La Contre-Réforme catholique au XXIe siècle
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SIXIÈME HÉRÉSIE
Erreur sur le Saint-Esprit, animateur du monde nouveau

DIEU, «  l’Unique  », nous a été montré dans son amour inconditionnel et éternel de l’homme, le prédestinant à la divinisation de son être personnel, individuel et collectif. Puis le CEC a porté toute son attention sur son Fils, venu passer parmi nous pour obéir à la Volonté de son Père en accomplissant sa mission de grâce conforme à la prédestination de tous au salut éternel. Ainsi, par son Incarnation, il s’est uni à tout homme  ; par sa Rédemption, il les a sauvés tous. Dans sa Résurrection, il les a associés à sa gloire, en Dieu, sa mission étant ainsi achevée…

Ce départ sans retour  ! cette sortie de l’espace et du temps, si semblable à une désintégration, à une dématérialisation déshumanisante, nous a fait craindre une dérive gnostique du CEC, allant à donner aux hommes sauvés par le Christ leurs coudées franches, et à l’Église née de l’eau et du Sang de son Cœur une autonomie, une spontanéité, une perméabilité différentes des intentions exprimées par Jésus et par ses Apôtres. Craintes, hélas  ! justifiées, ne serait-ce que par cet “En bref” étonnant  :

743. Du commencement à la consommation du temps, quand Dieu envoie son Fils, Il envoie toujours son Esprit  : leur mission est conjointe et inséparable.

ARGUMENT

La querelle du filioque

246. La tradition latine du Credo confesse que l’Esprit «  procède du Père et du Fils (filioque)  ». Le Concile de Florence, en 1438, explicite  : «  comme d’un seul Principe et par une seule spiration…  »

247. L’introduction du filioque dans le Symbole de Nicée-Constantinople par la liturgie latine constitue cependant, aujourd’hui encore, un différend avec les Églises orthodoxes.

248. La tradition orientale [schismatique !] exprime d’abord le caractère d’origine première du Père par rapport à l’Esprit. En confessant l’Esprit comme «  issu du Père  » (Jn 15, 26), elle affirme que celui-ci est issu du Père par le Fils. La tradition occidentale exprime d’abord la communion consubstantielle entre le Père et le Fils en disant que l’Esprit procède du Père et du Fils (filioque). Elle le dit «  de manière légitime et raisonnable  », car l’ordre éternel des personnes divines dans leur communion consubstantielle implique que le Père soit l’origine première de l’Esprit en tant que «  principe sans principe  », mais aussi qu’en tant que Père du Fils unique, Il soit avec Lui «  l’unique principe d’où procède l’Esprit Saint  ». Cette légitime complémentarité, si elle n’est pas durcie, n’affecte pas l’identité de la foi dans la réalité du même mystère confessé.

On subodore la flagornerie œcumaniaque dans ce relativisme dogmatique. Il plaide pour “le droit à la différence”, et lui-même ignore de quel prix se paie la rébellion schismatique contre l’introduction du “filioque”. Saint Thomas, pour le Concile de Lyon où la mort le dispensera de participer, en 1274, avait pourtant établi sur des bases irréfragables la nécessité de ce “filioque”, parce que, sans lui, les deux processions du Fils et de l’Esprit d’un même Père s’excluaient l’une l’autre, Dieu n’ayant qu’une Parole, parfaite et donc sans doublure possible. Tandis que la première procession étant une génération sous le mode de l’expression intellectuelle de la Vérité, la seconde ayant le Père et le Fils comme unique principe devait être d’un autre mode, celui de l’union d’où résulte l’Amour  : le Saint-Esprit par conséquent n’est semblable au Verbe ni par sa procession ni par sa mission dans le monde.

Notre CEC n’apprécie pas cette théologie trinitaire, tellement importante, d’où résulte que les missions du Verbe et du Saint-Esprit ne sont point conjointes ni identiques, mais complémentaires dans leur succession et subordination. Selon notre pure foi catholique et son expression latine explicite, l’Esprit-Saint agit suivant en tout Jésus-Christ, selon les lois et les progrès de l’évangélisation toujours gouvernée et réalisée par Lui dans les Apôtres et les Chefs de l’Église investis de son Pouvoir.

