La Contre-Réforme catholique au XXIe siècle
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Méditations quotidiennes

Dimanche 1er juillet
Lundi 2 juillet
Mardi 3 juillet
Mercredi 4 juillet
Jeudi 5 juillet
Vendredi 6 juillet
Samedi 7 juillet
Dimanche 8 juillet
Lundi 9 juillet
10 Mardi 10 juillet
Mercredi 11 juillet
Jeudi 12 juillet
Vendredi 13 juillet
1 Samedi 14 juillet
Dimanche 15 juillet
Lundi 16 juillet
Mardi 17 juillet
Mercredi 18 juillet
Jeudi 19 juillet
20 Vendredi 20 juillet
Samedi 21 juillet
Dimanche 22 juillet
Lundi 23 juillet
Mardi 24 juillet
Mercredi 25 juillet
Jeudi 26 juillet
Vendredi 27 juillet
Samedi 28 juillet
2 Dimanche 29 juillet
30 Lundi 30 juillet
Mardi 31 juillet

Dimanche 1er juillet

Précieux Sang de Notre-Seigneur

Je vous promets de vous aimer et de vous honorer jusqu’au dernier instant de ma vie et de propager autant que je le pourrai le culte de votre Sacré-Cœur. Disposez de moi, ô mon Jésus, selon votre Bon Plaisir. Je ne veux d’autre récompense que votre plus grande gloire et votre saint amour. (Extrait de la prière de consécration au Sacré-Cœur formulée par la bse Marie du Divin Cœur)

J’ai été frappé, en étudiant la vie de mère Marie du Divin Cœur, par le contact de ces deux grandes richesses intimes unies dans son cœur, de la dévotion eucharistique poussée à une grande ardeur de sainteté et la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus matérialisant cette dévotion. Il me semble que c’est une note distinctive de cette bienheureuse qui sera un jour canonisée, ce qui donnera à sa spiritualité une très grande force.

Notre Père, 15 juin 1996

Lundi 2 juillet

Visitation de la Très Sainte Vierge

Accordez-moi la grâce de trouver ma demeure dans votre divin Cœur. C’est là que je veux passer tous les jours de ma vie, que je veux rendre mon dernier soupir. Établissez aussi dans mon cœur votre demeure et le lieu de votre repos, afin que nous demeurions intimement unis.

Ce que Dieu préfère à tout, c’est l’amour, l’amour qui se manifeste par le don de soi, le don de soi qui se règle par l’obéissance, et l’obéissance qui se manifeste par la sincérité, la sérénité, la bienveillance d’une vie de communauté paisible et ordonnée. Cette consécration y introduit, comme au secret de la vie spirituelle dans ce qu’elle a de plus merveilleux, ce que sera notre vie au Ciel, ce qu’a été la vie des saints sur terre.

Notre Père, 4 mars 1987

Mardi 3 juillet

Saint Thomas, Saint Léon II

Jusqu’à ce qu’un jour je puisse vous louer, vous aimer et vous posséder pour toute l’éternité et chanter à jamais les infinies miséricordes de votre Sacré-Cœur.

Je ne cesse de vivre dans la splendeur et la joie de ce 3 juillet 1993, rendant tout facile, ou supportable. Il faut bien que j’aie encore à souffrir, mais enfin tout se fait dans un haut degré de confiance et d’espérance  : “  plutôt que le martyre maintenant, vingt-cinq ans de vie pour porter du fruit, mais à condition que celle-ci soit déjà une sorte de mort corporelle dont la façon doit se tirer de la consécration formulée par mère Marie du Divin Cœur.  ”

Notre Père, 12 octobre 1993

Mercredi 4 juillet

Sainte Élisabeth du Portugal

Pour obtenir de Lui qu’il fasse le nécessaire, Lui seul et selon son bon plaisir, il me fallait enfin moi-même prononcer la consécration au Sacré-Cœur de Jésus de la Bse Marie du Divin Cœur et inviter le plus grand nombre d’âmes possible à la faire elles-mêmes ou du moins à s’y associer chacune selon ses forces. Car même si ce divin Cœur doit régner sur le monde sans qu’il soit besoin de personne pour lui venir en aide, il lui a plu de nous imposer ce marché, de n’y consentir que si nous cédions d’abord à ses suaves et fortes instances.

