La Contre-Réforme catholique au XXIe siècle
Print Friendly, PDF & Email

Méditations quotidiennes

Lundi 1er octobre
Mardi 2 octobre
Mercredi 3 octobre
Jeudi 4 octobre
Vendredi 5 octobre
Samedi 6 octobre
Dimanche 7 octobre
Lundi 8 octobre
Mardi 9 octobre
Mercredi 10 octobre
Jeudi 11 octobre
Vendredi 12 octobre
Samedi 13 octobre
Dimanche 14 octobre
Lundi 15 octobre
Mardi 16 octobre
Mercredi 17 octobre
Jeudi 18 octobre
Vendredi 19 octobre
Samedi 20 octobre
Dimanche 21 octobre
Lundi 22 octobre
Mardi 23 octobre
Mercredi 24 octobre
Jeudi 25 octobre
Vendredi 26 octobre
Samedi 27 octobre
Dimanche 28 octobre
Lundi 29 octobre
Mardi 30 octobre
Mercredi 31 octobre

Lundi 1er octobre

Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, Saint Remi, Notre-Dame de Maylis

Toi qui es la Porte du Ciel, toi qui es l’étoile du matin et qui te tiens au-dessus de l’horizon toujours familière et pure, devançant l’aurore, je suis sûr que dans leur transhumance le troupeau des âmes mortes te voit, le temps d’un salut, d’un ressaisissement. Salve  ! S’ils te vénèrent et t’aiment encore, ce salut les sauvera. S’ils retrouvent en leurs très lointains souvenirs avec douceur l’Ave Maria de leur enfance, ce salut les sauvera. Si ta blancheur les émeut, ô Lis de la vallée, si ta beauté, ô Reine des anges, fait naître en leurs cœurs l’espérance d’un miracle de purification et de miséricorde, un regard de toi tombant sur chacun d’eux les sauvera.

Notre Père, Page mystique no 75,
Salve Regina, mars 1975

Mardi 2 octobre

Bx Antoine Chevrier, Saints Anges gardiens

Vous êtes, dans l’espace exigu de ce sanctuaire, comme il en existe des centaines de milliers de par le monde, présent et agissant, naissant et mourant, descendant du Ciel et y remontant, venant à nous et nous entraînant vers le Père. Les signes et les figures illustrent les réalités. Je regarde de tous mes yeux la crèche et mon cœur bondit au tabernacle, je contemple la Croix mais c’est pour me préparer à ma messe ou rendre grâces. Ô Jésus, que vous êtes beau, que vous êtes grand… comme priait le Père Chevrier, et puissé-je, après m’être réjoui et baigné dans les splendeurs et les vérités de votre Crèche, de votre Croix, de votre Tabernacle, réaliser les trois maximes que ce saint prêtre en tirait pour lui-même, il y a cent ans  : le prêtre est un homme dépouillé, le prêtre est un homme crucifié, le prêtre est un homme mangé.

Notre Père, Page mystique no 19,
La crèche, la Croix, le Tabernacle, janvier 1970

Mercredi 3 octobre

Bse Émilie de Villeneuve Ste Thérèse de l’Enfant-Jésus, Sainte Blanche

La Charité me donna la clef de ma vocation. Je compris que si l’Église avait un corps, composé de différents membres, le plus nécessaire, le plus noble de tous ne lui manquait pas, je compris que l’Église avait un Cœur, et que ce Cœur était BRÛLANT d’AMOUR. Je compris que l’Amour seul faisait agir les membres de l’Église, que si l’Amour venait à s’éteindre, les Apôtres n’annonceraient plus l’Évangile, les Martyrs refuseraient de verser leur sang… Je compris que l’AMOUR RENFERMAIT TOUTES LES VOCATIONS, QUE L’AMOUR ÉTAIT TOUT, QU’IL EMBRASSAIT TOUS LES TEMPS ET TOUS LES LIEUX… EN UN MOT QU’IL EST ÉTERNEL  !…

Alors, dans l’excès de ma joie délirante, je me suis écriée  : Ô Jésus, mon Amour… ma vocation, enfin je l’ai trouvée, MA VOCATION, C’EST L’AMOUR  !…

Oui j’ai trouvé ma place dans l’Église et cette place, ô mon Dieu, c’est vous qui me l’avez donnée… dans le Cœur de l’Église ma Mère, je serai l’Amour… ainsi je serai tout… ainsi mon rêve sera réalisé  !  !  !…

Pourquoi parler d’une joie délirante  ? non, cette expression n’est pas juste, c’est plutôt la paix calme et sereine du navigateur apercevant le phare qui doit le conduire au port. Ô phare lumineux de l’amour, je sais comment arriver jusqu’à toi, j’ai trouvé le secret de m’approprier ta flamme.

Notre Père, Page mystique no 102,
Dans le Cœur de l’Église ma Mère, je serai l’Amour, octobre 1977

Jeudi 4 octobre

Saint François d’Assise

Tu es prêtre pour l’éternité. Le sacerdoce comme le baptême m’ont marqué de leur caractère indélébile. (…)

Egredere  ! Egredere  ! Sors, va-t’en  ! Hors de l’Église, mauvais enfant, intrus, adultère  ! Vais-je entendre de notre Église pareilles malédictions  ? Sur le tard, j’en viens à concevoir cette ultime épreuve pour notre fidélité. Si quelque portier myope ou malveillant, ne nous reconnaissant pas, allait nous chasser avec des imprécations épouvantables, je ne sais si j’y trouverais comme François d’Assise, la joie parfaite  ! L’autre jour un ennemi annonçait à la radio que j’allais quitter l’Église. Mon Dieu, ils le désirent tellement qu’ils l’annoncent comme chose faite  ? Et le lendemain des gens simples m’écrivent  : «  Quand on sait de quel amour vous, vous l’aimiez, si maintenant vous la quittez, c’est qu’il n’y a plus rien à espérer et je la quitterai moi aussi.  » Quel chagrin, quel coup de poignard  !

