La Contre-Réforme catholique au XXIe siècle
Print Friendly, PDF & Email

3 MARS 2019

Vous les reconnaîtrez à leurs fruits

L’ÉGLISE en ce 8e dimanche du temps ordinaire nous donne à méditer ce petit passage de l’Évangile de saint Luc où Notre Seigneur nous donne un avertissement salutaire lorsqu’il dit  : «  Il n’y a pas de bon arbre qui produise de mauvais fruits, ni de mauvais arbre qui produise de bons fruits. On ne cueille pas de figues sur les épines, on ne vendange pas de raisin sur les ronces.  » Et ailleurs, Jésus invite ses disciples à une grande vigilance en ajoutant  : «  Méfiez-vous des mauvais bergers. Vous les reconnaîtrez à leurs fruits  ».

De quoi s’agit-il  ? Que veut dire Notre Seigneur  ?

Jésus nous met en garde contre ceux qui viennent nous instruire, nous enseigner, nous prêcher, qui sont recouverts de peaux de brebis et qui sont au fond d’eux-mêmes des loups dévorants. Il dénonce donc l’hypocrisie de ceux qui prétendent diriger, commander, enseigner les autres et qui se donnent des allures de grand dévouement, de grande affection, de grand intérêt, pour notre bien et qui au fond d’eux-mêmes ne songent qu’à dévorer. C’est une allusion à des paraboles de l’Ancien Testament où Dieu est montré comme le Bon Pasteur de son troupeau d’Israël au contraire des prêtres et des lévites, des fonctionnaires de Jérusalem, qui ne songeaient qu’à s’enrichir en dominant le peuple fidèle.

Dieu annonçait déjà à ce moment-là qu’il susciterait un Bon Pasteur pour paître son troupeau et que le troupeau paîtrait d’une manière paisible, serait mené dans de vertes vallées, aux sources d’eaux vives, protégé de ses ennemis  ; et il est évident que c’est Notre-Seigneur qui est le Bon Pasteur.

Terrible avertissement parce qu’il s’adresse au peuple de Jérusalem en présence des faux pasteurs, précisément des hypocrites déguisés, couverts de peaux de brebis, et qui sont des loups dévorants, les pharisiens, les sadducéens, les grands prêtres, les scribes de l’époque, tous ces gens-là qui se sont levés contre le Christ pour le persécuter et finalement le mettre à mort.

Notre-Seigneur, donne tout de suite une comparaison bien nette et donc si simple  : un bon arbre ne produit que de bons fruits, un mauvais arbre ne produit que de mauvais fruits, vous les connaîtrez à leurs fruits. C’est sans appel  ; leurs fruits sont mauvais  : ce sont des loups ravisseurs et des mauvais bergers, ce sont des gens que rejettent le Christ.

Ces principes restent vrais pour tous ceux qui prétendent avoir une influence sur les autres. Alors c’est bien simple nous n’avons qu’à faire notre examen de conscience pour savoir si notre influence sur les autres est bonne. Si nous nous mettons dans la nature du bon arbre qui produit de bons fruits, c’est-à-dire si nous sommes fidèles à écouter la voix de l’Église, à pratiquer la doctrine de l’Église, si nous l’enseignons aux autres et la manifestons dans notre vie, les gens distingueront très bien entre nos faiblesses individuelles et l’honnêteté fondamentale de notre vie. Tandis que si nous rencontrons des pasteurs malhonnêtes nous aurons beau écouter leurs faux discours, nous n’aurons qu’à regarder leurs œuvres pour voir qu’elles sont mauvaises.

C’est très clair. Le Christ qui nous donne la lumière ne permettra jamais que les fidèles de bonne volonté ne discernent pas clairement où est le chemin du devoir et où est celui de l’erreur.

Alors que chacun d’entre nous fasse ce petit examen. Si les œuvres de nos pasteurs sont bonnes, ce sont de bons pasteurs et il faut les suivre. Si leurs œuvres sont mauvaises, il faut s’en détourner.

Et puis, si l’on ne trouve pas de bons pasteurs, il faut prier Dieu de nous en envoyer pour que toute hérésie, tout schisme ayant disparu, l’Église puisse enfin enseigner la vérité jusqu’aux confins du monde pour le salut d’une multitude d’âmes.

Abbé Georges de Nantes
Extraits du sermon du 10 juillet 1988

Précédent    -    Suivant