CRC n° 238 décembre 1987

Jeudi 5 juillet

Saint Antoine-Marie Zaccaria

La suite des méditations de ce mois est essentiellement tirée des manuscrits du Laus qui relatent les faits surnaturels qui ont eu lieu en ce sanctuaire au XVIIe siècle.

Au Laus, la Sainte Vierge «  ramasse les pécheurs que les confesseurs, pasteurs et autres qui travaillent au salut des âmes avaient abandonnées, pour les y convertir afin que les hommes sachent qu’on peut tout obtenir par elle. Benoîte console chacun, donne courage aux confesseurs, avertit ceux qui n’osent pas dire leurs péchés, leur donne le confesseur qu’elle juge propre pour eux. Ce n’est pas sans peine qu’elle découvre à son prochain les fautes qu’il a commises, croyant que c’est une chose indigne à une pécheresse de se mêler de faire la correction à des moindres pécheurs. Elle fait beaucoup de prières, afin qu’ils se laissent toucher aux inspirations et qu’elle ne soit pas obligée de leur parler.

Manuscrits du Laus

Vendredi 6 juillet

Premier Vendredi du mois, Sainte Maria Goretti, Octave des Saints Pierre et Paul, Sainte Godelieve

Dieu, qui a donné ce saint Lieu à sa Mère pour la conversion des pécheurs, veut qu’il subsiste toujours malgré l’envie et la rage de ses ennemis, qui voulaient le perdre. Benoîte se tait principalement devant ceux qui ne croient pas, qui disent que c’est un abus bien grand, où l’on trompe le peuple pour avoir de l’argent  ; que Notre-Dame est partout  ; qu’on n’a pas besoin d’aller au Laus pour la trouver. Il est vrai qu’elle est partout, on n’en disconvient pas. Mais il ne se fait pas des miracles partout comme au Laus  : on ne voit pas partout un si grand concours de peuple comme là, où Dieu et la prière de sa sainte Mère répandent une infinité de grâces, et presque tous les jours, tant en hiver qu’en été.

Manuscrits du Laus

Samedi 7 juillet

Premier samedi du mois, Saints Cyrille et Méthode, Saint Pierre Fourier

Faire pèlerinage à Notre-Dame du Laus, c’est «  prendre conscience de son péché, de ce qu’on est en réalité, et tabler sur la Miséricorde de Jésus. C’est vraiment le centre de ce pèlerinage qui doit ensuite, je ne dis pas changer notre vie parce que c’est ce que le Père nous a toujours prêché, mais qui doit nous mettre en accord avec le souci de la Vierge Marie au bout du parcours, à Fatima, qui est de convertir les pécheurs.  »

Frère Bruno de Jésus-Marie, 18 octobre 2014

Dimanche 8 juillet

Bx Pierre Vigne, Sainte Élisabeth du Portugal

J’aime bien que ces trois mots  : pauvreté, chasteté, obéissance soient mis à égalité et qu’ils soient au milieu de ces vœux perpétuels. Ils y prennent tout leur relief. Ce sont des mots simples, mais que je dirais aux arêtes vives. Cela n’est pas de la mélasse, ce n’est pas de la matière plastique. Ce serait comme trois fondements de marbre dans une construction religieuse  : la pauvreté, la chasteté, l’obéissance. Il faut s’attacher à ces mots-là si l’on veut s’attacher à la chose. Il faut que le mot même nous dilate, nous parle, que, en même temps, il nous avertisse. Ce sont notre Règle et nos coutumes qui adouciront ce que ces mots ont de trop terrible, afin de rendre vivable cette vie de petit frère du Sacré-Cœur. Comment cela ne serait-il pas vivable  ? “  Avec la permission et la bénédiction de mon Père spirituel et frère Prieur.  ” Je ne peux pas ne pas souligner l’importance du Père spirituel qui est aussi le Frère Prieur. Notre Règle l’explique parce que c’est vraiment l’un des principes fondamentaux de la vie spirituelle évangélique et de la vie des moines telle que nous l’avons reçue en héritage. Le Père Prieur et son petit troupeau constituent une oasis, une communauté, une fraternité, une zaouia et l’on est bien ensemble, à condition de ne faire qu’un entre nous et avec notre Père spirituel.