Notre Père, Page mystique no 54
Le baptême, «  entrez dans le Temple de Dieu  », février 1973

Vendredi 5 octobre

Saint Placide et ses compagnons

J’ai tout compris quand vous m’avez montré votre Cœur, non à moi mais à votre élue, Cœur palpitant tout comme le nôtre, et quand j’ai entendu votre plainte, votre aveu bouleversant  : que Vous ressentiez pour nous ce violent amour qui ne vous laissait jamais en repos. J’ai compris que notre «  amour de concupiscence  », que ce besoin d’aimer, d’attirer à soi, de fondre en soi celui, celle, ceux qu’on aime, loin d’être une honte, une maladie, une imperfection même, était en nous la plus grande et véritable ressemblance que Vous nous ayez donnée de Vous. Afin de vous comprendre, comme du dedans, et de Vous rassasier de cet amour que vous nous mendiez  ! Les théologiens et les philosophes n’ont qu’à faire silence et tomber à genoux. Fini de méditer laborieusement sur la quintessence de l’Être et de rester le cœur sec  ; avec nous, les voilà renversés de vous entendre, ô mon Jésus, Dieu, Fils de Dieu descendu des cieux pour nous séduire et nous ramener à vous par des liens d’humanité, vous entendre nous dire à tous  : «  J’ai soif  ! Vous ne comprenez pas  ? J’ai soif d’être aimé de vous, de toi, de lui, d’elle, de vous tous ensemble, comme vous êtes consumés du désir de vous aimer, de vous embrasser, de vous tenir enlacés pour toujours. Moi plus que vous, je vous veux à moi non par force, non par crainte, non par devoir ni éblouissement de gloire et de richesse, mais par amour…  »

Notre Père, Page mystique no 61
«  Si tu savais combien je suis altéré de me faire aimer des hommes  », Novembre 1973

Samedi 6 octobre

Saint Bruno, Sainte Foy, Bse Marie-Rose Durocher (Canada)

Maître, qu’il est bon pour nous d’être ici  ! Monotone, la psalmodie se poursuit  ; la fatigue pénètre tous mes membres, l’ennui envahit jusqu’à la moelle de mes os, la tristesse du péché du monde et de ma misère pèse sur mes épaules comme un fardeau trop lourd. Est-ce là le Thabor entrevu, désiré  ? Voilà des années que la louange monte de cette chapelle. Elle continue la tradition de la prière monastique millénaire. Saint Benoît, saint Bernard de Clairvaux, saint Bruno et sainte Thérèse, entourés de leurs moines et moniales innombrables sont auprès de nous sur ce Thabor de besogneuse gloire, ils clament vos louanges encore et à jamais. Nous unissons nos voix pitoyables aux leurs, immortelles. Nous poursuivons l’office divin, avançant en lente procession à travers le désert des siècles, douloureux cortège, vers la Terre promise. Est-ce ici le lieu de notre repos ou plus loin encore, derrière ces collines et ces montagnes escarpées  ? (…) Je suis heureux dans ce chœur d’où s’élève sans fin la louange de ton Nom, ô Sauveur des humains, je suis heureux dans les bras de l’Église dont la ferveur m’embrase et je ne demande rien, ô Jésus, que cette douloureuse béatitude d’y vivre compté pour rien et méprisé, comme l’enfant et le serviteur dans la maison de son Père.

Notre Père, Page mystique no 15,
Nocturne Présence du Ciel sur la terre, votre Église, septembre 1969

Dimanche 7 octobre

Très Saint Rosaire de la Très Sainte Vierge Marie, Sainte Justine,  Saint Serge

Aujourd’hui, c’est Vous, ô Vierge des vierges, qui êtes en Chrétienté perdue la Reine des grandes batailles de Dieu, le Signe apocalyptique de la ruine finale des communistes athées persécuteurs. Et cela parce que vous êtes l’Immaculée, la Femme au-dessus de toutes les femmes, la Toute-Puissante sur le Cœur de Celui auquel la fureur des océans est soumise.

Au service de votre Fils vous acceptez le combat, vous vous y tenez à nos côtés, au devant de nous. La morsure de la Bête vous est cruelle, et à nous  ! mais elle ne saurait souiller votre pureté. (…) Craignons pour la France, pour l’Église où Tartufe impunément crache sur le blanc manteau de Notre-Dame. Toucher à l’honneur de sa mère, un homme ne peut pas le supporter, il ne le pardonnera jamais. Même un Dieu. Moins encore un Dieu  ! Dieu ne vengerait pas l’outrage fait à sa Mère  ? Je voudrais en expiation élever un monument à la gloire de votre perpétuelle virginité, ô Mère de Dieu et notre tendre Mère. Cette virginité immortelle est le fondement de toute notre religion. Nous aussi, chrétiens, tombons à genoux devant l’Arche Sainte de la Nouvelle Alliance, Notre-Dame  !

Notre Père, Page mystique no 41,
Et Dieu ne vengerait pas l’outrage fait à sa Mère  ? Janvier 1972

Lundi 8 octobre

Sainte Brigitte

Au soir de la vie nous serons jugés sur l’amour… Maintenant, renouant avec le paradis de l’enfance, avant la transgression, je me réjouis de comprendre que notre religion est une religion de charité et que votre Nom, ô mon Dieu, est Agapè, Amour. Je sais bien maintenant que mon amour ne peut être une bénédiction pour d’autres que s’il est une suite et un reflet de l’amour dont vous les aimez. Aussi, insoucieux des mouvements de mon propre cœur, je ne veux plus que vous aimer, Vous, assez pour Vous faire aimer par eux, ces êtres élus par vous pour moi, et moi pour eux, en vue des biens éternels. Mais comment, ô Seigneur, infiniment bon et souverainement aimable, vous aimer assez  ?

