La Contre-Réforme catholique au XXIe siècle
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FILS DE L’ÉGLISE

III. Préparer le retour de saint Pie X

I. LA PLAINTE

Remise du Liber I par l'abbé de Nantes le 10 avril 1973 à Rome.

Place Saint-Pierre, le 10 avril 1973, à midi, au pied de l’Obélisque, conférence de presse improvisée pour expliquer l’événement aux journalistes.

«  TRÈS Saint Père, ayez pitié de votre âme  !  »

En août 1971, dans la CRC n° 47, notre Père présentait en synopse antithétique “ La religion catholique de saint Pie X et l’utopie politique de S. S. Paul VI ”. (…) Il est évident que l’une et l’autre se contredisent à angle droit. On peut même affirmer que saint Pie X a condamné Paul VI par avance, dès sa première encyclique. (…)Il faut donc choisir  ! Si l’on fait profession de suivre saint Pie X, on ne peut suivre Paul VI  ! Ou alors, on aime le Pape par des paroles seulement.

Afin d’aimer le Pape non pas seulement par des paroles, mais par des actes, selon la recommandation même de saint Pie X, l’abbé de Nantes est allé lui porter sa remontrance à Rome. Une première fois, en mai et juillet 1968, au cours de son propre procès, en accusé. N’ayant été reconnu coupable d’aucune hérésie, d’aucun schisme, il y revint en accusateur en avril 1973. Avec dix frères et une cinquantaine de représentants d’une “ Légion romaine ” de plus de 4 000 membres, signataires de cette «  plainte pour hérésie, schisme et scandale au sujet de notre frère dans la foi, le pape Paul VI  ». (…)

Le Pape les a éconduit par la force, refusant cette remontrance dont il connaissait fort bien l’argumentation implacable, puisqu’il avait suivi quotidiennement le déroulement du procès de 1968, et que la rétractation corrigée de sa main, qui avait été alors soumise à l’abbé de Nantes, masquait mal l’incapacité des juges et des théologiens à établir les erreurs de ce dernier.(…)

L'abbé de Nantes à Rome en 1973

L’abbé de Nantes se heurte, devant la Porte de bronze, à un impressionnant barrage de carabiniers et de policiers en civil.

Mais quel aveu de culpabilité que ce refus de recevoir un livre  ! (…)C’est que Paul VI ne pouvait recevoir ce Livre sans être tenu canoniquement d’y répondre  : (…)

«  Le Pape n’avait donc d’autre solution que de se tenir en son palais bouclé par la police et les carabiniers, avec ordre à tout son entourage de ne pas paraître, afin de se tenir éloigné de cette bombe. Ensuite, d’user du système totalitaire mis en place dans l’Église depuis dix ans pour que le peuple chrétien en soit écarté dans sa grande généralité. Ma bombe ainsi éclaterait dans un désert. Peu importe qu’elle soit rendue plus flagrante par tant de précautions, les dégâts en seraient anodins. C’est parfaitement conçu, jugé et gagné. Il est dit, connu, reconnu maintenant, que Paul VI est un Pape hérétique, schismatique et scandaleux. Et puis voilà  ! Nul n’en parlera plus, en dehors du cercle restreint de “ la soi-disant Ligue de la Contre-Réforme Catholique ”.  »

À qui en appeler alors, devant ce déni de justice opposé par l’autorité  ? Au très unique, Sacré et Immaculé Cœur de Jésus et de Marie.