Tandis que la théologie orthodoxe (schismatique) permet de prendre beaucoup de liberté dans la conception des œuvres de l’Esprit, sans doute entièrement dépendantes du Dieu-Père invisible, mais libérées des étroites limites visibles et historiques de la mission et de l’œuvre de Jésus-Christ, et de «  Jésus-Christ répandu et communiqué  » (Bossuet), à savoir l’Église. La vision grecque favorise le «  spontanéisme  ».

L’Esprit Saint est premier. Il vient d’abord.

Pareille antériorité et supériorité choque  :

683. «  Nul ne peut appeler Jésus Seigneur sinon dans l’Esprit Saint  » (1 Co 12, 3). «  Dieu a envoyé dans nos cœurs l’Esprit de son Fils qui crie  : Abba, Père  !  » (Ga 4, 6) Cette connaissance de foi n’est possible que dans l’Esprit Saint. Pour être en contact avec le Christ, il faut d’abord avoir été touché par l’Esprit Saint. C’est Lui qui vient au-devant de nous, et suscite en nous la foi. De par notre Baptême, premier sacrement de la foi, la Vie, qui a sa source dans le Père et nous est offerte dans le Fils, nous est communiquée intimement par l’Esprit Saint dans l’Église.

Donc, pas de contacts avec le Christ avant quelque touche de l’Esprit  ? C’est renverser l’ordre des missions divines  !

684. L’Esprit Saint, par sa grâce, est premier dans l’éveil de notre foi et dans la vie nouvelle qui est de «  connaître le Père et celui qu’Il a envoyé, Jésus-Christ  » (Jn 17, 3). Cependant Il est dernier dans la révélation des Personnes de la Trinité Sainte.

C’est assez renversant de faire de l’Esprit-Saint, qui vient en dernier, le révélateur du Révélateur du Père  ! Ce n’est même pas assez dire que les deux Paraclets se retrouvent similaires, ils se feraient concurrence  ? Exactement  ! Et qui l’emportera sur l’autre  ? Devinez… Le titre 687 répond  : c’est l’Esprit qui révèle le Fils  ! et aussitôt les dimensions de l’Évangélisation s’étendent à l’infini. De la prédication artisanale de Jésus de Nazareth à l’animation mondiale du Paraclet  ! Quel renversement des barrières  ! Voyez  :

715. Les textes prophétiques concernant directement l’envoi de l’Esprit Saint sont des oracles où Dieu parle au cœur de son Peuple dans le langage de la promesse, avec les accents de «  l’amour et de la fidélité  » dont S. Pierre proclamera l’accomplissement le matin de la Pentecôte. Selon ces promesses, dans les «  derniers temps  », l’Esprit du Seigneur renouvellera le cœur des hommes en gravant en eux une loi nouvelle  ; Il rassemblera et réconciliera les peuples dispersés et divisés  ; Il transformera la création première et Dieu y habitera avec les hommes dans la paix.

Après l’étape humiliée du Fils, voici les moissons et les vendanges de l’Esprit  : le renouvellement des cœurs, le rassemblement et la réconciliation des peuples, enfin la transformation du monde et sa communion plénière avec Dieu.

Or voici qu’il a commencé d’agir à l’origine des temps et qu’Il poursuit son œuvre charismatique jusqu’au dernier jour  :

761. Le rassemblement du peuple de Dieu commence à l’instant où le péché détruit la communion des hommes avec Dieu et celle des hommes entre eux. Le rassemblement de l’Église est pour ainsi dire la réaction de Dieu au chaos provoqué par le péché. Cette réunification se réalise secrètement au sein de tous les peuples  : «  En toute nation, Dieu tient pour agréable quiconque Le craint et pratique la justice  » (Ac 10, 35).

C’est une nouvelle avance et supériorité de l’Esprit-Saint sur Jésus de Nazareth  : c’est par Lui que tous les hommes reçoivent la Miséricorde et la Vie, la grâce et le salut définitif, certes acquis par le Fils  ! mais de tous temps et partout secrètement distribués par son Paraclet  !