Notre Père, Page mystique no 48
Le Baptême, «  aime comme tu es aimé.  » août 1972

Mardi 9 octobre

Saint Denis et ses compagnons, Saint Jean Léonardi, Saint Ghislain

Cœur de Jésus, que vous êtes secret  ! Votre amour pour les vôtres se laisse deviner lentement aux âmes attentives. Et si tous savent depuis toujours la place excellente qu’eut dans votre cœur cette Madeleine, les raisons de pareille dilection échappent à beaucoup. Quant aux doux privilèges qui lui furent accordés, plus rares encore sont les chrétiens qui les soupçonnent. Vos Évangélistes eux-mêmes n’en ont pas tout su et il me semble bien qu’en éparpillant les événements, en brouillant les pistes, ils ont voulu dérober le mystère de ce choix unique, de cet arrêt du Cœur divin sur une femme, et une femme pécheresse soudain convertie. Ils n’ont pas eu peur de la vérité, mais peur d’être mal entendus. Ils admiraient ce mouvement de votre Cœur, comme toutes choses de votre vie, mais ils le couvrirent d’un voile. Il faudra attendre le dernier Évangile, pour identifier cette femme dont les autres parlent sans la nommer, celle qui oignit votre Corps en prévision de sa sépulture, et pour apprendre que son audace – ou son intimité – lui fit répandre son nard non seulement sur votre chère tête, mais sur vos pieds qu’elle essuya de ses cheveux, ô privauté stupéfiante.

Notre Père, Page mystique no 45
Noli me tangere, mai 1972

Mercredi 10 octobre

Saint Clair, Saint François Borgia

Ô Père, je vous en prie, gardez-moi de la première et de la deuxième tentation. Mais gardez-moi plus encore de cette formidable troisième tentation. L’homme qui lui cède, dans cette minute même de liberté, dans l’ivresse de l’orgueil, ne s’arrache pas tant à Vous, ô Douceur, ô Tendresse, qu’il ne se laisse prendre par Lucifer et ses anges maudits pour entrer vivant dans l’enfer. Je ne prétends pas être si sage ni si pieux que je me garde tout seul de cette folie. Mais aujourd’hui et demain et à l’heure de ma mort, je veux redire et je redirai avec mon père et ma mère spirituels, comme au jour de mon baptême  : «  Notre Père qui êtes aux cieux,… ne nous laissez pas succomber à la tentation mais délivrez-nous du mal  ! Je crois en Vous, ô Père très bon, en Vous, ô Jésus seul Sauveur des hommes, seul Médiateur, et en vous Esprit-Saint, Église de ma jeunesse, lumière de mon âge mûr, espérance de mes derniers jours, pour être vôtre éternellement. Amen, amen, ainsi soit-il  !  »

Notre Père, Page mystique no 55
Le baptême… pater noster… Credo… nos parrain et marraine, mars 1973

Jeudi 11 octobre

Maternité de la Bienheureuse Vierge Marie

Je jubile à la pensée de cet embrassement des trois divines Personnes vous tenant intimement unie dans un chaste et triple baiser, ô Femme en laquelle s’est formé le fruit de vie qui n’a d’autre Père que Dieu  ! Je sais maintenant par la science tout le détail et l’humble ordonnancement de ce miracle auquel étaient prédisposées les lois de la nature. Je sais l’ovule singulier, portant votre code génétique, ô Marie, son ADN retenant tout l’héritage de votre race et tout votre caractère, prêt à repartir sous l’opération du Saint-Esprit dans la fantastique réplication qui formerait un nouvel être si parfaitement semblable à vous que nul fils jamais ne ressembla tant à sa mère. C’est pourquoi vous êtes en toute vérité aujourd’hui encore et pour toujours LA VIERGE que chantent les siècles et que louent les chœurs des anges répétant sans fin  : Ave Virgo, Salve, Mater, Ave Maria  ! Toute virginité s’enracine en celle de votre Fils et en la vôtre. Toute maternité s’efforce de retrouver quelque participation de celle qui fut votre gloire unique. Plus que toutes, la maternité spirituelle de l’Église continue votre engendrement du Christ, de l’Annonciation à la Nativité, et de la Passion à la Pentecôte  ; car le Christ Fils de Dieu a donné à tous ses frères de renaître comme il est né de Vous, non du mélange des sangs, non de la volonté de la chair ni de la volonté de l’homme, mais de Dieu (Jean 1, 13).

Notre Père, Page mystique no 52
En l’honneur de la bienheureuse et toujours Vierge Marie, Noël 1972

Vendredi 12 octobre

Saint Wilfrid, Bx Louis Brisson

L’Autre, je ne l’ai vu, je crois, dans ma vie qu’une fois. Si c’était par votre permission une manifestation réelle, si c’était une représentation naturelle de mon esprit je ne sais. De savoir si c’était imagination ou vision, peu me chaut. L’important est d’en tirer profit pour mon âme et pour les âmes miennes… Je l’ai vu assis, jambes croisées, devant une fenêtre mais il n’y avait pas la place de s’asseoir ni de siège. (…) Ô mon Jésus, quelles actions de grâces vous rendrais-je pour le bien que j’ai reçu de vous  ! Vous avez vaincu la triple Tentation de Satan pour Vous-même d’abord, et à la fin vous avez vaincu de nouveau l’Ange de la Mort pour nous sur la Croix. Je ne dis pas que j’ai vaincu la tentation, brisé le charme, corrigé et redressé mon destin. Où en aurais-je trouvé la force  ? C’est Vous, après avoir permis cette vision terrifiante, qui l’avez brisée de votre main. L’Autre ne vous voyait pas. Que votre Présence était douce à mon âme, ô mon Bien-Aimé, quand tout disparut et que je restai seul avec Vous. Après cet effroi, que votre Amour me fut un précieux réconfort  !