II. LA RESTAURATION D’UNE VILLE À MOITIÉ EN RUINE

Le 1er juillet 1973, en la fête du Sacré-Cœur de Jésus et du Précieux Sang, notre Père consacrait les maisons Saint-Joseph et Sainte-Marie au Sacré-Cœur de Jésus, incluant dans cette consécration la dévotion auCœur Douloureux et Immaculé de Marie et auCœur juste et prudent de saint Joseph, puis ce sera la consécration de la Ligue, le 18 octobre, grande salle de la Mutualité, au “ Sacré-Cœur de Jésus, salut du monde ” (CRC nos 74 et 75, novembre et décembre 1973). (…)

Le 19 octobre 1974  : il y a trente ans, réunion annuelle, grande salle de la Mutualité à Paris, sous l’égide de Notre-Dame de Fatima, notre ultime, notre seul recours  : “ Pour une nouvelle Chrétienté sous le signe de Fatima ”. À l’issue, par un télégramme adressé à Paul VI, l’abbé de Nantes réclamera la publication du troisième Secret de Fatima.

La Sainte Vierge répondra à cet appel dans les circonstances que nous verrons, Mais Elle n’a pas attendu plus longtemps pour inspirer à notre Père le courage d’entreprendre le grand labeur nécessaire, afin de «  tout restaurer dans le Christ  », et dans le Christ crucifié, et ainsi préparer les voies au saint pape de la renaissance.

UN TRADITIONALISME PROGRESSISTE

(…) Dans l’esprit de saint Pape Pie X, «  “ phare ” du vingtième siècle  », notre Père commençait, en novembre 1972, les “  Mutualités ” mensuelles. Il les assurera pendant vingt-quatre ans  ! Une heure d’analyse de l’actualité politique chaque mois et, en seconde heure, un cours magistral de théologie, de métaphysique, d’histoire de France, d’apologétique scientifique, etc., de quoi reconstruire «  la grande ville à moitié en ruine  » qu’est devenue la Chrétienté, dix ans seulement après le Concile. Œuvre monumentale, contrepartie positive de la critique négative contenue dans le premier Livre d’accusation. (…)

L’année même du voyage à Rome, en 1973, il cherche une voie “ kérygmatique ” entre le progressisme, d’une part, et l’intégrisme d’autre part.

«   La prédication (kérugma) de la Parole de Dieu, aujourd’hui, c’est l’annonce, franche, brutale, paradoxale, du salut évangélique sans la médiation rationnelle, universelle et intemporelle d’un système philosophique, dans la particularité des situations humaines et des questions que se pose celui qui écoute et qui, interpellant, se trouve interpellé à son tour et pressé de répondre à cette Parole qui bouleverse son existence et son projet.  » (CRC n° 63, décembre 1972, p. 7-8)

À l’automne 1975, l’abbé de Nantes achevant un cycle de conférences sur l’histoire de l’Église, en tirait des conclusions qui ouvraient la voie aux réconciliations à venir  : «  Le novateur, le progressiste est toujours dans l’Église un rationaliste qui plie la foi aux exigences de sa logique, un naturaliste qui rabaisse les splendeurs de la grâce divine au niveau de la psychologie humaine.  » Ce faisant, il s’attire la protection des mondains, mais ne produit ni miracle, ni héroïsme, ni sainteté.

Le novateur s’attire aussi l’opposition des “ intégristes ”  : «  C’est le scandale, l’horreur de la nouveauté orgueilleuse qui les soulève contre les hérétiques pour la sauvegarde du bien le plus précieux au monde  : la foi, le dépôt de la foi  !   » (…)

Mais attention  :«  Que les intégristes prennent garde, partis en guerre fort justement contre l’hérésie moderniste, de ne pas se retrouver excommuniés et schismatiques quand déjà l’Église aura retrouvé sans eux, en dehors d’eux, peut-être contre eux aussi, son ordre pacifique et son unité, loin de leurs partis pris.  » (CRC n° 99, novembre 1975)

LES CONDITIONS D’UNE VRAIE RÉCONCILIATION

(…) À l’été 1977, un ami, chef de cercle de notre Ligue de Contre-Réforme catholique saisit sa plume pour solliciter du cardinal Marty, archevêque de Paris, au nom de son devoir pastoral, une démarche de conciliation auprès de notre Père.(…)

