La Contre-Réforme catholique au XXIe siècle
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28 JANVIER 2018

Les mystères joyeux
du règne de Jésus en Galilée

L’ÉGLISE en ce 3e dimanche du temps ordinaire nous donne à méditer un court passage de l’Évangile de saint Marc qui se rapporte à la Première évangélisation de Notre Seigneur. Nous pourrions dire que nous allons assister aux mystères joyeux du ministère pastoral de Jésus en Galilée. Ce récit est charmant et nous fait connaître notre divin Maître. Comment pouvons-nous rester insensibles  ? C’est vraiment la révélation du Cœur de Notre-Seigneur. Comment peut-on dire que l’Évangile ne révèle pas le Cœur de Jésus  ? Eh bien  ! voyons cela très naturellement et très simplement.

14 Après l’arrestation de Jean-Baptiste, Jésus partit pour la Galilée proclamer la Bonne Nouvelle de Dieu  ; il disait  : «  les temps sont accomplis, le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à l’Évangile.

Là, nous trouvons l’écho de la prédication de saint Jean-Baptiste et ce que l’Ancien Testament a préparé pour entrer dans ce règne de Dieu  : pour être admis parmi les intimes de Celui qui vient régner, il faut se repentir de ses œuvres mauvaises, il faut se faire une âme neuve pour s’ouvrir à cette révolution que Dieu instaure et annonce par saint Jean-Baptiste d’abord et maintenant par Notre Seigneur.

Appel des quatre premiers disciples

16 Comme il passait sur le bord de la mer de Galilée,

Il semble que c’est la première fois qu’il y passe, mais saint Marc raconte les choses avec des lacunes certainement considérables. Ce n’est pas la première fois.

Il vit Simon et André, le frère de Simon, qui jetaient l’épervier dans la mer  ; car c’étaient des pêcheurs.

Si saint Marc a omis des anecdotes, des événements même importants, il a tout de même le souci de présenter au minimum les personnages pour que l’on comprenne la scène. Jésus donc passe sur le bord de la mer de Galilée et voilà que Simon et André son frère, Simon c’est Pierre, c’est le nom hébreu et araméen de Pierre, étaient en train de pêcher.

17 Et Jésus leur dit  : «  Venez à ma suite et je vous ferai devenir pêcheurs d’hommes.   »

Quelle ouverture sur l’avenir le plus lointain  ! Jésus fait là œuvre de prophète. Ce n’est pas un arrangement de saint Marc, Pierre se rappelle la parole solennelle que Jésus lui a adressée dans cet événement qui va être décisif. Il va devenir pêcheur d’hommes  : au lieu de jeter ses filets pour ramasser des poissons dans la mer, il va conquérir des hommes au règne du Christ. Il comprend que Jésus veut que des hommes amènent d’autres hommes à Dieu.

18 Et aussitôt, laissant les filets, ils le suivirent.

Et ce mot “ ils le suivirent ” a le sens vraiment d’un détachement de tout, d’un changement de vie, d’un attachement à Jésus qui ne se démentira plus.

19 Et avançant un peu, il vit Jacques, fils de Zébédée, et Jean son frère, eux aussi dans leur barque en train d’arranger les filets

Donc c’est une charmante matinée de printemps et soit les uns jettent leur épervier, le filet à quelques encablures du rivage, soit d’autres sont là qui sont en train d’arranger les filets dans la barque pour une pêche prochaine ou bien de les réparer.

20 et aussitôt il les appela. Et laissant leur père Zébédée dans la barque avec ses employés, ils partirent à sa suite.

On ne peut pas dire les choses avec plus de simplicité. Quel rayonnement devait avoir Notre-Seigneur  ! Alors comme nous ignorons tout, il faut quand même supposer que Simon et André, Jacques et Jean, frère de Jacques, connaissaient tout de même déjà Jésus. Et comme saint Marc a sa logique à lui qu’il faut découvrir, nous pensons bien que ces hommes de Galilée s’étaient rendus au bord du Jourdain pour être baptisés par Jean-Baptiste, qu’ils avaient su le témoignage que Jean-Baptiste rendait en faveur de Jésus.

Et donc, nous comprenons très bien que ces gens de Galilée avaient reçu le baptême de pénitence, qu’ils avaient appris de Jean-Baptiste que derrière lui viendrait celui qui est bien plus grand que lui et qui sera le Sauveur d’Israël, le Messie promis. Celui qui baptisera dans l’Esprit Saint, c’est-à-dire qui immergera ceux qui le suivront dans l’onde féconde du Saint-Esprit. Quand Jésus survient, ils le connaissent déjà pour l’avoir rencontré auprès de Jean-Baptiste. Et Jésus fixant les yeux sur eux les appelant à sa suite, ils ont répondu à son appel pour lequel ils étaient tout à fait prêts.

Le temps était vraiment accompli pour que les fruits mûrs se détachent du vieil arbre juif et s’attachent au nouveau règne de Jésus qui commence. Tout cela s’explique très bien, cette entrée en scène de Jésus en Galilée est tout à fait naturelle et absolument organisée par une Sagesse infinie.

Abbé Georges de Nantes
Extraits du commentaire de l’Évangile de saint Marc, 2e instruction (S 90)

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