout dépend de lui  : le salut éternel des pécheurs par la dévotion réparatrice des premiers samedis, et la paix dans le monde par la consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie.

Avec le salut des âmes, notre grand souci doit être de «  consoler  » Jésus et Marie, non pas de ce qu’ils ont souffert jadis, mais de ce qu’ils souffrent aujourd’hui, de tous les mépris de l’humanité. Aussi, frère Bruno acheva son sermon par ces mots  :

«  Mes sœurs, vous voilà vouées à perpétuité, pour toujours, à cette vocation de retirer une à une toutes les épines qui déchirent le Cœur Immaculé de Marie, symbole des nombreux péchés qui se commettent contre son Fils et atteignent le Cœur de sa Mère. Ma sœur Camille-Marie de la Mission, pour la guérison de l’Église malade du Concile – c’était le métier de votre saint patron, saint Camille de Lellis, n’est-ce pas  ? – ma sœur Ghislaine de Jésus Ressuscité, pour la résurrection de l’Église, ma sœur Constance de Notre-Dame de Liesse, pour la joie incomparable que nous aurons à voir le sourire revenir sur le visage de Marie, à jamais  ! Ainsi soit-il  !  »

La grand-messe s’acheva par la procession de sortie, en deux files interminables de frères puis de sœurs. Pour nos deux sœurs Ghislaine et Constance, petites sœurs missionnaires de notre maison Saint-Georges au Québec, nous ne pouvions chanter un autre chant que le cantique du Père Henry, ce saint missionnaire oblat de Marie Immaculée au Cercle polaire  : “ La Croix à la ceinture ”.

Aussitôt la procession achevée, nos sœurs furent livrées pour quelques heures à la tendresse de leurs familles, d’autant plus empressées que nos deux sœurs canadiennes ne séjournaient en France que pour célébrer leurs noces avec leur divin Époux. Discours paternels, chants des familles et chants de nos sœurs se succédèrent pendant le repas, qui se prolongea tard dans l’après-midi  ! Jusqu’au chapelet, après lequel frère Bruno prononça un second sermon qui lui permit d’expliquer le symbolisme des rites de la profession perpétuelle.

«  QUE J’AIME CES VIEUX AMIS DE DIEU…  »

Avant de prononcer leurs vœux, les trois professes avaient avancé d’un pas vers l’autel, pour exprimer la fermeté de leur décision. Puis elles s’étaient étendues sur le sol, face contre terre, et avaient été recouvertes du drap mortuaire noir. Stupeur  ! Les chantres avaient alors entonné les Litanies des saints, reprises par la foule afin d’implorer les secours du Ciel. Une fois achevée cette supplication véhémente, nos trois sœurs s’étaient relevées de leur prostration pour recevoir les signes de leur vie nouvelle d’épouses du Christ  : la croix, l’anneau et la couronne des noces.

Pour dévoiler le sens de ce mime si impressionnant de la mort et de la résurrection, frère Bruno nous lut la Page mystique de notre Père de janvier 1975, dans laquelle il commentait l’office des vêpres  :

«  Combien j’envie ces vieux amis de Dieu qui l’aiment tant que le péché n’a plus d’attrait sur eux et que leurs âmes baignent dans la joie… Il faut mourir certes pour cela, mais n’est-ce pas aussi ressusciter et vivre dès maintenant et pour toujours avec le Christ  ? Heureux ceux qui ont fait le pas décisif et que vous conduisez par la main, ô Jésus, de ces nones sanglantes, terrifiantes, aux vêpres d’une lente et splendide vieillesse  !  »

Nos nouvelles professes comptent désormais parmi ces “ vieux amis de Dieu ”  ! Et notre Père de dépeindre par avance ce que seraient les trente-cinq années qu’il lui restait encore à vivre  :

«  Avant de gagner le Ciel, à moins de destin extraordinaire et rare, il convient que les saints de Dieu et vrais fidèles du Christ soient ici-bas pour leurs frères les dispensateurs magnifiques des biens immortels. Il en est dont l’âge mûr et le déclin sont comme un bel automne chargé de fruits abondants et de feuillage pourpre, je veux dire de services rendus à l’Église et de créations inoubliables… D’autres tirent de leur mort à eux-mêmes et au monde une vitalité, une énergie qui les jettent sur les grands chemins de la prédication évangélique et les établissent princes au milieu de nous, docteurs et gouverneurs de peuples, comme les moissons des grands soirs d’été qui ne finissent pas. D’autres encore avancent, depuis longtemps sacrifiés, renoncés, comme aux soirs ­d’hiver sombres les longues veillées tristes, et souffrent maladies et infirmités, mépris et abandons, gêne et pauvreté, misères de toutes sortes, inlassablement, comme rivés à ce poste de la souffrance rédemptrice et oubliés là par leur Seigneur. Tels l’olivier dépouillé que tourmente inutilement le vent.