Notre Père, Page mystique no 42,
«  Et il fut tenté par le diable…  », Février 1972

Samedi 13 octobre

6e Apparition de Notre-Dame de Fatima, St Édouard, roi d’Angleterre

Ô très Sainte et Immaculée Vierge Marie, je ne veux pas d’une beauté qui m’ôte la sagesse et c’est pourquoi je vous ai élue pour reine et pour amie, Vous êtes la révélatrice des secrets divins, votre maternité virginale explique aussi bien la geste créatrice que la salvatrice  : toutes les merveilles de Dieu sont d’une Sagesse rayonnante de beauté et de joie, dans l’Amour. C’est pourquoi la liturgie de l’Église n’a pas craint de vous appliquer tout ce qui est dit dans les Saints Livres de cette mystérieuse et touchante compagne du Créateur, assistante de toutes ses œuvres et confidente de ses secrets, aimant se jouer parmi les enfants des hommes. (…) Dans la maison de Nazareth, vous étiez la Sagesse et l’Amour, l’Amour virginal engendrant la Sagesse au monde par l’opération du Saint-Esprit habitant en vous, ô Marie, et la sagesse divine engendrée par cette chair bénie que vous aviez créée pour cette œuvre sublime, ô Jésus. Ainsi sans fin les grandes œuvres de Dieu dans l’univers élargissent la fête de mon cœur et les mystères cachés de ma vocation m’ouvrent aux merveilles infinies de la grâce. Je suis prêtre, ô grandeur  ! tout dévoué à l’Incarnation continuée et communiquée de Jésus, Sagesse de Dieu. Je suis chaste, ô douceur  ! tout offert aux consolations et aux purifications de Marie, Grâce de Dieu, pour chanter la divine beauté et répandre sa joie en toutes créatures.

Notre Père, Page mystique no 14
Je ne veux pas d’une beauté qui m’ôte la sagesse, août 1969

Dimanche 14 octobre

Saint Callixte 1er

Qu’on ne vienne pas me dire qu’il faut tout quitter, père, mère, frères, sœur, épouse et enfants pour Vous seul, ô mon Dieu, mon très aimé Sauveur, je le sais trop, je l’ai fait et j’en souffre. J’ai tout quitté, tout rompu tout au long de ma vie pour Vous suivre, pour Vous servir, pour Vous aimer comme Vous vouliez. J’ai refusé de poser sur leur front le baiser de l’amour parfait, j’ai retenu la douce caresse qui exprime ineffablement la confiance tendre de l’affection, pour partager votre solitude et votre Passion. Mais je n’ai jamais cessé de les aimer tous et je sais et je veux les retrouver tous auprès de Vous, en Vous dans l’éternité. (…) Comment ferais-je pour vous distinguer et vous séparer de votre Mère Immaculée, et de ma mère qui m’a appris en même temps vos deux Noms, vos trois Noms sacrés, Jésus, Marie, Joseph  ? Comment adorer, aimer, servir votre Père sans que s’impose en mon cœur un visage, un souvenir, la présence de mon père chéri que je reverrai auprès de Lui certainement  ? (…) Si j’ai quitté pour Vous ceux que je n’ai pas cessé d’aimer en Vous, il faudra bien que Vous me les rendiez sur l’autre rive du fleuve, n’est-ce pas, mon cher Seigneur  ?

Notre Père, Page mystique no 87
La famille retrouvée, avril 1976

Lundi 15 octobre

Sainte Thérèse d’Avila

J’admire ces grands saints, mais je les admire de loin sans qu’il soit pour moi question d’élans comparables, qui, dans la véhémence de leur amour, vous suppliaient, ô mon Dieu, de les prendre. Leur désir était si fort qu’il les tirait à Vous jusqu’à menacer de briser le lien de leur âme à leur corps, et de suspendre le cours de cette vie périssable. Je désire me dissoudre, me rompre, gémissaient-ils, pour être avec le Christ, car mourir m’est un gain et vivre ne m’est plus une vie mais une mort. Sans doute si j’avais été parfaitement fidèle à l’élan de mon baptême, si seulement j’avais un jour pleinement répondu à vos dons et vos pardons, ô Dieu des Miséricordes, mon attrait pour le Ciel serait devenu, en moi aussi, tellement fort qu’il m’aurait consumé, qu’il m’aurait usé le corps et que le fil de mon existence pourrait bien rompre au prochain effort. Et je vous dirais, moi aussi, dans mon angoisseux amour  : Ô mon Aimé, achevez et brisez ce lien misérable qui me retient encore à la terre et je m’envolerai dans le Ciel où est mon repos  !

Notre Père, Page mystique no 108
Mourir, avril 1978

Mardi 16 octobre

Sainte Marguerite-Marie, Sainte Edwige, Saint Gérard Majella, Apparition de saint Michel au Mont Tombe, Sainte Marguerite-Marie d’Youville

Mon ami inconnu me demande de dire sa plainte aux anges et aux saints. Où sont les pluies de roses promises, où sont les épées de saint Michel et de saint Georges, la bannière de Jeanne d’Arc, le secours de nos anges gardiens, aujourd’hui, dans cette liquéfaction de l’Église  ? En dépit du “  demandez et vous recevrez  ”, nos prières restent des monologues, sans réponse. Et parce que la raison de tout le mal est dans le Pape et dans les évêques qui sont vos fonctionnaires, il semble que vous preniez le parti de vous taire pour ne pas leur donner tort publiquement. Par solidarité, par principe, contre nous  ! L’Église, paraît alors n’être qu’une secte humaine, parmi cent autres, et Vous, Maître adoré, vous vous êtes retiré dans les espaces infinis, désintéressé, débranché d’une fourmilière humaine décevante. (…) Ce sont vos apôtres qui réduisent Jésus votre Fils bien-aimé à un être mythique ou le travestissent en prédicateur de violence et de haine… (…) «  Comment maudirais-je quand Dieu ne maudit pas  ? Oui, je la vois, notre Mère Église, du haut des collines, je la regarde plantée au milieu du désert. (…) Magnifique est à mes yeux la séculaire et toujours jeune Église. Elle forme des saints, elle donne la vie aux âmes des pauvres, elle est un refuge sincère dans la détresse, son pain céleste convertit les pécheurs et son vin mystique fait naître l’amour au cœur des vierges.  »

