La Contre-Réforme catholique au XXIe siècle
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Méditations quotidiennes

Lundi 1er avril
Mardi 2 avril
Mercredi 3 avril
Jeudi 4 avril
Vendredi 5 avril
Samedi 6 avril
Dimanche 7 avril
Lundi 8 avril
Mardi 9 avril
Mercredi 10 avril
Jeudi 11 avril
Vendredi 12 avril
Samedi 13 avril
Dimanche des Rameaux 14 avril
Lundi saint 15 avril
Mardi saint 16 avril
Mercredi saint 17 avril
Jeudi saint 18 avril
Samedi saint 20 avril
Dimanche de Pâques 21 avril
Lundi de Pâques 22 avril
Mardi 23 avril
Mercredi 24 avril
Jeudi 25 avril
Vendredi 26 avril
Samedi 27 avril
Dimanche 28 avril
Lundi 29 avril
Mardi 30 avril

Dimanche 31 mars

4e dimanche de Carême  : Lætare

C’est le moment pour nous d’abord de nous examiner très pratiquement pour savoir si nous sommes entrés en Carême, si nous avons mis à profit ce temps qui nous a été donné pour faire pénitence et ainsi parvenir à la maîtrise de nous-mêmes et à l’abandon des liens du péché. Mais aussi, c’est le moment pour nous de comprendre le bien de cette purification, de nous réjouir de cette conversion qui nous est offerte et que, j’espère, nous sommes en train de réaliser  ; de la voir avec un regard comme prophétique, dans l’espérance de la semaine de Pâques, dans l’espérance de ce mystère chrétien auquel nous sommes invités à participer et auquel nous nous préparons activement par ce Carême. La liberté est devant nous, la liberté d’une âme qui se donne totalement à l’amour, à l’amour du Christ  : elle sera libérée, elle sera fortifiée par le Christ, elle sera féconde en bonnes œuvres, en vertus puissantes, en bienfaits à toutes sortes d’âmes. Voilà ce à quoi le Carême doit aboutir. Il était bien de se réjouir aujourd’hui avant de reprendre un effort nouveau et ainsi d’aborder la Semaine sainte avec un cœur vraiment libéré des choses de la chair, du monde et du péché  ; un cœur capable de s’unir à tous les sentiments de Jésus dans la semaine de la Passion afin de mourir avec lui, pour ressusciter avec lui et, de toute manière, ne jamais être séparé de lui.

Notre Père, 24 mars 1967

Lundi 1er avril

Saint Hugues

Lundi après le 4e dimanche de Carême. Notre-Seigneur séjourne à Éphrem. Faites, ô mon Dieu, que je sois tout ce que vous voulez, que je vous aime et vous adore comme vous le voulez… Sainte Vierge, sainte Magdeleine, serrez-moi entre vous aux pieds de Notre-Seigneur Jésus. Hélas  ! il nous reste si peu de temps à le voir, dans quinze jours il sera si près de la fin  ! Hélas  ! Hélas  ! Seigneur, où serez-vous dans dix-neuf jours  ? Entre des bourreaux qui frapperont, meurtriront, couvriront de crachats votre visage si doux et si beau, que nous regardons en ce moment  ! Hélas  ! mon Dieu, mon cœur défaille et nous pleurons amèrement.

Bx Charles de Foucauld

Mardi 2 avril

Saint François de Paule

Jésus est bon, Il nous pardonne. Un simple geste, une parole, mais il revient tout de même pour nous dire  : c’était grave. Tu as bien été puni, tu as payé lourdement ton péché. Je t’en avertis  : ne recommence pas, parce que je suis ton Sauveur, mais demain, je serai ton Juge. Tu t’en souviendras. Je suis sûr que ce paralytique s’en est souvenu tous les jours de sa vie qui lui restait à vivre. Il est auprès de Dieu à chanter les louanges et la miséricorde de Jésus, non pas parce qu’il l’a guéri selon la chair, mais parce qu’il l’a averti de ne pas recommencer pour le garder avec lui dans la vie éternelle. Jésus n’aime pas l’homme pour l’homme comme on nous le dit sans cesse. Jésus aime l’homme comme un pauvre pécheur qui aspire à être sauvé et Il l’aide. Parce qu’Il l’aime, Il l’aide. Il l’aide en lui donnant la vérité à laquelle il a droit et qu’il doit écouter pour redresser sa conduite.

Notre Père, 27 février 1999

Mercredi 3 avril

«  Mon Père est à l’œuvre jusqu’à présent et j’œuvre moi aussi.  » C’est une parole qui dépasse de cent coudées les préoccupations de ces Juifs et même du populo quel qu’il soit. Nous comprenons par cette parole que son Père, c’est Dieu, qui, selon la Loi, travaille toujours pour créer le monde. Cependant, il est dit dans la Bible que Dieu s’est reposé. Eh bien, non, Jésus vient améliorer la Révélation. Dieu ne cesse de travailler pour l’homme. Il faut bien qu’il nous entretienne dans l’existence et qu’il dirige le cours du monde attentivement tout autant que le temps le permet, que ce soit samedi, dimanche ou jours fériés.