L’archevêque de Paris ayant donné, contre toute attente, une réponse favorable, notre Père saisit la balle au bond, et à la suite d’un échange de lettres, une rencontre fut organisée, avec Mgr Etchegaray, à Paris, le 13 juin, chez les Filles du Cœur de Marie. (…) Comment ne pas reconnaître la main de la Sainte Vierge  ? (…)

Les deux prélats furent souriants, d’un accueil simple, détendu. Après quelques amabilités, notre Père demande la permission d’exposer l’objet de la rencontre en donnant lecture d’une note où il récapitule son curriculum vitæ en douze points  :

NOTE REMISE AUX CARDINAUX MARTY ET ETCHEGARAY

«  1 – Je crois en la Sainte Église Catholique romaine et je reconnais Sa Sainteté Paul VI pour vrai et unique Pape, et pour vrais et légitimes évêques les Évêques en communion avec Lui.

«  2 – J’ai cru discerner à partir de 1964, dans les Actes du pape Paul VI et du concile Vatican II, des erreurs et des hérésies. J’ai alors publiquement formulé mon opposition à ces nouveautés portant atteinte, dans ma pensée, au dépôt de la Révélation divine.

«  3 – J’ai été menacé d’interdit par Mgr Le Couëdic, évêque de Troyes, en raison de cette rébellion en décembre 1965, puis frappé par lui de suspense dans son diocèse le 25 août 1966, suspense prorogée jusqu’à ce jour par son successeur, Mgr Fauchet.

«  4 – Mgr Matagrin, évêque de Grenoble, diocèse auquel j’appartiens, m’a cependant toujours accordé le Pouvoir de célébrer et distribuer les sacrements  ; il m’a toutefois retiré mon Celebret en 1972, à la demande de certains évêques, m’a-t-il dit, sans pour autant me retirer les Pouvoirs.

«  5 – À ma demande, mes écrits ont été examinés par la Sacrée Congrégation pour la Doctrine de la foi, entre 1966 et 1968. J’ai été convoqué à Rome pour la clôture de l’instruction de ce Procès en mai et en juillet 1968. C’était dans le moment où se préparait, puis était proclamé, le Credo du pape Paul VI qui devait, selon ce qui m’a été dit alors, être le signal d’une restauration de la foi et de la discipline dans l’Église.

«  6 – En juillet 1968 et de nouveau en juillet 1969, je fus sommé de signer une formule de rétractation de mes critiques et de soumission illimitée et universelle au Pape, au Concile, aux Évêques de France et à mon Évêque particulier.

«  7 – Le caractère absolu d’une telle formule me parut inacceptable et je refusai de la signer. Le 10 août 1969, j’appris par les journaux que la Congrégation pour la Doctrine de la foi me déclarait  » disqualifié « . C’est sur cette  » disqualification  » que se fondent toutes les mises en garde publiées contre moi, contre la Ligue de la Contre-Réforme Catholique que j’ai fondée et contre le mensuel de même nom que je dirige. Mgr Fauchet invoque cet acte de Rome pour justifier la perpétuation de ma suspense.

«  8 – J’ai rédigé en 1973 un  » Libelle d’accusation contre le pape Paul VI pour hérésie, schisme et scandale « . Je me suis rendu au Vatican pour le lui remettre, assisté de soixante de mes coopérateurs, mais la police italienne nous a interdit l’accès du Vatican et du palais du Saint-Office.

«  9 – En novembre 1973, nous avons distribué ce  » Libelle  » dans les dicastères romains, mais sans résultat apparent.

«  10 – Dès le 22 juillet 1969, je me suis publiquement opposé aux idées et projets schismatiques qui furent portés à ma connaissance. J’ai désavoué et je me suis désolidarisé de ceux qui entraînaient les fidèles dans la voie d’une rupture avec l’Église. J’ai réfuté leurs erreurs doctrinales, en particulier sur la validité des nouveaux rites des sacrements  ; j’ai dénoncé leur rejet de l’Église visible actuelle et la constitution par eux de chapelles séparées  ; j’ai blâmé aussi l’exaspération, le mépris et parfois la haine excités parmi les fidèles.