«  Oh  ! pour ces vêpres uniques, viens à mon aide Seigneur, hâte-toi de me secourir  ! Que je meure avant ma mort pour te rendre témoignage et servir ou, si je ne m’y résous pas de moi-même, tout au moins que je meure en ma mort, pour m’en aller enfin vivre en ta Vie éternellement.  »

Qu’il est émouvant de relire ces pages maintenant que leur auteur est parvenu au terme de sa course  ! C’est la même carrière qui est promise à nos sœurs, mortes et ressuscitées avec leur Époux Jésus-Christ.

PÈLERINAGE A PICPUS

Pour entretenir leur ardeur CRC, les amis de la région parisienne ont la chance de pouvoir profiter des pèlerinages organisés par frère François. Samedi 18 mai, une bonne centaine d’entre eux, dont une moitié d’enfants, le rejoignirent dans la chapelle de la Congrégation des Sacrés-Cœurs de Jésus et de Marie, au 35 rue de Picpus, dans le XIIe arrondissement.

Ce lieu est triplement sanctifié par la rencontre providentielle de la dévotion à la Madone la plus vénérée du Paris de l’Ancien Régime, de la mémoire des martyrs de la Révolution et du rayonnement apostolique de deux saints contre-révolutionnaires  : le Père Coudrin et mère Henriette Aymer de La Chevalerie.

NOTRE-DAME DE PAIX, DÉVOTION DE CONTRE-REFORME.

Frère François commença par rassembler son monde au pied de la statue de Notre-Dame de Paix, qui trône parmi de nombreux ex-voto, au sommet d’une colonne, dans le transept de la chapelle, côté Évangile. Après une dizaine de chapelet, pour donner le temps aux retardataires d’arriver, notre frère raconta l’histoire de cette statue qui fut jusqu’à la Révolution française, la plus populaire des dévotions mariales de la capitale.

Cette petite statue de bois sombre, de trente-trois centimètres, fut sculptée dans la première moitié du seizième siècle par un artiste languedocien qui s’appliqua à lui donner tous les caractères de la beauté grecque, selon le goût de la Renaissance. Que l’aspect de cette Vierge est charmant  ! Vêtue à la grecque, elle porte par-dessus sa longue tunique – le chiton –, un casaquin renaissance (corsage), lacé jusqu’à la taille. Le sculpteur lui a en outre jeté sur les épaules, selon la mode du temps, un fichu aux pans noués sur la poitrine et tombant court.

Dans sa main droite, la Très Sainte Vierge tient un rameau d’olivier, symbole de paix, comme la colombe de Noé annonçant la fin du déluge et la miséricorde de Dieu. Sur son bras gauche repose l’Enfant-Jésus. Il serre dans sa main droite la Croix et dans sa main gauche le globe du monde.

Cette statuette avait été commandée par la célèbre famille de Joyeuse. Parmi les sept fils du comte Guillaume de Joyeuse, gouverneur du Languedoc, qui connurent tous une destinée illustre au service de la couronne et de la Contre-Réforme catholique, Notre-Dame de Paix échut à Henri, qui lui était le plus dévot. Ami intime du saint roi Henri III, comblé de titres, d’honneurs et de gloire militaire, Henri de Joyeuse abandonna la Cour en 1587 pour entrer chez les capucins où il reçut le nom de frère Ange. Mais au plus fort des guerres de la Ligue qui suivirent l’assassinat d’Henri III, un ordre du Pape l’arracha à son couvent  : il dut troquer sa bure contre la cuirasse et prendre le commandement des armées du Midi de la Ligue contre Henri de Navarre. Notre capucin fut nommé maréchal  !

Henri IV converti, il lui fit sa soumission et reprit à la Cour l’existence brillante qu’il y avait menée auparavant. Jusqu’au jour où, pour la seconde fois, il délaissa les éclats du monde pour retrouver son humble vocation de fils de saint François, dans laquelle il demeura jusqu’à sa mort en 1608.