Notre Père, 22 septembre 1999

Lundi 9 juillet

Saint Augustin Zhao Rong et ses compagnons, martyrs, Saints Thomas More et John Fisher

Marguerite Faure, s’étant accouchée le 25 de septembre 1682 d’une fille mort-née, prie Antoinette Bertigot, dudit lieu, de la porter au Laus. Nonobstant toutes les oppositions et les menaces, sa foi est si grande qu’elle part secrètement emportant le petit cadavre. Elle arrive au Laus le premier dimanche d’octobre, fête du Saint-Rosaire, après la grand’messe. Elle expose la petite fille près de l’autel. Peu de temps après, l’enfant retire doucement la main gauche qui était croisée sur la droite, et la porte au menton  ; elle sort et retire la langue  ; son visage devient vermeil. Ce que voyant, M. Peythieu la baptise avec les conditions ordinaires et donne un certificat à la fille Antoinette, qui est toute pâmée de joie de la miséricorde de Dieu envers cette pauvre enfant. La plupart de ceux qui étaient dans la chapelle joignirent leur signature à celle de M. Peythieu. Il y avait neuf jours que l’enfant était née. Ce qui montre de plus en plus, continue M. Gaillard, qu’il suffit d’avoir la foi pour obtenir tout ce qu’on demande à notre souveraine Princesse.

Manuscrits du Laus

Mardi 10 juillet

Les saints Sept frères martyrs, saintes Rufine et Seconde

Voici les avis que Benoîte donnait aux prêtres  : de recevoir les pèlerins avec un grand zèle et une charité cordiale, d’être doux, patients, de recevoir les pécheurs avec beaucoup de cordialité les plus criminels, les recevoir avec encore plus de douceur que les autres s’il se peut, pour les attirer à la pénitence et amender leurs fautes, de les avertir de bien dire leurs péchés, de ne pas s’approcher de la table de la communion sans s’être préparés à recevoir cet auguste sacrement. De prendre garde à ne faire ni confession ni communion sacrilèges.

Manuscrits du Laus

Mercredi 11 juillet

Saint Benoît, Saint Pie IerSaint Olivier Plunket

Une possédée qu’aucun exorcisme n’avait pu délivrer, fut conduite à Notre-Dame du Laus pour implorer sur elle la protection de la Mère de Dieu par l’intermédiaire de sœur Benoîte. M. Peythieu dit qu’on ne vit jamais visage plus défiguré  : le teint était noir, la bouche enflammée et comme brûlée, les yeux hagards et étincelants, la voix rauque et brutale. Benoîte accueillit la jeune possédée avec tout ce qu’il y avait de plus tendre dans sa charité. Elle fit tant par ses caresses et ses amicales remontrances, qu’elle décida l’infortunée à faire des prières particulières pour obtenir la grâce d’une bonne confession générale et sa guérison. La Sainte Bergère priait de son côté et au bout de quelques jours, la jeune fille se confessait avec d’excellentes dispositions et communiait de même. C’était tout ce qu’il fallait  ; la guérison était obtenue.

Manuscrits du Laus

Jeudi 12 juillet

Saint Olivier Plunket, Saints Louis et Zélie Martin, Saint Jean Gualbert

La Mère de Dieu dit à Benoîte que, parce qu’elle n’a pas souffert avec patience les imperfections de ses sœurs, elle ne la verrait pas pendant deux mois et demi, ce qui montre qu’elle la voit très souvent et qu’elle veut qu’elle soit patiente.