«  Et moi aussi, à l’image de mon Père, je travaille toujours.  » C’est-à-dire que je ne peux pas voir une misère sans venir à son secours, des hommes dans l’erreur sans essayer de les ramener dans la bonne voie. Moi, dit Jésus, je ne perds pas mon temps et le sabbat m’appartient. Le sabbat comme les jours de fête sont toujours bons pour corriger un homme de ses défauts et le délivrer de ses démons.

Notre Père, 27 février 1999

Jeudi 4 avril

Bse Aleth, Saint Isidore

Pour consoler Jésus et Marie, pendant ce Carême, accomplissons nos chemins de croix avec ferveur  ! Heureusement qu’il y a le chemin de Croix  ! Nous le ferons donc de tout notre cœur  ! Nous ne ferons rien d’extraordinaire, simplement les gestes habituels, mais nous y mettrons toute notre ardeur. Comme notre cœur a ses limites, c’est avec le sentiment de notre impuissance que nous offrirons ces chemin de Croix à Jésus et Marie, pour les consoler de tous les péchés et réparer pour tous ceux qui n’acceptent pas de porter leur croix qui serait leur salut. Nous l’offrirons aussi pour qu’enfin Jésus et Marie, lassés de voir que le monde ne se convertit par aucun moyen, décident de faire un grand acte de miséricorde gratuite, par pur amour de cette humanité qui ne le mérite pas, afin qu’elle soit sauvée.

Notre Père, 29 mars 1996

Vendredi 5 avril

Premier Vendredi du mois, Saint Vincent Ferrier, Précieux Sang de Notre-Seigneur

Il y a entre Lui, mourant sur la Croix historiquement, et nous, une union très particulière, celle qu’il a rappelée Lui-même d’une manière très pudique, très discrète dans la parabole du Bon Samaritain. C’est Lui, mon prochain. Il n’y a pas plus proche, il n’y aura jamais plus proche ici-bas de moi que Lui qui m’a sauvé  ; comme ce malheureux en train de mourir de ses blessures dans le fossé, il n’y aura jamais personne qui lui sera plus proche que ce Samaritain qui s’est penché vers lui et qui l’a sauvé. Personne ne m’est plus proche que mon Rédempteur, mon Goël comme dit la Bible hébraïque. Il est venu à ma recherche, c’est Lui qui m’a sauvé et je reçois de Lui par ses mérites la nourriture dont j’ai besoin. Il est mon tout sur la Croix où Il me donne son Corps et son Sang en nourriture et en breuvage, de telle manière que les trésors de sa Croix, les richesses de rédemption de sa Croix m’appartiennent. C’est son Précieux Sang qui m’a sauvé, qui me sauve chaque jour de moi-même, de mes péchés, de mes infidélités parce que son regard va vers moi.

Donc, quand je regarde la Croix, je peux en toute vérité rencontrer le regard du Christ abaissé vers moi. Son Cœur a battu pour moi, qui suis son frère, sa sœur, son enfant. C’est une union très intime qui est consommée sur la Croix. Non pas une union quelconque, c’est une union dans le Sang, dans le Sacrifice, dans la Rédemption.

Notre Père, La croix dans notre vie quotidienne, mais 1971

Samedi 6 avril

Premier Samedi du mois, Bx Michel Rua

Jésus-Christ est venu nous racheter par la souffrance  ; et sa Mère partagea cette douloureuse Passion comme corédemptrice. Elle nous a été donnée comme Mère de Jésus au pied de la croix. Dans l’apparition du mois d’octobre 1917, Elle s’est manifestée sous l’image de la douleur. L’Église l’appelle la Mère des Douleurs  : Notre-Dame des Douleurs  ; parce que son Cœur a souffert le martyre du Christ, avec Lui et à ses côtés. En vérité, c’est par les mérites du Christ que toute souffrance a de la valeur et nous purifie du péché. C’est par l’union avec le Christ que la souffrance peut faire de nous des victimes agréables au Père, et nous sanctifier. Marie fut choisie par Dieu pour être la Mère de son Fils – Mère de Jésus-Christ – et la Mère de son Corps mystique, l’Église, qui est sa famille spirituelle. Jésus, dans la personne de saint Jean, nous l’a donnée à tous, comme Mère, quand Il agonisait sur la croix  : “ Voici ta mère. ” (Jn 19, 27) Nous sommes les enfants de la douleur et de l’amertume du Cœur de Jésus-Christ et du Cœur de sa Mère, et notre Mère.