«  11 – À partir de 1971, j’ai jugé prudent de reconsidérer mon opposition aux nouveautés en m’appliquant à discerner, dans la Réforme actuelle, ce qui relève du développement homogène et continu du dogme, du progrès normal des sciences exégétiques, historiques, catéchétiques, comme aussi de l’évolution des institutions liturgiques et canoniques,… de leur altération ou destruction systématiques.

«  12 – J’en viens à désirer que soit reconsidéré par mes juges romains l’ensemble de notre différend, et que soient examinées les possibilités d’un accord et les voies d’une réconciliation  :  » dans l’unité de la foi, la diversité des opinions et la charité de l’Église « .

«  J’aimerais que durant l’interim, dans l’attente d’un nouvel examen clair, précis et définitif des points controversés, mon Celebret me soit rendu par mon évêque, Mgr Matagrin ou Mgr Mondésert, et que la suspense qui me frappe depuis douze ans dans le diocèse de Troyes soit levée.

«  À Paris, le 13 juin 1978,
«  fr. Georges de Jésus.  »

Le cardinal Marty, très calme et paternel, acquiesçait à chaque intervention de notre Père  :

– Je voudrais, concluait ce dernier, que les théologiens romains m’imposent, non pas une rétractation totale, mais une formule de soumission précise, limitée. Je ne suis pas disposé à signer n’importe quoi.  »

Ce fut entendu  ! Et le cardinal envoya la note à Rome par la valise diplomatique. (…)

Quatre mois plus tard, l’abbé de Nantes apprit que sa requête avait été agréée à Rome et qu’elle était même bien considérée à la secrétairerie d’État. Le vendredi 20 octobre, le Père Lucien Lefeuvre, en poste dans ce dicastère, en fit confidence à un membre de la Ligue  : «  Je ne trahis aucun secret, lui confia-t-il, en vous disant que le cas de l’abbé de Nantes est actuellement à l’étude. Une conciliation serait souhaitable, car ce prêtre fait du bien autour de lui. Mais il faut être patient. L’accord n’est pas encore pour demain.  »

C’est qu’entre-temps, au soir de la fête de la Transfiguration, le pape Paul VI était mort et, le 26 août, Jean-Paul ler, “ le Pape du Secret  ”, lui avait succédé. C’était la réponse de Notre-Dame de Fatima, mais nous ne le savions pas.

La démarche de “ réconciliation ” avait une chance d’aboutir du seul fait que le cardinal Luciani avait avoué ses propres luttes intimes  : «  “ La thèse qui me fut le plus difficile à accepter fut celle de la liberté religieuse. Pendant des années j’avais enseigné la thèse que j’avais apprise au cours de droit public donné par le cardinal Ottaviani, selon laquelle seule la vérité avait des droits. J’ai étudié à fond le problème et, à la fin, je me suis convaincu que nous nous étions trompés. ” Cette phrase avoue un désarroi, qui est encore le nôtre  », ajoutait notre Père (CRC n° 133, septembre 1978). (…)

III. L’ENSEIGNEMENT MYSTIQUE

Bien qu’il ne fût toujours pas alors divulgué, le dernier mot du troisième Secret de Fatima ne resta pas lettre morte pendant tout ce temps de terribles controverses. La vision de l’Église, transfigurée, «  nocturne présence du Ciel sur la terre   », entrevue au «  Thabor de besogneuse gloire  » qu’est notre maison Saint-Joseph (septembre 1969), et l’amour de l’Église contemplée sur le Cœur Sacré du Christ, son Époux, «  sereine et paisible comme l’enfant rassasié sur le sein de sa maman  » (novembre 1969), ne laissèrent pas d’être la source cachée du combat quotidien de l’abbé de Nantes, incitant nombre d’âmes à «  s’approcher de Dieu  ».