En Marie, c’est Lui qui a tout fait  :

721 a. Marie, la Toute Sainte Mère de Dieu, toujours Vierge, est le chef-d’œuvre de la mission du Fils et de l’Esprit dans la plénitude du temps. Pour la première fois dans le dessein du salut et parce que son Esprit l’a préparée, le Père trouve la Demeure où son Fils et son Esprit peuvent habiter parmi les hommes. C’est en ce sens que la Tradition de l’Église a souvent lu en relation à Marie les plus beaux textes de la Sagesse  : Marie est chantée et représentée dans la liturgie comme le «  Trône de la Sagesse  ».

C’est lui encore qui inaugure les merveilles du Père qu’il Lui revient d’accomplir dans le Christ et dans l’Église.

721 b. En elle commencent à se manifester les «  merveilles de Dieu  », que l’Esprit va accomplir dans le Christ et dans l’Église.

L’onction de l’Esprit déclenche la mission du Fils  :

727. Toute la mission du Fils et de l’Esprit Saint dans la plénitude du temps est contenue en ce que le Fils est l’oint de l’Esprit du Père depuis son Incarnation  : Jésus est Christ, le Messie.

L’Église devient son instrument propre et privilégié qui, d’emblée, dépasse toutes les frontières  :

775. «  L’Église est, dans le Christ, en quelque sorte le sacrement, c’est-à-dire à la fois le signe et l’instrument de l’union intime avec Dieu et de l’unité de tout le genre humain  ». Être le sacrement de l’union intime des hommes avec Dieu  : c’est là le premier but de l’Église. Parce que la communion entre les hommes s’enracine dans l’union avec Dieu, l’Église est aussi le sacrement de l’unité du genre humain. En elle, cette unité est déjà commencée puisqu’elle rassemble des hommes «  de toute nation, race, peuple et langue  » (Ap 7, 9); en même temps, l’Église est «  signe et instrument  » de la pleine réalisation de cette unité qui doit encore venir.

C’est la même onction de l’Esprit-Saint qui a sacré Jésus et qui maintenant lui consacre un peuple à sa ressemblance, peuple qu’il comble de ses mêmes pouvoirs et vertus. Il faut absolument remarquer cette omnipotence et prépotence de l’Esprit-Saint, affirmée dans ce Catéchisme, au point de disqualifier Jésus, qui n’est plus là et ne fait rien, et de hausser l’Église à un triple degré d’excellence véritablement inouï  :

783. Jésus-Christ est celui que le Père a oint de l’Esprit Saint et qu’Il a constitué «  Prêtre, Prophète et Roi  ». Le Peuple de Dieu tout entier participe à ces trois fonctions du Christ et il porte les responsabilités de mission et de service qui en découlent.

784. En entrant dans le Peuple de Dieu par la foi et le Baptême, on reçoit part à la vocation unique de ce Peuple  : à sa vocation sacerdotale  : «  Le Christ Seigneur, grand prêtre pris d’entre les hommes a fait du Peuple nouveau “un royaume, des prêtres pour son Dieu et Père”. Les baptisés, en effet, par la régénération et l’onction du Saint Esprit, sont consacrés pour être une demeure spirituelle et un sacerdoce saint (Lumen gentium, 10).  »

785. «  Le Peuple saint de Dieu participe aussi à la fonction prophétique du Christ.  » Il l’est surtout par le sens surnaturel de la foi qui est celui du Peuple tout entier, laïcs et hiérarchie, lorsqu’il «  s’attache indéfectiblement à la foi transmise aux saints une fois pour toutes  » et en approfondit l’intelligence et devient témoin du Christ au milieu de ce monde.