Notre Père, Page mystique no 26
Comment maudirai-je quand Dieu ne maudit pas  ? Septembre 1970

Mercredi 17 octobre

Saint Ignace d’Antioche, Sainte Marguerite-Marie

Ô Amour, Amour, épuise toute ma substance  ! Ah, rien n’est plus total, rien n’est plus vrai, rien n’est plus convaincant que cette livraison de votre chair et de votre sang devenus à ce prix hostie et calice du salut, pain et vin, notre nourriture et notre breuvage. Jamais époux n’aura donné à son épouse plus sublime et plus totale preuve de sa tendresse et de sa sollicitude que vous ne fîtes sur la Croix pour votre Église. «  Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur  »… En paroles sourdes vous annonciez ce que vous feriez. (…)

Vois ce Cœur qui a tant aimé les hommes… Je lève les yeux vers votre Croix et, par la plaie de votre Côté transpercé, m’inonde et m’enivre encore aujourd’hui, durant le Saint-Sacrifice, ce torrent d’eau pure et de sang vermeil que saint Jean vit jaillir pour la première fois. Ceux que le Père m’a donnés, je ne veux pas, je ne saurais plus les aimer en paroles qui avilissent ni en gestes qui souillent mais en esprit et en vérité. À votre ressemblance et par votre grâce, ô Jésus crucifié, je les aimerai sans rien dire ni faire de vain ni de capricieux, mais en me sanctifiant avec Vous et comme Vous, dans la vérité de l’immolation quotidienne et à l’heure suprême par la croix.

Notre Père, Page mystique no 32
Vois ce Cœur qui a tant aimé les hommes, mars 1971

Jeudi 18 octobre

Saint Luc

Ô doux Sauveur, comment ne pas être ému de tendresse à chacune de vos paroles, mais peut-être plus qu’à toute autre, à cette promesse que vous faisiez aux Apôtres, pour les réconforter au soir du Jeudi saint  : Je ne vous laisserai pas orphelins. Ainsi vous ne pensiez pas à vous mais à eux dans ces moments ultimes de votre vie. Tout à l’heure, vous entrerez en agonie. Vous y entrerez seul. Il fallait qu’un homme souffrît et mourût pour la multitude de ses frères, mais vous ne vouliez pas que la multitude et surtout vos proches en souffrissent trop. Aussi passiez-vous ces derniers moments à les consoler et d’avance à les rassurer sur leur avenir. (…) Vous leur laissâtes votre Mère. C’était leur consentir un grand sacrifice que, dans notre inconscient égoïsme, nous trouvons normal. Elle ne mourrait donc pas de votre mort. Elle endurerait le spectacle de votre crucifiement, elle survivrait gardant ce glaive de douleur enfoncé dans son cœur. Ayant bien mesuré la peine que serait pour elle cette épreuve singulière, vous avez décidé de nous la laisser. Sûr de sa charité, vous disposâtes de votre Mère en notre faveur. Elle resterait, souriante et source de toute consolation, malgré sa douleur  : Femme, voici votre Fils… Fils, voici votre Mère.

Notre Père, Page mystique no 25
Je ne vous laisserai pas orphelins… Marie  ! Août 1970

Vendredi 19 octobre

Saints Martyrs canadiens, Saint Paul de la Croix, Saint Pierre d’Alcantara

Quand les soldats viennent vous arrêter, vous les subjuguez  ! Pas un prêtre, pas un pharisien ni un essénien qui fasse le poids. La bravoure des zélotes est toute en paroles comparée à la vôtre. Vivant dans des temps semblables, avec l’âge j’ai appris la rareté d’autres vertus qui brillaient en vous divinement, le conseil, la prudence, l’intelligence… Vous foncez contre prêtres et grands prêtres, sans jamais franchir une certaine frontière. Jamais vous ne porterez atteinte à leur dignité et ils vous trouveront à l’heure de l’hallali, régulièrement soumis aux arrêts de leur justice rendue au Nom du Béni. Vous démystifiez systématiquement la secte des pharisiens et des scribes. Que vous êtes terrible  ! Vous attaquez leur autorité, usurpée, vous les démolissez. Vous en délivrerez coûte que coûte le peuple fidèle. Cela mérite la mort  ? Oh  ! oui, cela vaut de mourir de déblayer cet obstacle sur le chemin de Dieu. Votre haine de l’hypocrisie, du mensonge, du viol des foules donne à vos paroles de lumière la brûlure de l’éclair. (…) Ainsi, jour après jour, ô homme véritablement prodigieux, ô l’unique fils de la femme en qui réside toute la plénitude de la divinité, vous tracez votre chemin, de simplicité et de paix. Un jour, ils se ligueront tous contre vous et comploteront votre mort, mais ce crime sera leur fosse commune à tous.

Notre Père, Page mystique no 43
Jérusalem dans la confusion des partis et des sectes, mars 1972

Samedi 20 octobre

Sainte Adeline, Bx martyrs d’Angers, Saint Jean de Kenty

Ce que j’ai souffert à cause de Vous, ô Maître passionnément aimé, j’en garde le souvenir comme de mon trésor. Le reste s’est évanoui, oublié, désavoué. Mais ces croix, ces larmes, parfois ces cris et cette nuit d’angoisse au tombeau, restent vos grâces véritables et ma gloire. Je n’ai gardé de tant de jours et d’années qui bientôt feront la somme de mon service, que cette poignée de perles, de rubis, de diamants  : les larmes et le sang de mon cœur et de ma chair, dans les persécutions. Alors, Seigneur crucifié, Roi des martyrs et des confesseurs, fermez vos oreilles aux jappements satisfaits de ma chair comblée, écoutez plutôt la prière que dicte à mon âme votre Esprit-Saint. Soyez assez bon pour m’unir plus intimement, pendant qu’il en est encore temps car déjà le jour baisse, à votre sainte et très douloureuse Passion. Puisqu’il faut mourir, et tant mieux  ! puisqu’il est juste et bon, équitable et salutaire pour chacun de nous, pauvres pécheurs, de souffrir de quelque croix, que votre volonté se fasse et non la mienne  !