Manuscrits du Laus

Vendredi 13 juillet

Saint Henri, 3e Apparition de ND de Fatima

Benoîte fut contrainte d’aller jusqu’aux portes de l’enfer plongé dans les plus épaisses ténèbres, mais Dieu l’éclaira afin que Benoîte pût en voir toutes les horreurs. Les démons et les réprouvés lui apparurent en nombre incalculable, le signe de la malédiction au front et voués aux plus affreuses tortures. Ils étaient plongés jusqu’à la ceinture dans des étangs de soufre et de feu  ; elle entendit leurs grincements de dents, leurs cris de rage et de désespoir. Ce spectacle lui arracha des larmes de douleur et d’effroi  ; elle en serait morte si deux anges n’étaient venus la tirer de là et l’emporter dans sa cellule.

Depuis ces affreux voyages, elle ne put penser à l’enfer sans frémir, et quand elle tombait malade, elle pleurait à chaudes larmes en y songeant. L’ange l’engagea à redoubler de zèle pour la conversion des pécheurs, afin de les empêcher de se précipiter dans ces flammes dévorantes  : «  Quelque lasse que vous soyez, dit-il, priez toujours pour les pécheurs, dussiez-vous ne dire que cinq Pater.  »

Manuscrits du Laus

Samedi 14 juillet

Saint Camille de Lellis, Saint Bonaventure

Plusieurs personnes demandent à Benoîte comment elle fait pour avertir le monde à tout moment, ne voyant pas toujours la Sainte Vierge et les anges pour lui donner des avis sur ce qu’elle doit dire. Elle répond que, quand elle voit quelqu’un, elle sait tout de suite ce qu’il est et tout ce qu’il a dans sa conscience, comme quand on voit dans un miroir ce qui est au-devant d’elle tout à la fois, afin de leur donner les avis qui leur sont nécessaires pour leur salut, à ceux qu’elle voit et qui en profitent.

Manuscrits du Laus

Dimanche 15 juillet

Saint Bonaventure, Bse Anne-Marie Javouhey, Saint Henri

La bonne Mère dit à Benoîte, au commencement de la dévotion, que l’huile de la lampe de la chapelle, si on en prend et qu’on s’en applique, et si l’on recourt à son intercession et qu’on ait la foi, qu’on guérira. Combien sont guéris de toutes sortes d’indispositions en prenant de l’huile de la lampe de la chapelle  ! chacun en porte à son pays et en donne aux voisins, qui guérissent sans qu’on n’en sache rien au Laus. Il ne faut qu’avoir la foi, et se mettre en état de grâce pour guérir.

Manuscrits du Laus

Lundi 16 juillet

Notre-Dame du Mont Carmel, Sainte Marie-Madeleine Postel

Le soir de la fête de la Toussaint 1702, à l’heure où tintait le glas du jour des morts, Benoîte, seule au pied de la Croix d’Avançon, priait pour les âmes du Purgatoire. Elle ne songeait plus à rentrer au village. Vers minuit, elle distingua, du côté de la vallée, une nuée épaisse, longue d’un quart de lieue, qui se dirigeait du côté du saint vallon. C’étaient des âmes, en nombre infini, revêtues de formes humaines, tenant en main un flambeau et qui marchaient en ordre de procession. Deux anges ouvraient le cortège  : ils chantaient les litanies des saints, et les bienheureux répondaient aux invocations. Au moment où les célestes guides arrivaient au-dessus de sa tête, elle les interpella par ces mots  :

«  Voilà bien des âmes, beaux anges  !

– Vous ne les voyez pas toutes  ; il y en a beaucoup d’autres dispersées dans les airs.  »

Aussitôt elle entendit les bienheureux lui annoncer  : «  Nous allons au Sanctuaire adorer Dieu et remercier notre bonne Mère, notre avocate et notre protectrice. De là, nous irons au Ciel jouir de la gloire éternelle.  » Benoîte, toute consolée par cette vision, continua de bénir Dieu et se retira peu de temps après.