786 a. Le Peuple de Dieu participe enfin à la fonction royale du Christ. Le Christ exerce sa royauté en attirant à soi tous les hommes par sa mort et sa Résurrection. Le Christ, Roi et Seigneur de l’univers, s’est fait le serviteur de tous, n’étant «  pas venu pour être servi, mais pour servir et pour donner sa vie en rançon pour la multitude  » (Mt 20, 28). Pour le chrétien, «  régner, c’est Le servir  », particulièrement «  dans les pauvres et les souffrants, dans lesquels l’Église reconnaît l’image de son Fondateur pauvre et souffrant  ». Le Peuple de Dieu réalise sa «  dignité royale  » en vivant conformément à cette vocation de servir avec le Christ.

Et comment s’opposer ou mettre, même légèrement, une sourdine à cette exaltation de l’Église de l’Esprit, quand saint Léon le Grand la célébra dans les mêmes termes, il y a quinze siècles, mais dans un tout autre “esprit”  !

786 b. «  De tous les régénérés dans le Christ le signe de la Croix fait des rois, l’onction du Saint-Esprit les consacre comme prêtres, afin que, mis à part le service particulier de notre ministère, tous les chrétiens spirituels et usant de leur raison se reconnaissent membres de cette race royale et participants de la fonction sacerdotale. Qu’y a-t-il, en effet, d’aussi royal pour une âme que de gouverner son corps dans la soumission à Dieu  ? Et qu’y a-t-il d’aussi sacerdotal que de vouer au Seigneur une conscience pure et d’offrir sur l’autel de son cœur les victimes sans taches de la piété  ?  » (S. Léon le Grand, serm. 4, 1)

On comprend maintenant que toutes les gnoses aient ainsi appelé de leurs vœux l’âge de l’Esprit, supplanteur du Christ, pour l’extension au monde des richesses de grâce et de gloire confinées dans l’Église  !

L’Esprit-Saint, animateur de la liturgie.

L’omniprésence et l’omnigérence de l’Esprit-Saint paraissent à nos auteurs incontestables dans ce qui est comme la respiration mystique de l’univers  : la liturgie de bénédiction du Dieu, Père Tout-Puissant, l’Unique et le Miséricordieux, selon les formules en usage dans les trois monothéismes juif, chrétien et musulman  ; à ce titre, très présentes à notre Catéchisme. Il semble que son action immanente, invisible, subjective, secrète, soit déterminante, pour le CEC, dans cette œuvre de toute communauté rassemblée pour Dieu. C’est Lui, semble-t-il, qui y fait tout  !

1091. Dans la liturgie l’Esprit Saint est le pédagogue de la foi du Peuple de Dieu, l’artisan des «  chefs-d’œuvre de Dieu  » que sont les sacrements de la Nouvelle Alliance. Le désir et l’œuvre de l’Esprit au cœur de l’Église est que nous vivions de la vie du Christ ressuscité. Quand il rencontre en nous la réponse de foi qu’Il a suscitée, il se réalise une véritable coopération. Par elle, la liturgie devient l’œuvre commune de l’Esprit Saint et de l’Église.

1092. Dans cette dispensation sacramentelle du mystère du Christ, l’Esprit Saint agit de la même manière que dans les autres temps de l’économie du salut  : Il prépare l’Église à rencontrer son Seigneur  ; Il rappelle et manifeste le Christ à la foi de l’assemblée  ; il rend présent et actualise le mystère du Christ par sa puissance transformante  ; enfin, l’Esprit de communion unit l’Église à la vie et à la mission du Christ.

Vraiment, il prend toute la place et, en nous, auprès de nous, il dialogue avec Lui-même, nous faisant nous souvenir de Jésus absent  ! et nous en communiquant la grâce.

Le liturge de nos Eucharisties, c’est Lui.

On se laisse convaincre ainsi d’une nouveauté, qui parut révolutionnaire en Allemagne dans les années 30, et qui n’étonne plus, selon laquelle la Personne présente et active dans nos Eucharisties, c’est l’Esprit-Saint… plus que Jésus.

Jadis, le Souverain Prêtre, – bien présent, visiblement dans son prêtre –, c’était Jésus qui renouvelait son Sacrifice, tout à la fois prêtre et victime à la Messe comme à la Croix. L’Anamnèse, ou “Mémorial”, correspondant à notre “consécration” était l’acte essentiel du Saint-Sacrifice.

