La Contre-Réforme catholique au XXIe siècle
Print Friendly, PDF & Email

13 AVRIL 2017 – JEUDI SAINT

Jésus a besoin de nous

Agonie par Fra Angelico

QUAND Notre-Seigneur est à l’agonie, nous sentons notre cœur s’émouvoir et c’est la compassion qui accompagne la Passion. La Passion de Notre-Seigneur lui est une occasion de nous montrer la perfection de son amour fraternel, et cela nous est une occasion de lui démontrer le nôtre.

Nous aurions facilement la tentation de penser que Dieu ne s’intéresse pas à nous qui sommes des riens, des vers de terre, lui qui est infini. Nous aurions aussi facilement la tentation de voir refroidir notre cœur par une sorte de stoïcisme envers Dieu que nous voyons très élevé, si élevé qu’il ne nous aperçoit plus et que l’homme se retrouve seul et abandonné.

C’est pour vaincre cette tentation que Dieu a envoyé son Fils qui s’est fait notre serviteur, notre esclave, notre ami désolé. Dieu nous est apparu sous la forme de cet homme traqué, abattu, solitaire et priant qu’on ne l’abandonne pas, ayant besoin de nous. Jésus à Gethsémani  : «  Veillez et priez avec moi  », a-t-il demandé.

Quel cœur pourrait résister à cet appel de Notre-Seigneur, être assez endurci pour ne pas y répondre  ?

Ayons le cœur plein de reconnaissance pour ce Jésus qui a voulu avoir besoin de nous. Oui, nous pouvons toujours consoler Jésus, car il revit le Jeudi saint, à la Messe et tout le temps au tabernacle.

Jésus a pu paraître dur pour ses Apôtres  : il les a menés, dirigés. Il est tellement plus grand qu’eux. Mais aussi, il a été plein de douceur, de condescendance, d’amitié pour eux.

Le Jeudi saint, Jésus a renoncé à la dernière gloire de sa Majesté. Il a pris le tablier du serviteur et ensuite, a fait un repas d’amour où les Apôtres se sont trouvés de plain-pied avec lui. Eux ne comprenaient pas ce qui arrivait, mais Jésus était plein d’affection à cause des sentiments qui bouleversaient son Cœur  : «  Je vous appelle mes amis.  » C’est l’ultime révélation de son Cœur, le Cœur du Fils de Dieu fait homme avant d’entrer dans l’horreur de sa Passion.

Ayons des sentiments très vifs, très violents pour Jésus agonisant qui nous appelle comme jamais. Il nous supplie de lui donner la seule richesse qui soit en notre possession  : notre compassion, notre consolation, notre cœur, notre amour. Il en a humainement besoin. C’est Prodigieux  ! Mais ce don qu’il nous demande de faire est aussi notre béatitude éternelle.

Il est bien beau de répondre à son appel du Jeudi saint en le suivant jusqu’à la Croix. Par la pitié et la compassion de nos cœurs, nous mériterons l’amour éternel de Jésus.

Donnons au Cœur de Jésus souffrant qui nous appelle à l’aide dans sa Passion tout l’amour de notre cœur.

Abbé Georges de Nantes
Extraits du sermon du 15 avril 1976

Précédent    -    Suivant