La Contre-Réforme catholique au XXIe siècle
Print Friendly, PDF & Email

12 MAI 2019

« Le bon Pasteur donne sa vie pour ses brebis »

«   Je suis venu pour que les brebis aient la vie et qu’elles l’aient en abondance.   » Et Dieu sait que vous nous l’avez donnée avec abondance, cette vie, ô Jésus, à travers les siècles  ! Mais voici qui est plus touchant encore  : après avoir montré cette union tellement intime qui existe entre vous et nous, et entre nous tous qui vous suivons depuis tant de temps fidèlement, sans avoir aucune envie ni aucune tentation de sortir de votre troupeau pour chercher un autre pasteur, vous nous introduisez dans les mystères de votre Rédemption, de votre Sacrifice. Vous n’êtes pas seulement un pasteur de jour de beau temps, mais vous êtes là pour les jours de tempête, pour les jours de combat, de bataille, pour les périls, pour les dangers de toutes sortes, et vous l’avez été dans le passé, ô Jésus, vous l’êtes encore aujourd’hui, vous le serez demain.

«   Je suis le bon Pasteur. Le bon Pasteur offre sa vie pour les brebis.   »

Offre sa vie, c’est-à-dire la donne  ! Il sait qu’il mourra à la tâche, mais que les brebis, par son sacrifice, seront sauvées. Nous sommes ses brebis et nous savons que vous avez offert votre vie  ; et que cette vie, Dieu l’a agréée et que vous êtes mort en Croix en répandant tout votre Sang. À cause de cela, nous vivons bien, il nous est promis une vie heureuse sur la terre et au Ciel, peut-être éprouvée mais heureuse, parce que nous sommes avec vous, que vous nous montrez le chemin et que vous serez toujours devant nous, jusqu’à ce que nous vous retrouvions vivant et glorieux dans la vie éternelle.

«   Celui qui est mercenaire et non pas pasteur, auquel les brebis n’appartiennent pas en propre, voit venir le loup et il laisse les brebis, il prend la fuite. Et le loup les ravit et les disperse.   »

Le mercenaire agit ainsi, parce qu’il n’est que mercenaire et qu’il n’a point le souci des brebis. Il pense à sauver sa peau. Et vous, ô Jésus, vous avez pensé à nous jusqu’à donner votre Corps et votre Sang, vous n’avez pas épargné votre peau. Aussi règne-t-il entre vous et nous cette unité que nous voulons réchauffer dans nos cœurs aujourd’hui.

Et vous dites  : «   Je suis le bon Pasteur, je connais mes brebis et mes brebis me connaissent, comme mon Père me connaît et que moi aussi, je connais mon Père.   » Et voilà que soudain les cieux s’ouvrent, que nous nous sentons par vous dans l’union de votre Père céleste, comme vous êtes dans le sein du Père. Ainsi, vos brebis sont dans votre Cœur et par là même, elles sont chères au Père qui les bénit et qui leur prépare une béatitude pour les siècles infinis de l’éternité.

«   Et j’offre ma vie pour les brebis.   » Donner sa vie pour ses brebis, personne n’y songeait, sauf le prophète Isaïe parlant de vous. Personne n’y songeait avant vous et, après vous, tant et tant d’hommes et de femmes admirables, tant et tant de prêtres, de religieux et religieuses, de missionnaires, tant et tant de pères et de mères de famille, un jour, à cause de vous, Jésus, et de la Vierge Marie, ont ambitionné de donner leur vie pour leurs brebis, pour les pauvres païens qu’ils étaient venus évangéliser, pour leurs pauvres paroissiens engagés sur la voie de la perdition, pour leur peuple attaqué par l’ennemi, pour leurs enfants en grand risque de maladie et de mort corporelle ou pire, de maladie et de mort spirituelle. Un jour dans leur cœur est né, à cause de vous, le désir de répandre leur sang pour ceux qu’ils aimaient plus que tout. À cause de vous, avec vous, en vous, pour vous, par vous, à cause de cette seule phrase, ô Jésus, ô merveilleux Pasteur, cette phrase que vous avez été le premier à prononcer  : «   Et j’offre ma vie pour les brebis.   »

«   J’ai d’autres brebis qui ne sont pas de ce bercail.   » Ce sont les immensités païennes. Puisque vous parlez aux juifs, vous êtes leur pasteur, le pasteur de ces juifs qui, dans un premier temps, vont vous rejeter. Mais vous voulez ouvrir leurs cœurs. Avant même que les païens vous aient répondu, vous les considérez comme vôtres, vous allez donner votre vie pour ceux qui ne sont pas encore de vos brebis, mais qui le sont déjà dans votre amour, parce que le Père vous les a donnés.

Donc, d’une certaine manière, ô Jésus, en lisant cette parole, je peux me sentir déjà nommé par vous, déjà aimé par vous dans cette phrase  : «   J’ai d’autres brebis   » et, caché au fond de votre Cœur, déjà mon nom est inscrit, nos noms à tous sont inscrits. Nous étions de ces païens qui étions sans espérance et déjà vous nous aviez choisis, avant même que nous soyons nés.

«   J’ai d’autres brebis qui ne sont pas de ce bercail, et il faut que je les conduise aussi. Elles entendront ma voix et il y aura un seul troupeau et un seul Pasteur.   »

Ah  ! Seigneur, quand donc le monde entier, toute la terre, tout le peuple, toutes les races, d’une seule et unique voix chanteront votre gloire  ? Quand donc serez-vous le Pasteur universel de toutes les nations, de toute l’humanité rassemblée en une seule et même Église, juifs et païens convertis, tous entendant votre voix et tous vous célébrant d’une voix unanime  ?

Ces paroles sont véritablement la révélation de votre Sacré-Cœur, ô Jésus, et du Cœur Immaculé caché dans votre Sacré-Cœur, mais attendant les derniers siècles de notre histoire pour se révéler.

Abbé Georges de Nantes
Extraits de l’Heure sainte du 30 novembre 2017

Précédent    -    Suivant