Sœur Lucie, les Apelos

Dimanche 7 avril

Dimanche de la Passion, Saint Jean-Baptiste de la Salle

Dans notre propre vie comme dans la vie de Jésus-Christ, tout nous précipite vers la Passion, la souffrance et la mort, qui sont l’essentiel de la vie. Voilà pourquoi, aujourd’hui, nous entrons résolument dans ce “ temps de la Passion ”. Toute notre attention est concentrée sur le mystère du Christ et de sa Sainte Mère, la Vierge des Douleurs, au pied de la Croix.

Ce mystère de la Passion, que l’Église va nous faire vivre en quinze jours, nous avons à le vivre en dix, vingt, quarante ans, jusqu’à ce que Dieu nous délivre de ce corps mortel et nous retire de cette vallée de larmes. Donc, toute notre vie doit être sous le signe de la Passion du Christ et de sa Croix. Pendant ces deux semaines, nous avons à faire provision de lumière et de force pour que notre vie soit réellement une mort avec Jésus-Christ  : «  Celui qui veut être mon disciple, qu’il porte sa croix chaque jour et qu’il me suive.  »

Notre Père, 23 mars 1980

Lundi 8 avril

Sainte Julie Billiart

Devenir enfants de Marie, c’est être sauvés par Elle, lumière de nos yeux, c’est entrer dans une vie nouvelle, de circumincessante charité, pure de tout mélange mondain. Elle est la Porte du Ciel, par où l’on entre dans la vie intime des Personnes divines, dans ce circuit d’amour du Père et du Fils et du Saint-Esprit. En effet, dans la bouche de Marie, le témoignage de saint Jean prend une force singulière  : «  Le Verbe s’est fait chair et nous avons contemplé sa gloire.  » (Jn 1, 14) Bien avant l’Apôtre, elle se savait «  en communion avec le Père  » (1 Jn 1, 1-3). Non pas le Dieu des gnostiques, ni celui des païens, ni même celui des juifs qui s’obstinent à le reléguer dans une solitude sans Fils ni Esprit. Mais «  le Père  » qui ne fait qu’un seul Dieu «  avec son Fils Jésus-Christ  » (ibid.). Dans le Cœur Immaculé de cette Vierge Mère de Dieu, il est une joie (Lc 1, 28), fruit de cette «  communion  » qui déferle, encore aujourd’hui, jusqu’à nous, portée par ces lignes ardentes de Jean l’Évangéliste devenu son Fils par adoption. Elles nous invitent à marcher «  dans la lumière  » qui est Jésus-Christ comme Lui-même l’a proclamé pendant sa vie ici-bas «  Je suis la lumière du monde. Qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais aura la lumière de la vie.  » (Jn 8, 12)

Frère Bruno de Jésus-Marie, 10 janvier 2010

Mardi 9 avril

Sous les yeux de ses Apôtres, Jésus a marché vers sa Croix et vers sa mort, avec puissance et en athlète. Cependant, il était seul, car il devait accomplir personnellement la volonté de son Père pour le salut du monde. Il leur a prédit sa Passion pour qu’ils sachent que, lui seul, a accompli le salut de tous. Il n’a partagé sa Croix avec personne.

Cependant, dans notre dévotion sans limite pour Notre-Dame, nous pouvons penser que, dans l’intime de leur Cœur, la Vierge Marie a partagé la Croix de son Fils. Elle était déjà corédemptrice, coopératrice. En effet, Jésus trouvait en son Cœur Immaculé le même désir et la même ardeur pour accomplir l’œuvre du salut. Ainsi, il l’a accomplie en présence de sa Mère et pour elle, lui faisant partager son mérite, sa gloire, sa fécondité, mais cela n’était pas apparent.

Notre Père, 19 mars 1995

Mercredi 10 avril

Il faudrait que, jusqu’au jour de Pâques, nous multipliions les petits sacrifices, par amour de Jésus et de la Sainte Vierge, dans la pensée de ce qu’ils ont souffert pour nous. En effet, lorsque les autres souffrent à côté de nous, nous ne pouvons pas être heureux. Donc, commençons par penser à la souffrance de Jésus et de Marie, pour la partager vivement et dire  : «  Oui, je veux faire quelque sacrifice pour le salut des âmes, pour entrer dans ce grand mystère de la souffrance. Ainsi, je serai configuré à Jésus et à Marie. Je mériterai le Ciel et le salut de mon prochain.  »

Notre Père, 1er avril 1995

Jeudi 11 avril

Saint Stanislas, Saint Léon Ier

Que nos cœurs souffrent de compassion pour le Cœur de Jésus, objet de tant d’ingratitudes de la part des hommes qu’Il a aimés. Plutôt que de nous irriter à propos de ce qui se dit ou se fait de mal, pensons à la blessure du Cœur de Jésus. C’est nous finalement qui sommes ingrats, quand nous oublions de faire réparation. Retournons-nous vers Jésus pour lui demander pardon, pour qu’Il soit consolé et pour qu’Il fasse miséricorde à tous ces misérables qui, le plus souvent, n’ont pas reçu le millième des grâces dont nous avons bénéficié et qui sont très excusables. Le moyen de réparer, c’est le culte de la Sainte Face de Notre-Seigneur, le culte du Saint Suaire.

