La Contre-Réforme catholique au XXIe siècle
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15. Vrais et faux chrétiens

1. Le libéral prétend soutenir la gageure d’une telle attitude de foi et d’opinion, de certitude intime et d’incertitude objective, sans relativisme ni scepticisme  ! Pour cela, il distingue deux sphères indépendantes  : le domaine intime des convictions religieuses où règne une certitude absolue, et le domaine social du pluralisme et de la stricte égalité des opinions, où tout est plausible, rien n’est certain. En tant que chrétien, le libéral se sait dans la vérité et s’y montre fidèle  ; en tant qu’homme public, et même chef d’État, voire évêque ou pape, il conçoit que d’autres se croient dans une autre vérité et l’estimant, lui, dans l’erreur, lui interdisent toute profession extérieure de sa vérité qui risque de paraître offensante pour leur liberté. Il ne souffre donc pas que sa vraie religion opprime les autres, mais il supporte de la voir opprimée par eux.

2. Pour paraître sincère, cette diplopie doit se faire chaque jour plus intérieure, plus profonde. Le libéral en viendra à douter de sa foi tout en n’en doutant pas, pour se mettre à la place de l’autre sans cesser d’être lui-même  ! Cette coexistence de la foi et du doute, cette synthèse dialectique des contradictoires, c’est la «  foi en recherche   », typique empiétement de la «  recherche  » maçonnique jusqu’à l’intime de la «  foi   » chrétienne. L’âme d’un libéral est une étonnante chose  !

3. La science et les œuvres qui en résultent sont connues. La science libérale consiste à nier et à rejeter toutes les preuves apologétiques qui, de près ou de loin, démontrent la vérité catholique. Au contraire elle manifeste la plus grande crédulité, pour ne pas dire le plus grand aveuglement, en tout ce qui concerne les autres religions. La science libérale favorise l’idéalisme, le scepticisme  ; elle a porté un coup mortel à l’intelligence catholique.

L’action libérale n’est pas moins pernicieuse. Allant au-devant des forces ennemies, le libéral critique et détruit, en invoquant sa qualité de chrétien irréprochable et son zèle évangélique, toute manifestation extérieure de la foi, de la certitude, de la gloire catholiques, n’y voyant qu’agressions intolérables pour la liberté des autres. Culte public, prédication, simple expression claire de leur foi par les catholiques, traditions populaires, tout le gêne, tout lui paraît trop tapageur et triomphaliste. Il entend ramener le catholicisme au droit commun, c’est-à-dire au niveau d’existence de la plus inexistante des opinions.

Cet effort pour abaisser Notre-Seigneur Jésus-Christ au niveau d’incertitude historique et d’insignifiance de Mahomet, Bouddha, Confucius, tourne à une fureur de réforme et de destruction de la Chrétienté au nom d’un évangile spirituel sans plus de prise sur un monde séculier, laïc, indifférent. «  Le modernisme conduit à l’anéantissement de toute religion. Le premier pas fut fait par le protestantisme, le second est fait par le modernisme, le prochain précipitera dans l’athéisme.   » (Saint Pie X, Pascendi, 1907)

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