Mais aujourd’hui, par un glissement imperceptible, c’est l’Esprit-Saint, le liturge principal qui, par une effusion de sa puissance miraculeuse dont l’assemblée est la première et collective bénéficiaire, confectionne le sacrement. Du coup, la messe n’est plus tant, ou plus du tout, une action personnelle et immédiate de Jésus-Christ, réitérant son Sacrifice, mais l’évocation en l’Esprit, de son unique Sacrifice de la Croix. C’est donc l’Épiclèse, ou prière au Saint-Esprit, qui passe au premier plan  ; tout est dit sans ménagement, ici  :

1104. La liturgie chrétienne non seulement rappelle les événements qui nous ont sauvés mais les actualise, les rend présents. Le mystère Pascal du Christ est célébré, il n’est pas répété  ; ce sont les célébrations qui se répètent  ; en chacune d’elles survient l’effusion de l’Esprit Saint qui actualise l’unique mystère.

1105. L’Épiclèse («  invocation-sur  ») est l’intercession en laquelle le prêtre supplie le Père d’envoyer l’Esprit Sanctificateur pour que les offrandes deviennent le corps et le sang du Christ et qu’en les recevant les fidèles deviennent eux-mêmes une vivante offrande à Dieu.

Et cela est vrai de tout sacrement  :

1106. Avec l’anamnèse, l’Épiclèse est au cœur de chaque célébration sacramentelle, plus particulièrement de l’Eucharistie  :

«  Tu demandes comment le pain devient Corps du Christ, et le vin (…) Sang du Christ  ? Moi, je te dis  : le Saint-Esprit fait irruption et accomplit cela qui surpasse toute parole et toute pensée (…). Qu’il te suffise d’entendre que c’est par le Saint-Esprit, de même que c’est de la Sainte Vierge et par le Saint-Esprit que le Seigneur, par Lui-même et en Lui-même, assuma la chair.  » (S. Jean Damascène)

Sans doute, la citation de saint Jean Damascène apporte de l’eau au moulin du CEC, pas assez cependant pour autoriser l’effrayante dérive de l’idée liturgique moderne où le Christ, Souverain Prêtre, est carrément supplanté par son rival vainqueur… dont on ne peut pas croire alors que cet Esprit soit celui du Père Très Saint dans la même mesure où il s’avère supplanteur de son Fils Bien-Aimé  !

Citons encore un texte parmi dix autres, pour nous convaincre que nous n’avons pas la berlue  :

1109. L’Épiclèse est aussi la prière pour le plein effet de la communion de l’assemblée au mystère du Christ. «  La grâce de notre Seigneur Jésus-Christ, l’amour de Dieu le Père et la communion du Saint-Esprit  » (2 Co 13, 13) doivent demeurer toujours avec nous et porter des fruits au-delà de la célébration eucharistique. L’Église prie donc le Père d’envoyer l’Esprit-Saint pour qu’Il fasse de la vie des fidèles une vivante offrande à Dieu par la transformation spirituelle à l’image du Christ, le souci de l’unité de l’Église et la participation à sa mission par le témoignage et le service de la charité.

Ce n’est plus la messe, c’est l’assemblée charismatique pour le don de l’Esprit, en présence d’une icône du Christ certes, et bientôt du chandelier à sept branches au jour du Shabbat  ?

L’Esprit d’ouverture à toute liturgie humaine.

Ici, une nouvelle observation prend sa place. Il est sûr que toute allusion à Notre-Seigneur Jésus-Christ gêne les dialogues et les œuvres communes de prière ou de philanthropie, des catholiques avec les chrétiens dissidents, plus encore avec les juifs. La substitution de l’Esprit au Christ Jésus aiderait à l’union… Mais ce n’est pas ainsi qu’il nous faut prendre la chose. C’est polémique et trop pragmatique.