Luttons contre nos propres abandons et résistances, rejetons-les comme des tentations du démon. Dans notre Communion du premier vendredi du mois, renouvelons notre amour de la Sainte Face, notre révérence pour le Saint Suaire. Sur ce tissu, il y a du Sang de Jésus, on y voit ses empreintes. Que la terre entière rende grande gloire à Dieu par la dévotion envers le Saint Suaire, car ce sera d’un grand profit pour l’humanité. Par ce drapeau nous obtiendrons le succès de nos armes contre les impies.

Notre Père, 4 janvier 1991

Vendredi 12 avril

Notre-Dame des Sept Douleurs

Dans une semaine, nous serons au Vendredi saint. C’est très touchant de voir que la sainte Église nous fait entrer dans ce mystère par la Vierge Marie. C’est la Vierge Marie qui nous y introduit.

Déjà, le “ oui ” de la Vierge Marie a précédé pour ainsi dire l’“ Ecce venio ” de Jésus, et les douleurs de la Vierge Marie et de saint Joseph ont, pour ainsi dire, précédé celles de Notre-Seigneur.

C’est la Vierge qui doit nous introduire dans ce mystère de compassion que nous rêvons de faire nôtre pendant cette Semaine sainte, plus que les années passées. Notre cœur se préparera au contact du sien à compatir ainsi à la Passion du Christ.

Notre Père, 2 avril 1982

Samedi 13 avril

Saint Martin Ier, Saint Herménégilde

Pendant la Passion, la Sainte Vierge et les saintes Femmes souffrent d’une immense compassion, dans leur profond attachement à Jésus. C’est une souffrance d’une extrême pureté, délicatesse et noblesse. Ainsi, nous avons accès au Cœur de Jésus par le Cœur de Marie, et au Cœur de Marie par celui des saintes femmes. Nous aurions désiré être avec elles. Chacune était heureuse de souffrir, de ne perdre aucune goutte d’amertume pour aider la Sainte Vierge, d’être là pour l’accompagner dans sa douleur, et consoler Notre-Seigneur dans son abandon apparent par son Père céleste.

Puissions-nous être assimilés soit aux saintes femmes, soit à saint Jean.

Notre Père, 21 mars 1997

Dimanche des Rameaux 14 avril

La leçon de cette fête des Rameaux est tellement importante  ! Elle nous montre que notre religion, c’est la Vérité que Jésus a imposée, a fait luire aux yeux mêmes de ses ennemis et pour laquelle il est mort. Ce n’est pas un rêve. Il a dit qu’il est le Fils de Dieu, le Messie attendu. Il l’a prouvé et le peuple l’a reconnu publiquement. Il a su qu’il allait être mis à mort et il l’a voulu. Il a annoncé sa Résurrection, son triomphe final, le châtiment de ses ennemis, la ruine de Jérusalem et le salut éternel de ceux qui croiront en lui. Tout est prêt à ce moment-là pour que le drame se passe. Tout est prévu, y compris le châtiment de ses ennemis et le salut de ceux qui le suivront à travers ce drame. Nous n’avons plus qu’à revivre ce drame pendant ces Jours saints. (à suivre)

Notre Père, 30 mars 1980

Lundi saint 15 avril

Revivre ce drame, c’est  : Lundi, Mardi, Mercredi saints, méditer dans notre Évangile ces controverses terribles de Jésus contre les pharisiens, y assister et prendre le parti du Christ. Les Jeudi, Vendredi et Samedi saints, ce sera de lui être fidèles alors même que ses Apôtres l’ont trahi, lui être fidèles par notre dévotion, notre compassion, afin de pouvoir ressusciter avec lui le jour de Pâques. Je dis bien “ ressusciter ”, c’est-à-dire nous trouver envahis d’une vie, qui est un signe, un commencement de la béatitude éternelle, car ceux qui croiront et seront baptisés seront sauvés  ; ceux qui ne croiront pas seront condamnés.

Notre Père, 30 mars 1980

Mardi saint 16 avril

Nous sommes donc, dès maintenant, introduits dans ce mystère qui ne va plus nous lâcher jusqu’au matin de Pâques, jusqu’au matin de la Résurrection  : le mystère du Cœur Sacré de Jésus. J’oserai ajouter  : le mystère du Cœur Immaculé de Marie, qui, bien qu’elle ait été séparée aux yeux des hommes d’avec lui, ne faisait plus qu’un avec lui dans cette Cène.