Manuscrits du Laus

Mardi 17 juillet

Saint Alexis, Bses Carmélites de Compiègne, martyres

Le 24 décembre 1684, raconta M. Peythieu, Benoîte avait passé toute la nuit en prières  : un peu avant l’aube, elle eut le bonheur de voir la très aimable Mère de Dieu dans sa chapelle tout embaumée de sa présence. L’entretien roula sur divers sujets, mais en particulier sur les intérêts du roi. La très Sainte Vierge recommanda instamment à sa fille de prier pour la prospérité de notre bon roi. Il est à remarquer que toutes les fois que la famille royale et la personne du prince surtout ont couru quelque danger, la Mère de Dieu, au temps de ses apparitions à Benoîte, lui a toujours ordonné de prier et de faire prier pour leur prospérité. Aussi dans la chapelle du Laus on n’a jamais manqué de faire des prières, de donner des bénédictions et de dire des litanies pour attirer sur le roi et sa famille la protection du Ciel.

Manuscrits du laus

Mercredi 18 juillet

Saint Camille de Lellis

Le vicaire général de la cathédrale d’Embrun, M. Lambert, s’enquit de la nature des faits extraordinaires qui se passaient au Laus. Il s’y rendit en personne accompagné de plusieurs autorités ecclésiastiques et religieuses  : un redoutable tribunal de vingt-quatre membres arriva donc au village le 14 septembre 1665.

Benoîte, saisie de terreur, s’apprêtait à fuir lorsque la Sainte Vierge lui apparut et la rassura  : «  Non ma fille, il ne faut pas fuir  ; vous devez rester, car il vous faut rendre raison aux gens d’Église. Soyez sans crainte. Ils vous interrogeront les uns après les autres  ; ils chercheront à vous surprendre dans vos paroles. Il leur arrivera même de vous mépriser en diverses manières, pour vous troubler. Ils vous diront que vos visions ne sont que folie et rêverie de votre cerveau creux, que pures imaginations pour tromper le monde. Mais ne craignez rien  : dites au grand Vicaire qu’il peut bien faire descendre Dieu du Ciel par le pouvoir qui lui a été donné en se faisant prêtre, mais qu’il n’a rien à commander à la Mère de Dieu.  »

Manuscrits du Laus

Jeudi 19 juillet

Saint Vincent de Paul

Combien de personnes ont dit que le Laus est le Refuge des pécheurs, là où Dieu leur inspire de faire de bonnes confessions, lève la honte de ceux qui ne les osent pas dire, assistés des avis de Benoîte qui leur découvre tout leur intérieur, leur donne courage, le temps de se bien examiner, et de bons confesseurs qui les renvoient très contents.

La miséricorde divine poussa les plus grands criminels de ce temps-là au Laus, c’est pourquoi le nombre des coupables que Benoîte eut à avertir ne doivent pas nous effrayer. Chaque année, le même lot plus ou moins chargé se représenta faisant admirer la tendresse compatissante et l’infinie miséricorde de la Sainte Vierge alliée à la charité inépuisable de Benoîte. La tendresse qu’a la Mère de Dieu pour les pécheurs lui fait employer tous les moyens pour leur faire quitter le péché  : quand ils sont sourds aux secrètes semonces de la grâce, elle les fait avertir de vive voix par sa Benoîte.

Manuscrits du Laus

Vendredi 20 juillet

Saint Jérôme Émilien, Sainte Marguerite, Saint Elie

Le 2 août 1700, en la fête de Notre-Dame des Anges et de la Portioncule, Benoîte vit deux anges sur l’autel de la chapelle.

«  C’est aujourd’hui une grande fête, dit l’un d’eux, voudriez-vous communier  ?