La Vierge de Paix, qui était entrée avec lui au monastère, resta propriété des capucins et fut placée dans une niche de la façade du couvent. Mais elle y demeura quasi ignorée pendant un demi-siècle.

UNE DÉVOTION POPULAIRE.

Dieu attendait son heure. Elle sonna tout à coup le 21 juillet 1651 et cette Vierge délaissée prit soudain l’initiative de manifester sa puissance.

Ce jour-là, raconte le Père Médard, témoin oculaire, «  chose admirable, par un ordre du Ciel, publié par la voix des petits enfants, quelques-uns s’assemblent qui chantent à gorge déployée des Salve, prosternés devant cette sainte image, pour honorer la Mère de Dieu. Ils crient si haut qu’ils se font entendre de la ville et des faubourgs. Les jeunes garçons s’assemblent, viennent par troupes, pieds nus, chantant les Litanies de la Vierge. Tout le monde accourt en si grande foule qu’à peine pouvait-on passer par la rue. Les malades ont la ferme croyance qu’ils retrouveront santé en un lieu où personne encore n’était venu la demander.  » L’affluence augmente, la nuit qui tombe n’arrête pas l’enthousiasme populaire. Le silence des capucins est interrompu sans cesse par des cris  : “ Miracle  ! Miracle  ! ”

Les jours suivants, les foules persévèrent, invoquant la “ Reine de la Paix ” avec une ardeur croissante, et les guérisons se multiplient  ! Des projets sont formés pour porter la statue en un lieu plus honorable et, craignant d’en être dépossédés, les capucins sont contraints de l’introniser solennellement dans leur église, auprès de la tombe du Père Ange qui l’avait tant aimée. Désormais, l’élan de dévotion est lancé et les pèlerinages continuent, si nombreux que la chapelle du couvent s’avère bientôt trop petite. Un sanctuaire plus vaste est construit en 1657. Le 9 juillet, date qui deviendra la fête liturgique de Notre-Dame de Paix, Mgr le nonce lui-même y porte la sainte Image en présence du jeune roi Louis XIV, de sa mère et de toute la Cour. De la plus haute noblesse jusqu’aux petites gens, c’est tout le peuple de Paris qui communie dans un même amour pour sa divine Souveraine.

On se prend à espérer que demain, Notre-Dame de Fatima agira de même pour convertir le cœur du Saint-Père et ceux de tous ses enfants et, enfin, nous donner la Paix que Dieu lui a confiée…

UNE DÉVOTION ROYALE.

C’est l’année suivante que Notre-Dame de Paix mit le comble à ses faveurs. En 1658, le jeune roi Louis XIV est aux armées, à Calais. Au lendemain de la victoire des Dunes, remportée par Turenne le 14 juin, il tombe gravement malade. Bientôt, il est à la mort. La reine-mère, Anne d’Autriche, accourue à son chevet, réclame des prières dans toute la France. Le 7 juillet, les capucins de la rue Saint-Honoré apprennent la nouvelle et adressent aussitôt leurs supplications à leur Protectrice, rejoints par des membres de la Cour.

Le 8 juillet au soir, le cardinal Mazarin écrit à Turenne pour lui faire part de son angoisse, tandis qu’aux pieds de la Vierge de Paix, messes solennelles, expositions du Saint-Sacrement et processions se ­succèdent.

Or le lendemain 9 juillet, jour de la fête de Notre-Dame de Paix, Mazarin ajoute à sa lettre un post-scriptum  :

«  8 heures du matin, addition du 9 juillet 1658.

«  J’ai la plus grande joie de vous dire que le Roi se porte beaucoup mieux et à un tel point que les médecins disent qu’il n’y reste presque plus rien à craindre. Je me réjouis avec vous de tout cœur des grandes apparences qu’il y a de la guérison du Roi.  »

Deux heures plus tard, il écrit à Colbert  :

«  Vous verrez par la lettre ci-jointe, comme nous respirons et les espérances que nous avons que Dieu sortira le Roi de cette fâcheuse maladie.  »

Et le 10 juillet à 3 heures de l’après-midi, il ajoute  : «  Je ne puis m’empêcher de vous faire part de ma joie et de vous dire que Sa Majesté est tout à fait hors de danger. Tous les médecins en répondent unanimement. Il faut espérer que Dieu répandra plus que jamais ses bénédictions sur ce Royaume puisqu’il a plu à sa divine bonté de nous redonner le Roi. Je dis re-donner, car on peut bien dire sans exagérer qu’il est ressuscité.  »

