La Contre-Réforme catholique au XXIe siècle
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104. Une écologie nationaliste

1. Notre nationalisme catholique, monarchiste et traditionnel, de haute et millénaire civilisation, n’abolit pas lui non plus, mais reconnaît, garantit et protège, au besoin incite et contrôle, ou arbitre pour le bien de la paix, la libre vie commune des familles et de leurs associations spontanées. Si le pouvoir royal doit appeler chacun au service du pays, et parfois jusqu’aux plus grands sacrifices, s’il est le constant rappel des exigences souveraines du bien commun de la nation et de sa sécurité au premier chef, pourtant ce premier bien n’est que l’enveloppe et la garantie supérieure des réalités de la vie domestique et des mille prospérités familiales, sans lesquelles il ne serait rien.

La monarchie reconnaît donc l’antériorité, la valeur de fin immédiate, l’autonomie d’action des familles. C’est leur existence même qui fonde son rôle et justifie son autorité et ses exigences, jusqu’aux plus onéreuses. La politique nationale a pour fin immédiate l’écologie domestique elle-même  ; la sécurité nationale doit être assurée à la prospérité des familles.

2. Notre nationalisme a cependant appris de la sévère expérience des siècles et de la raison de nos maîtres que, sans le cadre de la nation, sans les protections et régulations de l’État, sans les incitations et les sollicitudes du Souverain, père des pères de famille du royaume, la liberté n’est qu’un concept vide, générateur d’anarchie, d’inertie, et les familles ne peuvent ni définir l’idéal écologique général, ni déterminer les conditions économiques de leur prospérité. Nulle prudence ne règne quand l’autorité politique fait défaut. À la différence de   » la doctrine sociale de l’Église «  , notre écologie catholique ne sépare donc pas la question sociale de la question des institutions politiques.

3. Ce que l’autorité publique ne crée pas, il faut cependant qu’elle le protège en lui garantissant et lui imposant l’ordre, la stabilité, l’indépendance et la paix politiques, intérieurs et extérieurs. Le «  salut public  », ou sécurité nationale, est la condition nécessaire de toute prospérité familiale, réelle et stable. Ce qu’il ne commande pas, il est bon toutefois que le Souverain le stimule, le codifie, le contrôle, l’arbitre. Ainsi le dirigisme d’État n’est-il pas toujours un mal. Le principe de suppléance est le corollaire nécessaire du principe de subsidiarité.

Mais, s’occupant de la vie matérielle et spirituelle des familles, pour la vivifier et la perfectionner, il ne serait pas bon que l’autorité publique souveraine en vienne à la dominer et la régir entièrement. Ainsi le libéralisme de l’État a-t-il sa raison d’être. Il est idéal que toute famille se conserve, croisse et prospère spontanément, habituellement, heureusement, selon ses propres lois, sous le couvert, lointain et bienveillant, de l’Église et du Roi.

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