Le Cœur de Jésus  ! Jésus homme comme nous  ! qui a vécu avec les Apôtres, jour et nuit, sans jamais les quitter, les formant peu à peu à l’œuvre pour laquelle il les avait choisis, les exhortant, les réconfortant, peu à peu les transformant, et cependant ils ne sont pas encore prêts, il le sait bien. Il leur enverra plus tard le Saint-Esprit. Mais alors il se sent pris de pitié, de compassion pour eux. Au moment déjà où l’ennemi rôde, au moment où déjà le traître quitte le banquet pour aller comploter la perte de son Maître et toucher son sale argent – Judas part pour retrouver les prêtres et comploter l’arrestation de Jésus –, les Apôtres se sentent tout chose, tout inquiets, alors Jésus les console, leur parle longuement avec beaucoup d’affection, et non seulement cela, il institue la sainte Eucharistie.

Notre Père, 3 avril 1980

Mercredi saint 17 avril

Cette semaine, pensons beaucoup à la douleur de Jésus et disons-nous à nous-mêmes  : “ C’est pour moi. Même si j’avais été seul au monde, il l’aurait fait. Il l’a fait pour moi ”. Embrassons le crucifix et disons  : “ Pour moi. Merci Jésus  ! Pour moi. ” Jésus, qui a choisi de passer par cette voie, nous appelle à le suivre sur le même chemin d’humiliation. Lorsque, à certains moments de notre vie, nous ne trouvons aucune voie de sortie de nos difficultés, lorsque nous plongeons dans l’obscurité la plus dense, c’est le moment de notre humiliation et de notre dépouillement total, l’heure où nous expérimentons que nous sommes fragiles et pécheurs. C’est justement alors, à ce moment-là, que nous ne devons pas cacher notre échec, mais nous ouvrir avec confiance à l’espérance en Dieu, comme l’a fait Jésus.

Notre Saint-Père le pape François, 16 avril 2014

Jeudi saint 18 avril

Jésus se donne à chacun de ses Apôtres et il va se donner à chacun d’entre nous ce soir, grâce à l’action du prêtre, action de mémorial de ce qui s’est passé dans ce Jeudi saint. Comme Jésus a dit de refaire les choses, et en même temps qu’il a créé ce sacrement de l’Eucharistie ce soir-là, il a créé le sacrement du Sacerdoce, disant à ses Apôtres de refaire ses gestes, de redire ses paroles. Que peut-on donner de plus  ? On peut donner ses biens extérieurs à soi-même, mais on peut donner son être même. Et celui qui veut vraiment donner tout son esprit, toute son âme, tout son cœur, tout son amour, toute son intelligence, toute sa volonté, comment peut-il l’exprimer davantage  ? Par des paroles  ? Ce n’est pas tellement vrai que de se donner lui-même. Jésus, en donnant son Corps et en donnant son Sang – le sang est le symbole de la vie – nous montre qu’il nous donne tout lui-même. En recevant son Corps et son Sang ce soir, c’est tout lui-même que nous allons recevoir comme les Apôtres l’ont reçu une première fois.

Notre Père, 3 avril 1980

Samedi saint 20 avril

Veillée pascale

En plein vingtième siècle, notre foi nous dit  : sachons comprendre l’épreuve, les épreuves que nous vivons. Quand on me parle d’une guerre nucléaire, je dis que ce ne sera jamais aussi terrible que le déluge qui a enseveli toute l’humanité pécheresse. C’est du même genre  ? Eh bien, s’il y a une guerre nucléaire, il y aura aussi une arche et cette arche, je la connais, c’est l’Église. On me dit  : mais vous savez, demain, ce sera la révolution  ! Il y a des persécutions qui se préparent en comparaison desquelles les persécutions des premiers chrétiens, les persécutions des Juifs par les Grecs autrefois, ne sont rien du tout. Les persécutions vers lesquelles nous marchons sont terribles. Eh bien, ce sera comme les Égyptiens qui persécutaient les Israélites  ! Il se lèvera un nouveau Moïse, nous savons bien qui c’est  : c’est le Pasteur des pasteurs, c’est le Souverain Pontife. Il se lèvera un autre Christ qui nous guidera à travers la persécution, à travers cet océan, cette mer de sang des martyrs qui nous guidera vers le salut. Ainsi, nous avons réponse à tout.

