La Contre-Réforme catholique au XXIe siècle
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30. La tradition exemplaire

«  L’Église, c’est Jésus-Christ répandu et communiqué  » (Bossuet). Elle est donc, à toutes les époques, la réalisation de ce que Dieu, dans sa prescience et sa prédestination, a fixé selon le dessein mystérieux de sa sagesse. Dès sa fondation et jusqu’à nos jours, dans ses hauts et ses bas, dans les mérites et les crimes de ses membres, saints ou pécheurs, elle a été en définitive ce que Dieu voulait. Au-delà de sa «  volonté signifiée   » qui est la norme idéale, révélée par ses commandements, elle a été ce qu’avait de tout temps décrété sa «  volonté de bon plaisir   », révélée par le cours même des événements. Elle est la manifestation de la gloire du Christ dans le monde.

1. Dans le mélange indissociable des volontés divines et des œuvres humaines de son histoire, mélange de bien et de mal, l’Église, sous l’infaillible assistance «  biologique   » du Saint-Esprit, opère un discernement instinctif parfait, par une lente épuration de ce qu’elle a vécu, rejetant ce qui était péchés et erreurs de l’homme, retenant et canonisant en revanche ce qui venait de l’Esprit-Saint pour enrichir ses trésors, orienter sa tradition. Ainsi constamment mêlée de vérité et d’erreur, de bien et de mal, constituée de saints et de pécheurs, elle ne subsiste et progresse à travers les siècles qu’en se purifiant de toute souillure et de tout mal, en reconnaissant comme des dons du Saint-Esprit par une divination qui lui est propre, le beau, le bon, le vrai qui font de ses traditions et de sa Tradition, car c’est tout un, une norme exemplaire pour le présent et pour les siècles à venir.

2. En conséquence, le phalangiste éprouve un amour de vénération, un attachement jaloux pour les siècles passés de l’Église et de la Chrétienté, où il voit, à l’encontre de toutes les frénésies révolutionnaires et réformistes, l’œuvre même de Dieu, modelée par ses «  deux mains infatigables   », le Christ et l’Esprit, l’un et l’autre paraclets. Et il conçoit l’avenir comme le développement de cette religion et de cette civilisation séculaires, non seulement marquées de l’empreinte des ancêtres, si sages, si saints, mais de celle de Dieu.

Aussi toute théorie d’une mutation obligée de l’Église et d’un dépassement de la Chrétienté le laissera-t-elle de glace, persuadé que l’orgueil de Satan inspire ces impatiences et ces révoltes plutôt que l’Esprit du Christ.

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