La Contre-Réforme catholique au XXIe siècle
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ULTIME ET DOUZIÈME HÉRÉSIE
Votre gnose, Très Saint Père

Jésus  ! Marie  ! Joseph  !

TRÈS Saint Père,

L’erreur première et dernière de ce Catéchisme est d’une grande simplicité. Elle est géniale dans sa synthèse neuve de la Révélation divine. Elle est généreuse dans son intention de réjouir l’humanité et de la ramener ainsi à notre Dieu et Père, partant, à sa fraternité première. Mais elle est une transposition dans l’irréel de notre histoire naturelle telle que le Créateur l’avait dessinée et telle qu’elle se déroule irrévocablement. Et dans la réalité historique de cette prédestination divine, qu’elle contredit, qu’elle surclasse apparemment, mais c’est un mirage  ! elle prend place, au temps fixé, dans l’ultime combat du Satan des premiers âges contre l’Immaculée et contre son Fils béni  ; elle est le manifeste du supplanteur du Christ et de sa Synagogue, l’Homme et la Femme, idoles à leurs propres yeux, que Dieu anéantira de sa divine bouche, qui est le Christ, de son souffle embrasé qui est son Esprit-Saint de Justice et d’Amour.

Votre rêverie a commencé dès la création du premier homme, et elle se renouvelle à la conception de chacun de nous. Vous nous voyez tous en ce premier instant, images et ressemblances de la Face de Dieu. Il n’a pas fait ainsi. C’est son Verbe et c’est la divine Colombe de son Esprit-Saint qu’Il a prédestinés à Lui être semblables et à recevoir de Lui toutes grâces possibles, toutes bénédictions pour qu’ils tendent directement, uniquement, unis l’un à l’autre avec tendresse, vers le séjour de Gloire et de Béatitude qu’Il leur avait préparé dès le commencement du monde où ils règnent maintenant.

Ce que votre Catéchisme accorde à l’homme, à tout homme, toute femme également, indistinctement, à chacun de nous, pauvres pécheurs, c’est à Jésus et Marie seuls que le Père l’a voulu donner. Déjà, vous usurpiez, ce faisant, pour les enfants de votre rêve, les hommes et les femmes de votre gnose, les grâces qui ne devaient paraître qu’en notre Sauveur et sa divine Mère, Notre Seigneur et Notre Dame, notre Roi et notre Reine.

Les merveilles qui ont défilé sous nos yeux fascinés, de chapitre en chapitre de ce Catéchisme, n’étaient pas à nous ni de nous, mais d’eux et pour eux dès avant le commencement du monde, accordées afin de nous enrichir de leur ressemblance à eux, reçue de leurs mérites et de leur générosité. Le Fils s’est trouvé en son Incarnation, sa Rédemption et sa Résurrection uni à son Père intensément par son obéissance réparatrice qui lui valut de nous sauver. Et la Vierge en sa douloureuse Corédemption connut dans l’Esprit-Saint toutes les allégresses et les extases du Ciel, mais pour les distribuer gentiment à tous ses enfants, avec la tendresse maternelle de son Cœur Immaculé, reflet de l’Amour du Sacré-Cœur de Jésus. Sans eux, que serions-nous d’autre que de misérables créatures sans force et sans beauté  ?

De page en page, vous ne cessez de célébrer très justement ces merveilles de sollicitude d’un Père pour ses enfants. Cette erreur est proche de la Vérité qu’elle plagie. Il est bien vrai que cette sollicitude nous comble de biens, mais c’est à la prière de la Vierge Marie et par les mérites de Jésus-Christ. Et l’envol dans le sein de Dieu que vous nous promettez à tous, c’est en les suivant dans leur Ascension et Assomption glorieuses que nous accéderons à cette félicité et cette gloire, si toutefois nous avons cru à ce qui nous a été prêché, si nous avons été baptisés et si nous avons reçu le Corps et le Sang du Christ en vue de cette heureuse résurrection  !