Le Roi sut montrer sa reconnaissance  : rentré à Paris le 14 août, il réserva sa première sortie pour honorer Notre-Dame en sa cathédrale, au jour de son Assomption. Et le surlendemain 16 août, nous rap­porte le Père Médard, «  il vient à Notre-Dame de Paix pour lui rendre sa reconnaissance, renouvelant ses protestations pour son service avec une dévotion extraordinaire  ». Quant à la reine-mère, elle voulut laisser un ex-voto dans la chapelle en action de grâces. Elle commanda au peintre Mignard une immense toile représentant la maladie du Roi et les capucins en prières devant la Vierge. Ce chef-d’œuvre, aujourd’hui conservé à Versailles, devait être un témoignage pour les siècles futurs.

Après un miracle si éclatant, la chapelle de la rue Saint-Honoré devint un centre de pèlerinage, attirant des foules tous les 9 juillet. Une véritable prière universelle y montait vers Notre-Dame de Paix  : pour la paix de la France, la paix des familles, la paix des cœurs, le soulagement de toutes misères… «  Les consolations que chacun y reçoit sont indicibles, témoigne le Père Médard, il n’est guère de personnes qui ne ressentent ses assistances.  »

Frère François expliqua à son auditoire que si la Sainte Vierge avait guéri miraculeusement Louis XIV, c’est parce que le Sacré-Cœur avait sur lui de grands desseins, qu’il révéla en 1689 à sainte Marguerite-­Marie à Paray-le-Monial. Las  ! Infatué de sa grandeur, le roi de France refusa l’alliance que lui proposait le Ciel, attirant le malheur sur sa famille, sur son trône et sur la France.

Cent ans plus tard, les révolutionnaires expulsèrent les capucins de leur couvent au nom de la Liberté. La statue miraculeuse fut heureusement soustraite au pillage par l’un des religieux et demeura cachée tout le temps de cette révolution satanique. Lorsque prit fin la tourmente révolutionnaire, en 1806, à la suite d’un concours de circonstances providentielles, l’image de Notre-Dame de Paix fut donnée à la mère Henriette Aymer de La Chevalerie qui venait d’établir sa jeune congrégation de sœurs des Sacrés-Cœurs de Jésus et de Marie dans l’ancien couvent des chanoinesses de Saint-Augustin de la rue de Picpus. C’est ainsi que la Vierge de Paix devint picpucienne.

LE RÈGNE DE LA TERREUR À PARIS.

Après une nouvelle dizaine de chapelet, frère ­François nous raconta l’histoire du domaine de la rue de Picpus, qui est inséparable des événements tragiques de la Grande Terreur de l’été 1794. C’est pourquoi il commença par expliquer comment la Révolution de 1789 devait nécessairement mener aux atrocités de la Terreur, pour se maintenir et pour instaurer le règne de la Liberté et de l’Égalité. En quelques propositions concises, ce furent des torrents de lumière bien propres à dissiper la confusion instillée méthodiquement dans l’esprit de nos enfants par l’Éducation nationale.

Le dernier numéro du Figaro histoire lui-même le reconnaît  : «  La Terreur apparaît bien comme ce qu’elle est  : non pas un accident de la Révolution, mais son essence même.  »

Et preuve que la vérité peut encore intéresser des jeunes gens, ce message encourageant reçu par frère François le surlendemain  : «  Étudiante en droit et sciences politiques, résidant à Paris, je suis venue pour la première fois à une sortie CRC le 18 mai à Notre-Dame de Paix. La sortie m’ayant beaucoup plu, je compte revenir aux prochaines permanences. En union de prières.  »

Les ravages de la guillotine sont donc la suite logique de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Cependant, la Convention craint un soulèvement du peuple de Paris excédé par tant de sang et, par étape, l’échafaud sera éloigné du centre de Paris, afin d’être moins visible  : établi place du Carrousel, il est démonté une première fois et transporté place de la Révolution, ci-devant place Louis XV (actuellement place de la Concorde) pour l’exécution de Louis XVI. En effet, ce nouveau site permettait de disposer de nombreuses troupes – vingt mille hommes le 21 janvier 1793 – et des canons pour parer à un soulèvement populaire. La guillotine y sera ins­tallée définitivement le 11 mai 1793 et y demeurera jusqu’au 9 juin 1794  : fauchant mille deux cent vingt victimes en treize mois  !