– Hélas  ! repartit-elle, comment communier, puisqu’il n’y a personne pour me confesser  ?  »

– N’importe, répondit le messager céleste, vous n’avez pas fait de péché qui puisse vous interdire de communier. Je vous donnerai moi-même la communion. Allumez les cierges, approchez-vous de l’autel, mettez-vous à genoux et prenez la nappe dans vos mains.  »

Aussitôt, le tabernacle s’ouvrit et l’un des deux anges en retira une Hostie. Benoîte s’approcha de l’autel, récita le Confiteor et communia de la main de l’ange. L’autre ange se tenait à genoux, les mains jointes, en adoration.

L’ange qui officiait referma le tabernacle et commanda à Benoîte  : «  Éteignez les cierges et retirez-vous dans votre chambre pour y faire votre action de grâces.  » Benoîte obéit et le remercia  : «  Bel ange, j’ai à cette heure ce qu’il me faut  !  » Les envoyés du Ciel disparurent, l’heureuse fille referma la chapelle et s’en alla dans sa cellule rendre grâces à Dieu de la faveur singulière qu’il venait de lui faire.

Manuscrits du Laus

Samedi 21 juillet

Saint Laurent de Brindes, Sainte Praxède

La Sainte Vierge prédit les persécutions et les tribulations contre le pèlerinage  : «  Les ennemis du Laus ont envie de vous enlever et de vous mettre dans un cloître, mais ils ne savent comment s’y prendre et ils ont peur de faire de l’éclat. Néanmoins, fermez bien votre porte et ne sortez pas la nuit… Les huguenots aussi vous en veulent  : ils ont un désir inconcevable de vous empoisonner  ; mais ne vous affligez pas, les merveilles qui se font dans la chapelle ne viennent pas du démon… Le pèlerinage sera plus florissant après votre mort qu’il ne l’aura été durant votre vie, car vos ossements feront des miracles. Les infirmes y viendront de toutes parts et de bien loin, et ils y guériront.  »

Manuscrits du Laus

Dimanche 22 juillet

Sainte Marie-Madeleine

La foule accourait dans la chambre de Benoîte, les pèlerins ayant pris l’habitude de la consulter. Ainsi s’écoulaient les journées de “  la  ” Benoîte, consolant les affligés, encourageant les faibles, fortifiant ceux qui étaient dans l’épreuve, remettant dans le droit chemin ceux qui s’étaient égarés. «  On ne saurait exprimer les âmes qu’elle gagne à Dieu continuellement… Elle ne se donne aucun repos, toujours en action pour le salut du prochain, et ses occupations ordinaires, c’est de prier pour leur salut. Les jours de grande affluence où elle était d’une aube jusques à la nuict à recevoir les pèlerins sans avoir le temps de manger ni de boire, elle était très fatiguée… Elle ne saurait parler à tous… Aussi Dieu lui donnant la connaissance des cœurs et le discernement des esprits, elle se taisait avec ceux qui ne croient pas au Laus ou qui disent que la Sainte Vierge est partout… Elle ne parle qu’à ceux à qui elle croit de faire quelque fruit et laisse de côté ceux qui ne sauraient en profiter.  »

Manuscrits du Laus

Lundi 23 juillet

Sainte Brigitte, Saint Apollinaire

Dans le mois de mars de l’année 1700, au moment où tous les démons de l’enfer et leurs suppôts de la terre, les jansénistes, semblaient déchaînés contre le Laus et menaçaient de le détruire, Sœur Benoîte craignait pour sa chère chapelle  ; mais son ange, sur l’ordre du ciel, lui apparaît et lui dit  : «  Ils souhaitent d’abolir la dévotion  : ce qu’ils ne sauraient faire  ; car c’est l’ouvrage de Dieu, que n’y l’homme n’y le démon même avec toute leur malice et leur rage, ne sauraient détruire, qui subsistera toujours plus florissant jusques à la fin du monde et fera de grands fruits partout.  »

Manuscrits du Laus

Mardi 24 juillet

Saint Charbel Makhlouf, Bses Carmélites de Guadalajara, Sainte Sigolaine, Sainte Christine

Transportée par deux anges, Benoîte arriva aux portes du paradis. Ses portes, au nombre de six, étaient faites de pierres précieuses aux couleurs variées et étincelantes. Un personnage vêtu de pourpre se présenta devant la Souveraine du Ciel, la salua avec une profonde révérence et ouvrit la porte du Ciel. Une foule immense s’offrit à la vue de Benoîte.