Notre Père, Page mystique no 50
Le baptême, «  soyez marqué du signe de la croix  », octobre 1972

Dimanche 21 octobre

Bx Nicolas Barré, Saint Hilarion, Sainte Célinie

Je ne me suis pas assez offert et pourtant vous me tendez la patène sainte puis la coupe du salut. Ce que je n’ai pas su décider, vous venez en moi le faire. Vous infusez en mes membres cette volonté d’oblation, cette mortification nécessaire, cette élévation spirituelle que je n’aurais pas la force d’accomplir de moi-même. Telle est l’utilité de la communion dans ma vie. Ce n’est pas la joie bienheureuse de l’union parfaite que chantent les cantiques des saints. Pour le pécheur que je suis, le sacrement est encore et encore le viatique du pauvre, le remède pour le malade, le sacrifice en moi de mon Sauveur qui m’obtient toutes grâces. Ah  ! Quand sera-ce, le temps béni où, depuis l’introït jusqu’au dernier Évangile, je serai en toute vérité et perfection Prêtre comme Vous, les yeux ouverts, les mains industrieuses, le cœur résolu, pour faire avec Vous, non pas du geste et de la voix seulement mais de tout mon être, cette Action de la Messe, notre commun Sacrifice  ? Quand me ferai-je enfin Victime avec Vous, tout immolé en mon être naturel pour entrer en communion parfaite avec Vous, en oblation d’action de grâces au Père  ? Alors notre Messe aura atteint sa forme éternelle, quand la fusion de nos cœurs fera de notre corps et de notre sang une seule Hostie, un seul Calice pour le salut de la multitude à la Gloire de Dieu le Père.

Notre Père, Page mystique no 23
Le mémorial de la Croix, mai 1970

Lundi 22 octobre

Bienheureuse Alix Le Clerc

J’ai besoin pour me détacher aujourd’hui, pour sacrifier les riens qui me sollicitent et porter ma croix, d’avoir l’instinct de la mort qui vient et la force surnaturelle du Christ qui sut la devancer et la vaincre dans son immense générosité. Mon âme, applique-toi en chaque instant à sacrifier ces miettes de bonheur futiles pour l’amour des autres et de ton Dieu, connais l’abstinence volontaire, la faim, la pauvreté, pour le rassasiement de ton prochain, oublie-toi pour que la vie soit plus légère à ceux que tu aimes. Apprends à mourir, de cette mort qu’ils aiment tous mieux pour toi que l’Autre. Ne sors pas pour admirer dans les feuillages roux de l’automne un coucher de soleil royal, descends d’avance au noir tombeau  ! Pourquoi prêter l’oreille à cette vaine musique lointaine, caresser la joue de cet enfant qui passe… Mais mon Dieu, voulez-vous donc avant le temps et sous des apparences de fête me réduire comme Job à l’état de cadavre  ? Ah  ! qu’il est dur de mourir chaque jour aux merveilles et douceurs de la vie terrestre  ! Qu’il sera dur de mourir à tout en un seul moment et que j’aurai, que j’ai besoin déjà de votre force divine, ô Jésus crucifié, pour m’y résoudre et y avancer  !

Notre Père, Page mystique no 83
Mourir aujourd’hui, novembre 1975

Mardi 23 octobre

Saint Jean de Capistran, Saint Romain, ND de la Sainte Espérance, Saint Antoine-Marie Claret

Aujourd’hui la vie est si pesante, l’avenir si sombre, le découragement et la peur nous guettent tellement, que je ne voudrais pas les laisser, eux tous, en ce moment, dans ce passage. Ô mon Dieu, Bien-Aimé de tous mes désirs et de mes caprices, laissez-moi encore avec eux jusqu’à ce que brille l’Étoile du matin, Notre-Dame de Sainte Espérance, et que blanchisse à l’Orient de nouveau votre Jour. Ce n’est pas que je sois nécessaire à mes frères, mais ayant commencé avec eux ce combat et enduré avec eux cette souffrance, il me semble que m’en aller serait les trahir, et m’en aller du désir ardent de Vous voir une cruelle désaffection de leur sort. Non, je ne peux me résoudre à partir pour le repos éternel tant que ne s’entend nulle annonce de la Paix de l’Église. Saint Paul n’a pas abandonné les passagers de son bateau perdu dans la tempête. Les flancs de notre navire se brisent sur les récifs  ; je ne veux pas quitter les miens dans ce danger. (…) Qu’il me soit fait encore, comme depuis cinquante ans et tant qu’il vous plaira, selon les desseins de votre immense Sagesse et Miséricorde. Mon heure sera la vôtre. Mais vous savez que je chanterai mon Nunc dimittis, comme le vieillard Siméon, avec une plus entière sérénité si j’ai la joie de voir de mes yeux, au milieu de la jeune assemblée de mes frères et de mes filles, la paix retrouvée de l’Église.

Notre Père, Page mystique no 85
Nunc dimittis, janvier 1976

Mercredi 24 octobre

Saint Antoine-Marie Claret, Saint Raphaël archange

J’aurai à rendre compte de ma fixation obstinée dans la Foi et les rites, dans la Loi et les traditions que ma mère humaine et ma Mère divine m’ont enseignés comme venant de Vous et immuables autant que Vous. Si je meurs maintenant, quel jugement porterez-vous sur ce combat et ce calvaire gravi en votre Nom, pour votre Honneur, Seigneur, à l’encontre de vos propres représentants  ? On me dit que Vous avez changé, Vous aussi, mais je ne voudrai jamais le croire. Si vous changez, il n’y a plus de vérité ni de justice et tout est vain. Si vous avez changé, pourrez-vous me reprocher ma fidélité au Dieu que vous étiez hier  ? Gardant mon Credo, dépassé, dévalué aurais-je fait obstacle à vos imprévisibles desseins  ? Témoigner contre cette génération perverse et incrédule qui s’imagine en nous broyant glorifier votre Nom, ô mon Dieu, est-ce le Péché contre l’Esprit, irrémissible, pour lequel il n’y a ni conversion en ce monde, ni en l’Autre miséricorde et pardon  ? Je sais. Sur cela j’engage mon éternité. Comme nos persécuteurs engagent la leur. Eh bien  ! voyant d’avance votre Jugement, ô Père que je connais dans toute la vérité de votre Cœur, je ne tremble pas, m’obstine et signe ma vieille Profession de foi inchangée, inchangeable, désirant pour que ma part soit plus belle souffrir davantage encore et s’il se peut mourir pour l’immuable Vérité de la sainte Église romaine. Je sais en qui j’ai cru et de Lui je suis certain.