Éloignée place de la Bastille, elle reprend son travail. Mais la chaleur devenant torride, le spectacle et l’odeur sont insupportables. Les protestations des Parisiens sont si vives que dès le 14 juin, le couperet est déplacé place du Trône, rebaptisée place du Trône-Renversé (l’actuelle place de la Nation), c’est-à-dire presque à la campagne. Lors de la séance d’inauguration, trente-huit têtes sont tranchées  ! C’est le début de la “ Grande Terreur ”, qui se poursuivra jusqu’au renversement de Robespierre, le 9 thermidor (27 juillet). Chaque jour, des fournées de trente, quarante et jusqu’à soixante-huit condamnés sont guillotinées  : mille trois cent six au total en six semaines  !

Un problème tragique dut être réglé sans délai  : que faire des cadavres sanglants  ? Il fallut trouver un emplacement proche et isolé, sans avoir à passer à travers un quartier populeux avec l’horrible tombereau suintant de sang, rempli de corps mutilés. Finalement, le comité révolutionnaire réquisitionna le fond du jardin de l’ancien couvent des chanoinesses de Saint-Augustin de la rue de Picpus, qui en avaient été chassées en mai 1792. Les murs de la clôture constituaient une protection efficace pour les révolutionnaires qui pourraient inhumer discrètement les suppliciés dans de vastes fosses communes.

On comprend la méfiance de la Convention, car la liste des victimes révèle que c’est le peuple de Paris qui a payé le plus lourd tribut à la Terreur durant cet été 1794  : 702 gens du peuple, dont 123 femmes, pour 178 gens d’épée, 136 gens de robe, 159 nobles dont 51 femmes, 108 gens d’Église, et 23 religieuses, parmi lesquelles les 16 bienheureuses carmélites de Compiègne. Frère François nous montra les longues colonnes de noms qui s’allongent sur les murs des deux transepts de la chapelle de Picpus. Ce massacre suffit à donner la haine de la Révolution  !

LES MARTYRS DE LA RÉVOLUTION.

Après tant d’horreur, frère François évoqua plusieurs figures admirables de condamnés de la place du Trône. Ce sont de véritables martyrs, dont le sacrifice expiatoire constitue la face lumineuse du drame de la Révolution. Leurs mérites valurent à l’Église de France son admirable renaissance charitable et missionnaire au siècle suivant. Quel dommage que Le Figaro Histoire d’avril-mai 2019 consacré à la Révolution française ne leur accorde pas une seule ligne  ! Et pourtant, il suffit de relire le récit de ces martyrs pour être bouleversé.

Le 16 juin 1794, à la fin d’une liste de quarante-­deux condamnés, tous gens du peuple, une simple couturière  : Élisabeth Minet, quarante-six ans.

Elle est condamnée parce qu’elle a «  cherché à réveiller le fanatisme en colportant et en mettant en vente des figures superstitieuses  ». De plus, elle n’a pas voulu, dès la première injonction des sans- culottes, leur remettre le livre qu’elle gardait en main. «  C’est que je l’aime beaucoup pour prier le Bon Dieu… Je prie bien sans livre, mais le cœur ne dit pas tout comme dans les livres.  » Elle est catholique fervente. Cela suffit pour une condamnation à mort.

Vendredi 27 juin 1794, jour de la fête du Sacré-Cœur. En tête de liste des trente et un condamnés  : Philippe, duc de Noailles-Mouchy, maréchal de France, soixante-dix-neuf ans.

Il était resté fidèle à son Roi dans les pires moments  : le 20 juin 1792, lorsque la populace ameutée par les jacobins avait envahi les Tuileries, le maréchal, demeuré près du Roi, avait fait de son corps un rempart pour le souverain  ! Arrêté avec son épouse le 16 octobre 1793, il est emprisonné dans la prison du Luxembourg, dans une mansarde sous les combles. Le vieux maréchal montre une patience sublime  : «  Dieu le veut. Adorons ses desseins  », déclare-t-il simplement. Au mois d’avril, le maréchal et sa femme sont rejoints par les trois dames de Noailles  : la belle-sœur du duc de Mouchy, veuve du maréchal de Noailles, avec sa fille la duchesse d’Ayen et sa petite-fille la vicomtesse de Noailles qui deviendra l’ange du cachot.