La vision plus noble et plus religieuse qui traverse le CEC de part en part, c’est l’intuition première de la mission de l’Esprit envoyé du Père, conjointement à celle du Fils, mais Celui-ci pour accomplir son œuvre d’individu humain, incarné, crucifié, ressuscité, donc limité dans l’espace et dans le temps. Et Celui-là, le Paraclet, pour porter la grâce ainsi obtenue, selon la prédestination de tous les hommes à la Vie divine, à toutes les nations, en toutes leurs cultures, en leurs recherches de Dieu et leurs religions, sans limites.

Le rôle de l’Esprit-Saint déborde de toute manière les frontières de l’Église du Christ. Il fallait qu’il s’en aille, Lui, hors de tout espace et de tous les temps, pour que son Esprit soit infiniment libre  ! Ainsi orientés, nos liturgistes considèrent la suite des alliances et de leurs liturgies, comme une seule coulée charismatique, d’Adam à Noé, de Noé à Abraham, à Moïse, à Jésus-Christ  !

Des signes de cette continuité dans la grâce de l’Esprit se remarquent dans le CEC, prouvant la validité d’une telle interprétation  :

La captivité de Babylone, œuvre de délivrance opérée par l’Esprit (710).

Le salut annoncé par la prophétie de Caïphe sur la mort du Juste, œuvre de l’Esprit (596).

La destruction de Jérusalem (586, 593).

Le retour à la matrice judaïque.

Le mouvement biblique, liturgique, charismatique a depuis cinquante ans «  libéré l’Esprit  », de quoi  ? De Jésus-Christ, le Fils de Dieu. Remontant la stratification des hérésies, du modernisme au luthéranisme, de celui-ci à la religion talmudique ou accessoirement à sa réédition islamique  ; de celle-ci à l’hérésie judéo-chrétienne, d’origine pharisienne (Ac 15, 5), pour réintégrer enfin la Synagogue, notre Église de l’Esprit n’a eu qu’à effacer Jésus-Christ pour se retrouver à l’aise dans le berceau de famille du judaïsme originel. Et de lui accorder cette gloire d’avoir, lui d’abord, lui plus que tous les autres, l'”Esprit du Seigneur”  :

1096. Liturgie juive et liturgie chrétienne. Une meilleure connaissance de la foi et de la vie religieuse du peuple juif, telles qu’elles sont professées et vécues encore maintenant, peut aider à mieux comprendre certains aspects de la liturgie chrétienne. Pour les juifs et pour les chrétiens l’Écriture Sainte est une part essentielle de leurs liturgies  : pour la proclamation de la Parole de Dieu, la réponse à cette Parole, la prière de louange et d’intercession pour les vivants et les morts, le recours à la miséricorde divine. La liturgie de la Parole, dans sa structure propre, trouve son origine dans la prière juive. La prière des Heures et autres textes et formulaires liturgiques y ont leurs parallèles, ainsi que les formules mêmes de nos prières les plus vénérables, dont le Pater. Les prières eucharistiques s’inspirent aussi de modèles de la tradition juive. Le rapport entre liturgie juive et liturgie chrétienne, mais aussi la différence de leurs contenus, sont particulièrement visibles dans les grandes fêtes de l’année liturgique, comme la Pâque. Les chrétiens et les juifs célèbrent la Pâque  : Pâque de l’histoire, tendue vers l’avenir chez les juifs  ; Pâque accomplie dans la mort et la Résurrection du Christ chez les chrétiens, bien que toujours en attente de la consommation définitive.

Sous la motion de l’Esprit, l’Église revient à la Synagogue…

ANATHÈMES

I. Si quelqu’un dit que l’Esprit-Saint procède du Père sans admettre qu’il procède également du Fils, et que sa mission est toute déterminée et conduite visiblement “par Jésus-Christ répandu et communiqué”, c’est-à-dire par son Église hiérarchique, qu’il soit anathème  !

II. Si quelqu’un dit que l’Esprit-Saint révèle secrètement le Christ dans les âmes, depuis toujours et partout comme dans l’Église, qu’il soit anathème  !

III. Si quelqu’un nie la Présence de Jésus-Christ à son Église, et corporellement, activement dans le Saint-Sacrifice de la messe, au profit du Saint-Esprit, qu’il soit anathème  !

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