Alors, je dis que cette fête de Pâques, c’est le modèle, le type de toutes nos épreuves. Les Américains appellent cela un pattern. C’est un modèle général qui donne la solution de toutes sortes de problèmes en toutes sortes de domaines différents. On introduit cela dans la machine et la réponse vient. Nous dirons que notre modèle, c’est le passage de Jésus-Christ à travers la mort vers la vie éternelle. Et le passage, cela se dit  : Pâques. Et Pâques, c’est le passage.

Notre Père, 6 avril 1980

Dimanche de Pâques 21 avril

L’Introït de la Messe de Pâques chante la Résurrection du Seigneur et lui donne son sens profond. Avant même d’apparaître aux Apôtres et de donner à Madeleine son joyeux message, le Fils retrouve l’usage de la parole humaine et la plénitude de la vie pour dire à son Père très aimé sa joie et son merci  ! Que tout cela est mystérieux  ! Que ce mystère baigne dans un climat d’amour insondable, de même teinte et de même chaleur, pourrait-on dire, que nos tendresses terrestres de père et de fils… C’est un père qui retrouve son enfant chéri, c’est aussi Dieu même qui introduit le Seigneur, premier-né d’entre les morts, dans sa Gloire inaccessible. Cette Humanité sainte, marquée encore des stigmates de ses souffrances, c’est son Fils Bien-Aimé en lequel il se retrouve  ; il reconnaît avec joie en Jésus transfiguré celui même qu’il engendre et aime de toute éternité comme le miroir de sa Grandeur, l’expression parfaite et manifeste de son être souverainement sage et bon. (à suivre)

Lundi de Pâques 22 avril

Mais voici que Jésus sort du tombeau, victorieux de la mort, encore capable de pardonner et de proposer son amour aux hommes repentis. Que dit-il  ? «  Je suis ressuscité et de nouveau je suis avec vous, et jusqu’à la consommation des siècles  », paroles merveilleuses pour ceux qui avaient douté et déjà désespéraient  ! Peut-être le peuple déicide est-il définitivement abandonné et son reniement a-t-il scellé son destin, mais la jeune Église a retrouvé son amour, elle ne saurait être veuve maintenant, car son époux est là, d’une invisible mais attentive et tendre présence. Nul ne pourrait maintenant l’atteindre de ses coups. Il fallait que le Christ souffrît pour entrer dans sa gloire, c’est vrai, mais il fallait qu’il entre dans sa gloire pour n’être plus ici ou là, sujet à la limitation des lieux et des temps, prisonnier de sa matière terrestre, et pour être vraiment à son Église dans tous ses membres. «  Il vous est bon que je m’en aille  », leur disait-il, car cette nouvelle présence est meilleure que ne l’était l’ancienne. Le Corps du Seigneur ressuscité est maintenant un Temple spirituel, immense, qui nous contient tous, sa Parole est une vérité que nul ne peut tenir prisonnière et qui résonne jusqu’aux extrémités de la terre, sa Vie est un Esprit de grâce et d’amour qui nous atteint par les mille canaux des eaux baptismales, sa Chair est un Pain dont les fidèles se rassasient autour de toutes les tables eucharistiques de l’univers. Si le Père céleste connaît son Verbe divin sous l’enveloppe de la chair transfigurée, l’Église connaît maintenant son Époux à travers cette chair transfigurée comme la présence de la divinité même du Fils de Dieu.

Notre Père, LAMA no 13

Mardi 23 avril

Saint Georges

Fallait-il être venue à Rome sans descendre au Colisée  ?… Cela me paraissait impossible, je n’écoutais plus les explications du guide, une seule pensée m’occupait  : descendre dans l’arène… (…) il est dit dans l’Évangile que Madeleine restant toujours auprès du tombeau et se baissant à plusieurs reprises pour regarder à l’intérieur finit par voir deux anges. Comme elle, tout en ayant reconnu l’impossibilité de voir mes désirs réalisés, je continuais de me baisser vers les ruines où je voulais descendre  ; à la fin je ne vis pas d’anges, mais ce que je cherchais, je poussai un cri de joie  ! (…) Mon cœur battait bien fort lorsque mes lèvres s’approchèrent de la poussière empourprée du sang des premiers chrétiens, je demandai la grâce d’être aussi martyre pour Jésus et je sentis au fond du cœur que ma prière était exaucée  !

Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, Histoire d’une âme

Mercredi 24 avril

Saint Fidèle de Sigmaringen

Stupéfaction  ! Les disciples d’Emmaüs sont là, ils ont fait quinze kilomètres à âne, ils entrent au cénacle, ils sont sûrs de trouver tout le monde, et avant d’avoir vécu la grande minute de leur vie où tout le monde les aurait écoutés avidement, on leur jette à la figure l’apparition du Seigneur à Pierre  ! Ils étaient dévalués  ! Pour une nouvelle, c’était raté  ! C’était prodigieux  ! Comment  ? Il était à Emmaüs et il était à Jérusalem  ? Donc, ils ont appris que quand un être est ressuscité comme Jésus, il peut se déplacer à la vitesse de la lumière, d’un endroit à un autre. Saint Pierre ne s’en est pas vanté, il n’a pas dit ce que Jésus lui a dit. Cela a quand même dû bien se terminer  ! Jésus a été miséricordieux, il a dû effacer l’ardoise et dire  : «  Allez, Pierre, on recommence  !  » Il a dû passer l’éponge. «  Mais fais-moi le plaisir, maintenant, d’être fidèle, et quand ce sera dur, confirme tes frères dans la foi.  » C’était la joie  !