Notre Père, Page mystique no 37
De mes œuvres, je fais trois parts, septembre 1971

Jeudi 25 octobre

Saints Chrysanthe et Darie

Mon cœur se soulevait d’admiration. Puis, hier, c’est de tendresse qu’il brûlait en vous voyant soudain, non pas abattu ni démissionnaire comme un homme déçu et fatigué, mais héros plus pur, âme sublime, vous livrant à vos persécuteurs pour achever votre œuvre par le martyre, le don total, le sacrifice expiatoire d’un Dieu fait homme et venu mourir pour rendre aux hommes la vie. Changement pathétique  ! Mon David vainqueur des Philistins dépose sa cuirasse et se revêt de la blanche tunique sans couture que lui a tissée sa Mère. Il n’est plus que douceur et résignation. Mon Jésus à l’âme tendre s’en va vers le sacrifice que lui a demandé son Père. Il avance sans armes, sans imprécations, vers ceux qui le haïssent. Il se livre à eux… Tous vous ont abandonné, ô mon Maître  ? Non  ! Voyez votre Épouse à vos côtés. Son cœur maternel et filial entre à votre suite dans ce mystère d’amour et de douleur  ; sa compassion est vaste comme la grande mer. Elle vous touche et sent que vous tremblez. Comme tremble et frémit le chêne dans l’orage. C’est la chair de l’homme livré et broyé pour nos crimes qui tremble sous la mouvance puissante de la Volonté de Dieu qui la conduit. Et mon cœur se gonfle, il frémit au contact du Vôtre. C’est trop de grandeur, trop d’amour, trop de souffrance  !

Notre Père, Page mystique no 3
Mon David, vainqueur des philistins, dépose sa cuirasse, avril 1968

Vendredi 26 octobre

Saint Dimitri, Saint Évariste

La foi  ! Mon Dieu, ce fut ma première parole en venant en ce monde. C’était, donnée par la voix ferme et convaincue de mes bons parrain et marraine, ma réponse à votre Église, à vous mon Dieu qui tout à la fois m’appeliez et m’inspiriez cette réponse, et m’en donniez aussitôt le fruit. «  Georges, Marie, Camille, que demandez-vous à l’Église de Dieu  ? – La Foi  !  » Je vous loue et bénis d’avoir mis dans le cœur de mes parents pour moi cette volonté du baptême et d’avoir répondu à leur demande par cette lumière infuse de la foi qui ne m’a plus jamais quitté. Dès le berceau, l’intelligence de l’enfant lui dicte ses premières curiosités et guide ses comportements, sa volonté déjà prolonge ses instincts et s’amuse même de sa liberté. Pareillement ma foi fut opératrice bien avant que j’aie conscience de cette vertu qui m’était donnée par grâce. Je vous ai nommé, Jésus  ! en même temps que papa et maman, et depuis lors vous m’avez été présent à l’égal des grandes, très grandes personnes qui me tenaient embrassé avec tendresse.

Notre Père, Page mystique no 46
Le baptême, «  que demandez-vous à l’Église de Dieu  ? – la foi. Juin 1972

Samedi 27 octobre

Notre-Dame de la Victoire

Fili, ecce mater tua… (…) C’est lui, Jésus expirant, qui nous confie à Vous, ô Mère douloureuse, et Vous à nous, Vierge incomparable  ! Il n’y a pas de doute, c’est une divine Parole et c’est un ordre  : Mère, voici vos fils… Enfants, voici votre Mère. Le beau don que vous nous faites, ô doux Sauveur, quand vous êtes près de mourir, nous consolera-t-il de vous perdre  ? Mais comment pourriez-vous, ô Christ, penser que nous puissions la consoler, elle, quand vous aurez disparu, Vous son Unique Bien  ! Non, non, non, c’est impossible. Ce ne peut être le sens de votre Testament. Donnant votre vie, vous nous donnez encore le reste, vos biens, et de tous vos biens le plus précieux, le plus cher, l’Unique, il faut le dire  : le plus propre à vous, celui que vous possédiez sans partage et dont vous vous dépossédez – ah  ! les larmes me jaillissent – dont vous vous détachez avant de mourir pour l’attacher à nous, pour nous l’abandonner et nous le consacrer  : le Cœur de votre Mère. Non, Mère  ! (…) Ne nous prenez pas en horreur, ne vous détournez pas de cette masse humaine répugnante qui danse la sarabande autour de Celui qu’ils ont crucifié. Non  ! Vous n’en avez pas le droit. C’est Jésus qui vous a donné cet ordre  : faire face, et maintenant reconquérir par la miséricorde et la tendresse ces bêtes fauves, ces animaux impurs, adopter cette foule pécheresse et, l’aimant par la grâce du Frère Aîné, la convertir à Dieu et la réconcilier avec Lui par la force de votre Amour maternel.