Le 26 juin, le duc est transféré à la Conciergerie. Son épouse n’est pas appelée, mais proteste si bien qu’elle obtient de le suivre  ! Tandis que la charrette s’ébranle, une voix s’écrie  : «  Courage, Monsieur le Maréchal  !  » La réponse sonne avec fierté  : «  À quinze ans, je suis monté à l’assaut pour mon Roi  ; à quatre-vingts ans, je vais monter à l’échafaud pour mon Dieu. Mes amis, je ne suis pas à plaindre  !  »

Le lendemain, après un simulacre de procès, le duc et la duchesse sont conduits à la place du Trône. L’abbé Carrichon, prêtre oratorien et confesseur des dames de Noailles, s’approche des charrettes grâce à un déguisement laïque  : «  Je les ai eus sous les yeux et fort près de moi pendant plus d’un quart d’heure. Le Maréchal était singulièrement édifiant et priait de tout son cœur.  »

Un misérable crie au vieillard  : «  Les sans-culottes mangeront tes biens et boiront ton vin  !  » Il s’attire cette réponse pleine de noblesse  : «  Dieu veuille que vous ayez du pain dans un an et que vous ne soyez pas réduits à vous manger les uns les autres...  »

La nuit tombe… Le maréchal et son épouse sont guillotinés. Bientôt leurs corps seront basculés dans la fosse de Picpus.

Le 21 juillet, c’est au tour des trois dames de Noailles d’être appelées, parmi quarante-cinq inculpés. Au moment du départ pour la Conciergerie, la duchesse d’Ayen parvient à glisser furtivement pour ses filles un petit livre qui lui est cher  : L’Imitation de Jésus-Christ. Elle vient de méditer le chapitre  : Prendre sa croix de bon cœur et mourir à soi-même. En hâte, elle écrit sur un signet de papier ces seuls mots  : «  Mes enfants, courage et prière  !  » C’est son testament spirituel.

Nuit de prière… «  Inutile de se coucher quand on est si près de l’éternité.  »

Le lendemain, sur le parcours des charrettes, l’abbé Carrichon parvient à se faire reconnaître des dames et leur donne l’absolution. Les femmes courbent le front. Un air de contentement, presque d’allégresse, se peint sur leur visage.

Place du Trône… Voici les condamnées au pied de l’échafaud. La vicomtesse est rayonnante. La foule s’interroge sur la cause de cette joie  : «  Voyez cette jeune femme… comme elle est contente, comme elle prie  !  » L’oratorien remarque chez sa dirigée le même recueillement qu’au moment où elle s’avançait pour communier à la Table sainte. Elle est tout entière au bonheur des noces éternelles  !

Le récit de l’abbé Carrichon est poignant  :

«  Madame d’Ayen monta la dixième. Qu’elle me parut contente de mourir avant sa fille, et sa fille de ne point passer avant sa mère  ! Montée, le maître-­bourreau lui arrache son bonnet  : comme il tenait par une épingle qu’il n’avait pas eu l’attention d’ôter, les cheveux soulevés et tirés avec force lui causent une douleur qui se peint dans ses traits.

«  La mère disparaît, et sa digne et tendre fille la remplace.

«  Quelle émotion en voyant cette jeune dame tout en blanc, paraissant beaucoup plus jeune qu’elle n’était, semblable à un doux petit agneau qu’on va égorger  ! Je croyais assister au martyre d’une de ces dignes et jeunes vierges ou saintes femmes, telles qu’elles sont représentées dans les tableaux de quelques grands peintres.

«  Ce qui est arrivé à sa mère lui arrive aussi  : même inattention pour l’épingle, même signe, même mort. Quel sang abondant et vermeil sort de la tête et du corps  ! “ Que la voilà bienheureuse  ! ” m’écriai-je intérieurement.  »

LES BIENHEUREUSES CARMÉLITES DE COMPIÈGNE.