Et nous, c’est notre joie à nous de penser que cela leur est arrivé à eux. C’est tellement bien raconté que, pour un peu que l’on médite sur cet Évangile magnifique de saint Luc, c’est comme si on y était. Nous, nous allons voir plus que les disciples d’Emmaüs, parce que, lorsque le prêtre va bénir et rompre le pain, ce sont les mains de Jésus qui vont opérer, c’est sa Parole qui va opérer, c’est Jésus lui-même qui, ressuscité, reviendra se donner à manger et à boire à ces pauvres gens que nous sommes  !

Notre Père, 17 avril 1995

Jeudi 25 avril

Saint Marc

«  Alors, Il leur ouvrit l’esprit à l’intelligence des Écritures et Il leur dit  : “ Ainsi est-il écrit que le Christ souffrirait et ressusciterait d’entre les morts le troisième jour. ”  »

Il ne faut pas dire que Notre-Seigneur a gardé son secret pour les disciples d’Emmaüs et pour les apôtres. Il a gardé son secret pour que eux, ils le communiquent à tout le monde et cet Évangile est bien fait pour le montrer et Luc dit bien que les apôtres ont fait ce que Jésus leur avait dit de faire.

«  Ainsi est-il écrit que le Christ souffrirait et ressusciterait le troisième jour…  » C’est la leçon qu’il faut tirer de l’événement.

«  … et que, en son Nom, la rémission des péchés serait proclamée à toutes les nations, à commencer par Jérusalem.  »

Voilà un résumé magnifique de la Nouvelle Alliance.

«  De cela, vous êtes témoins…  »

Voilà encore une parole qui est magnifique. On ne peut pas être plus bref, plus catégorique, plus incitatif. Vous voilà en selle, maintenant, vous allez partir et dire à tout le monde ce que vous avez vu, ce que vous avez fait et ce que j’ai mangé devant vous pour vous convaincre.

Notre Père, 2 avril 2002

Vendredi 26 avril

Saints Clet et Marcellin

«  Jetez le filet à droite et vous trouverez.  » De mémoire de pêcheur, quand on n’a rien pris à gauche, on ne prend rien à droite. «  Ils jetèrent le filet  »  : cette voix devait être ensorcelante. «  Ils ne pouvaient le relever tant il y avait de poissons.  » Pour une pêche si rapide et si près du rivage, il fallait vraiment que les poissons se soient précipités dans le filet au commandement de Jésus  ! Mais c’est symbolique. Le filet, c’est l’Église et ce sont les hommes auxquels Jésus avait dit deux ans auparavant «  je vous ferai pêcheurs d’hommes  ». Maintenant, c’est l’application. C’est pour cela que Jésus a voulu revenir sur les lieux de leur amitié première. Cette fois, ils vont voir, toucher, éprouver la puissance de leur Maître et cette nouvelle pêche miraculeuse leur montrera ce que sera maintenant leur vocation. Pierre devra partir à la conquête du monde et les autres le suivront.

Notre Père, 14 avril 1996

Samedi 27 avril

Samedi in Albis, Saint Pierre Canisius

«  Allez dans le monde entier, proclamez l’Évangile à toute la création. Celui qui croira et sera baptisé, sera sauvé  ; celui qui ne croira pas, sera condamné.  » (Mc 16, 15-16) Dernier chapitre, la finale fameuse de Marc  !

Mission universelle de salut, c’est clair, c’est bien, c’est juste. Le Fils est venu, les mains remplies de trésors divins, de toute la plénitude de sa Divinité, il a offert son admirable Sacrifice pour se mériter son Épouse et se la rendre méritante  ; et maintenant, par ses Apôtres, il lui offre son Amour. Elle n’a qu’un “ fiat ” à prononcer, elle n’a qu’à dire oui. Donc, il n’y a pas une seule créature qui soit exclue de cette invitation, de cette avance que lui fait le Christ et, en même temps, pour qu’elle puisse le faire, il ne propose pas son salut sans que son Souffle en même temps, sans que son Avocat n’éveille délicatement son cœur pour lui donner le courage, le goût, l’attrait d’une réponse positive.

