La Contre-Réforme catholique au XXIe siècle
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2 JUILLET 2017

L’Évangile c’est la croix, mais avec Jésus !

C’EST par des paroles graves que Notre-Seigneur avertit ses Apôtres et ses disciples, son «  petit troupeau  » à la fin de ce chapitre 10e de l’Évangile de saint Matthieu que l’Église nous donne à méditer en ce 13e dimanche du temps ordinaire.

Certes, ils ne doivent pas craindre, mais Jésus ne leur cache pas que celui qui aime son père ou sa mère plus que Lui n’est pas digne de Lui. Que celui qui veut sauver sa vie la perdra et que celui qui aura perdu sa vie à cause de Lui la trouvera. Il nous invite donc à bien réfléchir, à faire comme ce roi qui va partir en campagne et qui, d’abord, considère ses forces et les forces de l’ennemi  ; ou bien encore comme celui qui veut bâtir une tour et qui doit commencer par mesurer ses moyens, autrement il commencera, ne pourra pas terminer, et sera la risée de ses ennemis.

Jésus insiste vigoureusement et à plusieurs reprises sur la qualité primordiale de ceux qui prétendront être ses disciples  : «  Qui ne prend pas sa croix et ne suit pas derrière moi n’est pas digne de moi.  »

Alors, il faut que nous suivions cet Évangile que les apôtres eux-mêmes ont suivi avec tant de résistances, d’incompréhensions… ils ont voulu que leur ignorance, leur incrédulité soient amplement étalées tout au long des récits évangéliques afin de nous servir plus efficacement de leçon. À eux, comme à nous aujourd’hui qui voulons être des fidèles chrétiens, le Christ demande de prendre notre croix et de nous renoncer.

Vous connaissez ces textes, ils sont d’une très grande importance  : Il faut prendre le joug du Christ sur ses épaules, il faut prendre la Croix, renoncer à tous les biens, Notre-Seigneur donnera aux Apôtres qui le demandent, non pas la gloire, mais le calice, son calice d’amertume. Nul n’étant supérieur à son Maître, si le Maître est passé par la souffrance et la croix, il faudra que ses disciples eux-mêmes le suivent.

Notre-Seigneur a des paroles terribles sur cette exigence du Royaume  : «  Si ton œil est un scandale, arrache-toi l’œil, il vaut mieux que tu rentres dans le royaume borgne  », plutôt que de ne pas y rentrer, d’aller en enfer. Qu’on ne dise pas que Notre-Seigneur est venu rendre la vie plus facile  ! Qu’on ne dise pas que l’Évangile soit un bonheur  ; l’Évangile, c’est la croix, c’est l’épreuve, mais avec Notre-Seigneur.

Telle est la formation des apôtres et des disciples qui se termine toujours par une invitation  : «  Veillez et priez.  » Donc, notre vie n’est pas faite pour rêver, nous amuser, ni dormir. Dieu nous a donné une vocation. Cette vocation consiste à faire fructifier nos talents, à faire avancer le Royaume de Dieu. Même si cela nous coûte beaucoup de labeurs.

L’Église doit prêcher cet Évangile. Cet Évangile, c’est celui de Notre-Seigneur luttant seul contre ses ennemis. Seul, abandonné de tous, il sera comme aux prises avec des buffles, avec des taureaux mugissants et des chiens dévorants. Dans quelques générations des milliers de chrétiens réaliseront à leur tour la prophétie, tandis qu’ils seront livrés aux bêtes féroces dans les cirques de Rome.

Dans l’Évangile nous prenons la mesure de la solitude de Notre-Seigneur. Il est seul à se défendre contre tous ses ennemis  : les hérodiens, les sadducéens, les pharisiens, les scribes et les grands prêtres. Il est seul, seul avec son petit troupeau qui a peur.

Et Notre-Seigneur les affronte parce que telle est la volonté de son Père et qu’Il est venu ici-bas pour faire la volonté de son Père. Instaurer le Royaume ne peut se faire que dans les larmes, le sang, la persécution et finalement dans la mort.

Voilà l’Évangile, et si cette vie de Notre-Seigneur est telle, c’est parce qu’elle est un signe de ce que sera toute l’histoire du monde, toute l’histoire de l’Église jusqu’à la fin des temps.

C’est saint Jean qui a décrit ces controverses, ce combat de la lumière et des ténèbres, en des termes très violents en son Évangile, c’est le même saint Jean qui nous a révélé dans son Apocalypse le combat entre l’Église et le monde, la grande Babylone, entre les disciples et les antichrists qui viendront, ces convulsions du monde et ces persécutions de l’Église où les disciples du Christ auront à rendre témoignage par le sang.

Voilà l’Évangile, voilà la vérité sur le Royaume des Cieux qui souffre violence. J’avoue qu’il m’arrive de ne pas comprendre à certains moments, cette exigence de l’Évangile pour tous. Je comprendrais que Notre-Seigneur, avisant le jeune homme riche, avisant telle ou telle âme qu’Il a élue, prédestinée, qu’Il aime d’un amour particulier, lui mette ce marché en main  : tout ou rien, tout sur terre et la damnation éternelle, ou rien sur terre et mon amour avec la béatitude éternelle qui en est la récompense. Je comprendrais pour certaines âmes.

Mais lisez l’Évangile  : c’est la parole de Notre-Seigneur, LA PAROLE DU DIEU VIVANT adressée à tout homme venant dans ce monde  !

«  Comme de grandes foules faisaient route avec lui, il se retourna et leur dit  : “ Si quelqu’un vient à moi sans haïr son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères, ses sœurs, et jusqu’à sa propre vie, il ne peut être mon disciple. Quiconque ne porte pas sa croix et ne marche pas à ma suite ne peut-être mon disciple.  ”  »

Imaginez la déformation que subit l’Évangile quand on oublie les avertissements répétés de Jésus pour nous conjurer de porter notre Croix afin de le suivre dans la peine, les contradictions jusqu’à la mort.

De nos jours, prêche-t-on encore l’Évangile  ?  !…

Abbé Georges de Nantes
Extraits de la série Les vérités de notre credo (S 8)

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