Après le chant “ Le Ciel en est le prix ”, bien de circonstance, frère François en vint au plus sublime  : le martyre des seize carmélites de Compiègne, guillotinées le 17 juillet 1794 et jetées elles aussi dans la fosse de Picpus. C’est elles principalement que nous voulions honorer par notre pèlerinage. Nous avons tous dans les yeux et les oreilles le souvenir de la musique et des images de la scène émouvante que leur a consacrée frère Henry dans son dernier oratorio (HE 27 – L’avènement du Cœur Immaculé de Marie). Les membres de la Permanence parisienne s’étaient de plus préparés à ce pèlerinage en regardant le 8 mai la pièce de théâtre jouée par les participants du camp de la Phalange le 22 août 1999  : Le vrai martyre des bienheureuses carmélites de Compiègne (La Contre-Réforme catholique n° 359, septembre 1999, p. 1-20). Frère François retraça l’ascension spirituelle de cette communauté prédestinée qui s’offrit unanimement en holocauste, non seulement pour expier les crimes de la Révolution, mais aussi pour réparer tous les outrages de la France infidèle au Sacré-Cœur de Jésus depuis le refus de Louis XIV.

Le 17 juillet, les seize carmélites prennent à leur tour le chemin de la place du Trône. De manière tout à fait providentielle, elles sont toutes revêtues ce jour-là de leur habit religieux  ! Durant le parcours, les sœurs chantent vêpres et complies, le Miserere, le Magnificat, le Salve Regina, au milieu d’un silence respectueux, fait inédit au témoignage de l’un des gardiens.

Arrivées au lieu du supplice, les sœurs s’agenouillent, chantent le Veni Creator et renouvellent leurs vœux. Les bourreaux attendant patiemment qu’elles aient achevé. Finalement, la novice, sœur Constance, ayant demandé à sa supérieure sa bénédiction et ayant embrassé sa statuette de la Sainte Vierge, s’élance la première en chantant le psaume “ Louez le Seigneur, tous les peuples ”. Au dire des témoins, elle avait l’air «  d’une reine allant recevoir son diadème  ». Ses sœurs la suivent, dans le même profond silence de la foule. Si quelques mots se faisaient entendre, ce n’était que pour les plaindre. «  Regarde comme elles ont l’air d’anges  ! Oh  ! par ma foi, si ces femmes-là ne vont pas tout droit en paradis, il est bien à croire que c’est qu’il n’y en a pas.  »

Le sacrifice des carmélites fut agréé par Dieu. Il valut à la France la chute de Robespierre le 27 juillet (9 thermidor), juste dix jours plus tard, et la fin de la Terreur.

LE JARDIN DE PICPUS.

Ce récit achevé, les amis formèrent une procession en longeant les listes des martyrs de la Révolution, pour aller baiser le piédestal de Notre-Dame de Paix et sortir de l’église. En chantant des Je vous aime ô Marie, nous nous dirigeâmes à travers le jardin du couvent vers le “ terrain de la désolation ” qui occupe le fond de la propriété.

Une première station nous arrêta auprès des vestiges de la palissade construite à la hâte par les révolutionnaires pour cacher l’horrible besogne qu’ils allaient accomplir derrière. Elle n’arrêtera pas les odeurs épouvantables qui envahiront le quartier. La femme du citoyen Riédain, qui louait le couvent devenu bien national, en deviendra «  malade d’horreur et d’effroi  » et devra être hospitalisée…

La deuxième station eut lieu près de la porte charretière qui fut percée dans le mur du couvent pour permettre le passage quotidien des tombereaux rouges de la guillotine. Le linteau d’origine subsiste encore.

À quelques mètres de là, troisième station auprès de la “ porte-chapelle ”, – un simple encadrement de porte en pierre, en fait, – qui évoque la grotte- chapelle où les chanoinesses venaient prier en solitude aux temps paisibles de l’Ancien Régime. La Révolution la transforma en un lieu d’horreur. Une inscription explique  : «  Ici se trouvait la grotte-chapelle des dames chanoinesses de Saint-Augustin. En 1794, les fossoyeurs en firent leur bureau pour faire l’inventaire des vêtements dont ils dépouillaient leurs victimes.  »

C’est à cet endroit précis que, à la nuit tombée, les corps mutilés étaient extraits des tombereaux. Ce sol a été imprégné du sang des martyrs  ! À la lumière des torches les bourreaux arrachaient les habits des victimes pour en faire l’inventaire. Ils gardaient ensuite ce butin en guise de pourboire.

Les corps complètement nus étaient emportés et jetés en terre dans les fosses creusées à quelques mètres de là. Elles se trouvent aujourd’hui dans un enclos séparé devant lequel nous fîmes notre quatrième station.