Et donc, pour ses épousailles, Notre-Seigneur Jésus-Christ se manifeste l’Époux et le Roi de tous, en droit divin, mais il n’y a plus qu’à dire oui pour entrer dans son salut.

Notre Père, théologie totale, 1987

Dimanche 28 avril

Dimanche de Quasimodo, in Albis, St Pierre Chanel, St Louis-Marie Grignion de Montfort, Saint Paul de la Croix

Avec ce dimanche de Quasimodo, nous entrons dans la belle époque de l’année liturgique, Jusqu’à la Pentecôte et même après, la fête du Sacré-Cœur, on vit un peu à la manière angélique. Il y a deux manières  : la manière ascétique et la manière mystique. La mystique, c’est tout simplement de vivre dans un esprit un peu enivré des choses de Dieu, avec un cœur un peu incandescent qui brûle d’amour de Jésus et de Marie. On doit arriver là, d’abord en faisant pénitence, mais plus que cela, en s’abandonnant à la leçon de la liturgie, en aimant davantage dire notre chapelet, lire l’évangile. Cela nous a entretenu pendant ces fêtes dans une certaine ivresse du bien et quand on est un peu ivre de biens, de beauté spirituelle, les tentations reculent. Il n’y a pas besoin de prendre le fouet et la discipline. On vit dans un bonheur d’enfant retrouvé, cela nous porte aux bons sentiments. En même temps, comme on ne se torture pas, cela est plus souriant. Jésus a dit que, lorsqu’on fait pénitence, il faut sourire, c’est difficile, croyez m’en  ! Mais quand on est tout porté par les choses de Dieu, la liturgie magnifique de ces fêtes, qu’on en garde une sorte d’ivresse, alors on est porté à la charité, à la douceur, à la serviabilité en famille.

Notre Père, 6 avril 1997

Lundi 29 avril

Sainte Catherine de Sienne, Saint Pierre de Vérone, Saint Aule (Vivarais)

Comment sera-ce possible  ? Eh bien, voilà ce qui se fait par la main des Apôtres, par la prédication des Apôtres. Les bonnes âmes qui écoutent, qui adhèrent par la Foi, qui croient, sont transformées comme des enfants. C’est le thème de l’épître de saint Pierre, la première  : «  des enfants d’obéissance  » les appelle saint Pierre. Cette parole extrêmement profonde, qui exprime toute la transformation d’un être qui était rebelle autrefois, rebelle à Dieu, comme nous venons de le voir, rebelle à ses parents, rebelle à toute autorité et ennemi des autres, le voilà tout transformé, tout d’un coup, comme des moutons, comme des enfants d’obéissance, par la foi dans la parole que leur dispensent les Apôtres. Cette révélation de Jésus-Christ, Fils de Dieu, dont nous avons vu qu’elle était au cœur de l’Apôtre et qu’elle était l’objet de sa prédication, les transforme en fils de Dieu eux-mêmes.

Notre Père, la morale phalangiste à l’heure du sida, Pentecôte 1987

Mardi 30 avril

St Joseph-Benoît Cottolengo, St Pie V, Notre-Dame d’Afrique, Ste Catherine de Sienne, Bse Marie de l’Incarnation

Il faut qu’on intercède, qu’on s’entremette  ; que ceux qui ont été comblés de grâces fassent expiation, réparation pour ceux qui sont en Purgatoire pour n’avoir pas cru, soient saisis pour eux d’une vive compassion. En corrigeant leur erreur, pour ainsi dire nous les délivrons de leurs liens, de la captivité de leur erreur et de leurs fautes et ainsi nous hâtons le jour de leur délivrance.

Puis il faut tâcher de gagner à la cause de Dieu les vivants, et donc pour cela je veux m’attacher à la Foi avec tellement d’études, de réflexions, de prières que je sois capable de la démontrer, de la défendre et de faire pénétrer la lumière de votre seule vérité, ô mon Dieu, afin, s’il se peut, de convertir tous les hommes, et surtout ceux qui me sont proches, pour qu’ils adorent, croient, espèrent et vous aiment, ô mon Dieu.

Je vous le demande par Notre-Dame de Fatima, Notre-Dame de Lourdes, Notre-Dame de Pontmain, Notre-Dame de France du Puy, Notre-Dame d’Afrique, la Vierge Marie aux maternités innombrables, afin que demain, par elle, le monde vous revienne, ô Jésus, Roi des rois et Seigneur des seigneurs et que, d’un pôle du monde à l’autre, une seule voix retentisse  :

«  Loué soit le divin Cœur de Jésus  ! Aimé et béni soit le saint Cœur Immaculé de Marie  ! À la Vierge Mère, à la très sainte et glorieuse Trinité, amour, honneur et louanges dans tous les siècles de notre histoire et dans l’éternité  !  »

Notre Père, 2 novembre 1986

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