La première Page mystique est déjà une «  plainte pour hérésie, schisme et scandale  »  :

«  Notre Père qui êtes aux Cieux, je vous aime et je souffre  », en dernière page de la CRC n° 5, de février 1968, toute consacrée à protester contre les blasphèmes de Jean Cardonnel, dominicain, dont la prédication révolutionnaire alluma l’incendie de mai 68 en proclamant que Dieu n’est rien d’autre que «  la divinisation des forces obscures à l’œuvre dans l’humanité  ». (…)

La Page mystique suivante, en mars 1968, est une ardente protestation de foi, d’espérance et de charité  :

«  Du jour où j’ai cru en Vous, ô Notre Père, je n’ai plus ressenti nul déplaisir…

«  Non rien de rien, non, je ne regrette rien, ni les biens ni les peines, ni la vie ni la mort, ni les larmes ni le rire, rien de ce qui a fui ne me laisse la nostalgie du “ Jamais, jamais plus ”,alors qu’en mon cœur vous faites retentir la promesse du “ Toujours, toujours plus et mieux  ! ”Que me donnerez-vous donc dans cet avenir éternel qui puisse me consoler de ce qui est enfui  ? Votre Présence, ô mon Dieu, Votre Visage, et encore, dans la lumière de Votre Gloire, tous ces biens évanouis que je retrouverai en Vous, gardés, vivifiés et sauvés. Pourquoi n’y point penser, alors que cette bienheureuse vision de paix change nos regrets en attente palpitante du Ciel proche, et notre mort présente en vie  !  »(…)

C’est surtout la pensée du Ciel qui soutient la longue patience de notre Père dans les combats. Dépeint à l’image de nos relations humaines, en faisant appel au «  souvenir du paradis de nos saintes enfances  », le Ciel est «  la famille retrouvée  », puisque c’est la circumincession des Personnes divines entrevue à la lumière d’une veillée familiale  : «  Ô glorieuse et très aimable Trinité de Dieu, Vous nous ressemblez tellement  !  » Vision aussi éloignée du quiétisme que du jansénisme. (…)

«  S’approcher de Dieu  », c’est persévérer dans la célébration de l’office divin tout au long de ces années difficiles, selon la tradition de la prière monastique millénaire. Les Pages mystiques en font goûter véritablement la saveur, depuis le “ Premier nocturne ” des matines (février 1974) jusqu’aux complies et au grand “ Salve ”, «  le baiser du soir à notre Mère, auquel jamais nous ne voudrions manquer, Salve  !  » (mars 1975)

Il émane des Pages mystiques une dévotion envers la Vierge Marie, qui s’épanouit en une puissante théologie  :

«  Ô très Sainte et Immaculée Vierge Marie, je ne veux pas d’une beauté qui m’ôte la sagesse et c’est pourquoi je vous ai élue pour reine et pour amie, je n’ose à cause de mes péchés dire avec saint Bernard, pour unique épouse, vous, la Beauté parfaite qui engendre la Sagesse… À ces seules paroles mon âme vibre comme la harpe de David, mon esprit communie au mystère essentiel des œuvres de Dieu. Vous êtes la révélatrice des secrets divins, votre maternité virginale explique aussi bien la geste créatrice que la salvatrice  : toutes les merveilles de Dieu sont d’une Sagesse rayonnante de beauté et de joie, dans l’Amour.  » (…)

À partir de mai 1977, les Pages mystiques consistent à “ dire la béatitude ”, jusqu’en avril 1978, où tout est dit… puisqu’on a dit le Ciel  ! Mais il restera à se le gagner, comme disait sainte Bernadette, par bien des combats…

Frère Bruno de Jésus-Marie
Extrait de Il est ressuscité  ! n° 22, mai 2004, p. 13-22

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