«  Voilà bien du monde, dit-elle à sa bonne Mère.

– C’est le peuple de mon Fils, répondit la Sainte Vierge, et vous en verrez bien davantage.

– Si c’était de votre bon plaisir, ma bonne Mère, je voudrais bien rester ici.

– Il n’en est pas encore temps, ma fille.  »

Les anges laissèrent ensuite les deux saintes voyageuses parcourir à pied les immenses parvis du Ciel. Benoîte se mouvait dans un flot de lumière et entendait des harmonies enivrantes en traversant les phalanges des bienheureux. Quand la Reine du Ciel passait près d’eux, ils la saluaient avec amour et vénération. Parmi ces bienheureux, Benoîte reconnut ses deux directeurs, M. Peythieu et M. Hermitte. Ils la regardèrent avec une paternelle tendresse et la gratifièrent du plus bienveillant des sourires. Elle eut aussi le bonheur de contempler sa mère, plusieurs de ses parents, de ses amis et des personnes de sa connaissance. La vue de ces âmes si chères suspendit un instant sa marche  : elle aurait voulu parler, mais Marie l’entraîna plus loin, en lui disant  : «  Suivez-moi, ma fille.  » (à suivre)

Manuscrits du Laus

Mercredi 25 juillet

Saint Jacques

Bientôt, elle vit trois rangs de trônes ruisselants de lumière, éblouissants d’or et de pierreries et placés les uns au-dessus des autres en forme d’amphithéâtre. «  Au rang le plus élevé sont les martyrs, lui précisa sa divine conductrice  ; au second, les vierges qui ne sont pas martyres, habillées de blanc, et au troisième, la foule des bienheureux revêtus de diverses couleurs.  » Plus loin et au centre du Paradis, autant qu’elle put en juger, elle vit un trône plus élevé que les autres, et si éclatant de pierreries qu’elle ne put distinguer celui qui y siégeait. Une multitude d’anges vêtus de gloire l’environnaient. La Sainte Vierge se prosterna devant ce trône et adora, puis elle continua sa route et passa devant l’arbre de vie. Il fallut cependant redescendre sur la terre  ; le même cortège qui avait enlevé Benoîte au Laus la déposa au pied des rampes sur le chemin de l’Ermitage. «  Allez sans crainte  », lui dit sa bonne Mère. Son éclat illuminait sa route comme l’aurait fait un soleil de midi.

Ravie d’admiration, Benoîte passa quinze jours en extase, sans prendre aucune nourriture, et relata cette insigne faveur à son confesseur.

Manuscrits du Laus

Jeudi 26 juillet

Sainte Anne et saint Joachim, Sainte Anne

Ceux qui viennent au Laus n’y sont pas tous conduits par le même esprit. Les uns y viennent par dévotion, ne cherchant qu’à plaire à Dieu et à mieux assurer leur salut  ; d’autres pour y recouvrer la santé du corps, ceux-ci par hypocrisie, voulant paraître dévots  ; ceux-là par complaisance pour critiquer la dévotion, et les autres enfin pour y trouver l’occasion de se livrer au désordre. C’est pourquoi Benoîte dit et croit que parler indistinctement à tout le monde, c’est du temps perdu. Dieu la favorisant de la connaissance des cœurs et du discernement des esprits, elle ne parle qu’à ceux qu’elle voit bien disposés et à qui elle espère pouvoir faire quelque bien. Elle laisse de côté les esprits mal tournés qui ne profiteraient pas de ses avis.