Pendant que vous nous trompiez sur notre première naissance, nous disant des fils et des filles de Dieu, en tout parfaits et saints  ! Lui, notre Créateur, dans sa Sagesse nous donnait une nature à son image, certes  ! mais fragile et faillible. Et, pour nous tenir dans l’humilité qui s’épanouit dans l’épreuve avant d’entrer dans la gloire, Lui-même nous fixait une condition terrestre à vivre obscurément dans l’obéissance à sa loi, avec les forces de notre âme spirituelle, non sans quelque aide providentielle.

Le péché originel ne fut pas, comme on le lit chez Vous, une petite affaire vite éclusée, oubliée. Le séjour terrestre nous devint une misère et un piège. Des multitudes immenses d’êtres humains dégénérés, pourquoi l’avoir caché  ? se rebellèrent contre leur Créateur, suivirent des démons, s’attachèrent aux biens terrestres et détournèrent leurs yeux de la Béatitude que Dieu méditait de leur donner dans un séjour meilleur et définitif. Or cela, vous n’avez pas voulu le dire, pour ne pas déplaire aux hommes de nos temps orgueilleux. Dès lors, ils Vous ont entendu avec plaisir et sont enfoncés dans leurs erreurs, leurs révoltes, leurs amours désordonnées, leurs cupidités terrestres, et les excusant de tout, les vantant et les idolâtrant, Vous les avez encore applaudis de leur corruption et de leur apostasie. Ils se sont idolâtrés eux-mêmes, se prenant réellement pour ce qu’ils n’étaient pas mais ce que Vous leur disiez faussement qu’ils étaient  : peuple de dieux, peuple de prêtres, de prophètes et de rois  !

Maintenant, que vont-ils inventer  ? Vous avez achevé votre éloge de l’homme. Ils l’ont trop bien entendu. Ils prétendent construire une nature plus parfaite, sans le secours de Jésus-Christ mais poussés par un Esprit d’égarement que Vous déclarez divin  ! De leur séjour terrestre où Dieu les retient, ils veulent faire leur Ciel à eux, et s’y enivrer des mêmes biens, des mêmes satisfactions qu’ils ont toujours connus. Et cet orgueil, cette fierté, cette dignité, cette liberté dont ils se font gloire et que Vous faites profession d’admirer en eux comme une exacte ressemblance avec Dieu Père et Fils, ils en jouissent comme un défi perpétuel à leur Créateur. C’en est venu au point où une rixe va éclater entre l’un et l’autre monde. Le leur est celui de votre gnostique anthroposophie, en serez-Vous  ? Le nôtre est celui de Jésus et de Marie, à jamais vainqueur.

Que faire maintenant  ? Sinon prêcher Jésus et Marie, Jésus crucifié et Marie transverbérée. Il faut leur apprendre que le moment est venu d’adorer l’Homme véritable, image et ressemblance du Père, son Fils Jésus-Christ, et l’Immaculée-Conception, sa Sainte Mère qui nous Le donne à chérir, afin de nous désoler de notre dissemblance et de notre malheur en cette vallée de larmes, dans l’attente d’une grâce de salut, émanée d’une incompréhensible et inestimable prédestination.

Nous nous sommes égarés dans nos mirages, Très Saint Père, nous nous sommes perdus dans notre gnose et enorgueillis d’avoir rêvé d’un dessein de grâce plus merveilleux que celui de Dieu même  ! Nous avons rejeté le genre humain sous le joug du Menteur, du Satan des origines. Aujourd’hui, il croit triompher par notre faux Évangile. Ah, repentons-nous, prêchons les justes voies du salut  ! Il ne sera jamais trop tard pour réparer nos erreurs et nos extravagances. Par le Cœur Immaculé de la Vierge Marie, le Sacré-Cœur se laissera toucher et notre monde, humblement assoiffé de Vie, de Vérité, d’Amour, trouvera ou reprendra le chemin de l’Église, le chemin de Rome qui est celui du Royaume des cieux en ce monde et en l’autre.

Je suis de Votre Sainteté l’humble serviteur,

fr. Georges de Jésus

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