Notre Père, Page mystique no 33
Ecce Mater tua, avril 1971

Dimanche 28 octobre

Saints Simon et Jude, Fête de Notre-Seigneur Jésus-Christ Roi

Sel de la Sagesse, Sagesse du Père Éternel, mon Jésus, Toi seul m’arracheras et mes frères avec moi à l’horreur, à la pestilence du péché éternel  ! Je sais que les damnés, là-bas, aux infernaux charniers, seront salés par le feu afin que l’odeur de leur corruption spirituelle ne remonte pas vers les Cieux Nouveaux et la Nouvelle Terre où tout sera grâce et beauté. Alors, Christ Roi et Seigneur de tout l’Univers, sale la terre par tes Apôtres, sale toute chair en cette vie par le feu de ta Sagesse pleine d’amour afin que, s’il est possible, nul ne se corrompe et ne se perde de ceux que tu as baptisés de ton Sang, de l’Eau et de l’Esprit pour la vie éternelle  ! Emplis ce monde de ta Sagesse et nous serons sauvés  !

Pour moi, je voudrais de nouveau baptiser et recevoir la mission d’aller au plus loin répandre à larges poignées ce sel du Christ par toute la terre en criant  : Recevez le sel de la Sagesse, ô peuples insensés, âmes obscures, apprenez donc à vivre selon Dieu pour gagner la vie éternelle.

Notre Père, Page mystique no 53
Le baptême, «  Recevez le sel de la sagesse  ». Janvier 1973

Lundi 29 octobre

Me voyant, moi l’indigne, moi l’infidèle, moi l’heureux de la vie et votre enfant gâté, sur le chemin du Ciel sans mérite ni particulière peine, j’espère avec une ferme confiance que vous donnerez, que vous donnez, que vous avez depuis des millénaires déjà donné avec une immense libéralité à tous les humains mes frères et surtout aux pauvres, aux affamés, aux désolés, votre grâce en ce monde et pour dédommagement la Vie éternelle dans l’autre. Eux qui ont si peu vécu, si tristement vécu ici-bas, vous les introduirez par les mérites de Jésus-Christ dans la vraie Vie, la Vie qui ne finira pas. Et je verrai la mère sourire à son bébé, victorieuse, face à la mer éclatante, éveillant les chants de l’aède grec. J’en ai la ferme confiance, et comment une si noble confiance, placée si haut, en Vous mon Dieu, serait-elle déçue  ? Notre merveilleux acte d’espérance, je le vois enfoncer les grandes portes du Ciel et les ouvrir à tous les humains. (…) La terre est si belle pour moi et le Ciel est si beau, là-haut, devant nous, que j’espère pour tous les pauvres de la terre la bonne récompense du Ciel auprès de Vous, mon Dieu. Et sourie mon bébé et que chante la mer, et chante mon immense espérance  !

Notre Père, Page mystique no 99
Les pauvres gens, juillet 1977

Mardi 30 octobre

Enfin, aller au Ciel. Je lève les yeux, mais doucement, un peu au-dessus, à peine au-delà de l’horizon. Mon cœur suit d’un vif élan et j’imagine, avec toute la joie de l’espérance, cet Autre part que je ne sais pas, en quoi je crois  : le Ciel où habitent les anges et les saints, myriades de bienheureux, chantant leur Eucharistie à l’Agneau immolé et à Celui qui trône en Majesté au-dessus de tout et de tous, à jamais Saint et Béni, notre Père… Le Ciel que les gens n’aiment plus parce qu’ils ne le connaissent ni ne l’imaginent pas, qui ne les attire guère, faute d’en pressentir la plénitude sans pareille, de joies auprès desquelles toutes les joies de la terre ne sont que des ombres et des peines. (…) Laissez-moi aller sans vous regarder, sans vous toucher ni vous cueillir en brassée. De vous prendre ne vous sauverait pas de la mort proche ni du grand incendie où doit périr ce monde-ci, et vous retarderiez ma fuite. Mais nous nous reverrons, chères beautés, dons gracieux de la Main paternelle. Là où je vais, vous serez aussi. Je vous retrouverai en ces nouveaux cieux et cette nouvelle terre que nous ne savons pas mais qui paraîtront, projetés dans la lumière, quand notre écorce terrestre éclatera de mort  !

Notre Père, Page mystique no 86
La maison qui nous attend, mars 1976

Mercredi 31 octobre

Vigile de la Toussaint, Saint Quentin

C’est une consolation, une joie immense, une espérance renouvelée, innombrable comme les invocations de ces Litanies, que de songer au Ciel où nous entrerons dans la communion des saints et des saintes. Oserai-je dire, mais oui  ! que toutes les femmes y seront belles et tous les hommes intelligents  ? Je lave mon visage, je baigne mon esprit dans la vision anticipée de ces beautés, de ces bontés. Je m’en réjouis pour les malheureuses vies qui n’ont été abreuvées que de méchancetés et d’horreurs, de tristesses et d’épreuves. Courage, mes enfants  ! au Ciel nos récréations seront meilleures et nos échanges spirituels seront exaltants  ! Nous verrons sainte Cécile et nous converserons avec saint Grégoire, nous connaîtrons saint Louis et nous aimerons sainte Jehanne d’Arc Lorraine. Nous dénouerons enfin bien des énigmes de leurs chères vies et nous apprendrons tout ce que nous voulions tant savoir de leurs honneurs et de leurs mérites  ! Ce n’est rien encore. Nous contemplerons leurs visages, nous découvrirons le constant amour qu’ils nous portaient dans nos combats, nous respirerons dans l’océan de leur parfaite tendresse. Rien là d’anonyme ni d’abstrait. Il me suffit de concevoir une vertu, une pure beauté, pour que dix et vingt statues familières s’animent, que le nom de quelque saint se présente à ma pensée, l’illustrant de radieuse façon. Oh  ! sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, vous voici, ma petite Sœur bien-aimée  ? La beauté de votre visage me ravit, votre angélique pureté, votre sourire conquérant blessent mon cœur délicieusement. C’est vous, Vous  ! qui m’invitez et me faites signe de m’approcher et de vous donner la main  ? bonheur incroyable, incomparable. Instruisez-moi…

Notre Père, Page mystique no 89
Dans la communion de saints, juin 1976