Notre-Dame du Laus et la vénérable sœur Benoîte

Vendredi 27 juillet

Saint Pantaléon, Saint Ours

Les prêtres jansénistes du sanctuaire menèrent une guerre si acharnée contre la dévotion qu’elle devait en effet aboutir à la ruine complète du pèlerinage. Et pourtant, il n’en fut rien  ! non seulement les résultats d’une lutte si longue et si disproportionnée furent nuls, mais ils tournèrent au contraire au triomphe de la bonne cause, car ces persécutions incessantes sont la marque la plus sensible que l’œuvre est de Dieu, et font qu’elle est plus florissante après qu’avant. «  Ces prêtres, disait la bonne Mère à sa fille, en 1697, veulent détruire la dévotion  ; mais il auront beau faire, ils n’empêcheront pas les peuples de venir en ce lieu.  »

Manuscrits du Laus

Samedi 28 juillet

Saint Nazaire et ses compagnons

Ce 12 avril 1687, je remarque comment l’Esprit de Dieu continue de plus en plus à s’expliquer par la bouche de Benoîte, dans la petite exhortation qu’elle fit à quatre soldats depuis sa chambre jusqu’à l’église. «  Eh bien  ! messieurs, leur disait-elle, vous êtes ici pour faire votre dévotion. Le principal doit être une bonne confession. Et la confession ne serait rien si elle n’était accompagnée de la contrition. Je voudrais bien que vous fassiez comme quelqu’un qui s’est confessé ce matin  : il a bien confessé son péché, et il l’a aussi bien pleuré. Il ne faut pas que le soldat fasse comme le bohème, qui se confesse pour retourner au péché.  »

Manuscrits du Laus

Dimanche 29 juillet

Sainte Marthe, Saints Félix II, Simplice, Faustin et Béatrice, Saint Loup

Benoîte et ses compagnes jouaient ensemble, une «  belle et grande Dame  », au vêtement cramoisi, leur apparut soudain. Son aspect les ravit, et elles se mirent à la suivre. Or, la belle inconnue allait de porte en porte demandant l’aumône, non pour elle-même, mais pour un pauvre du village, appelé Trinquier, qui priait Dieu continuellement pour ceux qui l’assistaient. Quand la belle mendiante eut ramassé plein son tablier de pain, elle l’apporta à son protégé et en remplit sa huche.

«  Belle Dame, dit celui-ci, pour vous remercier j’aurais bien des psaumes à dire. – Tenez-vous content, bon homme  », répondit la brillante quêteuse. Se tournant ensuite du côté des petites filles qui l’avaient suivie, elle donna à chacune un petit soufflet d’amitié en leur disant  : «  Soyez bien sages, mes fillettes  », puis elle disparut au grand regret de ces enfants dont elle avait captivé les cœurs.

Manuscrits du Laus

Lundi 30 juillet

Saint Pierre Chrysologue, Saint Abdon et Sennen

Une personne prie Benoîte de demander à la bonne Mère si sa conscience était en bon état. L’ange l’avertit de lui dire qu’elle était trop scrupuleuse  ; que par ce moyen le démon voulait lui faire tourner la cervelle, si elle n’y prenait garde  ; de l’éviter, de le mépriser et d’être bien obéissante. Elle ne devait plus penser au passé, mais à l’avenir. il lui dit que ses chagrins et ses impatiences lui faisaient perdre tous ses mérites  ; qu’elle aurait de grandes croix  ; qu’elle devait prendre patience, elle serait sauvée.

Manuscrits du Laus

Mardi 31 juillet

Saint Ignace

L’ange a dit plusieurs fois à Benoîte qu’elle ferait bien de faire écrire tout ce qui se passe de remarquable au Laus pour l’âme et pour le corps  : les miracles, les autres grâces qu’on y reçoit et les avis qu’elle donne, parce que cela se verra un jour. Il lui ordonne même de dire tout ce qu’elle sait  ; que cela fera un grand fruit à la suite des temps. On n’a que trop de nonchalance à le faire  ; c’est pourquoi on ne sait pas une sur mille de tout ce qui s’y est passé, des grâces et des miracles qui s’y sont faits et tout le reste qu’on a vu.

Manuscrits du Laus