Les révolutionnaires avaient prévu largement  : combien de corps comptaient-ils jeter dans ces fosses  ? La première mesure 40 m² pour une profondeur de 6, 50 m. Elle accueillit les 1 002 corps des condamnés qui furent exécutés avant le 20 juillet 1794. C’est là que se trouvent, mêlés aux autres dépouilles, les corps des bienheureuses carmélites de Compiègne dont les noms sont rappelés sur une plaque à l’entrée de l’enclos. La seconde fosse mesure 65 m², pour une profondeur de 8 m. Le 27 juillet, elle avait déjà reçu 304 con­damnés auxquels furent ajoutés par la suite une centaine d’autres cadavres. Une troisième fosse avait été creusée, qui n’eut pas le temps de servir.

L’emplacement exact de ces fosses ne fut retrouvé qu’en 1929. Cependant, dès que leur existence avait été connue, les familles des victimes s’étaient mobilisées pour acheter le terrain. Elles décidèrent de réserver une parcelle du jardin pour y établir un ­cimetière privé. Au fil du temps, chapelles funéraires et pierres tombales s’alignèrent, portant les plus grands noms de France  : Montmorency, Grammont, La Rochefoucauld, Noailles…

Paradoxalement, la tombe la plus en vue est celle du marquis de La Fayette, qui arbore en permanence un drapeau américain. Il avait en effet épousé une fille de la duchesse d’Ayen. Frère François arrêta quelques instants ses pèlerins pour rappeler en termes vengeurs le mal que fit à la France cet aristocrate corrompu et ambitieux  :

«  Avec le duc d’Orléans, il est l’un des grands responsables de la Révolution française, donc des massacres de 1793-1794.

«  La Fayette s’enthousiasma pour la révolte des Anglais d’Amérique. Quand il partit pour s’engager dans la guerre d’indépendance et soutenir les Anglais insurgés, il écrivit à sa femme  : “ Défenseur de cette liberté que j’idolâtre, libre moi-même plus que personne, en venant comme ami offrir mes services à cette république si intéressante, je n’y porte que ma franchise et ma bonne volonté. Le bonheur de l’Amérique est intimement lié au bonheur de l’humanité. Elle va devenir le respectable et sûr asile de l’honnêteté, de la tolérance, de l’égalité et d’une tranquille liberté. ”  »

Les généraux français victorieux rapportèrent d’Amérique les idéaux maçonniques et la Déclaration des droits de l’homme. Cette insurrection devint un mythe et le modèle de toutes les rébellions contre les rois. Pourquoi les jacobins firent-ils couler tant de sang français  ? Pour établir une société conforme aux idées de La Fayette  !

Cette mise au point accomplie, il ne nous restait plus qu’à retraverser le cimetière, toujours en chantant des cantiques. Avant de le quitter, une dernière halte nous permit de nous recueillir auprès de deux tombes surmontées de l’emblème des Sacrés-Cœurs de Jésus et de Marie. Il s’agit des sépultures de la mère Henriette et du Père Coudrin, deux saints contre-révolutionnaires s’il en est  ! qui fondèrent la Congrégation des Sacrés-Cœurs en pleine Révolution. En 1804, mère Henriette installa sa communauté au 35 rue de Picpus, pour y établir l’adoration perpétuelle du Saint-Sacrement en réparation des crimes de la Révolution. Les Pères des Sacrés-Cœurs achetèrent bientôt la maison voisine et les membres de l’Institut furent désormais dénommés “ picpuciens ”. La prise de possession de cette terre sainte par Notre-Dame de Paix en 1806 marqua l’aboutissement de la fondation. L’expansion de sa dévotion accompagna celle de la Congrégation des Sacré-Cœurs, jusqu’en Océanie et en Amérique latine  !

Le 9 juillet 1906, un mois et demi après la béatification des carmélites de Compiègne, la statue de Notre-Dame de Paix fut solennellement couronnée au nom de saint Pie X par Mgr Amette.

Notre pèlerinage s’achevait. Après le goûter, à la faveur du beau temps, la réunion se prolongea spontanément dans ce jardin chargé de souvenirs. Le gardien n’en revenait pas  : «  Vous aviez dit dix-sept heures  ! Mais que pouvez-vous donc bien faire dans ce jardin  ?  » Les enfants s’étaient lancés dans une partie de béret effrénée. Quant aux adultes et aux étudiants, ils prolongeaient leurs conversations à ­plaisir  : occasion de rappeler le prochain rendez-vous, la session de la Pentecôte à la maison Saint-Joseph, du 8 au 10 juin.

frère Guy de la Miséricorde.